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Friday, September 19, 2025

Supplement: Conversation from Pierre Bourdelot's Academy, on blood transfusion, year 1672

Source:

Conversations de l'Académie de Monsieur l'abbé Bourdelot, volume 1, pages 83 to 90 (Book 2), by Pierre Bourdelot, compiled by Monsieur le Gallois, 1672; original at the National Library of France (Bibliothèque nationale de France); scan without obscured text at the National Central Library of Rome (Biblioteca Nazionale Centrale di Roma)



The conversation:

De la transfusion du sang.
QVOY qu'il en soit, Periandre, voyant la Compagnie dans l'attente de ce qu'il alloit dire, pour passer si peu qu'il restoit de temps à conuerser, demanda ce qu'on disoit par la Ville de la transfusion du sang, & si elle auroit du succez. Chacun rapporta ce qu'il en sçauoit, les vns pour, les autres contre. Philidas dit que la raison d'accord auec toutes les experiẽces qu'on auoit faites de ce remede, & qui auoient trés-mal reussi, persuadoit assez que la transfusion estoit trés-dangereuse. «C'est vn peu trop dire», répondit Ergaste, «& pour vne ou deux mauuaises épreuues, dont la faute apparemment est prouenüe de la trop grande indisposition des malades, qui n'en pouuoient rechapper, quoy qu'on eût pû faire; il ne faut pas blasmer vn remede qui peut reussir en cent occasions, pourueu qu'on s'en serue à propos, & qu'on l'applique sur des sujets, qui soient capables d'en receuoir le benefice.» «Croyez-vous», luy dit Eusebe, «qu'vn sang étranger, dont les parties sont d'vne nature differente de celles du nostre, puisse rétablir les forces d'vn vieillard, & redonner la santé à vn malade.» «Ie ne crois pas absolument», repartit Ergaste, «parce que pour reparer les forces d'vn vieillard, il luy faudroit redonner de nouueaux vaisseaux, & de nouuelles entrailles, aussi bien que de bon sang; & c'est ce que la transfusion ne peut faire; je l'auouë: mais elle luy peut toujours donner plus de vigueur qu'il n'a, par le moyen d'vn sang plus chaud & plus spiritueux que le sien. I'auoüe pareillement que la transfusion ne guerit pas toutes sortes de maladies; elle ne sçauroit sans doute guerir celles, qui prouiennent du propre vice des visceres; il n'y a point de remede qui en puisse venir à bout: mais quand la cause du mal est dans les humeurs; quand il prouient d'vn sang tout corrompu, qui cause tant de maux differens, selon les parties qu'il affecte, & le degré de corruption, & la quantité où il est; je soûtiens qu'en tirant ce mauuais sang pour en remettre de bon en sa place, on peut sauuer vn malade; & de fait qui pourroit l'empescher, puis que la cause du mal estant ostés, l'effet en doit necessairement cesser.» «Ce que vous dites à quelque apparence», repliqua Polidor, «mais si le malade, aprés auoir donné tout son sang, n'a plus assez de vigueur pour digerer le sang étranger qu'on luy redonne au lieu du sien, croyez-vous, Monsieur, que ce soit bien fait d'exposer vne personne à vn peril si grand & si manifeste; car je ne doute pas que vous ne sçachiez bien qu'vn sang étranger, tout sang qu'il est, a besoin de secours en nous pour estre digeré, c'est à dire pour estre changé en nostre sang, ayant, comme il a, tant de parties qui ne nous conuiennent pas.» «Ie l'auoüe», répondit Ergaste; «mais c'est en quoy il faut que la prudence d'vn Medecin agisse, non seulement pour se seruir de ce remede, quãd il en est besoin; mais aussi pour y ménager les forces de son malade, & pour les proportionner au remede: je veux dire qu'il doit bien prendre garde que le malade ait toujours assez de vigueur pour s'approprier le sang qu'on luy redonne; autrement il feroit vn mauuais vsage d'vne chose qui est bonne d'elle-mesme: mais pourquoy se plaindre de la transfusion pour cela, puis qu'il en est de mesme des autres remedes, où l'on ne court pas moins de risque, s'ils ne sont donnez auec nombre, poids, & mesure. Ie puis dire mesme qu'on y fait peut-estre de fautes que dans la transfusion: mais ce n'est pas icy le lieu de le prouuer. Il suffit de dire qu'on ne blâme la transfusion que parce qu'elle est nouuelle, & qu'on ne l'a pas assez bien examinée.» «Ie ne doute point», poursuiuit Oronte, «que quand on l'aura pratiquée en plusieurs sujets, on n'y puisse fonder des maximes plus asseurées. Veritablement il y auroit danger d'oster tout d'vn coup le sang d'vn homme, pour luy faire vne generale transfusion d'vn sang nouueau; on ne s'exposera pas aussi volontiers à cette operation: mais on la prattiquera peu à peu & par interualles; & comme vne mesme pluie nourrit tant de plantes differentes, & vn mesme sang tant de parties diuerses dans le corps; il ne faut pas aprehender que le sang d'vn animal ne contienne des parties propres à nourrir l'homme. Nous voions bien que nostre sang reçoit tous les jours de notables changemens; & que neantmoins il ne laisse pas de nous nourrir; il est vray que c'est auec quelque difference; mais elle est si peu considerable, qu'à peine l'on s'en apperçoit: or comme la fin de la transfusion doit estre de reparer les forces en redonnant vn sang meilleur que celuy qu'on oste; il en faut attendre de bons effets, quand elle sera faite à propos & selon les regles. Ie sçais des chiens à qui l'on a fait des transfusions trés-considerables du sang de veau, & qui cependant s'en portent à merueilles, & n'en sont que plus affamez & plus guais. Il n'y a point de nouueauté qui n'ait ses partisans & ses contretenans: mais il ne faut pas que ce soit la passion, qui nous oblige à prendre vn parti plutost que l'autre. La circulation du sang n'est pas reçeüe de tout le monde, quoy qu'elle soit si clairement demontrée. Les vaisseaux de Monsieur Pequet ont esté publiquement combatus. La transfusion sera attaquée de mesme: mais elle aura aussi ses partisans, du nombre desquels je suis; car enfin je ne puis croire que le sang des animaux ne puisse fournir à l'homme des parties proportionnées à sa constitution; de mesme qu'il en tire du laict & de la chair, qui estant bien plus éloignées du sang humain, ont aussi besoin de plus de preparation.» «Ce que vous dites peut estre & n'estre pas», repartit Periandre, «si l'on doit blâmer ceux, qui rejettent tout sans rien examiner; ceux qui au contraire approuuent tout sans consideration, ne sont pas moins blâmables: Il faut donc suiure icy vn milieu, où pour parler plus clairement, il faut bien considerer la chose, auant que de l'admettre de la rejetter; & c'est, ce me semble, ce qu'on a assez bien fait à l'égard de la transfusion, qui est plus ancienne que vous ne pensez; car bien auparauant que les Anglois en eussent fait l'experience; j'en auois amplement traité dans l'Academie de l'Illustre Dorante; & mesme je m'en estois heureusement serui en quelque occasion; mais à la verité d'vne autre maniere qu'on ne s'en sert maintenant. Vous voyez donc bien que nous auons eu tout le loisir d'examiner ce que c'est; de sorte que ce n'est pas sans raison que nous ne nous en seruons point, de la maniere dont quelques-vns la portent.» «Vous me ferez plaisir, Monsieur», interrompit Ergaste, «de me dire les raisons qui vous ont obligé de la rejetter.» «Ie n'en ay qu'vne, Monsieur», répondit Periandre; «mais elle en vaut mille; & seule elle suffit pour empescher qu'on ne s'en serue communément. C'est que pour vn bien qu'elle peut causer, elle peut faire cent maux, par l'imprudence de ceux qui ne s'en seruiroient pas bien; ce qui ne seroit que trop ordinaire, à cause des grandes difficultez qu'il y a à s'en bien seruir.» Ergaste n'en fust pas demeuré là, si la Compagnie satisfaite de cette raison, n'eust mis fin à la Conuersation, en se leuant & prenant congé de Peperiandre [sic].
FIN.

With modernised spelling:

De la transfusion du sang.
Quoi qu'il en soit, Périandre, voyant la compagnie dans l'attente de ce qu'il allait dire, pour passer si peu qu'il restait de temps à converser, demanda ce qu'on disait par la ville de la transfusion du sang, et si elle aurait du succès. Chacun rapporta ce qu'il en savait, les uns pour, les autres contre. Philidas dit que la raison d'accord avec toutes les expériences qu'on avait faites de ce remède et qui avaient très mal réussi, persuadait assez que la transfusion était très dangereuse.

«C'est un peu trop dire», répondit Ergaste; «et pour une ou deux mauvaises épreuves, dont la faute apparemment est provenue de la trop grande indisposition des malades, qui n'en pouvaient réchapper, quoiqu'on eût pu faire. Il ne faut pas blâmer un remède qui peut réussir en cent occasions, pourvu qu'on s'en serve à propos, et qu'on l'applique sur des sujets qui soient capables d'en recevoir le bénéfice.»

«Croyez-vous», lui dit Eusèbe, «qu'un sang étranger, dont les parties sont d'une nature différente de celles du nôtre, puisse rétablir les forces d'un vieillard et redonner la santé à un malade?»

«Je ne crois pas absolument», repartit Ergaste, «parce que, pour réparer les forces d'un vieillard, il lui faudrait redonner de nouveaux vaisseaux et de nouvelles entrailles, aussi bien que de bon sang; et c'est ce que la transfusion ne peut faire. Je l'avoue, mais elle lui peut toujours donner plus de vigueur qu'il n'a, par le moyen d'un sang plus chaud et plus spiritueux que le sien.

J'avoue pareillement que la transfusion ne guérit pas toutes sortes de maladies; elle ne saurait sans doute guérir celles qui proviennent du propre vice des viscères. Il n'y a point de remède qui en puisse venir à bout, mais quand la cause du mal est dans les humeurs; quand il provient d'un sang tout corrompu, qui cause tant de maux différents, selon les parties qu'il affecte, et le degré de corruption et la quantité où il est. Je soutiens qu'en tirant ce mauvais sang pour en remettre de bon en sa place, on peut sauver un malade; et, de fait, qui pourrait l'empêcher, puisque, la cause du mal étant ôtés, l'effet en doit nécessairement cesser?»

