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Tuesday, August 5, 2025

Marc Duncan de Cérisantes writes his own epitaph, year 1645 or 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, page 497, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Mille autres folies passaient dans la cervelle de Cérisantes. Il s'amouracha de Charlotte Bigot, fille d'un secrétaire du roi, dont Tallemant des Réaux nous a conté la savoureuse histoire, sous son sobriquet de Lolo. C'était une belle fille, qu'on montrait au Cours comme l'une des merveilles de Paris. L'ayant aperçue un jour au temple de Charenton, il fit pour elle une ode galante, toujours en latin, exprimant ses regrets de ne pouvoir goûter ses appâts, jalousement cachés...

N'ayant pas grande fortune, mais des prétentions sur l'Ambassade de Suède en France, Cérisantes fit consulter, désirant épouser Charlotte Bigot, «si on pouvoit assigner un doüaire sur les bienfaits qu'on espéroit recevoir»! Il allait répétant partout, comme un homme sûr de son fait, qu'un tabouret à la cour siérait bien à cette fille. Comme «Lolo» se maria l'année suivante, et devient Mme de Gondran, Cérisantes, qui avait appris la galanterie à bonne école chez la marquise de Rambouillet, fit sa propre épitaphe, en méchants vers français...

Puis il jeta les yeux sur la fille du partisan La Rallière, que Foucquet devait entraîner dans sa chute, la demanda en mariage, disant à celui qu'il chargeait de cette belle commission: «Je crois que le bourgeois en sera bien aise». Et Cérisantes fut fort étonné de se heurter à un refus du père qui répondit que sa fille avait douze ans et qu'à vingt ans il songerait à la marier."

"A thousand other follies were racing through Cérisantes' mind. He fell in love with Charlotte Bigot, daughter of a secretary to the King, whose delightful story Tallemant des Réaux told us, under her nickname, Lolo. She was a beautiful girl, who was shown at Cours as one of the wonders of Paris. Having glimpsed her one day at the temple of Charenton, he composed a gallant ode for her, always in Latin, expressing his regret at not being able to taste her jealously hidden charms...

Having no great fortune, but with claims to the Embassy of Sweden in France, Cérisantes, wishing to marry Charlotte Bigot, asked 'if one could assign a dowry on the benefits one hoped to receive'! He went around repeating, like a man sure of his facts, that a tabouret at court would be well-suited to this girl. As 'Lolo' married the following year and became Madame de Gondran, Cérisantes, who had learned gallantry at the good school of the Marquise de Rambouillet, wrote his own epitaph, in bad French verses...

Then he cast his eyes on the daughter of the partisan La Rallière, whom Foucquet was to drag down with him in his fall, and proposed to her, saying to the man he had entrusted with this fine commission: 'I believe the bourgeois will be very pleased with it'. And Cérisantes was very astonished to be refused by her father, who replied that his daughter was twelve years old and that at twenty he would consider marrying her off."

The epitaph:

Pour se mocquer de luy, ... Sablière-Rambouillet, comme on l'a sceu depuis, fit imprimer un billet d'enterrement que voicy: «Vous estes prié d'assister à l'enterrement de Messire Marc Duncan, seigneur de Cerisante, conseiller d'Estat de la Couronne de Suède, résident et prétendant à l'ambassade en France». On porta un de ces billets en une maison où il estoit; il s'emporta et dit mille extravagances. Cela ne servit qu'à rendre la chose plus plaisante. Il alla voir la belle deux ou trois jours après qu'elle eût été mariée; elle estoit encore chez son père; il luy voulut dire quelque chose tout bas: le mary ne le trouva pas bon, ils se querellèrent. Le mary le menaça de le jetter par la fenestre; Cerisante luy respondit que, sans le respect de Madame, il luy donneroit cent coups d'esperon, et se retira après avoir dit adieu pour jamais à cette belle.

With modernised spelling:

Pour se moquer de lui, ... Sablière-Rambouillet, comme on l'a su depuis, fit imprimer un billet d'enterrement que voici: «Vous êtes prié d'assister à l'enterrement de Messire Marc Duncan, seigneur de Cérisantes, conseiller d'État de la Couronne de Suède, résident et prétendant à l'ambassade en France».

On porta un de ces billets en une maison où il était; il s'emporta et dit mille extravagances. Cela ne servit qu'à rendre la chose plus plaisante. Il alla voir la belle deux ou trois jours après qu'elle eût été mariée; elle était encore chez son père; il lui voulut dire quelque chose tout bas; le mari ne le trouva pas bon, ils se querellèrent. Le mari le menaça de le jeter par la fenêtre; Cérisantes lui répondit que, sans le respect de Madame, il lui donnerait cent coups d'éperon, et se retira après avoir dit adieu pour jamais à cette belle.

