Wednesday, February 3, 2021

Kristina's letter to Azzolino, dated September 23, 1666

Sources:

Christine de Suède et le cardinal Azzolino: Lettres inédites (1666-1668), by Baron Carl Bildt, 1899



Christina of Sweden, page 229, by Ida Ashworth Taylor, 1909


The Sibyl of the North: The Tale of Christina, Queen of Sweden, page 208; page 211, by Faith Compton Mackenzie, 1931



Queen Christina of Sweden and her Circle: The Transformation of a Seventeenth-Century Philosophical Libertine, page 19 and footnote 14, by Susanna Åkerman, 1991






Kristina wrote this letter to Cardinal Decio Azzolino on September 23, 1666.

The letter, with Kristina's spellings:

Vinte septiesme lestre de 23 Sept. 1666 —
Je ne repondray pas a Vos Compliment plains de Ceremonies dont est remplie Vostre tressiesme lestre du 28 du passe ie Vous en suis oblige de tout mon Coevr, et tacheray de meriter lhoneur que Vous me faittes en Vous Chargent des obligations que Vous ne mavez pas.

depuis ma derniere Jay receu lestre de Monsr. le Gouverneur Boot quil avoit receu mes ordres touchant les affermes avec promesse quil les executeroit ponnctuellement, et que par le prochain ordinaire Jl men auroit fait raport n'en pouvant rien dire puis que ceux avec lesquels Jl faut traitter estoit avx Champs, et devoit revenir dans quelque iours. Voila touts ce que ie vous puis dire pour reponse de la seconde partie de Vostre lestre. Pour Adamy Jl sera bientost icy et si tost quil sera arrive ie lenvoyeray en Suede pour solliciter laffaire des fermes en Suede et pour raspresenter touttes mes neccesites de pomeranie estant luy mesme tesmoins occulaire des Cruautes quon exerce en pomeranie Contre mes biens et mes interest qui effectivement sont Jnsupportables, et quoy que ie ne puisse esperer aucun Changement la desus neamoins il est apropos de se plaindre, Car Jl en peu veut Venir des occasions den profiter avec le temps.

hier nous avons eu novuelle du Commencement de la battallie navale entre les deux Nations les Commencement de cette battallie est heureux pour les Hollandois, Car Jls ont prix sur les Aglois un Vaysau nomme Charle de Cinquante piésse de Canon et deux austre a ce quon dit mais lon ne sait la Certitude que du primier. vne tempeste avoit separe les flottes et la mer se grossiant Jl ont Cesse de se Combattre Ryter ayant ConserVe son poste sou les Costes de france, et le les Prince Roberte sestant retire Vers le Canal d'Agleterre, mais Cela nenpeche pas quil ne fussent touts deux a la Veu lun de laustre et la Galiotte qui a porte cette nouvelle rapporte que Ryter avoit donne le signal pour vn secondt Combat dont nous sauront le succes Vendredy prochain. les Anglois estoit de huit ou dix Vaiseaux de gere plus forts que les Ollandois mais les Ollandois estoit plus fort de la motie en brulots que les Aglois.

lon recommence a parler plus que iamais de paix, et cette battallie passe ie Crois que ce sera vn affaire Vide pour cett hyver. les Ollandois neamoins font des preparatifs de gerre excessifs et la seulle Vile Amsterdam donne Cinquante Vaysaux de gerre tout nouveaux qui nont iamais este en mer, qui seront prest pour sortirer un peu de temps. Je Crois qve Vous auray seu la Conspiration dans la quelle Tromp sest embarasse, et ce qui augmente fort le supsons quon a de luy est que son beau frere sest enfuy en Angleterre. Cette Conspiration a este miraculeusement descouverte, et ie Crois que se sera la derniere mine de la maison dorange.

la Vile de Bresme fait le diable. Jls ont fait des sorties sur les Suedois en ont tue des braves gens sans aucune perte. Jls ont brule tout les paijs autour deux qui pouvoit servir a larme; ont brule des Vilages qui apartiennet a la Couronne les postes quon a prix, ont este prix parce que Jls les avoit abbandones, et Jl sest trouve quil ny avoit pas vne asme vivante la dedans, quant lon sen est rendu maistres larme de Suede est foible et plaine de maladie et de misere. les mediateurs tache daccommoder laffaire lon y travallie. les pluyes depuis quelque iours son grans. le temps nous apprendera quels avantages lon tirera pour les Suedois des tent des desavantages et si la fortune ne fait des miracles pour Vrangel Jl est Certain que se desain est prix en vn temps ou Jl semble quils avaront a Combattre la raison le Ciel et la terre, et ce qui est pitoiable leur propre foiblesse. a tout Cela Vrangel ne peut opposer que sa Vetu son son merite et sa reputation. Voila le Veritable estat de laffaire.

Je suis ravie de voir que vous avez este satisfait de ce que iay escrit a Monsr. de Lionne mais ie Crains, que ce qui suit ne Vous plaira pas i'en suis moy mesme au desespoir, mes le passe na pas de remede, et quan on est esloinge lon est suiet de a faire des fautes semblables iespere que Vous lexcuseray et que tout le mal qve ma faute poura produire sera pour moy seulle et cest la ma Consolation.

Je Vous rens grace de la part que Vous me donnez aux devotions de Vos seurs ie laccepte de tout mon Coeur, et Vous rends grace de men avoir fait part et Je pense que sest asse repondu sur Vostre 334470691352362275736.

Je Vous remercie du soin qve Vous avez de ma sante et Vous diray que ie ne liss plus Quasi depuis qvelque temps Car iay la teste si eschaufe qve ie ne suis Capable de rien, et a present iay vn rusme effroiable qvi mauroit empeche descrire à tout austre qua Vous mais de grace ne men remerciez pas car Je ne sauroy faire austrement, et Vous ne devez men avoir aucune obligation. mais que Voulez Vous que ie face si vous ne Voulez que ie lise Car ce pays est vn pays effroyable, tout Ce quon y Voit deplait et ennuye austre part Jl ne faut que Vint et quattre heures pour former un Jour et une nuit, icy vne heure dure Vint et quattre Jours, et ses mesmes iours qui a rome ne dure qun moment durent icy des Ciecles on ne vous a pourtan pas dit la Verite Car ie lis for peu et si lon Vous evt dit que ie me promene les nuits entieres toutte sulle dans ma Chambre on Vous auroit moins trompe, et on Vous auroit dit encore plus vray si lon vous eut asseure que ie 542595323556123203055091460632352057360912255568076432935525755 mais ce segret nest 63352002366422395357696782122393011 pour le iour ie le passe tantost aux occupations des mes affaires tantost a la Conversation de ce quil Vienne des gens a me Voir dont Jl y en a dasse grans nombres de lun et de laustre sexe, a Jouer aux esches a la staffetta aux piquet avec les deux marquis et pezza mais Comme ie suis excessivement heureuse aux ieux et naian pas asse dargent pour me laisser perdre, et ne Vouslant pas inCommoder les gens, nous ne iouons pas dargent et nostre ieux nest pas de profit mais de divertissement. quelque fois nous parlons ensemble de rome et de Vous, nous nous flattons de nostre retour, et dans ces moments lon se Croit heureux sur la bonne foi de cette douse esperance qui quelque esloinge quelle soit ne laisse pas davoir quelque chose de doux pour de miserables exiles. Voila a plus pres ma vie. Ce nest pas la pour en devenir trop savante, Car toutte la sience que iay acquis a Ambur est de savoir iouer la staffetta, Jl trenta vno, et la bassetta, Car les esches et le priquet ie les savois desia auparravant. et appropos de Cela Jl mariva vne plaisante affaire avec vne des sibilliles des ses pays qui par malheur, me trouva avec un livre fransoy a la main. Cela luy donna malheureusement occasion dentre en matiere des livres, et de dire quelle avoit beaucoup leu en sa vie et quelle sen estoit gaste la veu et que cela faisoit qvelle ne lisoit plus puis quelle Craingoit de la perdre. Je luy repodis que ie lisois si peu que que ie ne Craingois pas ce malheur, et que iavois gace a dieu la veue raisonablement bonne. elle me dit que Cela nenpechoit pas quelle ne se fust reserve vn seul livre quelle lisoit enCore tous les iours sens y manquer iamais. et Conoissan quelle avoit grande envie que ie luy tesmoingasse de la Curiosite de savoir quel estoit ce livre, ie le fis et la pressay pour le savoir, et apres beaucoup de facons qui me firent qvasi passer lenvie de lapprendre, elle me dit que sestoit le Compendium de la filosofie d'Aristote quelle avoit Chosise pour son vnique livre. Cette reponse me donna la plus forte envie de rire qve ieuse iamais et ie ne say Comment ieuse la force de men empecher. ie luy dis donc quelle avoit tres bien Chosye et quoy que ie ne Conossoit Aristote que de reputation, Je Jay estois prest a le Croire digne delle puil quil avoit lhoneur de luy plaire. Je vous escrits cette Conversation pour vous faire Conoistre le genie des Allemandes quant par malheur on en renContre quelune qui sache quattre mots de latin qui ne sert qua les rendre plus sots que la nature les fait a lordinaire. Jugez quel plaisir lon pevt tirer des ces sorte de Conversations. Je Crains tan de prendre lair du pays, Car ie Voys des Jtaliens qui le prenne et par la ie Crains quil ne soit Contagieux. si ce malheur marive prepare vous a vous Vous bien envyer en ma ConVersation, et Je Crois que desia Cela Vous arrive en lisant cette lestre qui ne merite pas le pardon de tan de bagatelles dont elle est plaine.

Adamy sera icy pour samedy et ie Vous envoy la lestre quil ma escrit Thexeira ma dit quil ny en avoit pas pour vous adieu

The letter with modernised spelling:

Hambourg, 23 septembre 1666.
Je ne répondrai pas à vos compliments pleins de cérémonies dont est remplie votre treizième lettre, du 28 du passé. Je vous en suis obligée de tout mon cœur, et tâcherai de mériter l'honneur que vous me faites en vous chargent des obligations que vous ne m'avez pas.

