Sources:
Les Femmes célèbres de tous les pays: leurs vies et leurs portraits, pages 82 to 84, by Laure Junot, Duchess of Abrantès, and Joseph Straszewicz, 1834; original at the National Library of France (Bibliothèque nationale de France)
Memoirs of Celebrated Women of All Countries. With Portraits by the Most Eminent Masters, pages 236 to 245, by Laure Junot, Duchess of Abrantès, and Joseph Straszewicz, translator anonymous, 1834; original at The British Library
Memoirs of Mademoiselle de Montpensier (La Grande Mademoiselle), page 93, by Mademoiselle de Montpensier, translated by The Modern Humanities Research Association, 2010
The biography:
Ce fut après cette première action, qui attira de nouveau l'attention sur elle, qu'elle vint en France. Nous étions alors dans la première lumière de cette brillante gloire que jeta le règne de Louis XIV; Mazarin vivait encore. Le roi était jeune et parfaitement beau. Monsieur était un joli prince, et Paris, alors ramené au calme depuis la pacification de la Fronde, offrait un séjour magique à tout étranger venant du Nord, et surtout à une reine des Goths, qui comprenait bien la civilisation, mais qui ne la connaissait pas.
Le roi (ou plutôt le cardinal de Mazarin, qui était plus roi que Louis XIV) lui envoya le duc de Guise, pour la recevoir à son entrée dans son royaume et pour la complimenter. Le duc de Guise écrivit alors une lettre qui fut lue par la reine et par le roi, et qui fut connue de toute la cour; elle est dans les Mémoires de madame de Motteville, favorite d'Anne d'Autriche. La voici telle qu'elle s'y trouve:
«Je veux, dans le temps que je m'ennuie cruellement, vous divertir en vous envoyant le portrait de la reine que j'accompagne. Elle n'est pas grande, mais elle a la taille fournie et la croupe large; le bras beau; la main blanche et bien faite, mais plus d'homme que de femme; une épaule haute dont elle cache si bien le défaut par la bizarrerie de son habit, sa démarche et ses actions, qu'on en pourrait faire des gageures; le visage est grand sans être défectueux; tous les traits sont de même, et fort marqués; le nez aquilin; la bouche assez grande, mais pas désagréable; les dents passables; les yeux sont beaux et pleins de feu; son teint, nonobstant quelques marques de petite-vérole, est assez vif et assez beau; le tour du visage assez raisonnable, accompagné d'une coiffure fort bizarre: c'est une perruque d'homme fort grosse et fort relevée sur le front, fort épaisse sur les côtés, qui, en bas, a des pointes fort claires; le dessus de la tête est un tissu de cheveux, et le derrière a quelque chose de la coiffure d'une femme. Quelquefois elle porte un chapeau; son corps, lacé par derrière de biais, est quasi fait comme nos pourpoints, sa chemise sortant tout autour au-dessus de sa jupe, qu'elle porte assez mal attachée, et pas trop droite. Elle est toujours fort poudrée avec force pommade, et ne met quasi jamais de gants; elle est chaussée comme un homme, dont elle a le ton de voix et quasi toutes les actions; elle affecte fort de faire l'Amazone; elle a pour le moins autant de gloire et de fierté qu'en pouvait avoir le grand Gustave son père. Elle est fort civile et fort caressante, parle huit langues, et principalement la française comme si elle était née à Paris; elle en sait plus que toute notre Académie jointe à la Sorbonne, se connaît admirablement en peinture, comme en toutes les autres choses; sait mieux les intrigues de notre cour que moi; enfin c'est une personne tout-à-fait extraordinaire. Je l'accompagnerai à la cour par le chemin de Paris, ainsi vous en pourrez juger vous-même. Je crois n'avoir rien oublié de sa peinture, hormis qu'elle porte quelquefois une épée avec un collet de buffle, et que sa perruque est noire, et qu'elle n'a sur sa gorge qu'une écharpe de même.»
— On a beaucoup parlé, lors de son abdication, d'un homme qu'elle aimait avec passion: c'est Pimentel. Il était Espagnol, d'une haute naissance, et de l'humeur la plus aventureuse. Madame de Sévigné en parle avec des détails qui le peignent du moins ainsi. La reine de Suède, auprès de qui le roi d'Espagne l'avait envoyé comme ambassadeur, le distingua assez fortement pour que son nom soit pour toujours attaché au sien. Elle le chargea même plus tard de plusieurs missions dangereuses qui exposèrent sa vie. C'était un homme étrange que ce Pimentel, et qui devait en effet être aimé d'une femme comme Christine.
En attendant qu'on lui préparât une entrée digne de la fille de Gustave-Adolphe (car je crois que, pour elle, Mazarin, qui se connaissait en hommes, l'avait jugée à sa véritable valeur), elle fut loger à Fontainebleau, et se mit à parcourir tous les environs de Paris et à visiter les plus belles maisons de campagne. Ce fut alors que Mademoiselle, la grande Mademoiselle, qui était toujours exilée pour son coup de canon de Saint-Antoine, la vit, et nous en fait un si admirable portrait dans ses Mémoires... Mademoiselle qui, ainsi que chacun le sait, mettait une extrême importance à des vétilles d'étiquette, n'y manqua pas en cette occasion. Elle envoya un gentilhomme à Fontainebleau à la reine de Suède, et voulut savoir comment on la traiterait.
