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Wednesday, November 12, 2025

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Antoine Girard de Saint-Amant (at Gothenburg), dated July 18/28 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 503, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Notre ambassadeur, Chanut, a bien senti que la reine de Suède ne fit à Cérisantes la promesse de l'ambassade de Venise que du bout des lèvres, et pour se débarrasser monentanément de ce diplomate encombrant et exigeant. Il ne sympathise d'ailleurs guère avec le comte Magnus de la Garde et, très justement, Chanut, écrivant, le 21 juillet 1646, à de Lionne, lui suggère discrètement l'idée de conserver Cérisantes en France, où la faveur fidèle de Mazarin ne saurait manquer de l'employer avec honneur...

D'ailleurs l'humeur inquiète et le caractère insupportable de Cérisantes accusent l'antipathie naturelle qui ressentait pour lui le comte Magnus de la Garde. Le départ de Cérisantes, décidé tout d'abord, comme nous l'avons vu, pour l'unique raison que le comte espérait trouver en lui une aide précieuse à la cour de France, redevient incertain..."

"Our ambassador, Chanut, has well sensed that the Queen of Sweden only gave Cérisantes the promise of the embassy in Venice through gritted teeth, and to rid herself for a while of this cumbersome and demanding diplomat. He does not sympathise much with Count Magnus de la Gardie and, quite justly, Chanut, writing on July 21, 1646, to de Lionne, discreetly suggests to him the idea of keeping Cérisantes in France, where the faithful favour of Mazarin could not fail to employ him with honour...

Moreover, Cérisantes's restless humour and unbearable character reveal the natural antipathy that Count Magnus de la Gardie felt for him. Cérisantes's departure, initially decided, as we have seen, for the sole reason that the Count hoped to find in him precious help at the court of France, becomes uncertain again..."

The letter excerpt:

... Il est estrange que la fortune de M. de Cerisantes ait tant d'inegalitez; à l'heure que je vous escris il est encore incertain s'il ira en France avec M. le Comte [Magnus]; pour moy je ne le crois point; j'attendray à l'ordinaire prochain à vous en dire les raisons; cependant il a touché 3000 richedalles et aura encore une chaisne.

With modernised spelling:

... Il est étrange que la fortune de M. de Cérisantes ait tant d'inégalités; à l'heure que je vous écris, il est encore incertain s'il ira en France avec M. le comte [Magnus]; pour moi, je ne le crois point. J'attendrai à l'ordinaire prochain à vous en dire les raisons; cependant il a touché 3 000 richedales et aura encore une chaîne.

Swedish translation (my own):

... Det är märkligt att monsieur de Cérisantes lycka har så många ojämlikheter; i den tid jag skriver till Er är det fortfarande osäkert om han kommer att resa till Frankrike med herr greven [Magnus]; för min del tror jag inte det. Jag väntar till nästa ordinarie med att berätta orsakerna; han har dock fått 3,000 riksdaler och kommer fortfarande att ha en kedja.

English translation (my own):

... It is strange that Monsieur de Cérisantes' fortune has so many inequalities; at the hour I am writing to you, it is still uncertain whether he will go to France with Lord Count [Magnus]; for my part, I don't believe it. I will wait until the next ordinary to tell you the reasons; however, he has received 3,000 riksdalers and will still have a chain.

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Hugues de Lionne, dated July 11/21 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, pages 502 to 503, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Notre ambassadeur, Chanut, a bien senti que la reine de Suède ne fit à Cérisantes la promesse de l'ambassade de Venise que du bout des lèvres, et pour se débarrasser monentanément de ce diplomate encombrant et exigeant. Il ne sympathise d'ailleurs guère avec le comte Magnus de la Garde et, très justement, Chanut, écrivant, le 21 juillet 1646, à de Lionne, lui suggère discrètement l'idée de conserver Cérisantes en France, où la faveur fidèle de Mazarin ne saurait manquer de l'employer avec honneur..."

"Our ambassador, Chanut, has well sensed that the Queen of Sweden only gave Cérisantes the promise of the embassy in Venice through gritted teeth, and to rid herself for a while of this cumbersome and demanding diplomat. He does not sympathise much with Count Magnus de la Gardie and, quite justly, Chanut, writing on July 21, 1646, to de Lionne, discreetly suggests to him the idea of keeping Cérisantes in France, where the faithful favour of Mazarin could not fail to employ him with honour..."

The letter excerpt:

Enfin, M. le Comte de la Garde est party et ce n'a pas esté sans larmes, qui n'ont pas néantmoins esté veuës publiquement. M. de Cerisantes est de la partie du voyage aux conditions que je vous escrivis l'ordinaire dernier. La Reine pourtant a fait scrupule de l'engager précisément à aucun employ certain à son retour et a conçu sa promesse en termes faciles à résoudre; le bon visage qu'elle luy a fait a réparé en une visite plusieurs mescontentemens qu'il avoit au fond de l'âme; s'il trouve jour à s'attacher en France, je crois que ses amis luy doivent conseiller et qu'à peine s'accomodera-t il aux humeurs de cette cour; il part dans deux jours; si dans l'entretien vous le trouvez moins informé de l'intérieur de la Reine au sujet du comte, je pense, Monsieur, qu'il est important qu'il ne connoisse point que Son Eminence ayt de meilleurs advis, puisqu'il n'a pas perdu le dessein de retourner, et que je ne me peux assurer de ce qu'il rapporteroit à la Reine; je vois clairement quelque antipathie entre le comte et luy; s'ils perdent l'opinion d'estre nécessaires l'un à l'autre, ce sera une merveille s'ils passent longtemps sans degoust; j'estime qu'il ne vous celera point qu'il a usé de moy comme d'un amy, ainsi que de ma part je suis obligé de reconnoistre son mérite et l'obligation que j'avois de le servir puisque vous me l'aviez ordonné; il a désiré que je luy donnasse une lettre pour Son Eminence que je ne luy ay pû refuser en termes qui fussent à sa satisfaction.

With modernised spelling:

Enfin, M. le comte de la Garde est parti, et ce n'a pas été sans larmes, qui n'ont pas néanmoins été vues publiquement. M. de Cérisantes est de la partie du voyage, aux conditions que je vous écrivis l'ordinaire dernier. La reine pourtant a fait scrupule de l'engager précisément à aucun emploi certain à son retour et a conçu sa promesse en termes faciles à résoudre; le bon visage qu'elle lui a fait a réparé en une visite plusieurs mécontentements qu'il avait au fond de l'âme.

S'il trouve jour à s'attacher en France, je crois que ses amis lui doivent conseiller, et qu'à peine s'accommodera-t-il aux humeurs de cette cour; il part dans deux jours. Si dans l'entretien vous le trouvez moins informé de l'intérieur de la reine au sujet du comte, je pense, Monsieur, qu'il est important qu'il ne connaisse point que Son Éminence ait de meilleurs avis, puisqu'il n'a pas perdu le dessein de retourner, et que je ne me peux assurer de ce qu'il rapporterait à la reine; je vois clairement quelque antipathie entre le comte et lui.

S'ils perdent l'opinion d'être nécessaires l'un à l'autre, ce sera une merveille s'ils passent longtemps sans dégoût; j'estime qu'il ne vous céléra point qu'il a usé de moi comme d'un ami, ainsi que de ma part je suis obligé de reconnaître son mérite et l'obligation que j'avais de le servir puisque vous me l'aviez ordonné. Il a désiré que je lui donnasse une lettre pour Son Éminence, que je ne lui ai pu refuser en termes qui fussent à sa satisfaction.

Swedish translation (my own):

Äntligen har herr greve de la Gardie givit sig av, och det skedde inte utan tårar, vilka dock inte syntes offentligt. Monsieur de Cérisantes är med på resan, på de villkor jag skrev till Er senast med sista posten. Drottningen var dock noggrann med att binda honom till någon specifik position vid sin återkomst och formulerade sitt löfte i ordalag som var lätta att lösa; det vänliga ansikte hon gav honom reparerade under ett besök flera missnöjen som han hade ända in i djupet av sin själ.

Om han hittar en dag att knyta sig till Frankrike, tror jag att hans vänner måste ge honom råd, och att han knappast kommer att anpassa sig till detta hovs stämningar; han reser om två dagar. Om Ni under intervjun finner honom mindre informerad om drottningens inre förhållande till greven, tror jag, monsieur, att det är viktigt att han inte vet att Hans Eminens har bättre råd, ty han inte har förlorat avsikten att återvända, och jag kan inte vara säker på vad han skulle rapportera till drottningen; jag ser tydligt en viss antipati mellan greven och honom.