Depuis ma dernière j'ai reçu [une] lettre de Monsieur le Gouverneur Bååt [m'informant] qu'il avait reçu mes ordres touchant les affermes, avec promesse qu'il les exécuterait ponctuellement et que par le prochain ordinaire il m'en aurait fait rapport, n'en pouvant rien dire puis que ceux avec lesquels il faut traiter étaient aux champs, et devaient revenir dans quelques jours. Voilà tout ce que je vous puis dire pour réponse de la seconde partie de votre lettre. Pour Adami, il sera bientôt ici, et, sitôt qu'il sera arrivé, je l'enverrai en Suède pour solliciter l'affaire des fermes en Suède et pour représenter toutes mes néccesités de Poméranie, étant lui-même témoin oculaire des cruautés qu'on exerce en Poméranie contre mes biens et mes intérêts, qui effectivement sont insupportables; et, quoique je ne puisse espérer aucun changement là-dessus, néanmoins il est à propos de se plaindre, car il en peut venir des occasions d'en profiter avec le temps.

Hier, nous avons eu nouvelle du commencement de la bataille navale entre les deux nations. Le commencement de cette bataille est heureux pour les Hollandais, car ils ont pris sur les Anglais un vaisseau nommé Charles, de cinquante pièces de canon, et deux autres, à ce qu'on dit, mais l'on ne sait la certitude que du premier. Une tempête avait séparé les flottes et, la mer se grossi[ss]ant, ils ont cessé de se combattre: Ruyter ayant conservé son poste sous les côtés de France, et le Prince Roberte s'étant retiré vers le canal; mais cela n'empêche pas qu'il ne fussent tous deux à la vue l'un de l'autre, et la galiotte qui a porté cette nouvelle rapporte que Ruyter avait donné le signal pour un second combat dont nous sauront le succès vendredi prochain. Les Anglais étaient de huit ou dix vaisseaux de guerre plus forts que les Hollandais, mais les Hollandais étaient plus fort de la moitié en brûlots que les Anglais.

L'on recommence à parler plus que jamais de paix, et, cette bataille passée, je crois que ce sera un affaire vidée pour cet hiver. Les Hollandais néanmoins font des préparatifs de guerre excessifs, et la seule ville [d']Amsterdam donne cinquante vaisseaux de guerre tout nouveaux, qui n'ont jamais été en mer, qui seront prêts pour sortirer un peu de temps. Je crois que vous aurez su la conspiration dans laquelle Tromp s'est embarrassé, et ce qui augmente fort le soupçon qu'on a de lui est que son beau-frère s'est enfui en Angleterre. Cette conspiration a été miraculeusement découverte, et je crois que se sera la dernière mine de la Maison d'Orange.

La ville de Brême fait le diable. Ils ont fait des sorties sur les Suédois, en ont tué des braves gens, sans aucune perte. Ils ont brûlé tous les pays autour d'eux qui pouvaient servir à l'armée, ont brûlé des villages qui apartiennent à la Couronne. Les postes qu'on a pris ont été pris parce qu'ils les avaient abandonnés, et il s'est trouve qu'il n'y avait pas une âme vivante là dedans quand l'on s'en est rendu maître. L'armée de Suède est faible et plaine de maladie et de misère. Les médiateurs tâchent d'accommoder l'affaire; l'on y travaille. Les pluies depuis quelque jours sont grandes. Le temps nous apprendra quels avantages l'on tirera pour les Suédois des tant de désavantages, et, si la fortune ne fait des miracles pour Wrangel, il est certain que ce dessein est pris en un temps où il semble qu'ils auront à combattre la raison, le ciel et la terre, et, ce qui est pitoyable, leur propre faiblesse. A tout cela, Wrangel ne peut opposer que sa vertu, son mérite et sa réputation. Voilà le véritable état de l'affaire.

Je suis ravie de voir que vous avez été satisfait de ce que j'ai écrit à M. de Lionne, mais je crains que ce qui suit ne vous plaira pas. J'en suis moi-même au désespoir, mais le passé n'a pas de remède, et quand on est éloigné, l'on est sujet à faire des fautes semblables. J'espère que vous l'excuserez et que tout le mal que ma faute pourra produire sera pour moi seule, et c'est là ma consolation.

Je vous rends grâce de la part que vous me donnez aux dévotions de vos sœurs. Je l'accepte de tout mon cœur, et vous rends grâce de m'en avoir fait part, et je pense que c'est assez répondu sur votre billet en chiffre.

Je vous remercie du soin que vous avez de ma santé et vous dirai que je ne lis plus quasi depuis quelque temps, car j'ai la tête si échauffée que je ne suis capable de rien, et à présent j'ai un rhume effroyable qui m'aurait empêche d'écrire à tout autre qu'à vous; mais, de grâce, ne m'en remerciez pas, car je ne saurais faire autrement, et vous ne devez m'en avoir aucune obligation. Mais que voulez vous que je fasse si vous ne voulez que je lise? Car ce pays est un pays effroyable, tout ce qu'on y voit déplaît et ennuie. Autre part, il ne faut que vingt et quatre heures pour former un jour et une nuit; ici une heure dure vingt et quatre jours, et ces mêmes jours qui, à Rome, ne durent qu'un moment, durent ici des siècles. On ne vous a pourtant pas dit la vérité, car je lis fort peu; et si l'on vous eût dit que je me promène les nuits entières toute seule dans ma chambre, on vous aurait moins trompé, et on vous aurait dit encore plus vrai si l'on vous eût assuré que je passe les nuits à pleurer mes malheurs, mais ce secret n'est connu que de vous et de moi.

Pour le jour, je le passe tantôt aux occupations des mes affaires, tantôt à la conversation de ce qu'il vient des gens à me voir, dont il y en a d'assez grands nombres de l'un et de l'autre sexe, à jouer aux échecs, à la staffetta, au piquet, avec les deux marquis et Pezza; mais, comme je suis excessivement heureuse aux jeux, et n'ayant pas assez d'argent pour me laisser perdre et ne voulant pas incommoder les gens, nous ne jouons pas d'argent, et notre jeu n'est pas de profit, mais de divertissement. Quelquefois nous parlons ensemble de Rome et de vous, nous nous flattons de notre retour, et dans ces moments l'on se croit heureux sur la bonne foi de cette douce espérance qui quelque éloignée qu'elle soit, ne laisse pas d'avoir quelque chose de doux pour de misérables exilés.

Voilà à plus près ma vie. Ce n'est pas là pour en devenir trop savante, car toute la science que j'ai acquise à Hambourg est de savoir jouer la staffetta, il trenta uno, et la bassetta, car les échecs et le piquet je les savais déjà auparavant. Et, à propos de cela, il m'arriva une plaisante affaire avec une des sibylles des ces pays, qui, par malheur, me trouva avec un livre français à la main. Cela lui donna malheureusement occasion d'entre en matière des livres et de dire qu'elle avoit beaucoup lu en sa vie, et qu'elle s'en était gâté la vue, et que cela faisait qu'elle ne lisait plus puisqu'elle craignait de la perdre. Je lui répondis que je lisais si peu, que je ne craignais pas ce malheur, et que j'avais, grâce à Dieu, la vue raisonablement bonne. Elle me dit que cela n'empêchait pas qu'elle ne se fût réservé un seul livre, qu'elle lisait encore tous les jours sans y manquer jamais. Et connaissant qu'elle avait grande envie que je lui témoignasse de la curiosité de savoir quel était ce livre, je le fis, et la pressai pour le savoir, et, après beaucoup de façons, qui me firent quasi passer l'envie de l'apprendre, elle me dit que c'était le «Compendium de la philosophie d'Aristote» qu'elle avait choisi pour son unique livre. Cette réponse me donna la plus forte envie de rire que j'eusse jamais, et je ne sais comment j'eusse la force de m'en empêcher. Je lui dis donc qu'elle avait très bien choisi et [que], quoique je ne connaissait Aristote que de réputation, j'étais prête à le croire digne d'elle, puisqu'il avait l'honneur de lui plaire.

Je vous écris cette conversation pour vous faire connaître le génie des Allemandes, quand, par malheur, on en rencontre quelqu'une qui sache quatre mots de latin, qui ne sert qu'à les rendre plus sot[te]s que la nature les fait à l'ordinaire. Jugez quel plaisir l'on peut tirer des ces sortes de conversations! — Je crains tant de prendre l'air du pays, car je vois des Italiens qui le prennent, et par là je crains qu'il ne soit contagieux. Si ce malheur m'arrive, préparez-vous à vous bien ennuyer en ma conversation, et je crois que déjà cela vous arrive en lisant cette lettre, qui ne mérite pas le pardon de tant de bagatelles dont elle est plaine.

Adami sera ici pour samedi, et je vous envoie la lettre qu'il m'a écrit. Texeira m'a dit qu'il n'y en avait pas pour vous. Adieu.

English translation (my own):

27th letter from [Hamburg], September 23, 1666 —
I will not respond to your compliments full of ceremonies with which your thirteenth letter, dated the 28th of last month, is filled. I am obliged to you with all my heart and will try to deserve the honour that you do me by taking on the obligations that you have not given me.

Since my last letter, I have received a letter from Governor Bååt informing me that he had received my orders concerning the business of the estates, with the promise that he would execute them punctually and that by the next ordinary he would have reported them to me, being unable to say anything since those with whom we must deal were in the fields and were to return in a few days. That is all I can tell you in response to the second part of your letter. As for Adami, he will soon be here, and, as soon as he arrives, I will send him to Sweden to request the business of the estates there and to represent all my needs in Pomerania, being himself an eyewitness to the cruelties that are being carried out in Pomerania against my goods and my interests, which indeed are unbearable; and, although I cannot hope for any change on this point, it is nevertheless appropriate to complain, because there may be occasions to take advantage of it over time.