— Mon Dieu! dit Christine, tout comme elle le voudra! Quoique l'on doive beaucoup à sa qualité, il n'est pas d'honneurs que je ne veuille rendre à sa personne....
De l'esprit dont était la reine de Suède, ce qu'elle savait de Mademoiselle, pour l'affaire d'Orléans, lui avait touché le cœur; elle la croyait une Bradamante pour le moins. Le fait est que toutes deux étaient à moitié folles; la seule différence, c'est que la princesse gothe était méchante comme une hyène, et que la princesse des Gaules était bonne fille. Toutes deux avaient le même point de folie: où pourtant elles différaient encore, Christine avait la manie des amans, Mademoiselle celle des maris....
Mademoiselle demanda une chaise à bras, tandis que sa qualité, devant une tête couronnée, ne demandait qu'un pliant. Christine n'en fit que rire, et l'accorda: ce n'était pas dans ces choses qu'elle n'était pas grande; elle demanda seulement:
— Voudra-t-elle passer devant moi? car de l'humeur qu'on me l'a dépeinte, si elle se trouvait à la porte en même temps que moi, elle ne se retirerait pas....
On lui dit que Mademoiselle n'avait garde de le prétendre. — Je devais, dit elle-même la princesse, faire les honneurs de la France....
Le fait est qu'elle n'en avait pas le droit.
Ce fut à Essonne que les deux princesses se rencontrèrent. Le détail de cette entrevue est trop bien rapporté dans les Mémoires de Mademoiselle, pour que je remplace sa narration par la mienne. J'aime mieux la laisser parler elle-même.
«..... J'étais à Petit-Bourg, maison de l'abbé de La Rivière (depuis évêque de Langres), lorsqu'on m'apporta la réponse de la reine. Petit-Bourg n'est qu'à une lieue d'Essonne; je m'habillai, et m'y en allai tout aussitôt. J'avais avec moi mesdames de Béthune, de Bouthilliers, de Frontenac, mesdemoiselles de Vandy et de Ségur, sœur du comte d'Escars; la comtesse de Fiesque, qui était allée à Paris, n'était pas de retour, ce qui était assez mal à elle. Comme j'arrivai, MM. de Guise, Comminges, qui étaient là de la part de la reine, et tous les officiers du roi qui étaient à la servir, vinrent au-devant de moi. La reine de Suède était dans une belle chambre à l'italienne, qui est chez Anselin [sic]: elle y allait voir un ballet; ainsi elle était entourée d'un nombre infini de gens. Il y avait des bancs à l'entour de sa place, de sorte qu'elle ne put faire que deux pas pour venir au-devant de moi. J'avais tant ouï parler de la manière bizarre de son habillement, que je me mourais de peur de rire en la voyant. Comme on cria gare, et que l'on me fit place, je l'aperçus; elle me surprit, et ce ne fut pas de manière à me faire rire. Elle avait une jupe grise avec de la dentelle d'or et d'argent, un justaucorps de camelot couleur de feu, avec de la dentelle comme celle de la jupe; au cou, un mouchoir de point de Gênes noué avec un ruban couleur de feu; une perruque blonde, et derrière, un rond comme les femmes en portent, et un chapeau, avec des plumes noires, qu'elle tenant à la main. Elle est blanche, a les yeux bleus; dans des momens, elle les a doux, et dans d'autres, fort rudes; la bouche assez agréable, quoique grande; les dents belles, le nez grand et aquilin; elle est fort petite; son justaucorps cache sa mauvaise taille. A tout prendre, elle me parut un joli petit garçon... Elle m'embrassa, et me dit: — J'ai la plus grande joie du monde d'avoir l'honneur de vous voir, et je l'ai souhaité avec passion.... Elle me donna la main pour passer sur le banc, et me dit: — Vous avez assez de dispositions pour sauter... Je me mis dans la chaise à bras. Il y avait une porte par où l'on voyait un enfoncement pour voir un ballet. Elle me dit:
«— Je vous ai attendue.
«Je me voulais excuser de voir ce ballet, parce que je portais le deuil de ma sœur de Chartres, qui était morte il n'y avait que quinze jours: elle [Christine] me pria de demeurer, ce que je fis. Le ballet fut fort joli.
«Je m'amusai à causer avec les gens qui étaient autour de moi, Comminges, Servien, le maréchal d'Albret. La reine me dit en parlant de mon père:
«— Il est le seul en France qui ne m'ait pas fait visite. Elle me fit ensuite plusieurs questions et des cajoleries infinies.
