Monday, November 22, 2021

Kristina's letter to Bernhard von Rosenbach, dated July 31/August 10 (New Style), 1668

Sources:

Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Papiers de Christine de Suède, complément; 2: Papiers de Christine de Suède, complément II; Lettre 31  Christine de Suède à [?], Hambourg, 10 aout 1668 (digitisation page 47v-48r)


Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Papiers de Christine de Suède, complément II, : , 1601-1700.

The Foli@ online digital heritage library is here:


Copyright SCDI-UPV - Collections Université de Montpellier (shelfmark H 258 bis 2).

Mémoires concernant Christine, reine de Suède, volume 3, page 315, compiled and edited by Johan Arckenholtz, 1759


Christina of Sweden, page 252, by Ida Ashworth Taylor, 1909



The letter:

à Hambourg ce 10e Aoust 1668
Mes precedentes Vous auront fait connoistre que Je suis Satisfaitte de Vous, et Vous deuèz croire que les lettres que Je Vous ay enuoyè ne Sont qué plus pour vostre information, et pour Vous instruire mieux de cé qui Se passe, et de ce qu'on dit, que pour Vous reprocher Vostre conduite; mais V[ost]re responce du 28. [du] passè m'a tirè entierem[en]t d'inquietudé, et Je Vous puis asseurer que Je Suis iusques icy tres Satisfaitte de Vous. J'attends auec impatience la responce du Roy à Vos propositions, et alors Je Vous donneray mes ordres; Cependant Sçachèz que touchant le nombre des Prestres Je Seray Satisfaitte de tout cé que Vous pourrèz obtenir. Pour l'Eschange trauaillèz y de toutes Vos forces, Je Vous ay enuoyè des raisons convainquantes pour Vous en Seruir à persuader les gens d'y consentir, Seruèz Vous en à temps, et lieu, et Sçachèz encore vne fois Sur le Suiet des Prestres, et leur nombre, que tout cé, qui est moins de trois est trop peù, et tout ce, qui est plus que quattre est trop pour Moy. Au reste Je me remets à mes precedentes priant Dieu qu'il Vous conserue[.]
Christine Alessandra

With modernised spelling:

A Hambourg, ce 10 août 1668.
Mes précédentes vous auront fait connaître que je suis satisfaite de vous, et vous devez croire que les lettres que je vous ai envoyé ne sont que plus pour votre information et pour vous instruire mieux de ce qui se passe et de ce qu'on dit que pour vous reprocher votre conduite; mais votre réponse du 28 [du] passé m'a tiré entièrement d'inquiétude, et je vous puis assurer que je suis jusqu'ici très satisfaite de vous.

J'attends avec impatience la réponse du roi à vos propositions, et alors je vous donnerai mes ordres. Cependant, sachez que, touchant le nombre des prêtres, je serai satisfaite de tout ce que vous pourrez obtenir.

Pour l'échange, travaillez-y de toutes vos forces. Je vous ai envoyé des raisons convainquantes pour vous en servir à persuader les gens d'y consentir. Servez-vous en à temps et lieu, et sachez encore une fois sur le sujet des prêtres et leur nombre que tout ce qui est moins de trois est trop peu et tout ce qui est plus que quatre est trop pour moi. Au reste, je me remets à mes précédentes, priant Dieu qu'il vous conserve.
Christine Alessandra.

Arckenholtz's transcript of the letter:

Le 10 d'Août, 1668.
Mes précédentes Lettres vous auront fait connoître que je suis satisfaite de vous, & vous devez croire que celles que je vous ai envoyées, sont plus pour votre information, & pour vous instruire mieux de ce qui se passe, & de ce qu'on dit, que pour vous reprocher votre conduite; mais votre réponse du 28 du passé m'a tiré entiérement d'inquiétude, & je puis vous assurer que je suis jusqu'ici très-satisfaite de vous. J'attends avec impatience la réponse du Roi à vos propositions, & alors je vous donnerai mes ordres. Cependant sachez que touchant le nombre des Prêtres, je serai satisfaite de tout ce qui vous pourrez obtenir. Pour l'Echange travaillez-y de toutes vos forces. Je vous ai donné des raisons convainquantes pour vous en servir à persuader les gens d'y consentir. Servez-vous-en en tems & lieu, & sachez encore une fois sur le sujet des Prêtres & leur nombre, que tout ce qui est au-dessus de quatre est trop pour moi. Au-reste je m'en remets à mes précédentes, priant Dieu qu'il vous conserve.
Christine Alessandra.

English translation (my own):

August 10, 1668.
My previous letters will have let you know that I am satisfied with you, and you must believe that the ones I sent you are more for your information and to better inform you of what is going on, and what is being said, than to reproach you for your behavior; but your reply of the 28th of last month has made me completely uneasy, and I can assure you that I have so far been very satisfied with you. I look forward to the King's response to your proposals, and then I will give you my orders. In the meantime, know that, touching the number of priests, I will be satisfied with all that you can obtain. For the exchange, work at it with all your might. I have given you compelling reasons for using it to persuade people to consent. Use it in due course, and know once again on the subject of priests and their number that anything above four is too much for me. In the meantime, I leave it to my previous letters, praying to God that He will preserve you.
Kristina Alessandra.

Swedish translation of the original (my own):

Hamburg, den 10 augusti 1668.
Mina tidigare brev kommer att ha meddelat Er att jag är nöjd med Er, och Ni måste tro att de brev som jag har skickat till Er bara är mer för Er information och för att instruera Er bättre om vad som händer och vad som sägs än för att förebrå Er för Ert uppförande; men Ert svar den 28 sista månad har helt befriat mig från min ångest, och jag kan försäkra Er om att jag än så länge är mycket nöjd med Er.

Jag väntar med otålighet på konungens svar på Era förslag, och sedan skall jag ge Er mina order. Emellertid, vet att jag, angående antalet präster, kommer att vara nöjd med vad Ni än kommer att kunna få.

När det gäller utbytet, arbeta på det med all Er styrka. Jag har skickat Er övertygande skäl att använda dem för att övertala människor att samtycka till det. Använd dem i rätt tid och plats, och vet än en gång om prästerna och deras antal att allt mindre än tre är alltför få och allt mer än fyra är alltför många för mig. I övrigt remitterar jag mig till mina tidigare brev, bedjande Gud att han bevare Er.
Kristina Alessandra.

English translation of the original (my own):

Hamburg, August 10, 1668.
My previous letters will have let you know that I am satisfied with you, and you must believe that the letters that I have sent to you are only more for your information and to instruct you better on what is happening and what is being said than to reproach you for your conduct; but your response of the 28th of this past month has completely relieved me of my anxiety, and I can assure you that I am so far very satisfied with you.

I await with impatience the King's answer to your propositions, and then I will give you my orders. In the meantime, know that, concerning the number of priests, I will be satisfied with whatever you will be able to obtain.

As for the exchange, work on it with all your strength. I have sent you convincing reasons to use them to persuade people to consent to it. Use them in due time and place, and know once again on the subject of the priests and their number that anything less than three is too few and anything more than four is too many for me. For the rest, I remit myself to my previous letters, praying God that He preserve you.
Kristina Alessandra.


Above: Kristina.

Kristina's handwritten letter to the Chevalier de Terlon, dated February 15/25 (New Style), 1668

Sources:

Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Manuscrits de la reine Christine; VIII: Lettere della regina ai suoi ministri; Lettere al signore Terlon; 55: Christine de Suède au chevalier de Terlon, Hambourg, 25 février 1668 (digitisation page 72v-73r)


Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Manuscrits de la reine Christine: Lettere della regina ai suoi ministri, : , 1601-1700.

The Foli@ online digital heritage library is here:


Copyright SCDI-UPV - Collections Université de Montpellier (shelfmark H 258).

Mémoires concernant Christine, reine de Suède, volume 3, page 299, compiled and edited by Johan Arckenholtz, 1759; original at the National Library of Naples (Biblioteca Nazionale Vittorio Emanuele III)



"Dans ces entrefaites le Chevalier Terlon, Ambassadeur de France, arriva à la Cour de Copenhague. Il en donna nouvelle à Christine, qui le connoissoit de longue main. Elle l'en remercia, en lui disant (Lettere a' suoi Ministri. p. 52. le 7. Janv. 1668.): 'les témoignages de votre amitié me sont toujours fort agréables; je vous conserverai toujours la mienne, & la ferai paroître en toute occasion, puisque votre mérite & vos civilités exigent de moi cette reconnoissance avec tant de justice.'

Par une autre réponse que Christine lui fit quelques semaines après, il semble par ce que la Reine lui dit, que le Grand-Chancelier, le Comte de la Gardie, avoit disposé le Chevalier de Terlon à s'entremettre dans cette affaire d'Appelman (Lettere a' suoi Ministri p. 53.)."

"Meanwhile, the Chevalier de Terlon, the ambassador of France, arrived at the court of Copenhagen. He gave the news of this to Kristina, who had known him for a long time. She thanked him, saying (Lettere ai suoi ministri, p. 52, January 7, 1668.): 'The expressions of your friendship are always very agreeable to me; I will always preserve mine for you and will show it on every occasion, as your merit and your civilities so justly demand this recognition from me.'

From another reply which Kristina gave him a few weeks later, it seems from what the Queen told him that the Grand Chancellor, the Count de la Gardie, had disposed the Chevalier de Terlon to intervene in the affair of Appelman (Lettere ai suoi ministri, p. 53.)."

The letter (with Santini's handwriting in italics):

Pour Mr. de Terlon 25 feu[rie]r 68
Je Vous Suis obligèe de l'affection que Vous tesmoinges pour mes interest[s] et apres Vous avoir rimercie par la presente Je Vous diray sur le suiet dAppelMan et son memoire que Voiant qui[l] ne me demande que iustice Vous pouves lasseurer quelle luy sera rendue Tost ou tardt telle quil la merite et Cela est tout ce que iay a Vous dire sur son suiet. si Vous aves des Nouvelles de Suede Vous mobligeres de men faire part Car on en a icy des estranges quon ne sait que Croire la di[e]tte esclairsira bien des douttes et Je prie dieu [etc]

With modernised spelling (with Kristina's spelling mistakes preserved as much as possible):

Pour Monsieur de Terlon, 25 février '68.
Je vous suis obligée de l'affection que vous témoingez [sic] pour mes intérêt[s], et, après vous avoir rimercié [sic] par la présente, je vous dirai sur le sujet d'Appelman et son mémoire que, voyant qu'i[l] ne me demande que justice, vous pouvez l'assurer qu'elle lui sera rendue tôt ou tard telle qu'il la mérite; et cela est tout ce que j'ai à vous dire sur son sujet. Si vous avez des nouvelles de Suède, vous m'obligerez de m'en faire part, car on en a ici des étranges qu'on ne sait que croire. La Di[è]te éclaircira bien des doutes, et je prie Dieu, [etc].

With modernised spelling:

Pour Monsieur de Terlon, 25 février '68.
Je vous suis obligée de l'affection que vous témoignez pour mes intérêts, et, après vous avoir remercié par la présente, je vous dirai sur le sujet d'Appelman et son mémoire que, voyant qu'il ne me demande que justice, vous pouvez l'assurer qu'elle lui sera rendue tôt ou tard telle qu'il la mérite; et cela est tout ce que j'ai à vous dire sur son sujet. Si vous avez des nouvelles de Suède, vous m'obligerez de m'en faire part, car on en a ici des étranges qu'on ne sait que croire. La Diète éclaircira bien des doutes, et je prie Dieu, [etc].

Arckenholtz's transcript of the letter:

Le 25. Février, 1668.
Je vous suis obligée de l'affection que vous témoignez pour mes intérêts, & après vous avoir remercié par la présente, je vous dirai au sujet d'Appelman & de son Mémoire, que voyant qu'il ne me demande que justice, vous pouvez l'assurer qu'elle lui sera rendue tôt ou tard, puisqu'il la mérite, & cela est tout ce que j'ai à vous dire à son sujet. Si vous avez des nouvelles de Suède, vous m'obligerez de m'en faire part, car on en a ici de si étranges, qu'on ne sait que croire; la Diette éclaircira bien des doutes, & je prie Dieu &c.

English translation (my own):

February 25, 1668.
I am obliged to you for the affection you show for my interests, and after having thanked you hereby, I will tell you about Appelman and his memoir, that, seeing that he only asks me for justice, you can assure him that it will be returned to him sooner or later, since he deserves it; and that is all I have to tell you about him. If you have any news from Sweden, you will oblige me to tell it to me, for one has such strange news here that one does not know what to believe; the Riksdag will clear up many doubts, and I pray to God, etc.

Swedish translation of the original (my own):

För monsieur de Terlon, den 25 februari '68.
Jag är skyldig Er för den tillgivenhet Ni visar för mina intressen, och efter att ha tackat Er härmed, kommer jag att berätta för Er angående Appelman och hans memorial att, eftersom han bara ber mig om rättvisa, kan Ni försäkra honom att den kommer att återlämnas till honom förr eller senare som han förtjänar; och det är allt jag har att säga till Er i ämnet. Har Ni nyheter från Sverige, så förpliktar Ni mig genom att meddela mig om dem, ty man har några konstiga här som man inte vet vad man skall tro. Riksdagen kommer att klargöra många tvivel, och jag ber till Gud, [osv].

English translation of the original (my own):

For Monsieur de Terlon, February 25, '68.
I am obliged to you for the affection you show for my interests, and, after having thanked you hereby, I will tell you on the subject of Appelman and his memorandum that, seeing that he only asks me for justice, you can assure him that it will be returned to him sooner or later as he deserves; and that is all I have to say to you on the subject. If you have news from Sweden, you will oblige me to let me know about them, because one has some strange ones here that one does not know what to believe. The Riksdag will clarify many doubts, and I pray to God, [etc].


Above: Kristina.

Kristina's letters to Pierre Bourdelot, dated August 31/September 10 and October 19/29 (New Style), 1667

Sources:

Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Manuscrits de la reine Christine; VIII: Lettere della regina ai suoi ministri; Lettere al signore Bourdelot; Christine de Suède à Bourdelot, Hambourg, 10 septembre 1667 (digitisation page 94v-95r to 95r-117v)


Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Manuscrits de la reine Christine; VIII: Lettere della regina ai suoi ministri; Lettere al signore Bourdelot; Lettre manquante 1  Christine de Suède à Bourdelot, Hambourg, 29 octobre 1661 (located at H 258 bis 1; digitisation pages 103v-104r to 104v-105r)


Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Papiers de Christine de Suède, complément; Papiers de Christine de Suède, complément I (digitisation pages 103v-104r to 104v-105r)


Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Manuscrits de la reine Christine: Lettere della regina ai suoi ministri, : , 1601-1700.

Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Papiers de Christine de Suède, complément I, : , 1601-1700.

The Foli@ online digital heritage library is here:


Copyright SCDI-UPV - Collections Université de Montpellier (shelfmark H 258 and shelfmark H 258 bis 1).

Mémoires concernant Christine, reine de Suède, volume 3, pages 295 to 297, compiled and edited by Johan Arckenholtz, 1759; original at the National Library of Naples (Biblioteca Nazionale Vittorio Emanuele III)


Christina: Brev från sex decennier, page 60, edited and translated by Sven Stolpe, 1960

Drottning Kristina: Efter tronavsägelsen, page 117, by Sven Stolpe, 1961

Blood and Justice: The 17th century Parisian doctor who made blood transfusion history, page 130, by Pete Moore, 2003

A link to the book Kristina mentions here, Les essais physiques (1667), by Gilles de Launay:







"... Quelque favorable que soit le tour qu'on a voulu donner à cet accident, il s'en faut pourtant beaucoup qu'on puisse ajouter pleine foi à toutes les circonstances de cet exposé, non plus qu'à celui qu'en a donné André Galdenblad Secretaire de la Reine (Miscell. Pol. p. 29.). Il est apparent que lui & le Marquis del Monte en ont été les auteurs, puisqu'on a accusé ce dernier, qui étoit de la suite de la Reine, de l'avoir poussée à donner ce festin, & à faire de la dépense, où il trouvoit son compte, parce que toutes choses passoient par ses mains (Mém. de Christine T. II. p. 127.). Quoi qu'il en soit, l'Abbé Bourdelot, son fidéle rapporteur des nouvelles de France, semble lui avoir mandé ce qu'on en disoit dans les Cercles de Paris. A juger par les réponses de la Reine, il ne faut pas que toutes ces nouvelles lui eussent été également agréables. Les voici (Lettere a' suoi Ministri p. 64.)..."

