Friday, August 20, 2021

Pierre Hector Chanut's letter to Kristina on her intention to abdicate, dated February 20/March 2 (New Style), 1654

Sources:

Recüeil des harangues qui ont esté faites à la reyne de Suede, pages 212 to 218, published by Claude Bardin, 1660


Mémoires de ce qui s'est passé en Suède, volume 3, page 300, Pierre Hector Chanut, 1675


Monumenta varia inedita variisque linguis conscripta, volume 2, pages 69 to 71, by Joachim Friedrich Feller, 1714


Mémoires concernant Christine, volume 1, page 399, Johan Arckenholtz, 1751


In response to this letter from Kristina:


The letter:

De la Haye le dernier Mars 1654.
MADAME,
La lettre que VOSTRE MAIESTÉ s'est donnée la peine de m'écrire de Westras, m'a surpris d'vne telle admiration que de long-tems ie ne seray capable d'y respondre, auec la liberté que VÔTRE MAIESTÉ a tousiours permise à ses seruiteurs. Tout y est grand & majestueux, il n'y a rien en particulier qui ne force mon esprit à y donner son consentement: mais quand ie me trouue à la fin transporté si loin de la route ordinaire des sentimens communs, ie retournerois volontiers sur mes pas pour reconnoistre si ie ne me suis point détourné. C'est ma foiblesse, MADAME, que VOSTRE MAIESTÉ n'a pas seulement eu la bonté de dissimuler en cette Lettre dont il luy a pleu m'honorer; mais elle m'a voulu rendre complice de la hauteur de ses pensées. Ie parle ainsi pource que le monde tient pour des deffauts les Vertus qu'il ne connoist pas, comme pour des offenses les biens-faits qu'il ne peut reconnoistre. Ie ne refuserois point d'estre chargé de quelque part de cette Illustre accusation en la plus celebre cause que le monde ait iamais examinée, s'il estoit vray que ie meritasse cette gloire: mais VÔTRE MAIESTÉ sçait que je n'ay esté que le spectateur; Elle reconnoist que i'ay bien osé deuant elle soustenir le party des opinions vulgaires, & que ie luy ay souuent auoüé que sa presence & ses discours me faisoient voir la vertu d'vn air que ie n'auois iamais connu. Mon seul partage dans le grand dessein de VOSTRE MAIESTÉ, qui exerce le iugement de toutes les Nations, puis qu'elle veut bien que l'on sçache qu'elle a eu la bonté de me le communiquer, est de témoigner par tout, où ie seray oüy, que la premiere & plus forte consideration, qui a porté VOSTRE MAIESTÉ, à former cette pensée, a esté le bien de ses Sujets, & la seureté de son Estat, en preuenant les confusions, & les partialitez difficiles à éuiter apres les deceds des Princes Souuerains, qui sont considerez comme les derniers de la Maison Royale. C'est le motif qu'il plust à VOSTRE MAIESTÉ de me découurir il y a prés de six ans, ayant l'honneur de seruir le Roy aupres d'Elle; & de cette premiere cause sont venus en suite les resolutions que VOSTRE MAIESTÉ a fait prendre à ses Estats pour l'establissement de Monsieur le Prince de Suede, dont la Prudence & la valeur estoient à VOSTRE MAIESTÉ des cautions du bon-heur auenir de son Royaume, & faisoi[en]t voir à tout le monde qu'vn choix si iudicieux ne pouuoit partir que de l'amour de VOSTRE MAIESTÉ pour ses peuples; de sorte que s'il arriue qu'elle veüille maintenant joüir elle mesme du plaisir d'auoir effectiuement donné vne Couronne à Monsieur le Prince, & vn digne Roy à ses bons sujets, establissant en presence vn Throne qui ne se pouuoit mieux affermir que par sa propre main; Il n'y a personne qui ne puisse apperceuoir la suite de tout ce grand projet, & qui ne doiue admirer, que VOSTRE MAIESTÉ ayant voulu que le bien public regnast plus absolumẽt sur elle, qu'elle n'a desiré de regner sur ses Sujets. Ce coup neantmoins est si hardy, qu'il estonnera tous ceux qui ne sçauent pas que la retraite que VOSTRE MAIESTÉ se prepare, est plus grande que tous les Royaumes de la terre, & qu'elle a dans son ame des tresors inépuisables de bon-heur & de ioye. C'est ce que ie voudrois leur pouuoir expliquer, auec cette force & cette lumiere qui éclate en la Lettre de VOSTRE MAIESTÉ puis que ie ne la puis donner à personne par communication, pource qu'elle m'y a traitté plus honnorablement que ie ne merite en verité: Mais bien que ie ne me puisse pas faire entendre auec cette vigueur, l'effet n'en sera pas moindre; car la connoissance de ces choses toutes Diuines est vn feu que chacun ne prend pas selon la grandeur du flambeau qui l'embrase, mais à mesure qu'il est capable luy-mesme de le conceuoir; de sorte qu'auec cette petite esteincelle, que Dieu m'a fait la grace de mettre dans mon ame, & que VOSTRE MAIESTÉ a reveillée, ie puis allumer de grandes flâmes dans les esprits de ceux qui sont nez à brûler de ce beau feu. Et pour les autres la Lettre mesme de VOSTRE MAIESTÉ, qui est tout dire, ne les échaufferoit pas. Ie ne prens pas garde en écriuant cecy, que VOSTRE MAIESTÉ ne desire point de nous ces seruices & qu'elle s'est mise au dessus de tous nos iugemens, mais si elle ne les agrée pas pour elle, ie la supplie tres-humblement qu'elle me les permette pour ma satisfaction; car ie me condamnerois comme ingrat, & ie me tiendrois pour vn mal-heureux, s'il se passoit vn moment de ma vie où ie ne fusse pas disposé de faire tout ce qui sera en mon pouuoir, pour estre en effet.
MADAME,
de Vostre Majesté,
Le tres-humble, tres-obeïssant
& tres-fidele seruiteur,
CHANVT.

With modernised spelling:

De la Haye, le dernier mars 1654.
Madame,
La lettre que Votre Majesté s'est donnée la peine de m'écrire de Västerås m'a surpris d'une telle admiration que de longtemps je ne serai capable d'y répondre avec la liberté que Votre Majesté a toujours permise à ses serviteurs. Tout y est grand et majestueux, il n'y a rien en particulier qui ne force mon esprit à y donner son consentement; mais quand je me trouve à la fin transporté si loin de la route ordinaire des sentiments communs, je retournerais volontiers sur mes pas pour reconnaître si je ne me suis point détourné.

C'est ma faiblesse, Madame, que Votre Majesté n'a pas seulement eu la bonté de dissimuler en cette lettre dont il lui a plu m'honorer, mais elle m'a voulu rendre complice de la hauteur de ses pensées. Je parle ainsi pource que le monde tient pour des défauts les vertus qu'il ne connaît pas, comme pour des offenses les bienfaits qu'il ne peut reconnaître. Je ne refuserais point d'être chargé de quelque part de cette illustre accusation en la plus célèbre cause que le monde ait jamais examinée, s'il était vrai que je méritasse cette gloire, mais Votre Majesté sait que je n'ai été que le spectateur. Elle reconnaît que j'ai bien osé devant elle soutenir le parti des opinions vulgaires et que je lui ai souvent avoué que sa présence et ses discours me faisaient voir la vertu d'un air que je n'avais jamais connu.

Mon seul partage dans le grand dessein de Votre Majesté, qui exerce le jugement de toutes les nations, puisqu'elle veut bien que l'on sache qu'elle a eu la bonté de me le communiquer, est de témoigner partout où je serai ouï que la première et plus forte considération qui a porté Votre Majesté à former cette pensée a été le bien de ses sujets et la sûreté de son état, en prévenant les confusions et les partialités difficiles à éviter après les décès des princes souverains qui sont considérés comme les derniers de la maison royale.

