Saturday, June 28, 2025

Bildt edition: "L'Ouvrage du Loisir", part 11

Source:

Pensées de Christine, reine de Suède, pages 149 to 162, edited and published by Baron Carl Bildt, 1906; original at Harvard University


Compare this with the edition published by Arckenholtz (1751):


The "Pensées":

1001.
Il faut se rendre à discrétion, et laisser faire à Dieu.

1002.
Sans Dieu, la vertu et l'honnêteté ne seraient que des chimères.

1003.
Dieu seul est la source de la gloire et de la félicité.

1004.
On ne peut se déguiser ni à Dieu ni à soi-même.

1005.
Le goût de Dieu produit dans l'âme un grand mépris pour elle-même.

1006.
Le mépris de soi-même est l'unique avantage qu'on tire des péchés.

1007.
Le péché humilie les hommes encore plus que le néant.

1008.
L'humilité qui ne procède pas de la véritable connaissance de son néant, est fausse.

1009.
Il y a des moments où l'on se voit si abîmé dans les misères, qu'on demeure entièrement et heureusement convaincu de son néant.

1010.
L'on est ravi de savoir que l'on n'est rien et que Dieu est tout.

1011.
Convertir le mal en bien, c'est le grand art de Dieu.

1012.
Quelque sublimes et pures idées qu'on se forme de Dieu, il faut craindre de le blasphémer.

1013.
Les hommes gâtent tout quand Dieu les laisse faire.

1014.
Quand on considère que tout ce qu'il y a de plus grand, de plus saint et de plus adorable sur la terre et dans le ciel, n'est rien en comparaison de Dieu, on est charmé, on est ravi d'être persuadé que Lui seul est uniquement tout; que tout le reste n'est rien que ce qu'il veut; que tout n'est et ne subsiste que par sa pure bonté et par sa puissance. C'est alors qu'on le bénit, qu'on le loue d'une manière très sublime.

1015.
La seule et la véritable gloire est celle que Dieu nous a méritée par Lui-même.

1016.
Par quelque porte qu'on entre dans l'heureuse éternité, c'est la triomphale.

1017.
Si l'on prenait autant de soin d'être bon qu'on en prend de le paraître, l'on en viendrait par la grâce à bout.

1018.
L'hypocrisie est ce Protée qui prend mille figures; elle est ce caméléon qui se teint de mille couleurs.

1019.
Il faut être le premier à oublier ce que l'on a jamais fait de bien.

1020.
Dieu ne récompense pas les hommes à mesure de l'amour qu'ils ont pour Lui, parce que cet amour mérite peu; mais Il les récompense à proportion de l'amour qu'Il a pour eux, qui est infini.

1021.
Ceux qui ont des opinions indignes de Dieu le blasphèment.

1022.
Si Dieu était aussi chagrin que les hommes, tout serait perdu.

1023.
Il ne faut reconnaître que de Dieu seul tout ce que l'on est, et n'espérer que de Lui seul tout ce qu'on fera.

1024.
Aimer, adorer et admirer Dieu, s'oublier et se perdre heureusement en Lui, sont les occupations des saints dans le temps et dans l'éternité.

1025.
C'est par un dernier, incompréhensible et ineffable acte qu'on se rend digne de Dieu pour toute l'éternité; mais ce dernier acte est un don gratuit, si précieux que nulle créature a de quoi le mériter.

1026.
La créature n'est sainte dans ce monde, ni dans l'autre qu'à proportion de l'amour que Dieu a pour elle.

1027.
La résignation est un effet du véritable amour.

1028.
La parfaite résignation est l'effet du parfait amour, c'est une adoration fine, délicate et très sublime.

1029.
Il faut savoir se passer de tout ce qui n'est pas Dieu.

1030.
Dieu seul est le mérite et la récompense de l'homme.

1031.
C'est une grande bassesse que de désirer quelque chose de moins que Dieu.

1032.
Les hommes seraient perdus si leurs vœux étaient toujours exaucés.

1033.
Ne demander rien à Dieu, par un esprit de résignation, c'est l'adorer plus dignement.

1034.
Les souhaits et les désirs sont permis, mais ils doivent être réglés d'une aveugle résignation.

1035.
Il y a un silence qui est en quelque façon plus digne de Dieu que tout ce qu'on peut Lui dire.

1036.
C'est à Dieu seul qu'est due l'entière et aveugle résignation.

1037.
Pour concevoir une haute estime, une grande admiration et un digne étonnement de Dieu, il faut entrer respectueusement avec Lui dans cette éternelle solitude si digne de Lui-même, qu'il remplissait seule, avant qu'il donnât l'être à l'univers. C'est là où l'on se perd heureusement, c'est dans ces profondes ténèbres où on est éclairé par des lumières dignes d'une âme immortelle, c'est dans cet abîme où s'achève la glorieuse transformation de l'âme en Dieu.

1038.
Il y a des moments où Dieu se communique à l'âme d'une manière si ineffable et incompréhensible, qui fait tout oublier.

1039.
Le glorieux et secret commerce entre Dieu et l'âme étonnerait presque les anges, si l'entrée de ce sanctuaire leur était ouverte.

1040.
Il s'y fait une si familière et une si amoureuse union entre Diet et l'âme, qu'elle y reste glorieusement et heureusement abîmée.

1041.
La faiblesse humaine est incapable de soutenir longtemps un tel état; on retourne à ses misères et on les souffre, parce que Dieu le veut.

1042.
A mesure qu'on s'approche de Dieu, on s'éloigne de la présomption et de la vanité.

1043.
La vue de Dieu, qui est la suprême félicité, humilie plus que toutes les souffrances et toutes les mortifications du monde.

1044.
L'âme s'élève en se mettant au-dessus du temps; elle entre de cette vie dans l'éternité, où tout ce qui n'est pas Dieu disparaît.

1045.
Le repentir à l'égard de Dieu seul est juste et nécessaire.

1046.
La plus digne ambition est celle de plaire à Dieu.

1047.
On n'oublie jamais ce que l'on aime.

1048.
On ne doit pas refuser à son corps les choses nécessaires, et l'on peut lui accorder sans scrupule les superflues.

1049.
Dieu a tout fait pour l'homme; il doit jouir de ses biens, mais sans être ingrat à Celui qui lui a tout donné.

1050.
La mort console de toutes les misères et de tous les malheurs.

1051.
La charité n'oblige pas à louer les sottises; tout ce qu'elle peut, c'est de les dissimuler.

1052.
Tous les siècles ont eu des sottises qui ont passé pour des mystères, et des sots et des poltrons qui ont passé pour des héros.

1053.
Savoir que la Providence gouverne le monde avec tant de sagesse et de justice, suffit pour souscrire à tout ce qui arrive.

1054.
Pour écouter Dieu, il faut imposer silence aux créatures.

1055.
Désabuser les hommes des injustes et fausses opinions qu'ils ont, est une charité dangereuse.

1056.
Les hommes aiment leurs entêtements plus que la vérité.

1057.
Il ne faut pas être la dupe des confesseurs ni des directeurs.

1058.
Ceux qui ont dessein de n'être connus que de Dieu, n'ont que faire des directeurs.

1059.
Il y a un langage qui parle au cœur; ce langage est [celui] des amants, qui n'est entendu que de ceux qui le sont.

1060.
Tous les scrupules cessent quand on s'est donné de bonne foi à Dieu.

1061.
Dieu parle aux hommes par la nature, par la raison et par la vérité.

1062.
Les sermons persuadent rarement les gens; ils en sortent la plupart tels qu'ils y sont entrés.

1063.
Enflammer les hommes de l'amour de Dieu, est l'unique devoir d'un prédicateur, mais ils s'en acquittent mal.

1064.
L'amour échauffe, il éclaire, il humilie, il purifie, il détache, il unit à son unique objet; dès qu'on aime, tout est fait.