Om de förlorar uppfattningen att de är nödvändiga för varandra, vore det ett under om de tillbringar en lång tid utan avsky; jag tror att han inte kommer att dölja för Er att han har använt mig som vän, ty jag från min sida är tvungen att inse hans förtjänst och den skyldighet jag hade att tjäna honom eftersom Ni hade beordrat mig att göra det. Han begärde att jag skulle ge honom ett brev till Hans Eminens, vilket jag inte kunde vägra honom i ordalag som var till hans belåtenhet.

English translation (my own):

Finally, Lord Count de la Gardie has left, and it was not without tears, which were nevertheless not seen publicly. Monsieur de Cérisantes is part of the journey, on the conditions I wrote to you by the last ordinary. The Queen, however, was scrupulous about committing him to any specific position on her return and framed her promise in terms that were easy to resolve; the kind face she gave him repaired in one visit several discontentments that he had down to the bottom of his soul.

If he finds a day to attach himself to France, I believe that his friends must advise him, and that he will hardly accommodate himself to the humours of this court; he leaves in two days. If in the interview you find him less informed about the Queen's interior concerning the Count, I think, Monsieur, that it is important that he does not know that His Eminence has better advice, since he has not lost the intention of returning, and I cannot be sure of what he would report to the Queen; I clearly see some antipathy between the Count and him.

If they lose the opinion of being necessary to each other, it will be a wonder if they spend a long time without disgust; I believe that he will not conceal from you that he has used me as a friend, as on my part I am obliged to recognise his merit and the obligation that I had to serve him since you had ordered me to do so. He desired that I give him a letter for His Eminence, which I could not refuse him in terms that were to his satisfaction.


Above: Kristina.


Above: Magnus Gabriel de la Gardie.


Above: Cardinal Jules Mazarin.


Above: Hugues de Lionne.

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Antoine Girard de Saint-Amant (at Münster), dated July 11/21 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, pages 501 to 502, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Le 12 mai 1646, Chanut annonce à de Lionne que Cérisantes a enfin eu une audience de la reine Christine, qui ne veut pas entendre parler de son retour à Paris:

«M. de Cerisantes a esté bien receu. Sa Majesté en fait compte et s'en veut servir comme d'un homme qu'elle estime. Pour l'employ de France, elle ne l'y destine pas, et semble luy vouloir faire de grands avantages dans l'armée, l'equipper pour y paroistre et mesmes payer les debtes qu'il a faites en France et à son service. Mais comme il a grande inclination, au moins en apparence, a retourner en France pour le service de cette couronne, et qu'elle ne le veut pas mescontenter, je ne vois pas qu'il y ayt de l'impossibilité à l'obtenir.»

Cependant, la reine notifie enfin à Cérisantes, que Chanut protège, car le poète latin est cher au cardinal de Mazarin, qu'il n'aura pas l'ambassade de France; ce poste honorifique et important était le rêve toujours caressé de notre poète, qui se trouve fort mortifié...

Enfin, les événements dessillent les yeux de Chanut; Cérisantes, voulant contenter les deux partis de la cour de Suède, s'est compromis auprès de tout le monde, et personne ne le soutient plus. Comme il se sent entouré d'hostilité dans cette cour, et qu'au surplus il estime indigne de lui les charges qu'on lui offre en Suède, il brise les vitres avec éclat et demande simplement son congé, non sans quelque arrogance. Aubery du Maurier raconte que la Reine, lui ayant signifié son congé, toujours sous prétexte de la nécessité d'envoyer un Suédois auprès de la Cour de France, Cérisantes «lui répondit assez fièrement qu'il avoit toujours cru que Sa Majesté feroit plus d'état du mérite et de la valleur par elle-même que par le lieu de la naissance». La colère n'aveugle cependant point totalement notre diplomate congédié; se souvenant des dettes qu'il a laissées naguète à Paris, il sollicite quelque pécune pour adoucir la douceur de son départ...

Tout à coup, le vent tourne, et un peu d'espoir reste encore à Cérisantes de revoir la France comme Résident de Suède...

Enfin, le comte Magnus de la Garde part, le 18 juillet 1646, entraînant à sa suite Cérisantes, dont la loquacité l'a subjugué..."

"On May 12, 1646, Chanut announced to de Lionne that Cérisantes had finally had an audience with Queen Kristina, who did not want to hear about his return to Paris:

'Monsieur de Cérisantes has been received well. Her Majesty takes this into account and wishes to use him as a man she esteems. As for the employ in France, she does not destine him for it and seems to want to give him great advantages in the army, equip him to appear there, and even pay the debts he has incurred in France and in her service. But, as he has a great inclination, at least in appearance, to return to France for the service of this Crown, and she does not want to discontent him, I do not see that there is any impossibility of obtaining it.'

However, the Queen finally notifies Cérisantes, whom Chanut is protecting, because the Latin poet is dear to Cardinal Mazarin, that he will not have the French embassy; this honourary and important post was the ever-cherished dream of our poet, who finds himself very mortified...

Finally, events opened Chanut's eyes; Cérisantes, wanting to satisfy both parties at the court of Sweden, had compromised himself with everyone, and no one supported him any longer. As he felt surrounded by hostility in this court, and moreover he considered the positions offered to him in Sweden to be beneath him, he smashed the windows with a bang and simply asked for his leave, not without a certain arrogance. Aubery du Maurier recounts that when the Queen gave him notice of his leave, still under the pretext of the need to send a Swede to the court of France, Cérisantes 'replied rather proudly that he had always believed that Her Majesty would make more of merit and valour in herself than by place of birth'. Anger, however, did not completely blind our dismissed diplomat; remembering the debts he had left behind in Paris, he asks for some money to soften the sweetness of his departure...

Suddenly, the wind changes, and Cérisantes still has a little hope of seeing France again as a Resident of Sweden...

Finally, Count Magnus de la Gardie left on July 18, 1646, taking with him Cérisantes, whose loquacity had captivated him..."

The letter excerpt:

M. de Cerisantes portera vostre lettre pour l'obliger de tenir compagnie à M. le Comte [Magnus] dans son voyage; on luy donne mil escus en arrivant en France pour se mettre en equipage, outre les trois mil que je vous ay mandé qu'on lui avoit accordé à cause des despenses qu'il a faittes en France et la Reine luy promet à son retour qu'elle luy donnera l'Ambassade de Venise ou autre employ pareil, mais Elle ne s'y engage que de bonne sorte, et ne veut pas que cette parolle soit sceue ici, mais bien que pour l'honneur et satisfaction que M. de Cerisantes son ambassadeur le dise à Leurs Majestez en France, je ne trouve point la condition mauvaise. Et s'il trouve jour en France de se faire employ tant soit peu considerable, je crois qu'il fera bien de le prendre, car je suis fort trompé si son humeur convient bien avec celle de M. le Comte qui la recherche en cette occasion, s'imaginant qu'il en avoit absolument besoin; si j'avois esté de son conseil et que je n'eusse pas esté amy de M. de Cerisantes, je luy aurois persuadé le contraire, et qu'il luy estoit plus advantageux de ne pas le mener avec luy, mais j'ay laissé aller les choses, sans me mesler de le guerir de cette terreur panique de nostre Cour qui l'a saisy quatre jours seulement auparavant son depart et luy a faict precipiter la resolution d'avoir avec luy du secours...

With modernised spelling:

M. de Cérisantes portera votre lettre, pour l'obliger de tenir compagnie à M. le comte [Magnus] dans son voyage; on lui donne mille écus en arrivant en France pour se mettre en équipage, outre les trois mille que je vous ai mandé qu'on lui avait accordé à cause des dépenses qu'il a faites en France; et la reine lui promet à son retour qu'elle lui donnera l'ambassade de Venise ou autre emploi pareil, mais elle ne s'y engage que de bonne sorte et ne veut pas que cette parole soit sue ici, mais bien que, pour l'honneur et satisfaction que M. de Cérisantes, son ambassadeur, le dise à Leurs Majestés en France, je ne trouve point la condition mauvaise.