C'est le motif qu'il plût à Votre Majesté de me découvrir il y a près de six ans, ayant l'honneur de servir le Roi auprès d'elle; et de cette première cause sont venus en suite les résolutions que Votre Majesté a fait prendre à ses États pour l'établissement de Monsieur le prince de Suède, dont la prudence et la valeur étaient à Votre Majesté des cautions du bonheur avenir de son royaume et faisai[en]t voir à tout le monde qu'un choix si judicieux ne pouvait partir que de l'amour de Votre Majesté pour ses peuples; de sorte que, s'il arrive qu'elle veuille maintenant jouir elle-même du plaisir d'avoir effectivement donné une couronne à Monsieur le prince et un digne roi à ses bons sujets, établissant en présence un trône qui ne se pouvait mieux affermir que par sa propre main. Il n'y a personne qui ne puisse apercevoir la suite de tout ce grand projet et qui ne doive admirer que Votre Majesté ayant voulu que le bien public régnât plus absolument sur elle qu'elle n'a désiré de regner sur ses sujets.

Ce coup néanmoins est si hardi qu'il étonnera tous ceux qui ne savent pas que la retraite que Votre Majesté se prépare est plus grande que tous les royaumes de la terre, et qu'elle a dans son âme des trésors inépuisables de bonheur et de joie. C'est ce que je voudrais leur pouvoir expliquer, avec cette force et cette lumière qui éclate en la lettre de Votre Majesté, puisque je ne la puis donner à personne par communication, pource qu'elle m'y a traité plus honorablement que je ne mérite en vérité. Mais, bien que je ne me puisse pas faire entendre avec cette vigueur, l'effet n'en sera pas moindre, car la connaissance de ces choses toutes divines est un feu que chacun ne prend pas selon la grandeur du flambeau qui l'embrasse; mais à mesure qu'il est capable lui-même de le concevoir, de sorte qu'avec cette petite étincelle que Dieu m'a fait la grâce de mettre dans mon âme et que Votre Majesté a réveillée, je puis allumer de grandes flammes dans les esprits de ceux qui sont nés à brûler de ce beau feu. Et pour les autres, la lettre-même de Votre Majesté, qui est tout dire, ne les échaufferait pas.

Je ne prends pas garde en écrivant ceci que Votre Majesté ne désire point de nous ces services et qu'elle s'est mise au-dessus de tous nos jugements, mais si elle ne les agrée pas pour elle, je la supplie très humblement qu'elle me les permette pour ma satisfaction. Car je me condamnerais comme ingrat, et je me tiendrais pour un malheureux, s'il se passait un moment de ma vie où je ne fusse pas disposé de faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour être en effet,
Madame,
de Votre Majesté
le très humble, très obéissant et très fidèle serviteur
Chanut.

Chanut's transcript of the letter:

MADAME,
La lettre que vostre Majesté s'est donnée la peine de m'escrire de Vvestros m'a surpris d'une telle admiration, que de long-temps je ne seray capable d'y répondre avec la liberté, que vostre Majesté a tousiours permise à ses serviteurs, tout y est grand, & majestueux, il n'y a rien en particulier, qui ne force mon esprit à y donner son consentement; mais quand je me trouve à la fin transporté si loin de la route ordinaire des sentimens communs, je retournerois volontiers sur mes pas pour reconnoistre si je ne me suis point détourné: C'est ma foiblesse, Madame, que vostre Majesté n'a pas eu seulement la bonté de dissimuler en cette lettre, dont il luy a plû m'honnorer, mais elle m'a voulu rendre complice de la hauteur de ses pensées. Je parle ainsi, parce que le monde tient pour des deffaux les vertus qu'il ne connoist pas, comme pour des offenses les bien-faits qu'il ne peut connoistre. Je ne refuserois pas d'estre chargé de quelque part de cette illustre accusation en la plus celebre cause que le monde ait jamais examiné, s'il estoit vray que je meritasse cette gloire; mais vostre Majesté sçait, que je n'ay esté que le spectateur, elle reconnoist que j'ay bien ozé devant elle soûtenir le party des opinions vulgaires, & que je luy ay souvent avoüé, que sa presence, & ses discours me faisoient voir la vertu d'un air que je n'avois jamais connu, mon seul partage dans le grand dessein de vostre Majesté, qui exercera le jugement de toutes les Nations, puisqu'elle veut bien que l'on sçache, qu'elle a eu la bonté de me le communiquer, est de tesmoigner par tout où je seray oüy, que la premiere, & la plus forte consideration, qui a porté vostre Majesté à former cette pensée a esté le bien de ses Sujets, & la seureté de son Estat, en prevenant les confusions, & les partialitez difficiles à éviter, apres le deceds des Princes Souverains, qui sont considerez comme les derniers de la Maison Royale; c'est le motif qu'il plût à vostre Majesté de me découvrir il y a près de six ans, ayant l'honneur de servir le Roy auprés d'elle, & de cette premiere cause sont venuës ensuite les resolutions que vostre Majesté a fait prendre à ses Estats, pour l'établissement de Monsieur le Prince de Suede, dont la prudence, & la valeur estoient à vostre Majesté des cautions du bon-heur advenir de son Royaume, & faisoient voir à tout le monde qu'un choix si judicieux ne pouvoit partir que de l'amour de vostre Majesté pour son peuple; de sorte que s'il arrive qu'elle veüille maintenant joüir elle-mesme du plaisir d'avoir effectivement donné une Couronne à Monsieur le Prince, & un digne Roy à ses bons Sujets, establissant en sa personne un Throsne qui ne se pouvoit mieux affermir que par sa propre main; il n'y a personne qui ne puisse appercevoir la suite de tout ce grand projet, & qui ne doive admirer que vostre Majesté ait voulu que le bien public regnast plus absolument sur elle, qu'elle n'a desiré de regner sur ses Sujets; ce coup neantmoins est si hardy, qu'il estonnera tous ceux qui ne sçavent pas, que la retraite, que Vostre Majesté se prepare est plus grande que tous les Royaumes de la terre, & qu'elle a dans son ame des tresors inespuisables de bon-heur, & de joye; c'est ce que je voudrois leur pouvoir expliquer avec cette force, & cette lumiere, qui éclate en celle de Vostre Majesté, puisque je ne la puis donner à personne par communication, parce qu'elle m'y a traité plus honnorablement que je ne merite en verité. Mais bien que je ne me puisse pas faire entendre avec cette vigueur, l'effet n'en sera pas moindre: car la connoissance de ces choses toutes divines, est un feu que chacun ne prend pas selon la grandeur du flambeau qui l'embrase, mais à mesure qu'il est capable luy-mesme de le concevoir; de sorte qu'avec cette petite éteincelle, que Dieu m'a fait la grace de mettre dans mon ame, & que Vostre Majesté a reveillé, je puis allumer de grandes flammes dans les esprits de ceux qui sont nays à brusler de ce beau feu, & pour les autres la lettre mesme de Vostre Majesté, qui est tout divine, ne les échaufferoit pas; je ne prends pas garde en examinant cecy, que Vostre Majesté ne desire point de nous ces services, & qu'elle s'est mis[e] au dessus de tous nos jugemens; mais si elle ne les aggrée pas pour elle, je la supplie tres-humblement qu'elle me les permette pour ma satisfaction: car ie me condamnerois comme ingrat, & ie me tiendrois pour un malheureux s'il se passoit un moment de ma vie, où ie ne fusse pas disposé de faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour estre en effet.
MADAME,
De Vostre Majesté,
Le tres-humble, tres-obeissant, & tres-obligé serviteur,
CHANVT.
A la Haye le    Mars 1654.

With modernised spelling:

Madame,
La lettre que Votre Majesté s'est donnée la peine de m'écrire de Västerås m'a surpris d'une telle admiration que de longtemps je ne serai capable d'y répondre avec la liberté que Votre Majesté a toujours permise à ses serviteurs. Tout y est grand et majestueux, il n'y a rien en particulier qui ne force mon esprit à y donner son consentement; mais quand je me trouve à la fin transporté si loin de la route ordinaire des sentiments communs, je retournerais volontiers sur mes pas pour reconnaître si je ne me suis point détourné.

C'est ma faiblesse, Madame, que Votre Majesté n'a pas eu seulement la bonté de dissimuler en cette lettre dont il lui a plu m'honorer, mais elle m'a voulu rendre complice de la hauteur de ses pensées. Je parle ainsi parce que le monde tient pour des défauts les vertus qu'il ne connaît pas, comme pour des offenses les bienfaits qu'il ne peut connaître. Je ne refuserais pas d'être chargé de quelque part de cette illustre accusation en la plus célèbre cause que le monde ait jamais examiné, s'il était vrai que je méritasse cette gloire; mais Votre Majesté sait que je n'ai été que le spectateur. Elle reconnaît que j'ai bien osé devant elle soutenir le parti des opinions vulgaires et que je lui ai souvent avoué que sa présence et ses discours me faisaient voir la vertu d'un air que je n'avais jamais connu.

