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Wednesday, November 12, 2025

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Antoine Girard de Saint-Amant (at Gothenburg), dated July 18/28 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 503, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Notre ambassadeur, Chanut, a bien senti que la reine de Suède ne fit à Cérisantes la promesse de l'ambassade de Venise que du bout des lèvres, et pour se débarrasser monentanément de ce diplomate encombrant et exigeant. Il ne sympathise d'ailleurs guère avec le comte Magnus de la Garde et, très justement, Chanut, écrivant, le 21 juillet 1646, à de Lionne, lui suggère discrètement l'idée de conserver Cérisantes en France, où la faveur fidèle de Mazarin ne saurait manquer de l'employer avec honneur...

D'ailleurs l'humeur inquiète et le caractère insupportable de Cérisantes accusent l'antipathie naturelle qui ressentait pour lui le comte Magnus de la Garde. Le départ de Cérisantes, décidé tout d'abord, comme nous l'avons vu, pour l'unique raison que le comte espérait trouver en lui une aide précieuse à la cour de France, redevient incertain..."

"Our ambassador, Chanut, has well sensed that the Queen of Sweden only gave Cérisantes the promise of the embassy in Venice through gritted teeth, and to rid herself for a while of this cumbersome and demanding diplomat. He does not sympathise much with Count Magnus de la Gardie and, quite justly, Chanut, writing on July 21, 1646, to de Lionne, discreetly suggests to him the idea of keeping Cérisantes in France, where the faithful favour of Mazarin could not fail to employ him with honour...

Moreover, Cérisantes's restless humour and unbearable character reveal the natural antipathy that Count Magnus de la Gardie felt for him. Cérisantes's departure, initially decided, as we have seen, for the sole reason that the Count hoped to find in him precious help at the court of France, becomes uncertain again..."

The letter excerpt:

... Il est estrange que la fortune de M. de Cerisantes ait tant d'inegalitez; à l'heure que je vous escris il est encore incertain s'il ira en France avec M. le Comte [Magnus]; pour moy je ne le crois point; j'attendray à l'ordinaire prochain à vous en dire les raisons; cependant il a touché 3000 richedalles et aura encore une chaisne.

With modernised spelling:

... Il est étrange que la fortune de M. de Cérisantes ait tant d'inégalités; à l'heure que je vous écris, il est encore incertain s'il ira en France avec M. le comte [Magnus]; pour moi, je ne le crois point. J'attendrai à l'ordinaire prochain à vous en dire les raisons; cependant il a touché 3 000 richedales et aura encore une chaîne.

Swedish translation (my own):

... Det är märkligt att monsieur de Cérisantes lycka har så många ojämlikheter; i den tid jag skriver till Er är det fortfarande osäkert om han kommer att resa till Frankrike med herr greven [Magnus]; för min del tror jag inte det. Jag väntar till nästa ordinarie med att berätta orsakerna; han har dock fått 3,000 riksdaler och kommer fortfarande att ha en kedja.

English translation (my own):

... It is strange that Monsieur de Cérisantes' fortune has so many inequalities; at the hour I am writing to you, it is still uncertain whether he will go to France with Lord Count [Magnus]; for my part, I don't believe it. I will wait until the next ordinary to tell you the reasons; however, he has received 3,000 riksdalers and will still have a chain.

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Hugues de Lionne, dated July 11/21 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, pages 502 to 503, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Notre ambassadeur, Chanut, a bien senti que la reine de Suède ne fit à Cérisantes la promesse de l'ambassade de Venise que du bout des lèvres, et pour se débarrasser monentanément de ce diplomate encombrant et exigeant. Il ne sympathise d'ailleurs guère avec le comte Magnus de la Garde et, très justement, Chanut, écrivant, le 21 juillet 1646, à de Lionne, lui suggère discrètement l'idée de conserver Cérisantes en France, où la faveur fidèle de Mazarin ne saurait manquer de l'employer avec honneur..."

"Our ambassador, Chanut, has well sensed that the Queen of Sweden only gave Cérisantes the promise of the embassy in Venice through gritted teeth, and to rid herself for a while of this cumbersome and demanding diplomat. He does not sympathise much with Count Magnus de la Gardie and, quite justly, Chanut, writing on July 21, 1646, to de Lionne, discreetly suggests to him the idea of keeping Cérisantes in France, where the faithful favour of Mazarin could not fail to employ him with honour..."

The letter excerpt:

Enfin, M. le Comte de la Garde est party et ce n'a pas esté sans larmes, qui n'ont pas néantmoins esté veuës publiquement. M. de Cerisantes est de la partie du voyage aux conditions que je vous escrivis l'ordinaire dernier. La Reine pourtant a fait scrupule de l'engager précisément à aucun employ certain à son retour et a conçu sa promesse en termes faciles à résoudre; le bon visage qu'elle luy a fait a réparé en une visite plusieurs mescontentemens qu'il avoit au fond de l'âme; s'il trouve jour à s'attacher en France, je crois que ses amis luy doivent conseiller et qu'à peine s'accomodera-t il aux humeurs de cette cour; il part dans deux jours; si dans l'entretien vous le trouvez moins informé de l'intérieur de la Reine au sujet du comte, je pense, Monsieur, qu'il est important qu'il ne connoisse point que Son Eminence ayt de meilleurs advis, puisqu'il n'a pas perdu le dessein de retourner, et que je ne me peux assurer de ce qu'il rapporteroit à la Reine; je vois clairement quelque antipathie entre le comte et luy; s'ils perdent l'opinion d'estre nécessaires l'un à l'autre, ce sera une merveille s'ils passent longtemps sans degoust; j'estime qu'il ne vous celera point qu'il a usé de moy comme d'un amy, ainsi que de ma part je suis obligé de reconnoistre son mérite et l'obligation que j'avois de le servir puisque vous me l'aviez ordonné; il a désiré que je luy donnasse une lettre pour Son Eminence que je ne luy ay pû refuser en termes qui fussent à sa satisfaction.

With modernised spelling:

Enfin, M. le comte de la Garde est parti, et ce n'a pas été sans larmes, qui n'ont pas néanmoins été vues publiquement. M. de Cérisantes est de la partie du voyage, aux conditions que je vous écrivis l'ordinaire dernier. La reine pourtant a fait scrupule de l'engager précisément à aucun emploi certain à son retour et a conçu sa promesse en termes faciles à résoudre; le bon visage qu'elle lui a fait a réparé en une visite plusieurs mécontentements qu'il avait au fond de l'âme.

S'il trouve jour à s'attacher en France, je crois que ses amis lui doivent conseiller, et qu'à peine s'accommodera-t-il aux humeurs de cette cour; il part dans deux jours. Si dans l'entretien vous le trouvez moins informé de l'intérieur de la reine au sujet du comte, je pense, Monsieur, qu'il est important qu'il ne connaisse point que Son Éminence ait de meilleurs avis, puisqu'il n'a pas perdu le dessein de retourner, et que je ne me peux assurer de ce qu'il rapporterait à la reine; je vois clairement quelque antipathie entre le comte et lui.

S'ils perdent l'opinion d'être nécessaires l'un à l'autre, ce sera une merveille s'ils passent longtemps sans dégoût; j'estime qu'il ne vous céléra point qu'il a usé de moi comme d'un ami, ainsi que de ma part je suis obligé de reconnaître son mérite et l'obligation que j'avais de le servir puisque vous me l'aviez ordonné. Il a désiré que je lui donnasse une lettre pour Son Éminence, que je ne lui ai pu refuser en termes qui fussent à sa satisfaction.

Swedish translation (my own):

Äntligen har herr greve de la Gardie givit sig av, och det skedde inte utan tårar, vilka dock inte syntes offentligt. Monsieur de Cérisantes är med på resan, på de villkor jag skrev till Er senast med sista posten. Drottningen var dock noggrann med att binda honom till någon specifik position vid sin återkomst och formulerade sitt löfte i ordalag som var lätta att lösa; det vänliga ansikte hon gav honom reparerade under ett besök flera missnöjen som han hade ända in i djupet av sin själ.

Om han hittar en dag att knyta sig till Frankrike, tror jag att hans vänner måste ge honom råd, och att han knappast kommer att anpassa sig till detta hovs stämningar; han reser om två dagar. Om Ni under intervjun finner honom mindre informerad om drottningens inre förhållande till greven, tror jag, monsieur, att det är viktigt att han inte vet att Hans Eminens har bättre råd, ty han inte har förlorat avsikten att återvända, och jag kan inte vara säker på vad han skulle rapportera till drottningen; jag ser tydligt en viss antipati mellan greven och honom.