«Ce que vous dites a quelque apparence», répliqua Polidor; «mais si le malade, après avoir donné tout son sang, n'a plus assez de vigueur pour digérer le sang étranger qu'on lui redonne au lieu du sien, croyez-vous, Monsieur, que ce soit bien fait d'exposer une personne à un péril si grand et si manifeste? Car je ne doute pas que vous ne sachiez bien qu'un sang étranger, tout sang qu'il est, a besoin de secours en nous pour être digéré; c'est-à-dire, pour être changé en notre sang, ayant, comme il a, tant de parties qui ne nous conviennent pas.»

«Je l'avoue», répondit Ergaste; «mais c'est en quoi il faut que la prudence d'un médecin agisse, non seulement pour se servir de ce remède quand il en est besoin, mais aussi pour y ménager les forces de son malade et pour les proportionner au remède. Je veux dire qu'il doit bien prendre garde que le malade ait toujours assez de vigueur pour s'approprier le sang qu'on lui redonne.

Autrement, il ferait un mauvais usage d'une chose qui est bonne d'elle-même; mais pourquoi se plaindre de la transfusion pour cela? Puisqu'il en est de même des autres remèdes, où l'on ne court pas moins de risque, s'ils ne sont donnez avec nombre, poids et mesure. Je puis dire même qu'on y fait peut-être de fautes que dans la transfusion, mais ce n'est pas ici le lieu de le prouver. Il suffit de dire qu'on ne blâme la transfusion que parce qu'elle est nouvelle et qu'on ne l'a pas assez bien examinée.»

«Je ne doute point», poursuivit Oronte, «que quand on l'aura pratiquée en plusieurs sujets, on n'y puisse fonder des maximes plus assurées. Véritablement, il y aurait danger d'ôter tout d'un coup le sang d'un homme pour lui faire une générale transfusion d'un sang nouveau. On ne s'exposera pas aussi volontiers à cette operation, mais on la pratiquera peu à peu et par intervalles; et comme une même pluie nourrit tant de plantes différentes, et un même sang tant de parties diverses dans le corps, il ne faut pas appréhender que le sang d'un animal ne contienne des parties propres à nourrir l'homme.

Nous voyons bien que notre sang reçoit tous les jours de notables changements, et que néanmoins il ne laisse pas de nous nourrir. Il est vrai que c'est avec quelque différence, mais elle est si peu considerable qu'à peine l'on s'en aperçoit. Or, comme la fin de la transfusion doit être de réparer les forces en redonnant un sang meilleur que celui qu'on ôte, il en faut attendre de bons effets, quand elle sera faite à propos et selon les règles.

Je sais des chiens à qui l'on a fait des transfusions très considérables du sang de veau, et qui cependant s'en portent à merveilles et n'en sont que plus affamés et plus gais. Il n'y a point de nouveauté qui n'ait ses partisans et ses contretenants, mais il ne faut pas que ce soit la passion qui nous oblige à prendre un parti plutôt que l'autre. La circulation du sang n'est pas reçue de tout le monde, quoiqu'elle soit si clairement demontrée.

Les vaisseaux de Monsieur Pecquet ont été publiquement combattus. La transfusion sera attaquée de même, mais elle aura aussi ses partisans, du nombre desquels je suis; car enfin je ne puis croire que le sang des animaux ne puisse fournir à l'homme des parties proportionnées à sa constitution; de même qu'il en tire du lait et de la chair, qui, étant bien plus éloignées du sang humain, ont aussi besoin de plus de préparation.»

«Ce que vous dites peut être et n'être pas», repartit Périandre, «si l'on doit blâmer ceux qui rejettent tout sans rien examiner. Ceux qui, au contraire, approuvent tout sans considération ne sont pas moins blâmables.

Il faut donc suivre ici un milieu, où, pour parler plus clairement, il faut bien considérer la chose avant que de l'admettre de la rejeter; et c'est, ce me semble, ce qu'on a assez bien fait à l'égard de la transfusion, qui est plus ancienne que vous ne pensez. Car, bien auparavant que les Anglais en eussent fait l'expérience, j'en avais amplement traité dans l'Académie de l'illustre Dorante; et même je m'en étais heureusement servi en quelque occasion, mais, à la vérité, d'une autre manière qu'on ne s'en sert maintenant.

Vous voyez donc bien que nous avons eu tout le loisir d'examiner ce que c'est, de sorte que ce n'est pas sans raison que nous ne nous en servons point de la manière dont quelques-uns la portent.»

«Vous me ferez plaisir, Monsieur», interrompit Ergaste, «de me dire les raisons qui vous ont obligé de la rejeter.»

«Je n'en ai qu'une, Monsieur», répondit Périandre, «mais elle en vaut mille; et seule elle suffit pour empêcher qu'on ne s'en serve communément. C'est que pour un bien qu'elle peut causer, elle peut faire cent maux, par l'imprudence de ceux qui ne s'en serviraient pas bien, ce qui ne serait que trop ordinaire, à cause des grandes difficultés qu'il y a à s'en bien servir.»

Ergaste n'en fut pas demeuré là si la compagnie, satisfaite de cette raison, n'eut mis fin à la conversation en se levant et prenant congé de Périandre.
Fin.

Swedish translation (my own):

Om blodtransfusion.
I vilket fall som helst, Periandros, som såg att sällskapet väntade på att höra vad han skulle säga, och ville tillbringa den lilla återstående tiden i samtal, frågade vad som sades runt om i staden om blodtransfusion och om den skulle lyckas. Var och en rapporterade vad de visste om den, vissa för den, andra emot den. Filidas sade att anledningen, i enlighet med alla experiment som hade utförts med detta botemedel och som hade varit mycket misslyckade, helt övertygade en om att transfusion var mycket farlig.

»Det är att säga lite för mycket«, svarade Ergaste; »och för ett eller två misslyckade försök, vars misslyckande tydligen berodde på patienternas extrema svaghet, som inte kunde ha återhämtat sig oavsett vad som hade gjorts. Man får inte fördöma ett botemedel som kan vara framgångsrikt i hundra fall, förutsatt att det används på rätt sätt och tillämpas på patienter som kan dra nytta av det.«

»Tror Ni«, sade Eusebios till honom, »att främmande blod, vars beståndsdelar är av en annan natur än våra egna, kan återställa en gammal mans styrka och återställa hälsan hos en sjuk man?«

»Det tror jag inte alls«, svarade Ergaste, »för att återställa en gammal mans styrka skulle det vara nödvändigt att ge honom nya blodkärl och nya inälvor, såväl som gott blod; och det är något som transfusion inte kan göra. Jag medger det, men det kan fortfarande ge honom mer kraft än han har, med hjälp av blod som är varmare och mer sprithaltigt än hans eget.

Jag medger likaså att blodtransfusion inte botar alla slags sjukdomar; den kan utan tvekan inte bota de som härrör från inneboende defekter i inälvorna. Det finns inget botemedel som kan övervinna detta, men när orsaken till sjukdomen ligger i kroppsvätskorna; när den härrör från fullständigt förorenat blod, vilket orsakar så många olika sjukdomar, beroende på de delar det drabbar, och graden av förorenandet och den mängd som finns, hävdar jag att genom att ta detta dåliga blod och ersätta det med gott blod kan man rädda en patient; och vem skulle kunna förhindra detta, eftersom orsaken till sjukdomen avlägsnas, och effekten nödvändigtvis måste upphöra?«

»Det Ni säger har visst värde«, svarade Polydoros; »men om patienten, efter att ha förlorat allt sitt eget blod, inte längre har tillräckligt med styrka för att smälta det främmande blod som ges till honom i stället för sitt eget, tror Ni då, herre, att det är klokt att utsätta en person för en så stor och uppenbar fara? För jag tvivlar inte på att Ni är väl medveten om att främmande blod, även om det fortfarande är blod, behöver hjälp i våra kroppar för att smältas; det vill säga, för att omvandlas till vårt eget blod, eftersom det innehåller så många komponenter som inte är förenliga med oss.«

»Jag medger det«, svarade Ergaste; »men det är just här en läkares försiktighet måste komma in i bilden, inte bara när det gäller att använda detta botemedel när det behövs, utan också när det gäller att bevara patientens styrka och anpassa den till botemedlet. Jag menar att han måste vara mycket noga med att se till att patienten alltid har tillräckligt med vitalitet för att absorbera det blod som ges till honom.

Annars skulle han missbruka något som är god i sig; men varför klaga på blodtransfusion av den anledningen? Detsamma gäller andra botemedel, där riskerna inte är mindre betydande om de inte administreras med rätt antal, vikt och precision. Jag skulle till och med kunna säga att kanske fler misstag görs med andra botemedel än med blodtransfusioner, men det är inte rätt plats att bevisa det här. Det räcker med att säga att blodtransfusion bara klandras för att den är ny och inte har undersökts tillräckligt.«

»Jag tvivlar inte«, fortsatte Oronte, »att när denna procedur väl har utförts på flera försökspersoner kommer vi att kunna fastställa mer tillförlitliga principer. Det skulle faktiskt finnas en fara i att plötsligt ta bort allt en mans blod för att utföra en allmän transfusion med nytt blod. Man skulle inte lätt utsätta sig för en sådan operation, men den skulle kunna utföras lite i taget och med jämna mellanrum; och precis som samma regn ger näring åt så många olika växter, och samma blod ger näring åt så många olika delar av kroppen, finns det ingen anledning att frukta att ett djurs blod inte skulle innehålla ämnen som är lämpliga för att ge näring åt en människa.

Vi ser tydligt att vårt blod genomgår märkbara förändringar varje dag, och ändå fortsätter det att ge oss näring. Det är sant att det finns en viss skillnad, men den är så liten att den knappt är märkbar. Eftersom syftet med en blodtransfusion är att återställa styrkan genom att tillhandahålla blod som är bättre än det blod som tas ut, kan vi förvänta oss positiva resultat när det utförs på rätt sätt och i enlighet med reglerna.

Jag känner till hundar som har fått mycket stora transfusioner av kalvblod, och ändå mår de utmärkt och är ännu mer hungriga och glada än tidigare. Det finns ingen nyhet som inte har sina anhängare och sina kritiker, men vi får inte låta passionen tvinga oss att ta den ena sidan snarare än den andra. Blodcirkulationen accepteras inte av alla, trots att den har visats så tydligt.

Monsieur Pecquets teorier om kärl har ifrågasatts offentligt. Blodtransfusioner kommer också att attackeras, men de kommer också att ha sina anhängare, bland vilka jag själv räknar; för jag kan inte tro att djurens blod inte kan förse människan med komponenter som passar hennes konstitution, precis som hon får mjölk och kött från dem, vilka, eftersom de är ju mycket längre bort från mänskligt blod, också kräver mer förberedelse.«

»Det Ni säger kan vara sant eller inte«, svarade Periander, »om vi skall klandra dem som förkastar allt utan att undersöka någonting. De som å andra sidan godkänner allt utan övervägande är inte mindre klandervärda.