Mon seul partage dans le grand dessein de Votre Majesté, qui exercera le jugement de toutes les nations, puisqu'elle veut bien que l'on sache qu'elle a eu la bonté de me le communiquer, est de témoigner partout où je serai ouï que la première et la plus forte considération qui a porté Votre Majesté à former cette pensée a été le bien de ses sujets et la sûreté de son état, en prévenant les confusions et les partialités difficiles à éviter après le décès des princes souverains qui sont considérés comme les derniers de la maison royale.

C'est le motif qu'il plût à Votre Majesté de me découvrir il y a près de six ans, ayant l'honneur de servir le Roi auprès d'elle; et de cette première cause sont venues ensuite les résolutions que Votre Majesté a fait prendre à ses États pour l'établissement de Monsieur le prince de Suède, dont la prudence et la valeur étaient à Votre Majesté des cautions du bonheur avenir de son royaume et faisaient voir à tout le monde qu'un choix si judicieux ne pouvait partir que de l'amour de Votre Majesté pour son peuple; de sorte que, s'il arrive qu'elle veuille maintenant jouir elle-même du plaisir d'avoir effectivement donné une couronne à Monsieur le prince et un digne roi à ses bons sujets, établissant en sa personne un trône qui ne se pouvait mieux affermir que par sa propre main, il n'y a personne qui ne puisse apercevoir la suite de tout ce grand projet et qui ne doive admirer que Votre Majesté ait voulu que le bien public régnât plus absolument sur elle qu'elle n'a désiré de régner sur ses sujets.

Ce coup néanmoins est si hardi qu'il étonnera tous ceux qui ne savent pas que la retraite que Votre Majesté se prépare est plus grande que tous les royaumes de la terre, et qu'elle a dans son âme des trésors inépuisables de bonheur et de joie. C'est ce que je voudrais leur pouvoir expliquer avec cette force, et cette lumière qui éclate en celle de Votre Majesté, puisque je ne la puis donner à personne par communication, parce qu'elle m'y a traité plus honorablement que je ne mérite en vérité. Mais bien que je ne me puisse pas faire entendre avec cette vigueur, l'effet n'en sera pas moindre. Car la connaissance de ces choses toutes divines est un feu que chacun ne prend pas selon la grandeur du flambeau qui l'embrasse, mais à mesure qu'il est capable lui-même de le concevoir, de sorte qu'avec cette petite étincelle, que Dieu m'a fait la grâce de mettre dans mon âme et que Votre Majesté a réveillé, je puis allumer de grandes flammes dans les esprits de ceux qui sont nés à brûler de ce beau feu; et pour les autres la lettre-même de Votre Majesté, qui est tout divine, ne les échaufferait pas.

Je ne prends pas garde en examinant ceci que Votre Majesté ne désire point de nous ces services et qu'elle s'est mise au-dessus de tous nos jugements, mais, si elle ne les agrée pas pour elle, je la supplie très humblement qu'elle me les permette pour ma satisfaction. Car je me condamnerais comme ingrat et je me tiendrais pour un malheureux s'il se passait un moment de ma vie où je ne fusse pas disposé de faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour être en effet,
Madame,
de Votre Majesté
le très humble, très obéissant et très obligé serviteur
Chanut.
A la Haye, le [...] mars 1654.

Feller's transcript of the letter:

Madame.
La lettre que V. M. s'est donnée la peine de m'escrire m'a surpris d'une telle admiration, que de long temps je ne seray capable d'y repondre avec la liberté, que V. M. a toujours permise à ses Serviteurs. Tout y est grand & majestueux: Il n'y a rien en particulier qui ne force mon esprit à y donner son consentement. Mais quand je me trouve à la fin transporté si loin de la route ordinaire des sentimens communs, je retournerois volontiers sur mes pas, pour reconnoistre, si je ne me suis point de tourné. C'est ma foiblesse, Madame, que V. M. n'a pas eu seulement la bonté de dissimuler en cette lettre, dont il luy a plu m'honorer, mais elle m'a voulu rendre complice de la hauteur de ses pensées. Je parle ainsy pour ce que tout le monde tient pour des defauts les vertus qu'il ne connoist pas, comme pour des offenses les bienfaits qu'il ne peut connoistre. Je ne refuserois pas d'estre chargé de quelque part de cette illustre accusation en la plus celébre cause, que le monde ayt jamais examinée, s'il estoit vray que je meritasse cette gloire; mais V. M. sçait, que j'ay bien ozé devant elle soustenir le party des opinions vulguaires, & que je luy ay souvent aduoüé, que sa presence & ses discours me faisoient voir la vertu d'un air que je n'avois jamais connüe. Mon seul partage dans le grand dessein de V. M. qui exerce le jugement de touttes les nations, puis qu'elle veult bien que l'on sache, qu'elle a eu la bonté de me le communiquer, est de tesmoigner par tout ou je seray, que la premiere & la plus forte consideration, qui a porté V. M. à former cette pensée, est le bien de ses sujects, & la seureté de son Estat, en prevenant les confusions & les partialitez difficiles à eviter aprés le decede de Princes souverains, qui sont considerez comme les derniers de la maisson Royalle. C'est le motif, qu'il a pleu à V. M. de me descouvrir il y a pres de six ans, ayant l'honneur de servir le Roy auprés Elle & de cette premiere cause sont venuës les resolutions, que V. M. a fait prendre à ses Estats pour l'establissement de Mr. le Prince de Suede, dont la prudence & la valeur estoient à V. M. des cautions du bonheur avenir de Son Royaume, & faisoient voir à tout le monde, qu'un choix si judicieux ne pouvoit, partir que de l'amour de V. M. pour ses peuples, de sorte que s'il arrive qu'elle veuille maintenant jouir elle mesme du plaisir d'avoir effectivement donné une couronne a Mr. le Prince, & un digne Roy à ses bons sujects, establissant en sa presence un Trosne, qui ne se pouvoit mieux affermir que par sa propre main, il n'y a personne qui ne puisse apercevoir la suitte de tout ce grand prix, & qui ne veuille admirer que V. M. aye voulut, que le bien public regnast plus absolument sur elle, qu'elle n'a desiré de regner sur ses sujects. Ce coup neanmoins est si hardy, qu'il estonnera tous ceux qui ne sçauent pas, que la retraicte que V. M. se prepare est plus grande que tous les Royaumes de la terre, & qu'elle a dans son estendüe des tresors inepuissables de bonheur & de joye. C'est ce que je voudrois pouvoir expliquer avec cette force & cette lumiere, qui esclatte en la lettre de V. M. puisque je ne la puis donner à personne par communication, pource qu'elle m'y traitte plus honorablement que je ne merite mais bien que je ne me puisse pas faire entendre avec cette vigueur, l'effect n'en sera pas moindre, car la cognoissance de ces choses touttes divines est un feu, que chacun ne prend pas selon la grandeur du flambeau, qui l'embraze; mais à cette petite est[e]incelle, que Dieu m'a fait la grace de mettre dans mon ame, & que V. M. a recueillye, je puis allumer de grandes flammes dans l'esprit de ceux, qui sont nez à brusler de ce beau feu, & pour les autres la lettre de V. M. qui est tout dire, ne les eschaufferoit pas. Je ne prens pas garde en escrivant cecy que V. M. ne desire point de nous ces services, & qu'elle s'est mise au dessus de tous nos jugemens. Mais si elle ne les agrée pas pour elle, je la suplie tres humblement, qu'elle me les permette pour ma satisfaction, car je me condamnerois comme un ingrat, & me tiendrois pour un malheureux, s'il se passoit un moment de ma vie, ou je ne fusse pas dispozé de faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour estre en effect &c.

With modernised spelling:

Madame,
La lettre que Votre Majesté s'est donnée la peine de m'écrire m'a surpris d'une telle admiration que de longtemps je ne serai capable d'y répondre avec la liberté que Votre Majesté a toujours permise à ses serviteurs. Tout y est grand et majestueux, il n'y a rien en particulier qui ne force mon esprit à y donner son consentement. Mais, quand je me trouve à la fin transporté si loin de la route ordinaire des sentiments communs, je retournerais volontiers sur mes pas pour reconnaître si je ne me suis point de tourné. C'est ma faiblesse, Madame, que Votre Majesté n'a pas eu seulement la bonté de dissimuler en cette lettre, dont il lui a plu m'honorer, mais elle m'a voulu rendre complice de la hauteur de ses pensées.

