Source:
Brieven van Christina (1626-1689) aan Samuel Bochart (1599-1667) PAP 1 B, pages 6 to 8; original courtesy of the Leiden University Libraries (Universitaire Bibliotheken Leiden)
The letter:
de Stocholme le 22 Mars
1651
Monsieur Bochart, ie Vous dois reponse sur la de[r]niere Vostre, et ie Voudrois pouvoir Vous faire Conoistre, par la presente, iusques au qvel point ie Vous suis oblige[e] de la resolution qve Vous aves prise de venir en ce paıẏs. Sen[s] mentir Monsieur cestoit la plus agreable nouvelle qve ie pouvois reCevoir, et ie ne pretan[ds] poin[t] davoir de plus grande iusqves a ce qve ie puis iouir de celle de Vous Voir. accompange du s.r Valois, ce moment la me donera la satisfac[t]ion qve iay so[u]haitte si long temps, et ce moment me donnera celle que iay desire avec tan[t] dinpacience. mais en attendent qvil arrive ie suis oblige[e] de Vous donner vn advertissemant que ie crois Vous estre fort n[ec]essaire, Cest qve ie Vous Veux prier de nabuzer plus desormais du beau langage Grec pour matribver les Vertus ett qvalites qve ie ne possede pas, ie suis si [...] indigne de lapplication qve Vous faittes Sur ma personne, des oracles qve le divin Platon a prononce en faveur de ces Semblables, qve ie rougis de voir qv'ils sont profanes en mon esgard, Vous faittes tort a la grandeur de Vostre esprit et a Celle du Sien, en ce qve Vous permestes que Certaines preiuges qui Sont trop a mon avantage Vous empechent de Conoistre le peu qve ie veaux, et prenes garde qve Vous ne Vous repenties vn iour davoir este trompe et que Vous naurois de la Confusion de Vous Voiont de trompe. Vo[i]cy lavertissement qve iay Voulu Vous doner, nea[n]moins ie me repens desia de lavoir donne, puisque Cest vne paine perdu[e] et puisque y aiant pensént avec plus d'atencion ie Vois qvė cest en Vain, et qve pour vous detromper des opinions avantageuse[s] qve Vous aves Conceu de moy il faloit Seulement, parler pour me faire Voir, et que Cestoit asse de mon stile et dune simple lestre pour Vous desabuser, Cest pourquoy ie ne Veux pas m'amuser d'effacer de Vostre esprit les Opinions qvi [...] me sont des auantageuses puis qvelle[s] sont fauses, ie me [...] Contente, de mavoir fait Conoistre inhabile Comme ie suis, et ie veux Croire qve Ce-la sufit pour arracher de Vostre esprit des opinions fauses et des avantageuses, pour ẏ planter vne austre qvi m'est [...] avantageuse puisqvelle est Vraie, qvi est Celle [?] qve ie Vous prie de Croire puisque Vous la trouveres telle. Cest Monsieur qve ie Vous prie destre pe[r]suade que Vous me tro[u]veres rien dEstimable en moy qve la seule Volonte de bien faire, et laffection qve iay pour vostre personne, la qvelle Vous trouverois accompange dvn estime infinie pour Vos rares merites, et du desir de pouvoir dignement reCompenser laffection qve Vous aves temoinge a ma personne, et [ie] Vous asseure qve ie Vous Conserverois tousiour[s] inviolablement laffection de
Christine
Mons. Javrois presqve oublie de [Vous] remercier du livre qve Vous me Voules dedier, ie Vous puis asseurer qve ie laccepterois Comme Venant de Vous, et Comme ie dois rece[v]oir l'Ex[c]ellent ouvrage qvi part de Vous et qvi est digne du nom de son auteur.
With modernised spelling (with Kristina's spelling mistakes preserved as much as possible):
De Stockholme [sic], le 22 mars 1651.