1065.
Dieu et sa seule volonté rendent toutes les choses agréables.

1066.
On doit adorer les permissions de Dieu, qui sont incompréhensibles, et les croire justes et dignes de Lui.

1067.
La nature assujettit à deux terribles extrémités: à la vieillesse et à la mort.

1068.
Heureux ceux qui meurent sans vieillir.

1069.
La vieillesse est plus terrible que la mort.

1070.
On doit haïr les péchés et les crimes puisque Dieu les hait, et les souffrir puisqu'il les souffre.

1071.
Il faut avoir une grande attention à Dieu, l'admirer, l'adorer, et le laisser faire.

1072.
Dieu a tout donné, Il a le droit de tout ôter. On aurait tort de s'en plaindre.

1073.
Les hommes sont plus causeurs que les bêtes, mais on peut douter s'ils sont plus sages.

1074.
Les hommes s'applaudissent souvent des choses qui devraient les confondre.

1075.
L'équipage de l'austérité et de l'humilité cache bien de l'orgueil et de la présomption.

1076.
Rien n'est plus fatigant qu'une dévotion qui se produit au dehors.

1077.
Il y a des dévots qui rendent la dévotion ridicule et insupportable.

1078.
Les dévots de profession sont gens de bagatelle.

1079.
Les bigots ont un jargon et des grimaces qu'ils apprennent par cœur; ils y ajoutent la réforme des habits, et ils jouent si bien leur rôle, qu'ils persuadent aux sots qu'ils sont plus saints que le reste des hommes.

1080.
Entre les vivants, bien des scélérats passent pour des saints en ce monde.

1081.
Il ne fait croire saints que ceux que l'Église canonise pour tels.

1082.
L'hypocrisie déguise mieux que tous les masques de carneval.

1083.
On peut servir Dieu en des habits du monde les plus magnifiques aussi bien qu'en des haires et en des sacs.

1084.
Aimer Dieu et le prochain est la véritable dévotion; tout le reste n'est que grimace.

1085.
Les bigots s'inquiètent fort des péchés du prochain et ne se mettent guère en peine des leurs.

1086.
Les bigots ne manquent jamais d'argent ni de femmes.

1087.
Fier son argent et sa femme aux bigots, c'est s'en défaire.

1088.
Les bigots haïssent tous ceux qui ne sont pas leurs dupes.

1089.
On se rachète des bigots comme des corsaires.

1090.
Les bigots sont irréconciliables à ceux qui les connaissent.

1091.
Les bigots haïssent moins leurs péchés qu'ils n'envient les plaisirs des hommes. Ils enragent de l'engagement qu'ils ont pris de s'en priver.

1092.
Les bigots refusent les dignités ordinaires, mais par une délicatesse de conscience admirable, ils font scrupule de refuser les plus sublimes.

1093.
Les chastes de profession prétendent que cette seule vertu convertisse tous leurs autres crimes et sottises en mérite.

1094.
Trop de gens font vœu de chasteté pour l'observer.

1095.
L'extérieur des hommes impose. Il ne faut pas s'y fier.

1096.
S'il y a une oisiveté qui ne s'occupe que de Dieu, elle est digne d'envie.

1097.
Il faut avoir de la vénération pour les religieux qui sont ce qu'ils paraissent, et de la pitié de ceux qui ne le sont pas.

1098.
Toutes les religions sont saintes. Si la sortie était libre aux mécontents, il en demeurerait sans doute peu, mais ce qui resterait serait saint selon leur règle.

[religions = ordres monastiques.]

1099.
La meilleure de toutes les règles est celle de faire sans exception tout ce que Dieu veut.

[règles = règles monastiques.]

1100.
La solitude est l'élément des grands esprits.

Swedish translation (my own):

1001.
Man måste överlämna sig åt omdömet och lämna det till Gud.

1002.
Utan Gud skulle dygd och ärlighet bara vara chimärer.

1003.
Gud allena är källan till ära och lycka.

1004.
Man kan inte dölja sig för Gud eller för sig själv.

1005.
En smak för Gud framkallar ett stort förakt för sig själv i själen.

1006.
Förakt för sig själv är den enda fördelen man får av synder.

1007.
Synd förödmjukar människor ännu mer än ingenting.

1008.
Ödmjukhet som inte härrör från den sanna kunskapen om ens intethet är falsk.

1009.
Det finns tillfällen då man ser sig själv så nedsänkt i elände att man förblir helt och lyckligt övertygad om sin intethet.

1010.
Man njuter av att veta att man är ingenting och att Gud är allt.

1011.
Att omvandla ont till gott är Guds stora konst.

1012.
Hur sublimt och rent man än må bilda sig idéer om Gud, måste man frukta att häda Honom.

1013.
Människor förstör allt när Gud tillåter dem.

1014.
När man betänker att allt som är störst, heligt och mest bedårande på jorden och i himlen är ingenting i jämförelse med Gud, blir man förtjust, man njuter av att bli övertygad om att han allena är allt; att allt annat inte är något annat än vad han vill; att allt är och existerar endast av hans rena godhet och hans makt. Det är då man välsignar Honom, man prisar honom på ett ytterst sublimt sätt.

1015.
Den enda och sanna äran är den som Gud själv har förtjänat åt oss.

1016.
Genom vilken port man än går in i den lyckliga evigheten, är den triumferande.

1017.
Om man ansträngde sig lika mycket för att vara god som man anstränger sig för att verka det, skulle man övervinna det genom nåd.

1018.
Hyckleri är den Proteus som antar tusen skepnader; det är den kameleonten som antar tusen färger.

1019.
Man måste vara den första att glömma allt gott man någonsin har gjort.

1020.
Gud belönar inte människor i proportion till den kärlek de har för honom, ty denna kärlek förtjänar föga; utan han belönar dem i proportion till den kärlek han har för dem, vilken är oändlig.

1021.
De som har åsikter som är ovärdiga Gud hädar honom.

1022.
Om Gud vore lika sorgsen som människor, skulle allt vara förlorat.

1023.
Vi måste erkänna från Gud allena allt vi är, och vi måste hoppas från honom allena för allt vi kommer att göra.

1024.
Att älska, dyrka och beundra Gud, att glömma och lyckligt förlora sig själv i honom, är helgonens sysselsättningar i tid och i evighet.

1025.
Det är genom en sista, obegriplig och outsäglig handling som vi gör oss värdiga Gud för all evighet; men denna sista handling är en grattis gåva, så dyrbar att ingen varelse har förmågan att förtjäna den.

1026.
En varelse är helig varken i denna världen eller i den nästa, förutom i proportion till den kärlek Gud har för den.

1027.
Resignation är en effekt av sann kärlek.

1028.
Fullkomlig resignation är effekten av fullkomlig kärlek; den är en fin, delikat och ytterst sublim tillbedjan.

1029.
Man måste veta hur man klarar sig utan allt som inte är Gud.

1030.
Gud allena är människans förtjänst och belöning.

1031.
Det är en stor låghet att åtrå något mindre än Gud.

1032.
Människor skulle vara förlorade om deras önskningar alltid uppfylldes.

1033.
Att inte be Gud om något, genom en anda av resignation, är att dyrka honom mer värdigt.

1034.
Önskningar och begär är tillåtna, men de måste regleras genom blind resignation.

1035.
Det finns en tystnad som på något sätt är mer värdig Gud än något man kan säga till honom.

1036.
Till Gud allena förfaller fullständig och blind resignation.

1037.
För att kunna föreställa sig hög aktning, stor beundran och värdig förundran för Gud, måste man respektfullt träda in med honom i den eviga ensamhet som är så värdig honom, som Han allena fyllde innan han gav universum varelse. Det är där man lyckligt förlorar sig själv, det är i det djupa mörkret där man upplyses av ljus värdiga en odödlig själ, det är i den avgrunden där själens härliga förvandling till Gud fullbordas.