«La comtesse de Fiesque arriva avec madame de Montglats [sic]. Je les présentai à la reine de Suède. Elle me dit: — La comtesse de Fiesque n'est pas belle, pour avoir fait tant de bruit! Le chevalier de Grammont est-il toujours amoureux d'elle? Quand je lui présentai M. de Béthune, elle lui parla de ses manuscrits; on voyait qu'elle était bien aise de montrer qu'elle connaissait bien la France.... Après le ballet, nous fûmes à la comédie. Là, elle me surprit pour louer les endroits qui lui plaisaient. Elle jurait Dieu, se couchait dans sa chaise, jetait les jambes d'un côté et de l'autre, les passait sur les bras de sa chaise; enfin elle faisait des postures que je n'ai jamais vu faire qu'à Jodelet et à Grivelin [sic].... Elle répétait les vers qui lui plaisaient; elle parla sur beaucoup de matières. Ce qu'elle dit, elle le dit agréablement. Il lui prenait des rêveries profondes; elle faisait de grands soupirs; puis, tout-à-coup, elle revenait comme une personne qui s'éveille en sursaut. Elle est tout-à-fait extraordinaire. Après la comédie, on apporta une collation de confitures et de fruits; ensuite on alla voir un feu d'artifice sur la rivière: elle me tenait la main. A ce feu, où il y eut des fusées qui vinrent très près de nous, j'eus peur. Elle se moqua de moi, et me dit: — Comment! une demoiselle qui a été aux occasions, et qui a fait de si belles actions, a peur!...
«.... Elle parla bas à mademoiselle de Guise [sic] qui lui dit: — Il faut le dire à Mademoiselle.
«La reine disait que la plus grande envie qu'elle eût en ce monde était de se trouver à une bataille, et qu'elle aurait ce contentement avant de mourir; qu'elle portait une grande envie au prince de Condé de tout ce qu'il avait fait. Elle me dit:
«— C'est votre bon ami.
«Je lui répondis: — Oui, madame, et mon parent très proche. — C'est le plus grand homme du monde, dit-elle, on ne saurait lui ôter cela.
«Quand le feu fut fini, elle me dit: — Passons plus loin, je veux vous entretenir. Elle me mena dans une petite galerie qui est tout proche, et ferma la porte....»
Ici Mademoiselle raconte toute une conversation qu'elle aurait eue avec Christine, dans laquelle la reine se serait fort tourmentée de ses discussions éternelles avec son père, et de ses procès; ce que j'ai grand'peine à croire.... «Puis elle ajouta», dit toujours Mademoiselle: — Il faut que vous soyez reine de France; car vous êtes la plus belle, la plus aimable, la plus grande princesse de l'Europe!... J'en parlerai à M. le cardinal... On vint lui dire que la viande était servie. Je pris congé d'elle, et m'en retournai à Petit-Bourg.... Le lendemain, j'envoyai savoir de ses nouvelles. Elle me manda qu'elle me viendrait voir. Comme elle allait de l'autre côté de l'eau, et qu'elle eut retourné pour passer sur le pont de Corbeil, elle m'envoya faire des excuses, et me manda que les gens du roi l'avaient empêchée de me venir voir, dont elle était fort fâchée.»
J'ai rapporté ce portrait de Christine fait par Mademoiselle, parce qu'étant fait par un témoin oculaire, il est plus certain et plus authentique, et porte ensuite une couleur locale. Quelque temps après cette entrevue, la reine fit son entrée à Paris. Cette entrée fut très magnifique, et en tout semblable à celle de l'empereur Charles-Quint. La relation très détaillée de cette cérémonie se trouve dans la Gazette de France: ce fut le 8 septembre 1656. Toute la bourgeoisie de Paris formait la haie sur son passage depuis Conflans, où elle avait couché, jusqu'au Louvre, où elle devait loger. Elle demeura sept heures à traverser Paris, depuis deux heures jusqu'à neuf. Elle occupa au Louvre la propre chambre du roi, où était la belle tapisserie de Scipion et un lit de satin blanc brodé en or, que le cardinal de Richelieu avait légué au roi Louis XIII en mourant. Aussitôt après son arrivée elle demanda à boire; ce fut le prince de Conti qui lui donna la serviette, qu'elle prit après quelques complimens. Les Parisiens furent étrangement surpris de voir cette reine refuser un carrosse pour entrer à cheval dans la première capitale de l'Europe, et sans être accompagnée d'une seule femme!... Quant à son costume, on voit, d'après la relation de la Gazette de France, qu'elle avait le même que celui que Mademoiselle remarqua le jour où elle la vit à Essonne. Pendant qu'elle fut à Paris, elle visita tous les établissemens curieux, toutes les bibliothèques; alla voir tous les savans, les accueillit avec une grâce parfaite, et fut pendant quelques jours vraiment la fille de Gustave-Adolphe et l'élève d'Oxenstiern. Elle demanda où était Ninon de l'Enclos; elle habitait une petite campagne près de Paris; Christine fut l'y trouver, et, chose étrange, elle ne fit pas de visite à Mademoiselle.... Elle fut communier à Notre-Dame, et n'édifia personne par sa dévotion, quoiqu'elle fût une nouvelle convertie; elle causa tout le temps de la messe avec des évêques, et fut toujours debout. L'évêque d'Amiens, qui la confessa, racontait à tout le monde que l'abbé Le Camus, aumônier du roi, et qu'on avait mis de service auprès d'elle, lui ayant demandé:
— Quel ecclésiastique Votre Majesté désire-t-elle pour la confesser?...