Yesterday we heard about the start of the naval battle between the two nations. The beginning of this battle is fortunate for the Dutch, for they took from the English a vessel named Charles, fifty pièces of cannon, and two others, it is said, but we know the certainty only from the first. A storm had separated the fleets and, as the sea grew, they ceased to fight each other: Ruyter having kept his post under the coasts of France, and Prince Robert having retired to the canal; but that doesn't prevent them both from being visible to each other, and the galiot who carried this news reports that Ruyter had given the signal for a second fight whose success we will know of next Friday. The English were eight or ten warships stronger than the Dutch, but the Dutch had half as many fireships as the English.

One starts to talk about peace more than ever, and, having passed this battle, I think it will be an empty affair for this winter. The Dutch, however, are making excessive preparations for war, and the city of Amsterdam alone gives fifty brand new warships, which have never been at sea and which will be ready to go out for a little while. I believe you will have known the conspiracy Tromp got into, and what greatly heightens the suspicion that one has of him is that his brother-in-law fled to England. This conspiracy has been miraculously discovered, and I believe it will be the last mine of the House of Orange.

The city of Bremen is in quite the state of chaos. They went out on the Swedes, killed good people, without any loss. They burned all the lands around them which could serve in the army, burned villages which belong to the Crown. The positions one took were taken because they had abandoned them, and it turned out that there was not a living soul in there when we took control of them. The Swedish army is weak and full of disease and misery. Mediators try to accommodate the matter; it's being worked on. The rains for the past few days have been great. Time will tell us what advantages there will be for the Swedes from so many disadvantages, and, if fortune does not work miracles for Wrangel, it is certain that this design is taken at a time when it seems that they will have to fight reason, heaven and earth, and, what is pitiful, their own weakness. To all this, Wrangel can only oppose his virtue, his merit and his reputation. This is the real state of the case.

I am delighted to see that you were satisfied with what I wrote to Monsieur de Lionne; but I'm afraid you won't like the following. I myself am in despair, but the past has no cure, and when one is far away, one is prone to make similar mistakes. I hope you will excuse it and that all the harm that my fault can produce will be for me alone, and that is my consolation.

I thank you for the part you give me to the devotions of your sisters. I accept it with all my heart and give you thanks for having shared it with me, and I think that is enough answered on your note in cipher.

I thank you for the concern you have for my health and I will tell you that I haven't been reading for almost a good while, because my head is so hot that I am incapable of anything, and now I have a terrible cold which would have prevented me from writing to anyone other than you; but please don't thank me for it, for I could not do otherwise, and you should not be under any obligation to me. But what do you want me to do if you don't want me to read? Because this country is a terrible country; everything ones sees here displeases and is a bore. On the other hand, it only takes twenty-four hours to form a day and a night; here an hour lasts twenty-four days, and these same days which in Rome only last a moment, here they last for centuries. However, you have not been told the truth, because I read very little; and if you had been told that I go around all alone in my room for entire nights, you would have been less mistaken; and you would have been told even truer had you been assured that I spend the nights crying over my misfortunes, but this secret is known only to you and me.

As for the day, I pass it sometimes in the occupations of my affairs, sometimes in the conversation with people who come to see me, of which there are quite a large number of one and the other sex, in playing chess, lansquenet, cards, with the two marquises and Pezza; but, as I am excessively fond of games, and not having enough money to lose myself and not wanting to inconvenience people, we don't gamble, and our gaming is not for profit, but for entertainment. Sometimes we talk together about Rome and you, we flatter ourselves of our return, and in these moments we believe we are happy on the good faith of this sweet hope which, however distant it is, never fails to have something sweet for miserable exiles.

This is closer to my life. It is not on to become too learned, because all the knowledge I've acquired in Hamburg is to know how to play lansquenet, trenta-uno and bassetta, because I already knew before how to play chess and cards. And, in connection with this, a pleasant affair happened to me with one of the sibyls of this country, who, unfortunately, found me with a French book in hand. This unfortunately gave her the opportunity to get talking about books and to say that she had read a lot in her life, that she had ruined her eyesight, and that this made it so that she no longer read since she feared losing her sight. I replied that I read so little that I did not fear this misfortune, and that I had, thanks to God, reasonably good eyesight. She told me that that didn't prevent her from reserving just one book, which she still reads every day without ever losing her sight. And knowing that she really wanted me to show her my curiosity to know what this book was, I did it, and pressed her to find out, and, after many ways, which almost made me want to do without the need to know, she told me that it was the Compendium of Aristotle's philosophy that she had chosen as her only book. This response made me the greatest urge to laugh I've ever had, and I don't know how I had the strength to stop myself. So I told her that she had chosen very well and that, although I only knew Aristotle by reputation, I was ready to believe him worthy of her, since he had the honour of pleasing her.

I am writing this conversation to let you know the genius of the German women, when, unfortunately, one meets someone who knows only four words of Latin, which only serves to make them more stupid than what nature made ordinary. Judge what pleasure one can get from these kinds of conversations! — I am so afraid of taking the air of the country, because I see Italians who take it, and thereby I fear that it is contagious. If this misfortune happens to me, prepare to be bored of my conversation, and I believe that it's already happening to you when reading this letter, which does not deserve the forgiveness of so many trifles with which it is full.

Adami will be here on Saturday, and I'm sending you the letter he wrote to me. Texeira told me there was none for you. Farewell.


Above: Kristina.


Above: Cardinal Decio Azzolino.

Notes: 334470691352362275736 = billet en chiffre.

542595323556123203055091460632352057360912255568076432935525755 = [je] passe les nuits à pleurer mes malheurs.

63352002366422395357696782122393011 = connu que de vous et de moi.

Monday, February 1, 2021

Kristina's royal proclamation of the General Day of Prayer in the Kingdom of Sweden on November 25, 1653, signed October 15, 1653

Source:

http://www.ra.ee/plakatid/index.php/et/plakat/view?id=795&_xr=eNotikEKgDAQxP6yH9BVCzJ9zSCLSotUqyfx71rsKSGEUNwrWk%252B4XzK0h6TIwLPJxmNa5IsDJJjFog6SGTKLK2Sv1LolzlZTXzhCIrf5qrmD2Cn%252BeV7LjCQW









Above: Kristina.

Letter of defense issued by Kristina, dated November 1649

Source:

http://www.ra.ee/plakatid/index.php/et/plakat/view?id=1110&_xr=eNotilEKgCAQBe%252ByFygtIZ6necRSoYSlfUV3L8mvGYYhDO4NvSfcLxlmgKTIwNJl5Tmv8sURElRjVQfJDJnVDeRoNG1LXLQlWzlBIvflatlCtIh%252FnhfLbyQV

A certificate provided to returnees from thirty years of military service in order to ensure their free passage and to confirm their loyalty to the service.


Above: Kristina.

Kristina's letter to Pierre Gassendi, dated September 15/25 (New Style), 1652

Sources:

Correspondance et papiers politiques et astronomiques d'Ismaël Boulliau (1605-1694), XXXI, views 237 and 238; Gallica, Bibliothèque nationale de France


The collection of autograph letters and historical documents formed by Alfred Morrison (second series, 1892-1893), volume 2 C, page 208, printed privately, 1895


Petri Gassendi: Opera omnia, in sex tomos divisa, volume 6, page 301, published by Typis Regiæ Celsitudinis, 1727


Lettres de la Reyne de Suède et de quelques autres personnes, pages 23 to 25, published by Paul Colomiès, 1688; original at the Bavarian State Library (Staatliche Bibliothek Regensburg)


Lettres choisies de Christine, reine de Suède à Descartes, Gassendi, Grotius, Pascal, Bayle, page 124, Hardi Filocrate, 1760



Christina of Sweden, page 66; pages 78 to 79, by Ida Ashworth Taylor, 1909



Christina: Brev från sex decennier, page 26, edited and translated by Sven Stolpe, 1960

Christine de Suède: Un roi exceptionnel, page 150, by Bernard Quilliet, 1982



"Drottning Christina korresponderade i hela sitt liv med Europas lärda elit. Detta brev, skrivet två år före avresan från Sverige, är riktat till en av samtidens mest kända — och chockerande — tänkare. Till Frankrikes stora katolska författare och tänkare skrev drottningen knappast alls, även om hon sände ett frasrikt artighetsbrev till Pascal. Men med tidens fritänkare — som dock alla naturligtvis stod kvar i kyrkan — stod hon i flitig korrespondens. Särskilt ivrigt samlade hon de mot kyrkan mest kritiska arbetena. Denna lilla epistel till Gassendi får representera en hel korrespondens mellan drottningen av Sverige och Frankrikes frigjorda intellektuella."