"... However favourable the interpretation given to this accident may be, it is still far from being possible to place full faith in all the circumstances of this account any more than in that given by Andreas Galdenblad, the Queen's secretary (Miscellanea politica, p. 29.). It is apparent that he and the Marquis del Monte were responsible, since the latter, who was in the Queen's suite, was accused of having incited her to give this feast and to incur expenses from which he profited, because everything passed through his hands (Mémoires de Christine, vol. II, p. 127.).

In any case, the abbé Bourdelot, her faithful reporter of news from France, seems to have informed her of what was being said in Parisian circles. Judging by the Queen's replies, it appears that not all of this news was equally agreeable to her. Here they are (Lettere ai suoi ministri, p. 64.)..."

The letters (with Kristina's handwriting in italics):

Au monsieur Bourdelot               Hambourg 10e Sept[embr]e 1667
J'accuse plusieurs de Vos Lettres, aux quelles Je n'ay rien à Vous dire. La derniere est pleine de nouuelles, et de doctrine. Vous parlèz de liures nouueaux, et il y en a tant de faits de bons; et de mauuais; dont Je ne connois seullement pas le tiltre, que Je Vous promets de lire ceux, dont Vous me parlèz quand Je n'auraÿs plus rien à lire, et c'est à dire que Je ne les Verray iamais. Vous m'auèz envoye quelques fueilles du liure intitulé Les Essays fisiques, de Je ne sçay qui, qui est fort à mon grè. Vous me ferèz plaisir de me le faire auoir. Pour le Cheu[alie]r Bernin il n'est pas si sot que de se tuer et c'est le prendre pour un autre de toutes les façons que de le penser capable de cela. Jl se porte bien, et le Pape Se connoist trop aux gens pour ne l'estimer pas, c'est un grand homme n'en deplaise a Messieurs les Architectes de france, et il est bien heureux de Seruir le plus grand Prince du Monde qui est le Pape d'à present, qui est un Prince incomparable, et le temps ferà demeurer tout le Monde d'accord de cette Veritè. ditez à Benserade qu'il se prepare à le louer plus dignement qu'il n'a fait, car quoy que Sa S[ainte]tè aye fait autrefois admirablem[en]t bien des Vers, il a d'autres talents, et qualitèz plus importantes, et solides dont on ne peut ny l'admirer, ny l'estimer assèz

...

a Bourdelot mà n[on] fù mandata
J'ay receù uostre Lettre, et Vous tiens conte des Offres de seruices que Vous auèz fait à Mons[ieu]r le Card[ina]l [Azzolino]. Jl merite les respects des toutes les honnestes gens et ne refuse iamais sa protection à ceux, qui en Sont dignes, comme Vous. J'aurois voulù que Vous Vous fussièz abstenù, de ce que Vous ditez de ma Lettre, car peut estre croiroit on que Je pretends rendre les gens obligèz en les loüant, et Je Suis fort esloignèe d'une telle bassesse; mais ma consolation est que le Card[ina]l me connoist; Vous me faites plaisir de ne m'enuoyer tout le fatras qu'on fait sur la Campagne passèe en flandre. Je m'imagine à peu pres ce que s'est, et J'ay tant de pitie des pauures Cyrus, Alexandres et Cesars, qu'à peine les crois Jé plus bons à estre Mousquetaires; J'aime les belles actions autant qu'un autre, mais Je n'aime pas les Panegiriques, et mon amitie pour les Satires, est telle, que J'aime iusques a lire celles qui sont faites contre moy mesme, dont le nombre est raisonnablem[en]t grand Diéu mercy, pour mé divertir aux despens de moy mésme apres m'estre long temps diuertye aux despens des autres. Je dis à mes despens par ce que tout ce que J'ay encore Veù est si Sot, et si impertinent, qu'il m'auroit estè impossible de lé lire s'ils n'eussent parlè mal de moy.

Pour ce qui est de Benserade Vous auèz raison de croiré que tout ce qui Vient de luy me plairà, car Soit qu'il loüe, ou qu'il blasme les gens il a tant d'esprit, et de iugement qu'il plaist tousiours, et sa delicatesse, me charme; Jl me tarde d'auoir Son Elegie. Vous m'enuoyèz les Essays phisiques de La[u]noy pour m'en faire venir l'enuie; mais Vous m'obligerèz, Si Vous m'enuoyèz tout Son ouurage entier; ne craignèz pas les frais, car Je Vous satisfairay. Mon malheur m'arreste encore pour cet hyuer icy, et la seule consolation qu'on y peut auoir sont les Lettres de Rome, et les Liures de france.

Pour la transfusion du Sang Je trouue l'Jnuention belle; mais Jé ne Voudrois pas m'en séruir, de peur de deuenir pécore car en cas de metamorphose J'aimerois mieux deVenir Lionne pour m'empescher d'estre deuorèe. Je me porte assèz bien, et me mocque des medecins, et de la medecine; mais pour ioüir d'vne parfaite Santè mon Souuérain remede Séroit de respirer l'air de Rome, toutefois én cas de besoin pour Vous fairé Voir que J'entends plus que Vous autres bouts à la transfusion du Sang, Je suis resolüe de me seruir de celuy de quelque Alleman[d], qui est la béste qui ressemble le moins à l'homme des toutes les bestes de ma connoissance. Je doute pourtant si on luy feroit verser du Sang, ou du Vin, et Je crains qu'on en deviendroit plus beste. Vous Voyèz qu'on trouue de quoy Se diuertir par tout et Je pense que depuis qu'on a parlè de la transfusion du Sang on ne s'est iamais aduisè de cette proposition. Dieu Vous conserue sans en auoir à faire. Hambourg le 29e Octob. 1667

With modernised spelling:

Au Monsieur Bourdelot.
Hambourg, 10 septembre 1667.
J'accuse plusieurs de vos lettres, auxquelles je n'ai rien à vous dire. La dernière est pleine de nouvelles et de doctrine. Vous parlez de livres nouveaux, et il y en a tant de faits de bons et de mauvais, dont je ne connais seulement pas le titre, que je vous promets de lire ceux, dont vous me parlez quand je n'aurai plus rien à lire — et c'est à dire que je ne les verrai jamais. Vous m'avez envoyé quelques feuilles du livre intitulé Les essais physiques, de je ne sais qui, qui est fort à mon gré. Vous me ferez plaisir de me le faire avoir.

Pour le chevalier Bernin, il n'est pas si sot que de se tuer, et c'est le prendre pour un autre de toutes les façons que de le penser capable de cela. Il se porte bien, et le pape se connaît trop aux gens pour ne l'estimer pas. C'est un grand homme, n'en deplaise à Messieurs les architectes de France, et il est bienheureux de servir le plus grand prince du monde, qui est le pape d'à présent, qui est un prince incomparable; et le temps fera demeurer tout le monde d'accord de cette vérité.

Dites à Benserade qu'il se prépare à le louer plus dignement qu'il n'a fait, car quoique Sa Sainteté ait fait autrefois admirablement bien des vers, il a d'autres talents et qualités plus importantes et solides, dont on ne peut ni l'admirer, ni l'estimer assez.

...

A Bourdelot, ma non fu mandata.
J'ai reçu votre lettre et vous tiens compte des offres de services que vous avez fait à Monsieur le cardinal [Azzolino]. Il mérite les respects de toutes les honnêtes gens et ne refuse jamais sa protection à ceux qui en sont dignes, comme vous. J'aurais voulu que vous vous fussiez abstenu de ce que vous dites de ma lettre, car peut-être croirait-on que je prétends rendre les gens obligés en les louant, et je suis fort éloignée d'une telle bassesse; mais ma consolation est que le cardinal me connaît.

Vous me faites plaisir de ne m'envoyer tout le fatras qu'on fait sur la campagne passée en Flandre. Je m'imagine à peu près ce que c'est, et j'ai tant de pitié des pauvres Cyrus, Alexandres et Césars qu'à peine les crois-je plus bons à être mousquetaires. J'aime les belles actions autant qu'un autre, mais je n'aime pas les panégyriques, et mon amitié pour les satires est telle que j'aime jusqu'à lire celles qui sont faites contre moi-même, dont le nombre est raisonnablement grand, Dieu merci, pour me divertir aux dépens de moi-même après m'être longtemps divertie aux dépens des autres. Je dis à mes dépens parce que tout ce que j'ai encore vu est si sot et si impertinent qu'il m'aurait été impossible de le lire s'ils n'eussent parlé mal de moi.

Pour ce qui est de Benserade, vous avez raison de croire que tout ce qui vient de lui me plaira, car soit qu'il loue ou qu'il blâme les gens, il a tant d'esprit et de jugement qu'il plaît toujours, et sa delicatesse me charme. Il me tarde d'avoir son Élégie. Vous m'envoyez les Essais physiques de Launay pour m'en faire venir l'envie; mais vous m'obligerez si vous m'envoyez tout son ouvrage entier. Ne craignez pas les frais, car je vous satisferai. Mon malheur m'arrête encore pour cet hiver ici, et la seule consolation qu'on y peut avoir sont les lettres de Rome et les livres de France.

Pour la transfusion du sang, je trouve l'invention belle, mais je ne voudrais pas m'en servir, de peur de devenir pécore, car, en cas de métamorphose, j'aimerais mieux devenir lionne pour m'empêcher d'être dévorée. Je me porte assez bien et me moque des médecins, et de la médecine; mais, pour jouir d'une parfaite santé, mon souverain remède serait de respirer l'air de Rome. Toutefois, en cas de besoin pour vous faire voir que j'entends plus que vous autres bouts à la transfusion du sang, je suis résolue de me servir de celui de quelque Allemand, qui est la bête qui ressemble le moins à l'homme de toutes les bêtes de ma connaissance. Je doute pourtant si on lui ferait verser du sang, ou du vin, et je crains qu'on en deviendrait plus bête.

Vous voyez qu'on trouve de quoi se divertir partout, et je pense que depuis qu'on a parlé de la transfusion du sang, on ne s'est jamais avisé de cette proposition. Dieu vous conserve sans en avoir à faire. Hambourg, le 29 octobre 1667.

Arckenholtz's transcript of the letters:

Hambourg, le 10. Septembre 1667.
J'accuse plusieurs de vos Lettres, auxquelles je n'ai rien à vous dire. La derniére est pleine de nouvelles, & de doctrine. Vous parlez de Livres nouveaux, & il y en a tant, bons & mauvais, dont je ne connois pas seulement le titre, que je vous promets de lire ceux dont vous me parlez quand je n'aurai plus rien à lire, c'est-à-dire, que je ne les verrai jamais. Vous m'avez envoyé quelques feuilles du Livre intitulé, Les Essais Physiques, de je ne sai qui, qui est fort à mon gré; vous me ferez plaisir de me le faire avoir. Pour le Chevalier Bernini il n'est pas si sot que de se tuer, & c'est le prendre pour un autre, que de l'en juger capable. Il se porte bien, & le Pape se connoît trop en gens pour ne l'estimer pas. C'est un grand homme, n'en déplaise à Messieurs les Architectes de France; & il est bien heureux de servir le plus grand Prince du Monde, qui est le Pape d'à-présent, qui est un Prince incomparable; le tems fera demeurer tout le monde d'accord de cette vérité. Dites à Benserade, qu'il se prépare à le louer plus dignement qu'il n'a fait; car quoique Sa Sainteté ait fait autrefois admirablement bien des vers, il a d'autres talens & qualités plus importantes & solides, dont on ne peut ni l'admirer, ni l'estimer assez.

...

Et le 29. Octobre E. A.
J'ai reçu votre Lettre, & vous tiens compte des offres de services que vous avez fait à Monsieur le Cardinal [Azzolino]. Il mérite les respects de tous les honnêtes gens, & ne refuse jamais sa protection à ceux qui en sont dignes comme vous. J'aurois voulu que vous vous fussiez abstenu de ce que vous dites de ma Lettre, car peut-être croira-t-on que je prétends rendre les gens obligés en les louant, & je suis fort éloignée d'une telle bassesse; mais ma consolation est, que le Cardinal me connoît. Vous me faites plaisir de ne me pas envoyer tout le fatras qu'on fait sur la Campagne de Flandre. Je m'imagine à peu près ce que c'est, & j'ai tant de pitié des pauvres Cyrus, Alexandres & Césars, qu'à peine les crois-je valoir plus qu'à être Mousquetaires. J'aime les belles actions autant qu'un autre, mais je n'aime pas les panégyriques, & mon amitié pour les satires est telle, que j'aime à lire jusqu'à celles qui sont faites contre moi-même, dont le nombre est raisonnablement grand. Dieu merci, pour me divertir aux dépens de moi-même, après m'être long-tems divertie aux dépens des autres. Je dis à mes dépens, parce que tout ce que j'ai encore vu est si sot, & si impertinent, qu'il m'auroit été impossible de le lire s'ils n'eussent parlé mal de moi.

Pour ce qui est de Benserade, vous avez raison de croire que tout ce qui vient de lui me plaîra; car soit qu'il loue, on qu'il blâme les gens, il a tant d'esprit & de jugement, qu'il plaît toujours, & sa délicatesse me charme. Il me tarde d'avoir son Elégie. Vous m'envoyez les Essais Physiques de Launoy pour m'en faire venir l'envie; vous m'obligerez, si vous m'envoyez son Ouvrage entier: ne craignez pas les fraix, car je vous satisferai. Mon malheur m'arrête encore ici cet hiver, & la seule consolation qu'on y peut avoir, sont les Lettres de Rome & les Livres de France.

Pour la transfusion du sang, je trouve l'invention belle; mais je ne voudrois pas m'en servir, de peur de devenir pécore; car en cas de métamorphose, j'aimerois mieux devenir Lionne pour m'empêcher d'être dévorée. Je me porte assez bien, & me moque des Médecins & de la Médecine; mais pour jouir d'une parfaite santé, mon souverain reméde est de respirer l'air de Rome. Toutefois, en cas de besoin, pour vous faire voir que je m'entends plus que vous autres bêtes à la transfusion du sang, je suis résolue à me servir de celui de quelque Allemand, qui est la bête qui ressemble le moins à l'homme de toutes les bêtes de ma connoissance. Je doute pourtant qu'on lui fît verser du sang, ou du vin, & je crains qu'on en deviendroit plus bête. Vous voyez qu'on trouve dequoi se divertir par-tout, & je pense que depuis qu'on a parlé de la transfusion du sang, on ne s'est jamais avisé de cette proposition. Dieu vous conserve sans en avoir à faire.

Swedish translation of the second letter (by Stolpe; somewhat abridged):

Vad beträffar Benserade, har Ni rätt när Ni tror att allt som kommer från honom tilltalar mig; vare sig han prisar eller klandrar folk, har han en sådan esprit och ett sådant säkert omdöme, att han alltid behagar; hans finess charmerar mig. Jag längtar att få se hans Elegi. Ni sänder mig Launoys Essais physiques för att jag skall bli avundsjuk; Ni vinner min tacksamhet, om Ni sänder mig hela hans verk. Frukta inte kostnaderna, Ni skall bli tillfredsställd. Till min olycka måste jag stanna här även denna vinter; den enda trösten man här kan ha är brev från Rom och böcker från Frankrike.