Je parle ainsi pour ce que tout le monde tient pour des défauts les vertus qu'il ne connaît pas comme pour des offenses les bienfaits qu'il ne peut connaître. Je ne refuserais pas d'être chargé de quelque part de cette illustre accusation en la plus célèbre cause que le monde ait jamais examinée, s'il était vrai que je méritasse cette gloire. Mais Votre Majesté sait que j'ai bien osé devant elle soutenir le parti des opinions vulgaires et que je lui ai souvent avoué que sa présence et ses discours me faisaient voir la vertu d'un air que je n'avais jamais connue.

Mon seul partage dans le grand dessein de Votre Majesté, qui exerce le jugement de toutes les nations, puisqu'elle veut bien que l'on sache qu'elle a eu la bonté de me le communiquer, est de témoigner partout où je serai que la première et la plus forte considération qui a porté Votre Majesté à former cette pensée est le bien de ses sujets et la sûreté de son État, en prevenant les confusions et les partialités difficiles à éviter après le décède de princes souverains, qui sont considérés comme les derniers de la maison royale.

C'est le motif qu'il a plu à Votre Majesté de me découvrir il y a près de six ans, ayant l'honneur de servir le Roi auprès elle et de cette première cause sont venues les résolutions que Votre Majesté a fait prendre à ses États pour l'établissement de Monsieur le prince de Suède, dont la prudence et la valeur étaient à Votre Majesté des cautions du bonheur avenir de son royaume et faisaient voir à tout le monde qu'un choix si judicieux ne pouvait partir que de l'amour de Votre Majesté pour ses peuples, de sorte que s'il arrive qu'elle veuille maintenant jouir elle-même du plaisir d'avoir effectivement donné une Couronne à Monsieur le prince et un digne roi à ses bons sujets, établissant en sa présence un trône qui ne se pouvait mieux affermir que par sa propre main. Il n'y a personne qui ne puisse apercevoir la suite de tout ce grand prix et qui ne veuille admirer que Votre Majesté ait voulu que le bien public régnât plus absolument sur elle qu'elle n'a désiré de régner sur ses sujets.

Ce coup néanmoins est si hardi qu'il étonnera tous ceux qui ne savent pas que la retraite que Votre Majesté se prépare est plus grande que tous les royaumes de la terre, et qu'elle a dans son étendue des trésors inépuisables de bonheur et de joie. C'est ce que je voudrais pouvoir expliquer avec cette force et cette lumière, qui éclate en la lettre de Votre Majesté, puisque je ne la puis donner à personne par communication, pource qu'elle m'y traite plus honorablement que je ne mérite. Mais, bien que je ne me puisse pas faire entendre avec cette vigueur, l'effet n'en sera pas moindre, car la connaissance de ces choses toutes divines est un feu que chacun ne prend pas selon la grandeur du flambeau qui l'embrasse. Mais, à cette petite éteincelle que Dieu m'a fait la grâce de mettre dans mon âme et que Votre Majesté a recueillie, je puis allumer de grandes flammes dans l'esprit de ceux qui sont nés à brûler de ce beau feu, et pour les autres la lettre de Votre Majesté, qui est tout dire, ne les échaufferait pas.

Je ne prends pas garde en écrivant ceci que Votre Majesté ne désire point de nous ces services, et qu'elle s'est mise au-dessus de tous nos jugements. Mais si elle ne les agrée pas pour elle, je la supplie très humblement qu'elle me les permette pour ma satisfaction, car je me condamnerais comme un ingrat et me tiendrais pour un malheureux s'il se passait un moment de ma vie, où je ne fusse pas disposé de faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour être en effet, etc.

Arckenholtz's transcript of the letter:

Madame
La lettre que Votre Majesté s'est donnée la peine de m'écrire de Vesteråhs m'a surpris d'une telle admiration, que de long tems je ne serai capable d'y répondre avec la liberté que V. Majesté a toûjours permise à ses Serviteurs. Tout y est grand & Majestueux, il n'y a rien en particulier qui ne force mon esprit à y donner son consentement; mais quand je me trouve à la fin transporté si loin de la route ordinaire des sentimens communs, je retournerois volontiers sur mes pas, pour reconnoître si je ne me suis point détourné. C'est ma foiblesse, Madame, que V. M. n'a pas seulement eu la bonté de dissimuler en cette lettre dont il lui a plû m'honnorer; mais elle m'a voulu rendre complice de la hauteur de ses pensées. Je parle ainsi, pource que le monde tient pour des défauts les vertus qu'il ne connoit pas, comme pour des offenses les bienfaits qu'il ne peut reconnoître. Je ne refuserois point d'être chargé de quelque part de cette illustre accusation en la plus célèbre cause que le monde ait jamais éxaminée, s'il étoit vrai que je méritasse cette gloire: mais V. M. sait que je n'ai été que le spectateur; Elle reconnoit que j'ai bien osé devant elle soutenir le parti des opinions vulgaires, & que je lui ai souvent avoué que sa présence & ses discours me faisoient voir la vertu d'un air que je n'avois jamais connu. Mon seul partage dans le grand dessein de V. M. qui éxerce le jugement de toutes les Nations, puisqu'elle veut bien que l'on sache qu'elle a eu la bonté de me le communiquer, est de témoigner partout, où je serai, que la prémière & plus forte considération, qui a porté V. M. à former cette pensée, a été le bien de ses Sujèts & la sûreté de son Etat, en prévenant les confusions & les partialités difficiles à éviter après les décès des Princes souverains, qui sont considérés comme les derniers de la Maison Roïale. C'est le motif qu'il plut à Votre Majesté de me découvrir il y a près de six ans, aïant l'honneur de servir le Roi, auprès d'Elle, & de cette première cause sont venuës ensuite les résolutions que V. M. a fait prendre à ses Etats, pour l'établissement de Monsieur le Prince de Suède, dont la Prudence & la Valeur étoient à V. M. des cautions du bonheur avenir de son Roïaume, & faisoient voir à tout le monde qu'un choix si judicieux ne pouvoit partir que de l'amour de V. M. pour ses peuples, de sorte que s'il arrive qu'Elle veuille maintenant jouir elle-même du plaisir d'avoir effectivement donné une Couronne à Monsieur le Prince & une digne Roi à ses bons Sujèts, établissant en présence un Trône qui ne se pouvoit mieux affermir que par sa propre main; il n'y a personne qui ne puisse apperçevoir la suite de tout ce grand projèt, & qui ne doive admirer que Votre Majesté, aïant voulu que le bien public régnât plus absolument sur elle, qu'elle n'a desiré de régner sur ses Sujèts. Ce coup néanmoins est si hardi, qu'il étonnera tous ceux qui ne savent pas que la retraite, que V. M. se prépare, est plus grande que tous les Roïaumes de la Terre, & qu'elle a dans son ame des trésors inépuisables de bonheur & de joïe. C'est ce que je voudrois leur pouvoir expliquer, avec cette force & cette lumière qui éclate en la lettre de V. M. puisque je ne la puis donner à personne par communication, pour ce qu'elle m'y a traité plus honorablement que je ne mérite en vérité: mais bien que je ne me puisse pas faire entendre avec cette vigueur, l'effèt n'en sera pas moindre, car la connoissance de ces choses toutes Divines est un feu que chacun ne prend pas selon la grandeur du flambeau qui l'embrasse; mais à mesure qu'il est capable lui-même de le conçevoir; desorte qu'avec cette petite étincelle, que Dieu m'a fait la grace de mettre dans mon ame, & que V. M. a réveillée, je puis allumer de grandes flammes dans les esprits de ceux qui sont nés à bruler de ce beau feu. Et pour les autres, la lettre même de V. M. qui est tout dire, ne les échaufferoit pas. Je ne prends pas garde en écrivant ceci, que Votre Majesté ne desire point de nous ces services, & qu'elle s'est mise au-dessus de tous nos jugemens; mais si elle ne les agrée pas pour elle, je la supplie très-humblement qu'elle me les permette pour ma satisfaction, car je me condamnerois comme un ingrat, & je me tiendrois pour un malheureux, s'il se passoit un moment de ma vie où je ne fusse pas disposé de faire tout ce qui sera en mon pouvoir, pour être en effèt.
Madame
de Votre Majesté
Le très-humble, très-obéissant & très-fidèle Serviteur
CHANUT.
à la Haye ce 2. Mars 1654.