Elle lui répondit: — Celui qui vous voudrez.... un évêque. Choisissez-m'en un.
L'abbé Le Camus alla chercher M. d'Amiens; il était dans l'oratoire de la reine lorsqu'elle y entra, avec son bonnet carré et son rochet. En entrant, elle se mit à genoux, et le regarda tout le temps de la confession entre les deux yeux. Du reste, l'évêque d'Amiens dit qu'elle se confessa très bien, et qu'il fut plus édifié de ses sentimens que de sa mine.
Après avoir parcouru Paris, et visité toutes ses curiosités, elle s'en fut à Compiègne pour y voir la famille royale: elle coucha à Chantilly, où le cardinal Mazarin fut la visiter. C'était là la véritable politesse, car il était vraiment le roi de France. Quelques instans après sa venue, deux jeunes gens arrivèrent au grand galop de leurs chevaux: ils étaient mis fort simplement, et n'avaient aucun ordre. Le cardinal dit à la reine:
— Madame, j'ai l'honneur de présenter à Votre Majesté deux gentilshommes de qualité.
Tous deux fléchirent le genou, et lui baisèrent la robe. Elle les releva, les embrassa tous deux en disant en riant:
— Ils sont de bonne maison.
C'étaient entretint long-temps les deux princes: elle trouvait le roi fort beau; et, en effet, Louis XIV, à cette époque, était un des plus beaux hommes de sa cour. Elle appelait le roi «mon frère», et donna le même nom à Monsieur. Les deux princes, après avoir fait leur visite, repartirent à cheval pour Compiègne, et voyagèrent toute la nuit au galop. Le lendemain, ils revinrent avec la reine à la maison du maréchal Lamothe-Houdancourt, nommée le Fayet [sic], pour y recevoir la reine de Suède.
Cette cour de France, si brillante et si courtoise, adoucit pourtant son humeur: elle s'y plaisait même beaucoup. Mais comme elle était loin d'y plaire de même, on lui fit dire, quoique très poliment, qu'il y avait assez de temps qu'elle y faisait séjour. Il semble que l'on prévit la sanglante catastrophe qu'elle devait faire représenter dans les murs hospitaliers de Fontainebleau.
Je crois que le principal motif de son départ fut sa conduite avec le roi et mademoiselle de Mancini. Elle était toujours au milieu d'eux, leur parlant en confidence, et disant au roi:
— Si j'étais à votre place, étant le maître comme vous l'êtes, j'épouserais sur l'heure une personne que j'aimerais.
Anne d'Autriche aura su ces discours, ainsi que le cardinal, qui, bien qu'il fût oncle de mademoiselle de Mancini, était, comme on le sait, opposé au mariage; et je pense que cette raison fut plus que suffisante, en y joignant les juremens et les postures bizarres, pour prier Christine d'aller poser ses tentes ailleurs. La cour est un pays où l'on prend en déplaisance, quelle que soit leur qualité, les gens qui entrent en matière sans en être priés.
Elle avait d'abord paru fort aimable, et chacun en disait du bien. Elle savait tout ce qui pouvait intéresser, et avait l'art de le dire à propos. Elle connaissait, non seulement la maison de la personne à qui elle parlait, mais elle n'en ignorait aucune particularité flatteuse; elle savait aussi toutes les aventures, les galanteries. Elle connaissait les goûts de tous, soit pour la musique ou la peinture. Elle nomma au marquis de Sourdis tous les tableaux de prix de son cabinet; elle savait également que le duc de Liancourt en avait de fort beaux... Elle demanda à voir une belle agate onix qu'elle prétendait être à la Sainte-Chapelle, et qui, enfin, se trouva à Saint-Denis... C'était une étrange femme!...
Elle connaissait si parfaitement la cour de France, que, lorsque M. de Comminges, capitaine des gardes de la reine-mère, lui fut présenté, elle lui demanda si le bonhomme Guitaud, son oncle, se mettait toujours en colère: et il était vrai qu'il était d'une extrême violence.
— On vous a dit de moi beaucoup de bien et beaucoup de mal, dit-elle au cardinal; vous verrez que je ne mérite ni l'un ni l'autre.
Et cela n'était pas vrai, du moins pour le mal, car elle fit voir à la France le modèle d'une femme hideuse dans sa barbarie; car elle se montra sanglante sous des roses, et faisant succéder une sentence de mort à une parole d'amour.
Christine résolut alors de retourner en Italie, et elle se mit en route. Mais il me faut rapporter ici son entrevue d'adieu avec Mademoiselle; c'est un tableau de genre, qui serait digne d'être colorié par un habile peintre, qui consacrerait son pinceau à faire revivre cette scène sur la toile.
«.... J'étais à Paris», dit Mademoiselle, «lorsque j'appris qu'elle partait de Compiègne. Je croyais qu'elle passerait à Pons, et prendrait la route de Bourgogne, ce qu'elle ne fit pas.... J'envoyai un gentilhomme à Melun pour la complimenter. Il revint me dire combien elle était fâchée, désespèrée de ne me pas voir... Quand je sus qu'elle coucherait à Montargis, la fantaisie me prit de la voir encore une fois. J'envoyai des relais, et j'arrivai à Montargis à dix heures du soir. Je n'avais avec moi que madame de Thianges et madame de Frontenac.