"Queen Christina corresponded throughout her life with Europe's learned elite. This letter, written two years before leaving Sweden, is addressed to one of the most famous — and shocking — thinkers of her time. To France's great Catholic writer and thinker, the Queen hardly wrote at all, although she sent a wordy courtesy letter to Pascal. But with the free thinkers of the time — who, of course, all remained in the Church — she was in diligent correspondence. She especially eagerly collected the works most critical of the Church. This little epistle to Gassendi may represent a whole correspondence between the Queen of Sweden and the liberated intellectuals of France." - Stolpe

The letter (I found the original at last, on August 13, 2023!):

Vous estes si généralement honoré et estimé de tous ce qui se trouve des personnes raisonables dans le monde, et l'on parle de vous avec tan de vénération, que l'on ne peut, sens se faire tort, vous estimer médiocrement. Ne vous estonné[s] donc pas s'il se trouve au bout du monde une personne qui se croit intéressé à vous estimer infiniment, et ne trouvés pas estrange qu'elle ayt subornée vos propres amis pour vous faire conoistre qu'elle me s'éloinge pas des sentiments de touts les gendre humain, lorsqu'il est question de donner à vostre mérit[e] un[e] estime non commun[e]. Je reste infiniment obligé à celluy qui vous a fait conoistre une partie des sentiments d'estime que j'ay pour vous, et je le suis d'autant plus puisque ce bon office est un surcrois[t] des autres services qu'il m'a rendu, et encore que, je confesse, de luy devoir la restitution de ma senté, [et] de ma vie, et qu'il semble qu'après cela il ne se puisse rien adjouster à ce que je luy dois. Néamoin je confesse que l'obligation de m'avoir procuré des asseurance[s] de vostre estime esgale tout les autres dont je luy reste redevable; aussi est-il vray qu'il est seul digne de se venter de m'avoir procuré ce bien. Mais je vous prie de me donner la satisfaction de la durée de nostre commerce, et puisqu'il ne m'est pas permis d'espérer le bien de pouvoir en présence vous protester mon estime et bienveilance, permettés aux moins que mes lestres vous asseure[nt] des sentiments avantageux que je conserverés toutte ma vie pour vous, et que les vostres, me puissent donner les confirmations de vostre bonne volonté. Souffrés que mes lestres interompent quelque fois vos méditations et vostre loysir. Je vous consulterés comme l'oracle de la vérité pour m'esclaircir de mes douttes, et si vous voulés prendre la paine d'instruire mon ignorance, vous ne ferés autre chose sinon d'augmenter le nombre des ceux qui savent vous estimer dignement. Je vous prie de croire que j'observerés vos préceptes aussi religieusement comme l'on est accoustumé d'observé les dogmes des plus célèbres législateurs. Jugés, après cela, combien je vous suis redevable des lumières que me donneront vos belles conoissances, et croiés que je ne serés jamais ingraste envers vous, et que je veux cultiver avec soin l'estime et la bienveillance d'un si grandt homme que vous estes.

With modernised spelling (with Kristina's spelling mistakes preserved as much as possible):

Vous êtes si généralement honoré et estimé de tous [sic] ce qui se trouve des personnes raisonnables dans le monde, et l'on parle de vous avec tan[t] de vénération, que l'on ne peut, sans se faire tort, vous estimer médiocrement. Ne vous étonnez donc pas s'il se trouve au bout du monde une personne qui se croit intéressée à vous estimer infiniment, et ne trouvez pas étrange qu'elle ait subornée vos propres amis pour vous faire connaître qu'elle me s'éloinge [sic] pas des sentiments de tous les [sic] genre humain, lorsqu'il est question de donner à votre mérit[e] un[e] estime non commun[e].

Je reste infiniment obligée à celui qui vous a fait connaître une partie des sentiments d'estime que j'ai pour vous, et je le suis d'autant plus puisque ce bon office est un surcroî[t] des autres services qu'il m'a rendu, et encore que je confesse de lui devoir la restitution de ma santé [et] de ma vie, et qu'il semble qu'après cela il ne se puisse rien ajouter à ce que je lui dois.

Néa[n]moins je confesse que l'obligation de m'avoir procuré des assurance[s] de votre estime égale tous les autres dont je lui reste redevable; aussi est-il vrai qu'il est seul digne de se vanter de m'avoir procuré ce bien. Mais je vous prie de me donner la satisfaction de la durée de notre commerce et, puisqu'il ne m'est pas permis d'espérer le bien de pouvoir en présence vous protester mon estime et bienveillance, permettez aux moins [sic] que mes lettres vous assure[nt] des sentiments avantageux que je conserverai toute ma vie pour vous et que les vôtres me puissent donner les confirmations de votre bonne volonté.

Souffrez que mes lettres interrompent quelquefois vos méditations et votre loisir. Je vous consulterai comme l'oracle de la vérité pour m'éclaircir de mes doutes, et, si vous voulez prendre la paine [sic] d'instruire mon ignorance, vous ne ferez autre chose sinon d'augmenter le nombre des ceux qui savent vous estimer dignement. Je vous prie de croire que j'observerai vos préceptes aussi religieusement comme l'on est accoutumé d'observer les dogmes des plus célèbres législateurs. Jugez, après cela, combien je vous suis redevable des lumières que me donneront vos belles connaissances, et croyez que je ne serai jamais ingrate envers vous et que je veux cultiver avec soin l'estime et la bienveillance d'un si grand homme que vous êtes.

With modernised spelling:

Vous êtes si généralement honoré et estimé de tout ce qui se trouve des personnes raisonnables dans le monde, et l'on parle de vous avec tant de vénération, que l'on ne peut, sans se faire tort, vous estimer médiocrement. Ne vous étonnez donc pas s'il se trouve au bout du monde une personne qui se croit intéressée à vous estimer infiniment, et ne trouvez pas étrange qu'elle ait subornée vos propres amis pour vous faire connaître qu'elle me s'éloigne pas des sentiments de tout le genre humain, lorsqu'il est question de donner à votre mérite une estime non commune.

Je reste infiniment obligée à celui qui vous a fait connaître une partie des sentiments d'estime que j'ai pour vous, et je le suis d'autant plus puisque ce bon office est un surcroît des autres services qu'il m'a rendu, et encore que je confesse de lui devoir la restitution de ma santé [et] de ma vie, et qu'il semble qu'après cela il ne se puisse rien ajouter à ce que je lui dois.

Néanmoins je confesse que l'obligation de m'avoir procuré des assurances de votre estime égale tous les autres dont je lui reste redevable; aussi est-il vrai qu'il est seul digne de se vanter de m'avoir procuré ce bien. Mais je vous prie de me donner la satisfaction de la durée de notre commerce et, puisqu'il ne m'est pas permis d'espérer le bien de pouvoir en présence vous protester mon estime et bienveillance, permettez au moins que mes lettres vous assurent des sentiments avantageux que je conserverai toute ma vie pour vous et que les vôtres me puissent donner les confirmations de votre bonne volonté.

Souffrez que mes lettres interrompent quelquefois vos méditations et votre loisir. Je vous consulterai comme l'oracle de la vérité pour m'éclaircir de mes doutes, et, si vous voulez prendre la peine d'instruire mon ignorance, vous ne ferez autre chose sinon d'augmenter le nombre des ceux qui savent vous estimer dignement. Je vous prie de croire que j'observerai vos préceptes aussi religieusement comme l'on est accoutumé d'observer les dogmes des plus célèbres législateurs. Jugez, après cela, combien je vous suis redevable des lumières que me donneront vos belles connaissances, et croyez que je ne serai jamais ingrate envers vous et que je veux cultiver avec soin l'estime et la bienveillance d'un si grand homme que vous êtes.

The Typis Regiæ Celsitudinis transcript of the letter:

De Stocholme le 25. Septembre 1652.
Vous estes si generalement honnoré, & estimé de tout ce qui se trouue de personnes raisonnables dans le Monde, & on parle de vous auec tant de veneration, que l'on ne peut sans se faire tort vous estimer mediocrement. Ne vous estonnez donc pas, s'il se trouue au bout du Monde vne personne, qui se voit interessée a vous estimer infiniment, & ne trouuez pas estrange qu'elle ayt subornè vos propres Amis pour vous faire connoistre qu'elle ne s'esloigne pas des sentimens de tout le genre humain lors qu'il est question de donner a vostre merite vne estime non commune. Ie reste infiniment obligée à celuy, qui vous a fait connoistre vne partie des sentimens d'estime, que i'ay pour vous, & ie le suis d'autant plus, puisque ce bon office est vn surcroist des autres services, qu'il m'a rendu, & encore que ie confesse de luy deuoir la restitution de ma santé, & de ma vie, & qu'il semble qu'aprés cela il ne se puisse rien adjouster à ce que ie luy dois; neantmoins ie confesse, que l'obligation de m'auoir procurè des asseurances de vostre estime, esgale tous les autres services dont ie luy suis redeuable. Aussi est il vray qu'il est seul digne de se vanter de m'auoir procuré ce bien. Mais ie vous prie de me donner la satisfaction de la durée de nostre commerce; & puis qu'il ne m'est pas permis d'esperer le bien de pouuoir en presence vous protester mon estime, & ma bien-veillance, permettez au moins, que mes lettres vous asseurent des sentimens advantageux, que ie conserueray toute ma vie pour vous, & que les vostres me puissent donner les confirmations de vostre bonne volonté. Souffrez, que mes lettres interrompent quelque-fois vos meditations, & vostre loisir. Ie vous consulteray comme l'Oracle de la verité pour m'esclaircir de mes doutes, & si vous voulez prendre la peine d'instruire mon ignorance, vous ne ferez autre chose, sinon d'augmenter le nombre de ceux, qui scavent vous estimer dignement. Ie vous prie de croire, que j'obserueray vos preceptes aussi religieusement que l'on est accoustumé d'obseruer les dogmes des plus celebres Legislateurs. Iugez aprés cela combien ie vous seray redeuable des lumieres que me donneront vos belles connoissances, & croyez que ie ne seray iamais ingrate enuers vous, & que ie veux cultiver auec soin l'estime, & la bien-veillance d'un si grand homme, que vous estes.
CHRISTINE.

With modernised spelling:

De Stockholm, le 25 septembre 1652.
Vous êtes si généralement honoré et estimé de tout ce qui se trouve de personnes raisonnables dans le monde, et on parle de vous avec tant de vénération que l'on ne peut, sans se faire tort, vous estimer médiocrement. Ne vous étonnez donc pas s'il se trouve au bout du monde une personne qui se voit intéressée à vous estimer infiniment, et ne trouvez pas étrange qu'elle ait suborné vos propres amis pour vous faire connaître qu'elle ne s'éloigne pas des sentiments de tout le genre humain lorsqu'il est question de donner à votre mérite une estime non commune.

