Source:
Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, pages 494 to 495, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia
"Un jour, invité chez le maréchal de Châtillon, notre jeune envoyé de Suède s'assit insolemment «au-dessus de M. du Vigean, seigneur d'âge et considérable», espérant ainsi humilier celui aux gages duquel il avait été jadis et ne réussissant qu'à se rendre ridicule.
Mais une aventure où le descendant des rois d'Écosse donna toute la mesure de son arrogance fit un tel scandale qu'il fut rappelé à Stockholm. Laissons encore la parole à Tallemant, le conteur charmant..."
"One day, invited to the home of the Maréchal de Châtillon, our young Swedish envoy insolently sat 'above Monsieur du Vigean, a lord of considerable age', hoping to humiliate the man in whose employ he had once been, and succeeding only in making himself look ridiculous.
But an adventure in which the descendant of the kings of Scotland displayed the full extent of his arrogance caused such a scandal that he was recalled to Stockholm. Let us once again give the floor to Tallemant, the charming storyteller..."
The letter excerpt:
Mais voicy la plus grande folie de toutes. Un jour qu'il estoit au Cours avec Mme de Bezançon et sa fille, dans un embarras, Gerzé, qui estoit à la portière du carrosse de M. de Candalle qui estoit au fond, dit au cocher de Mme de Bezançon: «Hé! mon amy, recule un pas; si tu sçavois ce que tu nous ostes et le peu que tu nous donnes, tu me ferois cette grace». Ce carrosse l'empeschoit de voir quelque belle. Mme de Bezançon s'offensa de cela et dit en se tournant vers Cerisante: «Vrayment, ces princes chimeriques s'en font un peu bien accroire». Cerisante pensa avoir trouvé une belle occasion de se signaler. Il envoya le lendemain de bonne heure son frère, nommé Sainte-Helène, faire un appel à M. de Candalle. Par bonheur pour ce frère, M. d'Espernon n'en sceut rien, car je croy qu'il eust mal passé son temps. M. de Candalle dormoit encore: on ne voulut point l'esveiller. Ce garçon attendit si longtemps qu'on se douta de quelque chose; toutefois, on le fit parler enfin. M. de Candalle, qui ne s'estoit jamais battu, et qui n'avoit point encore esté à l'armée, crut que ce seroit mal enfourner que de refuser un appel; il luy donna donc rendez vous derriere les Minimes de la place Royale. Cependant, cela s'esvente; M. de Candalle alla cependant au lieu de l'assignation, mais Cerisante fut en grand peine, et il fallut que le Cardinal le prist en sa protection, car on craignoit d'offenser les Suédois.
With modernised spelling:
Mais voici la plus grande folie de toutes. Un jour qu'il était au Cours avec Madame de Besançon et sa fille, dans un embarras, Gerzé, qui était à la portière du carrosse de M. de Candale, qui était au fond, dit au cocher de Madame de Besançon: «Hé! mon ami, recule un pas; si tu savais ce que tu nous ôtes et le peu que tu nous donnes, tu me ferais cette grâce».
Ce carrosse l'empêchait de voir quelque belle. Madame de Besançon s'offensa de cela et dit en se tournant vers Cérisantes: «Vraiment, ces princes chimériques s'en font un peu bien accroire».
Cérisantes pensa avoir trouvé une belle occasion de se signaler. Il envoya le lendemain de bonne heure son frère, nommé Sainte-Helène, faire un appel à M. de Candale. Par bonheur pour ce frère, M. d'Épernon n'en sut rien, car je crois qu'il eût mal passé son temps. M. de Candale dormait encore; on ne voulut point l'éveiller. Ce garçon attendit si longtemps qu'on se douta de quelque chose; toutefois, on le fit parler enfin.
M. de Candale, qui ne s'était jamais battu, et qui n'avait point encore été à l'armée, crut que ce serait mal enfourner que de refuser un appel; il lui donna donc rendez-vous derrière les Minimes de la Place Royale. Cependant, cela s'évente; M. de Candale alla cependant au lieu de l'assignation, mais Cérisantes fut en grand peine, et il fallut que le cardinal le prît en sa protection, car on craignait d'offenser les Suédois.
Swedish translation (my own):
Men här är den största dårskapen av alla. En dag, när han var vid Cours med madame de Besançon och hennes dotter, i knipa, sade Gerzé, som stod vid dörren till monsieur de Candales kaross, som stod längst bak, till madame de Besançons kusk: »Hörru! min vän, ta ett steg tillbaka; om du visste vad du tar från oss och hur lite du ger oss, skulle du göra mig denna nåd.«
Denna kaross hindrade honom från att se någon vacker kvinna. Madame de Besançon blev kränkt av detta och sade, vändande sig till Cérisantes: »Verkligen, dessa chimäriska prinsar gör sig själva till åtlöje.«
Cérisantes tyckte att han hade funnit ett bra tillfälle att signalera sig själv. Tidigt nästa dag skickade han sin bror, vid namn Sainte-Helène, för att vädja till monsieur de Candale. Lyckligtvis för denne bror visste monsieur d'Épernon ingenting om det, ty jag tror att han hade förbrukat sin tid illa. Monsieur de Candale sov fortfarande; man ville inte väcka honom. Pojken väntade så länge att de misstänkte något; men till slut fick de honom att tala.
Monsieur de Candale, som aldrig hade stridit och som ännu inte hade varit i armén, tyckte att det vore en dålig idé att vägra en kallelse; han ordnade därför ett möte med honom bakom Minims på Place Royale. Ryktet spreds dock; monsieur de Candale gick ändå till kallelseplatsen, men Cérisantes var i stor nöd, och kardinalen var tvungen att ta honom i sitt beskydd, eftersom man fruktade att förolämpa svenskarna.
English translation (my own):
But here is the greatest folly of all. One day, when he was at Cours with Madame de Besançon and her daughter, in a bind, Gerzé, who was at the door of Monsieur de Candale's carriage, which was at the back, said to Madame de Besançon's coachman: "Hey! my friend, take a step back; if you knew what you are taking from us and how little you are giving us, you would do me this grace."
This carriage was preventing him from seeing some beautiful woman. Madame de Besançon was offended by this and said, turning to Cérisantes: "Really, these chimerical princes are rather making fools of themselves."
Cérisantes thought he had found a good opportunity to signal himself. Early the next day, he sent his brother, named Sainte-Helène, to appeal to Monsieur de Candale. Fortunately for this brother, Monsieur d'Épernon knew nothing about it, because I believe he had spent his time badly. Monsieur de Candale was still sleeping; one did not want to wake him. This boy waited so long that they suspected something; however, they finally made him talk.
Monsieur de Candale, who had never fought, and who had not yet been in the army, thought that it would be a bad idea to refuse a call; he therefore arranged to meet him behind the Minims of the Place Royale. However, word got out; Monsieur de Candale nevertheless went to the place of summons, but Cérisantes was in great distress, and the Cardinal had to take him into his protection, for one feared offending the Swedes.
Above: Gédéon Tallemant des Réaux.

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