Et, s'il trouve jour en France de se faire emploi tant soit peu considérable, je crois qu'il fera bien de le prendre, car je suis fort trompé si son humeur convient bien avec celle de M. le comte, qui la recherche en cette occasion, s'imaginant qu'il en avait absolument besoin. Si j'avais été de son conseil et que je n'eusse pas été ami de M. de Cérisantes, je lui aurais persuadé le contraire, et qu'il lui était plus avantageux de ne pas le mener avec lui, mais j'ai laissé aller les choses sans me mêler de le guérir de cette terreur panique de notre cour qui l'a saisi quatre jours seulement auparavant son départ et lui a fait précipiter la résolution d'avoir avec lui du secours...

Swedish translation (my own):

Monsieur de Cérisantes kommer att bära Ert brev för att förplikta honom att hålla herr greven [Magnus] sällskap på hans resa; han får tusen écus vid ankomsten till Frankrike att utrusta sig med, utöver de tretusen som jag har sagt Er har beviljats honom på grund av de utgifter han har ådragit sig i Frankrike; och drottningen lovar honom vid hans återkomst att hon skall ge honom ambassaden till Venedig eller någon annan liknande sysselsättning, men hon sysslar bara med det på ett gott sätt och vill inte att detta ord skall bli känt här, utan snarare, för den ära och tillfredsställelse som monsieur de Cérisantes, hennes ambassadör, berättar för Deras Majestäter i Frankrike, finner jag inte konditionen dålig.

Och om han hittar en dag i Frankrike för att finna sig i någon betydande anställning, tror jag att han gör klokt i att ta den, för jag misstar mig mycket om hans humör stämmer väl överens med herr grevens, som söker det vid detta tillfälle och inbillar sig att han absolut behövde det. Om jag hade varit på hans råd och inte varit vän med monsieur de Cérisantes, skulle jag ha övertygat honom om motsatsen, och att det var mer fördelaktigt för honom att inte ta honom med sig, men jag lät det vara utan att blanda mig i att bota honom från denna panikslagna skräck från vårt hov som grep tag i honom bara fyra dagar före hans avresa och fick honom att skynda sig till beslutet att söka stöd hos honom...

English translation (my own):

Monsieur de Cérisantes will carry your letter, to oblige him to keep the Lord Count [Magnus] company on his journey; he is given a thousand écus upon arrival in France to equip himself with, in addition to the three thousand that I have told you have been accorded to him because of the expenses he has incurred in France; and the Queen promises him on his return that she will give him the embassy to Venice or some other similar employ, but she only engages herself in it in a good way and does not want this word to be known here, but rather, for the honour and satisfaction that Monsieur de Cérisantes, her ambassador, tells Their Majesties in France, I do not find the condition bad.

And, if he finds a day in France to find himself in any considerable employ, I believe that he would do well to take it, for I am very mistaken if his humour fits well with that of the Lord Count, who is seeking it on this occasion, imagining that he absolutely needed it. If I had been of his counsel and had not been a friend of Monsieur de Cérisantes, I would have persuaded him of the contrary, and that it was more advantageous for him not to take him with him, but I let things go without interfering in curing him of this panicked terror from our court which seized him only four days before his departure and made him hasten to the resolution of having succour with him...


Above: Kristina.


Above: Magnus Gabriel de la Gardie.

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Hugues de Lionne, dated July 4/14 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 501, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Le 12 mai 1646, Chanut annonce à de Lionne que Cérisantes a enfin eu une audience de la reine Christine, qui ne veut pas entendre parler de son retour à Paris:

«M. de Cerisantes a esté bien receu. Sa Majesté en fait compte et s'en veut servir comme d'un homme qu'elle estime. Pour l'employ de France, elle ne l'y destine pas, et semble luy vouloir faire de grands avantages dans l'armée, l'equipper pour y paroistre et mesmes payer les debtes qu'il a faites en France et à son service. Mais comme il a grande inclination, au moins en apparence, a retourner en France pour le service de cette couronne, et qu'elle ne le veut pas mescontenter, je ne vois pas qu'il y ayt de l'impossibilité à l'obtenir.»

Cependant, la reine notifie enfin à Cérisantes, que Chanut protège, car le poète latin est cher au cardinal de Mazarin, qu'il n'aura pas l'ambassade de France; ce poste honorifique et important était le rêve toujours caressé de notre poète, qui se trouve fort mortifié...

Enfin, les événements dessillent les yeux de Chanut; Cérisantes, voulant contenter les deux partis de la cour de Suède, s'est compromis auprès de tout le monde, et personne ne le soutient plus. Comme il se sent entouré d'hostilité dans cette cour, et qu'au surplus il estime indigne de lui les charges qu'on lui offre en Suède, il brise les vitres avec éclat et demande simplement son congé, non sans quelque arrogance. Aubery du Maurier raconte que la Reine, lui ayant signifié son congé, toujours sous prétexte de la nécessité d'envoyer un Suédois auprès de la Cour de France, Cérisantes «lui répondit assez fièrement qu'il avoit toujours cru que Sa Majesté feroit plus d'état du mérite et de la valleur par elle-même que par le lieu de la naissance». La colère n'aveugle cependant point totalement notre diplomate congédié; se souvenant des dettes qu'il a laissées naguète à Paris, il sollicite quelque pécune pour adoucir la douceur de son départ...

Tout à coup, le vent tourne, et un peu d'espoir reste encore à Cérisantes de revoir la France comme Résident de Suède..."

"On May 12, 1646, Chanut announced to de Lionne that Cérisantes had finally had an audience with Queen Kristina, who did not want to hear about his return to Paris:

'Monsieur de Cérisantes has been received well. Her Majesty takes this into account and wishes to use him as a man she esteems. As for the employ in France, she does not destine him for it and seems to want to give him great advantages in the army, equip him to appear there, and even pay the debts he has incurred in France and in her service. But, as he has a great inclination, at least in appearance, to return to France for the service of this Crown, and she does not want to discontent him, I do not see that there is any impossibility of obtaining it.'

However, the Queen finally notifies Cérisantes, whom Chanut is protecting, because the Latin poet is dear to Cardinal Mazarin, that he will not have the French embassy; this honourary and important post was the ever-cherished dream of our poet, who finds himself very mortified...

Finally, events opened Chanut's eyes; Cérisantes, wanting to satisfy both parties at the court of Sweden, had compromised himself with everyone, and no one supported him any longer. As he felt surrounded by hostility in this court, and moreover he considered the positions offered to him in Sweden to be beneath him, he smashed the windows with a bang and simply asked for his leave, not without a certain arrogance. Aubery du Maurier recounts that when the Queen gave him notice of his leave, still under the pretext of the need to send a Swede to the court of France, Cérisantes 'replied rather proudly that he had always believed that Her Majesty would make more of merit and valour in herself than by place of birth'. Anger, however, did not completely blind our dismissed diplomat; remembering the debts he had left behind in Paris, he asks for some money to soften the sweetness of his departure...

Suddenly, the wind changes, and Cérisantes still has a little hope of seeing France again as a Resident of Sweden..."

The letter excerpt:

Depuis vingt quatre heures, il s'est eslevé un vent favorable pour M. de Cerisantes. Le Comte [Magnus] sur le poinct de son depart, apprehende une navigation sans pilote et le veut engager de passer avec luy en France. Pour l'y convier, on luy propose qu'il conservera la qualité de Résident en France pendant tout le voyage au retour duquel la Reyne lui promettra de l'envoyer Ambassadeur à Venise, et cependant il emportera les 3000 richedalles promises pour payer ses debtes en France. J'espere que cette ouverture aura lieu; je lui conseille de l'accepter, et de la part de la Reine, il ne s'agit que d'une promesse qui est chose aisée aux Princes que la raison d'Estat absout à poinct nommé quand la volonté luy change.

With modernised spelling:

Depuis vingt-quatre heures, il s'est élevé un vent favorable pour M. de Cérisantes. Le comte [Magnus], sur le point de son départ, appréhende une navigation sans pilote et le veut engager de passer avec lui en France. Pour l'y convier, on lui propose qu'il conservera la qualité de résident en France pendant tout le voyage, au retour duquel la reine lui promettra de l'envoyer ambassadeur à Venise; et cependant il emportera les 3 000 richedales promises pour payer ses dettes en France. J'espère que cette ouverture aura lieu; je lui conseille de l'accepter, et de la part de la reine, il ne s'agit que d'une promesse qui est chose aisée aux princes, que la raison d'État absout à point nommé quand la volonté lui change.