English translation (my own):

Madame,
The letter which Your Majesty took the trouble to write to me from Västerås surprised me with such admiration that for a long time I will not be able to answer it with the freedom which Your Majesty has always allowed your servants. Everything in it is grand and majestic, there is nothing in particular that does not force my mind to give its consent. But when I find myself at the end transported so far from the ordinary road of common feelings, I would gladly retrace my steps, to recognise if I have not turned away.

It is my weakness, Madame, that Your Majesty has not only had the goodness to conceal in this letter with which it has pleased you to honour me, but you wanted to make me an accomplice in the height of your thoughts. I speak thus, because the world regards the virtues which it does not know as faults as the benefits which it cannot recognise as offenses. I would not refuse to be charged from somewhere with this illustrious accusation in the most famous cause that the world has ever examined, if it were true that I deserved this glory. But Your Majesty knows that I have only been the spectator. You recognise that I have dared in front of you to support the party of vulgar opinions, and that I have often confessed to you that your presence and your speeches made me see virtue in an air I had never known. My only share in the great design of Your Majesty, who exercises the judgment of all nations, since you want people to know that you were kind enough to communicate it to me, is to testify wherever I will be, that the first and strongest consideration which led Your Majesty to form this thought was the good of your subjects and the safety of your State, by preventing the confusions and the partialities difficult to avoid after the deaths of sovereign princes who are considered the last of the royal house. This is the reason why Your Majesty pleased to reveal it to me almost six years ago, having the honour of serving the King, near you, and from this first cause then came the resolutions that Your Majesty made your Estates take, for the establishment of the Prince of Sweden, whose prudence and valour for Your Majesty guarantees for the future happiness of your kingdom, and made everyone see that such a judicious choice could only start from the love of Your Majesty for your people, so that if it happens now that you yourself wish to enjoy the pleasure of having actually given a crown to the Prince and a worthy king to your good subjects, establishing in presence a throne which could not be better established than by your own hand. There is no one who cannot see the result of all this great project, and who must not admire that Your Majesty, having wanted the public good to reign no longer absolutely over you, than you did not desire to reign over your subjects.

This blow, however, is so bold that it will astonish all those who do not know that the retreat which Your Majesty is preparing is greater than all the kingdoms of the earth, and that it has in its soul inexhaustible treasures of happiness and joy. This is what I would like them to be able to explain, with that force and that light which shines in Your Majesty's letter since I cannot give it to anyone by communication, for how you treated me there more honourably than I did not deserve in truth; but although I cannot make myself hear of these all divine things, that is a fire which each one does not take according to the size of the torch which embraces it. But as it is itself capable of conceiving it, so that with this little spark, which God has granted me the grace to put in my soul, and which Your Majesty has awakened, I can light great flames in the minds of those who are born to burn with this beautiful fire. And for the others, the very letter from Your Majesty, which says it all, would not excite them. I am not taking care in writing this that Your Majesty does not desire these services from us, and that you have placed yourself above all our judgments; but if you do not agree with them for you, I beg you most humbly to allow them to me for my satisfaction, for I would condemn myself as an ingrate, and I would consider myself an unhappy person, if there was not a moment my life where I was not willing to do everything in my power, to be in effect,
Madame,
Your Majesty's
Most humble, most obedient and most faithful servant
Chanut.
at The Hague, March 2, 1654.

Swedish translation of the original (my own):

Från Haag, den sista dag mars 1654.
Madam,
Brevet som Ers Majestät tagit sig besväret att skriva till mig från Västerås har förvånat mig med sådan beundran att jag länge inte kommer att kunna svara på det med den frihet Ers Majestät alltid låtit Era tjänare. Allt däri är storslaget och majestätiskt, det finns inget särskilt som inte tvingar mitt sinne att ge sitt samtycke till det; men när jag äntligen befinner mig så långt bort från vanliga känslornas vanliga väg, skulle jag gärna gå tillbaka för att upptäcka om jag inte har vänt mig åt sidan.

Det är min svaghet, madam, som Ers Majestät icke blott har haft snällheten att dölja i detta brev varmed Ni behagat hedra mig, utan Ni har velat göra mig till medbrottsling i Era tankars höghet. Jag talar så därför att världen har för brister de dygder som den inte känner till, liksom den har för kränkningar de fördelar som den inte kan erkänna. Jag skulle inte vägra att bli åtalad någonstans för denna lysande anklagelse i det mest berömda fall som världen någonsin har övervägt om det var sant att jag förtjänade denna ära, men Ers Majestät vet att jag bara har varit åskådaren. Ni inser att jag framför Er vågade stödja vulgära åsikter och att jag ofta har erkänt för Er att Er närvaro och Era diskurser har fått mig att se fördelen med en luft som jag aldrig hade känt.

Min enda del i Ers Majestäts stora plan, som utövar alla folks dom, eftersom Ni vill att det skall vara känt att Ni har haft godheten att meddela mig det, är att vittna, varhelst jag kommer att höras, att första och starkaste hänsyn som fick Ers Majestät att bilda sig denna tanke var Era undersåtars bästa och Er stats säkerhet, vilket förhindrade de förvirringar och partiskheter som är svåra att undvika efter döden av de suveräna furstar som anses vara de sista av konungahuset.

Detta är anledningen som det behagade Ers Majestät att upptäcka för mig för nästan sex år sedan, med äran att tjäna Konungen hos Er; och av denna första orsak kom de beslut som Ers Majestät lät Era Ständer anta till Sveriges prins, vars klokhet och tapperhet var Ers Majestät borgen för Ers rikes framtida lycka och lät alla inse, att ett sådant klokt val kunde utgå bara från Ers Majestäts kärlek till Ert folk; så att Ni, om det händer att Ni nu själv vill njuta av nöjet att faktiskt ha givit en krona till prinsen och en värdig konung till Era goda undersåtar, genom att inför hans närvaro upprätta en tron ​​som inte kunde etableras bättre än av hennes egen hand. Det finns ingen som inte kan se resultatet av allt detta stora projekt och som inte får beundra att Ers Majestät har velat att allmännyttan skall regera mer absolut över er än Ni har önskat att regera över Era undersåtar.

Detta slag är emellertid så djärvt att det kommer att förvåna alla dem som icke vet att den reträtt som Ers Majestät förbereder åt Er är större än alla jordens riken, och att Ni i Er själ har outtömliga skatter av lycka och  glädje. Detta är vad jag skulle vilja kunna förklara för dem, med denna kraft och detta ljus som lyser i Ers Majestäts brev, eftersom jag inte kan ge det till någon genom meddelande, eftersom Ni däri har behandlat mig hederligare än jag verkligen förtjänar. Men, fastän jag icke kan göra mig hörd med denna kraft, blir effekten icke mindre, ty kunskapen om dessa alla gudomliga ting är en eld, som var och en inte tar efter storleken på den fackla, som omfamnar honom; men som han själv kan föreställa sig det, så att jag med denna lilla gnista som Gud har givit mig nåden att lägga i min själ och som Ers Majestät har väckt kan tända stora lågor i andarna hos dem som är födda att brinna med denna vackra eld. Och för de andra skulle Ers Majestäts brev, som säger allt, inte upphetsa dem.

Jag bryr mig inte när jag skriver detta att Ers Majestät inte önskar dessa tjänster av oss och att Ni har satt Er själv över alla våra domar, men om Ni inte accepterar dem själva, ber jag Er mycket ödmjukt att Ni tillåter dem för min tillfredsställelse. Ty jag skulle döma mig själv som otacksam, och jag skulle betrakta mig själv som en stackare, om det skulle komma en tid i mitt liv då jag inte var villig att göra allt som stod i min makt för att vara i kraft,
Madam,
Ers Majestäts
ödmjukaste, lydigaste och trognaste tjänare
Chanut.

English translation of the original (my own):

From The Hague, the last day of March 1654.
Madame,
The letter Your Majesty has taken the trouble to write me from Västerås has surprised me with such admiration that for a long time I will not be able to reply to it with the freedom Your Majesty has always allowed your servants. Everything there is grand and majestic, there is nothing in particular that does not compel my mind to give its consent to it; but when I find myself at last transported so far from the ordinary route of common feelings, I would gladly retrace my steps to discover whether I have not turned aside.