«... A mon arrivée, je descendis chez la reine de Suède. On me dit en italien qu'elle était couchée; je fis semblant de ne pas entendre l'italien, et je dis que l'on prévint la reine que c'était moi. Enfin, après l'avoir répété plusieurs fois, on vint me dire de monter seule; je la trouvai couchée dans un lit où mes femmes couchaient toutes les fois que je passais à Montargis; il y avait une seule chandelle sur une table; et pour bonnet de nuit, la reine avait une serviette autour de la tête, et pas un cheveu qui parût. Elle s'était fait raser il n'y avait pas long-temps... Elle avait une chemise fermée sans collet, avec un gros nœud couleur de feu. Ses draps ne venaient qu'à la moitié de son lit, avec une vilaine couverture verte... Elle ne me parut pas du tout jolie en cet état. Elle me salua, me dit qu'elle était fâchée que je me fusse levée si matin, et me demanda qui j'avais amené avec moi; je lui nommai mesdames de Thianges et de Frontenac... Elle les fit monter, parla quelque peu avec elles et avec moi, puis je m'en allai... Si elle eût été plus civile, elle me serait venue voir le lendemain avant que de partir: mais ce serait trop demander à une reine des Goths.
«Le lendemain je fus lui dire adieu, et je la trouvai jolie; elle était bien habillée avec un justaucorps neuf bien brodé, et de belle humeur; elle proposa à madame de Thianges de s'en aller à Rome avec elle, disant que c'était une sottise de s'amuser à son mari, que le meilleur ne valait rien... Elle pesta fort contre le mariage, et me conseilla de ne jamais me marier... Elle trouvait abominable d'avoir des enfans... Elle se mit ensuite à parler des dévotions de Rome d'une façon assez libertine... On la pressa de partir, parce qu'elle avait une longue route à faire... Je la vis monter en carrosse avec Sentinelli [sic], UN AUTRE, et un gentilhomme qui était au roi, nommé Leiflein [sic]; rien n'est si bizarre que de voir une reine sans une femme.»
English translation (by anonymous translator):
Very shortly after her conversion, which again drew the attention of Europe upon her, Christina visited France. This was in the beginning of the brilliant reign of Louis XIV. That young and handsome monarch was fond of pleasure, and encouraged a display of magnificence in his nobles. Mazarin was still living, and Paris, restored to order and tranquillity since the termination of the troubles of the Fronde, was a most delightful residence for foreigners, especially, as may be well supposed, for a northern princess who might have understood civilization but had never seen it.
Whilst preparations were making to receive her in a manner worthy of the daughter of Gustavus Adolphus, she went to Fontainebleau, and visited the finest country seats in the environs of Paris. It was there that Mademoiselle, who was exiled to Fontainebleau on account of her famous cannon-shot of St. Antoine, saw Christina, and wrote in her Memoirs a lively description of all the circumstances attending this visit of the Swedish Queen. Mademoiselle, it is well known, attached great importance to the most trifling points of etiquette. She sent a nobleman to Fontainebleau, to the Queen of Sweden, to inquire how she would receive her.
"Good heavens!" exclaimed Christina, "she shall be received as she pleases; and though much is granted to her quality, there is no species of honour that I am not disposed to allow to her person."
What the Queen of Sweden knew of Mademoiselle relative to the Orleans affair had entirely won her regard. Christina looked upon this princess as, at least, a Bradamante. The truth is, that both she and the ex-queen of Sweden were half mad; with this difference, that the northern princess who as cruel as a hyæna, whilst Mademoiselle possessed at least a feeling heart. Both had a mania, and in this again they differed: Christina had the mania of lovers — Mademoiselle that of husbands. Mademoiselle demanded to have the honours of the fauteuil, although her rank only entitled her to a stool in the presence of a crowned head. Christina admitted this pretension, but said, with a smile:
"Would she wish, likewise, to take precedence of me? For, with the temper I am told she has, she perhaps would not give way if we were to reach the door at the same moment."
It was at Essonne that Christina and the princess met. The particulars of this interview are so well given in the Memoirs of Mademoiselle, that I prefer quoting the passage.