Det är därför nödvändigt att följa en medelväg här, eller, för att uttrycka det tydligare, man måste överväga saken väl innan man antingen accepterar eller avvisar den; och detta, tycker jag, är vad som har gjorts ganska bra när det gäller blodtransfusion, som är äldre än Ni kan tro. För långt innan engelsmännen hade experimenterat med den, hade jag diskuterat den utförligt i den berömde Dorantes akademi; och jag hade till och med framgångsrikt använt den vid några tillfällen, men i sanning på ett annat sätt än den används nu.

Ni kan därför se att vi har haft gott om tid att undersöka vad den är, så det är inte utan anledning att vi inte använder den på det sätt som vissa människor gör.«

»Ni skall göra mig nöje, herre«, avbröt Ergaste, »genom att berätta mig skälen till att Ni har tvingat Er att avvisa den.«

»Jag har bara en, herre«, svarade Periander, »men den är värd tusen; och bara den är tillräckligt för att förhindra att den används i allmänhet. För allt gott den kan medföra, kan den orsaka hundra onda saker genom oförsiktighet hos dem som inte använder den på rätt sätt, vilket skulle vara alltför vanligt med tanke på de stora svårigheter som det innebär att använda den väl.«

Ergaste skulle inte ha stannat där om inte sällskapet, nöjda med denna anledning, hade avslutat samtalet genom att resa sig upp och ta avsked med Periander.
Slut.

English translation (my own):

On blood transfusion.
In any case, Periander, seeing the company waiting to hear what he would say, and wanting to spend the little time remaining in conversation, asked what was being said around the city about blood transfusion and whether it would be successful. Each reported what they knew about it, some for it, others against it. Philidas said that reason, in agreement with all the experiments that had been conducted with this remedy and which had been very unsuccessful, quite persuaded one that transfusion was very dangerous.

"That's saying a bit too much", replied Ergaste; "and for one or two unsuccessful attempts, the failure of which apparently stemmed from the extreme weakness of the patients, who could not have recovered no matter what had been done. One must not condemn a remedy that can be successful in a hundred cases, provided it is used appropriately and applied to patients who are capable of benefiting from it."

"Do you believe", Eusebius said to him, "that foreign blood, whose components are of a different nature than those of our own, can restore the strength of an old man and restore health to a sick man?"

"I don't believe that at all", replied Ergaste, "because, in order to restore an old man's strength, it would be necessary to give him new blood vessels and new entrails, as well as good blood; and that is something that transfusion cannot do. I admit it, but it can still give him more vigour than he has, by means of blood that is warmer and more spiritous than his own.

I likewise admit that blood transfusion does not cure all kinds of illnesses; it doubtlessly cannot cure those that stem from inherent defects of the viscera. There is no remedy that can overcome this, but when the cause of the illness lies in the humours; when it originates from completely corrupted blood, which causes so many different ailments, depending on the parts it affects, and the degree of the corruption and the quantity present, I maintain that by drawing this bad blood and replacing it with good blood, one can save a patient; and indeed, who could prevent this, since, the cause of the illness being removed, the effect must necessarily cease?"

"What you say has some merit", replied Polydorus; "but if the patient, after having lost all his own blood, no longer has enough strength to digest the foreign blood that is given to him in place of his own, do you believe, sir, that it is wise to expose a person to such a great and manifest danger? For I have no doubt that you are well aware that foreign blood, even though it is still blood, needs assistance within our bodies to be digested; that is to say, to be transformed into our own blood, since it contains so many components that do not agree with us."

"I admit it", replied Ergaste; "but this is precisely where a doctor's prudence must come into play, not only in using this remedy when needed, but also in preserving the patient's strength and adapting it to the remedy. I mean that he must be very careful to ensure that the patient always has enough vitality to assimilate the blood that is being given to him.

Otherwise, he would be misusing something that is good in itself; but why complain about blood transfusion for that reason? The same applies to other remedies, where the risks are no less significant if they are not administered with proper number, weight and precision. I could even say that perhaps more mistakes are made with other remedies than with blood transfusions, but this is not the place to prove that. Suffice it to say that blood transfusion is only blamed because it is new and has not been sufficiently examined."

"I do not doubt", Oronte continued, "that once this procedure has been performed on several subjects, we will be able to establish more reliable principles. Indeed, there would be a danger in suddenly removing all of a man's blood to perform a general transfusion with new blood. One would not readily expose oneself to such an operation, but it could be performed little by little and at intervals; and just as the same rain nourishes so many different plants, and the same blood nourishes so many different parts of the body, there is no reason to fear that the blood of an animal would not contain elements suitable for nourishing a man.

We clearly see that our blood undergoes notable changes every day, and yet it continues to nourish us. It is true that there is some difference, but it is so slight that it is barely noticeable. Now, since the purpose of a blood transfusion is to restore strength by providing blood that is better than the blood being removed, we can expect positive results when it is performed appropriately and in accordance with the rules.

I know of dogs that have received very large transfusions of calf's blood, and yet they are faring wonderfully and are even more hungry and cheerful than before. There is no novelty that does not have its supporters and its detractors, but we must not let passion force us to take one side rather than the other. The circulation of the blood is not accepted by everyone, even though it has been so clearly demonstrated.

Monsieur Pecquet's theories on vessels have been publicly challenged. Blood transfusion will likewise be attacked, but it will also have its supporters, among whom I count myself; for I cannot believe that the blood of animals cannot provide man with components suited to his constitution, just as he obtains milk and meat from them, which, being much further removed from human blood, also require more preparation."

"What you say may or may not be true", replied Periander, "if we are to blame those who reject everything without examining anything. Those who, on the other hand, approve everything without consideration are no less blameworthy.

It is therefore necessary to follow a middle ground here, or, to put it more clearly, one must consider the matter well before either accepting or rejecting it; and this, it seems to me, is what has been done quite well with regard to blood transfusion, which is older than you might think. For, long before the English had experimented with it, I had discussed it extensively in the Academy of the illustrious Dorante; and I had even successfully used it on a few occasions, but, in truth, in a different way than it is used now.

You can see, therefore, that we have had ample leisure to examine what it is, so it is not without reason that we do not use it in the way that some people do."

"You will do me pleasure, sir", interrupted Ergaste, "by telling me the reasons that have obliged you to reject it."

"I only have one, sir", replied Periander, "but it is worth a thousand; and it alone is enough to prevent its common use. For every good it might bring, it could cause a hundred evils through the imprudence of those who would not use it properly, which would be all too common, given the great difficulties involved in using it well."

Ergaste would not have stopped there if the company, satisfied with this reason, had not ended the conversation by getting up and taking their leave of Periander.
The end.


Above: Pierre Bourdelot.

Sunday, April 20, 2025

Kristina's instructions for the Marquis Orazio de Bourbon del Monte, with a postscript in her own handwriting, year 1672

Sources:

Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Manuscrits de la reine Christine; Negoziati della regina per salire al trono di Polonia; Lettere e instruzzioni per el marchese del Monte; Lettre 136  Christine de Suède au marquis del Monte, [s. l.], [s. d.] (digitisation pages 177v-178r to 179v-180r)


Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Manuscrits de la reine Christine: Negoziati della regina per salire al trono di Polonia, : , 1601-1700.

The Foli@ online digital heritage library is here:


Copyright SCDI-UPV - Collections Université de Montpellier (shelfmark H 258).

Mémoires concernant Christine, reine de Suède, volume 3, pages 426 to 428, compiled and edited by Johan Arckenholtz, 1759


"Le Marquis del Monte, pourvu de toutes ces Instructions de Christine, se mit en chemin pour la Suède; & la Reine, supposant qu'il seroit arrivé sain & sauf à Hambourg, lui envoya encore une Instruction sur l'affaire de Baviére, laquelle il devoit traiter comme une affaire déjà arrêtée.

Voici l'information que la Reine lui en donna traduite de l'Italien. ...

Nous verrons ci-après à quel terme cette Négociation fut portée.. En attendant, la Reine marqua dans sa Réponse au Marquis: qu'elle étoit bien-aise d'apprendre son heureuse arrivée à Hambourg, mais qu'elle s'impatientoit de savoir quelles mesures il avoit prises avec Texeira pour la sûreté de ses Joyaux, que ledit Résident avoit fait venir de Hollande, à cause de l'invasion du Roi de France dans les Païs-Bas, jusqu'à ce qu'ils pussent être transportés à Rome....

La Reine lui recommanda au-reste, dès qu'il seroit arrivé à Stockholm, de représenter à la Cour, combien elle souffroit par rapport à la Douane de Norkoping. La Reine ajouta de sa propre main dans l'Apostille: «Considérez, Marquis, dans quelle agonie je suis dans les conjonctures présentes de Hollande. Ce qu'on fait dans ce pauvre Païs, sont des choses plus qu'humaines. Il suffit que la valeur du Prince de Condé puisse opérer tous ces miracles. J'en suis quasi au désespoir, & je sais que vous m'entendez.»"

"The Marquis del Monte, provided with all these instructions from Kristina, set out for Sweden; and the Queen, supposing that he would have arrived safe and sound at Hamburg, sent him another instruction on the Bavarian affair, which he was to treat as a matter already settled.

Here is the information that the Queen gave him, translated from the Italian. ...

We shall see hereafter to what end this negotiation was carried. In the meantime, the Queen marked in her reply to the Marquis that she was glad to learn of his happy arrival at Hamburg, but that she was impatient to know what measures he had taken with Texeira for the security of her jewels, which the said resident had brought from Holland on account of the invasion of the King of France in the Netherlands, until they could be transported to Rome....

The Queen recommended him, moreover, as soon as he arrived at Stockholm, to represent to the court how much she suffered in relation to the customs of Norrköping. The Queen added in her own hand in the postscript: 'Consider, Marquis, in what agony I am in the present circumstances of Holland. What is done in this poor country are things more than human. It is enough that the valour of the Prince de Condé can work all these miracles. I am almost in despair, and I know that you understand me.'"

The memorandum (with Kristina's handwriting in italics):

Nell'Abdicazione, che la Maestà della Regina fece del Regno à fauore del Rè Carlo, e de' Suoi discendenti Maschi[le] conuenne di ritener per Sè i crediti, che la Corona haueua Sopra i Prencipi d'Alemagna et altri fuori di Suezia, e ne fù Stipulato Solennemente il Contratto col consenso del med[esim]o Rè Carlo per Se, e Suoi Successori in modo che non può mancarsi à questa parte Senza che uenga à rompersi tutto il Contratto istesso correspettiuo alla Cessione Seguita del Regno.