Vad beträffar blodtransfusionen, tycker jag påhittet är bra, men jag tänker inte begagna mig av det av rädsla för att förvandlas till ett fäkreatur; skall det vara nödvändigt med en metamorfos, föredrar jag att bli ett lejon — så jag slipper bli uppslukad. Jag mår ganska bra och struntar i läkarna och deras medeciner; för att nå full hälsa är mitt överlägsna botemedel detta: att få inandas Roms luft. Emellertid, om så skulle krävas och för att visa Er, att jag förstår mig bättre på blodtransfusion än alla ni andra kräk, så har jag beslutat att begagna mig av någon tysks blod, ty tysken är det djur som minst påminner om människan av alla djur jag känner till.

English translations (my own):

Hamburg, September 10, 1667.
I accuse several of your letters, to which I have nothing to say to you. The last one is full of news, and doctrine. You speak of new books, and there are so many, good and bad, whose titles I don't know, only that I promise to read the ones you tell me about when I have nothing more to read: that is to say, I will never see them. You have sent me a few sheets of the book entitled Les essais physiques, by I do not know who, which is very much to my liking; you will please me to let me have it. For the knight Bernini, it is not so stupid to kill oneself, and it is to take him for another, to judge him capable. He is doing well, and the Pope knows himself too well among people not to esteem him. He is a great man — no offense to the architects of France; — and he is very happy to serve the greatest prince in the world, who is the Pope, an incomparable prince; time will keep everyone in agreement with this truth. Tell Benserade that he is preparing to praise him with more dignity than he has done; for although His Holiness once wrote admirably well in verse, he has other, more important and solid talents and qualities, of which he can neither be admired nor esteemed enough.

...

And October 29th of the same year.
I have received your letter, and you take into account the offers of service you have made to the Cardinal [Azzolino]. He deserves the respect of all decent people, and he never denies his protection to those who are worthy like you. I would have liked you to have abstained from what you say about my letter, for perhaps people will believe that I claim to make people obligated by praising them, and I am very far from such baseness; but my consolation is that the Cardinal knows me. You give me pleasure not to send me all the rubbish that is being done on the Flanders countryside. I can imagine what it is, and I have so much pity for the poor Cyruses, Alexanders and Caesars that I hardly believe they are worth more than being musketeers. I like beautiful actions as much as any other, but I don't like panegyrics, and my friendship for satires is such that I like to read even those made against myself, as the number is reasonably large. Thank God for entertaining myself at my own expense, after having entertained myself for a long time at the expense of others. I say at my expense because everything I have yet seen is so stupid and so impertinent that it would have been impossible for me to read it if they had not spoken badly of me.

As for Benserade, you are right to believe that everything that comes from him will please me; because, whether he praises or blames people, he has so much wit and judgment that he always pleases, and his delicacy charms me. I can't wait to have his Elegy. You send me Launay's Les essais physiques to make me feel like it; you will oblige me if you send me his entire work; do not fear the costs, because I will satisfy you. My misfortune still stops me here this winter, and the only consolation that can be had here are the letters from Rome and the books from France.

For the transfusion of blood, I find the invention beautiful; but I would not want to use it, for fear of becoming pecourous; because in the event of metamorphosis, I would rather become a lioness, so as to prevent myself from being devoured. I am doing rather well, and I don't care about doctors and medicine; but to enjoy perfect health, my sovereign remedy is to breathe the air of Rome. However, if need be, to make you see that I can understand myself better than you other beasts in the transfusion of blood, I am resolved to use that of some German, who, of all the beasts I know of, is the beast that least resembles man. I doubt, however, that he would be made to spill blood or wine, and I fear that he would just become more stupid. You can see that one finds something to be entertained by everywhere, and I think that since we have talked about blood transfusion, we have never considered this proposal. God keep you without having to.

Swedish translation of the originals (my own):

Till Monsieur Bourdelot.
Hamburg, den 10 september 1667.
Jag anklagar flera av Era brev, som jag inte har något att säga Er till. Det sista är full av nyheter och doktriner. Ni talar om nya böcker, och det finns så många bra och dåliga, som jag bara inte vet titeln på, att jag lovar att läsa de Ni har berättat om när jag inte har något kvar att läsa — och det betyder att jag kommer aldrig att se dem. Ni skickade mig några ark av boken med titeln Les essais physiques, av jag vet inte vem, som jag gillar väldigt mycket. Ni kommer att göra mig glad när jag får den.

När det gäller kavaljeren Bernini är han inte så dum att ta livet av sig, och det tar honom för någon annan på alla sätt att tro att han är kapabel till det. Han mår bra, och påven känner folk för väl för att inte uppskatta honom. Han är en stor man, med all respekt för Frankrikes arkitekter, och han är välsignad att tjäna den störste fursten i världen, som är den nuvarande påven, som är en makalös furste; och tiden kommer att få alla att hålla med om denna sanning.

Säg till Benserade att han förbereder sig att prisa honom värdigare än han gjorde, ty fastän Hans Helighet en gång skrev många verser beundransvärt, har han andra talanger och viktigare och solida egenskaper, för vilka man varken kan beundra eller akta honom tillräckligt.

...

Till Bourdelot, men detta skickades inte.
Jag har mottagit Ert brev, och jag tar hänsyn till de erbjudanden om tjänster Ni gjort till kardinalen [Azzolino]. Han förtjänar respekten från alla ärliga människor och vägrar aldrig sitt skydd till dem som är värda det, som Ni. Jag hade velat att Ni hade avstått från vad Ni säger om mitt brev, ty man kanske skulle tro att jag ämnar förplikta folk genom att prisa dem, och jag är mycket långt ifrån en sådan elakhet; men min tröst är att kardinalen känner mig.

Ni gör mig glad över att inte skicka mig all det sammelsurium som görs om den tidigare kampanjen i Flandern. Jag föreställer mig ungefär hur det är, och jag har så synd om de stackars Cyrus, Alexander och Caesar att jag knappt tror att de är bättre på att vara musketörer. Jag gillar storslagna handlingar lika mycket som alla andra, men jag gillar inte panegyrik, och min vänskap för satirer är sådan att jag till och med gillar att läsa de som är gjorda mot mig själv, vars antal är ganska stort, Gudi lov, för att underhålla mig själv med på min egen bekostnad efter att ha underhållit mig själv länge på andras bekostnad. Jag säger på min bekostnad eftersom allt jag ännu har sett är så dumt och så oförskämt att det hade varit omöjligt för mig att läsa det om de inte hade talat illa om mig.

När det gäller Benserade, så har Ni rätt i att tro att allt som kommer från honom kommer att glädja mig, för vare sig han berömmer eller skyller på folk, så har han så mycket kvickhet och omdöme som han alltid behagar, och hans delikatess charmerar mig. Jag kan inte vänta på att få hans Élégie. Mi har skickat mig Launays Essais physiques för att fresta mig att göra det; men Ni kommer att förplikta mig om Ni skickar mig hela hans arbete. Oroa Er inte för kostnaderna, för jag kommer att tillfredsställa Er. Min olycka stoppar mig igen för denna vinter här, och den enda tröst man kan få är brev från Rom och böcker från Frankrike.

När det gäller blodtransfusion, tycker jag att uppfinningen är vacker, men jag skulle inte vilja använda den, av rädsla för att bli en får, ty jag i händelse av metamorfos skulle föredra att bli en lejoninna för att förhindra att jag slukas. Jag mår ganska bra och jag gör mig narr av läkare och medicin; men för att njuta av perfekt hälsa skulle mitt suveräna botemedel vara att andas luften i Rom. Men om det behövs för att visa Er att jag förstår de andra punkterna med blodtransfusion mer än Ni, är jag fast besluten att använda någon tysks, som är det odjur som minst liknar människan av alla djur jag känner till. Jag tvivlar dock på om man skulle få honom att utgjuta blod eller vin, och jag fruktar att man skulle bli mer av en odjur för det.

Ni ser att man hittar något att roa sig med överallt, och jag tror att sedan man talade om blodtransfusion har man aldrig tänkt på detta förslag. Gud bevare Er utan att ha att göra det. Hamburg, den 29 oktober 1667.

English translation of the originals (my own):

To Monsieur Bourdelot.
Hamburg, September 10, 1667.
I accuse several of your letters, to which I have nothing to say to you. The last one is full of news and doctrine. You speak of new books, and there are so many good and bad ones, of which I only don't know the title, that I promise to read the ones you have told me about when I have nothing left to read — and that means I will never see them. You sent me a few sheets of the book entitled Les essais physiques, by I don't know who, which I like very much. You will make me happy to make me have it.

As for the cavaliere Bernini, he is not so stupid as to kill himself, and it is taking him for someone else in every way to think him capable of that. He is doing well, and the Pope knows people too well not to esteem him. He is a great man, with all due respect to the architects of France, and he is blessed to serve the greatest prince in the world, who is the current Pope, who is an incomparable prince; and time will make everyone agree on this truth.

Tell Benserade that he prepares to praise him more worthily than he did, because although His Holiness once wrote many verses admirably, he has other talents and more important and solid qualities, for which one can neither admire nor esteem him enough.

...

To Bourdelot, but this was not sent.
I have received your letter, and I take into account the offers of services you made to the Cardinal [Azzolino]. He deserves the respect of all honest people and never refuses his protection to those who are worthy of it, like you. I would have liked you to have refrained from what you say about my letter, because perhaps one would believe that I intend to oblige people by praising them, and I am very far from such baseness; but my consolation is that the Cardinal knows me.

You make me happy not to send me all the hodgepodge that is being made about the past campaign in Flanders. I imagine roughly what it is like, and I have so much pity for the poor Cyruses, Alexanders and Caesars that I hardly believe they are any better at being musketeers. I like great actions as much as anyone else, but I don't like panegyrics, and my friendship for satires is such that I even like reading those which are made against myself, the number of which is reasonably large, thank God, to entertain myself with at the expense of myself after having entertained myself for a long time at the expense of others. I say at my expense because everything I have yet seen is so stupid and so impertinent that it would have been impossible for me to read it if they had not spoken ill of me.

As for Benserade, you are right to believe that everything that comes from him will please me, because whether he praises or blames people, he has so much wit and judgment that he always pleases, and his delicacy charms me. I can't wait to have his Élégie. You have sent me Launay's Essais physiques to tempt me to do so; but you will oblige me if you send me all his work entire. Don't worry about the costs, because I will satisfy you. My misfortune stops me again for this winter here, and the only consolation one can have are letters from Rome and books from France.

As for blood transfusion, I find the invention beautiful, but I would not want to use it, for fear of becoming a sheep, because, in the event of metamorphosis, I would prefer to become a lioness to prevent myself from being devoured. I am doing quite well and I make fun of doctors and medicine; but, to enjoy perfect health, my sovereign remedy would be to breathe the air of Rome. However, if necessary to show you that I understand the other points of blood transfusion more than you, I am resolved to use that of some German, who is the beast that least resembles man out of all the animals I know of. However, I doubt whether one would make him shed blood or wine, and I fear that one would become more of a beast for it.

You see that one finds something to entertain oneself with everywhere, and I think that since one talked about blood transfusion, one has never thought about this proposition. May God preserve you without having it to do it. Hamburg, October 29, 1667.


Above: Kristina.


Above: Pierre Bourdelot.

Notes: "Et le 29. Octobre E. A." = Arckenholtz's comment:

"Il est à remarquer qu'au-dessus de cette Lettre il est dit: 'qu'elle ne fut pas expédiée'. Apparemment la Reine ne vouloit pas rompre en visiére à la Cour de France, qui se seroit trouvée choquée en cas que sa Lettre eût été produite. Cette Lettre fait voir cependant ce que Christine pensoit alors des exploits de Louis XIV. qu'elle estimoit fort au-dessous de ce qu'on en divulguoit."

"It is noteworthy that above this letter it is stated that it was not expedited. Apparently the Queen did not wish to publicly offend the French court, which would have been shocked had her letter been produced. This letter, however, reveals what Kristina thought at the time of Louis XIV's exploits, which she esteemed far less impressive than what was being divulged."

Monsieur le Cardinal = Azzolino.

Account of the Hamburg riot incident on July 15/25 (New Style), 1667

Sources:

Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Papiers de Christine de Suède, complément; 2: Papiers de Christine de Suède, complément II; Lettre 59  Véritable relation de l'insulte faite de la populace au palais de la reine à Hambourg, 25 juillet 1667 (digitisation pages 112v-113r to 114v-NP)


Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Papiers de Christine de Suède, complément II, : , 1601-1700.
[En ligne sur https://folia.scdi-montpellier.fr/recherche-folia/3649] (consulté le 31/03/2026 23:50).

The Foli@ online digital heritage library is here:


Copyright SCDI-UPV - Collections Université de Montpellier (shelfmark H 258 bis 2).

Mémoires concernant Christine, reine de Suède, volume 3, pages 290 to 295, compiled and edited by Johan Arckenholtz, 1759; original at the National Library of Naples (Biblioteca Nazionale Vittorio Emanuele III)


Christina of Sweden, pages 248 to 251, by Ida Ashworth Taylor, 1909; original at the University of Toronto



The Sibyl of the North: The Tale of Christina, Queen of Sweden, pages 220 to 224, by Faith Compton Mackenzie, 1931; original scan at the Universal Digital Library




Andreas Galdenblad's relation of the incident (in Italian) is here:


CONTENT WARNING: VIOLENCE AND DEATH.

"Ce fut à cette occasion que Christine, pour témoigner publiquement la joye qu'elle ressentoit de l'élevation de Clément IX. au Trône Papal, donna, malgré les remontrances de ses amis, ce grand festin, d'où la populace de la Ville de Hambourg prit occasion de commettre des insolences, qui faillirent à être fatales & à la Reine, & au Palais qu'elle occupoit. Nous l'avons rapporté ailleurs (Mém. de Christine T. II. p. 127.): mais comme il y en a une Relation détaillée dans le recueil qui m'a été envoyé de Rome, qui ne se trouve publié nulle autre part, j'estime qu'elle mérite une place ici. ...

Quelque favorable que soit le tour qu'on a voulu donner à cet accident, il s'en faut pourtant beaucoup qu'on puisse ajouter pleine foi à toutes les circonstances de cet exposé, non plus qu'à celui qu'en a donné André Galdenblad Secretaire de la Reine (Miscell. Pol. p. 29.). Il est apparent que lui & le Marquis del Monte en ont été les auteurs, puisqu'on a accusé ce dernier, qui étoit de la suite de la Reine, de l'avoir poussée à donner ce festin, & à faire de la dépense, où il trouvoit son compte, parce que toutes choses passoient par ses mains (Mém. de Christine T. II. p. 127.). ..."

"It was on this occasion that Kristina, to publicly express her joy at the elevation of Clement IX to the papal throne, gave, despite the remonstrances of her friends, this grand feast, at which the populace of the city of Hamburg took the opportunity to commit insolences that nearly proved fatal both to the Queen and to the palace she occupied. We have recounted this elsewhere (Mémoires de Christine, vol. II, p. 127.); but, as there is a detailed account of it in the collection sent to me from Rome, which is not published anywhere else, I believe it deserves a place here. ...

However favourable the interpretation given to this accident may be, it is still far from being possible to place full faith in all the circumstances of this account any more than in that given by Andreas Galdenblad, the Queen's secretary (Miscellanea politica, p. 29.). It is apparent that he and the Marquis del Monte were responsible, since the latter, who was in the Queen's suite, was accused of having incited her to give this feast and to incur expenses from which he profited, because everything passed through his hands (Mémoires de Christine, vol. II, p. 127.). ..."