Monsieur Bochart,
Je vous dois réponse sur la de[r]nière vôtre, et je voudrais pouvoir vous faire connaître par la présente jusqu'au quel point je vous suis obligé[e] de la résolution que vous avez prise de venir en ce pays. Sen[s] [sic] mentir, Monsieur, c'était la plus agréable nouvelle que je pouvais recevoir, et je ne prétan[ds] [sic] poin[t] d'avoir de plus grande jusqu'à ce que je puis jouir de celle de vous voir. Accompangé [sic] du sieur Valois, ce moment me donnera la satisfac[t]ion que j'ai so[u]haité si longtemps, et ce moment me donnera celle que j'ai désiré avec tan[t] d'inpacience [sic].
Mais, en attendent [sic] qu'il arrive, je suis obligé[e] de vous donner un advertissemant [sic] que je crois vous être fort n[éc]essaire: c'est que je vous veux prier de n'abuser plus désormais du beau langage grec pour m'attribuer les vertus et qualités que je ne possède pas. Je suis si indigne de l'application que vous faites sur ma personne des oracles que le divin Platon a prononcé en faveur de ces semblables que je rougis de voir qu'ils sont profanés en mon égard. Vous faites tort à la grandeur de votre esprit et à celle du sien en ce que vous permettez que certaines préjugés qui sont trop à mon avantage vous empêchent de connaître le peu que je veaux [sic]; et prenez garde que vous ne vous repentiez un jour d'avoir été trompé et que vous n'auriez de la confusion de vous [voir] détrompé.
Vo[i]ci l'avertissement que j'ai voulu vous donner. Néa[n]moins, je me repens déjà de l'avoir donné, puisque c'est une paine perdu[e] [sic] et puisque, y ayant pensé avec plus d'attencion [sic], je vois que c'est en vain et que, pour vous détromper des opinions avantageuse[s] que vous avez conçu de moi, il fallait seulement parler pour me faire voir, et que c'était asse[z] de mon stile [sic] et d'une simple lettre pour vous désabuser.
C'est pourquoi je ne veux pas m'amuser d'effacer de votre esprit les opinions qui me sont désavantageuses, puisqu'elle[s] sont fausses. Je me contente de m'avoir fait connaître inhabile, comme je suis, et je veux croire que cela suffit pour arracher de votre esprit des opinions fausses et désavantageuses pour y planter une autre qui m'est avantageuse puisqu'elle est vraie, qui est celle que je vous prie de croire, puisque vous la trouverez telle.
C'est, Monsieur, que je vous prie d'être pe[r]suadé que vous me tro[u]verez rien d'estimable en moi que la seule volonté de bien faire et l'affection que j'ai pour votre personne, laquelle vous trouverez accompangé [sic] d'un estime infinie pour vos rares mérites et du désir de pouvoir dignement recompenser l'affection que vous avez témoingé [sic] à ma personne; et [je] vous assure que je vous conserverai toujour[s] inviolablement l'affection de
Christine.
Monsieur, j'aurais presque oublié de [vous] remercier du livre que vous me voulez dédier, je vous puis assurer que je l'accepterai, comme venant de vous, et comme je dois rece[v]oir l'ex[c]ellent ouvrage qui part de vous et qui est digne du nom de son auteur.
With modernised spelling:
De Stockholm, le 22 mars 1651.
Monsieur Bochart,
Je vous dois réponse sur la de[r]nière vôtre, et je voudrais pouvoir vous faire connaître par la présente jusqu'au quel point je vous suis obligée de la résolution que vous avez prise de venir en ce pays. Sans mentir, Monsieur, c'était la plus agréable nouvelle que je pouvais recevoir, et je ne préten[ds] point d'avoir de plus grande jusqu'à ce que je puis jouir de celle de vous voir. Accompagné du sieur Valois, ce moment me donnera la satisfac[t]ion que j'ai so[u]haité si longtemps, et ce moment me donnera celle que j'ai désiré avec tant d'impatience.