Trà detti crediti è particolarm[en]te quelle che la Corona haueua Sopra il Duca Elettore di Bauiera per ragione della guerra passata, e della Pace di Munster: Onde la Regina hauendo aspettata l'opportunità di essigerlo, e Stimandola à proposito l'anno passato p[er] poter toglier al med[esim]o Duca ogni pretesto, ch'egli potesse allegare di non hauer notizia, che tal credito appartenesse à S. M[aes]tá fece instanza alla Regenza in Suezia che con Lett[er]e Regie dichiarasse al med[esim]o Duca douersi tal debito pagar da lui alla Regina, perche à lei Spettaua p[er] ragione part[icola]re di riseruatione —

Conoscendosi in Suezia la giustizia della domanda fù Subito adempita, mà nella lettera Scritta al Duca si diceua esser quélla Somma Stata dal Rè donata alla Regina, la quale Stimando Suo pregiudizio il ualersi della lettera concepita in tal forma, fece di nuouo instanza p[er]che si correggesse, e se n'hebbe conforma alla Ragione, che è Sì chiara, ottima intentione; mà essendosene differita l'essecut[io]ne per l'assenza de‘ SS[igno]ri della Regenza dalla Corte, e finalm[en]te intimatasi la Dieta S'intende douersi il negozio rimettere alla Maggiorità del Rè, e ui è qualche rincontro che i trattati vltimi della Suezia con la francia habbiano portata qualche difficoltà à q[ua]le punto[.]

Non pare che dalla giustizia, e rettitudine del Rè possa incontrarsi alla Regina Sì giusta Sodisfazione, poiche Sarebbe non solo corrisponder male alla generosità Senza essempio con la quale la Regina hà conceduta la Corona al Rè già morto, et al presente con tanto amoré, e Senza ricompensa veruna mà un mancare alla fede publica, alla Real parola, et al più Solenne contratto, che Sia mai Stato fatto in Suezia, anzi un riversarlo affatto in modo che non potrebbe esser che di molto pregiudizio alla gloria, et alle conveniénze dell'istesso Rè.

Nondimeno per facilitare il tutto con un ripiego indifferente ad ambe le parti Si era consentito almeno à prender una Lettera, nella q[ua]le Si dicesse che tal credito apparteneua alla Regina Senza esprimer la causa, e che però pagandòlo il Duca à S. M[aes]tà hauerebbe Sodisfatta la Corona: Jl che toglie ogni riguardo imaginabile, e non può lasciarsi di abbracciare Se non quando Si uoglia negare alla M[aes]tà Sua la pura, e mera giustizia.

Dourà dunq il Marchese premere con ogni vfficio e calore possibile per ottener la lettera con espressione che il credito appartenga à S. M[aes]tà per ragioné part[icola]re di riseruatione, e ciò non riuscendo procurar che almeno Si Scriua con dire che il credito appartiene à S. M[aes]tà e che però il Duca Si conténti di pagarlo à lei che sarà Sodisfare pienam[en]te la Corona, come più particolarm[en]te Si vedrà nelle copie, che si mandano, e che Sono in mano del Gov[ernato]re Gen[eral]e di S. M[aes]tá tanto della p:ma lett[er]a più conceduta dalla Regenza, quanto della 2.a che si Sarebbe potuta accettare.

Non par poi credibile che alcun trattato con la francia ò con altri possa hauer pregiudicato punto alla Regina, perche il Rè di Suezia non può dar alla francia ò ad altri quelle che non è Suo; mà della Regina, e facendolo è tutto non Solam[en]te ingiusto, mà inualido[.]

Oltre che quando alla Regina fosse bastata la Lettera del Rè di Suezia, ch'ella hà in Sua mano, e nella quale Si dice hauer donati à S. M[aes]tá detti danari non Sà uedersi come dopo hauer data vna tal dichiarat[io]ne diretta al Duca in mano della Regina Si uoglia, disporre à fauor d'altri del denaro, che Si dice hauer ceduta à lei. Onde Sarà molto facil il mostrare à ciascuno la conuenienza Si chiara di questa parte.

Jl credito poi Sud[ett]o col Duca di Bauiera è di dve nature. Vno è che essendosi nella Pace di Munster convenuto di pagarsi à S. M[aes]tá dall'Jmperio la Somma di cinque millioni per la sodisfazione delle Militie, fù questa Somma distribuita trà i Circoli, e P[re]n[ci]pi del med[esim]o Jmperio, e la rata che al Duca di Bauiera ne toccò non è Stata mai pagata, che ascende à circa Seicento mila tallari.

L'altro è che il med[esim]o Duca di Bauiera per non esser molestato dall'Armi di Suezia negl'vltimi anni della guerra conuenne di pagar ogn'anno 200./m tallari, e di questi non pagò l'vltime due annate, e forse più che Sarebbono altri 400./m tallari.

Non è bene che il Marchese faccia mentione di queste gran Somme nel procurar la lett[er]a del Rè perche il Sentir la quantità Si considerabile del denaro non rendesse il negozio più difficilé.

Mà hauuto che haurà il Suo dispaccio procurerà con la magg[io]r Segretezza possibile per mezzo dè Segretarij, ò del Gov[ernato]re Gen[eral]e ò de Tesorieri, ò d'altri che Siano informati delle cose di quel tempo, e possano vederne i Registri delle lett[er]e e dè Conti, Sapere, e far metter in chiaro distintam[en]te la Somma del denaro douuto dal Duca di Bauiera tanto per la rata compresa nell'instrumento della Pace di Munster quanto per quella della Néutralità, e prenderne conto giustificato à parte con la fede et attestatione del Segretario, ò Tesoriere che potrà farla.

Jl dispaccio poi della Lett[er]a Regia, e tutti i Sudetti conti, et attestationi dourà mandarle à S. M[aes]tá in Roma p[er] via Sicura auuertendo di procurar tanto della lett[er]a come di ogn'altra Scrittura in tal materia più d'vn Duplicato, et inuiarlo p[er] diuersi Corrieri.

Nella lett[er]a Regia è bene procurar che Si calchi la mano nella premura parlando in maniere efficaci per indurre il Duca al pagamento facendosi dir Se è possibile che l'essersi lasciato à S. A. in mano il denaro p[er] tanto tempo con Suo utile deue farle conoscer la conueniénza, che hà di Sodisfare hora un dovere Si preciso, per la sodisfazione del quale Si compiaccia di considerare quanto il Rè di Suezia è obligato à premere per ogni ragione, nel che i Segretarij, e l Gran Canc[ellie]re possono far molto &c.

di Qvesto negotio Jl Marchese Si riCordera di quanto io li ho detto di bocca et sappia che quando in suetia si volesse negare il fatto Si produranno a tempo e loco le originali del tutto bisognando
La Regina.
/ M Santinj

With modernised spelling:

Nell'abdicazione che la Maestà della Regina fece del regno a favore del Re Carlo e de' suoi discendenti maschi[le] convenne di ritener per se i crediti che la Corona aveva sopra i principi d'Alemagna ed altri fuori di Suezia, e ne fu stipulato solennemente il contratto col consenso del medesimo Re Carlo per se e suoi successori in modo che non può mancarsi a questa parte senza che venga a rompersi tutto il contratto istesso correspettivo alla cessione seguita del regno.

Tra detti crediti è particolarmente quelle che la Corona aveva sopra il Duca-Elettore di Baviera per ragione della guerra passata e della Pace di Münster, onde la Regina, avendo aspettata l'opportunità di esigerlo e stimandola a proposito l'anno passato per poter toglier al medesimo Duca ogni pretesto ch'egli potesse allegare di non aver notizia che tal credito appartenesse a Sua Maestà, fece instanza alla Regenza in Svezia che con lettere regie dichiarasse al medesimo Duca doversi tal debito pagar da lui alla Regina, perché a lei spettava per ragione particolare di riservazione.

Conoscendosi in Svezia la giustizia della domanda fu subito adempita, ma nella lettera scritta al Duca si diceva esser quella somma stata dal Re donata alla Regina, la quale, stimando suo pregiudizio il valersi della lettera concepita in tal forma, fece di nuovo instanza perché si correggesse e se n'ebbe conforma alla ragione che è sì chiara, ottima intenzione; ma, essendosene differita l'esecuzione per l'assenza de' signori della Regenza dalla Corte, e finalmente intimatasi la Dieta s'intende doversi il negozio rimettere alla maggiorità del Re, e vi è qualche rincontro che i trattati ultimi della Svezia con la Francia abbiano portata qualche difficoltà a quale punto.

Non pare che dalla giustizia e rettitudine del Re possa incontrarsi alla Regina sì giusta soddisfazione, poiché sarebbe non solo corrisponder male alla generosità senza esempio con la quale la Regina ha conceduta la Corona al Re (già morto) ed al presente con tanto amore e senza ricompensa veruna, ma un mancare alla fede pubblica, alla real parola, ed al più solenne contratto che sia mai stato fatto in Svezia — anzi un riversarlo affatto in modo che non potrebbe esser che di molto pregiudizio alla gloria ed alle convenienze dell'istesso Re.

Nondimeno per facilitare il tutto con un ripiego indifferente ad ambe le parti si era consentito almeno a prender una lettera nella quale si dicesse che tal credito apparteneva alla Regina senza esprimer la causa, e che però, pagandolo il Duca a Sua Maestà avrebbe soddisfatta la Corona, il che toglie ogni riguardo immaginabile e non può lasciarsi di abbracciare se non quando si voglia negare alla Maestà Sua la pura e mera giustizia.

Dovrà dunque il Marchese premere con ogni uffizio e calore possibile per ottener la lettera con espressione che il credito appartenga a Sua Maestà per ragione particolare di riservazione e, ciò non riuscendo, procurar che almeno si scriva con dire che il credito appartiene a Sua Maestà e che però il Duca si contenti di pagarlo a lei che sarà soddisfare pienamente la Corona, come più particolarmente si vedrà nelle copie che si mandano e che sono in mano del Governatore Generale di Sua Maestà tanto della piacevolissima lettera più conceduta dalla Regenza, quanto della seconda che si sarebbe potuta accettare.

Non par poi credibile che alcun trattato con la Francia o con altri possa aver pregiudicato punto alla Regina, perché il Re di Svezia non può dar alla Francia o ad altri quelle che non è suo, ma della Regina; e, facendolo, è tutto non solamente ingiusto, ma invalido.