1038.
Det finns stunder då Gud meddelar sig själv till själen på ett så outsägligt och obegripligt sätt att det får en att glömma allt.

1039.
Det härliga och hemliga umgänget mellan Gud och själen skulle nästan förvåna änglarna, om ingången till denna helgedom vore öppen för dem.

1040.
En sådan förtrogen och kärleksfull förening äger rum där mellan Gud och själen att den förblir härligt och lyckligt försjunken där.

1041.
Mänsklig svaghet är oförmögen att upprätthålla ett sådant tillstånd länge; vi återvänder till våra eländen och lider dem, ty Gud vill det.

1042.
När vi närmar oss Gud distanserar vi oss från förmätenhet och fåfänga.

1043.
Åsynen av Gud, som är den högsta lyckan, ödmjukar oss mer än alla världens lidanden och förödmjukelser.

1044.
Själen upphöjer sig genom att ställa sig över tiden; den går från detta liv in i evigheten, där allt som inte är Gud försvinner.

1045.
Ånger gentemot Gud allena är rättfärdig och nödvändig.

1046.
Den mest värdiga ambitionen är att behaga Gud.

1047.
Vi glömmer aldrig vad vi älskar.

1048.
Man får inte förneka sin kropp de nödvändiga sakerna, och man kan ge den de överflödiga utan skrupler.

1049.
Gud har skapat allt för människan; hon måste njuta av sina gods, men utan att vara otacksam mot honom som gav henne allt.

1050.
Döden tröstar oss i allt elände och alla olyckor.

1051.
Välgörenhet tvingar oss inte att prisa dårskaper; allt den kan göra är att dölja dem.

1052.
Varje sekel har haft dårskaper som har passerat för mysterier, och dårar och fegisar som har passerat för hjältar.

1053.
Att veta att Försynen styr världen med sådan visdom och rättvisa räcker för att man skall kunna subskribera sig till allt som sker.

1054.
För att lyssna på Gud måste vi påtvinga varelser tystnad.

1055.
Att befria människor från de orättvisa och falska åsikter de har är en farlig välgörenhet.

1056.
Människor älskar sin envisheter mer än sanningen.

1057.
Man får inte bli dupen av biktfäder eller ledare.

1058.
De som har för avsikt att bli kända endast av Gud har ingen användning för ledare.

1059.
Det finns ett språk som talar till hjärtat; detta språk är älskarnas, vilket bara förstås av dem som är det.

1060.
Alla skrupler upphör när man har överlämnat sig i god tro till Gud.

1061.
Gud talar till människor genom naturen, genom förnuftet och genom sanningen.

1062.
Predikningar övertygar sällan människor; de flesta lämnar dem som de kom in i dem.

1063.
Att uppflamma människor med Guds kärlek är en predikants enda plikt, men de begår det dåligt.

1064.
Kärlek värmer, den upplyser, den ödmjukar, den renar, den avskiljer, den förenar en med sitt enda objekt; så snart man älskar är allt gjort.

1065.
Gud och hans vilja allena gör allting behagligt.

1066.
Vi måste dyrka Guds tillåtelser, som är obegripliga, och tro att de är rättvisa och värdiga honom.

1067.
Naturen utsätter oss för två fruktansvärda ytterligheter: ålderdom och död.

1068.
Saliga är de som dör utan att åldras.

1069.
Ålderdom är mer fruktansvärd än döden.

1070.
Vi måste hata synder och brott eftersom Gud hatar dem, och lida dem eftersom han lider dem.

1071.
Vi måste ägna Gud stor uppmärksamhet, beundra honom, dyrka honom och låta honom göra som han vill.

1072.
Gud har givit allt; han har rätt att ta ifrån oss allt. Man skulle ha fel att klaga på detta.

1073.
Människor är mer pratsamma än djur, men man kan tvivla på om de är klokare.

1074.
Människor applåderar ofta sig själva för saker som borde förbrylla dem.

1075.
Stränghetens och ödmjukhetens ekipage döljer mycket stolthet och förmätenhet.

1076.
Ingenting är mer tröttsamt än andakt som sker utifrån.

1077.
Det finns andäktiga människor som gör andakt löjlig och outhärdlig.

1078.
Yrkesvis andäktiga människor är bagatellsmänniskor.

1079.
Bigotter har en jargong och grimaser som de lär sig utantill; de lägger till detta en reformering av vanor, och de spelar sin roll så bra att de övertygar dårar om att de är heligare än resten av mänskligheten.

1080.
Bland de levande går många skurkar för helgon i denna värld.

1081.
Endast de som Kyrkan kanoniserar som sådana tros vara helgon.

1082.
Hyckleri döljer en bättre än alla karnevalsmasker.

1083.
Man kan tjäna Gud i de mest storslagna världsliga kläder såväl som i tagskjorta och säck.

1084.
Att älska Gud och sin nästa är sann hängivenhet; allt annat är bara grimas.

1085.
Bigotter oroar sig mycket för sina nästas synder och sätter sig nästan inte i smärta över sina egna.

1086.
Bigotter har aldrig brist på pengar eller kvinnor.

1087.
Att anförtro sina pengar och sin hustru till bigotter är att göra sig av med dem.

1088.
Bigotter hatar alla som inte är deras duper.

1089.
Man avköper bigotter som korsarer.

1090.
Bigotter är oförsonliga med dem som känner dem.

1091.
Bigotter hatar sina synder mindre än de avundas människors nöjen. De är rasande över den förpliktelse de har gjort för att beröva sig dem.

1092.
Bigotter vägrar vanliga värdigheter, men med en beundransvärd samvetskänslighet tvekar de att vägra de mest sublima.

1093.
De yrkesvis kyska hävdar att denna dygd allena omvandlar alla deras andra brott och dårskaper till förtjänster.

1094.
Alltför många människor avlägger ett kyskhetslöfte för att följa det.

1095.
Människors yttre är imponerande. Det bör inte litas på.

1096.
Om det finns en sysslolöshet som endast sysselsätter sig med Gud, är den värd avund.

1097.
Man måste vörda religiösa människor som är vad de ser ut att vara och tycka synd om dem som inte är det.

1098.
Alla religioner är heliga. Om de missnöjda var fria att lämna, skulle få utan tvekan finnas kvar, men det som återstod skulle vara heligt enligt deras regel.

[religioner = klosterorden.]

1099.
Den bästa av alla regler är att göra, utan undantag, allt som Gud vill.

[regler = klosterregler.]

1100.
Ensamhet är elementet hos stora sinnen.

English translation (my own):

1001.
One must surrender oneself to discretion and leave it to God.

1002.
Without God, virtue and honesty would only be chimeras.

1003.
God alone is the source of glory and felicity.

1004.
One cannot disguise oneself from God or from oneself.

1005.
A taste for God produces in the soul a great contempt for itself.

1006.
Contempt for oneself is the only advantage one derives from sins.

1007.
Sin humiliates men even more than nothingness.

1008.
Humility that does not stem from the true knowledge of one's nothingness is false.

1009.
There are times when one sees oneself so immersed in misery that one remains entirely and happily convinced of one's nothingness.

1010.
One is delighted to know that one is nothing and that God is everything.

1011.
Converting evil into good is God's great art.

1012.
However sublime and pure one may form ideas of God, one must fear blaspheming Him.

1013.
Men spoil everything when God lets them.

1014.
When one considers that all that is greatest, holiest and most adorable on earth and in Heaven is nothing in comparison to God, one is charmed, one is delighted to be persuaded that He alone is all; that all else is nothing but what He wills; that everything is and subsists only by His pure goodness and His power. It is then that one blesses Him, that one praises Him in a most sublime manner.