Mais, en attendant qu'il arrive, je suis obligée de vous donner un avertissement que je crois vous être fort n[éc]essaire: c'est que je vous veux prier de n'abuser plus désormais du beau langage grec pour m'attribuer les vertus et qualités que je ne possède pas. Je suis si indigne de l'application que vous faites sur ma personne des oracles que le divin Platon a prononcé en faveur de ces semblables que je rougis de voir qu'ils sont profanés en mon égard. Vous faites tort à la grandeur de votre esprit et à celle du sien en ce que vous permettez que certaines préjugés qui sont trop à mon avantage vous empêchent de connaître le peu que je veux; et prenez garde que vous ne vous repentiez un jour d'avoir été trompé et que vous n'auriez de la confusion de vous [voir] détrompé.
Vo[i]ci l'avertissement que j'ai voulu vous donner. Néanmoins, je me repens déjà de l'avoir donné, puisque c'est une peine perdu[e] et puisque, y ayant pensé avec plus d'attention, je vois que c'est en vain et que, pour vous détromper des opinions avantageuses que vous avez conçu de moi, il fallait seulement parler pour me faire voir, et que c'était assez de mon style et d'une simple lettre pour vous désabuser.
C'est pourquoi je ne veux pas m'amuser d'effacer de votre esprit les opinions qui me sont désavantageuses, puisqu'elles sont fausses. Je me contente de m'avoir fait connaître inhabile, comme je suis, et je veux croire que cela suffit pour arracher de votre esprit des opinions fausses et désavantageuses pour y planter une autre qui m'est avantageuse puisqu'elle est vraie, qui est celle que je vous prie de croire, puisque vous la trouverez telle.
C'est, Monsieur, que je vous prie d'être pe[r]suadé que vous me tro[u]verez rien d'estimable en moi que la seule volonté de bien faire et l'affection que j'ai pour votre personne, laquelle vous trouverez accompagné d'un estime infinie pour vos rares mérites et du désir de pouvoir dignement recompenser l'affection que vous avez témoigné à ma personne; et [je] vous assure que je vous conserverai toujours inviolablement l'affection de
Christine.
Monsieur, j'aurais presque oublié de [vous] remercier du livre que vous me voulez dédier, je vous puis assurer que je l'accepterai, comme venant de vous, et comme je dois rece[v]oir l'ex[c]ellent ouvrage qui part de vous et qui est digne du nom de son auteur.
Swedish translation (my own):
Från Stockholm, den 22 mars 1651.
Monsieur Bochart,
Jag är skyldig Er ett svar på Ert sista brev, och jag vill med detta låta Er veta hur tacksam jag är för det beslut Ni har fattat att komma till detta land. Utan att ljuga, monsieur, var det de mest behagliga nyheter jag kunde få, och jag gör inga anspråk på något större förrän jag kan njuta av att se Er. I sällskap med monsieur Valois kommer detta ögonblick att ge mig den tillfredsställelse jag så länge har önskat mig, och detta ögonblick kommer att ge mig det jag har önskat mig med så stor otålighet.
Men medan jag väntar på hans ankomst är jag tvungen att ge Er en varning som jag anser vara ytterst nödvändig för Er: nämligen att jag vill be Er att inte längre missbruka det vackra grekiska språket för att tillskriva mig dygder och egenskaper som jag inte besitter. Jag är så ovärdig den tillämpning Ni gör på mig av de orakel som den gudomlige Platon uttalade till förmån för sitt slag att jag rodnar vid att se dem vanhelgas för min skull. Ni gör fel mot Er och hans sinnes storhet genom att låta vissa fördomar, som är alltför fördelaktiga för mig, hindra Er från att veta det lilla jag vill ha; och se till att Ni inte en dag ångrar Er över att ha blivit bedragen och att Ni inte blir förvirrad och ser Er själv tagen ur Er villfarelse i den uppfattningen.