Oltre che quando alla Regina fosse bastata la lettera del Re di Svezia, ch'ella ha in sua mano, e nella quale si dice aver donati a Sua Maestà detti danari, non sa vedersi come dopo aver data una tal dichiarazione diretta al Duca in mano della Regina si voglia disporre a favor d'altri del denaro che si dice aver ceduta a lei; onde sarà molto facil il mostrare a ciascuno la convenienza sì chiara di questa parte.

Il credito poi suddetto col Duca di Baviera è di due nature. Uno è che, essendosi nella Pace di Münster convenuto di pagarsi a Sua Maestà dall'Imperio la somma di cinque millioni per la soddisfazione delle militie, fu questa somma distribuita tra i Circoli e Principi del medesimo Imperio, e la rata che al Duca di Baviera ne toccò non è stata mai pagata, che ascende a circa seicento mila talleri.

L'altro è che il medesimo Duca di Baviera, per non esser molestato dall'armi di Svezia negl'ultimi anni della guerra, convenne di pagar ogn'anno 200,000 talleri, e di questi non pagò l'ultime due annate, e forse più che sarebbono altri 400,000 talleri.

Non è bene che il Marchese faccia menzione di queste gran somme nel procurar la lettera del Re, perché il sentir la quantità sì considerabile del denaro non rendesse il negozio più difficile.

Ma avuto che avrà il suo dispaccio procurerà con la maggior segretezza possibile per mezzo de' segretari, o del Governatore Generale, o de' tesorieri, o d'altri che siano informati delle cose di quel tempo e possano vederne i registri delle lettere e de' conti sapere e far metter in chiaro distintamente la somma del denaro dovuto dal Duca di Baviera tanto per la rata compresa nell'instrumento della Pace di Münster quanto per quella della neutralità e prenderne conto giustificato a parte con la fede et attestazione del segretario o tesoriere che potrà farla.

Il dispaccio poi della lettera regia e tutti i Sudetti conti ed attestazioni dovrà mandarle a Sua Maestà in Roma per via sicura, avvertendo di procurar tanto della lettera come di ogn'altra scrittura in tal materia più d'un duplicato ed inviarlo per diversi corrieri.

Nella lettera regia è bene procurar che si calchi la mano nella premura parlando in maniere efficaci per indurre il Duca al pagamento, facendosi dir (se è possibile) che l'essersi lasciato a Sua Altezza in mano il denaro per tanto tempo con suo utile deve farle conoscer la convenienza che ha di soddisfare ora un dovere sì preciso, per la soddisfazione del quale si compiaccia di considerare quanto il Re di Svezia è obbligato a premere per ogni ragione, nel che i segretari e 'l Gran Cancelliere possono far molto, ecc.

Di questo negozio il marchese si ricorderà di quanto io li ho detto di bocca; ed sappia che quando in Svezia si volesse negare il fatto, si produranno a tempo e loco le originali del tutto, bisognando.
La Regina.
M. Santini.

Arckenholtz's transcript of the memorandum (in his French translation from Italian):

A l'Abdication que la Reine fit de la Couronne en faveur du Roi Charles & de ses Descendans mâles, on convint qu'elle retiendroit pour elle les prétentions que la Couronne avoit chez les Princes d'Allemagne, & autres hors de Suède, & le Contract en fut solemnellement dressé avec le consentement dudit Roi Charles, pour loi & ses Successeurs, ensorte qu'on n'y peut manquer à moins que tout le Contract même ne se rompe, comme étant relatif à la cession qu'elle fit de la Couronne.

Parmi ces prétentions, se trouve particuliérement celle que la Suède avoit sur le Duc-Electeur de Baviére, ensuite de la guerre passée & de la Paix de Munster. La Reine s'étant attendue à un tems convenable pour l'exiger, & estimant l'année passée propre à cela, pour ôter au Duc tout prétexte qu'il pourroit alléguer, comme de n'avoir eu aucune connoissance qu'une pareille prétention appartenoit à la Reine; elle fit des instances à la Régence de Suède, afin que par des Lettres expédiées au nom du Roi, elle déclarât audit Duc, qu'il devoit payer cette dette à la Reine, comme lui étant dûe par une réservation particuliére.

Comme on reconnut en Suède la justice de cette demande, on ne tarda pas de l'accorder; mais comme dans la Lettre écrite au Duc, il étoit dit que cette Somme avoit été donnée en présent à la Reine, qui estimoit se faire tort de se prévaloir d'une Lettre dressée en cette forme, elle fit de nouvelles instances pour qu'on la rectifiât, n'ayant en cela que la meilleure intention, si conforme à la raison, & qui faute aux yeux de tout le monde. Cependant l'exécution en ayant été différée avec l'agrément des Seigneurs de la Régence, & la Diette étant présentement annoncée, on juge que cette affaire doit être remise à la Majorité du Roi, & l'on dit même que les derniers Traités de Suède avec la France ont apporté quelque difficulté à cet article.

On ne doit pas s'attendre de la droiture & de la justice du Roi, que le moindre obstacle puisse se rencontrer qui retarde une si juste satisfaction de la Reine; parce que non seulement ce seroit mal répondre à la générosité sans exemple avec laquelle la Reine a cédé la Couronne au défunt Roi, & à celui d'à-présent, si aimablement & sans aucun retour; mais on manqueroit aussi à la Foi publique, à la Parole Royale, & au plus solemnel-Contract qui ait jamais été fait en Suède; outre les Réversales dressées de maniére qu'il ne sauroit préjudicier à la gloire du Roi, & à ce qui lui convient.

Cependant, pour donner un tour indifférent à l'un & à l'autre parti, on pourroit consentir à l'expédition d'une Lettre, dans laquelle on diroit qu'une telle prétention appartient à la Reine sans en dire la cause, & néanmoins le Duc en le payant à la Reine sera réputé avoir satisfait la Couronne: comme par un tel biais tous les égards seroient levés, on ne sauroit s'empêcher de l'approuver, à-moins qu'on ne voulût dénier la pure justice à S. M.

Le Marquis doit donc s'empresser à obtenir une Lettre, où sera exprimé que la prétention appartient à la Reine par une Réservation particuliére; & si cela ne réussit pas, il doit faire au moins qu'on écrive que cette prétention appartient à la Reine, & que quand il plaîra au Duc de la lui payer, la Couronne s'en trouvera pleinement satisfaite. Tout ceci se voit plus particuliérement dans les Copies ci-jointes, pareilles à celles que le Gouverneur-Général a entre ses mains.

Il ne semble pas croyable qu'aucun Traité avec la France, ou d'autres, puisse présentement préjudicier à la Reine, parce que le Roi de Suède ne peut pas donner à la France, ou à d'autres, ce qui n'est pas à lui, mais qui est à la Reine; & quand même on le feroit, le tout seroit aussi injuste qu'invalide.

Outre cela, quand la Lettre du Roi de Suède fut donnée à la Reine, qu'elle a entre ses mains, & dans laquelle il est dit que ces sommes ont été données en présent à la Reine; on ne voit pas, comment après une telle déclaration faite au Duc, & qui est entre les mains de la Reine, on voudroit disposer en faveur d'autres de l'argent qui lui avoit été cédé: d'où il sera fort facile de démontrer à chacun l'équite & la justice de ce côté-ci.

Il est aussi à remarquer, que les prétentions sur le Duc sont d'une double nature: l'une, qu'étant convenu à la Paix de Munster que l'Empire payeroit à la Suède la somme de cinq millions pour la satisfaction de la Milice, cette somme fut partagée entre les Cercles & les Princes de l'Empire: & la quote-part qui échut au Duc de Bavière, n'a jamais été payée, & monte environ à six cens mille écus.

L'autre dette est, que le même Duc de Bavière, pour ne pas être molesté par les Armées de Suède dans les derniéres années de la guerre, convint d'accorder deux cens mille écus par an, dont il ne paya pas les deux derniéres années, & peut-être plus, ce qui fera autres quatre cens mille écus.

Il ne faut pas, que le Marquis fasse mention de ces grandes sommes, en procurant la Lettre du Roi; car si on apprenoit que ces sommes sont si considérables, la négociation deviendroit peut-être d'autant plus difficile.

Mais quand il aura reçu sa dépêche, il se procurera dans le plus grand secret, moyennant l'aide des Secretaires du Gouverneur-Général, des Trésoriers ou d'autres, qui sont informés des affaires de ces tems-là, & qui peuvent examiner les Régîtres des Lettres & des Comptes, d'apprendre, & de mettre distinctement au net la somme de l'argent que doit le Duc de Bavière, tant pour sa quote-part comprise dans l'Instrument de la Paix de Munster, que pour celle de la neutralité, & d'en prendre un compte vérifié & attesté par le Secretaire ou le Trésorier qui pourra le livrer.

De-même le Marquis doit envoyer toutes ses dépêches par une voye sûre à S. M. à Rome, & prendre garde de tirer de tous ces Ecrits plusieurs Copies pour les envoyer par divers Couriers.

Il seroit encore bon qu'on parlât dans la Lettre du Roi avec empressement & en termes efficaces, pour porter le Duc à payer ses dettes, faisant dire, s'il est possible, que comme cet argent & les intérêts ont été laissés si long-tems entre les mains de Son Altesse, elle en reconnoîtra la convenance, & satisfera présentement à une dette si précise, pour la satisfaction de laquelle il lui plaîra de considérer combien le Roi de Suède est obligé d'en témoigner son empressement. Les Secretaires & le Grand-Chancelier y peuvent beaucoup contribuer.

French translation of the original (my own):

Dans l'abdication que fit Sa Majesté la Reine du royaume en faveur du Roi Charles et de ses descendants mâles, elle accepta de conserver pour elle les créances que la Couronne avait sur les princes d'Allemagne et autres hors de Suède, et le contrat fut solennellement stipulé avec le consentement du même Roi Charles pour lui-même et ses successeurs de telle manière que cette partie ne puisse être manquée sans que le contrat entier lui-même correspondant à la cession ultérieure du royaume ne soit rompu.

Parmi lesdites créances se trouvent particulièrement celles que la Couronne avait sur le Duc-Électeur de Bavière à raison de la guerre passée et de la Paix de Münster, par lesquelles la Reine, ayant attendu l'occasion de la réclamer et estimant à propos l'année dernière de pouvoir ôter au même duc tout prétexte qu'il pourrait alléguer de n'avoir pas connaissance que telle créance appartenait à Sa Majesté, a prié la Régence en Suède de déclarer par lettres royales au même duc que telle dette devait être payée par lui à la Reine, parce qu'elle lui était due par une raison particulière de réservation.