1015.
The only and true glory is that which God has deserved for us by Himself.

1016.
Through whatever gate one enters happy eternity, it is triumphant.

1017.
If one took as much care to be good as one takes to appear so, one would overcome it through grace.

1018.
Hypocrisy is that Proteus who takes on a thousand forms; it is that chameleon which takes on a thousand colours.

1019.
One must be the first to forget anything good one has ever done.

1020.
God does not reward men in measure to the love they have for Him, because this love deserves little; but He rewards them in proportion to the love He has for them, which is infinite.

1021.
Those who hold opinions unworthy of God blaspheme Him.

1022.
If God were as sorrowful as men, all would be lost.

1023.
We must recognise from God alone all that we are, and we must hope from Him alone for all that we will do.

1024.
To love, adore and admire God, to forget and happily lose oneself in Him, are the occupations of the saints in time and in eternity.

1025.
It is by a last, incomprehensible and ineffable act that we make ourselves worthy of God for all eternity; but this final act is a free gift, so precious that no creature has the wherewithal to merit it.

1026.
A creature is holy neither in this world, nor in the next, except in proportion to the love God has for it.

1027.
Resignation is an effect of true love.

1028.
Perfect resignation is the effect of perfect love; it is a fine, delicate and most sublime adoration.

1029.
One must know how to do without everything that is not God.

1030.
God alone is man's merit and reward.

1031.
It is a great baseness to desire anything less than God.

1032.
Men would be lost if their wishes were always granted.

1033.
To ask nothing of God, through a spirit of resignation, is to adore Him more worthily.

1034.
Wishes and desires are permitted, but they must be regulated by blind resignation.

1035.
There is a silence that is in some way more worthy of God than anything one can say to Him.

1036.
To God alone is due entire and blind resignation.

1037.
In order to conceive of high esteem, great admiration and worthy astonishment for God, one must respectfully enter with Him into that eternal solitude so worthy of Himself, which He alone filled before He gave being to the universe. It is there that one happily loses oneself, it is in that profound darkness where one is illuminated by lights worthy of an immortal soul, it is in that abyss where the glorious transformation of the soul into God is completed.

1038.
There are moments when God communicates Himself to the soul in such an ineffable and incomprehensible way that it makes one forget everything.

1039.
The glorious and secret intercourse between God and the soul would almost astonish the angels, if the entrance to this sanctuary were open to them.

1040.
Such a familiar and loving union takes place there between God and the soul that it remains gloriously and happily immersed there.

1041.
Human weakness is incapable of sustaining such a state for long; we return to our miseries and suffer them, because God wills it.

1042.
As we approach nearer to God, we distance ourselves from presumption and vanity.

1043.
The sight of God, which is the supreme felicity, humbles us more than all the sufferings and mortifications of the world.

1044.
The soul elevates itself by placing itself above time; it enters from this life into eternity, where everything that is not God disappears.

1045.
Repentance toward God alone is just and necessary.

1046.
The most worthy ambition is that of pleasing God.

1047.
We never forget what we love.

1048.
One must not deny one's body the necessary things, and one can grant it the superfluous ones without scruple.

1049.
God has made everything for man; he must enjoy his goods, but without being ungrateful to Him who gave him everything.

1050.
Death consoles us for all miseries and all misfortunes.

1051.
Charity does not oblige us to praise foolishnesses; all it can do is conceal them.

1052.
Every century has had foolishnesses that have passed for mysteries, and fools and cowards who have passed for heroes.

1053.
Knowing that Providence governs the world with such wisdom and justice suffices to subscribe oneself to everything that happens.

1054.
To listen to God, we must impose silence on creatures.

1055.
Disabusing men of the unjust and false opinions they hold is a dangerous charity.

1056.
Men love their stubbornnesses more than the truth.

1057.
One must not be the dupe of confessors or directors.

1058.
Those who have the design of being known only by God have no use for directors.

1059.
There is a language that speaks to the heart; this language is that of lovers, which is understood only by those who are so.

1060.
All scruples cease when one has given oneself in good faith to God.

1061.
God speaks to men through nature, through reason, and through truth.

1062.
Sermons rarely persuade people; most leave them as they entered them.

1063.
To inflame men with the love of God is the sole duty of a preacher, but they acquit themselves of it it poorly.

1064.
Love warms, it enlightens, it humbles, it purifies, it detaches, it unites one to its sole object; as soon as one loves, all is done.

1065.
God and His will alone make all things agreeable.

1066.
We must adore God's permissions, which are incomprehensible, and believe them to be just and worthy of Him.

1067.
Nature subjects us to two terrible extremes: old age and death.

1068.
Blessed are those who die without growing old.

1069.
Old age is more terrible than death.

1070.
We must hate sins and crimes since God hates them, and suffer them since He suffers them.

1071.
We must pay great attention to God, admire Him, adore Him, and let Him do as He pleases.

1072.
God has given everything; He has the right to take everything away. One would be wrong to complain about this.

1073.
Men are more talkative than beasts, but one may doubt whether they are wiser.

1074.
Men often applaud themselves for things that should confound them.

1075.
The equipage of austerity and humility conceal much pride and presumption.

1076.
Nothing is more fatiguing than devotion that occurs externally.

1077.
There are devotees who make devotion ridiculous and insufferable.

1078.
Devotees by profession are people of trifles.

1079.
Bigots have a jargon and grimaces that they learn by heart; they add to this the reform of habits, and they play their role so well that they persuade fools that they are holier than the rest of mankind.

1080.
Among the living, many scoundrels pass for saints in this world.

1081.
Only those whom the Church canonises as such are believed to be saints.

1082.
Hypocrisy disguises one better than all the Carnevale masks.

1083.
One can serve God in the most magnificent worldly clothes as well as in hairshirt and sackcloth.

1084.
To love God and one's neighbour is true devotion; all else is only grimace.

1085.
Bigots worry greatly about the sins of their neighbours and hardly put themselves in pain about their own.

1086.
Bigots never lack money or women.

1087.
To confide one's money and one's wife to bigots is to rid oneself of them.

1088.
Bigots hate all those who are not their dupes.

1089.
One buys off bigots like corsairs.

1090.
Bigots are irreconcilable to those who know them.

1091.
Bigots hate their sins less than they envy the pleasures of men. They are enraged by the engagement they have made to deprive themselves of them.

1092.
Bigots refuse ordinary dignities, but with an admirable delicacy of conscience, they make scruple of refusing the most sublime ones.

1093.
The chaste by profession claim that this virtue alone converts all their other crimes and follies into merit.

1094.
Too many people take a vow of chastity to observe it.

1095.
The exterior of men is imposing. It should not be trusted.

1096.
If there is an idleness that occupies itself only with God, it is worthy of envy.

1097.
One must have veneration for religious people who are what they appear and pity for those who are not.

1098.
All religions are holy. If the malcontents were free to leave, few would undoubtedly remain, but what remained would be holy according to their rule.

[religions = monastic orders.]

1099.
The best of all rules is to do, without exception, everything God wills.

[rules = monastic rules.]

1100.
Solitude is the element of great minds.


Above: Kristina.

Bildt edition: "L'Ouvrage du Loisir", part 10

Source:

Pensées de Christine, reine de Suède, pages 135 to 149, edited and published by Baron Carl Bildt, 1906; original at Harvard University


Compare this with the edition published by Arckenholtz (1751):


The "Pensées":

901.
Quand le cœur n'est pas royal, on n'est jamais roi.

902.
Ceux qui naissent sur le trône avec un cœur grand et une âme grande, sont bien rares, mais ils sont doublement rois.