"I was at Petit Bourg, at the house of the Abbé de la Revière [sic], afterwards Bishop of Langre, when I received the queen's answer. Petit Bourg is only a league from Essonne. I was attended by Mesdames de Bethune, de Berthilliers, de Frontenac, and Mesdemoiselles de Vandy and de Segur, sisters [sic] of Count d'Escars. The Countess de Fiesque, who had gone to Paris, had not yet returned, which vexed me much. On my arrival, M. de Guise Comminge, who was there from the queen, and all the king's officers in attendance upon her, came to receive me. The Queen of Sweden was in a handsome apartment at Ausselin's [sic], fitted up in the Italian style. She was going to have a ballet, and had therefore a great number of persons with her. The room in which she was, being entirely surrounded by benches, she could advance only two or three steps to meet me. I had heard so much of the singularity of her costume, that I was in an agony of fear lest I should laugh on seeing her. The officers and persons by whom she was surrounded having made way for me, I immediately beheld her. Her appearance surprised, but did not strike me as at all ludicrous. She wore a grey petticoat trimmed with lace and silver; a close jacket of camlet, of a fiery red, with lace similar to that of the petticoat; and round her neck a handkerchief of Genoa point, with a bow of red riband. She had a wig of fair light hair, with a ball of hair behind, such as women wear. In her hand she held a hat with black feathers. Her complexion is fair; her eyes are blue, and extremely varying in expression: sometimes uncommonly mild, at others exceedingly harsh. Her mouth, though large, is handsome, and her teeth are beautiful. She is very small in stature, and her close jacket hides the defect of her figure. Upon the whole, she gave me the idea of a pretty little boy. She embraced me.
"'I feel great happiness', she said, 'in the honour of seeing you. I have passionately wished for it.'
"She gave me her hand and led me to the bottom of the room.
"'You have a good disposition for jumping?' she observed.
"I seated myself in the fauteuil. There was a door leading to a space where the ballet was to be performed.
"'I have been expecting you', said she. I wanted to excuse myself from staying to see the ballet, being in mourning for my sister de Chartre. She [Christina], however, begged me to remain, which I did. I amused myself with talking to the persons near me, Comminges, Servien, and Marshal d'Albret. The queen, speaking of my father, said, 'He is the only person in France who has not sent to ask permission to visit me.' The Countess de Fiesque arrived with Madame de Monglais [sic]. I presented them to the Queen of Sweden, who said to me: 'The Countess de Fiesque is not a beauty to have created so extraordinary a sensation. Is the Chevalier de Grammont still in love with her?'
"When I presented M. de Bethune to her, she spoke to him of his manuscripts: she was evidently well pleased to show that she knew what was going on in France. After the ballet was over, we went to the play. During the performance she spoke very loud, praising the passages which pleased her, and not unfrequently making use of oaths. She leaned over her chair, and threw her legs on either side, sometimes even over the arms of her chair. In short, she put herself into postures which I had never seen before, except when executed by Jodelet or Trivelin. Her conversation turned upon a variety of topics, and she expressed herself in very agreeable terms. Sometimes she fell into a profound reverie, sighing deeply, and then she would start like a person suddenly roused from a sound sleep. She is a most extraordinary person. After the play, a collation of sweetmeats and fruit was served up, and then we went to see the fireworks on the river. During the latter display she constantly held my hand. Some squibs burst very close to us, and[,] seeing me much alarmed[,] she laughed: 'What!' said she, 'can a young lady be afraid who has been reduced to opportunities, and performed such noble feats?' She spoke in a low tone to Mademoiselle de Guise [sic], who replied:
"'We must acquaint Mademoiselle with this.'
"Christina declared that her most ardent wish on earth was to be present at a battle, and that she would have that satisfaction before she died. She added, that she envied the Prince of Condé on account of all his achievements.
"'He is a good friend of yours?' she said.
"'Yes, madam', I replied, 'and a very near relation.'
"'He is the greatest man in the world', she observed; 'that cannot be denied.'
"When the fireworks were over: 'Let us go farther on', she said, 'I would speak to you.' Having led me to a little gallery close by, she shut the door."
I have given the above description of Christina by Mademoiselle, because, being written by a person who saw and conversed with her, it bears the stamp of authenticity, and possesses, besides, an interest of time and place. Soon after this interview, Christina made her entry into Paris. The ceremony was very magnificent, and perfectly similar to that which took place on the entry of the Emperor Charles V. A very detailed account of it was given in the Gazette de France. The Parisians were greatly surprised at seeing the queen decline the use of a carriage, and prefer entering the first capital in Europe on horseback, unattended by a single female. From the account in the gazette, it appears that her costume was in every respect similar to that worn by her when Mademoiselle saw her at Essonne. She passed the night preceding her entry, at Conflans, where the whole court went to visit her. During her stay at Paris she visited every establishment that presented any interest. She went to all the public libraries, and conversed with all the men distinguished by their learning, paying them the most marked attention; in short, during a few days, she was truly the daughter of Gustavus Adolphus and the pupil of Oxienstiern [sic].
Christina inquired after Ninon de l'Euclos [sic], who resided in a small country-house, near Paris, and paid her a visit. This condescension was remarkable enough, inasmuch as she declined doing the same honour to Mademoiselle. She likewise attended mass at Notre Dame, and her conduct during the ceremony was anything but edifying, especially for a newly converted Catholic. During the whole time of the service, she talked incessantly to the bishops, and remained standing. The bishop of Amiens, to whom she confessed, stated everywhere that when the Abbé Le Camus, the king's almoner, who was in attendance upon Christina, said to her:
"Which ecclesiastic does your majesty choose to have for your confessor?"
"Any one you choose", she replied, — "a bishop — select one for me."
The Abbé Le Camus went and fetched the bishop of Amiens. This prelate was in her oratory when she entered. She immediately knelt before him, and during the whole of her confession stared in his face. The bishop, however, said that she made a good confession, and that her sentiments edified him much more than her behaviour.