The account:

VERITABLE RELATION DE L'INSVLTE
Feite par la Populace au Palais de la Reyne a Ham-
bourg le 25. Juillet 1667.
LE jour, destinè po[u]r celebrer la glorieuse assomption au Pontificat de nostre S. Pere le Pape Clement Neufiesme, estant arrive, la Reyne quitta le deüil po[u]r sa personne, et tout a sa cour le quitta aussi parce qu'on le portoit alors po[u]r la Reyne de Pologne. Elle assista à la Messe Pontificale, qu'elle fit chanter en musique dans la plus grande salle de sa maison, qu'elle avoit fait accommoder en Chapelle, ayant juge sa Chapelle ordinaire trop petite pour la function de ce jour la, qui se fit avec toutes le[s] Ceremonies et [les] Magnificences accoustumees de l'Eglise Romaine avec vn concours de tout ce qu'il y avoit de gens de qualitè de l'un et de l'autre sexe dans la ville. On donna la salve de deux coups de Canons, qui est la salve de Suede, lors que le Prestre entonna la Gloria in Excelsis, et à l'Elevation l'on donna la salve double de quatre coups de canons, mais au Te Deum l'on donna deux fois neuf coups, distinguans le[s] premiers neuf coups par vn intervalle des autres. La Reyne avoit ordonnè et choisy ce nombre, pour signifier et marquer celuy du glorieux nom de nostre prezent Pape. La Messe acheveè, plusieurs des gens de qualitè resterent au disner, qu'on leur avoit preparè, d'autres se retirerent. Le tout se passa avec vn ordre et avec le plus grand respect du monde, et quoy que la foule fut excessive, et que la rue et les environs de la maison estoyent remplies de peuple, toute cette foule ne donnoit encor que des marques de respect et d'admiration, tesmoignant d'attendre avec impatience l'heure, que la fontaine devoit verser du Vin, et la voyant preste po[u]r cet effect, ils la boivoyent, en attendant des jeux. Pendant le disner l'on tira la machine du nom de sa Ste. en haut, et on l'attacha au frontispice du Palais, au lieu le plus elevè, comme il estoit ordonnè. Cette machine passa parmy tout ce peuple, elle estoit couverte d'une toile, autravers de la quelle on pouvoit lire le[s] lettres, qui formoyent ces mots en caracteres dorèz,

«CLEMENS
IX
PONT. MAX.
VIVAT.»

au dessous de la Thiare avec les clefs, marques de son authorité et [de son] pouvoir supreme, tout le monde la pouvoit voir et toucher, et plux de deux cens hommes prononcerent diverses fois ces mots durant le temps, qu'on travailloit à attacher les cordages, qui devoyent servir à la tirer en haut.

La Reyne, qui apprehendoit quelque insulte pour cette machine, avoit donnè tous les ordres necessaires pour l'ampescher, et non contente de cela, elle quitta son disner, qui estoit à peine commence, et se mit à la fenestre, pour observer elle mesme la contenance du Peuple, et po[u]r le tenir dans le respect, à quoy elle reussit sans peine, et entendit prononcer avec un plaisir entreme [sic] de la bouche de tout le peuple ce nom glorieux et le vivat d'une canaille. Aussitost que la machine arriva à son lieu, on donna ordre, de faire jouer la fontaine, qui fit son effect, comme elle avoit esté ordonneè, et jetta le vin avec abondance par neuf enderoits [sic]. Le vin le fit aussi, il augmenta la confusion et la foule, tout le monde s'en yvra durant six heures, toutes les Dames de qualitè estoyent venües aux fenestres pour voir ce Spectacle, et tout ce qu'il y avoit des gens de condition dans la ville, se trouverent aupres de la Reyne. Jusques là le tout s'estoit passé avec ma[g]nificence, et [la] joye et la confusion du peuple n'avoit encor fait naistre aucun inconvenient.

La fontaine cessa apres avoir fait dúrant six heures son office, et l'heure commençoit d'approcher, où chacun se devoit retirer. La Reyne estant resteè seule avec tous ses Domestiques, donna tous le[s] ordres, qu'elle jugea necessaires po[u]r la seuretè de sa maison. Elle avoit fait faire provision d'Armes, de poudre et de plomb, pour avoir de quoy se defendre en cas de necessitè, et les Suittes ont fait cognoistre, que sa prevoyance et ses soings n'ont pas esté perdus. Apres avoir donc ordonnè tout ce qu'elle jugea a' propos dans les circonstances, où elle se trouva alors, on donna la salve de deux fois neuf coups de canons, et l'on alluma les flambeaux de cire, qui estoyent s[o]ustenus par des bras dorez et rangez à trois ordres sur la façade du dehors.

Ces flambeaux estoyent d'une distance considerable au dessous [de] la machine du nom de sa Stè, afin que leur lumiere ne portast pas de prejudice à la clartè des six cens lampes, qui devoyent former les caracteres de ce nom sacrè. Si tost qu'ils furent alluméz, on descouvrit la machine, et l'on fit voir à toute la ville vn Spectacle, qu'elle n'avoit jamais veu, cette aggreable vision inspira [de] l'admiration à tout le monde, mais selon toutes les apparences elle suscita aussi la rage et la fureur dans les peuples, dont ils donnerent les marques peu apres.

L'illumination avoit durè environ trois heures, et sa Mte. se preparoit deja pour s'en aller coucher, car elle estoit fort fatigueè des functions du jour, lors qu'elle vist entrer vne assez raisonnable quantitè de grosses pierres par les fenestres de sa chambre, qui donnerent avec tant de violence dans la muraille, qu'ils firent d[o]ubler la Reyne de la veritè, ce qui l'obligea de changer de dessein. Sa premiere penseé fut, de faire estiendre [sic] le nom de sa Stè., qui brusloit encor, afin qu'il ne fut pas expose à l'insulte de cette barbare canaille, et p[o]ur cet effect elle ordonna, qu'on y jettast de l'eau, pour ne pas perdre de temps, et cela fut executè en vn moment.

Apres cela elle fit charger tous les canons de valles [sic] de mousquet, fit prendre les armes à tout le monde, envoya des gens pour addoucir le peuple, et ordona, qu'on prist le[s] postes, et fermast les portes.

Le Prince d'Hombourg, et plusieurs autres braves, qui par bon heur se trouvoyent encor dans le cimetiere tout proche de la maison de la Reyne, accoururent au bruit, et se mirent tous en estat de servir, le peuple cria à haute voix, «tue, tue». On ferme les portes, et on se defendit contre la fureur d'une populace, qui nous salvoit avec vne gresle de coups de pierres, et plusjeurs coups de Pistolets et [de] Carabines.

On vouloit faire vne descharge sus [sic] eux, mais la Reyne deffendit, qu'on ne tirast pas sans son ordre expres. Personne n'a jamais resistè à vne plus juste tentation qu'a celle lá, et nul autre avoit plus d'envie de faire tirer, qu'elle mesme, car on pouvoit faire vne terrible vengeance de cette canaille, et asseurement on en auroit pù sacrifier vn si grand nombre, qu'on n'auroit jamais veu vn massacre pareil, mais elle jugea tres bien, qu'il ne falloit pas â cette resolution, qu'a l'extremitè.

La Reyne ayant conservè en cette occasion tout son sang froid, elle agit avec beaucoup de prudence et de vigueur, mais la violence continuant tousjours, elle faillit à faire perdre souvent patiẽce à la Reyne, sa prudence neautmoings [sic] brida tousjours sa colere, et quelque iustance [sic] qu'on luy fit po[u]r tirer, elle demeura inesbranlable dan[s] sa resolution, mais voyant le danger augmenter au lieu de deminuer, elle se rendit, ou èlle jugea sa presence necessaire, donna ses ordres avec beaucoup de tranquilité, anima ses gens à se bien defendre, et donna ordre, po[u]r tenir prests les canons. L'on luy proposa d'envoyer au commandant de la ville, pour avoir du secours, mais elle ne voulut pas, qu'on luy parlast de sa part, ni que personne des sien[s] y allast.

Le Conte [de] Leiningen s'offrit d'y aller comme de luy mesme, et y alla, cependant on voulut forcer la porte, mais on y trouva tant de resi[s]tence, qu'on le tenta trois ou quatre fois en vain. Le Conte [de] Leiningen revint, et rapporta, que le commandant luy avoit dit, qu'il avoit ordre, de ne s'en mesler pas, ce qui fortifiá les soupçons de la Reyne, et la porsuada avec beaucoup d'apparence, qu[']il falloit se preparer à perir.

Elle commanda donc, qu'on fit vne salve de Mousquetons, puisqu'il n'y avoit point de secours à esperer, car elle ne croyoit pas, que le Prince reussissoit dans son entreprise, dont il se chargea, se promettant de faire venir le commandant à nostre secours, elle donna alors cet ordre, parce qu'elle jugea tres bien, qu'il estoyt temps, de donner quelque chose au hazard dans cette extremitè.

L'ordre ne fut pas plustost donnè, qu'il fut executè avec tant de succes, qu'on en tua vn nombre sur la place, on blessa plusjeurs autres, on fit des sorties sur eux, et on les espouventa d'une telle maniere, qu'il y avoit quelque apparence, de se pouvoir tous sauver.

Cependant le Prince arriva avec le commandant et ses soldats au secours de la maison, si à propos pour nous et pour luy, que nostre salve luy donna lieu de s'approcher, et il nous fortifia de telle sorte, qu'on acheva de nettoyer la rue, et de les chasser tous, sans qu'aucun de ceux, qui avoyent servi en nostre parti, fut tuè ni blessé.

La Reyne se retira chez le Resident de Suede, parce que sa maison avoit estoit reduite en vn estat inhabitable jusques à tant qu'elle fut raccommodeè à quoy il à fallu employer deux ou tro[i]s jours.

Le jour apres, le Magistrat fit tout ce qu'il devoit, la Reyne alla le matin à neuf ou dix hueres [sic] voir son palais, po[u]r y donner les ordres necessaires, et passa avec trois ou quatre persones seulement par toute la ville, elle trouva 2000. personnes devant son palais, et passa au milieu d'eux matin et soir. Et quoy que la rage et la crainte estoit visiblement peinte sur le visage de cette populace, personne ne bransla. Tous les amis et [les] serviteurs de la Reyne l'avoyent conjureè à ne s'[h]azarder pas de cette maniere, mais elle s'est mocqueè de cela, et à continuè tous les jours à faire de mesme.

Pour raisonner justement cet Attentat, il est à propos de remarquer certaines particularitèz, qui precederent cet accident, et d'autres qui l'ont suivy. Jl faut donc sçavoir, que lors que le bruit courut, que sa Mte. preparoit cette feste, les Ministres ou Predicants, firent [des] remonstrances au Magistrat, pour leur persuader, qu'ils devoyent s'opposer à la celebration de cette solemnitè, et ne la souffrir pas.

La dessus le Magistrat fit passer sous main jusqu'a la Reyne leurs sentiments; mais sa Mte. leur fit connoistre les siens d'une si brusque et fiere maniere, que cela leur fit passer l'envie de se compromettre et l'on resolut de n'en plus parler, desesperant, de pouvoir luy faire changer de resolution.

Jl y a grande apparence, que cette hauteur les irrita, et qu'estans instigéz par les Predicants, ils ne firent pas tout ce qu'ils pouvoyent et devoyent faire pour empescher ce desordre. Durant huict jours devant qu'il arriva, les Predicants ne faisoyent qu'irriter le peuple par leurs sermons. La Reyne, qui sçavoit tout ce qui se passoit, s'en mocqua et les laissoit prescher sans en faire le moindre cas, et cela mesme les faisoit enrager. Jl est mesme probable, que pour se vanger, ils avoyent concerté cette Tragedie, la quelle finit à leur plus grande honte et confusion par la mort des principaux Autheurs de la conspiration, car il est constant, qu'on l'avoit preparé[e], puis que les mutins estoyent fournis de tout ce qui estoit necessaire pour leur entreprise et on a sceu depuis, qu'ils desoyent [sic] tout haut, «laissons finir le vin et les flambeaux, car alors nous comencerons nostre jeu, et nous tirerons vengeance de l'affront qu'on nous fait».

Les Predicants se trouv[er]ent sur le lieu, pour animer le peuple à cette barbare action, et des gent [sic] dignes de foy de la Ville mesme nous ont asseurè, qu'il y en avoit alors deux dans le temps occupèz à se bel employ.

Depuis ils ont preschè publiquement au peuple les meurtres, le sang et la vengeance, et en fin s'il n'arrive [point] de nouveaux malheurs, on n'en doit paz accuser leur zele ni leur eloquence, qui n'ont paz este espargnèz en cette occasion.

On cherche ceux qui sont eschappéz aux mo[u]squetons, po[u]r leur rendre justice, mais on doubte, si on les voudra trouver. Ce qu'il y à de remarquable en cette action, est, que le jour apres tout estoit si calme, que les gens de la Reyne se promenoyent avec ses livreès par toute la ville avec la mesme tranquillitè qu'au paravant, l'on dit neantmoings, qu'il y à eu des gens assemblèz avec des armes, pour recommencer, mais tout à estè dissipé par les ordres, qu'on y à apportè[s].

L'on a veu en cette occasion les effects visibles de la providence de Dieu qui miraculeusement à preservè la Reyne et tous ceux, qui ont servi dans son party, et a voulu punir de la mort ceux, qui faisoyent cet Attentat.

Entr'autres l'un de ces malheureux estant allè chèz luy pour soupper et voulant retourner, sa femme, qui estoyt grosse, le voulut retenir et le pria de vouloir rester au logis, mais il ne voulut pas, disant, «il faut que j'aille visiter le Papa encor une fois», en effect il y alla, et receut quatre balles dans le Coeur.

Le Magistrat a deffendu aux predicants leurs seditieux Sermons, et a donnè si bon ordre, que le calme et le respect est restabli par tout.

On ne sçait pas le nombre des morts ni des blessèz, et on ne comprend pas, par quelle politique on les tient si cachès. Ceux qu'on confesse sont huict morts, dont cinq resterent sur la Place dans le Cimetiere, devant le Palais, les autres sout [sic] morts le jour apres, et 20. blesséz. Le bruit court, qu'il y en a davantage, quoy qu'il [en] soit, il suffit pour nostre gloire, qu'aucun de nostre party n'aye pas receu la moindre esgratignure jusques aux oyseaux de sa Mte. qui estoyent pendus aux fenestres et qui avoyent leurs cages fracassè[e]s et remplies de petites Pierres, et de quantité des verres, n'ont pas estè endommagèz, et se portent encor fort bien. Et nous avons fait voir, qu'on ne nous offense paz impunement.

L[']intention n'a pas este de publier cette relation, l'on s'est contenté de la communiquer a ceux, qu'on a creu les plus interessèz a la gloire de la Reyne, mais voyant que l'envie, et la calomnie a respandu son venin sur cet accident [sic] comme sur toutes les autres actions de la vie de sa Mte. on s'est resolù de faire sçavoir la veritè au publique [sic] protestant qu'elle y est entiere, et soustenant que tout ce, qui est divert [sic] de ce que contient cette relation est entierement faux.

With modernised spelling:

Véritable relation de l'insulte faite par la populace au palais de la Reine à Hambourg, le 25 juillet 1667.
Le jour destiné pour célébrer la glorieuse assomption au pontificat de Notre Saint Père le pape Clément neuvième étant arrivé, la Reine quitta le deuil pour sa personne; et tout à sa cour le quitta aussi, parce qu'on le portait alors pour la reine de Pologne. Elle assista à la messe pontificale qu'elle fit chanter en musique dans la plus grande salle de sa maison, qu'elle avait fait accommoder en chapelle, ayant jugé sa chapelle ordinaire trop petite pour la fonction de ce jour-là, qui se fit avec toutes les cérémonies et [les] magnificences accoutumées de l'Église romaine, avec un concours de tout ce qu'il y avait de gens de qualité de l'un et de l'autre sexe dans la ville.