903.
L'on peut mettre son cœur, mais non pas sa fortune, en état de n'avoir besoin de personne.

904.
Dans la bonne fortune, il faut être sage et honnête, et dans la mauvaise sage et fier.

905.
Il faut se rendre invincible en tout et par tout.

906.
Quand on ne craint et qu'on n'espère rien, on a le droit de tout mépriser.

907.
Il faut payer tout avec usure, hormis les maux que l'on souffre.

908.
Il faut payer le mal avec le bien, sans faire tort à la justice.

909.
Le plus grand profit qu'on tire de l'étude, est celui de n'être pas insupportable à soi-même.

910.
L'étude donne encore un autre avantage, qui est qu'on n'admire rien.

911.
Le repentir efface toutes les fautes passées, mais il n'assure pas de l'avenir.

912.
Si la vie est un bien, il faut en jouir avec reconnaissance; si c'est un mal, il faut le souffrir avec résignation.

913.
Caton et Brutus auraient mieux fait de souffrir tranquillement la domination de César.

914.
Brutus traita en mourant la vertu de chimère, d'un vain nom; mais Caton témoigna d'en être charmé jusqu'au dernier moment.

615. [sic]
Brutus se punit d'avoir tué inutilement le plus grand des hommes.

916.
Pétrone, qui mourut en badinant, traita de bagatelle la plus importante des affaires.

917.
Il y aurait quelque chose d'admirable et de fort grand en ces différentes manières d'envisager la mort, s'il n'y avait rien au-delà.

918.
Il n'y a point de condition qu'on ne puisse rendre glorieuse, ou par ce que l'on y fait, ou par ce que l'on y souffre.

919.
La patience est la vertu de ceux qui manquent ou de courage ou de force.

920.
La patience usurpe tout le mérite de la nécessité.

921.
L'on ne souffrirait pas apparemment, si on pouvait s'en dispenser.

922.
La vie, et tout ce qui s'y passe, ne vaut pas les soins que l'on s'en donne.

923.
Quand on n'aime rien et que l'on ne craint pas la mort, l'on ne souffre pas impunément.

924.
Les hommes cachent leurs maladies comme des crimes.

925.
Quand les hommes changent de fortune, tout leur mérite leur devient inutile.

926.
Il y a peu de prisonniers plus étroitement gardés que les princes.

927.
Les vertus ont leurs modes comme les habits.

928.
Les hommes sont si sots, que pour se choisir un maître, ils ne s'attachent qu'à ceux qui sont les moins dignes de l'être.

929.
La gloire de l'antiquité est évanouie, celle de notre siècle aura le même sort.

930.
Il n'y a point de vertu si pure, ni de mérite si sublime, qui ne souffre comme le soleil ses éclipses.

931.
Les hommes ne savent pas à combien de maux ils s'assujettissent en se soumettant à un sot.

932.
Les scélérats et les tyrans sont moins à craindre que les sots.

933.
La vie est un songe agréable aux uns et fâcheux aux autres.

934.
L'heure de la mort est l'heure de la vérité.

935.
On doit compter tout le genre humain pour ses parents, et tout l'univers pour sa patrie.

936.
Il ne faut pas se souvenir de ses parents que lorsqu'il est question de les secourir.

937.
Il ne faut pas se souvenir de sa patrie que lorsqu'il est question de la servir.

938.
Les misérables et les malheureux méritent du secours.

939.
Il importe plus de jouir que de connaître.

940.
Dieu mérite seul tout l'étonnement et toute l'admiration dont on est capable.

941.
Il faut aimer et adorer Dieu plus que tout ce qui est visible et invisible.

942.
Il faut croire de Dieu tout ce qu'Il en sait et tout ce qu'Il en veut.

943.
Ce que Dieu ne sait ni ne veut pas, ne peut être ni subsister.

944.
Dieu seul mérite l'holocauste.

945.
Il faut se soumettre aveuglément à l'Église Romaine. C'est l'unique oracle par lequel Dieu s'explique.

946.
En croire plus est superstition; en croire moins, c'est infidélité.

947.
Il faut se soumettre à l'Église parce que Dieu le veut.

948.
Il faut croire nos mystères sans les approfondir.

949.
Tout ce que Dieu a fait pour les hommes, tout ce qu'ils en craignent, et tout ce qu'ils en espèrent, est bien moins que lui-même.

950.
Il ne faut pas moins se confier en la justice qu'en la bonté de Dieu.

951.
Il faut anéantir en Dieu tous les crimes et toutes les vertus.

952.
On se doit humilier perpétuellement devant Dieu de tout ce que l'on a fait, et de tout ce que l'on n'a pas fait, et de bien et de mal.

953.
Il faut se résigner aveuglément en Dieu pour le temps et pour l'éternité.

954.
Aimer ses ennemis est un acte héroïque, digne en quelque façon de Dieu qui l'ordonne.

955.
On n'est au monde que pour s'y occuper de Dieu. Quel bonheur, et qu'il est peu connu!

956.
La véritable sainteté consiste uniquement en ce qui se passe sans témoins entre Dieu et l'âme. Cet amoureux commerce n'admet pas un tiers.

957.
Il faut se fier à Dieu, Il fera tout bien.

958.
Il ne faut pas croire tout perdu, quand on est tombé en quelque faute.

959.
Se réjouir que les crimes et les fautes de toutes les créatures n'ôtent pas à Dieu un atome de sa gloire et de sa félicité éternelle, est un sentiment juste, qui n'obtient pas moins le pardon, que [l]es larmes.

960.
Consentir avec amour et résignation à son éternité, telle qu'elle puisse être, c'est l'acte le plus héroïque que puisse produire une créature.

961.
Dieu pardonne tout, pas moins pour être juste que pour être bon.

962.
Dieu pardonne sans faire tort à sa justice, et Il punit sans faire tort à sa bonté.

963.
Dieu veut tout ce qu'Il veut d'une manière digne de Lui.

964.
L'abîme de la misère et du néant de l'homme n'est connu que de Dieu seul.

965.
L'on ne saurait faire un plus grand tort à Dieu que de n'espérer pas en sa bonté et de ne se confier pas en sa toute-puissance.

966.
Le rien n'est capable de rien.

967.
Puisque Dieu ordonne aux hommes d'espérer, Il ne les trompera pas.

968.
On ne peut trop espérer en Dieu, ni trop se défier de soi-même.

969.
Dieu triomphe de la malice et de l'ingratitude.

970.
Si les hommes étaient bien persuadés de leur néant, leurs péchés et leurs fautes les étonneraient moins.

971.
Le désespoir est un orgueil; c'est une présomption secrète et criminelle.

972.
Les plus habiles et les plus saints ont sujet de s'étonner de toutes les fautes et de tous les crimes qu'ils ne font pas.

973.
Dieu mérite d'être aimé et adoré plus que tout ce qui est visible et invisible, et plus que tout ce qui est sensible et insensible.

974.
Dès que l'on aime Dieu, on est innocent.

975.
L'amour de Dieu n'est pas moins un devoir indispensable qu'un mérite.

976.
Notre divine et adorable Maître mérite seul cette aveugle déférence que les sectateurs de Pythagore avaient pour ce philosophe.