Having seen all the curiosities of Paris, she went to Compiegne to visit the royal family. She slept at Chantilly, where Cardinal Mazarin came to visit her. This was a mark of great respect, for Mazarin was in reality the sovereign of France. A few minutes after his arrival, two young men, plainly dressed and without decoration, arrived on horseback.
"Madam", said the Cardinal to Christina, "I have the honour of presenting to your majesty two young noblemen of high rank." Both instantly knelt and kissed her gown; she raised them, and embracing them both said laughingly:
"They certainly belong to a noble family." They were the king and his brother.
Christina conversed with them a long time. She found the king very handsome, and indeed at that period Louis XIV. was one of the handsomest men of his court.
In addressing the king, she used the term "my brother", which title she also gave to Monsieur. The two princes[,] after their visit, immediately set off for Compiegne, travelling all night on horseback. On the following day they returned to the house of Marshal Lamothe-Houdancourt, in order to receive Christina. Their majesties waited for the Queen of Sweden on a terrace which divided the court-yard, and was filled with a crowd of courtiers and ladies, all splendidly attired. Christina alighted in the middle of the court-yard, and her appearance produced such an effect upon the Queen of France, that she remained for a moment speechless. Although her majesty had been informed of the extraordinary manners and appearance of Christina, she could not persuade herself that the being she saw before her was a woman, and that woman a queen. The marshal and his wife gave what was then styled a magnificent collation. The former had brought with him from Catalonia some very beautiful buffets of gilt silver, and other exquisitely wrought furniture. His young and lovely wife was covered with diamonds. From Fayel, the Queen of Sweden was taken to Compiegne, where every species of amusement was provided to please her. As she did not dance, she took but little interest in the balls and ballets, notwithstanding their splendour, although these entertainments were the favourite pastimes of Louis XIV. and his court. The French monarch, absorbed by his passion for Mademoiselle de Mancini, paid but little attention to a woman of Christina's appearance. During her stay at Compiegne, the Jesuits of that place solicited her to honour with her presence the representation of a tragedy by their pupils. She went with the whole court, but during the tragedy did nothing but laugh at the unfortunate Jesuits, and turn them into ridicule; and, as a climax to the singularity of her behaviour, placed herself in all those postures which Mademoiselle describes in her relation of the interview at Essonne. The impression which such conduct must have made upon Anne of Austria, may easily be imagined.
The manners of the court of France, at this urbane period, at last exercised an influence over the hitherto untractable Christina, who began to be attached to Paris; but unfortunately her conduct displeased the court so much that it was at length intimated to her, though in the mildest and politest terms, that her stay in France had been sufficiently prolonged. I believe, nevertheless, that the principal cause of her departure was her incessantly interfering in the love-affair betwixt the king and Mademoiselle de Mancini. She was continually repeating to Louis: "If I were in your place, and master as you are, I would immediately marry the person I love." This no doubt was repeated to Anne of Austria, as well as to the Cardinal, who, though Mademoiselle Mancini's uncle, was extremely averse to such marriage. This reason, and no doubt, her extraordinary and undignified manners, her habit of swearing, and her more than singular attitudes upon every occasion, was quite sufficient to induce the court to urge her departure.
Christina then resolved to proceed to Italy, and accordingly prepared for her journey. There is something so extraordinary in her last interview with Mademoiselle, that I think this subject in the hands of a skilful painter might produce a most interesting picture.
"I was at Paris", relates Mademoiselle, "when I learned that the Queen of Sweden intended to leave Compiegne. I thought she would pass through Paris and take the road to Burgundy; but she chose another route. I sent a nobleman to offer her my respects. He informed me, on his return, that her majesty had expressed the most lively sorrow at being deprived of the pleasure of seeing me. On learning her intention of sleeping at Montargis, I formed a desire to see her once more, and having ordered horses, immediately set out for that place, where I arrived at ten o'clock at night. I was accompanied by Madame de Thianges and Madame de Frontenac.
"On my arrival, I alighted at the house in which the queen was. The attendants told me in Italian that her majesty was in bed. I pretended not to understand that language, and desired them to inform the queen who it was that requested to see her. After having repeated this several times, an attendant came to beg me to go up to the queen's apartment alone. I found Christina in bed in one of the rooms usually occupied by my female attendants, whenever I sleep at Montargis. One solitary candle was burning upon the table. Instead of a nightcap, Christina had a napkin tied round her head, and not a single hair was to be seen, as her head had been shaved a short time previously. She wore a close bedgown without a collar, and fastened in front with a bow of red riband. The sheets reached only halfway down the bed, over which was thrown an ugly green quilt. In this state, she certainly did not appear to great advantage. After saluting me, she expressed regret that I should have risen so early, and asked who had accompanied me. I told her Mesdames de Thianges and de Frontenac. She asked to see them, and after a little conversation I took my leave. Had she possessed any good-breeding she would have paid me a visit before her departure next morning; but that would have been expecting too much from a queen of the Goths.