Je reste infiniment obligée à celui qui vous a fait connaître une partie des sentiments d'estime que j'ai pour vous, et je le suis d'autant plus, puisque ce bon office est un surcroît des autres services qu'il m'a rendu, et encore que je confesse de lui devoir la restitution de ma santé et de ma vie, et qu'il semble qu'après cela il ne se puisse rien ajouter à ce que je lui dois. Néanmoins, je confesse que l'obligation de m'avoir procuré des assurances de votre estime égale tous les autres services dont je lui suis redevable. Aussi est-il vrai qu'il est seul digne de se vanter de m'avoir procuré ce bien. Mais je vous prie de me donner la satisfaction de la durée de notre commerce, et, puisqu'il ne m'est pas permis d'espérer le bien de pouvoir en présence vous protester mon estime et ma bienveillance, permettez au moins que mes lettres vous assurent des sentiments avantageux que je conserverai toute ma vie pour vous, et que les vôtres me puissent donner les confirmations de votre bonne volonté.

Souffrez que mes lettres interrompent quelquefois vos méditations et votre loisir. Je vous consulterai comme l'Oracle de la Vérité pour m'éclaircir de mes doutes, et, si vous voulez prendre la peine d'instruire mon ignorance, vous ne ferez autre chose sinon d'augmenter le nombre de ceux qui savent vous estimer dignement. Je vous prie de croire que j'observerai vos préceptes aussi religieusement que l'on est accoutumé d'observer les dogmes des plus célèbres législateurs. Jugez après cela combien je vous serai redevable des lumières que me donneront vos belles connaissances, et croyez que je ne serai jamais ingrate envers vous et que je veux cultiver avec soin l'estime et la bienveillance d'un si grand homme que vous êtes.
Christine.

Colomiès' transcript of the letter:

Vous estes si generalement honoré & estimé de tout ce qui se trouve de personnes raisonnables dans le monde, & on parle de vous avec tant de vénération, que l'on ne peut, sans se faire tort, vous estimer médiocrement. Ne vous estonnez donc pas s'il se trouve au bout du monde une personne qui se void interessée à vous estimer infiniment, & ne trouvez pas étrange qu'elle ait suborné vos propres amis, pour vous faire connoistre qu'elle me s'éloigne pas que tout le genre humain, lors qu'il est question de donner à vostre mérite une estime non commune. Je reste infiniment obligée à celuy qui vous a fait connoistre une partie des sentimens d'estime que j'ay pour vous, & je le suis d'autant plus, puis que ce bon office est un surcroist des autres services qu'il m'a rendu; & encore que je confesse de luy devoir la restitution de ma santé & de ma vie, & qu'il semble qu'aprés cela, il ne se puisse rien ajoûter à ce que je luy dois; neantmoins je confesse que l'obligation de m'avoir procuré ces assûrances de vostre estime, égale tous les autres dont je luy suis redevable. Aussi est-il vray qu'il est seul digne de se vanter de m'avoir procuré ce bien. Mais je vous prie de me donner la satisfaction de la durée de nostre commerce. Et puis qu'il ne m'est pas permis d'esperer le bien de pouvoir en presence vous protester mon estime & bienveillance, permettez au moins que mes Lettres vous assûrent des sentimens avantageux que je conserveray toute ma vie pour vous, & que les vôtres me puissent donner les confirmations de vostre bonne volonté. Soufrez que mes Lettres interrompent quelquefois vos méditations & vostre loisir. Je vous consulteray comme l'Oracle de la verité pour m'éclaircir de mes doutes, & si vous voulez prendre la peine d'instruire mon ignorance, vous ne ferez autre chose sinon d'augmenter le nombre de ceux qui savent vous estimer dignement. Je vous prie de croire, que j'observeray vos préceptes aussi religieusement que l'on est decoutumé d'observer les dogmes des plus célébres Legislateurs. Jugez apres cela combien je vous seray redevable des lumieres que me donneront vos belles cognoisiances, & croyez que je ne seray jamais ingrate envers vous, & que je veux cultiver avec soin l'estime & la bienveillance d'un si grand homme que vous estes
CHRISTINE.
A Stockolm le 25 Sept. 1652.

Copy from the National Library of France:

De Stockholme le 27 Septembre 1652.
Vous estes si generalement honoré & estimé de tout ce qui se trovue de personnes raisonnables dans le monde, et l'on parle de vous auec tant de veneration, que l'on ne peut sans se faire tort vous estimer mediocrement. Ne vous estonnez donc pas s'il se trouue au bout du monde vne personne qui se voit interessee a vous estimer infiniment, et ne trouues pas estrange qu'elle ayt suborné vos propres amis pour vous faire cognoistre qu'elle me s'esloigne pas de tout le genre humain. lors quil est question de donner a vre merite vne estime non commune. Je reste infiniment obligee a celluy qui vous a faict cognoistre vne partie des Sentimens d'estime que j'ay pour vous, & je le Suis dautant plus, puisque ce bon office est vn surcroist des autres seruices qu'il m'a rendus, & encores que je confesse de luy deuoir la restitution de ma santé et de ma vie, & qu'il semble qu'apres cela il ne se puisse rien adjouster a ce que je luy doibs, neantmoins je confesse que l'obligation de m'auoir procuré des asseurances de vre estime, egale tous les autres dont je luy suis redeuable; Aussi est-il vray qu'il est seul digne de se vanter de m'auoir procuré ce bien. Mais je vous prie de me donner la satisfaction de la durée de nostre commerce, & puis qu'il ne m'est pas permis d'esperer le bien de pouuoir en presence vous protester mon estime & bienueuillance, permettes au moins que mes lettres vous asseurent des sentimens aduantageux que je conserueray toute ma vie pour vous, & que les vostres me puissent donner les confirmations de vre bonne volonté. Souffres que me[s] lettres interrompent quelques fois vos meditations, et vre loisir. Je vous consulteray comme l'oracle de la verité pour m'esclaircir de mes doubtes, & Si vous voules prendre la peine d'instruire mon ignorance, Vous ne feres autre chose, sinon d'augmenter le nombre de ceux qui scauent vous estimer dignement. Je vous prie de croire que j'obserueray vos preceptes aussi religieusement comme l'on est accoustumé d'obseruer les dogmes des plus celebres legislateurs. Juges apres cela combien je vous seray redeuable des lumieres que me donneront vos belles cognoissances, & croies que je ne Seray jamais ingrate enuers vous, & que je veux cultiuer auec Soin l'estime & la bienueuillance d'vn si grand homme que vous estes.
Christine.

Arckenholtz's transcript of the letter:

Mr. Vous êtes si généralement honnoré & estimé de tout ce qui se trouve de personnes raisonnables dans le monde & l'on parle de vous avec tant de vénération, que l'on ne peut sans se faire tort, vous estimer médiocrement. Ne vous étonnez donc pas s'il se trouve au bout du monde une Personne qui se voit intéressée à vous estimer infiniment, & ne trouvez pas étrange qu'elle ait suborné vos propres amis, pour vous faire connoitre qu'elle me s'éloigne pas que tout le genre humain, lorsqu'il est question de donner à vôtre mérite une estime non commune. Je reste infiniment obligée à celui qui vous a fait connoitre une partie des sentimens d'estime que j'ai pour vous, & je le suis d'autant plus, puisque ce bon office est un surcroit des autres services qu'il m'a rendus. Et encore que je confesse de lui devoir la restitution de ma santé & de ma vie, & qu'il semble qu'après cela il ne puisse rien ajouter à ce que je lui dois; néanmoins j'avoue que l'obligation de m'avoir procuré ces assurances de votre estime égale tous les autres services dont je lui suis redevable. Aussi est-il vrai qu'il est seul digne de se vanter de m'avoir procuré ce bien. Mais je vous prie de me donner la satisfaction de la durée de notre commerce: & puisqu'il ne m'est pas permis d'espérer le bien de pouvoir en présence vous protester mon estime & ma bienveillance, permettez au moins que mes lettres vous assurent des sentimens avantageux que je conserverai toute ma vie pour vous & que les vôtres me puissent donner les confirmations de votre bonne volonté. Souffrez que mes lettres interrompent quelquefois vos méditations & votre loisir. Je vous consulterai comme l'Oracle de la vérité pour m'éclaircir de mes doutes, & si vous voulez prendre la peine d'instruire mon ignorance, vous ne ferez autre chose, si non d'augmenter le nombre de ceux qui savent vous estimer dignement. Je vous prie de croire, que j'observerai vos préceptes aussi religieusement que l'on est accoutumé d'observer les dogmes des plus célébres Législateurs. Jugez après cela combien je vous serai redevable des lumiéres que me donneront vos belles connoissances & croïez que je ne serai jamais ingrate envers vous & que je veux cultiver avec soin l'estime & la bienveillance d'un si grand homme que vous êtes.
CHRISTINE.