Om de förlorar uppfattningen att de är nödvändiga för varandra, vore det ett under om de tillbringar en lång tid utan avsky; jag tror att han inte kommer att dölja för Er att han har använt mig som vän, ty jag från min sida är tvungen att inse hans förtjänst och den skyldighet jag hade att tjäna honom eftersom Ni hade beordrat mig att göra det. Han begärde att jag skulle ge honom ett brev till Hans Eminens, vilket jag inte kunde vägra honom i ordalag som var till hans belåtenhet.

English translation (my own):

Finally, Lord Count de la Gardie has left, and it was not without tears, which were nevertheless not seen publicly. Monsieur de Cérisantes is part of the journey, on the conditions I wrote to you by the last ordinary. The Queen, however, was scrupulous about committing him to any specific position on her return and framed her promise in terms that were easy to resolve; the kind face she gave him repaired in one visit several discontentments that he had down to the bottom of his soul.

If he finds a day to attach himself to France, I believe that his friends must advise him, and that he will hardly accommodate himself to the humours of this court; he leaves in two days. If in the interview you find him less informed about the Queen's interior concerning the Count, I think, Monsieur, that it is important that he does not know that His Eminence has better advice, since he has not lost the intention of returning, and I cannot be sure of what he would report to the Queen; I clearly see some antipathy between the Count and him.

If they lose the opinion of being necessary to each other, it will be a wonder if they spend a long time without disgust; I believe that he will not conceal from you that he has used me as a friend, as on my part I am obliged to recognise his merit and the obligation that I had to serve him since you had ordered me to do so. He desired that I give him a letter for His Eminence, which I could not refuse him in terms that were to his satisfaction.


Above: Kristina.


Above: Magnus Gabriel de la Gardie.


Above: Cardinal Jules Mazarin.


Above: Hugues de Lionne.

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Antoine Girard de Saint-Amant (at Münster), dated July 11/21 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, pages 501 to 502, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Le 12 mai 1646, Chanut annonce à de Lionne que Cérisantes a enfin eu une audience de la reine Christine, qui ne veut pas entendre parler de son retour à Paris:

«M. de Cerisantes a esté bien receu. Sa Majesté en fait compte et s'en veut servir comme d'un homme qu'elle estime. Pour l'employ de France, elle ne l'y destine pas, et semble luy vouloir faire de grands avantages dans l'armée, l'equipper pour y paroistre et mesmes payer les debtes qu'il a faites en France et à son service. Mais comme il a grande inclination, au moins en apparence, a retourner en France pour le service de cette couronne, et qu'elle ne le veut pas mescontenter, je ne vois pas qu'il y ayt de l'impossibilité à l'obtenir.»

Cependant, la reine notifie enfin à Cérisantes, que Chanut protège, car le poète latin est cher au cardinal de Mazarin, qu'il n'aura pas l'ambassade de France; ce poste honorifique et important était le rêve toujours caressé de notre poète, qui se trouve fort mortifié...

Enfin, les événements dessillent les yeux de Chanut; Cérisantes, voulant contenter les deux partis de la cour de Suède, s'est compromis auprès de tout le monde, et personne ne le soutient plus. Comme il se sent entouré d'hostilité dans cette cour, et qu'au surplus il estime indigne de lui les charges qu'on lui offre en Suède, il brise les vitres avec éclat et demande simplement son congé, non sans quelque arrogance. Aubery du Maurier raconte que la Reine, lui ayant signifié son congé, toujours sous prétexte de la nécessité d'envoyer un Suédois auprès de la Cour de France, Cérisantes «lui répondit assez fièrement qu'il avoit toujours cru que Sa Majesté feroit plus d'état du mérite et de la valleur par elle-même que par le lieu de la naissance». La colère n'aveugle cependant point totalement notre diplomate congédié; se souvenant des dettes qu'il a laissées naguète à Paris, il sollicite quelque pécune pour adoucir la douceur de son départ...

Tout à coup, le vent tourne, et un peu d'espoir reste encore à Cérisantes de revoir la France comme Résident de Suède...

Enfin, le comte Magnus de la Garde part, le 18 juillet 1646, entraînant à sa suite Cérisantes, dont la loquacité l'a subjugué..."

"On May 12, 1646, Chanut announced to de Lionne that Cérisantes had finally had an audience with Queen Kristina, who did not want to hear about his return to Paris:

'Monsieur de Cérisantes has been received well. Her Majesty takes this into account and wishes to use him as a man she esteems. As for the employ in France, she does not destine him for it and seems to want to give him great advantages in the army, equip him to appear there, and even pay the debts he has incurred in France and in her service. But, as he has a great inclination, at least in appearance, to return to France for the service of this Crown, and she does not want to discontent him, I do not see that there is any impossibility of obtaining it.'

However, the Queen finally notifies Cérisantes, whom Chanut is protecting, because the Latin poet is dear to Cardinal Mazarin, that he will not have the French embassy; this honourary and important post was the ever-cherished dream of our poet, who finds himself very mortified...

Finally, events opened Chanut's eyes; Cérisantes, wanting to satisfy both parties at the court of Sweden, had compromised himself with everyone, and no one supported him any longer. As he felt surrounded by hostility in this court, and moreover he considered the positions offered to him in Sweden to be beneath him, he smashed the windows with a bang and simply asked for his leave, not without a certain arrogance. Aubery du Maurier recounts that when the Queen gave him notice of his leave, still under the pretext of the need to send a Swede to the court of France, Cérisantes 'replied rather proudly that he had always believed that Her Majesty would make more of merit and valour in herself than by place of birth'. Anger, however, did not completely blind our dismissed diplomat; remembering the debts he had left behind in Paris, he asks for some money to soften the sweetness of his departure...

Suddenly, the wind changes, and Cérisantes still has a little hope of seeing France again as a Resident of Sweden...

Finally, Count Magnus de la Gardie left on July 18, 1646, taking with him Cérisantes, whose loquacity had captivated him..."

The letter excerpt:

M. de Cerisantes portera vostre lettre pour l'obliger de tenir compagnie à M. le Comte [Magnus] dans son voyage; on luy donne mil escus en arrivant en France pour se mettre en equipage, outre les trois mil que je vous ay mandé qu'on lui avoit accordé à cause des despenses qu'il a faittes en France et la Reine luy promet à son retour qu'elle luy donnera l'Ambassade de Venise ou autre employ pareil, mais Elle ne s'y engage que de bonne sorte, et ne veut pas que cette parolle soit sceue ici, mais bien que pour l'honneur et satisfaction que M. de Cerisantes son ambassadeur le dise à Leurs Majestez en France, je ne trouve point la condition mauvaise. Et s'il trouve jour en France de se faire employ tant soit peu considerable, je crois qu'il fera bien de le prendre, car je suis fort trompé si son humeur convient bien avec celle de M. le Comte qui la recherche en cette occasion, s'imaginant qu'il en avoit absolument besoin; si j'avois esté de son conseil et que je n'eusse pas esté amy de M. de Cerisantes, je luy aurois persuadé le contraire, et qu'il luy estoit plus advantageux de ne pas le mener avec luy, mais j'ay laissé aller les choses, sans me mesler de le guerir de cette terreur panique de nostre Cour qui l'a saisy quatre jours seulement auparavant son depart et luy a faict precipiter la resolution d'avoir avec luy du secours...

With modernised spelling:

M. de Cérisantes portera votre lettre, pour l'obliger de tenir compagnie à M. le comte [Magnus] dans son voyage; on lui donne mille écus en arrivant en France pour se mettre en équipage, outre les trois mille que je vous ai mandé qu'on lui avait accordé à cause des dépenses qu'il a faites en France; et la reine lui promet à son retour qu'elle lui donnera l'ambassade de Venise ou autre emploi pareil, mais elle ne s'y engage que de bonne sorte et ne veut pas que cette parole soit sue ici, mais bien que, pour l'honneur et satisfaction que M. de Cérisantes, son ambassadeur, le dise à Leurs Majestés en France, je ne trouve point la condition mauvaise.