On donna la salve de deux coups de canons, qui est la salve de Suède, lorsque le prêtre entonna la Gloria in excelsis, et à l'élévation l'on donna la salve double de quatre coups de canons; mais au Te Deum l'on donna deux fois neuf coups, distinguants les premiers neuf coups par un intervalle des autres. La Reine avait ordonné et choisi ce nombre pour signifier et marquer celui du glorieux nom de notre présent pape.

La messe achevée, plusieurs des gens de qualité restèrent au dîner qu'on leur avait préparé; d'autres se retirèrent. Le tout se passa avec un ordre et avec le plus grand respect du monde; et quoique la foule fut excessive et que la rue et les environs de la maison étaient remplies de peuple, toute cette foule ne donnait encore que des marques de respect et d'admiration, témoignant d'attendre avec impatience l'heure que la fontaine devait verser du vin; et, la voyant prête pour cet effet, ils la boivaient en attendant des jeux.

Pendant le dîner, l'on tira la machine du nom de Sa Sainteté en haut, et on l'attacha au frontispice du palais au lieu le plus élevé, comme il était ordonné. Cette machine passa parmi tout ce peuple; elle était couverte d'une toile, au travers de laquelle on pouvait lire les lettres qui formaient ces mots en caractères dorés,

«CLEMENS IX, PONT. MAX., VIVAT»,

au-dessous de la tiare avec les clefs — marques de son autorité et [de son] pouvoir suprême. Tout le monde la pouvait voir et toucher, et plux de deux cents hommes prononcèrent diverses fois ces mots durant le temps qu'on travaillait à attacher les cordages qui devaient servir à la tirer en haut.

La Reine, qui appréhendait quelque insulte pour cette machine, avait donné tous les ordres nécessaires pour l'empêcher; et, non contente de cela, elle quitta son dîner, — qui était à peine commencé, — et se mit à la fenêtre pour observer elle-même la contenance du peuple et pour le tenir dans le respect à quoi elle réussit sans peine et entendit prononcer avec un plaisir extrême de la bouche de tout le peuple ce nom glorieux et le vivat d'une canaille.

Aussitôt que la machine arriva à son lieu, on donna ordre de faire jouer la fontaine, qui fit son effet comme elle avait été ordonnée et jeta le vin avec abondance par neuf endroits. Le vin le fit aussi; il augmenta la confusion et la foule. Tout le monde s'enivra durant six heures, toutes les dames de qualité étaient venues aux fenêtres pour voir ce spectacle, et tout ce qu'il y avait des gens de condition dans la ville se trouvèrent auprès de la Reine. Jusque-là, le tout s'était passé avec magnificence, et [la] joie et la confusion du peuple n'avait encore fait naître aucun inconvénient.

La fontaine cessa après avoir fait durant six heures son office, et l'heure commençait d'approcher où chacun se devait retirer. La Reine, étant restée seule avec tous ses domestiques, donna tous les ordres qu'elle jugea nécessaires pour la sûreté de sa maison. Elle avait fait faire provision d'armes, de poudre et de plomb pour avoir de quoi se défendre en cas de nécessité; et les suites ont fait connaître que sa prévoyance et ses soins n'ont pas été perdus.

Après avoir donc ordonné tout ce qu'elle jugea à propos dans les circonstances où elle se trouva alors, on donna la salve de deux fois neuf coups de canons, et l'on alluma les flambeaux de cire, qui étaient soutenus par des bras dorés et rangés à trois ordres sur la façade du dehors.

Ces flambeaux étaient d'une distance considérable au-dessous [de] la machine du nom de Sa Sainteté, afin que leur lumière ne portât pas de préjudice à la clarté des six cents lampes, qui devaient former les caractères de ce nom sacré. Sitôt qu'ils furent allumés, on découvrit la machine; et l'on fit voir à toute la ville un spectacle qu'elle n'avait jamais vu. Cette agréable vision inspira [de] l'admiration à tout le monde, mais selon toutes les apparences elle suscita aussi la rage et la fureur dans les peuples, dont ils donnèrent les marques peu après.

L'illumination avait duré environ trois heures; et Sa Majesté se préparait déjà pour s'en aller coucher, car elle était fort fatiguée des fonctions du jour, lorsqu'elle vit entrer une assez raisonnable quantité de grosses pierres par les fenêtres de sa chambre, qui donnèrent avec tant de violence dans la muraille qu'ils firent doubler la Reine de la vérité, ce qui l'obligea de changer de dessein. Sa première pensée fut de faire éteindre le nom de Sa Sainteté, qui brûlait encore, afin qu'il ne fut pas exposé à l'insulte de cette barbare canaille; et, pour cet effet, elle ordonna qu'on y jetât de l'eau, pour ne pas perdre de temps; et cela fut exécuté en un moment.

Après cela, elle fit charger tous les canons de balles de mousquet, fit prendre les armes à tout le monde, envoya des gens pour adoucir le peuple, et ordona qu'on prît les postes et fermât les portes.

Le prince d'Hombourg et plusieurs autres braves, qui par bonheur se trouvaient encore dans le cimitière tout proche de la maison de la Reine, accoururent au bruit et se mirent tous en état de servir. Le peuple cria à haute voix: «Tuez, tuez!» On ferme les portes, et on se défendit contre la fureur d'une populace qui nous saluait avec une grêle de coups de pierres et plusieurs coups de pistolets et [de] carabines.

On voulait faire une décharge sur eux, mais la Reine défendit qu'on ne tirât pas sans son ordre exprès. Personne n'a jamais resisté à une plus juste tentation qu'a celle-là, et nul autre avait plus d'envie de faire tirer qu'elle-même, car on pouvait faire une terrible vengeance de cette canaille; et assurément, on en aurait pu sacrifier un si grand nombre qu'on n'aurait jamais vu un massacre pareil, mais elle jugea très bien qu'il ne fallait pas à cette résolution qu'à l'extrêmité.

La Reine ayant conservé en cette occasion tout son sang froid, elle agit avec beaucoup de prudence et de vigueur; mais, la violence continuant toujours, elle faillit à faire perdre souvent patience à la Reine. Sa prudence néanmoins brida toujours sa colère, et quelque instance qu'on lui fit pour tirer, elle demeura inébranlable dans sa résolution. Mais, voyant le danger augmenter au lieu de diminuer, elle se rendit où elle jugea sa présence nécessaire, donna ses ordres avec beaucoup de tranquillité, anima ses gens à se bien défendre, et donna ordre pour tenir prêts les canons. L'on lui proposa d'envoyer au commandant de la ville pour avoir du secours, mais elle ne voulut pas qu'on lui parlât de sa part, ni que personne des siens y allât.

Le comte [de] Leiningen s'offrit d'y aller comme de lui-même et y alla; cependant, on voulut forcer la porte, mais on y trouva tant de résistance, qu'on le tenta trois ou quatre fois en vain. Le comte [de] Leiningen revint et rapporta que le commandant lui avait dit qu'il avait ordre de ne s'en mêler pas, ce qui fortifia les soupçons de la Reine et la persuada avec beaucoup d'apparence qu'il fallait se préparer à périr.

Elle commanda donc qu'on fît une salve de mousquetons, puisqu'il n'y avait point de secours à espérer, car elle ne croyait pas que le prince réussissait dans son entreprise dont il se chargea, se promettant de faire venir le commandant à notre secours. Elle donna alors cet ordre parce qu'elle jugea très bien qu'il était temps de donner quelque chose au hasard dans cette extrêmité.

L'ordre ne fut pas plutôt donné qu'il fut exécuté avec tant de succès, qu'on en tua un nombre sur la place. On blessa plusieurs autres, on fit des sorties sur eux, et on les épouvanta d'une telle manière qu'il y avait quelque apparence de se pouvoir tous sauver.

Cependant le prince arriva avec le commandant et ses soldats au secours de la maison, si à propos pour nous et pour lui que notre salve lui donna lieu de s'approcher; et il nous fortifia de telle sorte qu'on acheva de nettoyer la rue et de les chasser tous, sans qu'aucun de ceux qui avaient servi en notre parti fût tué ni blessé.

La Reine se retira chez le résident de Suède, parce que sa maison avait était réduite en un état inhabitable jusqu'à tant qu'elle fût raccommodée, à quoi il a fallu employer deux ou trois jours.

Le jour après, le magistrat fit tout ce qu'il devait. La Reine alla le matin à neuf ou dix heures voir son palais, pour y donner les ordres nécessaires, et passa avec trois ou quatre persones seulement par toute la ville. Elle trouva 2 000 personnes devant son palais et passa au milieu d'eux matin et soir; et, quoique la rage et la crainte était visiblement peinte sur le visage de cette populace, personne ne branla. Tous les amis et [les] serviteurs de la Reine l'avaient conjurée à ne se hasarder pas de cette manière, mais elle s'est moquée de cela et à continué tous les jours à faire de même.

Pour raisonner justement cet attentat, il est à propos de remarquer certaines particularités qui précédèrent cet accident et d'autres qui l'ont suivi. Il faut donc savoir que, lorsque le bruit courut que Sa Majesté préparait cette fête, les ministres ou prédicants firent [des] remontrances au magistrat pour leur persuader qu'ils devaient s'opposer à la célébration de cette solennité et ne la souffrir pas.

Là-dessus le magistrat fit passer sous main jusqu'à la Reine leurs sentiments, mais Sa Majesté leur fit connaître les siens d'une si brusque et fière manière que cela leur fit passer l'envie de se compromettre; et l'on résolut de n'en plus parler, désespérant de pouvoir lui faire changer de résolution.

Il y a grande apparence que cette hauteur les irrita, et qu'étants instigués par les prédicants, ils ne firent pas tout ce qu'ils pouvaient et devaient faire pour empêcher ce désordre. Durant huit jours devant qu'il arriva, les prédicants ne faisaient qu'irriter le peuple par leurs sermons. La Reine, qui savait tout ce qui se passait, s'en moqua et les laissait prêcher sans en faire le moindre cas, et cela même les faisait enrager.

Il est même probable que, pour se venger, ils avaient concerté cette tragédie, laquelle finit à leur plus grande honte et confusion par la mort des principaux auteurs de la conspiration, car il est constant qu'on l'avait préparée puisque les mutins étaient fournis de tout ce qui était nécessaire pour leur entreprise; et on a su depuis qu'ils disaient tout haut: «Laissons finir le vin et les flambeaux, car alors nous commencerons notre jeu, et nous tirerons vengeance de l'affront qu'on nous fait!»

Les prédicants se trouvèrent sur le lieu pour animer le peuple à cette barbare action, et des gens dignes de foi de la ville même nous ont assuré qu'il y en avait alors deux dans le temps occupés à ce bel emploi.

Depuis ils ont prêché publiquement au peuple les meurtres, le sang et la vengeance; et enfin, s'il n'arrive [point] de nouveaux malheurs, on n'en doit pas accuser leur zèle ni leur éloquence, qui n'ont pas été épargnés en cette occasion.

On cherche ceux qui sont échappés aux mousquetons pour leur rendre justice, mais on doute si on les voudra trouver. Ce qu'il y a de remarquable en cette action est que, le jour après, tout était si calme que les gens de la Reine se promenaient avec ses livrées par toute la ville avec la même tranquillité qu'auparavant. L'on dit néanmoins qu'il y a eu des gens assemblés avec des armes pour recommencer, mais tout a été dissipé par les ordres qu'on y a apportés.

L'on a vu en cette occasion les effets visibles de la providence de Dieu, qui miraculeusement a préservé la Reine et tous ceux qui ont servi dans son parti et a voulu punir de la mort ceux qui faisaient cet attentat.

Entre autres, l'un de ces malheureux étant allé chez lui pour souper et voulant retourner, sa femme, qui était grosse, le voulut retenir et le pria de vouloir rester au logis; mais il ne voulut pas, disant: «Il faut que j'aille visiter le pape encore une fois». En effet, il y alla, — et reçut quatre balles dans le cœur.

Le magistrat a défendu aux prédicants leurs séditieux sermons et a donné si bon ordre que le calme et le respect est rétabli partout.

On ne sait pas le nombre des morts, ni des blessés: et on ne comprend pas par quelle politique on les tient si cachés. Ceux qu'on confesse sont huit morts, dont cinq restèrent sur la place dans le cimitière devant le palais; les autres sont morts le jour après, et 20 blessés. Le bruit court qu'il y en a davantage.

Quoiqu'il [en] soit, il suffit pour notre gloire qu'aucun de notre parti n'ait pas reçu la moindre égratignure — jusqu'aux oiseaux de Sa Majesté, qui étaient pendus aux fenêtres et qui avaient leurs cages fracassées et remplies de petites pierres et de quantité des verres, n'ont pas été endommagés et se portent encore fort bien. Et nous avons fait voir qu'on ne nous offense pas impunément.

L'intention n'a pas été de publier cette relation. L'on s'est contenté de la communiquer à ceux qu'on a cru les plus intéressés à la gloire de la Reine; mais, voyant que l'envie et la calomnie a répandu son venin sur cet accident [sic], comme sur toutes les autres actions de la vie de Sa Majesté, on s'est résolu de faire savoir la vérité au public, protestant qu'elle y est entière et soutenant que tout ce qui est [différent] de ce que contient cette relation est entièrement faux.

Arckenholtz's transcript of the account:

Véritable Relation de l'insulte faite par la Populace au Palais de la Reine à
Hambourg le 25. Juillet, 1667.
Le jour destiné pour célébrer la glorieuse Elevation au Pontificat de notre Saint Pére le Pape CLEMENT NEUVIEME, étant arrivé, la Reine avec toute sa Cour quitta le deuil qu'on portoit alors pour la Reine de Pologne. Elle assista à la Messe Pontificale qu'elle fit chanter en musique dans la plus grande Salle de sa Maison, qu'elle avoit fait accommoder en Chapelle, ayant jugé la Chapelle ordinaire trop petite pour la fonction de ce jour, qui se fit avec toutes les cérémonies & la magnificence accoutumées de l'Eglise Romaine, & avec un concours de tout ce qu'il y avoit de gens de qualité de l'un & de l'autre sexe dans la Ville. On fit la salve de deux coups de Canon, qui est la salve de Suède, lorsque le Prêtre entonna le Gloria in excelsis, & à l'élevation on donna la salve double de quatre coups de Canon; mais au Te Deum on tira deux fois neuf coups, en distinguant les premiers neuf coups par un intervalle. La Reine avoit ordonné & choisi ce nombre, pour signifier & marquer celui du glorieux nom de notre présent Pape.

La Messe achevée, plusieurs personnes de qualité restérent au diner qu'on leur avoit préparé, d'autres se retirérent, le tout se passa avec ordre, & avec le plus grand respect du monde: & quoique la foule fût excessive & que la rue & les environs de la Maison fussent remplis de peuple, toute cette foule ne donnoit encore que des marques de respect & d'admiration, témoignant d'attendre avec impatience l'heure où le vin devoit couler de la fontaine; ce qui ayant eu lieu, elle se mit à en boire en attendant d'autres Spectacles. Pendant le diner on guinda la machine où étoit le nom de Sa Sainteté, & on l'attacha au frontispice du Palais, au lieu le plus élevé, comme il étoit ordonné. Cette machine passa parmi tout ce peuple, elle étoit couverte d'une toile, au travers de laquelle on pouvoit lire les lettres qui formoient ces mots en caracteres d'or

«CLEMENS
IX.
PONT. MAX.
VIVAT.»

au dessous de la Thiare avec les clefs, marques de son autorité & de son pouvoir suprême. Tout le monde la pouvoit voir & toucher, & plus de deux cens hommes prononcérent diverses fois ces mots, pendant qu'on travailloit à y attacher les cordages, qui devoient servir à la tirer en haut.