Swedish translation (my own):

Sedan tjugofyra timmar har det blåst gynnsam vind för monsieur de Cérisantes. Greven [Magnus], som är på väg att ge sig av, är orolig för att segla utan styrman och vill anlita honom för att följa med till Frankrike. För att bjuda in honom föreslås att han behåller statusen som resident i Frankrike under hela resan, och att drottningen vid återresan lovar att sända honom ambassadör till Venedig; och under tiden tar han med sig de 3,000 riksdaler som han utlovat för att betala hans skulder i Frankrike. Jag hoppas att denna övergång kommer att genomföras; jag råder honom att acceptera den, och från drottningens sida är det bara ett löfte som är lätt för furstar, vilka Statsskäl frikänner vid rätt tidpunkt när deras vilja förändras.

English translation (my own):

Since twenty-four hours, a favourable wind has arisen for Monsieur de Cérisantes. The Count [Magnus], about to leave, is apprehensive about sailing without a pilot and wants to engage him to go with him to France. To invite him, it is proposed that he retain the status of resident in France for the entire voyage, on the return of which the Queen will promise to send him ambassador to Venice; and in the meantime he will take with him the 3,000 riksdalers promised to pay his debts in France. I hope that this overture will take place; I advise him to accept it, and on the part of the Queen, it is only a promise which is easy for princes, whom reasons of State absolve at the right time when their will changes.


Above: Kristina.


Above: Magnus Gabriel de la Gardie.


Above: Hugues de Lionne.

Note: Mongrédien's comment: "... Une lettre de Chanut à M. de Brienne du 7 juillet ... nous apprend qu'un Suédois, Jacob Schut, refusa la résidence de Suède en France sous le prétexte d'une maladie. C'est après ce refus que le reine pensa à conserver provisoirement Cérisantes, avant de l'envoyer à Venise." — "... A letter from Chanut to Monsieur de Brienne dated, July 7, ... informs us that a Swede, Jakob Skytte, refused the residence of Sweden in France under the pretext of illness. It was after this refusal that the Queen thought of provisorily retaining Cérisantes, before sending him to Venice."

Tuesday, October 14, 2025

Kristina's letter to General Hans Christoff von Königsmarck, concerning the garrison in Bremen-Verden, dated April 3/13 (Old Style), 1646

Sources:

Riksarkivet, images 102 to 103/pages 96 to 97 in Tyskt och latinskt registraturet (1646); Riksregistraturet


Philemeri Irenici Elisii Diarium Europæum, pages 139 to 140, published by Philemerus Irenicus Elisius (Martin Meyer), published 1657; original at the Bavarian State Library (Staatliche Bibliothek Regensburg)





The letter:

Christina etc.
Vnsern gnädigsten gruß Vndt wollgeneigten willen ZuVohr, Woll Edler Gestreng[er] Vndt Vester besonders lieber Vndt Getrewer. Es Haben beijdes die alhier anietzo anwehsende Ertzbischöfliche brehmische Abgesanten sich beklaget, sampt sollet ihr mit einigen Völckern etwas feindtliches wieder das Hauß brehmer Vöhrden Zu tentiren Vndt ins Werck Zu setzen Vorhabens sein, Ob nun woll der Veranlaßete restitutions tractat für diesesmahl alhie wegen ermanglender noth[t]ürfftiger Vollmacht seinen [fortgang] nicht erreichen, weniger ein gewißer schluß darinnen gemacht werden können, Sondern alles biß auf weitere Vollkomliche abhandelung außgestellet worden, Wir gleichwoll inmittelst bewilliget, das des H. Ertzbischofs Ld. das Hauß brehmer Vörde[n] mit ihrer Guarnison Jedoch ohne Jenige disposition Vber das darunter Liegende Ampt besetzt beHalten mögen, Vndt weil Wihr Vermuthen wollen, es werde solchem nach der Commendant in gemelten Brehmer Vörde[n] aller excursionen Vndt actualitet sich entHalten; Also ist Hiemit Vnser gnädigster wille Vndt befehl, das auch Jhr Vndt Ewre VnterHabende Völcker Euch aller feindtseeligkeit Vndt attacque gegen gemeltes Haus entHaltet, Wie Wir dan auch dem Commissario Peter Branten, wegen reichung der HiebeVor bewilligten Monatlichen VnterHalt für die Guarnisonen daselbst behörliche ordre ertheilet Haben, Solte aber v̈ber alles Vormuthen der Commendant Zu gedachtem BrehmerVörde[n] mit außfällen oder andern feindtlichen attentaten einige hostilitet Verv̈ben, beobachtet Jhr solches billig, Vndt werdet demselben mit gebührender Manier Zu begegnen Vndt abZuwehren wißen, Wir wollen Es Euch also Zur nachricht nicht VerHalten etc.

P. S.
Besonders lieber Vndt getreuer, Beijkommendes ist ein Doublet Von dem Jenigen schreiben So Wir gestriges tages beij expedirung deren Ertz bischoflichen Brehmischen Gesanten an Euch abgehen Laßen, Vndt wollen Wir gnädigst, das Jhr denenselben also gebührent nachKommet, Wir Haben aber ietzig ein Doublet eine Clausul annectiret, wie Jhr Euch Zu VerHalten Habet, Jm fall etwa der Commendant auf brehmer Vörde[n] ohne Jenige Von Euch oder dehnen Eurigen gegebene Vhrsach einige actualitet oder feintsehligkeit mit außfällen oder anders enormiteten Verüben solte, Vndt werdet ihr beijdes mit guter discretion woll in acht Zu nehmen Vndt Zu observiren wißen / etc.
Christina /

With modernised spelling:

Christina, etc.
Unsern gnädigsten Gruß und wohlgeneigten Willen zuvor.
Wohledler, gestreng[er] und vester,
Besonders lieber und getreuer,
Es haben beides die allhier anjetzo anwesende erzbischöfliche bremische Abgesandten sich beklagt, samt sollt Ihr mit einigen Völkern etwas feindliches wider das Haus Bremer-Verden zu tentieren und ins Werk zu setzen Vorhabens sein. Ob nun wohl der veranlasste Restitutionstraktat für dieses Mal allhie wegen ermanglender, notdürftiger Vollmacht seinen [Fortgang] nicht erreichen, weniger ein gewisser Schluß darinnen gemacht werden können, sondern alles bis auf weitere vollkommliche Abhandlung ausgestellt worden, Wir gleichwohl inmittelst bewilligt, dass des Herrn Erzbischofs Liebden, das Haus Bremer-Verde[n] mit ihrer Garnison jedoch ohne jenige Disposition über das darunterliegende Amt besetzt behalten mögen.

Und weil Wir vermuten wollen, es werde solchem nach der Kommandant in gemählten Bremer-Verde[n] aller Exkursionen und Aktualität sich enthalten, also ist hiemit Unser gnädigster Wille und Befehl, dass auch Ihr und Eure unterhabende Völker Euch aller Feindseligkeit und Attack gegen gemähltes Haus enthaltet; wie Wir dann auch dem commissario Peter Brandten wegen Reichung der hiebevor bewilligten monatlichen Unterhalt für die Garnisonen daselbst behörliche Order ertheilt haben, sollte aber über alles vormuten der Kommandant zu gedachtem Bremer-Verde[n] mit Ausfällen oder andern feindlichen Attentaten einige Hostilität verüben, beobachtet Ihr solches billig, und werdet demselben mit gebührender Manier zu begegnen und abzuwehren wissen. Wir wollen es Euch also zur Nachricht nicht verhalten, etc.

P. S.
Besonders lieber und getreuer,
Beikommendes ist ein Dublette von demjenigen Schreiben, so Wir gestriges Tages bei Expedierung deren erzbischöflichen bremischen Gesandten an Euch abgehen lassen; und wollen Wir gnädigst, dass Ihr denenselben also gebührend nachkommet, Wir haben aber jetzig ein Dublette eine Klausul annektiert, wie Ihr Euch zu verhalten habet, im Fall etwa der Kommandant auf Bremer-Verde[n] ohne jenige von Euch oder denen eurigen gegebene Ursach einige Aktualität oder Feindseligkeit mit Ausfällen oder anders Enormitäten verüben sollte, und werdet Ihr Beides mit guter Diskretion wohl in Acht zu nehmen und zu observieren wissen, etc.
Christina.