Swedish translation (my own):

Monsieur,
Ni är så allmänt hedrad och uppskattad av alla förnuftiga människor som finns i världen, och det talas om Er med sådan vördnad att man inte kan, utan att ha fel, uppskatta Er dåligt. Bli inte förvånad om det i världens ände finns en person som ser sig intresserad av att uppskatta Er oändligt mycket, och som inte tycker att det är konstigt att han har mutat Era egna vänner för att låta Er veta att han flyttar ifrån mig och inte att hela mänskligheten, när det gäller att ge till Era förtjänster, förtjänar ovanlig aktning. Jag förblir oändligt tacksam mot den som fick Er att känna några av de aktningskänslor som jag bär till Er, och det är jag desto mer, eftersom denna goda tjänst är ett tillägg till de andra tjänster som han har gjort mig. Och till och med att jag bekänner att jag är skyldig honom att återställa min hälsa och mitt liv, och att det verkar som om han efter det inte kan lägga något till vad jag är skyldig honom; likväl erkänner jag att skyldigheten att ha skaffat mig dessa försäkringar om Er aktning är lika med alla andra tjänster för vilka jag är skyldig honom. Så det är sant att han ensam är värdig att skryta med att ha skaffat mig detta goda. Men jag ber Er att ge mig tillfredsställelsen av vår handels varaktighet, och eftersom det inte är tillåtet för mig att hoppas på det goda att i närvaro kunna protestera till Er min aktning och min välvilja, så låt åtminstone mina brev till Er att försäkra Er om de gynnsamma känslor som jag kommer att bevara hela mitt liv för Er, och att Ert kan ge mig bekräftelserna på Er goda vilja. Låt mina brev ibland avbryta Era meditationer och Era lediga stunder. Jag skall rådfråga Er som sanningens Orakel för att reda mig ut mina tvivel, och om Ni vill göra Er besväret att instruera min okunnighet, skall Ni inte göra något annat, om inte att öka antalet av dem som vet hur man värdigt uppskatta Er. Jag ber Er att tro att jag vill följa Era föreskrifter lika religiöst som man är van att iaktta de mest kända lagstiftarnas dogmer. Döm efter det huru mycket jag kommer att stå Er i tacksamhet för den upplysning, som Er fina kunskap skall ge mig, och tro att jag aldrig vill vara Er otacksam och att jag med omsorg vill odla aktningen och välviljan hos en man så stor som Ni är.
Kristina.

English translation (my own):

Monsieur,
You are so generally honoured and esteemed by all reasonable people that are found in the world, and you are spoken of with such reverence that one cannot, without being wrong, esteem you poorly. Do not be surprised if there is at the end of the world a person who sees himself interested in esteeming you infinitely, and who does not find it strange that he has bribed your own friends to let you know that he is moving away from me and not that all of mankind, when it comes to giving to your merit, deserves uncommon esteem. I remain infinitely obliged to the one who made you know some of the feelings of esteem that I have for you, and I am all the more so, since this good service is an addition to the other services that he has rendered to me. And even that I confess that I owe him the restitution of my health and my life, and that it seems that after that he can add nothing to what I owe him; nevertheless I confess that the obligation to have procured me these assurances of your esteem equals all the other services for which I am indebted to him. So it is true that he alone is worthy to boast of having procured this good for me. But I beg you to give me the satisfaction of the duration of our trade, and since it is not permissible for me to hope for the good of being able in presence to protest to you my esteem and my benevolence, at least allow my letters to you to assure you of the favourable feelings which I will preserve all my life for you, and that yours can give me the confirmations of your good will. Allow my letters to sometimes interrupt your meditations and your leisure. I shall consult you as the Oracle of Truth to clear up my doubts, and if you want to take the trouble to instruct my ignorance, you will do nothing else, if not to increase the number of those who know how to esteem you worthily. I beg you to believe that I will observe your precepts as religiously as one is accustomed to observe the dogmas of the most famous legislators. Judge after that how much I will be indebted to you for the enlightenment that your fine knowledge will give me, and believe that I will never be ungrateful to you and that I want to cultivate with care the esteem and benevolence of such a great man that you are.
Kristina.

Swedish translation of the Typis Regiæ Celsitudinis transcript (my own):

Stockholm, den 25 september 1652.
Ni är så allmänt hedrad och uppskattad av alla förnuftiga människor i världen, och Ni omtalas med så mycket vördnad, att man inte kan, utan att ha fel, akta Er mediokert. Bli därför inte förvånad om det i världens ände finns en person som ser sig själv intresserad av att uppskatta Er oändligt, och inte tycker att det är konstigt att han har mutat Era egna vänner för att låta Er veta att han inte går bort hela mänsklighetens känslor när det handlar om att ge Era förtjänster en aktning som inte är vanlig.

Jag förblir oändligt skyldig till honom som har gjort Er känd en del av de känslor av aktning som jag har för Er, och jag är det desto mer, som denna goda tjänst är ett tillägg till de andra tjänster han har gjort mig, och jag erkänner till och med att jag är skyldig honom att återställa min hälsa och mitt liv, och att det efter det verkar som att ingenting kan läggas till vad jag är skyldig honom. Icke desto mindre erkänner jag att skyldigheten att ha skaffat mig försäkringar om Er aktning är lika med alla andra tjänster som jag är skyldig honom. Det är därför sant att han ensam är värdig att skryta med att ha skaffat mig detta goda. Men jag ber Er att ge mig tillfredsställelsen av vår handels varaktighet, och eftersom det inte är tillåtet för mig att hoppas på det godheten att i Er närvaro kunna betyga mot min aktning och min välvilja, tillåt åtminstone att mina brev försäkrar Er om de fördelaktiga känslor som jag skall bevara för Er hela mitt liv, och att de Era kan ge mig bekräftelserna på Er goda vilja.

Låt mina brev ibland avbryta Era meditationer och Era lediga stunder. Jag vill rådfråga Er som Sanningens Orakel för att klargöra mina tvivel, och om Ni vill göra Er besväret att instruera min okunnighet, kommer Ni inte att göra något annat än att öka antalet av dem som vet hur de skall uppskatta Er värdigt. Jag ber Er att tro att jag skall följa Era föreskrifter lika religiöst som man är van att följa de mest kända lagstiftarnas dogmer. Döm därefter hur mycket jag skall stå Er i tacksamhet för den upplysning som Er fina kunskap kommer att ge mig, och tro att jag aldrig skall vara otacksam mot Er och att jag noga vill odla aktningen och välviljan hos en så stor man som Ni är.
Kristina.

English translation of the Typis Regiæ Celsitudinis transcript (my own):

Stockholm, September 25, 1652.
You are so generally honoured and esteemed by all reasonable people in the world, and you are spoken of with so much veneration, that one cannot, without being wrong, esteem you mediocrely. Do not be surprised, therefore, if there is at the end of the world a person who sees himself interested in esteeming you infinitely, and do not find it strange that he has bribed your own friends to let you know that he is not going away  feelings of all mankind when it is a question of giving your merit an esteem that is not common.

I remain infinitely obliged to him who has made known to you a part of the feelings of esteem that I have for you, and I am all the more so, as this good service is an addition to the other services he has rendered to me, and I even confess that I owe him the restitution of my health and my life, and that after that it seems that nothing can be added to what I owe him. Nevertheless, I confess that the obligation of having procured me assurances of your esteem equals all the other services for which I am indebted to him. It is therefore true that he alone is worthy of boasting of having procured me this good. But I beg you to give me the satisfaction of the duration of our commerce, and, as it is not permissible for me to hope for the good of being able in your presence to protest my esteem and my benevolence, allow at least that my letters assure you of the advantageous feelings which I shall preserve for you all my life, and that yours can give me the confirmations of your good will.

Allow my letters to sometimes interrupt your meditations and your leisure. I will consult you like the Oracle of Truth to clarify my doubts, and if you want to take the trouble to instruct my ignorance, you will do nothing but increase the number of those who know how to esteem you worthily. I beg you to believe that I shall observe your precepts as religiously as one is accustomed to observing the dogmas of the most famous legislators. Judge after that how much I will be indebted to you for the enlightenment that your fine knowledge will give me, and believe that I will never be ungrateful towards you, and that I want to carefully cultivate the esteem and benevolence of such a great man as you are.
Kristina.

Swedish translation of the original (by Stolpe; somewhat abridged):

Ni åtnjuter en så allmän aktning och är föremål för en så stor uppskattning av alla vettiga personer i världen, och man talar om Er med en sådan vördnad, att man inte utan att blamera sig kan skänka Er en reserverad uppskattning — förvåna Er därför inte, om det vid världens ända finns en person som tror sig böra skänka Er sin obegränsade aktning, och uppfatta det inte som någonting märkvärdigt, om denna person har mutat Edra egna vänner i syfte att få Er att förstå, att hon i sin uppfattning inte skiljer sig från hela den övriga mänskligheten, när det gäller att tillerkänna Edra förtjänster en ovanlig aktning. Jag står i stor tacksamhetsskuld till den person som låtit Er få vetskap om en del av de aktningsfulla känslor som jag hyser för Er och gör det dess mer som denna tjänst bara är ett plus till andra tjänster som han redan gjort mig.

Swedish translation of the original (my own):

Ni är så allmänt hedrad och aktad av alla förnuftiga människor i världen, och Ni omtalas med så mycket vördnad, att man inte kan, utan att oförrätta sig, akta Er mediokert. Bli inte förvånad då, om det i världens ände finns en människa som tror sig vara intresserad av att uppskatta Er oändligt, och inte tycker att det är märkligt att hon har mutat Era egna vänner för att låta Er veta att hon inte tar avstånd från hela mänsklighetens känslor när det handlar om att ge Era förtjänster en aktning som inte är kommun.

Jag förblir oändligt tacksam mot honom som fick Er att känna en del av de känslor av aktning som jag har för Er, och jag är det desto mer, eftersom detta goda ämbete är ett tillägg till de andra tjänster han har gjort mig, och jag till och med erkänner att jag är skyldig honom att återställa min hälsa och mitt liv, och att det efter det verkar som om ingenting kan läggas till vad jag är skyldig honom.

Icke desto mindre bekänner jag att skyldigheten att ha skaffat mig försäkringar om Er aktning är lika med alla de andra för vilka jag förblir honom skyldig; det är också sant att han ensam är värdig att skryta med att ha skaffat mig denna godhet. Men jag ber Er att ge mig tillfredsställelsen av vår handels varaktighet och, eftersom det inte är tillåtet för mig att hoppas på det goda att i Er närvaro kunna försäkra Er om min aktning och välvilja mot Er, tillåt åtminstone att mina brev försäkrar Er om de fördelaktiga känslor som jag skall bevara för Er hela mitt liv och att de Era kan ge mig bekräftelserna på Er välvilja.