La Reine, qui appréhendoit qu'on insultât cette machine, avoit donné tous les ordres nécessaires pour l'empêcher; & non contente de cela, elle quitta son diner, qui étoit à peine commencé, & se mit à la fenêtre pour observer elle-même la contenance du peuple, & pour le tenir dans le respect, à quoi elle réussit sans peine, & entendit prononcer avec un plaisir extrême de la bouche de tout le peuple, ce nom glorieux & le VIVAT d'une Canaille hérétique. Dès que la machine fut arrivée à son lieu, on donna ordre de faire jouer la fontaine, qui fit l'effet pour lequel elle avoit été ordonnée, & jetta le vin avec abondance par neuf endroits. Cette profusion de vin augmenta la confusion & la foule, tout le monde s'enivra durant six heures, toutes les Dames de qualité étoient venues aux fenêtres pour voir ce spectacle, & tout ce qu'il y avoit de gens de condition dans la Ville se trouvérent auprès de la Reine. Jusques-là le tout s'étoit passé avec joie & magnificence, & la confusion du peuple n'avoit encore fait naître aucun inconvénient.

La fontaine cessa, après avoir fait son office durant six heures, & l'heure commençoit d'approcher où chacun se devoit retirer. La Reine étant restée seule avec tous ses Domestiques, donna tous les ordres qu'elle jugea nécessaires pour la sûreté de sa Maison. Elle avoit fait faire provision d'armes, de poudre et de plomb, pour avoir dequoi se défendre en cas de besoin, & les suites ont fait connoître que sa prévoyance & ses soins n'ont pas perdus. Après donc avoir ordonné tout ce qu'elle jugea à propos dans les circonstances où elle se trouvoit alors, on donna la salve de deux fois neufs coups de Canon, & l'on alluma les flambeaux de cire, qui étoient soutenus par des bras dorés & rangés en trois ordres sur la façade du dehors. Ces flambeaux étoient à une distance considérable au-dessous de la machine où étoit le nom de Sa Sainteté, afin que leur lumiére ne nuisît pas à la clarté des six cens lampes qui devoient former les caractéres de ce nom sacré. Sitôt qu'elles furent allumées, on découvrit la machine, & l'on fit voir à toute la Ville un spectacle qu'elle n'avoit jamais vu. Cette agréable vision inspira de l'admiration à tout le monde, mais selon toutes les apparences elle suscita aussi la rage & la fureur dans le peuple, dont il donna peu après des marques. Tout étoit encore calme, & l'illumination avoit duré environ deux heures, lorsque quelques Etrangers vinrent dire à la Reine, que la façade étoit la plus belle chose du monde, & qu'elle faisoit le plus agréable & le plus surprenant spectacle qu'on eût jamais vu, cela donna envie à la Reine de la voir avant que de la faire éteindre; & quoiqu'elle fût résolue à ne pas sortir de sa Maison ce jour-là, néanmoins, comme il n'y avoit aucune apparence de trouble, elle se résolut à contenter sa curiosité, sortit pour cet effet, & s'en retourna paisiblement dans son Palais.

L'illumination avoit déjà duré trois heures environ, & Sa Majesté se préparoit à s'aller coucher, car elle étoit fort fatiguée des fonctions du jour, lorsqu'on jetta quantité de grosses pierres aux fenêtres de sa chambre, qui donnoient avec tant de violence dans la muraille, que la Reine eut soupçon de ce qui se passoit. Ce qui l'obligea de changer de dessein. Sa premiére pensée fut de faire éteindre le nom de Sa Sainteté qui brûloit encore, afin qu'il ne fût pas exposé à l'insulte de cette barbare Canaille. Pour cet effet elle ordonna qu'on y jettât promptement de l'eau, ce qui fut exécuté d'abord. Après cela elle fit charger tous les Canons de balles de mousquet, fit prendre les armes à tout le monde, envoya les gens pour adoucir le peuple, & ordonna qu'on prît les postes & fermât les portes.

Le Prince de Hesse-Hambourg, & plusieurs autres Braves, qui par bonheur se trouvoient encore dans le Cimitiére tout proche de la Maison de la Reine, accoururent au bruit, & se mirent tous en état de servir S. M. Le peuple cria à haute voix, «tuez, tuez». On ferma les portes, & on se défendit contre la fureur d'une populace qui nous saluoit avec une grêle de coups de pierres, & plusieurs coups de pistolet & de carabines. On vouloit faire une décharge sur eux, mais la Reine défendit de tirer sans son ordre exprès. Personne n'a jamais résisté à une plus juste tentation que celle-là, & personne n'avoit plus d'envie de faire tirer qu'elle; car on pouvoit tirer une terrible vengeance de cette Canaille, & assurément on en auroit peu sacrifier un si grand nombre, qu'on n'auroit jamais vu un massacre pareil; mais elle jugea très-bien qu'il ne falloit y venir qu'à l'extrémité.

La Reine ayant conservé en cette occasion tout son sang froid, agit avec beaucoup de prudence & de vigueur; mais la violence continuant toujours, elle faillit à faire perdre souvent patience à la Reine. Sa prudence néanmoins retint toujours sa colére, & quelque instance qu'on lui fît pour tirer, elle demeura inébranlable dans sa résolution: mais voyant le danger augmenter au-lieu de diminuer, elle se rendit où elle jugea sa personne nécessaire, donna ses ordres avec beaucoup de tranquillité, anima ses gens à se bien défendre, & ordonna de tenir prêts les Canons.

On lui proposa d'envoyer au Commandant de la Ville pour avoir du secours, mais elle ne voulut pas qu'on lui parlât de sa part, ni que personne des siens y allât.

Le Comte de Leiningen s'offrit d'y aller comme de lui-même, & y fut. Cependant on voulut forcer la porte, mais on y trouva tant de résistance, qu'on le tenta trois ou quatre fois envain. Le Comte de Leiningen revint, & rapporta que le Commandant lui avoit dit qu'il avoit ordre de ne s'en pas mêler, ce qui fortifia les soupçons de la Reine, & lui persuada avec beaucoup d'apparence qu'il falloit se préparer à perir. Elle commanda donc qu'on fît une décharge des mousquetons, puisqu'il n'y avoit point de secours à espérer; car elle ne croyoit pas que le Prince réussiroit dans l'entreprise dont il se chargea, se promettant de faire venir le Commandant à notre secours, elle donna alors cet ordre, parce qu'elle jugea très-bien qu'il étoit tems de donner quelque chose au hazard dans cette extrémité.

L'ordre ne fut pas plutôt donné, qu'il fut exécuté avec tant de succès, qu'on en tua un grand nombre sur la place; on en blessa plusieurs autres, on fit des sorties sur eux, & on les épouvanta de telle manière qu'il y avoit quelque apparence de se pouvoir tous sauver.

Cependant le Prince arriva avec le Commandant & des Soldats au secours de la Maison, si à propos pour nous & pour lui, que notre décharge lui donna lieu de s'approcher, & il nous fortifia de telle sorte, qu'on acheva de nettoyer la rue, & de les chasser tous, sans qu'aucun des nôtres fût tué ni blessé.

La Reine se retira chez le Résident de Suède, parce que sa Maison avoit été rendue inhabitable, jusqu'à ce qu'elle fût raccommodée, à quoi il fallut employer deux ou trois jours.

Le jour suivant, le Magistrat fit tout ce qu'il devoit, & la Reine alla le matin à neuf ou dix heures voir son Palais pour y donner les ordres nécessaires, & passa avec trois ou quatre personnes seulement par toute la Ville; elle trouva deux mille personnes devant son Palais, & passa au milieu d'eux matin & soir. Et quoique la rage fût visiblement peinte sur le visage de cette populace, personne ne branla. Tous les amis & les serviteurs de la Reine l'avoient conjurée de ne se pas hazarder, mais elle s'en moqua, & continua tous les jours d'en faire de-même.

Pour raisonner juste sur cet attendant, il est à propos de remarquer certaines particularités qui précédérent cet accident, & d'autres qui l'ont suivi. Il faut donc savoir, que lorsque le bruit courut que S. M. préparoit cette fête, les Ministres ou Prédicans firent des remontrances au Magistrat, pour le persuader qu'il devoit s'opposer à la célébration de cette solemnité, & ne la pas souffrir.

Là-dessus le Magistrat fit passer sous main jusqu'à la Reine leurs sentimens, mais S. M. leur fit passer l'envie de se compromettre, & l'on résolut de n'en plus parler, désespérant de pouvoir lui faire changer de résolution.

Il y a grande apparence que cette hauteur les irrita, & qu'à l'instigation des Prédicans ils ne firent pas tout ce qu'ils pouvoient & devoient faire pour empêcher ce désordre.

Durant huit jours avant qu'il arrivât, les Prédicans ne faisoient qu'irriter le peuple par leurs Sermons. La Reine qui savoit tout ce qui se passoit s'en moqua, & les laissoit prêcher sans en faire le moindre cas, ce qui les faisoit enrager. Il est même probable, que pour se venger ils avoient concerté cette tragédie, laquelle finit à leur plus grande honte & confusion, par la mort des principaux auteurs de la conspiration; car il est constant qu'on l'avoit préparée, puisque les mutins étoient fournis de tout ce qui étoit nécessaire pour leur entreprise, & l'on a su depuis qu'ils disoient tout haut: «laissons finir le vin & les flambeaux, alors nous commencerons notre jeu, & nous tirerons vengeance de l'affront qu'on nous fait».

Les Prédicans se trouvérent sur le lieu pour animer le peuple à cette barbare action, & des gens dignes de foi de la Ville même nous ont assuré qu'il y en avoit alors deux occupés à ce bel emploi.

Depuis ils ont prêché publiquement au peuple le meurtre, le sang & la vengeance, & enfin, s'il n'arrive point de nouveaux malheurs, on n'en doit pas accuser leur zéle, ni leur éloquence, qui n'ont pas été épargnés dans cette occasion.

On chercha ceux qui avoient échappé aux Mousquetons, pour leur rendre justice; mais on doute qu'on les veuille trouver. Ce qu'il y a de remarquable en cette action, c'est que le jour d'après tout étoit si calme, que les gens de la Reine se promenoient avec ses livrées par toute la Ville avec la même tranquillité qu'auparavant. On dit néanmoins qu'il y a eu des gens assemblés avec des armes, pour recommencer, mais tout a été dissipé par les ordres qu'on a donnés.

On a vu en cette occasion les effets visibles de la Providence de Dieu, qui miraculeusement a préservé la Reine & tous ceux de son parti, & a voulu punir de mort ceux qui commettoient cet attentat. Entre autres l'un de ces malheureux étant allé chez lui pour souper, & voulant revenir, sa femme qui étoit enceinte, le voulut retenir, & le pria de vouloir rester au logis, mais il ne voulut pas, disant: «il faut que j'aille visiter le Pape encore une fois»: en effet il y alla, & reçut quatre balles dans le cœur.

Le Magistrat a défendu aux Prédicans leurs séditieux Sermons, & a donné si bon ordre, que le calme & le respect est rétabli par-tout. On ne sait pas le nombre des morts ni des blessés, & on ne comprend pas par quelle politique on le tient si caché. Ceux dont on convient sont huit morts, dont cinq restérent sur la place dans le Cimitiére devant le Palais, les autres sont morts le jour après, & vingt blessés. Le bruit court qu'il y en a davantage. Quoi qu'il en soit, il suffit pour notre gloire, qu'aucun de notre parti n'ait reçu le moindre égratignure. Jusqu'aux oiseaux de S. M. qui étoient pendus aux fenêtres, & qui avoient leurs cages fracassées & remplies de petites pierres & de quantité de verres, n'ont été endommagés, & se portent encore fort bien: nous avons fait voir qu'on ne nous offense pas impunément.

L'intention n'a pas été de publier cette Relation. On s'est contenté de la communiquer à ceux qu'on a cru les plus intéressés à la gloire de la Reine; mais voyant que l'envie & la calomnie ont répandu leur venin sur cet accident comme sur toutes les autres actions de la vie de S. M. on s'est résolu de faire savoir la vérité au Public, protestant qu'elle y est entiere, & soutenant que tout ce qui est différent de ce que contient cette Relation, est entiérement faux.

English translation (my own):

A Veritable Report of the Insult made by the Populace at the Queen's Palace in Hamburg on July 25, 1667.
The day destined to celebrate the glorious elevation to the Pontificate of our Holy Father, Pope Clement the Ninth, having arrived, the Queen with all her court left the mourning that was then worn for the Queen of Poland. She attended the Pontifical Mass, which she had sung to music in the largest room of her house, which she had accommodated in a chapel, having judged the ordinary chapel too small for the function of that day, which was done with all the customary ceremonies and magnificence of the Roman Church, and with the assistance of all the people of quality of both sexes in the city. They fired the salvo of two cannon shots, which is the salvo from Sweden, when the priest intoned the gloria in excelsis, and at the elevation they gave the double salvo of four cannon shots; but at the Te Deum nine shots were fired twice, distinguishing the first nine shots by an interval. The Queen had ordered and chosen this number to signify and mark that of the glorious name of our present Pope.

When Mass was over, several people of quality remained at the dinner that had been prepared for them, others withdrew, everything happened in order, and with the greatest respect in the world; and although the crowd was excessive and the street and the neighbourhood around the house were filled with people, all this crowd still gave only marks of respect and admiration, testifying to wait impatiently for the hour when the wine was due to flow from the fountain; which, having taken place, they began to drink it while waiting for other spectacles. During dinner, the machine on which was the name of His Holiness was gaited, and it was attached to the frontispiece of the palace, in the highest place, as was ordered. This machine passed among all these people, it was covered with a canvas, through which one could read the letters which formed these words in gold characters.

"CLEMENS
IX.
PONT. MAX.
VIVAT."

below the tiara with the keys, marks of his authority and his supreme power. Everyone could see and touch it, and more than two hundred men pronounced these words several times, while they were working to attach the ropes to it, which were to be used to pull it up.

The Queen, who feared that this machine was being insulted, had given all the orders necessary to prevent it; and not content with this, she left her dinner, which had hardly begun, and sat at the window to observe the countenance of the people herself, and to hold them in respect, to which she succeeded without difficulty, and heard pronounced with extreme pleasure from the mouths of all the people this glorious name and the "vivat!" of a heretical scoundrel. As soon as the machine had arrived at its place, orders were given to operate the fountain, which had the effect for which it had been ordered, and the wine was poured out in abundance in nine places. This profusion of wine increased the confusion and the crowd, everyone got drunk for six hours, all the ladies of quality came to the windows to see this spectacle, and all people of condition in the city were with the Queen. Until then everything had passed with joy and magnificence, and the confusion of the people had not yet given rise to any inconvenience.

The fountain ceased after having done its office for six hours, and the hour began to approach where everyone was to retire. The Queen, having remained alone with all her servants, gave all the orders she deemed necessary for the security of her house. She had made provision for weapons, powder and lead, to have something with which to defend herself if necessary; and the consequences made it known that her foresight and her care were not lost. After therefore having ordered all that she judged advisable in the circumstances in which she then found herself, they twice gave the salute of nine cannon shots, and they lit the wax torches, which were supported by gilded arms and arranged in three orders on the exterior façade. These torches were at a considerable distance below the machine where the name of His Holiness was, so that their light would not interfere with the clarity of the six hundred lamps which were to form the characters of this sacred name. As soon as they were turned on, the machine was discovered, and the whole town was shown a spectacle it had never seen. This pleasant sight inspired admiration in everyone, but to all appearances it also aroused rage and fury in the people, which it soon after gave marks. All was still calm, and the illumination had lasted about two hours when some strangers came to tell the Queen that the facade was the most beautiful thing in the world and that it made the most pleasant and the most surprising spectacle that had never been seen, it made the Queen want to see it before having it put out; and although she was resolved not to leave her house that day, nevertheless, as there was no appearance of trouble, she resolved to satisfy her curiosity, went out for this purpose, and returned peacefully to her palace.