Et, s'il trouve jour en France de se faire emploi tant soit peu considérable, je crois qu'il fera bien de le prendre, car je suis fort trompé si son humeur convient bien avec celle de M. le comte, qui la recherche en cette occasion, s'imaginant qu'il en avait absolument besoin. Si j'avais été de son conseil et que je n'eusse pas été ami de M. de Cérisantes, je lui aurais persuadé le contraire, et qu'il lui était plus avantageux de ne pas le mener avec lui, mais j'ai laissé aller les choses sans me mêler de le guérir de cette terreur panique de notre cour qui l'a saisi quatre jours seulement auparavant son départ et lui a fait précipiter la résolution d'avoir avec lui du secours...

Swedish translation (my own):

Monsieur de Cérisantes kommer att bära Ert brev för att förplikta honom att hålla herr greven [Magnus] sällskap på hans resa; han får tusen écus vid ankomsten till Frankrike att utrusta sig med, utöver de tretusen som jag har sagt Er har beviljats honom på grund av de utgifter han har ådragit sig i Frankrike; och drottningen lovar honom vid hans återkomst att hon skall ge honom ambassaden till Venedig eller någon annan liknande sysselsättning, men hon sysslar bara med det på ett gott sätt och vill inte att detta ord skall bli känt här, utan snarare, för den ära och tillfredsställelse som monsieur de Cérisantes, hennes ambassadör, berättar för Deras Majestäter i Frankrike, finner jag inte konditionen dålig.

Och om han hittar en dag i Frankrike för att finna sig i någon betydande anställning, tror jag att han gör klokt i att ta den, för jag misstar mig mycket om hans humör stämmer väl överens med herr grevens, som söker det vid detta tillfälle och inbillar sig att han absolut behövde det. Om jag hade varit på hans råd och inte varit vän med monsieur de Cérisantes, skulle jag ha övertygat honom om motsatsen, och att det var mer fördelaktigt för honom att inte ta honom med sig, men jag lät det vara utan att blanda mig i att bota honom från denna panikslagna skräck från vårt hov som grep tag i honom bara fyra dagar före hans avresa och fick honom att skynda sig till beslutet att söka stöd hos honom...

English translation (my own):

Monsieur de Cérisantes will carry your letter, to oblige him to keep the Lord Count [Magnus] company on his journey; he is given a thousand écus upon arrival in France to equip himself with, in addition to the three thousand that I have told you have been accorded to him because of the expenses he has incurred in France; and the Queen promises him on his return that she will give him the embassy to Venice or some other similar employ, but she only engages herself in it in a good way and does not want this word to be known here, but rather, for the honour and satisfaction that Monsieur de Cérisantes, her ambassador, tells Their Majesties in France, I do not find the condition bad.

And, if he finds a day in France to find himself in any considerable employ, I believe that he would do well to take it, for I am very mistaken if his humour fits well with that of the Lord Count, who is seeking it on this occasion, imagining that he absolutely needed it. If I had been of his counsel and had not been a friend of Monsieur de Cérisantes, I would have persuaded him of the contrary, and that it was more advantageous for him not to take him with him, but I let things go without interfering in curing him of this panicked terror from our court which seized him only four days before his departure and made him hasten to the resolution of having succour with him...


Above: Kristina.


Above: Magnus Gabriel de la Gardie.

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Hugues de Lionne, dated July 4/14 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 501, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Le 12 mai 1646, Chanut annonce à de Lionne que Cérisantes a enfin eu une audience de la reine Christine, qui ne veut pas entendre parler de son retour à Paris:

«M. de Cerisantes a esté bien receu. Sa Majesté en fait compte et s'en veut servir comme d'un homme qu'elle estime. Pour l'employ de France, elle ne l'y destine pas, et semble luy vouloir faire de grands avantages dans l'armée, l'equipper pour y paroistre et mesmes payer les debtes qu'il a faites en France et à son service. Mais comme il a grande inclination, au moins en apparence, a retourner en France pour le service de cette couronne, et qu'elle ne le veut pas mescontenter, je ne vois pas qu'il y ayt de l'impossibilité à l'obtenir.»

Cependant, la reine notifie enfin à Cérisantes, que Chanut protège, car le poète latin est cher au cardinal de Mazarin, qu'il n'aura pas l'ambassade de France; ce poste honorifique et important était le rêve toujours caressé de notre poète, qui se trouve fort mortifié...

Enfin, les événements dessillent les yeux de Chanut; Cérisantes, voulant contenter les deux partis de la cour de Suède, s'est compromis auprès de tout le monde, et personne ne le soutient plus. Comme il se sent entouré d'hostilité dans cette cour, et qu'au surplus il estime indigne de lui les charges qu'on lui offre en Suède, il brise les vitres avec éclat et demande simplement son congé, non sans quelque arrogance. Aubery du Maurier raconte que la Reine, lui ayant signifié son congé, toujours sous prétexte de la nécessité d'envoyer un Suédois auprès de la Cour de France, Cérisantes «lui répondit assez fièrement qu'il avoit toujours cru que Sa Majesté feroit plus d'état du mérite et de la valleur par elle-même que par le lieu de la naissance». La colère n'aveugle cependant point totalement notre diplomate congédié; se souvenant des dettes qu'il a laissées naguète à Paris, il sollicite quelque pécune pour adoucir la douceur de son départ...

Tout à coup, le vent tourne, et un peu d'espoir reste encore à Cérisantes de revoir la France comme Résident de Suède..."

"On May 12, 1646, Chanut announced to de Lionne that Cérisantes had finally had an audience with Queen Kristina, who did not want to hear about his return to Paris:

'Monsieur de Cérisantes has been received well. Her Majesty takes this into account and wishes to use him as a man she esteems. As for the employ in France, she does not destine him for it and seems to want to give him great advantages in the army, equip him to appear there, and even pay the debts he has incurred in France and in her service. But, as he has a great inclination, at least in appearance, to return to France for the service of this Crown, and she does not want to discontent him, I do not see that there is any impossibility of obtaining it.'

However, the Queen finally notifies Cérisantes, whom Chanut is protecting, because the Latin poet is dear to Cardinal Mazarin, that he will not have the French embassy; this honourary and important post was the ever-cherished dream of our poet, who finds himself very mortified...

Finally, events opened Chanut's eyes; Cérisantes, wanting to satisfy both parties at the court of Sweden, had compromised himself with everyone, and no one supported him any longer. As he felt surrounded by hostility in this court, and moreover he considered the positions offered to him in Sweden to be beneath him, he smashed the windows with a bang and simply asked for his leave, not without a certain arrogance. Aubery du Maurier recounts that when the Queen gave him notice of his leave, still under the pretext of the need to send a Swede to the court of France, Cérisantes 'replied rather proudly that he had always believed that Her Majesty would make more of merit and valour in herself than by place of birth'. Anger, however, did not completely blind our dismissed diplomat; remembering the debts he had left behind in Paris, he asks for some money to soften the sweetness of his departure...

Suddenly, the wind changes, and Cérisantes still has a little hope of seeing France again as a Resident of Sweden..."

The letter excerpt:

Depuis vingt quatre heures, il s'est eslevé un vent favorable pour M. de Cerisantes. Le Comte [Magnus] sur le poinct de son depart, apprehende une navigation sans pilote et le veut engager de passer avec luy en France. Pour l'y convier, on luy propose qu'il conservera la qualité de Résident en France pendant tout le voyage au retour duquel la Reyne lui promettra de l'envoyer Ambassadeur à Venise, et cependant il emportera les 3000 richedalles promises pour payer ses debtes en France. J'espere que cette ouverture aura lieu; je lui conseille de l'accepter, et de la part de la Reine, il ne s'agit que d'une promesse qui est chose aisée aux Princes que la raison d'Estat absout à poinct nommé quand la volonté luy change.

With modernised spelling:

Depuis vingt-quatre heures, il s'est élevé un vent favorable pour M. de Cérisantes. Le comte [Magnus], sur le point de son départ, appréhende une navigation sans pilote et le veut engager de passer avec lui en France. Pour l'y convier, on lui propose qu'il conservera la qualité de résident en France pendant tout le voyage, au retour duquel la reine lui promettra de l'envoyer ambassadeur à Venise; et cependant il emportera les 3 000 richedales promises pour payer ses dettes en France. J'espère que cette ouverture aura lieu; je lui conseille de l'accepter, et de la part de la reine, il ne s'agit que d'une promesse qui est chose aisée aux princes, que la raison d'État absout à point nommé quand la volonté lui change.