"Next day I went to take leave of her, and found her looking very pretty. She was dressed in a new close jacket beautifully embroidered, and seemed in high spirits. She proposed to Madame de Thianges to accompany her to Italy, saying it was great folly to be attached to a husband, the most perfect of them being worth noting. She inveighed bitterly against marriage, and advised me never to take a husband. She could not bear the idea of having children. The devotions of the church of Rome next became the topic of conversation, and she expressed herself with great freedom on the subject. Her attendants then came to urge her departure, as they had a long journey to make that day. I attended her to the carriage, which she entered with Sentinetti [sic], Monaldeschi, and a gentleman of the king's household named Leiflein [sic]. No sight could be more extraordinary than that of a queen without a single female attendant."
Mademoiselle here relates a long conversation which she says she had with Christina, who, as she asserts, seemed to take a great interest in her interminable differences with her father, and in her law-suits. I confess I feel great difficulty in believing this. Mademoiselle[,] in continuation of her narrative, says:
"The queen observed to me, 'You must become queen of France, because you are the most beautiful, the most amiable, and the greatest princess in Europe. I will speak to the Cardinal about it.'
"Supper was then announced; I took my leave of the queen and returned to Petit-Bourg. On the following day, I sent to inquire after her health, and received for answer that she would visit me in the course of the morning. As she was going to the other side of the water, and would have been obliged to come back in order to cross the bridge at Corbeil, she sent me a message with her excuses, saying that the king's attendants had been the cause of her not being able to come and see me, and that she was much grieved at this disappointment."
Above: Kristina.
Above: Laure Junot, Duchess of Abrantès.
Notes: Kristina visited France for the first time in 1656, not 1655, and not before her first arrival in Italy and first stay in Rome.
"Whilst preparations were making..." = "whilst preparations were being made..."
Mademoiselle de Montpensier = Anne-Marie-Louise d'Orléans, Duchess of Montpensier (1627-1693).
Kristina and Mademoiselle de Montpensier met at Essonne on August 27/September 6 (New Style), 1656.
The Abbé de la Rivière = Louis Barbier de La Rivière (1593-1670).
Madame de Béthune = Marguerite de Béthune (1595-1660).
Madame de Bouthillier = Marie de Bragelogne.
Madame de Frontenac = Anne de La Grange-Trianon (1632-1707).
Mademoiselle de Vandy = Catherine d'Aspremont (1620-1684 or 1619-1685).
Mademoiselle de Ségur = Françoise d'Escars, in 1652 vicomtesse de Château-Rocher.
Countess de Fiesque = Gilonne d'Harcourt (1619-1699).
Monsieur de Guise = Henri II de Guise (1614-1664).
Monsieur de Comminges = Gaston-Jean-Baptiste, comte de Comminges (1613-1670).
riband = archaic form of "ribbon".
MHRA (p. 93, footnote 140) points out that Mademoiselle de Montpensier's remark of Kristina's fair or white complexion was a compliment and that in those days a pale complexion was considered attractive.
Mademoiselle de Montpensier's recently deceased sister = Marie-Anne d'Orléans, Mademoiselle de Chartres (1652-1656). She had passed away on August 7/17 (New Style), 1656, at just three years old.
Monsieur Servien = Abel Servien, marquis de Sablé (1593-1659). His sororal nephew, Hugues de Lionne (1611-1671), the son of his older sister Isabeau Servien (1591-1612), was to be one of Kristina's ministers.
Le maréchal d'Albret = César Phébus d'Albret (1614-1676).
Mademoiselle de Montpensier's father = Gaston de France (Gaston d'Orléans or Le Grand Monsieur; 1608-1660).
Madame de Montglas = Isabelle (Élisabeth) Cécile Hurault de Cheverny, marquise de Montglas (1618-1695).
The Chevalier de Gramont = Philibert de Gramont (1621-1707).
Monsieur le comte de Béthune = Hippolyte de Béthune (1603-1665).
Trivelino was one of the stock characters in the Italian commedia dell'arte, similar to his fellow clowns Harlequin, Scapino, Brighella and Mezzetino. The character was introduced to French audiences by the Italian actor Domenico Locatelli, who came to Paris in around 1645 and died there in 1671.
Jodelet (real name Julien Bedeau; 1586-1660) was a French comedian who finished his career in Molière's troupe.
"la viande" = "Terme du temps."
"... Elle m'envoya faire des excuses, et me manda que les gens du roi l'avaient empêchée de me venir voir" = "Mademoiselle était exilée."
The Bishop of Amiens = François Ier Faure (1612-1687; in office from 1653 until his death).
The Abbé Le Camus = Étienne Le Camus (1632-1707).
The Maréchal de La Mothe-Houdancourt = Philippe, comte de la Mothe-Houdancourt (1605-1657).
His wife = Louise de Prie (1624-1709), marquise de Toucy and governess to the French royal children.
Mademoiselle de Mancini = Anna Maria "Marie" Mancini (1639-1715), one of the five Mancini sisters and sororal nieces of Cardinal Jules Mazarin (1601-1661).
Madame de Thianges = Gabrielle de Rochechouart de Mortemart, marquise de Thianges (1633-1693).