Sachant en Suède la justice de la demande, elle fut immédiatement exécutée; mais dans la lettre écrite au Duc, il était dit que la somme avait été donnée par le Roi à la Reine, laquelle, estimant qu'il était de son intérêt de se prévaloir de la lettre conçue sous cette forme, demanda de nouveau qu'elle fût corrigée, et elle fut obtenue conformément à la raison qui est si claire, une excellente intention; mais, l'exécution ayant été différée à cause de l'absence des seigneurs de la Régence de la Cour, et finalement la Diète ayant été convoqué, il est entendu que l'affaire doit être soumise à la majorité du roi, et il y a quelques preuves que les derniers traités de la Suède avec la France ont apporté quelque difficulté à ce point.

Il ne semble pas que la justice et la rectitude du Roi puissent donner à la Reine une si juste satisfaction, car ce serait non seulement une mauvaise correspondance à la générosité sans exemple avec laquelle la Reine a accordé la Couronne au Roi (déjà mort) et à présent avec tant d'amour et sans aucune récompense, mais ce serait aussi une rupture de la foi publique, de la parole royale et du contrat le plus solennel qui ait jamais été fait en Suède, — en effet, un renversement complet de celui-ci d'une manière qui ne pourrait être que préjudiciable à la gloire et aux commodités du même Roi.

Néanmoins, pour faciliter toute l'affaire par une solution indifférente aux deux parties, il fut au moins permis de prendre une lettre dans laquelle il était dit que ce crédit appartenait à la Reine sans en dire la cause, et que cependant, en le payant à Sa Majesté, le Duc satisferait la Couronne, ce qui ôte toute considération imaginable et ne peut être admis que lorsqu'on veut nier à Sa Majesté une justice pure et simple.

Le Marquis devra donc insister avec toute la force et la chaleur possibles pour obtenir la lettre avec l'expression que le crédit appartient à Sa Majesté pour une cause particulière de réserve et, si cela ne réussit pas, faire en sorte qu'au moins il soit écrit que le crédit appartient à Sa Majesté et que le Duc est donc content de le lui payer, ce qui satisfera pleinement la Couronne, comme on le verra plus particulièrement dans les copies qui sont envoyées et qui sont entre les mains du Gouverneur Général de Sa Majesté, tant de la lettre la plus agréable concédée par la Régence que de la seconde, qui aurait pu être acceptée.

Il ne paraît pas crédible qu'un traité quelconque avec la France ou avec d'autres ait pu porter préjudice à la Reine en aucune manière, car le Roi de Suède ne peut donner à la France ou à d'autres ce qui n'est pas à lui, mais à la Reine; et, ce faisant, tout cela est non seulement injuste, mais invalide.

D'ailleurs, si la Reine était satisfaite de la lettre du Roi de Suède, qu'elle a en main, et dans laquelle il est dit qu'il a donné ledit argent à Sa Majesté, elle ne voit pas comment, après avoir fait une telle déclaration adressée au Duc de la main de la Reine, on voudrait disposer de l'argent qu'on dit lui avoir été donné en faveur d'autres; il sera donc très facile de montrer à chacun l'évidente commodité de cette partie.

Le crédit accordé au Duc de Bavière est de deux natures. L'une est qu'ayant été convenu dans la Paix de Münster de payer à Sa Majesté la somme de cinq millions par l'Empire pour la satisfaction de la milice, cette somme a été répartie entre les Cercles et les Princes du même Empire, et la tranche échue au Duc de Bavière, qui s'élève à environ six cent mille talers, n'a jamais été payée.

L'autre est que le même Duc de Bavière, pour ne pas être molesté par les armes de la Suède dans les dernières années de la guerre, a accepté de payer 200 000 talers chaque année, et de ceux-ci il n'a pas payé les deux dernières années, et peut-être plus de 400 000 autres talers.

Il n'est pas bien que le Marquis mentionne ces sommes considérables pour se procurer la lettre du Roi, de peur que la connaissance d'une somme d'argent aussi considérable ne rende l'affaire plus difficile.

Mais lorsqu'il aura reçu sa dépêche, il tâchera avec le plus grand secret possible par l'intermédiaire des secrétaires, ou du Gouverneur Général, ou des trésoriers, ou autres qui sont instruits des affaires de ce temps-là et peuvent voir les registres des lettres et des comptes, de connaître et de faire exposer clairement la somme d'argent due par le Duc de Bavière tant pour le versement compris dans l'acte de la Paix de Münster que pour celui de la neutralité et d'en tenir un compte séparé et justifié avec la foi et l'attestation du secrétaire ou du trésorier qui pourra le faire.

L'envoi de la lettre royale et de tous les comptes et attestations précités devra ensuite être envoyé à Sa Majesté à Rome par une voie sûre, en ayant soin de se procurer plus d'un double de la lettre et de toute autre écriture sur le sujet et de l'envoyer par des courriers différents.

Dans la lettre royale, il est bon de souligner l'urgence en parlant de manières efficaces pour inciter le duc à payer, en veillant à dire (si possible) que le fait que l'argent ait été laissé si longtemps entre les mains de Son Altesse, à son avantage, doit lui faire comprendre l'utilité qu'il a à remplir maintenant un devoir si précis, pour la satisfaction duquel il lui plairait de considérer combien le Roi de Suède est obligé d'insister pour toutes les raisons, dans lesquelles les secrétaires et le Grand Chancelier peuvent faire beaucoup, etc.

Le marquis se souviendra de ce que je lui ai dit de bouche à ce sujet; et qu'il sache que si en Suède on veut nier le fait, les originaux seront produits en temps et lieu si nécessaire.
La Reine.
M. Santini.

Swedish translation of the original (my own):

I den abdikation som Hennes Majestät Drottningen gjorde av riket till förmån för Konung Karl och hans manliga ättlingar, gick hon med på att för sig själv behålla de krediter som Kronan hade över furstarna av Tyskland och andra utanför Sverige, och kontraktet stadgades högtidligt med samme Konung Karls samtycke för sig och sina efterträdare på så sätt, att denna del ej kan misslyckas, utan att hela kontraktet själva svarande mot rikets efterföljande avträdande bryts.

Bland de nämnda krediterna finns i synnerhet de som Kronan hade på Hertigkurfyrsten av Bayern på grund av det förflutna kriget och Freden i Münster, varvid Drottningen, efter att ha avvaktat tillfället att kräva det och ansåg det lämpligt förra året att från samme Hertig kunna borttaga varje förevändning som han kunde påstå att han inte hade kännedom om att sådan kredit tillhörde Hennes Majestät, anmodade Förmyndarregeringen i Sverige att genom kungliga brev till samme Hertig förklara att sådan skuld skulle betalas av honom till Drottningen, emedan den tillkom henne på ett särskilt reservationsskäl.

Med kännedom i Sverige om kravets rättvisa, uppfylldes det omedelbart, men i det brev som skrevs till Hertigen, sades att summan av Konungen skänkts till Drottningen, som, anseende det henne skadligt att begagna sig av det i sådan form utformade brevet, åter begärde att det skulle rättas, och det erhölls i enlighet med det skäl som är så tydligt en utmärkt intention; men då verkställigheten på grund av förmyndarregeringens Herrars frånvaro från Hovet uppskjutits, och slutligen Riksdagen blivit sammankallad, förstår man att saken måste underställas Konungens myndighet, och det finns några bevis för att Sveriges senaste fördrag med Frankrike har medfört någon svårighet därtill.

Det tycks icke som om Konungens rättvisa och rättfärdighet kan ge Drottningen en sådan rättvis tillfredsställelse, eftersom det inte bara skulle vara en dålig motsvarighet till den generositet utan exempel med vilken Drottningen har skänkt Kronan till Konungen (redan död) och för närvarande med så mycket kärlek och utan någon ersättning, utan det vore också ett brott mot den allmänna tron, det kungliga ordet och det högtidligaste kontrakt som någonsin gjorts i Sverige — ja, en hel omkastning av det på ett sätt, som endast kunde vara till skada för samme Konungens ära och bekvämligheter.

Icke desto mindre, för att underlätta det hela med en för båda parter likgiltig lösning, var det åtminstone tillåtet att ta ett brev där det sades att denna kredit tillhörde Drottningen utan att ange orsaken, och att dock genom att betala den till Hennes Majestät, skulle hertigen tillfredsställa Kronan, vilket tar bort alla tänkbara hänsyn och inte kan tillåtas accepteras utom när man vill förneka Hennes Majestät ren och skär rättvisa.

Markisen måste därför med all tänkbar kraft och värme trycka på för att få brevet med uttrycket att krediten tillhör Hennes Majestät av en särskild reservationsskäl och, om detta inte lyckas, se till att åtminstone det skrivs för att säga att äran tillhör Hennes Majestät och att Hertigen därför nöjer sig med att betala den till henne, vilket fullt ut kommer att tillfredsställa Kronan, som kommer att ses mer speciellt i de kopior som skickas och som är i händerna på Hennes Majestäts Generalguvernör, både av det trevligaste brev som gavs av Förmyndarregeringen och av det andra, som kunde ha accepterats.

Det förefaller icke trovärdigt att något fördrag med Frankrike eller med andra kunde ha skadat Drottningen på något sätt, emedan Sveriges Konung icke kan ge till Frankrike eller till andra det, som icke är hans, utan Drottningens; och genom att göra det är allt inte bara orättvist, utan ogiltigt.

För övrigt, om Drottningen var nöjd med det brev från Sveriges Konung, som hon har i sin hand, och i vilket det sägs att han givit nämnda penningar till Hennes Majestät, kan hon inte se huru man, efter att ha givit en sådan till Hertigen i Drottningens hand riktad förklaring, skulle vilja förfoga över de penningar som sägs vara henne givna till förmån för andra; det blir därför mycket lätt att visa alla den tydliga bekvämligheten med denna del.

Den nämnda krediten hos Hertigen av Bayern är av två karaktärer. Den ena är att, efter att ha överenskommits i Freden i Münster att betala Hennes Majestät summan av fem miljoner av Imperiet för milisens tillfredsställelse, denna summa fördelades mellan Kretsarna och Furstarna i samma Imperium, och den delbetalning som tillföll Hertigen av Bayern har aldrig betalats, vilket uppgår till cirka sexhundratusen daler.

Den andra är att samme Hertig av Bayern, för att inte besväras av Sveriges vapen under de sista krigsåren, gick med på att betala 200,000 daler varje år, och av dessa betalade han inte de två senaste åren, och kanske mer än ytterligare 400,000 daler.

Det är icke gott för Markisen att nämna dessa stora summor vid anskaffandet av Konungens brev, för att kännedomen om en så ansenlig penningmängd inte skulle göra saken svårare.