977.
Le mérite de notre foi ne consiste pas moins dans une aveugle résignation pour elle, que dans une ferme persuasion.

978.
La raison a de la peine à se persuader les vérités chrétiennes. Il faut que la volonté la range à l'obéissance.

979.
Quand on est catholique, on a la consolation de croire de qu'ont cru tant de grands génies qui ont vécu depuise seize siècles; l'on est heureux de se trouver d'une religion autorisée par les milliers de miracles et par les millions de martyrs qui ont sacrifié leurs vies aux vérités catholiques; c'est cette religion qui a peuplé les déserts de gens qui par un martyre plus secret se sont sacrifiés à Dieu, renonçant au monde et à tous ses charmes; c'est cette religion si fertile en vierges admirables qui ont triomphé de la faiblesse de leur sexe et de leur âge, pour se rendre les glorieuses victimes d'une religion si inconnue aux hommes, qu'elle ne pouvait être enseignée que par un Dieu. Il faut plaindre tous ceux qui ne se rendent pas à ces grandes vérités.

980.
Les hérétiques usurpent en vain le beau titre de catholique; il ne leur appartient pas.

981.
La souveraine autorité du pape et son infaillibilité en matière de religion sont les solides et inébranlables fondements de la religion catholique-romaine.

982.
Les conciles et toutes les puissances du monde doivent être soumis au pape, mais le pape ne doit être soumis qu'à Dieu seul.

983.
C'est être catholique que d'avoir ces sentiments; ôtez le fondement, il n'y a plus de religion.

Comment peut-on être chrétien sans être catholique? Et comment peut-on être catholique et refuser au pape l'entière soumission qui lui est due?

984.
Les faiblesses, les crimes et les fautes des papes n'effacent pas leur sacré caractère, ni ne peuvent détruire leur autorité, qui mérite nos respects, quoique souvent leurs personnes ne les méritent pas.

985.
Il y a pour Rome et pour le pontificat des maux bien plus grands que le népotisme.

986.
Le plus grand des malheurs, c'est de voir régner des princes, qui ne méritent pas [à Rome] de lui commander.

987.
Le sac des bigots est le pire que Rome a souffert.

988.
Rien ne persuade mieux des vérités catholiques que tout ce qui se passe de pitoyable à présent à Rome [1680].

989.
Dieu qui a fondé sa monarchie ecclésiastique, la conserve malgré ceux qui ne travaillent qu'à la perdre, sans y réussir. Dieu a donné son infaillibilité au pape, et non pas aux conciles. Il n'a pas établi une république, mais une monarchie, à laquelle Il s'est engagé à tout soumettre un jour.

990.
Cette magnifique promesse n'a pas encore eu son effet en la personne d'aucun pape, jusqu'au présent Innocent XI, dans lequel apparemment elle ne se vérifiera pas. On ne sait pas quand cette fameuse promesse s'exécutera, mais il est indubitable, qu'elle ne peut se vérifier en la personne d'aucun prince séculier chrétien, et qu'il faut que ce soit nécessairement en celle d'un pape à venir qu'elle s'accomplisse.

991.
A la volonté de Dieu rien ne résiste; elle s'accomplit dans les bons pour sa gloire et leur bonheur; elle s'accomplit dans les méchants pour sa gloire et leur malheur.

992.
Tout ce qu'on peut faire sans Dieu, c'est de se perdre.

993.
Il est ordonné aux hommes de croire, mais non pas de connaître.

994.
C'est faire à Dieu le plus digne holocauste, que de lui sacrifier le libre arbitre et son usage.

995.
On n'est jamais plus libre que lorsqu'on dépend sans réserve de Dieu.

996.
Il n'y a rien de si indigne, ni de si rampant qui n'ait trouvé ses adorateurs.

997.
On se forme des idoles qu'on n'adore et craint que parce qu'on les a forgées.

998.
L'intérêt est un dieu inconnu à bien des gens qui lui sacrifient tout.

999.
Le plus grand intérêt et la plus grande gloire consistent à ne faire rien d'indigne d'un homme d'honneur.

1000.
Combattre et souffrir ses défauts jusqu'à la mort, sont les occupations de toute la vie.

Swedish translation (my own):

901.
När hjärtat inte är kungligt är man aldrig konung.

902.
De som föds på tronen med ett stort hjärta och en stor själ är mycket sällsynta, men de är dubbelt konungar.

903.
Man kan försätta sitt hjärta, men inte sin lycka, i en position att inte behöva någon som helst.

904.
I lycka måste man vara vis och ärlig, och i olycka vis och stolt.

905.
Man måste göra sig oövervinnerlig i allt och genom allt.

906.
När man fruktar och hoppas på ingenting, har man rätt att förakta allt.

907.
Man måste återgälda allt med ocker, utom det ont man lider.

908.
Man måste återgälda ont med gott, utan att förorätta orättvisa.

909.
Den största vinsten man får av studier är att man inte är outhärdlig för sig själv.

910.
Studier ger ytterligare en fördel, nämligen att man inte beundrar någonting som helst.

911.
Ånger utplånar alla tidigare synder, men den garanterar inte framtiden.

912.
Om livet är ett gott, måste det njutas med tacksamhet; om det är ett ont, måste det uthärdas med resignation.

913.
Cato och Brutus skulle ha gjort bättre i att lugnt uthärda Caesars dominans.

914.
Brutus kallade dygden vid sin död för en chimär, ett tomt namn; men Cato betygade att han var charmerad av den in i sista stund.

615. [sic]
Brutus straffade sig själv för att i onödan ha dödat den största av män.

916.
Petronius, som dog i att skämta, behandlade de viktigaste angelägenheterna som bagateller.

917.
Det skulle finnas något beundransvärt och mycket stort i dessa olika sätt att föreställa sig döden, om det inte fanns något bortom den.

918.
Det finns inget tillstånd som man inte kan göra ärorikt, vare sig genom vad man gör i det eller genom vad man lider i det.

919.
Tålamod är en dygd för dem som saknar vare sig mod eller styrka.

920.
Tålamod upphäver all nödvändighet.

921.
Man skulle tydligen inte lida om man kunde göra sig av med det.

922.
Livet, och allt som sker i det, är inte värt den omsorg man tar av det.

923.
När man inte älskar något och inte fruktar döden, lider man inte ostraffat.

924.
Människor döljer sina sjukdomar som brott.

925.
När människors öden förändras, blir all deras förtjänst värdelös för dem.

926.
Det finns få fångar som är mer noggrant bevakade än furstar.

927.
Dygder har sina modestilar som kläder.

928.
Människor är så dåraktiga att när de väljer en herre, ansluter de sig bara till dem som är minst värdiga att vara en.

929.
Forntidens glans har försvunnit; vårt sekels kommer att lida samma öde.

930.
Det finns ingen dygd så ren, och ingen förtjänst så sublim, som inte lider sina förmörkelser som solen.

931.
Människor vet inte hur många onda ting de utsätter sig för genom att underkasta sig en dåre.

932.
Skurkar och tyranner är mindre att frukta än dårar.

933.
Livet är en dröm, behaglig för vissa och obehaglig för andra.

934.
Dödens timme är sanningens timme.

935.
Man måste räkna hela mänskligheten som sina släktingar och hela universum som sitt fädernesland.

936.
Man bör inte minnas sina släktingar annat än när det gäller att hjälpa dem.

937.
Man bör inte minnas sitt fädernesland annat än när det gäller att tjäna det.

938.
De eländiga och olyckliga förtjänar hjälp.

939.
Det är viktigare att njuta än att veta.

940.
Gud allena förtjänar all den förvåning och beundran vi är kapabla till.

941.
Vi måste älska och dyrka Gud mer än något synligt eller osynligt.

942.
Vi måste tro om Gud allt som han vet och vill.

943.
Det Gud varken vet eller vill kan varken vara eller existera.

944.
Endast Gud förtjänar brännoffer.

945.
Vi måste blint underkasta oss den romerska Kyrkan. Det är det enda orakel genom vilket Gud förklarar sig själv.

946.
Att tro mer är vidskepelse; att tro mindre är otrohet.

947.
Vi måste underkasta oss Kyrkan eftersom Gud vill det.

948.
Vi måste tro på våra mysterier utan att fördjupa oss i dem.

949.
Allt Gud har gjort för människorna, allt de fruktar från honom och allt de hoppas från honom, är långt mindre än honom själv.