Elisius'/Meyer's transcript of the letter:

Christina: etc.
Vnsern gnädigsten Gruß vnd wolgeneigten Willen zuvor; Wol-Edler / Gestrenger vnd Vester / besonders Lieber vnd Getrewer. Es haben bey Vns die / allhier anjetzo anwesende / Ertz-Bischoffliche / Brehmische Abgesandten sich beklagett / sambt soltet Jhr / mit einigen Völckern etwas feindliches wider das Hauß Brehmer-Vöhrde zu versuchen vnd ins Werck zu setzen vorhabens seyn. Ob nun zwar die veranlassete Abhandlung wegender Wiedereinräumung für diesesmal allhie / wegen ermanglender / nothtürfftiger Vollmacht / seinen Fortgang nicht erreichet / weniger ein gewisser Schluß darinnen gemachet werden können / söndern alles / biß auff weitere / vollnkömliche Abhandlung / außgestellet worden: So haben wir gleichwol immittelst bewilliget / daß des Herrn Ertz-Bischoffs Liebd. das Hauß Brehmer-Vöhrde / mit jhrer Besatzung / jedoch ohne einige Gewalt über das / darunter ligende Ampt besetzt behalten mögen / Vnd / wie Wir vermuhten wollen / es werde solchem nach / der Befehlshaber in gemeldtem Brehmer-Vöhrde aller Außfälle vnd Thätlichkeit sich enthalten; Also ist hiemit Vnser gnädigster Wille vnd Befehl / daß auch Jhr / vnd Ewre vnterhabende Völcker / Euch aller Feindseligkeit vnd Anfals gegen gemeldes Hauß enthaltet. Wie wir dann auch den Abgeordneten Peter Brandten wegen Reichung des hiebevor bewilligten / Monatlichen Vnterhalts / für die Besatzung daselbst / behörliche Ordre ertheilet haben. Wir wolten es Euch also / zur Nachricht / in Gnaden nicht verhalten / wormit Wir Euch stets beygethan verbleiben / vnd Göttlicher Bewahrung beharlich empfehlen. Gegeben zu Stockholm / den 3. April / im Jahr 1646.
Christina.

With modernised spelling:

Christina, etc.
Unsern gnädigsten Gruß und wohlgeneigten Willen zuvor.
Wohledler, gestrenger und vester,
Besonders lieber und getreuer,
Es haben bei Uns die allhier anjetzo anwesende ertzbischöfliche bremische Abgesandten sich beklagt, samt solltet Ihr mit einigen Völkern etwas feindliches wider das Haus Bremer-Verde[n] zu versuchen und ins Werk zu setzen Vorhabens sein. Ob nun zwar die veranlasste Abhandlung wegen der Wiedereinräumung für dieses Mal allhie wegen ermanglender, notdürftiger Vollmacht seinen Fortgang nicht erreicht, weniger ein gewisser Schluß darinnen gemacht werden können, söndern alles bis auf weitere vollenkommliche Abhandlung ausgestellt worden, so haben Wir gleichwohl inmittelst bewilligt, dass des Herrn Erzbischofs Liebden das Haus Bremer-Verde[n] mit ihrer Besatzung, jedoch ohne einige Gewalt über das darunterliegende Amt besetzt behalten mögen.

Und, wie Wir vermuten wollen, es werde solchem nach der Befehlshaber in gemähltem Bremer-Verde[n] aller Ausfälle und Tätlichkeit sich enthalten, also ist hiemit Unser gnädigster Wille und Befehl, dass auch Ihr und Eure unterhabende Völker Euch aller Feindseligkeit und Anfalls gegen gemähltes Haus enthaltet. Wie wir dann auch den Abgeordneten Peter Brandten wegen Reichung des hiebevor bewilligten monatlichen Unterhalts für die Besatzung daselbst behörliche Order erteilt haben, Wir wollten es Euch also zur Nachricht in Gnaden nicht verhalten, womit Wir Euch stets beigetan verbleiben und göttlicher Bewahrung beharrlich empfehlen. Gegeben zu Stockholm, den 3. April im Jahr 1646.
Christina.

French translation (my own):

Christine, etc.
Nos salutations très gracieuses et Notre bienveillante inclination.
Noble, sévère et constant seigneur,
Notre particulièrement cher et féal homme,
Les deux envoyés de l'archevêque de Brême présents ici se sont plaints que vous et certaines personnes seriez en train de planifier et d'exécuter quelque chose d'hostile contre la maison de Brême-Verden. Bien que le traité de restitution qui a été conclu ne puisse être finalisé ici à ce moment, faute d'autorité nécessaire, ou même si une certaine conclusion peut en être tirée, mais que toute discussion complète à ce sujet ait été suspendue jusqu'à nouvel ordre, Nous avons néanmoins accordé que la Maison de Brême-Verden et sa garnison puissent rester occupées par Sa Dilection l'archevêque, mais sans aucune disposition du comté sous-jacent.

Et parce que Nous supposons que le commandant de ladite Brême-Verden s'abstiendra de toute expédition et de toute action, Nous vous prions, ainsi qu'à vos subordonnés, de vous abstenir aussi de toute hostilité et de toute attaque contre ladite Maison. Comme Nous avons aussi donné des ordres officiels au commissaire Pierre Brandt concernant la distribution des indemnités mensuelles précédemment approuvées pour les garnisons de cette maison, si, toutefois, le commandant de ladite Brême-Verden commettait une quelconque hostilité par des sorties ou autres attaques hostiles, vous observeriez attentivement cette situation et sauriez la contrer et la repousser avec les bonnes manières. Nous ne souhaitons donc pas vous cacher cette information, etc.

Apostille.
Notre particulièrement cher et féal homme,
Nous vous adressons un double de la lettre que Nous vous avons adressée hier, lorsque l'archevêque de Brême a envoyé son émissaire. Nous vous prions de bien vouloir vous y conformer comme il se doit. Nous joignons cependant un double de la clause stipulant la conduite à tenir si le commandant de Brême-Verden, sans motif valable pour vous ou vos hommes, commettait un acte d'hostilité, avec sorties ou autres excès. Vous saurez comment réagir avec prudence et observer ces règles, etc.
Christine.

Swedish translation (my own):

Kristina osv.
Vår nådigaste hälsan och välbenägna vilja.
Välädle, stränge och ståndaktige herre,
Synnerligen käre och trogne,
Båda ärkebiskopen av Bremens närvarande sändebud har klagat över att Ni och några personer sägs planera och utföra något fientligt mot Huset Bremen-Verden. Även om den återställandetraktat som har arrangerats icke kan slutföras här för närvarande på grund av brist på nödvändigt befogenhet, eller ens om en viss slutsats kan dras av det, men all fullständig diskussion om det har uppskjutits tills vidare, har Vi likväl medgivit att Huset Bremen-Verden och dess garnison får förbli ockuperat av Hans Kärlighet ärkebiskopen, men utan någon förfoganderätt över det underliggande amtet.

Och eftersom Vi förmodar att befälhavaren i nämnda Bremen-Verden kommer att avstå från alla utflykter och aktualiteter, är det därför Vår nådigaste vilja och befallning att Ni och Era underordnade också avstår från all fientlighet och angrepp mot nämnda hus. Eftersom Vi också har givit officiella order till kommissarie Peter Brandt angående fördelningen av de tidigare godkända månatliga traktamentema för garnisonerna där, skulle emellertid befälhavaren i nämnda Bremen-Verden begå någon fientlighet med utfall eller andra fientliga angrepp, skall Ni noggrant iaktta detta och veta att motverka och avvärja det med vederbörlig maner. Vi vill därför inte undanhålla detta för Er osv.

P. S.
Synnerligen käre och trogne,
Vi skickar Er en kopia av det brev Vi skickade till Er igår när ärkebiskopen av Bremen skickade sitt sändebud. Vi ber Er vänligen att följa det på lämpligt sätt. Vi har dock nu bifogat en kopia av klausulen som anger hur Ni skall bete Er i händelse av att befälhavaren för Bremen-Verden, utan någon anledning given Er eller Era män, skulle begå någon handling av aktualitet eller fientlighet med utfall eller andra enorma händelser, och Ni skall veta att ta väl hand om båda med god diskretion och att iaktta dem osv.
Kristina.