Men när han har fått sitt utskick, skall han försöka med största möjliga hemlighet genom sekreterarna, eller generalguvernören, eller skattmästarna eller andra som är informerade om den tidens angelägenheter och kan se brev- och räkenskapsregistren, att känna till och tydligt ha angivit summan av de pengar som Hertigen av Bayern är skyldig både för den delbetalning som ingår i Münsters Fredsinstrument och för neutraliteten och att ta en separat berättigad redovisning av den med tro och intyg från sekreteraren eller skattmästaren som kommer att kunna göra det.

Avsändandet av det kungliga brevet och alla nämnda räkenskaper och attester måste sedan sändas till Hennes Majestät i Rom på säker väg, varvid man ser till att skaffa mer än ett duplikat av brevet och av varannan skrivelse på ämnet och att skicka det med olika bud.

Markisen skall minnas vad jag har berättat för honom muntligen om denna fråga; och må han veta att om man i Sverige vill förneka faktum, kommer originalen att framställas i tid och plats om det behövs.
Drottningen.
M. Santini.

English translation of the original (my own):

In the abdication that the Queen's Majesty made of the kingdom in favour of King Karl and his male descendants, she agreed to retain for herself the credits that the Crown had over the princes of Germany and others outside of Sweden, and the contract was solemnly stipulated with the consent of the same King Karl for himself and his successors in such a way that this part cannot be failed without the entire contract itself corresponding to the subsequent cession of the kingdom being ruptured.

Among the said credits are in particular those that the Crown had on the Duke-Elector of Bavaria by reason of the past war and the Peace of Münster, whereby the Queen, having awaited the opportunity to demand it and esteeming it appropriate last year to be able to remove from the same Duke any pretext that he could allege of not having knowledge that such credit belonged to Her Majesty, requested the Regency in Sweden to declare by royal letters to the same Duke that such debt should be paid by him to the Queen, because it was due to her by particular reason of reservation.

Knowing in Sweden the justice of the demand, it was immediately fulfilled, but in the letter written to the Duke it was said that the sum had been donated by the King to the Queen, who, esteeming it her prejudice to avail herself of the letter conceived in such a form, again requested that it be corrected, and it was obtained in accordance with the reason which is so clear, an excellent intention; but, the execution having been postponed due to the absence of the lords of the Regency from the Court, and finally the Riksdag having been summoned, it is understood that the matter must be submitted to the majority of the King, and there is some evidence that the latest treaties of Sweden with France have brought some difficulty to that point.

It does not seem that the justice and rectitude of the King can afford the Queen such just satisfaction, as it would not only be a bad correspondence to the generosity without example with which the Queen has granted the Crown to the King (already dead) and at present with so much love and without any recompense, but it would also be a breach of public faith, of the royal word, and of the most solemn contract that has ever been made in Sweden — indeed, a complete reversal of it in a way that could only be prejudicial to the glory and the conveniences of the same King.

Nevertheless, in order to facilitate the whole affair with a solution indifferent to both parties, it was at least permitted to take a letter in which it was said that this credit belonged to the Queen without stating the cause, and that, however, by paying it to Her Majesty, the Duke would satisfy the Crown, which removes every imaginable consideration and cannot be allowed to be accepted except when one wishes to deny Her Majesty pure and simple justice.

The Marquis will therefore have to press with all possible force and warmth to obtain the letter with the expression that the credit belongs to Her Majesty for a particular reason of reservation and, if this does not succeed, ensure that at least it is written to say that the credit belongs to Her Majesty and that the Duke is therefore content to pay it to her which will fully satisfy the Crown, as will be seen more particularly in the copies that are sent and that are in the hands of Her Majesty's Governor General, both of the most pleasant letter conceded by the Regency and of the second, that could have been accepted.

It does not seem credible that any treaty with France or with others could have prejudiced the Queen in any way, because the King of Sweden cannot give to France or to others what is not his, but the Queen's; and, in doing so, all of it is not only unjust, but invalid.

Besides, if the Queen were satisfied with the letter from the King of Sweden, which she has in her hand, and in which it is said that he gave the said money to Her Majesty, she cannot see how, after having given such a declaration addressed to the Duke in the Queen's hand, one would want to dispose of the money which is said to have been given to her in favour of others; it will hence be very easy to show everyone the clear convenience of this part.

The said credit with the Duke of Bavaria is of two natures. One is that, it having been agreed in the Peace of Münster to pay Her Majesty the sum of five million by the Empire for the satisfaction of the militia, this sum was distributed among the Circles and Princes of the same Empire, and the installment that fell to the Duke of Bavaria has never been paid, which amounts to about six hundred thousand talers.

The other is that the same Duke of Bavaria, in order not to be bothered by the arms of Sweden in the last years of the war, agreed to pay 200,000 talers every year, and of these he did not pay the last two years, and perhaps more than another 400,000 talers.

It is not right for the Marquis to mention these large sums in procuring the King's letter, lest the knowledge of such a considerable quantity of money should make the matter more difficult.

But when he has received his dispatch, he will try with the greatest secrecy possible through the secretaries, or the Governor General, or the treasurers, or others who are informed of the affairs of that time and can see the registers of letters and accounts, to know and have clearly set out the sum of the money owed by the Duke of Bavaria both for the installment included in the instrument of the Peace of Münster and for that of neutrality and to take a separate justified account of it with the faith and attestation of the secretary or treasurer who will be able to do it.

The dispatch of the royal letter and all the said accounts and attestations must then be sent to Her Majesty in Rome by a secure route, taking care to procure more than one duplicate of the letter and of every other writing on the subject and to send it by different couriers.

In the royal letter it is a good idea to ensure that the urgency is stressed by speaking in effective ways to induce the Duke to pay, making sure that it is said (if possible) that the fact that the money has been left in His Highness's hands for so long, to his advantage, must make him understand the convenience he has in fulfilling now such a precise duty, for the satisfaction of which it would please him to consider how much the King of Sweden is obliged to press for every reason, in which the secretaries and the Grand Chancellor can do much, etc.

The Marquis will remember what I have told him by mouth of this matter; and may he know that if in Sweden one wants to deny the fact, the originals will be produced in time and place if necessary.
The Queen.
M. Santini.


Above: Kristina.

Friday, March 14, 2025

Kristina's letter to Bernhard von Rosenbach, dated June 29/July 9 (New Style), 1672

Source:

Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Manuscrits de la reine Christine; VIII: Lettere della regina ai suoi ministri; Lettere al signore de Rosembach; Lettres à Rosembach; 167: Christine de Suède à Rosembach, [s. l.], 9 juillet 1672 (digitisation page 233v-234r)


Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Manuscrits de la reine Christine : Lettere della regina ai suoi ministri, : , 1601-1700.

The Foli@ online digital heritage library is here:


Copyright SCDI-UPV - Collections Université de Montpellier (shelfmark H 258).


The letter:

à Rossembac 9. lugl[io] 1672
Je Voy par vostre lettre du 4 de Juin que l'on ne peuet l'arrogance, et la temeritè de Bauman, est deuenue inSupportable, et qu'il y faut remedier absolument pour pouruoir aux [...] aux preiudices des mes interests Je Vous ay desia ordonnè de rompre auec luy le Contract de l'Arrende, et de l'establir auec d'autres executèz donc mes ordres la dessus [...] S'il ne Veut pas Se renger à la raison. et communiquèz auec Tex[eir]a à qui J'ay enuoye le plein pouuoir de conclurre avec d'autres fermiers, Au reste J'approuue tout ce que Vous auez fait et dieu Vous prosp[er]e pour tirer de Bauman le payement de tout ce qu'il doit, et dieu &c.

With modernised spelling:

A Rosenbach.
9 luglio 1672.
Je vois par votre lettre du 4 de juin que l'arrogance et la témérité de Baumann est devenue insupportable et qu'il y faut remédier absolument pour [...] aux préjudices de mes intérêts. Je vous ai déjà ordonné de rompre avec lui le contrat de l'arrende et de l'établir avec d'autres; exécutez donc mes ordres là-dessus s'il ne veut pas se venger à la raison, et communiquez avec Texeira, à qui j'ai envoyé le plein pouvoir de conclure avec d'autres fermiers. Au reste, j'approuve tout ce que vous avez fait pour tirer de Baumann le paiement de tout ce qu'il doit; et Dieu etc.

Swedish translation (my own):

Till Rosenbach.
Den 9 juli 1672.
Jag ser av Ert brev av den 4 juni att Baumanns arrogans och modighet har blivit ohållbar och att detta måste åtgärdas absolut för att [...] prejudiserna mot mina intressen. Jag har redan befallt Er att bryta arrendekontraktet med honom och upprätta det med andra; utför därför mina befallningar härom, om han inte vill hämna sig med förnuft, och kommunicera med Texeira, till vilken jag har sänt full makt att sluta med andra arrendatorer. I övrigt godkänner jag allt Ni har gjort för att få ut betalningen från Baumann för allt han är skyldig; och Gud osv.

English translation (my own):

To Rosenbach.
July 9, 1672.
I see from your letter of June 4 that Baumann's arrogance and temerity have become insupportable and that this must be remedied absolutely so as to [...] the prejudices to my interests. I have already ordered you to break the contract of the leasehold with him and to establish it with others; therefore carry out my orders on this if he does not want to avenge himself with reason, and communicate with Texeira, to whom I have sent full power to conclude with other leaseholders. For the rest, I approve of everything you have done to extract from Baumann the payment of all that he owes; and God, etc.


Above: Kristina.

Thursday, March 13, 2025

Kristina's letter for Bernhard von Rosenbach, dated April 27/May 7 (New Style), 1672

Source:

Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Manuscrits de la reine Christine; VIII: Lettere della regina ai suoi ministri; Lettere al signore de Rosembach; Lettres à Rosembach; 166: Christine de Suède à Rosembach, [s. l.], 7 mai 1672 (digitisation page 232v-233r)


Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Manuscrits de la reine Christine : Lettere della regina ai suoi ministri, : , 1601-1700.

The Foli@ online digital heritage library is here:


Copyright SCDI-UPV - Collections Université de Montpellier (shelfmark H 258).


The letter:

à Rossembac
a di 7. Mag[gio] 1672
J'ay receù v[ost]re lettre du 27 de Mars, par la quelle J'apprens que Bauman ne Veut pas Se resoudre à obseruer la teneur du Contract, au contraire qu'il fait touts Ses efforts pour y manquer [...] ^ et qu'il Se rendant de iouir en [...] plus temeraire J'esperé que le Gou[uerneu]r Gen[era]l remedierà; mais et S'il ne Voudra pas Se venger à la raison il faudra [...] le priver de l'Arrende mais apres auoir trouue quelque autre fermier Sur [et] resonable comme Ie Vous ay escrit par ma derniere du 23. du passè la quelle Je me remets la dessùs. Cependant J'approuue touts les articles points que Vous auèz formè pour tenir cet homme en bride, et Specialm[en]t Sur tout celuy Je ne Veux pas qu'il S'augure le commandem[en]t absolù des mes Baillages, [...] car c'est à Vous [...] de pourvoir à tous les [...] [des] mes interests [et] d'exercer cette authorité. : Communiquez auec le Gouuerneur General et Dieu &c.