Låt mina brev ibland avbryta Era meditationer och Era lediga stunder. Jag kommer att rådfråga Er som sanningens orakel för att reda ut mina tvivel, och om Ni vill göra Er besväret att instruera min okunnighet, kommer Ni inte att göra annat än att öka antalet av dem som vet hur man skall akta Er värdigt. Jag ber Er att tro att jag skall följa Era föreskrifter lika religiöst som man är van att iaktta de mest kända lagstiftarnas dogmer. Döm därefter huru mycket jag är skyldig Er för de ljus som Er vackra kunskap kommer att ge mig, och tro att jag aldrig skall vara otacksam mot Er och att jag med omsorg vill odla aktningen och välviljan hos en så stor man som Ni är.

English translation of the original (my own):

You are so generally honoured and esteemed by all reasonable people in the world, and you are spoken of with so much veneration, that one cannot, without being wronging oneself, esteem you mediocrely. Do not be surprised, then, if there is at the end of the world a person who thinks herself interested in esteeming you infinitely, and do not find it strange that she has bribed your own friends to let you know that she does not distance herself from the feelings of all mankind when it is a question of giving your merit an esteem that is not common.

I remain infinitely obliged to him who made you know part of the feelings of esteem that I have for you, and I am all the more so, as this good office is an addition to the other services he has rendered to me, and I even confess that I owe him the restitution of my health and my life, and that after that it seems that nothing can be added to what I owe him.

Nevertheless, I confess that the obligation of having procured me assurances of your esteem equals all the others for which I remain indebted to him; also it is true that he alone is worthy of boasting of having procured me this good. But I beg you to give me the satisfaction of the duration of our commerce and, as it is not permissible for me to hope for the good of being able in your presence to protest my esteem and benevolence to you, allow at least that my letters assure you of the advantageous feelings that I will preserve for you all my life and that yours can give me the confirmations of your benevolence.

Allow my letters to sometimes interrupt your meditations and your leisure. I will consult you as the oracle of truth to clear up my doubts, and if you want to take the trouble to instruct my ignorance, you will do nothing but increase the number of those who know how to esteem you worthily. I beg you to believe that I shall observe your precepts as religiously as one is accustomed to observing the dogmas of the most famous legislators. Judge, after that, how much I am indebted to you for the lights that your beautiful knowledge will give me, and believe that I will never be ungrateful towards you and that I want to cultivate with care the esteem and the benevolence of such a great man as you are.

Filocrate's slightly altered transcript of the letter:

Monsieur,
Vous êtes si généralement honoré de tout ce qu'il y a de gens éclairés dans le monde, & l'on parle de vous avec tant de vénération, qu'on marqueroit peu de goût, si l'on ne vous estimoit hautement. Ne vous étonnez donc pas s'il se trouve au bout de l'univers, une personne qui se voit intéressée à vous le témoigner par écrit. Ne trouvez pas étrange qu'elle ait suborné vos propres amis, pour vous faire connoître qu'elle ne s'éloigne pas de tout le genre humain, lorsqu'il est question d'accorder à votre mérite une estime éclatante. Je suis infiniment redevable à celui qui vous a dévoilé mes sentimens, ce service ajoute encore un nouveau prix à ceux qu'il m'a rendus. Je croyois après le rétablissement de ma santé, qu'il ne pouvoit augmenter mes obligations; mais j'avoue que les assurances qu'il m'a données de votre estime, surpassent les autres services. Rien ne manqueroit à ma félicité, si vous vouliez établir un commerce de Lettres entre nous. Souffrez que j'interrompe quelquefois vos méditations & votre loisir. Je vous consulterai comme l'oracle de la vérité, pour m'éclaircir sur mes doutes; & si vous voulez prendre la peine d'instruire un peu une grosse ignorante, vous augmenterez le nombre de ceux qui savent vous estimer beaucoup. Je vous prie de croire que je suivrai vos préceptes aussi religieusement, que l'on est accoutumé d'observer les loix des plus célebres Législateurs. Jugez après cela combien je vous serai redevable des lumieres que je puiserai dans vos doctes écrits. Croyez que je ne serai jamais ingrate, & que je veux cultiver avec soin l'estime & la bienveillance d'un Philosophe aussi aimable que vous, &c.
CHRISTINE.

Swedish translation of Filocrate's version (my own, feel free to point out any mistakes):

Monsieur,
Ni är så generellt hedrad av alla upplysta människor i världen, och folk talar om Er med så mycket vördnad att man knappt skulle smaka någonting om man inte var högt uppskattad. Så var inte förvånad om det finns någon i slutet av universum som är intresserad av att bevisa det för Er skriftligen. Tyck icke att det är märkligt att hon har bestått Era egna vänner för att låta Er veta att hon inte flyttar sig från hela mänskligheten när det gäller att ge Era förtjänster en hög uppmärksamhet. Jag är oändligt skyldig den som avslöjade mina känslor för Er, den här tjänsten lägger till ytterligare ett pris till de som han har återlämnat till mig. Jag trodde efter återställningen av min hälsa att han inte kunde öka mina skyldigheter; men jag medger att de försäkringar som han gav mig för Er värdighet överträffar andra tjänster. Ingenting skulle saknas i min gratulation om Ni ville etablera ett brevföretag mellan oss. Tillåt att jag ibland avbryter Era meditationer och Era lediga stunder. Jag vill rådfråga Er som sanningens orakel för att förtydliga min tvivel; och om Ni vill ta lite besvär med att lära en liten okunnig kvinna lite, kommer Ni att öka antalet av dem som vet hur man måste värdesätta Er mycket. Jag ber Er att tro att jag skall följa Era föreskrifter lika religiöst som vi är vana vid att följa lagarna för de mest berömda lagstiftarna. Döma därefter hur mycket jag skall vara Er skyldig för de ljus som jag kommer att dra från Era lärda skrifter. Tro att jag aldrig kommer att vara otacksam, och att jag försiktigt vill kultivera uppskattning och välvillighet till en filosof så älskvärdig som Er, osv.
Kristina.

English translation of Filocrate's version (my own):

Monsieur,
You are so generally honored by all enlightened people in the world, and people speak of you with so much reverence that one would scarcely taste anything if one was not highly esteemed. So do not be surprised if there is someone at the end of the universe who is interested in testifying it to you in writing. Do not find it strange that she has bribed your own friends, to let you know that she does not move away from the whole human race, when it comes to giving your merits a high regard. I am infinitely indebted to the one who revealed my feelings to you, this service adds yet another price to those he has returned to me. I believed after the restoration of my health that he could not increase my obligations; but I admit that the assurances he gave me of your esteem surpass other services. Nothing would be lacking in my congratulation if you wanted to establish a business of letters between us. Allow that I sometimes interrupt your meditations and your leisure. I will consult you as the oracle of truth, to clarify my doubts; and if you want to take the trouble to teach a little ignorant woman a bit, you will increase the number of those who know how to value you greatly. I beg you to believe that I will follow your precepts as religiously as we are used to observing the laws of the most famous legislators. Judge thereafter how much I will be indebted to you for the lights that I will draw from your learned writings. Believe that I will never be ungrateful, and that I want to carefully cultivate the esteem and benevolence of a philosopher as amiable as you, etc.
Kristina.


Above: Kristina.


Above: Pierre Gassendi.

Note: The person Kristina credits with saving her health and life is Pierre Bourdelot.

Kristina's letter to Samuel Bochart, dated May 3/13 (New Style), 1652

Sources:

Lettres choisies de Christine, reine de Suède à Descartes, Gassendi, Grotius, Pascal, Bayle, page 122, Hardi Filocrate, 1760



The letter:

Stockholm le 13. Mai 1652.
SItôt que j'ai appris vôtre arrivée en Hallande & l'empressement que vous aviez de continuer votre voïage jusques à ma Cour, j'ai voulu expédier le porteur de la présente pour vous servir de guide. Je lui ai donné encore une seconde commission, laquelle s'adresse à mon Bibliothecaire, lequel se trouve en votre suite. Je lui commande de retourner sur ses pas & de se rendre en Hollande pour y attendre mes ordres pour un plus long voïage. Je suis faché[e] que son inconsidération m'oblige de lui ordonner pour sa disgrace un voïage qu'autrefois mon service me lui a fait proposer. J'ai toûjours eu le dessein de l'envoïer en Angleterre & en Espagne pour faire des recherches pour augmenter & embellir ma Bibliothèque, mais dans ce tems-là je n'avois pas l'intention que j'ai maintenant, & je vous prie de croire que personne n'a travaillé à sa perte que lui-même, & vous trouverez mon humeur disposée de la sorte, qu'aucun ne pourra se vanter d'avoir le pouvoir sur mes inclinations. Elles se portent toûjours où je trouve le mérite, & quand l'on a eu part dans mon estime, je ne suis pas accoûtumée de m'en dédire, si ce n'est qu'on s'en rende indigne par quelque faute. Venez donc sans crainte & croïez qu'il n'y a personne qui estimera au plus juste prix votre mérite que moi
Christine.

Filocrate's transcript of the letter:

Sitôt que j'ai appris votre arrivée en Hollande, & l'empressement que vous aviez de continuer votre voyage jusqu'à ma Cour, j'ai dépêché le porteur de la présente, pour vous servir de guide; je lui ai donné encore une seconde commission, qui s'adresse à mon Bibliothécaire, qui est à votre suite. Je lui ordonne de retourner sur ses pas & de se rendre en Hollande, afin de recevoir mes ordres pour un plus long voyage. Je suis fachée que son inconsidération m'oblige de lui prescrire comme une disgrace un voyage que je lui ai proposé autrefois pour mon service. J'ai toujours eu le dessein de l'envoyer en Angleterre & en Espagne, afin d'augmenter & d'embellir ma Bibliothéque; mais depuis, mes intentions sont changées. Je vous prie de croire que personne n'a travaillé à sa perte que lui-même, & vous pourriez vous appercevoir en étudiant mon caractère, qu'aucun homme ne pourra jamais se venter d'avoir captivé mes desirs, ils se portent toujours où je trouve la vérité; & si quelqu'un m'a paru mériter mon estime, je ne la démens jamais, à moins qu'on ne s'en rende indigne. Venez donc avez confiance & sans crainte, & croyez que personne ne vous estimera plus véritablement que la Reine de Suede.