950.
Vi måste lita inte mindre på Guds rättvisa än på hans godhet.

951.
Vi måste förgöra alla brott och alla dygder i Gud.

952.
Vi måste ständigt ödmjuka oss inför Gud för allt vi har gjort och allt vi inte har gjort, både gott och ont.

953.
Vi måste blint överlämna oss till Gud för tid och evighet.

954.
Att älska sina fiender är en heroisk handling, värdig på något sätt Gud, som befaller det.

955.
Vi är i denna värld bara för att sysselsätta oss med Gud. Vilken lycka, och hur lite känt den är!

956.
Sann helighet består enbart i det som sker mellan Gud och själen utan vittnen. Denna kärleksfulla handel tillåter ingen tredje part.

957.
Vi måste lita på Gud; han kommer att göra allt väl.

958.
Vi får inte tro att allt är förlorat när vi har begått något fel.

959.
Att glädjas över att alla varelsers brott och fel inte berövar Gud en enda atom av hans härlighet och eviga lycka är en rättvis känsla, en som inte får mindre förlåtelse än tårar.

960.
Att samtycka med kärlek och resignation till sin evighet, vad den än må vara, är den mest heroiska handling en varelse kan utföra.

961.
Gud förlåter allt, inte mindre för att vara rättvis än för att vara god.

962.
Gud förlåter utan att göra orätt mot sin rättvisa, och han straffar utan att göra orätt mot sin godhet.

963.
Gud vill allt han vill på ett sätt som är värdigt honom.

964.
Avgrunden av mänskligt elände och intethet är endast känd för Gud.

965.
Man kan inte göra Gud större orätt än att inte hoppas på hans godhet och att inte lita på hans allmakt.

966.
Ingenting är kapabelt till ingenting.

967.
Liksom Gud befaller människor att hoppas, kommer han inte att bedra dem.

968.
Man kan inte hoppas för mycket på Gud, inte heller misstro sig själv för mycket.

969.
Gud segrar över illvilja och otacksamhet.

970.
Om människorna var väl övertygade om sin intethet, skulle deras synder och fel förvåna dem mindre.

971.
Förtvivlan är stolthet; det är en hemlig och kriminell förmätning.

972.
De klokaste och heligaste har anledning att förvånas över alla de fel och brott de inte begår.

973.
Gud förtjänar att bli älskad och dyrkad mer än allt som är synligt och osynligt, och mer än allt som är kännbart och okännbart.

974.
Så snart man älskar Gud är man oskyldig.

975.
Kärleken till Gud är inte mindre en oumbärlig plikt än en förtjänst.

976.
Vår gudomliga och bedårande Herre ensam förtjänar den blinda respekt som Pythagoras sekterare hade för denne filosof.

977.
Vår tros förtjänst består inte mindre i en blind resignation inför den än i en fast övertalning.

978.
Förnuftet har svårt att övertyga sig om kristna sanningar. Viljan måste bringa den i lydnad.

979.
När man är katolik har man trösten att tro på det som så många stora genier som har levt i sexton århundraden har trott på; man är glad över att finna sig tillhörande en religion som är auktoriserad av tusentals mirakel och miljontals martyrer som har offrat sina liv för katolska sanningar; det är denna religion som har befolkat öknarna med människor som, genom ett mer hemligt martyrdöd, har offrat sig till Gud och avstått från världen och all dess charm. Det är denna religion som är så bördig på beundransvärda jungfrur som har segrat över sitt köns och sin ålders svaghet, för att göra sig till ärorika offer för en religion så okänd för människor att den bara kunde läras ut av en Gud. Vi måste tycka synd om alla dem som inte ger sig hän åt dessa stora sanningar.

980.
Kättare tillskansa sig den vackra titeln katolik förgäves; den tillhör dem inte.

981.
Påvens suveräna auktoritet och hans ofelbarhet i religionsfrågor är de solida och orubbliga grundvalarna för den romersk-katolska religionen.

982.
Koncilierna och alla världens makter måste underordna sig påven, men påven måste underordna sig endast Gud allena.

983.
Att hysa dessa känslor är att vara katolik; ta bort grundvalen, och det finns ingen religion.

Hur kan man vara kristen utan att vara katolik? Och hur kan man vara katolik och vägra påven den fulla underkastelse som tillkommer honom?

984.
Påvarnas svagheter, brott och fel utplånar inte deras heliga karaktär, och de kan inte heller förstöra deras auktoritet, som förtjänar vår respekt, även om deras personer ofta inte förtjänar den.

985.
Det finns ondska för Rom och för pontifikatet som är långt större än nepotism.

986.
Den största olyckan är att se furstar regera som inte förtjänar att befalla [i Rom].

987.
Plundringen av bigotter är det värsta Rom har lidit.

988.
Ingenting övertygar oss om katolska sanningar bättre än alla de ynkliga saker som händer i Rom för närvarande [1680].

989.
Gud, som har grundat sin kyrkliga monarki, bevarar den trots dem som arbetar bara för att förstöra den, utan framgång. Gud har givit sin ofelbarhet till påven, inte till koncilierna. Han har inte upprättat en republik, utan en monarki, som han har förbundit sig att en dag underkasta allt.

990.
Detta magnifika löfte har ännu inte haft sin verkan i någon påves person, förrän den nuvarande Innocentius XI, i vilken det tydligen inte kommer att bekräftas. Det är inte känt när detta berömda löfte kommer att uppfyllas, men det är otvivelaktigt att det inte kan verifieras i någon kristen sekulär furstes person, och att det nödvändigtvis måste uppfyllas i en framtida påves person.

991.
Ingenting kan motstå Guds vilja; den utförs i det goda för hans ära och deras lycka; den utförs i det onda för hans ära och deras olycka.

992.
Allt man kan göra utan Gud är att förlora sig själv.

993.
Människor är befallda att tro, men inte att veta.

994.
Det är det mest värdiga brännoffret till Gud att offra den fria viljan och dess användning till honom.

995.
Man är aldrig friare än när man förlitar sig oförbehållsamt på Gud.

996.
Det finns ingenting så ovärdigt, eller så krypande, att det inte har funnit sina dyrkare.

997.
Man formar avgudar åt sig själv, vilka man tillber och fruktar endast för att man har skapat dem.

998.
Intresse är en gud okänd för många människor, som offrar allt åt det.

999.
Det största intresset och den största äran består i att inte göra något som är ovärdigt en hedersman.

1000.
Att kämpa mot och lida sina fel till döden är hela ens livs sysselsättning.

English translation (my own):

901.
When the heart is not royal, one is never king.

902.
Those born on the throne with a great heart and a great soul are very rare, but they are doubly kings.

903.
One can put one's heart, but not one's fortune, in a position to need no one.

904.
In good fortune, one must be wise and honest, and in bad fortune, wise and proud.

905.
One must make oneself invincible in everything and by everything.

906.
When one fears and hopes for nothing, one has the right to despise everything.

907.
One must repay everything with usury, except for the evils one suffers.

908.
One must repay evil with good, without doing wrong to justice.

909.
The greatest profit one derives from study is that one is not unbearable to oneself.

910.
Study gives yet another advantage, which is that one admires nothing.

911.
Repentance erases all past sins, but it does not assure the future.

912.
If life is a good, it must be enjoyed with gratitude; if it is an evil, it must be endured with resignation.

913.
Cato and Brutus would have done better to tranquilly endure Caesar's domination.

914.
Brutus, in his death, called virtue a chimera, an empty name; but Cato testified to be charmed by it until the last moment.