Swedish translation (my own):

För att håna honom, ... lät Sablière-Rambouillet, som vi sedan dess fått veta, trycka en begravningsnotis som löd följande: »Ni ombeds att närvara vid begravningen av messire Marc Duncan, herre de Cérisantes, Statsråd vid Sveriges Krona, resident och pretendent till ambassaden i Frankrike«.

En av dessa biljetter togs till ett hus där han befann sig; han blev rasande och sade tusen extravaganser. Detta gjorde bara saken ännu roligare. Han gick för att se skönheten två eller tre dagar efter att hon hade gift sig; hon var fortfarande hos sin far; han ville säga något till henne med låg röst; mannen tyckte inte att det var bra, de grälade. Mannen hotade att kasta ut honom genom fönstret; Cérisantes svarade att utan madames respekt skulle han ge honom hundra slag med en sporre, och han drog sig tillbaka efter att ha sagt farväl för alltid till denna skönhet.

English translation (my own):

To mock him, ... Sablière-Rambouillet, as we have since learned, had a funeral note printed which read as follows: "You are requested to attend the funeral of Messire Marc Duncan, Lord de Cérisantes, councillor of State of the Crown of Sweden, resident and pretender to the embassy in France".

One of these notes was taken to a house where he was; he flew into a rage and said a thousand extravagances. This only served to make the thing more amusing. He went to see the beauty two or three days after she had been married; she was still with her father; he wanted to say something to her in a low voice; the husband did not find it good, they quarreled. The husband threatened to throw him out of the window; Cérisantes replied that, without Madame's respect, he would give him a hundred blows with a spur, and he withdrew after saying goodbye forever to this beauty.

Excerpt from Gédéon Tallemant des Réaux's letter, dated June 1645

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, pages 494 to 495, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Un jour, invité chez le maréchal de Châtillon, notre jeune envoyé de Suède s'assit insolemment «au-dessus de M. du Vigean, seigneur d'âge et considérable», espérant ainsi humilier celui aux gages duquel il avait été jadis et ne réussissant qu'à se rendre ridicule.

Mais une aventure où le descendant des rois d'Écosse donna toute la mesure de son arrogance fit un tel scandale qu'il fut rappelé à Stockholm. Laissons encore la parole à Tallemant, le conteur charmant..."

"One day, invited to the home of the Maréchal de Châtillon, our young Swedish envoy insolently sat 'above Monsieur du Vigean, a lord of considerable age', hoping to humiliate the man in whose employ he had once been, and succeeding only in making himself look ridiculous.

But an adventure in which the descendant of the kings of Scotland displayed the full extent of his arrogance caused such a scandal that he was recalled to Stockholm. Let us once again give the floor to Tallemant, the charming storyteller..."

The letter excerpt:

Mais voicy la plus grande folie de toutes. Un jour qu'il estoit au Cours avec Mme de Bezançon et sa fille, dans un embarras, Gerzé, qui estoit à la portière du carrosse de M. de Candalle qui estoit au fond, dit au cocher de Mme de Bezançon: «Hé! mon amy, recule un pas; si tu sçavois ce que tu nous ostes et le peu que tu nous donnes, tu me ferois cette grace». Ce carrosse l'empeschoit de voir quelque belle. Mme de Bezançon s'offensa de cela et dit en se tournant vers Cerisante: «Vrayment, ces princes chimeriques s'en font un peu bien accroire». Cerisante pensa avoir trouvé une belle occasion de se signaler. Il envoya le lendemain de bonne heure son frère, nommé Sainte-Helène, faire un appel à M. de Candalle. Par bonheur pour ce frère, M. d'Espernon n'en sceut rien, car je croy qu'il eust mal passé son temps. M. de Candalle dormoit encore: on ne voulut point l'esveiller. Ce garçon attendit si longtemps qu'on se douta de quelque chose; toutefois, on le fit parler enfin. M. de Candalle, qui ne s'estoit jamais battu, et qui n'avoit point encore esté à l'armée, crut que ce seroit mal enfourner que de refuser un appel; il luy donna donc rendez vous derriere les Minimes de la place Royale. Cependant, cela s'esvente; M. de Candalle alla cependant au lieu de l'assignation, mais Cerisante fut en grand peine, et il fallut que le Cardinal le prist en sa protection, car on craignoit d'offenser les Suédois.