Swedish translation (my own):

Sedan tjugofyra timmar har det blåst gynnsam vind för monsieur de Cérisantes. Greven [Magnus], som är på väg att ge sig av, är orolig för att segla utan styrman och vill anlita honom för att följa med till Frankrike. För att bjuda in honom föreslås att han behåller statusen som resident i Frankrike under hela resan, och att drottningen vid återresan lovar att sända honom ambassadör till Venedig; och under tiden tar han med sig de 3,000 riksdaler som han utlovat för att betala hans skulder i Frankrike. Jag hoppas att denna övergång kommer att genomföras; jag råder honom att acceptera den, och från drottningens sida är det bara ett löfte som är lätt för furstar, vilka Statsskäl frikänner vid rätt tidpunkt när deras vilja förändras.

English translation (my own):

Since twenty-four hours, a favourable wind has arisen for Monsieur de Cérisantes. The Count [Magnus], about to leave, is apprehensive about sailing without a pilot and wants to engage him to go with him to France. To invite him, it is proposed that he retain the status of resident in France for the entire voyage, on the return of which the Queen will promise to send him ambassador to Venice; and in the meantime he will take with him the 3,000 riksdalers promised to pay his debts in France. I hope that this overture will take place; I advise him to accept it, and on the part of the Queen, it is only a promise which is easy for princes, whom reasons of State absolve at the right time when their will changes.


Above: Kristina.


Above: Magnus Gabriel de la Gardie.


Above: Hugues de Lionne.

Note: Mongrédien's comment: "... Une lettre de Chanut à M. de Brienne du 7 juillet ... nous apprend qu'un Suédois, Jacob Schut, refusa la résidence de Suède en France sous le prétexte d'une maladie. C'est après ce refus que le reine pensa à conserver provisoirement Cérisantes, avant de l'envoyer à Venise." — "... A letter from Chanut to Monsieur de Brienne dated, July 7, ... informs us that a Swede, Jakob Skytte, refused the residence of Sweden in France under the pretext of illness. It was after this refusal that the Queen thought of provisorily retaining Cérisantes, before sending him to Venice."

Monday, September 29, 2025

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Hugues de Lionne, dated June 27/July 7 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, pages 500 to 501, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Le 12 mai 1646, Chanut annonce à de Lionne que Cérisantes a enfin eu une audience de la reine Christine, qui ne veut pas entendre parler de son retour à Paris:

«M. de Cerisantes a esté bien receu. Sa Majesté en fait compte et s'en veut servir comme d'un homme qu'elle estime. Pour l'employ de France, elle ne l'y destine pas, et semble luy vouloir faire de grands avantages dans l'armée, l'equipper pour y paroistre et mesmes payer les debtes qu'il a faites en France et à son service. Mais comme il a grande inclination, au moins en apparence, a retourner en France pour le service de cette couronne, et qu'elle ne le veut pas mescontenter, je ne vois pas qu'il y ayt de l'impossibilité à l'obtenir.»

Cependant, la reine notifie enfin à Cérisantes, que Chanut protège, car le poète latin est cher au cardinal de Mazarin, qu'il n'aura pas l'ambassade de France; ce poste honorifique et important était le rêve toujours caressé de notre poète, qui se trouve fort mortifié...

Enfin, les événements dessillent les yeux de Chanut; Cérisantes, voulant contenter les deux partis de la cour de Suède, s'est compromis auprès de tout le monde, et personne ne le soutient plus. Comme il se sent entouré d'hostilité dans cette cour, et qu'au surplus il estime indigne de lui les charges qu'on lui offre en Suède, il brise les vitres avec éclat et demande simplement son congé, non sans quelque arrogance. Aubery du Maurier raconte que la Reine, lui ayant signifié son congé, toujours sous prétexte de la nécessité d'envoyer un Suédois auprès de la Cour de France, Cérisantes «lui répondit assez fièrement qu'il avoit toujours cru que Sa Majesté feroit plus d'état du mérite et de la valleur par elle-même que par le lieu de la naissance». La colère n'aveugle cependant point totalement notre diplomate congédié; se souvenant des dettes qu'il a laissées naguète à Paris, il sollicite quelque pécune pour adoucir la douceur de son départ..."

"On May 12, 1646, Chanut announced to de Lionne that Cérisantes had finally had an audience with Queen Kristina, who did not want to hear about his return to Paris:

'Monsieur de Cérisantes has been received well. Her Majesty takes this into account and wishes to use him as a man she esteems. As for the employ in France, she does not destine him for it and seems to want to give him great advantages in the army, equip him to appear there, and even pay the debts he has incurred in France and in her service. But, as he has a great inclination, at least in appearance, to return to France for the service of this Crown, and she does not want to discontent him, I do not see that there is any impossibility of obtaining it.'

However, the Queen finally notifies Cérisantes, whom Chanut is protecting, because the Latin poet is dear to Cardinal Mazarin, that he will not have the French embassy; this honourary and important post was the ever-cherished dream of our poet, who finds himself very mortified...

Finally, events opened Chanut's eyes; Cérisantes, wanting to satisfy both parties at the court of Sweden, had compromised himself with everyone, and no one supported him any longer. As he felt surrounded by hostility in this court, and moreover he considered the positions offered to him in Sweden to be beneath him, he smashed the windows with a bang and simply asked for his leave, not without a certain arrogance. Aubery du Maurier recounts that when the Queen gave him notice of his leave, still under the pretext of the need to send a Swede to the court of France, Cérisantes 'replied rather proudly that he had always believed that Her Majesty would make more of merit and valour in herself than by place of birth'. Anger, however, did not completely blind our dismissed diplomat; remembering the debts he had left behind in Paris, he asks for some money to soften the sweetness of his departure..."

The letter excerpt:

M. de Cerisantes ne s'est point trouvé en conjoncture favorable pour retourner dans l'employ de France. Ses bonnes qualités qui l'avoient fait rechercher en un autre temps l'ont rendu suspect aux deux partis de cette cour; comme il ne s'estoit attaché particulièrement ny à l'un ny à l'autre, M. le Chancelier a pensé qu'il suivoit le cours de la faveur et se donneroit du costé de la maison de la Garde; M. le comte Magnus, au contraire, l'ayant toujours soupçonné d'avoir plus d'inclination vers le Chancelier, a cru qu'il ne s'en departiroit pas aisément estant dans un employ d'affaires qui luy donneroit tousjours occasion d'avoir une estroite correspondance avec ledict Chancelier; ainsy chacun pour l'oster à l'autre a cherché prétexte de son exclusion dans la bienséance qu'il y auroit de ne se servir pas d'un estranger dans l'employ de leurs plus importantes affaires. La Reine n'a peu s'en desdire, et il n'aura pas esté malaisé de luy persuader qu'un françois servant en France, quelque fidèle qu'il fust, donneroit tousjours beaucoup aux sentimens de la Patrie, a quoy sans doute n'aura pas peu contribué la sincérité avec laquelle il escrivoit et le respect particulier qu'il leur a tousjours tesmoigné de porter à Monseigneur le Cardinal. Les partis qu'on luy a offerts d'un regiment dans l'armée ou d'une pension en cette cour ne l'ont pas contenté. Comme le comte Magnus m'a dict lui-mesme, plusieurs du Senat tesmoignoient desirer qu'il s'establist icy, mais je crois que ny le Chancelier ny le comte n'en eussent esté contens. Il a donc enfin demandé son congé hautement sur quoy on lui a ordonné 3000 livres pour le desdommager de 4000 livres qu'il a dit avoir despenséz au service de la couronne par-dessus ses appointemens, et je crois qu'après cela on luy fera quelque present quand il prendra congé de la Reine; je vois bien qu'il a de puissantes raisons pour quitter le service de la Suède, mais je n'ay encore pu sçavoir s'il retournera droict en France. Je ne vois pas qu'il puisse prendre un meilleur party, et je crois que de plusieurs qui luy passent maintenant dans l'esprit, il se resoudra plustost à celuy là qu'à tout autre par la confiance qu'il a en vostre amitié.

With modernised spelling:

M. de Cérisantes ne s'est point trouvé en conjoncture favorable pour retourner dans l'emploi de France. Ses bonnes qualités qui l'avaient fait rechercher en un autre temps l'ont rendu suspect aux deux partis de cette cour; comme il ne s'était attaché particulièrement ni à l'un ni à l'autre, M. le chancelier a pensé qu'il suivait le cours de la faveur et se donnerait du côté de la Maison de la Garde.