615. [sic]
Brutus punished himself for having needlessly killed the greatest of men.

916.
Petronius, who died in jesting, treated the most important of affairs as trifles.

917.
There would be something admirable and very great in these different ways of envisaging death, if there were nothing beyond it.

918.
There is no condition that one cannot make glorious, either by what one does in it, or by what one suffers in it.

919.
Patience is the virtue of those who lack either courage or strength.

920.
Patience usurps all the merit of necessity.

921.
One would apparently not suffer if one could dispense oneself of it.

922.
Life, and all that happens in it, is not worth the care one takes of it.

923.
When one loves nothing and does not fear death, one does not suffer with impunity.

924.
Men hide their illnesses like crimes.

925.
When men's fortunes change, all their merit becomes useless to them.

926.
There are few prisoners more closely guarded than princes.

927.
Virtues have their fashions like clothes.

928.
Men are so foolish that when choosing a master, they attach themselves only to those least worthy of being one.

929.
The glory of antiquity has vanished; that of our century will have the same fate.

930.
There is no virtue so pure, nor merit so sublime, that does not suffer its eclipses like the sun.

931.
Men do not know how many evils they subject themselves to by submitting themselves to a fool.

932.
Scoundrels and tyrants are less to be feared than fools.

933.
Life is a dream, agreeable to some and unpleasant to others.

934.
The hour of death is the hour of truth.

935.
One must count all mankind as one's relatives, and the whole universe as one's fatherland.

936.
One should not remember one's relatives except when it is a question of helping them.

937.
One should not remember one's fatherland except when it is a question of serving it.

938.
The miserable and the unfortunate deserve succour.

939.
It is more important to enjoy than to know.

940.
God alone deserves all the astonishment and admiration of which we are capable.

941.
We must love and adore God more than anything visible or invisible.

942.
We must believe about God all that He knows and wills.

943.
What God neither knows nor wills can neither be nor subsist.

944.
God alone deserves holocaust.

945.
We must submit blindly to the Roman Church. It is the only oracle by which God explains Himself.

946.
To believe more is superstition; to believe less is infidelity.

947.
We must submit to the Church because God wills it.

948.
We must believe our mysteries without delving into them.

949.
All that God has done for men, all that they fear from Him, and all that they hope from Him, is far less than Himself.

950.
We must trust no less in God's justice than in His goodness.

951.
We must annihilate in God all crimes and all virtues.

952.
We must perpetually humble ourselves before God for all that we have done, and all that we have not done, both good and evil.

953.
We must blindly resign ourselves to God for time and for eternity.

954.
Loving one's enemies is a heroic act, worthy in some way of God, who orders it.

955.
We are in this world only to occupy ourselves with God. What a happiness, and how little known it is!

956.
True holiness consists solely in what occurs between God and the soul without witnesses. This loving commerce admits no third party.

957.
We must trust in God; He will do everything well.

958.
We must not believe all is lost when we have fallen into some fault.

959.
To rejoice that the crimes and faults of all creatures do not deprive God of one atom of His glory and eternal happiness is a just sentiment, one that obtains no less forgiveness than tears.

960.
To consent with love and resignation to one's eternity, whatever it may be, is the most heroic act a creature can produce.

961.
God forgives everything, no less to be just than to be good.

962.
God forgives without doing wrong to His justice, and He punishes without doing wrong to His goodness.

963.
God wills everything He wills in a manner worthy of Him.

964.
The abyss of human misery and nothingness is known only to God.

965.
One could not do God a greater wrong than not to hope in His goodness and not to trust in His omnipotence.

966.
Nothing is capable of nothing.

967.
As God commands men to hope, He will not deceive them.

968.
One cannot hope too much in God, nor distrust oneself too much.

969.
God triumphs over malice and ingratitude.

970.
If men were well persuaded of their nothingness, their sins and faults would astonish them less.

971.
Despair is pride; it is a secret and criminal presumption.

972.
The most clever and the most holy have reason to be astonished at all the faults and crimes they do not commit.

973.
God deserves to be loved and adored more than all that is visible and invisible, and more than all that is sensible and insensible.

974.
As soon as one loves God, one is innocent.

975.
The love of God is no less an indispensable duty than a merit.

976.
Our divine and adorable Master alone deserves the blind deference that the sectators of Pythagoras had for that philosopher.

977.
The merit of our faith consists no less in a blind resignation to it than in firm persuasion.

978.
Reason has difficulty persuading itself of Christian truths. The will must bring it into obedience.

979.
When one is Catholic, one has the consolation of believing what so many great geniuses who have lived for sixteen centuries have believed; one is happy to find oneself of a religion authorised by the thousands of miracles and the millions of martyrs who have sacrificed their lives for Catholic truths; it is this religion that has populated the deserts with people who, through a more secret martyrdom, have sacrificed themselves to God, renouncing the world and all its charms. It is this religion so fertile in admirable virgins who have triumphed over the weakness of their sex and their age, to make themselves the glorious victims of a religion so unknown to men that it could only be taught by a God. We must pity all those who do not surrender to these great truths.

980.
Heretics usurp the beautiful title of Catholic in vain; it does not belong to them.

981.
The sovereign authority of the Pope and his infallibility in matters of religion are the solid and unshakable foundations of the Roman Catholic religion.

982.
The councils and all the powers of the world must be subject to the Pope, but the Pope must be subject only to God alone.

983.
To hold these sentiments is to be Catholic; remove the foundation, and there is no religion.

How can one be a Christian without being Catholic? And how can one be Catholic and refuse the Pope the full submission that is due to him?

984.
The weaknesses, crimes and faults of the Popes do not erase their sacred character, nor can they destroy their authority, which deserves our respects, although their persons often do not deserve them.

985.
There are evils for Rome and for the pontificate far greater than nepotism.

986.
The greatest misfortune is to see princes reign who do not deserve to command [in Rome].

987.
The sack of the bigots is the worst Rome has suffered.

988.
Nothing persuades us of Catholic truths better than all the pitiful things happening in Rome at present [1680].

989.
God, who has founded His ecclesiastical monarchy, preserves it despite those who work only to destroy it, without success. God has given His infallibility to the pope, not to the councils. He has not established a republic, but a monarchy, to which He has engaged himself to one day submit everything.

990.
This magnificent promise has not yet had its effect in the person of any pope, until the present Innocent XI, in whom it apparently will not be verified. It is not known when this famous promise will be fulfilled, but it is indubitable that it cannot be verified in the person of any Christian secular prince, and that it must necessarily be fulfilled in that of a future pope.

991.
Nothing can resist God's will; it is accomplished in the good for His glory and their happiness; it is accomplished in the wicked for His glory and their misfortune.

992.
All one can do without God is to lose oneself.

993.
Men are commanded to believe, but not to know.

994.
It is the most worthy holocaust to God to sacrifice free will and its use to Him.

995.
One is never more free than when one depends unreservedly on God.

996.
There is nothing so unworthy, nor so groveling, that it has not found its worshippers.

997.
One forms idols for oneself, which one adores and fears only because one has forged them.

998.
Interest is a god unknown to many people, who sacrifice everything to it.

999.
The greatest interest and the greatest glory consist in doing nothing unworthy of a man of honour.

1000.
Fighting and suffering one's faults until death are the occupations of one's entire life.


Above: Kristina.

Note: For centuries before it came to be known and used as one of the names for the horrific persecution and genocide of European Jews and other targeted groups in Nazi Germany and its occupied countries in the 1930s and early to mid-1940s during World War Two, the word "holocaust" meant a literal as well as figurative burnt offering or sacrifice; this is, of course, the sense in which Kristina knew and used the word.