The illumination had already lasted about three hours, and Her Majesty was preparing to go to bed, for she was very tired of the functions of the day, when a number of large stones were thrown at the windows of her room, with violence at the wall, that the Queen had suspicion of what was happening, which forced her to change her mind. Her first thought was to have the name of His Holiness extinguished, which was still burning, so that it would not be exposed to the insult of this barbaric rabble. For this purpose she ordered that water be thrown onto it promptly, which was carried out first. After that she had all the cannons loaded with musket balls, made everyone take up arms, sent people to calm the crowd, and ordered that the posts be taken and the gates closed.

The Prince of Hesse-Hamburg, and several other brave men, who fortunately were still in the cemetery very close to the Queen's house, hastened to the noise, and all put themselves in a condition to serve Her Majesty. The people cried out loudly, "kill, kill!" The doors were closed, and they defended themselves against the fury of a mob, which greeted us with a hail of stone-blows, and several shots from pistols and rifles. They wanted to discharge them, but the Queen forbade shooting without her express order. No one has ever resisted a more just temptation than this, and no one wanted to shoot any longer, for one could derive a terrible vengeance from this scoundrel, and assuredly one would have sacrificed so little that one would never have seen such a massacre; but she thought very well that it was only necessary to come to the end.

The Queen, having kept all her blood cool on this occasion, acted with great prudence and vigour; but the violence still continuing, it often failed to cause the Queen to lose patience. Her prudence, however, always restrained her anger, and whatever instance they might take to shoot her, she remained unshakeable in her resolution; but seeing the danger increasing instead of diminishing, she went where she deemed her person necessary, gave her orders with great tranquility, encouraged her people to defend themselves well, and ordered the cannons to be kept ready.

It was suggested that she send in the city's Commandant for help, but she did not want anyone to talk to her on her behalf, nor that any of her own go [to him].

The Count of Leiningen offered to go there as on his own, and was there. In the meantime they tried to force the door open, but they found so much resistance that they tried to do so three or four times. The Count of Leiningen returned, and reported that the Commandant had told him that he had orders not to interfere, which fortified the Queen's suspicions, and persuaded him with great appearance that it was necessary to prepare oneself to perish. She therefore ordered that a discharge of the musketoons be made, since there was no help to be hoped for, for she did not believe that the Prince would succeed in the enterprise for which he undertook, promising to bring in the Commandant to our aid, she then gave this order, because she judged very well that it was time to give something to chance in this extremity.

No sooner was the order given than it was carried out with such success that a great number of them were killed in the square; several others were wounded, sorties on them, and terrified them in such a way that there was some semblance of being able to save each other.

In the meantime the Prince arrived with the Commandant and soldiers to help the house, so convenient for us and for him that our discharge gave him cause to approach, and he strengthened us in such a way that we finished cleaning the street and driving them all away, without any of our people being killed or injured.

The Queen retired to the Resident of Sweden, for her house had been rendered uninhabitable until it was repaired, for which it was necessary to spend two or three days away.

The next day the magistrate did all he had to, and the Queen went in the morning at nine or ten o'clock to see her palace to give the necessary orders there, and passed with only three or four people through the whole town; she found two thousand people in front of her palace, and passed among them morning and evening. And although rage was visibly painted on the face of this mob, no one stirred. All the Queen's friends and servants had begged her not to hazard herself, but she didn't care, and continued to do the same thing every day.

To reason correctly on this expectation, it is appropriate to note certain peculiarities which preceded this accident, and others which followed it. It should therefore be known that when the rumour circulated that Her Majesty was preparing this feast, the ministers or preachers remonstrated with the magistrate to persuade her that she should oppose the celebration of this solemnity and not allow it.

Thereupon the magistrate passed their feelings under hand to the Queen, but Her Majesty made them pass the desire to compromise themselves, and they resolved not to speak of them any more, despairing of being able to make her change her resolution.

It seems that this hauteur irritated them, and that at the instigation of the preachers they did not do all they could and should have done to prevent this disorder.

For eight days before it happened, the preachers only angered the people with their sermons. The Queen, who knew everything that was going on, did not care, and she let them preach without caring the least, which made them enraged. It is even probable that, in order to avenge themselves, they had concerted this tragedy, which ended, to their greatest shame and confusion, with the death of the principal authors of the conspiracy; for it is certain that it had been prepared, since the mutineers were provided with all that was necessary for their enterprise, and it has since been known that they said aloud: "Let the wine and the torches finish, then we will start our game, and we will take revenge for the affront we have been given."

The preachers were on the spot to animate the people to this barbaric action, and citizens worthy of faith of the city even assured us that there were then two of them occupied with this job.

Since then they have publicly preached murder, bloodshed and vengeance to the people, and finally, if no new misfortunes occur, we must accuse neither their zeal nor their eloquence, which were not spared on this occasion.

They searched for those who had escaped the musketoons so as to do them justice, but one doubts that one wants to find them. What is remarkable about this action is that the day after, everything was so calm that the Queen's people walked in her liveries through the whole town with the same tranquility as before. It is said, however, that there were people assembled with weapons to start over, but everything was dispelled by the orders that were given.

One saw on this occasion the visible effects of the Providence of God, which miraculously preserved the Queen and all those of her party, and wanted to punish with death those who committed this attack. Among others, one of these unfortunate people had gone to his house for supper, and wanted to come back; his wife, who was pregnant, wanted to detain him and begged him to stay at home, but he would not, saying: "I must go visit the Pope once again." In fact, he did go there — and received four bullets to the heart.

The magistrate has forbidden the preachers their seditious sermons, and has given such good order that calm and respect are everywhere restored. We do not know the number of dead or injured, and we do not understand by what policy it is kept so hidden. Those on whom we agree are eight dead, five of whom remained in the square in the cemetery in front of the palace, the others died the day after, and twenty wounded. There is a rumour that there are more. Either way, it is enough for our glory that none of our party has received the slightest scratch. Even Her Majesty's birds, which were hanging from the windows, and which had their cages smashed and filled with small stones and a number of glass shards, were not damaged, and are still doing very well. We have shown that we are not to be offended with impunity.

The intention was not to publish this relation. One contented oneself with communicating it to those who were believed to be most interested in the glory of the Queen; but seeing that envy and calumny have poured out their poison on this accident as on all the other actions of Her Majesty's life, we resolved to let the public know the truth, protesting that it is whole, and arguing that anything different from what this relation contains is entirely false.

Swedish translation of the original (my own):

En sann berättelse om den förolämpning som befolkningen begick mot Drottningens palats i Hamburg den 25 juli 1667.
Den dag som var avsedd att fira Vår Helige Faders, påven Clemens IX:s, ärorika pontifikatsbestigning, anlände och Drottningen lade av sig sorgkläderna; och hela hennes hov lämnade dem likaså, ty vid den tiden bar de sorgkläder för Polens drottning. Hon deltog i den påvliga mässan, som hon hade firat med full musik i den största salen i sitt hus, ett rum som hon hade inrett som kapell, eftersom hon ansåg sitt vanliga kapell vara för litet för dagens funktion. Gudstjänsten genomfördes med alla sedvanliga ceremonier och storslagenheter i den romerska Kyrkan, och besöktes av en skara av alla högt uppsatta personer av båda könen i staden.

Tvåkanonssaluten, den svenska saluten, avlossades när prästen intonerade Gloria in excelsis, och vid höjningen av sparken avlossades dubbelsaluten med fyra skott; men vid Te Deum avlossades två omgångar med nio skott, varvid de första nio skotten var separerade från de andra med ett mellanrum. Drottningen hade beordrat och valt detta antal för att beteckna och markera vår nuvarande påves ärorika namn.

Efter mässan stannade flera personer av kvalitet kvar vid dinén som hade förberetts för dem; andra drog sig tillbaka. Allt försiggick med ordning och största respekt; och trots att folkmassan var överdriven och gatan och området runt huset var fyllt med människor, gav alla dessa människor bara tecken på respekt och beundran, betygande sin otålighet inför den timme då fontänen skulle flöda av vin; och när de såg den redo för detta ändamål drack de det medan de väntade på spelen.

Under dinén hissades maskinen med Hans Helighets namn upp och fästes vid palatsets gavel på dess högsta punkt, precis som befallts. Denna maskin passerade bland alla dessa människor; den var draperad i duk, genom vilken man kunde läsa bokstäverna som bildade följande ord med förgyllda bokstäver,

»CLEMENS IX, PONT. MAX., VIVAT«,

under tiaran och nycklarna — symbolerna för hans auktoritet och högsta makt. Den var synlig och tillgänglig för alla, och mer än tvåhundra män skanderade dessa ord upprepade gånger medan repen som behövdes för att hissa den på plats säkrades.

Drottningen, som fruktade någon förolämpning mot denna maskin, hade givit alla nödvändiga order för att förhindra den; och, inte nöjd med det, lämnade hon sin diné — som knappt hade börjat — och gick till fönstret för att själv iaktta folkets kontenans och visa dem respekt, vilket hon lyckades med utan svårighet; och hon hörde med stor glädje uttalas från allas munnar det härliga namnet och vivat från kanaljen.

Så snart maskinen anlände till sin plats gavs order om att sätta fontänen i rörelse; den fungerade exakt som anvisat och sprutade ut vin i riklig mängd från nio olika platser. Även vinet hade sin effekt; det ökade förvirringen bland folkmassan. Alla närvarande tillbringade sex timmar med att bli berusade, alla damer av kvalitet hade samlats vid fönstren för att bevittna spektaklet, och alla personer av kondition i staden var hos drottningen. Fram till dess hade allt utspelat sig med storslagenhet, och folkets glädje — och deras förvirring — hade ännu inte givit upphov till något oväntat.

Fontänen upphörde att rinna efter att ha utfört sin tjänst i sex timmar, och timmen närmade sig då alla skulle gå i vila. Drottningen, som hade varit ensam med alla sina domestiker, gav alla order hon ansåg nödvändiga för sitt hus säkerhet. Hon hade lagt fram ett förråd av vapen, krut och tändrör för att ha möjlighet att försvara sig i händelse av nöd; och efterföljande händelser visade att hennes framsynthet och hennes bekymmer inte var förgäves.

Sedan hon därför beställt allt hon ansåg lämpligt under de omständigheter hon befann sig i, avfyrades en salva av två uppsättningar om nio kanonskott; och vaxfacklorna, som bars av förgyllda armar och var arrangerade i tre ordningar på utsidan, tändes.

Dessa facklor var placerade på ett avsevärt avstånd under maskinen som bar Hans Helighets namn, så att deras ljus inte skulle förringa glansen från de sexhundra lampor som var avsedda att forma tecknen i detta heliga namn. Så snart de tändes avtäcktes byggnaden och presenterade för hela staden ett skådespel som den aldrig tidigare skådat. Denna behagliga syn väckte beundran hos alla som såg den; men av allt att döma väckte den också raseri och ilska bland folket — vilket de gav tydliga tecken på kort därefter.

Belysningen hade varat i ungefär tre timmar; och Hennes Majestät gjorde sig redan redo att gå och lägga sig, ty hon var mycket trött efter dagens funktioner, när hon såg en ansenlig mängd stora stenar komma in genom fönstren i sitt rum. Dessa stenar träffade väggen med sådan kraft att de fördubblade sanningen för Drottningen, vilket tvingade henne att ändra sin plan. Hennes första tanke var att släcka Hans Helighets namn, som fortfarande brann, så att det inte skulle utsättas för förolämpningar från denna barbariska kanalje; och i detta syfte beordrade hon att vatten skulle hällas över det, för att inte förlora någon tid; och detta genomfördes på ett ögonblick.

Därefter lät hon ladda alla kanoner med muskötkulor, fick alla att ta till vapen, skickade folk för att blidka befolkningen och beordrade att posteringarna skulle intas och portarna stängas.

Prinsen av Homburg och flera andra tappra män, som lyckligtvis fortfarande råkade befinna sig på kyrkogården nära Drottningens hus, skyndade till platsen vid oväsendet och alla gjorde sig redo att tjäna. Folket ropade högljutt: »Döda, döda!« Portarna stängdes, och vi försvarade oss mot raseriet från en pöbelhop som mötte oss med ett stenhagel och flera skott från pistoler och karbiner.

Vi ville avfyra en salva mot dem, men Drottningen förbjöd all avfyrning utan hennes uttryckliga order. Ingen har någonsin motstått en mer rättvis frestelse än denna, och ingen annan var mer ivrig att få avfyrningen genomförd än hon själv, ty en fruktansvärd hämnd kunde tas mot denna kanalje; och förvisso kunde ett så stort antal av dem ha offrats att en sådan massaker aldrig skulle ha skådats, men hon bedömde mycket väl att detta beslut inte borde gå till ytterligheter.

Drottningen, som vid detta tillfälle hållit sitt blod kallt, agerade med stor försiktighet och kraft; men allt eftersom våldet fortsatte, var det ofta nära att Drottningen tappade sitt tålamod. Hennes försiktighet tyglade dock alltid hennes ilska, och oavsett hur mycket hon uppmanades att avfyra, förblev hon orubblig i sin beslutsamhet. Men när hon såg faran öka istället för att minska, gick hon dit hon ansåg sin närvaro nödvändig, gav sina order med stor lugn, uppmuntrade sitt folk att väl försvara sig och beordrade att kanonerna skulle hållas redo. En föreslog att hon skulle skicka bud till stadskommendanten för att få hjälp, men hon ville inte att någon skulle tala för hennes räkning, inte heller ville hon att någon av hennes folk skulle gå dit.

Greven av Leiningen anmälde sig frivilligt att gå dit på eget initiativ, och han gick dit; emellertid gjordes ett försök att bryta upp dörren, men motståndet möttes av sådant att försöket gjordes tre eller fyra gånger förgäves. Greven av Leiningen återvände och rapporterade att kommendanten hade sagt till honom att han hade order att inte ingripa — en uppenbarelse som stärkte Drottningens misstankar och övertygade henne, med all apparens av sanningen, att man måste förbereda sig på att gå under.

Hon beordrade därför en musketonsalva, eftersom det inte fanns något hopp om undsättning, ty hon inte trodde att prinsen skulle lyckas med sitt åtagande, utan lovat att skicka efter kommendantens hjälp. Hon gav denna order då eftersom hon mycket väl bedömde att det var dags att lämna något åt slumpen i denna extremitet.

Knappt hade ordern givits förrän den verkställdes med sådan framgång att ett antal människor dödades på plats. Flera andra sårades, utfall gjordes mot dem, och de var så skräckslagna att det fanns ett visst intryck av att de alla kunde rädda sig själva.

Under tiden anlände prinsen med kommendanten och sina soldater till husets undsättning, så lämpligt för oss och för honom att vår salva gav honom anledning att närma sig; och han förstärkte oss på ett sådant sätt att vi avslutade röjningen av gatan och fördrev dem alla, utan att någon av dem som hade tjänstgjort i vårt sällskap dödades eller sårades.

Drottningen drog sig tillbaka till den svenske residentens hus eftersom hennes eget hus hade förvandlats till obeboeligt skick tills det reparerades, vilket tog två eller tre dagar.