M. le comte Magnus, au contraire, l'ayant toujours soupçonné d'avoir plus d'inclination vers le chancelier, a cru qu'il ne s'en départirait pas aisément, étant dans un emploi d'affaires qui lui donnerait toujours occasion d'avoir une étroite correspondance avec ledit chancelier; ainsi chacun, pour l'ôter à l'autre, a cherché prétexte de son exclusion dans la bienséance qu'il y aurait de ne se servir pas d'un étranger dans l'emploi de leurs plus importantes affaires.

La reine n'a pu s'en dédire, et il n'aura pas été malaisé de lui persuader qu'un Français servant en France, quelque fidèle qu'il fût, donnerait toujours beaucoup aux sentiments de la Patrie, à quoi sans doute n'aura pas pu contribué la sincérité avec laquelle il écrivait et le respect particulier qu'il leur a toujours témoigné de porter à Monseigneur le cardinal.

Les partis qu'on lui a offerts d'un régiment dans l'armée ou d'une pension en cette cour ne l'ont pas contenté. Comme le comte Magnus m'a dit lui-même, plusieurs du Sénat témoignaient désirer qu'il s'établît ici, mais je crois que ni le chancelier ni le comte n'en eussent été contents. Il a donc enfin demandé son congé hautement, sur quoi on lui a ordonné 3 000 livres pour le dédommager de 4 000 livres qu'il a dit avoir dépensés au service de la Couronne par-dessus ses appointements; et je crois qu'après cela on lui fera quelque présent quand il prendra congé de la reine.

Je vois bien qu'il a de puissantes raisons pour quitter le service de la Suède, mais je n'ai encore pu savoir s'il retournera droit en France. Je ne vois pas qu'il puisse prendre un meilleur parti, et je crois que de plusieurs qui lui passent maintenant dans l'esprit, il se résoudra plutôt à celui-là qu'à tout autre par la confiance qu'il a en votre amitié.

Swedish translation (my own):

Monsieur de Cérisantes har inte befunnit sig i en gynnsam situation för att återvända till den franska tjänsten. Hans goda egenskaper, som hade gjort honom eftertraktad vid en annan tidpunkt, gjorde honom misstänksam för båda parter vid detta hov; eftersom han inte hade fäst sig särskilt vid någon av dem, trodde herr kanslern att han följde gunstens väg och skulle ge sig på Huset de la Gardies sida.

Herr greve Magnus, däremot, som alltid misstänkt honom för att ha större böjelse för kanslern, har trott att han inte lätt skulle avvika från den, eftersom han befann sig i en situation som alltid skulle ge honom möjlighet att ha en nära korrespondens med nämnde kansler; därför sökte var och en, för att ta honom bort från den andre, en förevändning för att utesluta honom från den anständighet som det skulle vara att inte använda en utlänning i sina viktigaste angelägenheter.

Drottningen kunde inte backa ur det, och det skulle inte ha varit svårt att övertyga henne om att en fransman som tjänstgjorde i Frankrike, hur trogen han än må vara, alltid skulle ge mycket till Fäderneslandets känslor, till vilka den uppriktighet med vilken han skrev och den särskilda respekt han alltid visade för monseigneur kardinalen utan tvekan inte kunde ha bidragit.

De erbjudandena om ett regemente i armén eller en pension vid detta hov har inte nöjt honom. Som greve Magnus själv har berättat för mig, betygade flera av Rådet att de önskade att han skulle etablera sig här, men jag tror att varken kanslern eller greven skulle ha varit nöjda. Han bad därför slutligen och högljutt om hans avsked, varpå han beordrades att få 3,000 livres som kompensation för de 4,000 livres som han sade sig ha spenderat i Kronans tjänst utöver sin lön; och jag tror att han därefter kommer att få en present när han tar avsked av drottningen.

Jag ser att han har starka skäl för att lämna Sveriges tjänst, men jag har ännu inte kunnat ta reda på om han kommer att återvända direkt till Frankrike. Jag ser inte att han kan välja en bättre väg, och jag tror att av de flera som nu går igenom hans tankar, kommer han att besluta sig för denna snarare än någon annan på grund av det förtroende han har för Er vänskap.

English translation (my own):

Monsieur de Cérisantes has not found himself in a favourable situation to return to the French service. His good qualities, which had made him sought after at another time, made him suspect to both parties at this court; as he had not particularly attached himself to either, the Lord Chancellor thought that he was following the course of favour and would give himself to the side of the House of de la Gardie.

Lord Count Magnus, on the contrary, having always suspected him of having more inclination towards the Chancellor, has believed that he would not easily depart from it, being in a position of affairs which would always give him the opportunity to have a close correspondence with the said Chancellor; thus each, to take him away from the other, sought a pretext for his exclusion in the propriety that there would be in not using a foreigner in the employ of their most important affairs.

The Queen could not back down from it, and it would not have been difficult to persuade her that a Frenchman serving in France, however faithful he might be, would always give a lot to the feelings of the Fatherland, to which the sincerity with which he wrote and the particular respect he always showed for Monseigneur the Cardinal could no doubt not have contributed.

The parties that were offered to him of a regiment in the army or of a pension at this court have not contented him. As Count Magnus himself has told me, several of the Senate testified that they wished him to establish himself here, but I believe that neither the Chancellor nor the Count would have been satisfied. He therefore finally and loudly asked for his leave, whereupon he was ordered to be paid 3,000 livres to compensate him for the 4,000 livres that he said he had spent in the service of the Crown over and above his salary; and I believe that after that he will be given some present when he takes leave of the Queen.

I see that he has powerful reasons for leaving the service of Sweden, but I have not yet been able to find out whether he will return directly to France. I do not see that he can take a better course, and I believe that of the several that now pass through his mind, he will resolve to this one rather than any other because of the confidence he has in your friendship.


Above: Kristina.


Above: Axel Oxenstierna.


Above: Magnus Gabriel de la Gardie.


Above: Hugues de Lionne.

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Hugues de Lionne, dated May 9/19 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 500, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Le 12 mai 1646, Chanut annonce à de Lionne que Cérisantes a enfin eu une audience de la reine Christine, qui ne veut pas entendre parler de son retour à Paris:

«M. de Cerisantes a esté bien receu. Sa Majesté en fait compte et s'en veut servir comme d'un homme qu'elle estime. Pour l'employ de France, elle ne l'y destine pas, et semble luy vouloir faire de grands avantages dans l'armée, l'equipper pour y paroistre et mesmes payer les debtes qu'il a faites en France et à son service. Mais comme il a grande inclination, au moins en apparence, a retourner en France pour le service de cette couronne, et qu'elle ne le veut pas mescontenter, je ne vois pas qu'il y ayt de l'impossibilité à l'obtenir.»

Cependant, la reine notifie enfin à Cérisantes, que Chanut protège, car le poète latin est cher au cardinal de Mazarin, qu'il n'aura pas l'ambassade de France; ce poste honorifique et important était le rêve toujours caressé de notre poète, qui se trouve fort mortifié..."

"On May 12, 1646, Chanut announced to de Lionne that Cérisantes had finally had an audience with Queen Kristina, who did not want to hear about his return to Paris:

'Monsieur de Cérisantes has been received well. Her Majesty takes this into account and wishes to use him as a man she esteems. As for the employ in France, she does not destine him for it and seems to want to give him great advantages in the army, equip him to appear there, and even pay the debts he has incurred in France and in her service. But, as he has a great inclination, at least in appearance, to return to France for the service of this Crown, and she does not want to discontent him, I do not see that there is any impossibility of obtaining it.'

However, the Queen finally notifies Cérisantes, whom Chanut is protecting, because the Latin poet is dear to Cardinal Mazarin, that he will not have the French embassy; this honourary and important post was the ever-cherished dream of our poet, who finds himself very mortified..."

The letter excerpt:

La Reine a fait savoir à M. de Cerisantes qu'il ne retourneroit pas en France et qu'elle veut le retenir auprès d'elle quelque temps, attendant les occasions d'un employ ou elle le destine, cela le tient en de grandes inquiétudes; il desiroit et esperoit à mon advis de se voir ambassadeur en France; tout ce qu'on luy peut donner icy est fort au-dessous de son ambition et de ses pretentions, car il ne connoist que choses grandes et néantmoins faute de meilleures occasions et par l'affection qu'il a au service de Sa Majesté, je crois qu'il souffrira l'aise et le repos en cette cour. Je le voids souvent et luy rends tous les offices que je peux particulièrement par ce que vous me l'avez ordonné.