English translation (my own):

Kristina, etc.
Our most gracious greeting and well-inclined will.
Noble, stern and steadfast Lord,
Our particularly dear and faithful man,
Both the Archbishop of Bremen's envoys present here have complained that you and some people are said to be planning and carrying out something hostile against the House of Bremen-Verden. Although the restitution treaty that has been arranged cannot be finalised here at this time due to a lack of necessary authority, or even if a certain conclusion can be drawn from it, but all complete discussion of it has been suspended until further, We have nevertheless granted that the House of Bremen-Verden and its garrison may remain occupied by His Lovingness the Archbishop, but without any disposition of the underlying county.

And because We assume that the commandant in the said Bremen-Verden will refrain from all excursions and actualities, it is therefore Our most gracious will and command that you and your subordinate people also refrain from all hostility and attacks against the said House. As We have also given official orders to commissary Peter Brandt regarding the distribution of the previously approved monthly allowances for the garrisons there, should, however, the commandant in the said Bremen-Verden commit any hostility with sorties or other hostile attacks, you will observe this properly and will know to counter and repel it with due manners. We therefore do not want to withhold this information from you, etc.

P. S.
Our particularly dear and faithful man,
We are sending you a duplicate of the letter We sent to you yesterday when the Archbishop of Bremen sent his envoy. We graciously request that you comply with it as appropriate. However, We have now attached a duplicate clause stating how you should behave in the event that the commander of Bremen-Verden should, without any cause given to you or your men, commit any act of actuality or hostility with sorties or other enormities, and you will know to take good care of both with good discretion and to observe them, etc.
Kristina.


Above: Kristina.


Above: Hans Christoff von Königsmarck.

Monday, September 29, 2025

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Hugues de Lionne, dated June 27/July 7 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, pages 500 to 501, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Le 12 mai 1646, Chanut annonce à de Lionne que Cérisantes a enfin eu une audience de la reine Christine, qui ne veut pas entendre parler de son retour à Paris:

«M. de Cerisantes a esté bien receu. Sa Majesté en fait compte et s'en veut servir comme d'un homme qu'elle estime. Pour l'employ de France, elle ne l'y destine pas, et semble luy vouloir faire de grands avantages dans l'armée, l'equipper pour y paroistre et mesmes payer les debtes qu'il a faites en France et à son service. Mais comme il a grande inclination, au moins en apparence, a retourner en France pour le service de cette couronne, et qu'elle ne le veut pas mescontenter, je ne vois pas qu'il y ayt de l'impossibilité à l'obtenir.»

Cependant, la reine notifie enfin à Cérisantes, que Chanut protège, car le poète latin est cher au cardinal de Mazarin, qu'il n'aura pas l'ambassade de France; ce poste honorifique et important était le rêve toujours caressé de notre poète, qui se trouve fort mortifié...

Enfin, les événements dessillent les yeux de Chanut; Cérisantes, voulant contenter les deux partis de la cour de Suède, s'est compromis auprès de tout le monde, et personne ne le soutient plus. Comme il se sent entouré d'hostilité dans cette cour, et qu'au surplus il estime indigne de lui les charges qu'on lui offre en Suède, il brise les vitres avec éclat et demande simplement son congé, non sans quelque arrogance. Aubery du Maurier raconte que la Reine, lui ayant signifié son congé, toujours sous prétexte de la nécessité d'envoyer un Suédois auprès de la Cour de France, Cérisantes «lui répondit assez fièrement qu'il avoit toujours cru que Sa Majesté feroit plus d'état du mérite et de la valleur par elle-même que par le lieu de la naissance». La colère n'aveugle cependant point totalement notre diplomate congédié; se souvenant des dettes qu'il a laissées naguète à Paris, il sollicite quelque pécune pour adoucir la douceur de son départ..."

"On May 12, 1646, Chanut announced to de Lionne that Cérisantes had finally had an audience with Queen Kristina, who did not want to hear about his return to Paris:

'Monsieur de Cérisantes has been received well. Her Majesty takes this into account and wishes to use him as a man she esteems. As for the employ in France, she does not destine him for it and seems to want to give him great advantages in the army, equip him to appear there, and even pay the debts he has incurred in France and in her service. But, as he has a great inclination, at least in appearance, to return to France for the service of this Crown, and she does not want to discontent him, I do not see that there is any impossibility of obtaining it.'

However, the Queen finally notifies Cérisantes, whom Chanut is protecting, because the Latin poet is dear to Cardinal Mazarin, that he will not have the French embassy; this honourary and important post was the ever-cherished dream of our poet, who finds himself very mortified...

Finally, events opened Chanut's eyes; Cérisantes, wanting to satisfy both parties at the court of Sweden, had compromised himself with everyone, and no one supported him any longer. As he felt surrounded by hostility in this court, and moreover he considered the positions offered to him in Sweden to be beneath him, he smashed the windows with a bang and simply asked for his leave, not without a certain arrogance. Aubery du Maurier recounts that when the Queen gave him notice of his leave, still under the pretext of the need to send a Swede to the court of France, Cérisantes 'replied rather proudly that he had always believed that Her Majesty would make more of merit and valour in herself than by place of birth'. Anger, however, did not completely blind our dismissed diplomat; remembering the debts he had left behind in Paris, he asks for some money to soften the sweetness of his departure..."

The letter excerpt:

M. de Cerisantes ne s'est point trouvé en conjoncture favorable pour retourner dans l'employ de France. Ses bonnes qualités qui l'avoient fait rechercher en un autre temps l'ont rendu suspect aux deux partis de cette cour; comme il ne s'estoit attaché particulièrement ny à l'un ny à l'autre, M. le Chancelier a pensé qu'il suivoit le cours de la faveur et se donneroit du costé de la maison de la Garde; M. le comte Magnus, au contraire, l'ayant toujours soupçonné d'avoir plus d'inclination vers le Chancelier, a cru qu'il ne s'en departiroit pas aisément estant dans un employ d'affaires qui luy donneroit tousjours occasion d'avoir une estroite correspondance avec ledict Chancelier; ainsy chacun pour l'oster à l'autre a cherché prétexte de son exclusion dans la bienséance qu'il y auroit de ne se servir pas d'un estranger dans l'employ de leurs plus importantes affaires. La Reine n'a peu s'en desdire, et il n'aura pas esté malaisé de luy persuader qu'un françois servant en France, quelque fidèle qu'il fust, donneroit tousjours beaucoup aux sentimens de la Patrie, a quoy sans doute n'aura pas peu contribué la sincérité avec laquelle il escrivoit et le respect particulier qu'il leur a tousjours tesmoigné de porter à Monseigneur le Cardinal. Les partis qu'on luy a offerts d'un regiment dans l'armée ou d'une pension en cette cour ne l'ont pas contenté. Comme le comte Magnus m'a dict lui-mesme, plusieurs du Senat tesmoignoient desirer qu'il s'establist icy, mais je crois que ny le Chancelier ny le comte n'en eussent esté contens. Il a donc enfin demandé son congé hautement sur quoy on lui a ordonné 3000 livres pour le desdommager de 4000 livres qu'il a dit avoir despenséz au service de la couronne par-dessus ses appointemens, et je crois qu'après cela on luy fera quelque present quand il prendra congé de la Reine; je vois bien qu'il a de puissantes raisons pour quitter le service de la Suède, mais je n'ay encore pu sçavoir s'il retournera droict en France. Je ne vois pas qu'il puisse prendre un meilleur party, et je crois que de plusieurs qui luy passent maintenant dans l'esprit, il se resoudra plustost à celuy là qu'à tout autre par la confiance qu'il a en vostre amitié.

With modernised spelling:

M. de Cérisantes ne s'est point trouvé en conjoncture favorable pour retourner dans l'emploi de France. Ses bonnes qualités qui l'avaient fait rechercher en un autre temps l'ont rendu suspect aux deux partis de cette cour; comme il ne s'était attaché particulièrement ni à l'un ni à l'autre, M. le chancelier a pensé qu'il suivait le cours de la faveur et se donnerait du côté de la Maison de la Garde.