It is my weakness, Madame, which Your Majesty has not only had the kindness to conceal in this letter with which you have been pleased to honour me, but you have wanted to make me an accomplice in the loftiness of your thoughts. I speak thus because the world holds for defects the virtues which it does not know, as it holds for offenses the benefits which it cannot recognise. I would not refuse to be charged somewhere with this illustrious accusation in the most famous case that the world has ever considered if it were true that I deserved this glory, but Your Majesty knows that I have only been the spectator. You recognise that I dared in front of you to support the side of vulgar opinions and that I have often confessed to you that your presence and your discourses have made me see the virtue of an air that I had never known.

My only share in the great design of Your Majesty, who exercises the judgment of all nations, as you want it to be known that you have had the goodness to communicate it to me, is to testify, wherever I will be heard, that the first and strongest consideration which led Your Majesty to form this thought was the good of your subjects and the security of your state, preventing the confusions and partialities which are difficult to avoid after the deaths of those sovereign princes who are considered as the last of the royal house.

This is the reason which it pleased Your Majesty to discover to me nearly six years ago, having the honour of serving the King near you; and from this first cause came the resolutions that Your Majesty made your Estates adopt for the establishment of the Prince of Sweden, whose prudence and valour were to Your Majesty sureties for the future happiness of your kingdom and made everyone see that such a judicious choice could only start from Your Majesty's love for your people; so that, if it happens that you now wish to enjoy for yourself the pleasure of having actually given a crown to the Prince and a worthy King to your good subjects, establishing in his presence a throne which could not be better established than by her own hand. There is no one who cannot see the outcome of all this great project and who must not admire that Your Majesty has wanted the public good to reign more absolutely over you than you have desired to reign over your subjects.

This blow, however, is so bold that it will astonish all those who do not know that the retreat which Your Majesty is preparing for yourself is greater than all the kingdoms of the earth, and that you have in your soul inexhaustible treasures of happiness and joy. This is what I would like to be able to explain to them, with this force and this light which shines in Your Majesty's letter, as I cannot give it to anyone by communication, because you have treated me more honourably therein than I truly deserve. But, although I cannot make myself heard with this vigour, the effect will not be less, for the knowledge of these all divine things is a fire which each one does not take according to the size of the torch which embraces him; but as he himself is able to conceive it, so that, with this little spark which God has given me the grace to put in my soul and which Your Majesty has awakened, I can kindle great flames in the spirits of those who are born to burn with this beautiful fire. And for the others, Your Majesty's letter itself, which says it all, would not excite them.

I take no heed in writing this that Your Majesty does not desire these services from us and that you have placed yourself above all our judgments, but if you do not accept them for yourself, I beg you very humbly that you permit them for my satisfaction. For I would condemn myself as ungrateful, and I would consider myself a wretch, if there should come a time in my life when I were not willing to do all in my power to be in effect,
Madame,
Your Majesty's
most humble, most obedient and most faithful servant
Chanut.


Above: Kristina.

Pierre Hector Chanut's letter to Kristina on her intention to abdicate, dated January 31/February 10 (New Style), 1654

Sources:

Recüeil des harangues qui ont esté faites à la reyne de Suede, pages 202 to 205, published by Claude Bardin, 1660


Mémoires de ce qui s'est passé en Suède, volume 3, page 280, Pierre Hector Chanut, 1675


Monumenta varia inedita variisque linguis conscripta, volume 2, pages 66 to 67, by Joachim Friedrich Feller, 1714


Mémoires concernant Christine, volume 1, page 395, Johan Arckenholtz, 1751


Kristina's response to this letter:


The letter:

De la Haye le 10. Feurier 1654.
MADAME,
Pendant que le bruit qui s'est respandu par tout, que VOSTRE MAIESTÉ pense à se décharger du gouuernement de son Royaume exerce les discours des hommes, ie n'en puis parler auec ceux qui en raisonnent en indifferent, comme d'vn probléme politique, n'y m'en taire deuant VOSTRE MAIESTÉ dont l'honneur & la gloire sont les plus precieux interests que i'aye au monde. I'auouë, MADAME, la foiblesse de mon Ame, & ie l'auouë sans honte, voyant que tous les autres, & ceux particulierement qui font profession d'honorer VÔTRE MAIESTÉ, ne pensent qu'auec frayeur à vn dessein si extraordinaire. Ie suis saisi d'estonnement & de crainte, lors que ie me represente la suite incertaine d'vne si haute resolution, mais ie reuiens de mon apprehension, & ie me r'affermis sur ces deux considerations; l'vne est que VOSTRE MAIESTÉ se connoist elle-mesme, & toutes les choses humaines, plus parfaitement que nous ne le sçaurions comprendre.

Non ulla futuri
O Virgo noua te facies inopinaue terret.

L'autre que ie sçay, & ie le sçay pource que VOSTRE MAIESTÉ me l'a dit, qu'elle se laissera tousiours conduire aux mouuemens de la Prouidence Diuine, qui veille sur ceux qui luy soûmettent leurs Conseils, pour les plier & les tourner en sorte que les éuenemens en soient tousiours heureux. C'est, MADAME, ce qui m'assure à l'esgard de VOSTRE MAIESTÉ, que ie regarde seule en ce changement qu'elle medite, car il n'en peut arriuer en la deuotion & au respect que i'ay pour elle. Mes obligations sont pures, sans temps & sans condition, il n'y aura iamais de diuersité qu'aux manieres dont il plaira à VOSTRE MAIESTÉ, d'vser de mon obeïssance, qui ne peut ny diminuer, ny croistre en Zele & en Fidelité; Ie suis,
MADAME,
De Vostre Majesté,
Le tres-humble, tres-obeïssant
& tres-fidele seruiteur,
CHANVT.

With modernised spelling:

De la Haye, le 10 février 1654.
Madame,
Pendant que le bruit qui s'est répandu partout que Votre Majesté pense à se décharger du gouvernement de son royaume exerce les discours des hommes, je n'en puis parler avec ceux qui en raisonnent en indifférent comme d'un problème politique, Ni m'en taire devant Votre Majesté dont l'honneur et la gloire sont les plus précieux intérêts que j'aie au monde. J'avoue, Madame, la faiblesse de mon âme; et je l'avoue sans honte, voyant que tous les autres, et ceux particulièrement qui font profession d'honorer Votre Majesté ne pensent qu'avec frayeur à un dessein si extraordinaire. Je suis saisi d'étonnement et de crainte lorsque je me représente la suite incertaine d'une si haute résolution, mais je reviens de mon appréhension, et je me raffermis sur ces deux considérations: l'une est que Votre Majesté se connaît elle-même et toutes les choses humaines plus parfaitement que nous ne le saurions comprendre.

Non ulla futuri,
O Virgo, nova te facies inopinave terret.

L'autre que je sais, et je le sais, pource que Votre Majesté me l'a dit qu'elle se laissera toujours conduire aux mouvements de la Providence Divine, qui veille sur ceux qui lui soumettent leurs conseils pour les plier et les tourner en sorte que les événements en soient toujours heureux. C'est, Madame, ce qui m'assure à l'égard de Votre Majesté que je regarde seule en ce changement qu'elle médite, car il n'en peut arriver en la dévotion et au respect que j'ai pour elle. Mes obligations sont pures, sans temps et sans conditions. Il n'y aura jamais de diversité qu'aux manières dont il plaira à Votre Majesté d'user de mon obéissance, qui ne peut ni diminuer, ni croître en zèle et en fidélité. Je suis,
Madame,
de Votre Majesté
le très humble, très obéissant
et très fidèle serviteur
Chanut.