Nästa dag utförde magistraten alla sina plikter. Den morgonen, mellan klockan nio och tio, gick Drottningen för att inspektera sitt palats för att ge de nödvändiga orderna, och passerade genom staden med endast tre eller fyra personer. Hon fann 2,000 människor samlade framför sitt palats och passerade rakt igenom dem, både morgon och kväll; och även om raseri och rädsla var synligt präglade av denna pöbels ansikten, rörde sig ingen. Alla Drottningens vänner och tjänare hade bönfallit henne att inte riskera sig på detta sätt, men hon gjorde narr av detta och fortsatte att göra exakt samma sak varje dag.

För att korrekt förstå detta attentat är det viktigt att notera vissa särdrag som föregick och följde den. Det är därför nödvändigt att veta att när ryktet spreds att Hennes Majestät förberedde denna fest, protesterade prästerna och predikanterna hos magistraten och uppmanade den att motsätta sig firandet av denna högtidlighet och inte tillåta den.

Därefter framförde magistraten deras känslor till Drottningen, men Hennes Majestät gjorde sina kända för dem på ett så bryskt och stolt sätt att det fick dem att förlora lusten att kompromissa; och de beslutade att inte tala om det igen, i förtvivlan över att kunna få henne att ändra sitt beslut.

Det verkar högst troligt att denna ökade spänning irriterade dem, och att de, uppviglade av predikanterna, inte gjorde allt de kunde och borde ha gjort för att förhindra denna oordning. I åtta dagar innan den inträffade gjorde predikanterna ingenting annat än att irritera folket med sina predikningar. Drottningen, som visste allt som försiggick, gjorde narr av dem och lät dem predika utan att ägna det minsta uppmärksamhet åt det, och detta gjorde dem rasande.

Det är till och med troligt att de, för att hämnas, hade orkestrerat denna tragedi, som till deras största skam och förvirring slutade med konspirationens huvudupphovsmäns död, för det är säkert att den hade förberetts sedan myteristerna försetts med allt som behövdes för sitt åtagande; och det har sedan dess varit känt att de sade högljutt: »Låt vinet och facklorna ta slut, för då skall vi börja vår lek, och vi skall hämnas för den förolämpning som begåtts mot oss!«

Predikanterna var på plats för att hetsa folket till denna barbariska handling, och pålitliga personer från själva staden har försäkrat oss om att det vid den tiden var två av dem anställda i denna fina sysselsättning.

Sedan dess predikade de offentligt mord, blodsutgjutelse och hämnd för folket; och slutligen, om inga nya olyckor skulle inträffa, får man inte anklaga deras nit eller deras vältalighet, vilka ingendera skonades vid detta tillfälle.

De letar efter dem som undkom musketonerna för att skipa rättvisa, men det råder tvivel om huruvida de ens kommer att hittas. Det anmärkningsvärda med denna handling är att allt dagen därpå var så lugnt att Drottningens folk vandrade genom hela staden i sin livré med samma lugn som tidigare. Det sägs dock att några människor samlades beväpnade med vapen för att börja om, men de skingrades alla enligt de order som gavs till dem.

Vid detta tillfälle har vi sett de synliga effekterna av Guds försyn, som mirakulöst har bevarat Drottningen och alla som tjänstgjorde i hennes sällskap, och som ville straffa med döden dem som har utfört detta attentat.

Bland annat gick en av dessa olyckliga män hem för att äta kvällsmat och ville återvända. Hans fru, som var havande, ville hålla honom kvar och bad honom att stanna hemma; men han vägrade och sade: »Jag måste gå och besöka påven en gång till.« Och han gick faktiskt — och fick fyra kulor i hjärtat.

Magistraten förbjöd predikanterna deras upproriska predikningar och gav så god ordning att lugn och respekt återupprättades överallt.

Antalet döda och sårade är fortfarande okänt; inte heller kan man förstå politiken bakom att hålla dessa siffror så noggrant hemliga. Det man erkänner är åtta döda, varav fem föll på plats på kyrkogården mittemot palatset, medan de andra dog dagen därpå, tillsammans med tjugo sårade. Ryktet säger dock att det finns fler.

Hur det än må vara, räcker det för vår ära att inte en enda medlem av vårt sällskap ådrog sig ens den minsta skråma — inte ens Hennes Majestäts fåglar, vars burar hängde i fönstren och lämnades krossade och fyllda med små stenar och glasskärvor. De har inte skadats, och de mår fortfarande mycket bra. Och vi har visat att man inte kan förolämpa oss ostraffat.

Det var inte avsikten att publicera denna berättelse. Vi har nöjt oss med att meddela den till dem som vi trodde var mest intresserade av drottningens ära; men eftersom vi har observerat att avund och förtal har spridit sitt gift över denna händelse — precis som de har gjort över alla andra handlingar i Hennes Majestäts liv — har vi beslutat att göra sanningen känd för allmänheten, protesterande mot att den häri anges i sin helhet och hävdande att allt som avviker från innehållet i denna berättelse är helt falskt.

English translation of the original (my own):

A true account of the insult committed by the populace against the Queen's palace in Hamburg, on July 25, 1667.
The day designated to celebrate the glorious assumption to the pontificate of Our Holy Father, Pope Clement IX, having arrived, the Queen laid aside the mourning clothes from her person; and her entire court quit them likewise, for at that time they were wearing mourning clothes for the Queen of Poland. She attended the Pontifical Mass, which she had celebrated with full music in the largest hall of her house, a room which she had had accommodated as a chapel, having judged her ordinary chapel too small for the function of that day. The service was conducted with all the customary ceremonies and magnificences of the Roman Church, and was attended by a concourse of all the people of quality of both sexes in the city.

The two-cannon salute, the Swedish salute, was fired when the priest intoned the Gloria in excelsis, and at the elevation, the double salute of four gunshots was given; but at the Te Deum, two sets of nine shots were fired, the first nine shots being separated from the others by an interval. The Queen had ordered and chosen this number so as to signify and mark the glorious name of our present Pope.

After Mass was finished, several people of quality remained at the dinner that had been prepared for them; others withdrew. It all proceeded with order and the utmost respect; and although the crowd was excessive and the street and the area around the house were filled with people, all these people still gave only marks of respect and admiration, testifying their impatience for the hour when the fountain would flow with wine; and, seeing it ready for this purpose, they drank it while waiting for the games.

During dinner, the machine bearing His Holiness's name was hoisted aloft and affixed to the palace's pediment at its highest point, exactly as had been commanded. This machine passed amidst all these people; it was draped in canvas, through which one could read the letters forming the following words in gilded characters,

"CLEMENS IX, PONT. MAX., VIVAT",

beneath the tiara and keys — the emblems of his authority and supreme power. It was visible and accessible to all, and more than two hundred men chanted these words repeatedly while the ropes required to hoist it into place were being secured.

The Queen, who feared some insult to this machine, had given all the necessary orders to prevent it; and, not content with that, she left her dinner, — which had scarcely begun, — and went to the window to observe for herself the countenance of the people and to keep them in respect, which she succeeded in doing without difficulty; and she heard pronounced with extreme pleasure from the mouths of all the people that glorious name and the vivat from the rabble.

As soon as the machine arrived at its place, orders were given to set the fountain in motion; it performed exactly as instructed, spouting wine in abundance from nine separate places. The wine, too, had its effect: it heightened the confusion of the crowd. Everyone present spent six hours getting drunk, all the ladies of quality had gathered at the windows to witness the spectacle, and all the people of condition in the city were with the Queen. Up to that point, it had all unfolded with magnificence, and the people's joy — and their confusion — had yet to give rise to anything untoward.

The fountain ceased its flow after having performed its office for six hours, and the hour was drawing near when everyone was to retire. The Queen, having remained alone with all her domestics, gave every order she judged necessary for the security of her house. She had laid in a supply of arms, powder and fuses, so as to have the means to defend herself in case of necessity; and subsequent events revealed that her foresight and her cares were not in vain.

After having therefore ordered everything she judged appropriate in the circumstances in which she found herself, the salvo of two sets of nine cannon shots was fired; and the wax torches, which were supported by gilded arms and arranged in three orders on the outside facade, were lit.

These torches were positioned at a considerable distance beneath the machine bearing His Holiness's name, so that their light would not detract from the brilliance of the six hundred lamps intended to form the characters of that sacred name. As soon as they were lit, the structure was unveiled, presenting to the entire city a spectacle it had never before seen. This agreeable vision inspired admiration in all who beheld it; but, by all appearances, it also kindled rage and fury among the people — of which they gave clear signs shortly thereafter.

The illumination had lasted about three hours; and Her Majesty was already preparing to go to bed, for she was very tired from the day's functions, when she saw a reasonable quantity of large stones enter through the windows of her chamber. These stones struck the wall with such force that they doubled the truth to the Queen, which obliged her to change her design. Her first thought was to extinguish His Holiness's name, which was still burning, so that it would not be exposed to the insult of this barbaric rabble; and, to this end, she ordered that water be thrown over it, so as not to lose any time; and this was carried out in a moment.

After that, she had all the cannons loaded with musket balls, made everyone take up arms, sent people to appease the populace, and ordered that the posts be taken and the gates closed.

The Prince of Homburg and several other brave men, who fortunately still happened to be in the cemetery near the Queen's house, rushed to the scene at the noise and all prepared to serve. The people shouted loudly: "Kill, kill!" The gates were closed, and we defended ourselves against the fury of a mob that greeted us with a hail of stones and several shots from pistols and carbines.

We wanted to unleash a volley upon them, but the Queen forbade any firing without her express order. No one has ever resisted a more just temptation than this, and no one else was more eager to have the firing carried out than she herself, for a terrible vengeance could be taken against this rabble; and assuredly, such a great number of them could have been sacrificed that such a massacre would never have been seen, but she judged very well that this resolution should not be taken to extremes.

The Queen, having kept her blood cold on this occasion, acted with great prudence and vigour; but as the violence continued, it often nearly caused the Queen to lose her patience. Her prudence, however, always restrained her anger, and no matter how much she was urged to fire, she remained steadfast in her resolve. But, seeing the danger increase instead of diminish, she went where she deemed her presence necessary, gave her orders with much tranquillity, animated her people to defend themselves well, and ordered the cannons to be kept at the ready. One proposed to her that she should send to the city commandant for help, but she did not want anyone to speak on her behalf, nor did she want any of her people to go there.

The Count of Leiningen volunteered to go there of his own accord, and he did go there; however, an attempt was made to force the door, but such resistance was met that the effort was attempted three or four times in vain. The Count of Leiningen returned and reported that the commandant had told him he had orders not to intervene — a revelation that strengthened the Queen's suspicions and persuaded her, with every appearance of truth, that one must prepare to perish.

She therefore commanded a salvo of musketoon fire, since there was no hope of succour, as she did not believe the Prince would succeed in his undertaking he had charged himself with, promising himself to send for the commandant's assistance. She gave this order then because she judged it very well that it was time to leave something to chance in this extremity.

No sooner was the order given than it was executed with such success that a number of people were killed on the spot. Several others were wounded, sorties were made against them, and they were terrified in such a way that there was some appearance that they could all save themselves.

In the meantime, the prince arrived with the commandant and his soldiers to the aid of the house, so opportunely for us and for him that our salvo gave him cause to approach; and he fortified us in such a way that we finished clearing the street and driving them all out, without any of those who had served in our party being killed or wounded.

The Queen retired to the Swedish resident's house because her own house had been reduced to an uninhabitable state until it was repaired, which took two or three days.

The next day, the magistrate carried out all his duties. That morning, between nine and ten o'clock, the Queen went to inspect her palace in order to give the necessary orders, passing through the city with only three or four people. She found 2,000 people gathered before her palace and passed right through their midst, both morning and evening; and, although rage and fear were visibly etched upon the faces of this mob, no one stirred. All the Queen's friends and servants had implored her not to risk herself in this way, but she made fun of this and continued to do the very same thing every day.

To properly understand this attack, it is important to note certain particularities that preceded and followed it. It is therefore necessary to know that, when word spread that Her Majesty was preparing this feast, the ministers and preachers remonstrated with the magistrate, urging it to oppose the celebration of this solemnity and not allow it.

Thereupon the magistrate passed their feelings on to the Queen, but Her Majesty made hers known to them in such a brusque and proud manner that it made them lose the desire to compromise themselves; and they resolved not to speak of it again, despairing of being able to make her change her resolution.

It seems highly likely that this heightened tension irritated them, and that, incited by the preachers, they did not do all that they could and should have done to prevent this disorder. For eight days before it occurred, the preachers did nothing but irritate the people with their sermons. The Queen, who knew everything that was going on, made fun of them and let them preach without paying the slightest attention to it, and this enraged them.

It is even probable that, in order to avenge themselves, they had orchestrated this tragedy, which ended, to their greatest shame and confusion, with the death of the principal authors of the conspiracy, for it is certain that it had been prepared since the mutineers were supplied with everything necessary for their undertaking; and it has since been known that they were saying out loud: "Let the wine and torches run out, for then we will begin our game, and we will take revenge for the affront done to us!"

The preachers were on the spot to incite the people to this barbaric action, and trustworthy people from the city itself have assured us that there were two of them at the time employed in this fine employ.

Since then, they were publicly preaching murder, bloodshed and vengeance to the people; and finally, should no new misfortunes ensue, one must not accuse their zeal or their eloquence, neither of which was spared on this occasion.

They are searching for those who escaped the musketoons, so as to bring them justice, but there is doubt as to whether they will even be found. What is remarkable about this action is that, the following day, all was so calm that the Queen's people promenaded through the entire city in their livery with the same tranquillity as before. It is said, however, that some people gathered armed with weapons so as to begin again, but they were all dispersed by the orders given to them.

On this occasion we have seen the visible effects of God's Providence, which has miraculously preserved the Queen and all those who served in her party, and which wanted to punish with death those who have carried out this attack.

Among other things, one of these unfortunate men went home for supper and wanted to return. His wife, who was pregnant, wanted to detain him and begged him to stay at home; but he refused, saying, "I must go and visit the Pope one more time." And indeed, he went — and received four bullets in the heart.

The magistrate forbade the preachers from their seditious sermons and gave such good order that calm and respect were re-established everywhere.

The number of dead and wounded remains unknown; nor can one comprehend the policy behind keeping these figures so closely concealed. What one confesses admits to eight dead, five of whom fell on the spot in the cemetery facing the palace, while the others died the following day, along with twenty wounded. Rumour has it however, that there are more.

However that may be, it suffices for our glory that not a single member of our party sustained even the slightest scratch — not even Her Majesty's birds, whose cages hung in the windows and were left shattered and filled with little stones and shards of glass. They have not been harmed, and they are still doing very well. And we have shown that one cannot offend us with impunity.

It was not the intention to publish this relation. We have contented ourselves with communicating it to those whom we believed to be most interested in the glory of the Queen; however, observing that envy and calumny have spread their venom over this incident — just as they have over all the other actions of Her Majesty's life, — we have resolved to make the truth known to the public, protesting that it is set forth herein in its entirety, and maintaining that anything differing from the contents of this relation is entirely false.


Above: Kristina.

Notes: Marie Louise Gonzaga, queen consort of Poland, had passed away on April 30/May 10 (New Style), 1667, at 55 years old.

The Prince of Homburg = Landgrave Friedrich II of Hesse-Homburg (1633-1708).

The Count of Leiningen = Count Friedrich Ernich of Leiningen-Dagsburg-Hartenburg (1621-1698).

"... mais voyant que l'envie & la calomnie ont répandu leur venin sur cet accident comme sur toutes les autres actions de la vie de S. M. on s'est résolu de faire savoir la vérité au Public..." = Arckenholtz's comment:

"Cette Relation, que je sache, n'a jamais été publiée jusqu'ici."

"This relation, to my knowledge, has never been published until now."