M. le comte Magnus, au contraire, l'ayant toujours soupçonné d'avoir plus d'inclination vers le chancelier, a cru qu'il ne s'en départirait pas aisément, étant dans un emploi d'affaires qui lui donnerait toujours occasion d'avoir une étroite correspondance avec ledit chancelier; ainsi chacun, pour l'ôter à l'autre, a cherché prétexte de son exclusion dans la bienséance qu'il y aurait de ne se servir pas d'un étranger dans l'emploi de leurs plus importantes affaires.

La reine n'a pu s'en dédire, et il n'aura pas été malaisé de lui persuader qu'un Français servant en France, quelque fidèle qu'il fût, donnerait toujours beaucoup aux sentiments de la Patrie, à quoi sans doute n'aura pas pu contribué la sincérité avec laquelle il écrivait et le respect particulier qu'il leur a toujours témoigné de porter à Monseigneur le cardinal.

Les partis qu'on lui a offerts d'un régiment dans l'armée ou d'une pension en cette cour ne l'ont pas contenté. Comme le comte Magnus m'a dit lui-même, plusieurs du Sénat témoignaient désirer qu'il s'établît ici, mais je crois que ni le chancelier ni le comte n'en eussent été contents. Il a donc enfin demandé son congé hautement, sur quoi on lui a ordonné 3 000 livres pour le dédommager de 4 000 livres qu'il a dit avoir dépensés au service de la Couronne par-dessus ses appointements; et je crois qu'après cela on lui fera quelque présent quand il prendra congé de la reine.

Je vois bien qu'il a de puissantes raisons pour quitter le service de la Suède, mais je n'ai encore pu savoir s'il retournera droit en France. Je ne vois pas qu'il puisse prendre un meilleur parti, et je crois que de plusieurs qui lui passent maintenant dans l'esprit, il se résoudra plutôt à celui-là qu'à tout autre par la confiance qu'il a en votre amitié.

Swedish translation (my own):

Monsieur de Cérisantes har inte befunnit sig i en gynnsam situation för att återvända till den franska tjänsten. Hans goda egenskaper, som hade gjort honom eftertraktad vid en annan tidpunkt, gjorde honom misstänksam för båda parter vid detta hov; eftersom han inte hade fäst sig särskilt vid någon av dem, trodde herr kanslern att han följde gunstens väg och skulle ge sig på Huset de la Gardies sida.

Herr greve Magnus, däremot, som alltid misstänkt honom för att ha större böjelse för kanslern, har trott att han inte lätt skulle avvika från den, eftersom han befann sig i en situation som alltid skulle ge honom möjlighet att ha en nära korrespondens med nämnde kansler; därför sökte var och en, för att ta honom bort från den andre, en förevändning för att utesluta honom från den anständighet som det skulle vara att inte använda en utlänning i sina viktigaste angelägenheter.

Drottningen kunde inte backa ur det, och det skulle inte ha varit svårt att övertyga henne om att en fransman som tjänstgjorde i Frankrike, hur trogen han än må vara, alltid skulle ge mycket till Fäderneslandets känslor, till vilka den uppriktighet med vilken han skrev och den särskilda respekt han alltid visade för monseigneur kardinalen utan tvekan inte kunde ha bidragit.

De erbjudandena om ett regemente i armén eller en pension vid detta hov har inte nöjt honom. Som greve Magnus själv har berättat för mig, betygade flera av Rådet att de önskade att han skulle etablera sig här, men jag tror att varken kanslern eller greven skulle ha varit nöjda. Han bad därför slutligen och högljutt om hans avsked, varpå han beordrades att få 3,000 livres som kompensation för de 4,000 livres som han sade sig ha spenderat i Kronans tjänst utöver sin lön; och jag tror att han därefter kommer att få en present när han tar avsked av drottningen.

Jag ser att han har starka skäl för att lämna Sveriges tjänst, men jag har ännu inte kunnat ta reda på om han kommer att återvända direkt till Frankrike. Jag ser inte att han kan välja en bättre väg, och jag tror att av de flera som nu går igenom hans tankar, kommer han att besluta sig för denna snarare än någon annan på grund av det förtroende han har för Er vänskap.

English translation (my own):

Monsieur de Cérisantes has not found himself in a favourable situation to return to the French service. His good qualities, which had made him sought after at another time, made him suspect to both parties at this court; as he had not particularly attached himself to either, the Lord Chancellor thought that he was following the course of favour and would give himself to the side of the House of de la Gardie.

Lord Count Magnus, on the contrary, having always suspected him of having more inclination towards the Chancellor, has believed that he would not easily depart from it, being in a position of affairs which would always give him the opportunity to have a close correspondence with the said Chancellor; thus each, to take him away from the other, sought a pretext for his exclusion in the propriety that there would be in not using a foreigner in the employ of their most important affairs.

The Queen could not back down from it, and it would not have been difficult to persuade her that a Frenchman serving in France, however faithful he might be, would always give a lot to the feelings of the Fatherland, to which the sincerity with which he wrote and the particular respect he always showed for Monseigneur the Cardinal could no doubt not have contributed.

The parties that were offered to him of a regiment in the army or of a pension at this court have not contented him. As Count Magnus himself has told me, several of the Senate testified that they wished him to establish himself here, but I believe that neither the Chancellor nor the Count would have been satisfied. He therefore finally and loudly asked for his leave, whereupon he was ordered to be paid 3,000 livres to compensate him for the 4,000 livres that he said he had spent in the service of the Crown over and above his salary; and I believe that after that he will be given some present when he takes leave of the Queen.

I see that he has powerful reasons for leaving the service of Sweden, but I have not yet been able to find out whether he will return directly to France. I do not see that he can take a better course, and I believe that of the several that now pass through his mind, he will resolve to this one rather than any other because of the confidence he has in your friendship.


Above: Kristina.


Above: Axel Oxenstierna.


Above: Magnus Gabriel de la Gardie.


Above: Hugues de Lionne.

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Hugues de Lionne, dated May 9/19 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 500, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Le 12 mai 1646, Chanut annonce à de Lionne que Cérisantes a enfin eu une audience de la reine Christine, qui ne veut pas entendre parler de son retour à Paris:

«M. de Cerisantes a esté bien receu. Sa Majesté en fait compte et s'en veut servir comme d'un homme qu'elle estime. Pour l'employ de France, elle ne l'y destine pas, et semble luy vouloir faire de grands avantages dans l'armée, l'equipper pour y paroistre et mesmes payer les debtes qu'il a faites en France et à son service. Mais comme il a grande inclination, au moins en apparence, a retourner en France pour le service de cette couronne, et qu'elle ne le veut pas mescontenter, je ne vois pas qu'il y ayt de l'impossibilité à l'obtenir.»

Cependant, la reine notifie enfin à Cérisantes, que Chanut protège, car le poète latin est cher au cardinal de Mazarin, qu'il n'aura pas l'ambassade de France; ce poste honorifique et important était le rêve toujours caressé de notre poète, qui se trouve fort mortifié..."

"On May 12, 1646, Chanut announced to de Lionne that Cérisantes had finally had an audience with Queen Kristina, who did not want to hear about his return to Paris:

'Monsieur de Cérisantes has been received well. Her Majesty takes this into account and wishes to use him as a man she esteems. As for the employ in France, she does not destine him for it and seems to want to give him great advantages in the army, equip him to appear there, and even pay the debts he has incurred in France and in her service. But, as he has a great inclination, at least in appearance, to return to France for the service of this Crown, and she does not want to discontent him, I do not see that there is any impossibility of obtaining it.'

However, the Queen finally notifies Cérisantes, whom Chanut is protecting, because the Latin poet is dear to Cardinal Mazarin, that he will not have the French embassy; this honourary and important post was the ever-cherished dream of our poet, who finds himself very mortified..."

The letter excerpt:

La Reine a fait savoir à M. de Cerisantes qu'il ne retourneroit pas en France et qu'elle veut le retenir auprès d'elle quelque temps, attendant les occasions d'un employ ou elle le destine, cela le tient en de grandes inquiétudes; il desiroit et esperoit à mon advis de se voir ambassadeur en France; tout ce qu'on luy peut donner icy est fort au-dessous de son ambition et de ses pretentions, car il ne connoist que choses grandes et néantmoins faute de meilleures occasions et par l'affection qu'il a au service de Sa Majesté, je crois qu'il souffrira l'aise et le repos en cette cour. Je le voids souvent et luy rends tous les offices que je peux particulièrement par ce que vous me l'avez ordonné.