With modernised spelling:

La reine a fait savoir à M. de Cérisantes qu'il ne retournerait pas en France et qu'elle veut le retenir auprès d'elle quelque temps, attendant les occasions d'un emploi où elle le destine. Cela le tient en de grandes inquiétudes; il désirait et espérait à mon avis de se voir ambassadeur en France. Tout ce qu'on lui peut donner ici est fort au-dessous de son ambition et de ses prétentions, car il ne connaît que choses grandes; et néanmoins, faute de meilleures occasions et par l'affection qu'il a au service de Sa Majesté, je crois qu'il souffrira l'aise et le repos en cette cour. Je le vois souvent et lui rends tous les offices que je peux, particulièrement parce que vous me l'avez ordonné.

Swedish translation (my own):

Drottningen har meddelat monsieur de Cérisantes att han inte skall återvända till Frankrike och att hon vill att han stannar kvar hos henne ett tag i väntan på möjligheter till en anställning som hon bestämmer för honom. Detta orsakar honom stor oro; han önskade och hoppades, enligt min mening, att få se sig själv som ambassadör i Frankrike. Allt som kan ges honom här är långt under hans ambition och hans anspråk, ty han vet bara stora saker; och ändå, i brist på bättre möjligheter och med tanke på den tillgivenhet han har för Hennes Majestäts tjänst, tror jag att han kommer att finna ro och välbefinnande vid detta hov. Jag ser honom ofta och gör honom alla de tjänster jag kan, särskilt eftersom Ni har ju beordrat mig att göra det.

English translation (my own):

The Queen has informed Monsieur de Cérisantes that he will not be returning to France and that she wants to keep him with her for some time, awaiting opportunities for an employ she destines him for. This is causing him great anxiety; he desired and hoped, in my opinion, to see himself as ambassador to France. All that can be given to him here is far below his ambition and his pretensions, for he only knows great things; and nevertheless, for lack of better opportunities and by the affection he has for the service of Her Majesty, I believe that he will suffer ease and repose at this court. I see him often and render him all the services that I can, particularly because you have ordered me to do so.


Above: Kristina.


Above: Hugues de Lionne.

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Hugues de Lionne, dated May 2/12 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 499, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Le 12 mai 1646, Chanut annonce à de Lionne que Cérisantes a enfin eu une audience de la reine Christine, qui ne veut pas entendre parler de son retour à Paris..."

"On May 12, 1646, Chanut announced to de Lionne that Cérisantes had finally had an audience with Queen Kristina, who did not want to hear about his return to Paris..."

The letter excerpt:

M. de Cerisantes a esté bien receu. Sa Majesté en fait compte et s'en veut servir comme d'un homme qu'elle estime. Pour l'employ de France, elle ne l'y destine pas, et semble luy vouloir faire de grands avantages dans l'armée, l'equipper pour y paroistre et mesmes payer les debtes qu'il a faites en France et à son service. Mais comme il a grande inclination, au moins en apparence, a retourner en France pour le service de cette couronne, et qu'elle ne le veut pas mescontenter, je ne vois pas qu'il y ayt de l'impossibilité à l'obtenir.

With modernised spelling:

M. de Cérisantes a été bien reçu. Sa Majesté en fait compte et s'en veut servir comme d'un homme qu'elle estime. Pour l'emploi de France, elle ne l'y destine pas et semble lui vouloir faire de grands avantages dans l'armée, l'équipper pour y paraître et même payer les dettes qu'il a faites en France et à son service. Mais, comme il a grande inclination, au moins en apparence, à retourner en France pour le service de cette Couronne, et qu'elle ne le veut pas mécontenter, je ne vois pas qu'il y ait de l'impossibilité à l'obtenir.

Swedish translation (my own):

Monsieur de Cérisantes har mottagits väl. Hennes Majestät tar detta i beaktande och vill använda honom som en man hon uppskattar. Vad gäller anställningen i Frankrike, så är det inte ämnat för honom utan verkar vilja ge honom stora fördelar i armén, utrusta honom för att uppträda där, och till och med betala de skulder han ådragit sig i Frankrike och i hennes tjänst. Men eftersom han har en stor benägenhet, åtminstone till synes, att återvända till Frankrike för att tjäna denna Krona, och hon inte vill missnöja honom, ser jag inte att det finns någon omöjlighet att erhålla den.

English translation (my own):

Monsieur de Cérisantes has been received well. Her Majesty takes this into account and wishes to use him as a man she esteems. As for the employ in France, she does not destine him for it and seems to want to give him great advantages in the army, equip him to appear there, and even pay the debts he has incurred in France and in her service. But, as he has a great inclination, at least in appearance, to return to France for the service of this Crown, and she does not want to discontent him, I do not see that there is any impossibility of obtaining it.


Above: Kristina.


Above: Hugues de Lionne.

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Hugues de Lionne, dated April 18/28 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 499, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Bien que Cérisantes soit chargé d'annoncer à la Reine l'envoi d'un présent de Mazarin, Chanut n'espère guère de réussite pour lui."

"Although Cérisantes is charged with announcing to the Queen the sending of a present from Mazarin, Chanut has little hope of success for him."

The letter excerpt:

M. de Cerisantes m'a dit que Son Eminence envoyoit un present à la Reyne dans une cassette dont il ne s'estoit pas voulu charger et qu'il avoit ordre de le luy dire; j'ay tasché à le divertir de donner cet advis, luy faisant connoistre que le plus grand aggreement de ces choses consistoit en la surprise, mais il persiste comme ayant ordre. Je souhaite qu'il ayt contentement en ses desseins et le serviray franchement selon l'ordre et la forme que vous m'en avés donné. J'apprens qu'on destine à la Résidence de France celuy qui est maintenant en Portugal pour cette couronne et néantmoins je ne pers pas l'opinion que M. de Cerisantes ne face changer cette proposition, non que j'y voye aucune favorable ouverture pour luy, mais pour ce qu'un esprit comme le sien fait de grands efforts quand il est pressé de la necessité...

With modernised spelling:

M. de Cérisantes m'a dit que Son Éminence envoyait un present à la reine dans une cassette dont il ne s'était pas voulu charger et qu'il avait ordre de le lui dire; j'ai tâché à le divertir de donner cet avis, lui faisant connaître que le plus grand agrément de ces choses consistait en la surprise, mais il persiste comme ayant ordre. Je souhaite qu'il ait contentement en ses desseins et le servirai franchement selon l'ordre et la forme que vous m'en avez donné.

J'apprends qu'on destine à la résidence de France celui qui est maintenant en Portugal pour cette Couronne, et néanmoins je ne perds pas l'opinion que M. de Cérisantes ne fasse changer cette proposition. Non que j'y voie aucune favorable ouverture pour lui, mais pour ce qu'un esprit comme le sien fait de grands efforts quand il est pressé de la nécessité...

Swedish translation (my own):

Monsieur de Cérisantes berättat för mig att Hans Eminens skickade en present till drottningen i en liten kista som han inte hade velat ta hand om och att han hade befallning att berätta för henne om. Jag har försökt avleda honom från att ge detta meddelande och låtit honom veta att den största glädjen med dessa saker bestod i överraskningen, men han envisas som om han hade befallning. Jag hoppas att han kan vara nöjd med sina avsikter, och jag skall betjäna honom öppet i enlighet med den befallning och den form som Ni har givit mig.

Jag förnimmer att den som nu befinner sig i Portugal är ämnad till residensen i Frankrike för denna Krona, och jag förlorar likväl inte uppfattningen att monsieur de Cérisantes inte kommer att ändra detta förslag. Inte för att jag ser någon gynnsam möjlighet för honom, utan för att ett sinne som hans gör stora ansträngningar när det pressas av nödvändighet...

English translation (my own):

Monsieur de Cérisantes has told me that His Eminence was sending a present to the Queen in a little chest which he had not wanted to take charge of and that he had orders to tell her about; I have tried to divert him from giving this notice, letting him know that the greatest pleasure in these things consisted in the surprise, but he persists as if he had orders. I hope that he may have contentment in his designs, and I will serve him frankly in accordance with the order and the form that you have given me.

I learn that the one who is now in Portugal is destined for the residence of France for this Crown, and I nevertheless do not lose the opinion that Monsieur de Cérisantes will not change this proposition. Not that I see any favourable overture for him, but because a mind like his makes great efforts when pressed by necessity...


Above: Kristina.


Above: Hugues de Lionne.