Swedish translation (my own):

Stockholm, den 13 maj 1652.
Så snart jag fick veta om Er ankomst till Halland och Er iver att fortsätta Er resa till mitt hov, ville jag sända denne brevvisare att tjäna som Er vägvisare. Jag har givit honom ytterligare ett uppdrag som är adresserat till min bibliotekarie, som är ju i Er svit. Jag beordrar honom att gå tillbaka och åka till Holland för att invänta mina order om en längre resa. Jag är ledsen att hans hänsynslöshet tvingar mig att för hans vanära beordra honom en resa som tidigare min tjänst fick mig att föreslå honom. Jag har alltid haft för avsikt att skicka honom till England och Spanien för att forska för att utöka och försköna mitt bibliotek, men på den tiden hade jag inte den avsikt jag har nu, och jag ber Er att tro att ingen har arbetat för hans fördärv men han själv, och Ni kommer att finna mitt temperament så inställt att ingen kan skryta med att ha makt över mina böjelser. De bärs alltid där jag finner förtjänsten, och när man har haft del i min aktning, har jag inte för vana att dra tillbaka den förutom att man gör sig ovärdig därtill av något fel. Kom därför utan rädsla och tro att det inte finns någon som kommer att uppskatta Era förtjänster mer rättvist än jag.
Kristina.

English translation (my own):

Stockholm, May 13, 1652.
As soon as I learned of your arrival in Halland and your eagerness to continue your journey to my court, I wanted to send the bearer of this present letter to serve as your guide. I have given him yet another commission, which is addressed to my librarian, who is in your suite. I am ordering him to retrace his steps and go to Holland to await my orders for a longer journey. I am sorry that his inconsideration obliges me to order him for his disgrace a trip which formerly my service made me propose to him. I have always intended to send him to England and Spain to do research to increase and embellish my library, but at that time I did not have the intention I have now, and I beg you to believe that no one has worked for his ruin but himself, and you will find my temperament so disposed that no one can boast of having power over my inclinations. They are always worn where I find the merit, and when one has had a share in my esteem, I am not in the habit of retracting it except that one makes oneself unworthy of it by some fault. Come therefore without fear, and believe that there is no one who will esteem your merit more justly than me.
Kristina.

Swedish translation of Filocrate's transcript (my own):

Så fort jag fick veta om Er ankomst till Halland, och den iver Ni hade att fortsätta Er resa till mitt hov, skickade jag bäraren av detta brev för att fungera som Er vägledare; jag gav honom ännu ett uppdrag, som är riktat till min bibliotekarie, som följer Er. Jag befaller honom att återgå till hans steg och åka till Holland för att få mina befallningar för en längre resa. Jag är ledsen att hans hänsynslöshet tvingar mig att förskriva honom som en skam för en resa som jag en gång föreslog honom för min tjänst. Jag har alltid haft avsikten att skicka honom till England och Spanien för att öka och smycka mitt bibliotek; men sedan den tid har mina avsikter förändrats. Jag ber Er att tro att ingen har arbetat för sin förlust förutom sig själv, och Ni kan inse genom att studera min karaktär att ingen man någonsin kan skryta med att ha fängslade mina önskningar, de går alltid dit jag finner sanningen; och om någon tycktes mig förtjänar min uppskattning skulle jag aldrig förlora den, såvida man inte gör sig ovärdig till det. Kom därför förtroende och gör det orädd, och tro att ingen verkligen kommer att uppskatta Er mer än Sveriges Drottning.

English translation of Filocrate's transcript (my own):

As soon as I learned of your arrival in Halland, and the eagerness you had to continue your journey to my court, I sent the bearer of this letter to serve as your guide; I gave him yet another commission, which is addressed to my librarian, who is following you. I'm ordering him to retrace his steps and go to Halland in order to receive my orders for a longer trip. I am sorry that his recklessness compels me to prescribe to him as a disgrace a trip that I once proposed to him for my service. I have always had the intention of sending him to England and Spain, in order to increase and embellish my library; but since then my intentions have changed. I beg you to believe that no one has worked for his loss except himself, and you could realize by studying my character that no man can ever boast of having captivated my desires, they always go where I find the truth; and if someone seemed to me to deserve my esteem, I would never lose it, unless one makes oneself unworthy of it. Therefore, come trust and do it fearlessly, and believe that no one will truly value you more than the Queen of Sweden.


Above: Kristina.

Kristina's letter to Samuel Bochart, early 1650s (APOCRYPHAL)

Source:

Lettres choisies de Christine, reine de Suède à Descartes, Gassendi, Grotius, Pascal, Bayle, page 120, Hardi Filocrate, 1760


The letter:

Comme vous n'êtes encore attaché à ma personne par aucun bienfait, j'aurois de la peine à me persuader que vous eussiez quelque bonne volonté à me servir dans l'occasion, si votre Lettre obligeante ne m'en avoit assuré. Il ne m'est plus permis d'en douter, depuis que vous m'avez donné ce gage, & particuliérement à cause de la haute estime que vous avez conçu pour moi.

Il y a quelque temps que Vossius m'a fait connoître vos doctes écrits, & il m'a parlé si avantageusement de vous, que j'ai conçu depuis tant d'estime pour votre personne, que je brûle ardemment de vous obliger. Puisque vous me fournissez l'occasion de vous dévoiler mes sentimens, je croirois me manquer à moi-même, si je ne vous en faisois des remercimens sinceres, & ne vous témoignois ma juste reconnoissance. Acceptez donc de bon cœur les offres que je vous fais de mon amitié, & croyez que je m'estimerois heureuse, si, à l'avenir, je vous avois pour ami. Si avec le temps j'obtiens cette faveur, soyez bien persuadé que vous ne vous repentirez jamais d'avoir fait connoissance avec moi. Je sais bien que pour l'ordinaire les Philosophes sont la dupe des Grands, quand ils s'ouvrent à eux avec trop de sincérité; mais rarement les Princes ont la raison de leur côté. Ne craignez rien avec moi, je suis au-dessus de ces viles foiblesses. La vérité & l'amour de la gloire, me conduiront toujours. Je ne suis Reine que pour faire du bien. Avec les savans & les sages, tel que vous, je suis tout yeux toute oreille, & docile comme un agneau. Avec mes égaux, je suis impérieuse & superbe comme un lion.

Il faut bien savoir un peu se contrefaire pour vivre cahin, caha, avec ces gros Messieurs, qui croyent que tout est fait pour eux, & qui s'imaginent être les Divinités de la terre.

Swedish translation (my own):

Eftersom Ni ännu inte är bunden till min person av någon fördel, kunde jag knappt övertyga mig själv om att Ni hade någon god vilja att tjäna mig vid detta tillfälle, om Ert vänliga brev inte hade försäkrat mig om det. Jag måste inte längre tvivla på det, ty Ni gav mig detta löfte, och särskilt på grund av den höga uppskattning Ni har uppfattat för mig.

Det har gått en tid sedan Vossius berättade om Era lärda skrifter, och han talade till mig så fördelaktigt om Er att jag har uppfattat så mycket uppskattning för Er person att jag brinner ivrigt för att förplikta Er. Eftersom Ni ger mig möjligheten att avslöja mina känslor för Er, skulle jag tro att jag saknar mig själv, om jag inte ger Er en uppriktig tacksägelse och inte visar Er min rättvisa tacksamhet. Acceptera därför från mitt hjärta de erbjudanden som jag ger Er om min vänskap, och tror att jag skulle betrakta mig själv lycklig om jag i framtiden skulle ha Er som vän. Om jag med tiden får denna tjänst, kan Ni vara försäkrad att Ni aldrig kommer att ångra att Ni har bekantat Er med mig. Jag vet mycket väl att filosoferna för det mesta är de stora fånen när de öppnar sina hjärtan för dem som är stora med för mycket uppriktighet; men sällan har prinser skäl på sin sida. Var inte rädd för mig, jag är ovanför dessa elaka svagheter. Sanning och kärlek till ära skall alltid leda mig. Jag är bara drottning för att göra gott. Hos de lärda och kloka, som Er, är jag idel öga och idel öra och är foglig som ett lamm. Hos mina jämlikar är jag stolt och högmodig som en lejon.

Man måste veta hur att förfalska lite för att leva så där tillsammans med dessa tjocka herrar som tror att allt görs för dem och som föreställer sig att de är jordens gudar.

English translation (my own):

As you are not yet attached to my person by any benefit, I would be hard-pressed to persuade myself that you had some good will to serve me on this occasion, if your obliging letter had not assured me of it. I am no longer allowed to doubt it, since you gave me this pledge, and particularly because of the high esteem that you have conceived for me.

It has been some time since Vossius told me of your learned writings, and he spoke to me so advantageously of you that I have conceived so much esteem for your person, that I ardently burn to oblige you. Since you provide me with the opportunity to reveal my feelings to you, I would believe that I am missing myself, if I do not give you sincere thanks, and do not show you my just recognition. Accept therefore from all my heart the offers that I make to you of my friendship, and believe that I would consider myself happy if, in the future, I had you as a friend. If in time I receive this favour, be assured that you will never regret having made acquaintance with me. I know very well that for the most part philosophers are the dupes of the great when they open up to them with too much sincerity; but rarely do princes have reason on their side. Fear nothing from me, I am above these vile weaknesses. Truth and love of glory will always lead me. I am only Queen so as to do good. With the learned and the wise, like you, I am all eyes and all ears, and am docile like a lamb. With my equals, I am imperious and superb like a lion.

One has to know how to sham a little in order to to get by with these fat gentlemen who believe that everything is done for them, and who imagine themselves to be the deities of the earth.


Above: Kristina.