Chanut's transcript of the letter:

MADAME,
Pendant que le bruit qui s'est respandu par tout, que Vostre Majesté pense à se descharger du Gouvernement de son Royaume, exerce tous les discours des hommes, je n'en puis parler avec ceux qui en raisonnent en indifferends, comme d'un probleme politique, ni m'en taire devant vostre Majesté, dont le bon-heur, & la gloire sont les plus precieux interests de ma joye du monde; j'avouë, Madame, la foiblesse de mon ame, & je l'avouë sans honte, voyant que tous les autres, & ceux principalement qui font profession d'honorer vostre Majesté ne pensent qu'avec frayeur à un dessein si extraordinaire, je suis saisi d'étonnement, & de crainte, lorsque je me represente la suite incertaine d'une si haute resolution; mais je reviens de mes apprehensions, & je me raffermis sur ces deux considerations, l'une que vostre Majesté se connoist elle-mesme, & toutes les choses humaines plus parfaitement que nous ne le sçaurions comprendre; L'autre que je sçais, & je le sçais, parce que vostre Majestè me l'a dit, qu'elle se laissera tousiours conduire aux mouvemens de la Providence Divine, qui veille sur ceux qui lui soumettent leurs conseils pour les plier, & les tourner, en sorte que les evenemens en soient tousiours heureux; c'est Madame, ce qui m'asseure à l'esgard de vostre Majesté, que je regarde seule en ce changement, qu'elle medite: car de ma part il n'en peut arriver en la devotion, & au respect que j'ay pour elle, mes obligations sont pures, sans temps, & sans condition, & il ne peut arriver de diversité, qu'aux manieres, dont il plaira à vostre Majesté d'user de mon obeissance, qui ne peut ni croistre, ni diminuer en zele, & en fidelité. Ie suis,
MADAME,
De vostre Majesté,
Le tres-humble, tres-obeissant,
& tres-obligé serviteur,
CHANVT.

With modernised spelling:

Madame,
Pendant que le bruit qui s'est répandu partout que Votre Majesté pense à se décharger du gouvernement de son royaume exerce tous les discours des hommes, je n'en puis parler avec ceux qui en raisonnent en indifférence comme d'un problème politique, ni m'en taire devant Votre Majesté, dont le bonheur et la gloire sont les plus précieux intérêts de ma joie du monde. J'avoue, Madame, la faiblesse de mon âme; et je l'avoue sans honte, voyant que tous les autres, et ceux principalement qui font profession d'honorer Votre Majesté ne pensent qu'avec frayeur à un dessein si extraordinaire.

Je suis saisi d'étonnement et de crainte lorsque je me représente la suite incertaine d'une si haute résolution; mais je reviens de mes appréhensions, et je me raffermis sur ces deux considérations: l'une, que Votre Majesté se connaît elle-même et toutes les choses humaines plus parfaitement que nous ne le saurions comprendre. L'autre que je sais, et je le sais, parce que Votre Majesté me l'a dit qu'elle se laissera toujours conduire aux mouvements de la Providence Divine, qui veille sur ceux qui lui soumettent leurs conseils pour les plier et les tourner, en sorte que les événements en soient toujours heureux. C'est, Madame, ce qui m'assure à l'égard de Votre Majesté que je regarde seule en ce changement qu'elle médite; car, de ma part, il n'en peut arriver en la dévotion et au respect que j'ai pour elle. Mes obligations sont pures, sans temps et sans conditions, et il ne peut arriver de diversité qu'aux manières dont il plaira à Votre Majesté d'user de mon obéissance, qui ne peut ni croître, ni diminuer en zèle et en fidélité. Je suis,
Madame,
de Votre Majesté
Le très humble, très obéissant
et très obligé serviteur,
Chanut.

Feller's transcript of the letter:

Madame.
Pendant que le bruit, qui s'est repandu par tout, que V. M. pense à se decharger du Gouvernement de son Royaume, exerce les discours des hommes, je n'en puis parler avec ceux, qui en raisonnent en difference, comme d'un probleme politique, ny m'en taire devant V. M. dont l'honneur & la gloire sont les plus precieux Interets que j'aye au monde. J'advouë, Madame, la foiblesse de mon ame, & je l'advouë sans honte, voyant que tous les autres, & ceux particulierement, qui font profession d'honorer V. M. ne pensent qu'avec frayeur à un dessein si extraordinaire. Je suis saisy d'étonnement & de crainte, lorsque je me represente la suite incertaine d'une si haute resolution, mais je reviens de mes apprehensions, & je me raffermis sur ces deux considerations; L'une est, que V. M. se cognoist elle mesme, & touttes les choses humaines plus parfaitement que nous ne le sçaurions comprendre non ulla malorum ò Virgo, nova te facies inopinave terret: L'autre, que je sçais pour ce que V. M. me l'a dit, qu'elle se laisseroit toujours conduire aux mouvemens de la providence divine, qui veillent sur ceux, qui luy sousmettent leurs conseils pour les plier & les former en sorte, que les evenemens en soyent toujours heureux. C'est Madame ce qui m'assure à l'esgard de V. M. que je regarde seulle en ce changement qu'elle medite, car il n'en peut arriver en la devotion & au respect que j'ay pour elle: mes obligations sont pures sans tems & sans condition, il n'y aura jamais de diversité qu'aux manieres, dont il plaira à V. M. d'user de mon obeissance, qui ne peut diminuer ny croistre en zele & en fidelité, je suis &c.

With modernised spelling:

Madame,
Pendant que le bruit qui s'est répandu partout que Votre Majesté pense à se décharger du gouvernement de son royaume, exerce les discours des hommes, je n'en puis parler avec ceux qui en raisonnent en différence comme d'un probleme politique, ni m'en taire devant Votre Majesté, dont l'honneur et la gloire sont les plus precieux intérêts que j'aie au monde. J'avoue, Madame, la faiblesse de mon âme, et je l'avoue sans honte, voyant que tous les autres, et ceux particulièrement qui font profession d'honorer Votre Majesté ne pensent qu'avec frayeur à un dessein si extraordinaire.

Je suis saisi d'étonnement et de crainte lorsque je me représente la suite incertaine d'une si haute résolution, mais je reviens de mes appréhensions, et je me raffermis sur ces deux considérations. L'une est que Votre Majesté se connaît elle-même et toutes les choses humaines plus parfaitement que nous ne le saurions comprendre. Non ulla malorum, o Virgo, nova te facies inopinave terret.

L'autre, que je sais pource que Votre Majesté me l'a dit, qu'elle se laisserait toujours conduire aux mouvements de la Providence Divine, qui veillent sur ceux qui lui soumettent leurs conseils pour les plier et les former, ensorte que les événements en soient toujours heureux. C'est, Madame, ce qui m'assure à l'égard de Votre Majesté que je regarde seule en ce changement qu'elle médite, car il n'en peut arriver en la dévotion et au respect que j'ai pour elle. Mes obligations sont pures, sans temps et sans condition. Il n'y aura jamais de diversité qu'aux manières, dont il plaira à Votre Majesté d'user de mon obéissance, qui ne peut diminuer ni croître en zèle et en fidélité. Je suis, etc.

Arckenholtz's transcript of the letter:

Madame
Pendant que le bruit, qui s'est répandu partout, que Votre Majesté pense à se décharger du Gouvernement de son Roïaume, éxerce les discours des hommes, je n'en puis parler avec ceux qui en raisonnent en indifférent, comme d'un problême politique, ni m'en taire devant Votre Majesté, dont l'honneur & la gloire sont les plus précieux intérêts que j'aïe du monde. J'avoue, Madame, la foiblesse de mon ame, & je l'avouë sans honte, voïant que tous les autres, & ceux particulièrement qui font profession d'honnorer V. M., ne pensent qu'avec fraïeur à un dessein si extraordinaire. Je suis saisi d'étonnement & de crainte lorsque je me représente la suite incertaine d'une si haute résolution, mais je reviens de mon apréhension, & je me raffermis sur ces deux considérations, l'une est que V. M. se connoit elle-même, & toutes les choses humaines plus parfaitement que nous ne le saurions comprendre.

- - - Non ulla futuri,
O Virgo, nova te facies inopinave terret.

L'autre que je sai, & je le sai pour ce que V. M. me l'a dit, qu'elle se laissera toûjours conduire aux mouvemens de la Providence Divine, qui veille sur ceux qui lui soumettent leurs conseils, pour les plier & les tourner ensorte que les événemens en soïent toûjours heureux. C'est, Madame, ce qui m'assure à l'égard de V. M. que je regarde seule en ce changement qu'elle médite, car il n'en peut arriver en la dévotion & au respect que j'ai pour elle. Mes obligations sont pures, sans tems & sans conditions, il n'y aura jamais de diversité qu'aux manières dont il plaira à Votre Majesté d'user de mon obéissance, qui ne peut ni diminuer, ni croître en zèle & fidélité. Je suis.
Madame
de Votre Majesté
Le très-humble, très-obéissant & très-fidèle Serviteur
CHANUT.
à la Haye ce Janvier 1654.