Tuesday, August 5, 2025

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Henri-Auguste Loménie de Brienne, dated April 18/28 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 499, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"On conçoit qu'avec une telle attitude de capitan matamore, Cérisantes se soit fait de nombreux ennemis dans la société parisienne. Le duc d'Orléans, M. de Metz, alors abbé de Saint-Germain-des-Prés, et le duc d'Épernon, «qui ne pouvoit digérer l'algarade faite à son fils», firent tant et si bien que Cérisantes, d'ailleurs «endetté par-dessus les yeux», sentit sa situation intenable à la cour de France. D'autre part, Marigny, fâché avec lui, avait peint sans ménagement tous ses ridicules à la Reine de Suède. Sans réfléchir davantage, notre brouillon n'avertit personne et part pour Stockholm, espérant là-bas éclaircir la situation à son avantage. Le 28 avril 1646, notre ambassadeur en Suède, Chanut, écrit à M. de la Barde: «M. de Cerisantes est arrivé, ayant quitté son poste sans ordre pour venir sçavoir ce qu'il estoit à Paris; la Reine m'a dit qu'il n'avoit jamais esté Resident; j'ay crainte que si les choses ne changent, ses mesures ne se trouvent courtes». Cependant, Chanut n'est pas très exactement renseigné sur les véritables pensées de Christine de Suède. Le 17 février 1646 il écrit à Brienne cette lettre qui prouve combien mal il a compris la Reine, se laissant prendre aux prétextes que l'on met en avant pour écarter l'indésirable Cérisantes...

Mais, bien vite, Chanut est détrompé. Trois jours plus tard, le 20 février, il apprend à Cérisantes, avec de grands ménagements, que Christine a réservé l'ambassade de Suède en France au comte Magnus. On donne comme prétexte à Cérisantes que la Reine veut un ambassadeur de nationalité suédoise...

Bien entendu, Cérisantes est peu fier de ce rappel intempestif; il arrive à Stockholm en avril 1646 et, de là, il écrit à son frère, le 28 avril, fort impudemment, «qu'il se congédia lui-même, et qu'il partit de France à l'insceu de la Reine sa Maistresse». Son frère, M. de Sainte-Hélène, crut à ce mensonge...

Dès son arrivée, Chanut, qui paraît mieux renseigné, écrit à Brienne le 28 avril..."

"It is understandable that, with such a braggart's attitude, Cérisantes made many enemies in Parisian society. The Duke d'Orléans, Monsieur de Metz, then Abbot of Saint-Germain-des-Prés, and the Duke of Épernon, 'who could not digest the squabble made against his son', did so much and so well that Cérisantes, moreover 'incredibly in debt', felt his situation at the court of France untenable. On the other hand, Marigny, angry with him, had bluntly painted all his ridiculousnesses to the Queen of Sweden. Without further reflection, our troublemaker warned no one and left for Stockholm, hoping there to clarify the situation to his advantage. On April 28, 1646, our ambassador to Sweden, Chanut, wrote to Monsieur de la Barde: 'Monsieur de Cérisantes has arrived, having left his post without orders so as to come and find out what was going on in Paris; the Queen has told me that he had never been a resident. I fear that if things do not change, his measures will be short'.

However, Chanut is not very well informed about Kristina of Sweden's true thoughts. On February 17, 1646, he wrote this letter to Brienne, which proves how poorly he understood the Queen, allowing himself to be taken in by the pretexts put forward to dismiss the undesirable Cérisantes...

But Chanut was quickly undeceived. Three days later, on February 20, he informed Cérisantes, with great caution, that Kristina had reserved the Swedish embassy in France for Count Magnus. Cérisantes was given the pretext that the Queen wanted an ambassador of Swedish nationality...

Of course, Cérisantes was not very proud of this untimely recall; he arrived in Stockholm in April 1646 and, from there, he wrote to his brother, on April 28, very impudently, 'that he dismissed himself and that he left France without the knowledge of the Queen, his mistress.' His brother, Monsieur de Sainte-Hélène, believed this lie...

Upon his arrival, Chanut, who seemed better informed, wrote to Brienne on April 28..."

The letter excerpt:

M. de Cerisantes, après de longues erreures dans son voyage, est enfin arrivé incommodé d'une chute de cheval par les chemins. Il n'a pas veu la Reine et s'il ne sçait adroitement plier dans le dessein qu'il a de retourner en France Résident, il aura de la peine à l'obtenir, veu la creance de la Reine qu'il est creature du Chancelier et peu capable de cet employ, quoyque digne d'autres charges.

With modernised spelling:

M. de Cérisantes, après de longues erreurs dans son voyage, est enfin arrivé, incommodé d'une chute de cheval par les chemins. Il n'a pas vu la reine, et s'il ne sait adroitement plier dans le dessein qu'il a de retourner en France résident, il aura de la peine à l'obtenir, vu la créance de la reine qu'il est créature du chancelier et peu capable de cet emploi, quoique digne d'autres charges.

Swedish translation (my own):

Efter långa missöden under sin resa har monsieur de Cérisantes äntligen anlänt, opasslig efter att ha fallit av sin häst på vägarna. Han har inte sett drottningen, och om han inte vet hur han skickligt skall följa sin avsikt att återvända till Frankrike som resident, kommer han att få svårt att uppnå den, med tanke på drottningens övertygelse om att han är kanslerns kreatur och föga kapabel till denna position, även om han är värdig andra ämbeten.

English translation (my own):

Monsieur de Cérisantes, after long errors in his journey, has finally arrived, indisposed by a fall from his horse on the roads. He has not seen the Queen, and if he does not know how to skillfully bend to the design he has of returning to France as a resident, he will have difficulty in obtaining it, given the Queen's belief that he is the creature of the Chancellor and little capable of this position, although worthy of other offices.


Above: Kristina.

Excerpt from François Duncan de Saint-Hélène's defense of his brother Marc Duncan de Cérisantes, undated

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 498, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"On conçoit qu'avec une telle attitude de capitan matamore, Cérisantes se soit fait de nombreux ennemis dans la société parisienne. Le duc d'Orléans, M. de Metz, alors abbé de Saint-Germain-des-Prés, et le duc d'Épernon, «qui ne pouvoit digérer l'algarade faite à son fils», firent tant et si bien que Cérisantes, d'ailleurs «endetté par-dessus les yeux», sentit sa situation intenable à la cour de France. D'autre part, Marigny, fâché avec lui, avait peint sans ménagement tous ses ridicules à la Reine de Suède. Sans réfléchir davantage, notre brouillon n'avertit personne et part pour Stockholm, espérant là-bas éclaircir la situation à son avantage. Le 28 avril 1646, notre ambassadeur en Suède, Chanut, écrit à M. de la Barde: «M. de Cerisantes est arrivé, ayant quitté son poste sans ordre pour venir sçavoir ce qu'il estoit à Paris; la Reine m'a dit qu'il n'avoit jamais esté Resident; j'ay crainte que si les choses ne changent, ses mesures ne se trouvent courtes». Cependant, Chanut n'est pas très exactement renseigné sur les véritables pensées de Christine de Suède. Le 17 février 1646 il écrit à Brienne cette lettre qui prouve combien mal il a compris la Reine, se laissant prendre aux prétextes que l'on met en avant pour écarter l'indésirable Cérisantes...

Mais, bien vite, Chanut est détrompé. Trois jours plus tard, le 20 février, il apprend à Cérisantes, avec de grands ménagements, que Christine a réservé l'ambassade de Suède en France au comte Magnus. On donne comme prétexte à Cérisantes que la Reine veut un ambassadeur de nationalité suédoise...

Bien entendu, Cérisantes est peu fier de ce rappel intempestif; il arrive à Stockholm en avril 1646 et, de là, il écrit à son frère, le 28 avril, fort impudemment, «qu'il se congédia lui-même, et qu'il partit de France à l'insceu de la Reine sa Maistresse». Son frère, M. de Sainte-Hélène, crut à ce mensonge, car il ajoute, dans son Apologie de Cérisantes..."

"It is understandable that, with such a braggart's attitude, Cérisantes made many enemies in Parisian society. The Duke d'Orléans, Monsieur de Metz, then Abbot of Saint-Germain-des-Prés, and the Duke of Épernon, 'who could not digest the squabble made against his son', did so much and so well that Cérisantes, moreover 'incredibly in debt', felt his situation at the court of France untenable. On the other hand, Marigny, angry with him, had bluntly painted all his ridiculousnesses to the Queen of Sweden. Without further reflection, our troublemaker warned no one and left for Stockholm, hoping there to clarify the situation to his advantage. On April 28, 1646, our ambassador to Sweden, Chanut, wrote to Monsieur de la Barde: 'Monsieur de Cérisantes has arrived, having left his post without orders so as to come and find out what was going on in Paris; the Queen has told me that he had never been a resident. I fear that if things do not change, his measures will be short'.