Detta är den varning jag har velat ge Er. Ändå ångrar jag redan att jag har givit den, ty det är ett förlorat fall och eftersom jag, efter att ha tänkt igenom det noggrannare, inser att det är förgäves och att för att ta Er ur de fördelaktiga åsikter Ni har fått om mig, var det bara nödvändigt att tala för att göra mig sedd, och att min stil och ett enkelt brev räckte för att ta Er ur Er villfarelse.
Därför vill jag inte roa mig med att utplåna ur Era tankar de åsikter som är ofördelaktiga för mig, ty de är falska. Jag nöjer mig med att ha gjort mig känd som okunnig, som jag är, och jag vill tro att detta är tillräckligt för att rycka upp falska och ofördelaktiga åsikter ur Era tankar för att istället plantera en annan som är fördelaktig för mig eftersom den är sann, vilket är den jag ber Er att tro på, eftersom Ni kommer att finna att det är så.
Det är, monsieur, som jag ber Er att vara övertygad om att Ni inte finner något värdefullt hos mig annat än min enda vilja att göra gott och den tillgivenhet jag hyser för Er person, vilken Ni kommer att finna åtföljd av en oändlig uppskattning för Era sällsynta förtjänster och önskan att värdigt kunna återgälda den tillgivenhet Ni har visat mig; och jag försäkrar Er att jag alltid okränkbart kommer att tillgivenhet för Er hos
Kristina.
Monsieur, jag glömde nästan att tacka Er för boken Ni vill tillägna mig; jag kan försäkra Er om att jag kommer att acceptera den, ty den kommer ju från Er, och eftersom jag måste ta emot det utmärkta verk som kommer ju från Er och är ju värdigt dess författares namn.
English translation (my own):
From Stockholm, March 22, 1651.
Monsieur Bochart,
I owe you a reply to your last letter, and I would like to let you know by the present one how obliged I am to you for the resolution you have taken to come to this country. Without lying, Monsieur, it was the most agreeable news I could receive, and I do not pretend to anything greater until I can enjoy that of seeing you. Accompanied by Monsieur Valois, this moment will give me the satisfaction I have so long desired, and this moment will give me that which I have desired with so much impatience.
But, while waiting until he arrives, I am obliged to give you a warning that I believe is most necessary for you: it is that I want to beg you to no longer abuse the beautiful Greek language to attribute to me virtues and qualities I do not possess. I am so unworthy of the application you make to me of the oracles that the divine Plato pronounced in favour of his kind that I blush to see them profaned in my regard. You are doing wrong to the greatness of your mind and to that of his by allowing certain prejudices, which are too much to my advantage, to prevent you from knowing the little I want; and take care lest you one day repent of having been deceived and lest you be confused to see yourself undeceived of that notion.
This is the warning I have wanted to give you. Nevertheless, I already repent of having given it, since it is a lost cause and since, having thought about it more carefully, I see that it is in vain and that, to disabuse you of the advantageous opinions you have conceived of me, it was only necessary to speak to make me seen, and that my style and a simple letter were enough to disabuse you.
That is why I do not want to amuse myself by erasing from your mind the opinions that are disadvantageous to me, since they are false. I content myself with having made myself known as unskillful, as I am, and I want to believe that this is enough to uproot from your mind false and disadvantageous opinions in order to plant in their place another that is advantageous to me since it is true, which is the one I beg you to believe, since you will find it to be so.
It is, Monsieur, that I beg you to be persuaded that you will find nothing estimable in me other than my sole will to do good and the affection I have for your person, which you will find accompanied by an infinite esteem for your rare merits and the desire to be able to worthily repay the affection you have testified to my person; and I assure you that I will always inviolably preserve for you the affection of
Kristina.
Monsieur, I almost forgot to thank you for the book you want to dedicate to me; I can assure you that I will accept it, as it comes from you, and as I must receive the excellent work that comes from you and is worthy of the name of its author.
Above: Kristina.
Above: Samuel Bochart.
Note: Valois = Henri Valois (1606-1673), a French philologist and student of classical and ecclesiastical historians.