With modernised spelling:

Mais voici la plus grande folie de toutes. Un jour qu'il était au Cours avec Madame de Besançon et sa fille, dans un embarras, Gerzé, qui était à la portière du carrosse de M. de Candale, qui était au fond, dit au cocher de Madame de Besançon: «Hé! mon ami, recule un pas; si tu savais ce que tu nous ôtes et le peu que tu nous donnes, tu me ferais cette grâce».

Ce carrosse l'empêchait de voir quelque belle. Madame de Besançon s'offensa de cela et dit en se tournant vers Cérisantes: «Vraiment, ces princes chimériques s'en font un peu bien accroire».

Cérisantes pensa avoir trouvé une belle occasion de se signaler. Il envoya le lendemain de bonne heure son frère, nommé Sainte-Helène, faire un appel à M. de Candale. Par bonheur pour ce frère, M. d'Épernon n'en sut rien, car je crois qu'il eût mal passé son temps. M. de Candale dormait encore; on ne voulut point l'éveiller. Ce garçon attendit si longtemps qu'on se douta de quelque chose; toutefois, on le fit parler enfin.

M. de Candale, qui ne s'était jamais battu, et qui n'avait point encore été à l'armée, crut que ce serait mal enfourner que de refuser un appel; il lui donna donc rendez-vous derrière les Minimes de la Place Royale. Cependant, cela s'évente; M. de Candale alla cependant au lieu de l'assignation, mais Cérisantes fut en grand peine, et il fallut que le cardinal le prît en sa protection, car on craignait d'offenser les Suédois.

Swedish translation (my own):

Men här är den största dårskapen av alla. En dag, när han var vid Cours med madame de Besançon och hennes dotter, i knipa, sade Gerzé, som stod vid dörren till monsieur de Candales kaross, som stod längst bak, till madame de Besançons kusk: »Hörru! min vän, ta ett steg tillbaka; om du visste vad du tar från oss och hur lite du ger oss, skulle du göra mig denna nåd.«

Denna kaross hindrade honom från att se någon vacker kvinna. Madame de Besançon blev kränkt av detta och sade, vändande sig till Cérisantes: »Verkligen, dessa chimäriska prinsar gör sig själva till åtlöje.«

Cérisantes tyckte att han hade funnit ett bra tillfälle att signalera sig själv. Tidigt nästa dag skickade han sin bror, vid namn Sainte-Helène, för att vädja till monsieur de Candale. Lyckligtvis för denne bror visste monsieur d'Épernon ingenting om det, ty jag tror att han hade förbrukat sin tid illa. Monsieur de Candale sov fortfarande; man ville inte väcka honom. Pojken väntade så länge att de misstänkte något; men till slut fick de honom att tala.

Monsieur de Candale, som aldrig hade stridit och som ännu inte hade varit i armén, tyckte att det vore en dålig idé att vägra en kallelse; han ordnade därför ett möte med honom bakom Minims på Place Royale. Ryktet spreds dock; monsieur de Candale gick ändå till kallelseplatsen, men Cérisantes var i stor nöd, och kardinalen var tvungen att ta honom i sitt beskydd, eftersom man fruktade att förolämpa svenskarna.

English translation (my own):

But here is the greatest folly of all. One day, when he was at Cours with Madame de Besançon and her daughter, in a bind, Gerzé, who was at the door of Monsieur de Candale's carriage, which was at the back, said to Madame de Besançon's coachman: "Hey! my friend, take a step back; if you knew what you are taking from us and how little you are giving us, you would do me this grace."

This carriage was preventing him from seeing some beautiful woman. Madame de Besançon was offended by this and said, turning to Cérisantes: "Really, these chimerical princes are rather making fools of themselves."

Cérisantes thought he had found a good opportunity to signal himself. Early the next day, he sent his brother, named Sainte-Helène, to appeal to Monsieur de Candale. Fortunately for this brother, Monsieur d'Épernon knew nothing about it, because I believe he had spent his time badly. Monsieur de Candale was still sleeping; one did not want to wake him. This boy waited so long that they suspected something; however, they finally made him talk.

Monsieur de Candale, who had never fought, and who had not yet been in the army, thought that it would be a bad idea to refuse a call; he therefore arranged to meet him behind the Minims of the Place Royale. However, word got out; Monsieur de Candale nevertheless went to the place of summons, but Cérisantes was in great distress, and the Cardinal had to take him into his protection, for one feared offending the Swedes.


Above: Gédéon Tallemant des Réaux.