With modernised spelling:

A Rosenbach.
A dì 7 maggio 1672. —
J'ai reçu votre lettre du 27 de mars, par laquelle j'apprends que Baumann ne veut pas se résoudre à observer la teneur du contrat — au contraire, qu'il fait tous ses efforts pour y manquer, se rendant de jouir en [...] plus téméraire. J'espère que le gouverneur général remédiera; et s'il ne voudra pas se venger à la raison, il faudra le priver de l'arrende après avoir trouvé quelque autre fermier sûr [et] raisonnable, comme je vous ai écrit par ma dernière du 23 du passé, laquelle je me remets là-dessus.

Cependant j'approuve tous les points que vous avez formé pour tenir cet homme en bride, et surtout je ne veux pas qu'il s'augure le commandement absolu de mes bailliages, car c'est à vous de pourvoir à tous les [...] [de] mes intérêts [et] d'exercer cette autorité. Communiquez avec le gouverneur général; et Dieu, etc.

Swedish translation (my own):

Till Rosenbach.
Den 7 maj 1672. —
Jag har mottagit Ert brev av den 27 mars, av vilket jag förnimmer att Baumann inte vill bestämma sig för att iaktta kontraktets innehåll — tvärtom att han gör allt för att misslyckas med det, görande sig [...] mer hänsynslös att njuta av det. Jag hoppas att generalguvernören kommer att råda bot på situationen; och vill han inte med förnuft hämna sig, måste han berövas arrenderätten efter att ha funnit någon annan trygg och rimlig hyresgäst, som jag skrivit Er i mitt sista brev den 23 i denna sista månad, vartill jag hänvisar mig.

Emellertid godkänner jag alla de punkter Ni har gjort för att hålla denne man i schack, och framför allt vill jag inte att han skall överta absolut befälet över mina borgenärer, ty det är upp till Er att sörja för alla mina intressen och att utöva denna auktoritet. Kommunicera med generalguvernören; och Gud osv.

English translation (my own):

To Rosenbach.
May 7, 1672. —
I have received your letter of March 27, from which I learn that Baumann does not want to resolve to observe the tenor of the contract — on the contrary, that he is making every effort to fail to do so, making himself [...] more reckless to enjoy it. I hope that the governor general will remedy the situation; and if he does not want to avenge himself with reason, he will have to be deprived of the leasehold after having found some other safe and reasonable tenant, as I have written to you in my last letter of the 23rd of this past month, which I remit myself to.

In the meantime, I approve of all the points you have made to keep this man in check, and above all I do not want him to assume absolute command of my bailiwicks, because it is up to you to provide for all the [...] of my interests and to exercise this authority. Communicate with the governor general; and God, etc.


Above: Kristina.

Kristina's letter for Bernhard von Rosenbach, with a postscript in her own handwriting, dated April 13/23 (New Style), 1672

Source:

Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Manuscrits de la reine Christine; VIII: Lettere della regina ai suoi ministri; Lettere al signore de Rosembach; Lettres à Rosembach; 165: Christine de Suède à Rosembach, [s. l.], 23 avril (digitisation pages 231v-232r to 232v-233r)


Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Manuscrits de la reine Christine : Lettere della regina ai suoi ministri, : , 1601-1700.

The Foli@ online digital heritage library is here:


Copyright SCDI-UPV - Collections Université de Montpellier (shelfmark H 258).



The letter:

A Rosembac
23. Avril 1672 –
J'ay receù v[ost]re lettre du 16 du passe par la quelle Je Voy l'application, et le Zele que Vous apportèz à mes interests[.] Pour ce qui est de Bauman Je Suis persuadèe qu'il n'a autre visee que de faire bien Son profit pendant dans l'Arrende; c'est pourquoy il faut le contraindre à S'acquitter de Son deuoir auec toute ponctualite Selon la teneur du Contract le menassant mesme de luy oster les biens an cas qu'il y manque, et qu'il osera forger des iniustes pretentions et chicaner tous comm' il fait tous les ans dans les paiements au grand preiudice des mes reuenùs, ét des mes droits[.] J'en ay escrit aussy au Gouv[erneu]r Gen[era]l luy ordonnant de remedier aux desordres causès et causes par cet le mauuais procedè de cet homme qui Se esperant qu'il Se rengera à Son devoir Se venger[a] à la raison [et] comportera mieux apres qu'il Se verrà prenè de tout costè Ma[i]s en tout cas, ne manquez pas comme Je Vous ay escrit autres fois de faire adroittement Vos diligences pour trouuer des p[er]sonnes qui Voudront appliquer à cette Arrende aux Conditions plus advantageuses[.] Touchant l'affaire d'Appelman Je Voy qu'on a trouuè des preuues evidentes de Son infidelitè et de l'injustice dés Ses pretentions, [...] que dans la liquidation des comptes meliorations[.] Je Vous done [de] croire que [...] ce meschant Sera enfin abbattù, [...] ne manquèz pas de Solliciter la termination de Son proces et Dieu Vous prosp[er]e. &c.

P S di p[ugno] di S. M. Je Suis tres mal Satisfaitte des procedures de Bauman, et Si pouvèz trouuer quelque autre fermier qui m'en donne plus que Je n'ay à present Vous me rendrèz vn tres grand Seruice, car Je croy pouvoir rompre le Contract [...] en honneur et conscience S'il ne me Satisfait pas – –

With modernised spelling:

A Rosenbach.
23 avril 1672.
J'ai reçu votre lettre du 16 du passé, par laquelle je vois l'application et le zèle que vous apportez à mes intérêts. Pour ce qui est de Baumann, je suis persuadée qu'il n'a autre visée que de faire bien son profit dans l'arrende; c'est pourquoi il faut le contraindre à s'acquitter de son devoir avec toute ponctualité selon la teneur du contrat, le menaçant même de lui ôter les biens en cas qu'il y manque et qu'il osera forger des injustes prétentions et chicaner (comme il fait) tous les ans dans les paiements, au grand préjudice des mes revenus et de mes droits.

J'en ai écrit aussi au gouverneur général, lui ordonnant de remédier aux désordres causés par le mauvais procédé de cet homme, espérant qu'il se venger[a] à la raison [et] comportera mieux après qu'il se verra [...] de tout côté. Mais en tout cas ne manquez pas, comme je vous ai écrit autres fois, de faire adroitement vos diligences pour trouver des personnes qui voudront appliquer à cette arrende aux conditions plus avantageuses.

Touchant l'affaire d'Appelman, je vois qu'on a trouvé des preuves évidentes de son infidélité et de l'injustice de ses prétentions que dans la liquidation des méliorations. Je vous donne [de] croire que ce méchant sera enfin abattu. Ne manquez pas de solliciter la termination de son procès; et Dieu vous prospère, etc.

Poscritto di pugno di Sua Maestà.
Je suis très mal satisfaite des procédures de Baumann, et si [vous] pouvez trouver quelque autre fermier qui m'en donne plus que je n'ai à présent, vous me rendrez un très grand service, car je crois pouvoir rompre le contrat en honneur et conscience s'il ne me satisfait pas.

Swedish translation (my own):

Till Rosenbach.
Den 23 april 1672.
Jag har erhållit Ert brev av den 16 i denna sista månad, varigenom jag ser den ansökan och den nit som Ni medför till mina intressen. Vad Baumann angår är jag övertygad om att han inte har något annat syfte än att göra sin vinst väl i arrenderätten; det är därför han måste tvingas ackvittera sig av sin plikt med all punktlighet i enlighet med kontraktets innehåll, till och med hotande att ta bort hans gods om han inte gör det och vågar förfalska orättvisa anspråk och käbbla (som han gör) varje år i betalningarna, till stor skada för mina inkomster och mina rättigheter.

Jag har också skrivit om detta till generalguvernören och beordrat honom att råda bot på de störningar som orsakats av denna mans dåliga uppförande, i hopp om att han skall hämna sig med förnuft och komportera sig bättre efter att ha sett sig själv [...] på alla sidor. Men underlåt i alla fall inte, som jag har skrivit till Er vid andra tillfällen, att skickligt göra Era flitiga ansträngningar för att hitta personer som kommer att vilja ansöka om detta arrendeställe på förmånligare villkor.

När det gäller Appelmans affär ser jag att tydliga bevis på hans otrohet och orättvisan i hans påståenden har funnits endast i likvidationen av meliorationerna. Jag ger Er att tro att den här skurken kommer att fällas till slut. Underlåt inte att begära att hans process avslutas; och Gud välsigne Er osv.

Postskriptum från Hennes Majestäts egen hand.
Jag är mycket illa nöjd med Baumanns procedurer, och om Ni kan finna någon annan hyresgäst som kommer att ge mig mer än vad jag har för närvarande, kommer Ni att göra mig en mycket stor tjänst, ty jag tror att jag kan bryta kontraktet med heder och samvete om det inte tillfredsställer mig.

English translation (my own):

To Rosenbach.
April 23, 1672.
I have received your letter of the 16th of this past month, by which I see the application and zeal that you bring to my interests. As for Baumann, I am persuaded that he has no other aim than to make his profit well in the leasehold; this is why he must be constrained to acquit himself of his duty with all punctuality in accordance with the tenor of the contract, even threatening to take away his estates in case he fails to do so and dares to forge unjust pretensions and quibble (as he does) every year in the payments, to the great prejudice of my revenues and my rights.

I have also written about this to the governor general, ordering him to remedy the disorders caused by the bad conduct of this man, hoping that he will avenge himself with reason and comport himself better after he sees himself [...] on all sides. But in any case, do not fail, as I have written to you on other occasions, to skillfully make your diligent efforts to find people who will want to apply for this leasehold on more advantageous conditions.

Touching the affair of Appelman, I see that clear proofs of his infidelity and the injustice of his claims have been found only in the liquidation of the meliorations. I give you to believe that this villain will be brought down in the end. Do not fail to solicit the termination of his process; and God prosper you, etc.

Postscript from Her Majesty's own hand.
I am very badly satisfied with Baumann's procedures, and if you can find some other tenant who will give me more than what I have at present, you will be doing me a very great service, for I believe I can break the contract with honour and conscience if it does not satisfy me.


Above: Kristina.