With modernised spelling:

La reine a fait savoir à M. de Cérisantes qu'il ne retournerait pas en France et qu'elle veut le retenir auprès d'elle quelque temps, attendant les occasions d'un emploi où elle le destine. Cela le tient en de grandes inquiétudes; il désirait et espérait à mon avis de se voir ambassadeur en France. Tout ce qu'on lui peut donner ici est fort au-dessous de son ambition et de ses prétentions, car il ne connaît que choses grandes; et néanmoins, faute de meilleures occasions et par l'affection qu'il a au service de Sa Majesté, je crois qu'il souffrira l'aise et le repos en cette cour. Je le vois souvent et lui rends tous les offices que je peux, particulièrement parce que vous me l'avez ordonné.

Swedish translation (my own):

Drottningen har meddelat monsieur de Cérisantes att han inte skall återvända till Frankrike och att hon vill att han stannar kvar hos henne ett tag i väntan på möjligheter till en anställning som hon bestämmer för honom. Detta orsakar honom stor oro; han önskade och hoppades, enligt min mening, att få se sig själv som ambassadör i Frankrike. Allt som kan ges honom här är långt under hans ambition och hans anspråk, ty han vet bara stora saker; och ändå, i brist på bättre möjligheter och med tanke på den tillgivenhet han har för Hennes Majestäts tjänst, tror jag att han kommer att finna ro och välbefinnande vid detta hov. Jag ser honom ofta och gör honom alla de tjänster jag kan, särskilt eftersom Ni har ju beordrat mig att göra det.

English translation (my own):

The Queen has informed Monsieur de Cérisantes that he will not be returning to France and that she wants to keep him with her for some time, awaiting opportunities for an employ she destines him for. This is causing him great anxiety; he desired and hoped, in my opinion, to see himself as ambassador to France. All that can be given to him here is far below his ambition and his pretensions, for he only knows great things; and nevertheless, for lack of better opportunities and by the affection he has for the service of Her Majesty, I believe that he will suffer ease and repose at this court. I see him often and render him all the services that I can, particularly because you have ordered me to do so.


Above: Kristina.


Above: Hugues de Lionne.

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Hugues de Lionne, dated May 2/12 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 499, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Le 12 mai 1646, Chanut annonce à de Lionne que Cérisantes a enfin eu une audience de la reine Christine, qui ne veut pas entendre parler de son retour à Paris..."

"On May 12, 1646, Chanut announced to de Lionne that Cérisantes had finally had an audience with Queen Kristina, who did not want to hear about his return to Paris..."

The letter excerpt:

M. de Cerisantes a esté bien receu. Sa Majesté en fait compte et s'en veut servir comme d'un homme qu'elle estime. Pour l'employ de France, elle ne l'y destine pas, et semble luy vouloir faire de grands avantages dans l'armée, l'equipper pour y paroistre et mesmes payer les debtes qu'il a faites en France et à son service. Mais comme il a grande inclination, au moins en apparence, a retourner en France pour le service de cette couronne, et qu'elle ne le veut pas mescontenter, je ne vois pas qu'il y ayt de l'impossibilité à l'obtenir.

With modernised spelling:

M. de Cérisantes a été bien reçu. Sa Majesté en fait compte et s'en veut servir comme d'un homme qu'elle estime. Pour l'emploi de France, elle ne l'y destine pas et semble lui vouloir faire de grands avantages dans l'armée, l'équipper pour y paraître et même payer les dettes qu'il a faites en France et à son service. Mais, comme il a grande inclination, au moins en apparence, à retourner en France pour le service de cette Couronne, et qu'elle ne le veut pas mécontenter, je ne vois pas qu'il y ait de l'impossibilité à l'obtenir.

Swedish translation (my own):

Monsieur de Cérisantes har mottagits väl. Hennes Majestät tar detta i beaktande och vill använda honom som en man hon uppskattar. Vad gäller anställningen i Frankrike, så är det inte ämnat för honom utan verkar vilja ge honom stora fördelar i armén, utrusta honom för att uppträda där, och till och med betala de skulder han ådragit sig i Frankrike och i hennes tjänst. Men eftersom han har en stor benägenhet, åtminstone till synes, att återvända till Frankrike för att tjäna denna Krona, och hon inte vill missnöja honom, ser jag inte att det finns någon omöjlighet att erhålla den.

English translation (my own):

Monsieur de Cérisantes has been received well. Her Majesty takes this into account and wishes to use him as a man she esteems. As for the employ in France, she does not destine him for it and seems to want to give him great advantages in the army, equip him to appear there, and even pay the debts he has incurred in France and in her service. But, as he has a great inclination, at least in appearance, to return to France for the service of this Crown, and she does not want to discontent him, I do not see that there is any impossibility of obtaining it.


Above: Kristina.


Above: Hugues de Lionne.

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Hugues de Lionne, dated April 18/28 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 499, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Bien que Cérisantes soit chargé d'annoncer à la Reine l'envoi d'un présent de Mazarin, Chanut n'espère guère de réussite pour lui."

"Although Cérisantes is charged with announcing to the Queen the sending of a present from Mazarin, Chanut has little hope of success for him."

The letter excerpt:

M. de Cerisantes m'a dit que Son Eminence envoyoit un present à la Reyne dans une cassette dont il ne s'estoit pas voulu charger et qu'il avoit ordre de le luy dire; j'ay tasché à le divertir de donner cet advis, luy faisant connoistre que le plus grand aggreement de ces choses consistoit en la surprise, mais il persiste comme ayant ordre. Je souhaite qu'il ayt contentement en ses desseins et le serviray franchement selon l'ordre et la forme que vous m'en avés donné. J'apprens qu'on destine à la Résidence de France celuy qui est maintenant en Portugal pour cette couronne et néantmoins je ne pers pas l'opinion que M. de Cerisantes ne face changer cette proposition, non que j'y voye aucune favorable ouverture pour luy, mais pour ce qu'un esprit comme le sien fait de grands efforts quand il est pressé de la necessité...

With modernised spelling:

M. de Cérisantes m'a dit que Son Éminence envoyait un present à la reine dans une cassette dont il ne s'était pas voulu charger et qu'il avait ordre de le lui dire; j'ai tâché à le divertir de donner cet avis, lui faisant connaître que le plus grand agrément de ces choses consistait en la surprise, mais il persiste comme ayant ordre. Je souhaite qu'il ait contentement en ses desseins et le servirai franchement selon l'ordre et la forme que vous m'en avez donné.

J'apprends qu'on destine à la résidence de France celui qui est maintenant en Portugal pour cette Couronne, et néanmoins je ne perds pas l'opinion que M. de Cérisantes ne fasse changer cette proposition. Non que j'y voie aucune favorable ouverture pour lui, mais pour ce qu'un esprit comme le sien fait de grands efforts quand il est pressé de la nécessité...

Swedish translation (my own):

Monsieur de Cérisantes berättat för mig att Hans Eminens skickade en present till drottningen i en liten kista som han inte hade velat ta hand om och att han hade befallning att berätta för henne om. Jag har försökt avleda honom från att ge detta meddelande och låtit honom veta att den största glädjen med dessa saker bestod i överraskningen, men han envisas som om han hade befallning. Jag hoppas att han kan vara nöjd med sina avsikter, och jag skall betjäna honom öppet i enlighet med den befallning och den form som Ni har givit mig.

Jag förnimmer att den som nu befinner sig i Portugal är ämnad till residensen i Frankrike för denna Krona, och jag förlorar likväl inte uppfattningen att monsieur de Cérisantes inte kommer att ändra detta förslag. Inte för att jag ser någon gynnsam möjlighet för honom, utan för att ett sinne som hans gör stora ansträngningar när det pressas av nödvändighet...

English translation (my own):

Monsieur de Cérisantes has told me that His Eminence was sending a present to the Queen in a little chest which he had not wanted to take charge of and that he had orders to tell her about; I have tried to divert him from giving this notice, letting him know that the greatest pleasure in these things consisted in the surprise, but he persists as if he had orders. I hope that he may have contentment in his designs, and I will serve him frankly in accordance with the order and the form that you have given me.

I learn that the one who is now in Portugal is destined for the residence of France for this Crown, and I nevertheless do not lose the opinion that Monsieur de Cérisantes will not change this proposition. Not that I see any favourable overture for him, but because a mind like his makes great efforts when pressed by necessity...


Above: Kristina.


Above: Hugues de Lionne.