However, Chanut is not very well informed about Kristina of Sweden's true thoughts. On February 17, 1646, he wrote this letter to Brienne, which proves how poorly he understood the Queen, allowing himself to be taken in by the pretexts put forward to dismiss the undesirable Cérisantes...

But Chanut was quickly undeceived. Three days later, on February 20, he informed Cérisantes, with great caution, that Kristina had reserved the Swedish embassy in France for Count Magnus. Cérisantes was given the pretext that the Queen wanted an ambassador of Swedish nationality...

Of course, Cérisantes was not very proud of this untimely recall; he arrived in Stockholm in April 1646 and, from there, he wrote to his brother, on April 28, very impudently, 'that he dismissed himself and that he left France without the knowledge of the Queen, his mistress.' His brother, Monsieur de Sainte-Hélène, believed this lie, because he adds, in his Apologie of Cérisantes..."

The excerpt:

Je ne prétens pas défendre ni excuser ce départ sans ordre, étant très certain qu'avec justice on luy pouvoit faire son procès. Le sieur de Cérisantes n'en ignoroit pas la dangereuse conséquence: mais étant bien informé que de puissants amis du sieur Grotius visoient à sapper sa fortune, en haine de ce que le sieur de Cérisantes, comme ils croioient, l'avoit suplanté), il joüa à quitte ou à double, et hazarda son voiage pour donner vigueur à son parti par sa présence et defendre un poste que ses ennemis attaquoient avec tant de furie, ou bien s'ensevelir dans ses ruines.

With modernised spelling:

Je ne prétends pas défendre ni excuser ce départ sans ordre, étant très certain qu'avec justice on lui pouvait faire son procès. Le sieur de Cérisantes n'en ignorait pas la dangereuse conséquence; mais, étant bien informé que de puissants amis du sieur Grotius visaient à saper sa fortune, en haine de ce que le sieur de Cérisantes (comme ils croyaient l'avait supplanté), il joua à quitte ou à double et hasarda son voyage pour donner vigueur à son parti par sa présence et défendre un poste que ses ennemis attaquaient avec tant de furie, ou bien s'ensevelir dans ses ruines.

Swedish translation (my own):

Jag gör inte anspråk på att försvara eller ursäkta denna avfärd utan order, ty jag är mycket säker på att han kunde ställas inför rätta med rättvisa. Monsieur de Cérisantes var inte omedveten om de farliga konsekvenserna; men eftersom han var väl informerad om att mäktiga vänner till herr Grotius försökte undergräva hans lycka, i hat mot monsieur de Cérisantes (som de trodde hade ersatt honom), spelade han dubbelt eller gav upp och riskerade sin resa för att ge styrka åt sitt sällskap genom sin närvaro och för att försvara en post som hans fiender anföll med sådan ilska, eller för att begrava sig i dess ruiner.

English translation (my own):

I do not claim to defend or excuse this departure without orders, being very certain that he could be tried with justice. Monsieur de Cérisantes was not unaware of the dangerous consequences; but, being well informed that powerful friends of Lord Grotius aimed to undermine his fortune, in hatred for Monsieur de Cérisantes (as they believed he had supplanted him), he played double or quits and risked his journey to give strength to his party by his presence and to defend a post that his enemies attacked with such fury, or else to bury himself in its ruins.

Note: François Duncan de Saint-Hélène (1617-1697) and Marc Duncan de Cérisantes (1612-1648) were the sons of Mark Duncan (1570/1581-1640), a Scottish regent of the University of Saumur in France, and Suzanne Gorrin (died 1629). Their younger brother was Jean Duncan de Montfort (1624-1646), who also entered Kristina's service; and their sisters were Guillonne (1612-1670), Rachel (born 1613) and Claude (bien 1619, died circa 1684).

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Marc Duncan de Cérisantes, dated February 10/20 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 498, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"On conçoit qu'avec une telle attitude de capitan matamore, Cérisantes se soit fait de nombreux ennemis dans la société parisienne. Le duc d'Orléans, M. de Metz, alors abbé de Saint-Germain-des-Prés, et le duc d'Épernon, «qui ne pouvoit digérer l'algarade faite à son fils», firent tant et si bien que Cérisantes, d'ailleurs «endetté par-dessus les yeux», sentit sa situation intenable à la cour de France. D'autre part, Marigny, fâché avec lui, avait peint sans ménagement tous ses ridicules à la Reine de Suède. Sans réfléchir davantage, notre brouillon n'avertit personne et part pour Stockholm, espérant là-bas éclaircir la situation à son avantage. Le 28 avril 1646, notre ambassadeur en Suède, Chanut, écrit à M. de la Barde: «M. de Cerisantes est arrivé, ayant quitté son poste sans ordre pour venir sçavoir ce qu'il estoit à Paris; la Reine m'a dit qu'il n'avoit jamais esté Resident; j'ay crainte que si les choses ne changent, ses mesures ne se trouvent courtes». Cependant, Chanut n'est pas très exactement renseigné sur les véritables pensées de Christine de Suède. Le 17 février 1646 il écrit à Brienne cette lettre qui prouve combien mal il a compris la Reine, se laissant prendre aux prétextes que l'on met en avant pour écarter l'indésirable Cérisantes...

Mais, bien vite, Chanut est détrompé. Trois jours plus tard, le 20 février, il apprend à Cérisantes, avec de grands ménagements, que Christine a réservé l'ambassade de Suède en France au comte Magnus. On donne comme prétexte à Cérisantes que la Reine veut un ambassadeur de nationalité suédoise..."

"It is understandable that, with such a braggart's attitude, Cérisantes made many enemies in Parisian society. The Duke d'Orléans, Monsieur de Metz, then Abbot of Saint-Germain-des-Prés, and the Duke of Épernon, 'who could not digest the squabble made against his son', did so much and so well that Cérisantes, moreover 'incredibly in debt', felt his situation at the court of France untenable. On the other hand, Marigny, angry with him, had bluntly painted all his ridiculousnesses to the Queen of Sweden. Without further reflection, our troublemaker warned no one and left for Stockholm, hoping there to clarify the situation to his advantage. On April 28, 1646, our ambassador to Sweden, Chanut, wrote to Monsieur de la Barde: 'Monsieur de Cérisantes has arrived, having left his post without orders so as to come and find out what was going on in Paris; the Queen has told me that he had never been a resident. I fear that if things do not change, his measures will be short'.

However, Chanut is not very well informed about Kristina of Sweden's true thoughts. On February 17, 1646, he wrote this letter to Brienne, which proves how poorly he understood the Queen, allowing himself to be taken in by the pretexts put forward to dismiss the undesirable Cérisantes...

But Chanut was quickly undeceived. Three days later, on February 20, he informed Cérisantes, with great caution, that Kristina had reserved the Swedish embassy in France for Count Magnus. Cérisantes was given the pretext that the Queen wanted an ambassador of Swedish nationality..."

The letter excerpt:

Il n'y avoit aucun degoust de vos services, mais une jalousie de nation, les Suédois croyant qu'ils se faisoient tort de se servir d'une main estrangere en une place si importante... Je crois avec grande certitude qu'elle se servira de vous en d'autres occasions qui seront peut-estre de plus d'esclat et vous pourront faire passage à plus grandes choses...

With modernised spelling:

Il n'y avait aucun dégoût de vos services, mais une jalousie de nation, les Suédois croyant qu'ils se faisaient tort de se servir d'une main étrangère en une place si importante... Je crois avec grande certitude qu'elle se servira de vous en d'autres occasions qui seront peut-être de plus d'éclat et vous pourront faire passage à plus grandes choses...

Swedish translation (my own):

Det fanns ingen avsky för Era tjänster, utan en avundsjuka från nationen, svenskarna trodde att de gjorde fel i att använda en utländsk hand på en så viktig plats... Jag tror med stor säkerhet att hon kommer att använda Er vid andra tillfällen som kanske kommer att vara mer eklatanta och låta Er gå vidare till större saker...

English translation (my own):

There was no disgust at your services, but a jealousy from the nation, the Swedes believing that they were doing wrong to use a foreign hand in such an important place... I believe with great certainty that she will use you on other occasions which will perhaps be more brilliant and will allow you to move on to greater things...