English translation (my own):

Madame,
While the rumour, which has spread everywhere, that Your Majesty is thinking of relieving yourself of the government of your kingdom exercises the speeches of men, I cannot speak of it with those who reason indifferently, as of a political problem, nor can I keep silent before Your Majesty, whose honour and glory are the most precious interests that I have in the world. I admit, Madame, the weakness of my soul; and I admit it without shame, seeing that all the others, and particularly those who profess to honour Your Majesty, think with fear of such an extraordinary design. I am seized with astonishment and fear when I imagine the uncertain result of such a high resolution, but I return from my apprehension, and I strengthen myself on these two considerations: one is that Your Majesty knows yourself and all human things more perfectly than we could understand.

- - - Non ulla futuri,
O Virgo, nova te facies inopinave terret.

The other one I know, and I know it for what Your Majesty has told me, that you will always allow yourself to be led to the movements of divine Providence, which watches over those who submit their advice to it, to bend them and turn them around ensures that events are always happy. This, Madame, is what assures me with regard to Your Majesty that I am looking alone in this change which you are meditating, for it cannot happen in the devotion and respect that I have for you. My obligations are pure, timeless and without conditions, there will never be any diversity except in the ways in which Your Majesty will please to use my obedience, which can neither diminish nor increase in zeal and fidelity. I am
Your Majesty's
Most humble, most obedient and most faithful servant
Chanut.
from The Hague, January 1654.

Swedish translation of the original (my own):

Haag, den 10 februari 1654.
Madam,
Medan ryktet som har spridits överallt att Ers Majestät funderar på att avsätta Ert rikes regering utövar människors tal, kan jag inte tala om det med dem som resonerar likgiltigt om det som ett politiskt problem, och jag kan inte heller hålla tyst om det innan. Ers Majestät, vars ära och ära är de dyrbaraste intressen jag har i världen. Jag bekänner, madam, min själs svaghet; och jag bekänner den utan skam, ty jag ser att alla andra, och särskilt de som bekänner sig att hedra Ers Majestät, bara tänker med rädsla för en sådan extraordinär dessäng. Jag grips av häpnad och rädsla när jag föreställer mig det osäkra resultatet av ett så högt beslut, men jag återhämtar mig från min oro, och jag stärker mig på dessa två överväganden: den ena är att Ers Majestät känner sig själv och alla mänskliga ting bättre än vi kan förstå.

Non ulla futuri,
O Virgo, nova te facies inopinave terret.

Den andra saken som jag vet, och jag vet det, eftersom Ers Majestät sade till mig att Ni alltid vill låta Er ledas av den gudomliga försynens rörelser, som vakar över dem som ger sitt råd till den att böja och vända dem så  att händelser alltid är glada. Det är, madam, det som försäkrar mig med avseende på Ers Majestät att jag ser ensam på denna förändring som Ni mediterar, ty den inte kan ske i den hängivenhet och respekt som jag har för Er. Mina skyldigheter är rena, tidlösa och ovillkorliga. Det skall aldrig finnas mångfald utom på de sätt på vilka det behagar Ers Majestät att använda min lydnad, som varken kan minska eller öka i iver och trohet. Jag är,
Madam,
Ers Majestäts
ödmjukaste, lydigaste
och trognaste tjänare
Chanut.

English translation of the original (my own):

The Hague, February 10, 1654.
Madame,
While the rumour that has spread everywhere that Your Majesty is thinking of discharging the government of your kingdom exercises the speeches of men, I cannot speak of it with those who reason about it indifferently as a political problem, nor can I keep quiet about it before Your Majesty, whose honour and glory are the most precious interests I have in the world. I confess, Madame, the weakness of my soul; and I confess it without shame, seeing that all the others, and particularly those who profess to honour Your Majesty, only think with fear of such an extraordinary design. I am seized with astonishment and fear when I imagine the uncertain result of such a lofty resolution, but I recover from my apprehension, and I strengthen myself on these two considerations: one is that Your Majesty knows herself and all human things more perfectly than we can comprehend.

Non ulla futuri,
O Virgo, nova te facies inopinave terret.

The other thing that I know, and I do know it, because Your Majesty told me that you will always allow yourself to be led by the movements of Divine Providence, which watches over those who submit their advice to it to bend and turn them so that events are always happy. It is, Madame, what assures me with regard to Your Majesty that I look alone at this change that you are meditating, because it cannot happen in the devotion and respect that I have for you. My obligations are pure, timeless and unconditional. There will never be diversity except in the ways in which it pleases Your Majesty to use my obedience, which can neither diminish nor increase in zeal and fidelity. I am,
Madame,
Your Majesty's
most humble, most obedient
and most faithful servant
Chanut.


Above: Kristina.

King Charles II of England's letter to Axel Oxenstierna, dated January 29, 1649, and an excerpt from Kristina's reply to it

Source:

Mémoires concernant Christine, volume 1, page 380, Johan Arckenholtz, 1751


The letter:

Carolus Mæ. Brit:æ. Princeps, Dux Coinubiæ & Albaniæ. Ill:mo. & Excell:mo. D. Axelio Oxenstiernæ, Comiti Sudermanniæ Australis, Baroni in Kymitho, &c. Senatori regni, Sueciæ Cancellario &c. sal.

Ill:me D:ne perquam fidelem & perdilectum nobis Consanguineum nostrum, Comitem de Bainceford ad Ser:am Sueciæ Reginam, mandatis nostris instructum mittimus, cum in finem ut quo in loco res Angliæ sitæ sunt, apud suam M. exponat, & nostro nomine auxilium, in hisce quibus circumsepti sumus angustiis, imploret, ut populi inhumana rebellione ferocientis minas coërcere & consilia in Ser:mi Patris nostri coronam & caput intentata, sua benigna interpositione dirimere dignetur, hanc insuper prædicto Consanguineo nostro provinciam demandavimus, ut Vestram conveniat Excell:am & peramice roget, ut qua valet ipsa apud Ser:am Reginam gratia, eadem uti velit in promovendis rebus quat nostre vice à M:te sua petiturus est. Sic enim Excel:æ V:æ meritis maxime condigna, & ea conspicua virtute, singulari prudentia & humanitate præstabitis, quorum fama in toto orbe Christiano percrebuit, & ubi sese grati animi nostri testimonia, exhibendi ansa obtulerit, vices rependet Excell:æ V:æ ad omnia humanitatis officia paratus amicus
Apud Hagam Comitis
CAROLUS P.
XXIX. Januarii 1649.

The excerpt from Kristina's reply:

Perculit quam vehementissime animum nostrum & ineffabili dolore pectus nostrum adfecit tam tristis & funestus nuncius facinoris, inaudito prioribus seculis exemplo commissi & illatarum Regi cruentarum manuum: cujus horrendi facti atrocitatem &c. Nunc cum eo insolentiæ progressi fint, ut se Principis sui vitæ ad indignum plane modum arbitros statuerint, viderint ipsi, quam iram Numinis divini & quas pœnas perpetratæ cædis in se posterosque suos traxerint &c. &c.


Above: Kristina.


Above: King Charles II of England.


Above: Axel Oxenstierna.

The regency council's account to Kristina of their government during her minority years, dated November 1644

Source:

Handlingar rörande Skandinaviens historia, volume 21, page 198, Elméns och Granbergs Tryckeri, 1836


The letter:

Stoormächtigste Drottning,
Allernådigste Fröken!
E. K. M:ts Högtährade Elskelige käre Her Faders, fordom wår allernådigste Konungs och Herres dödelige frånfälle hafwer högeligen bedröfwat wårt k. Fädernesland, och alle des troogne Ständer och Inbyggiare, enkannerligen Oss, som wed den tijden blefwe brukade i Råådet, och efter Hans Sal. K. M:ts förordning och disposition uthi des frånwahru skulle sij Regeringen till goodo. Först därföre, att wij miste där wår goode Konung, des lijke wårt Fädernesland näppligen för detta regerat hafwer, huad heller man H. S. K. M:ts egne qualiteter och dygder, eller så hemma som uthrijkes bedriffter och föröfwade Heroiske acter och gärningar; eller hans kärlek och affection emoot Fäderneslandet i gemeen, så wäl som huart Stånd i synnerheet, besijr och öfwerwägar. Sedan så föll H. S. K. M:t Oss ifrån, den tijd Rijket war inweckladt i den swåre, wijdt uthseende och med månge Nationer, af åthskilligt humeur, intention och försätt blandade Tyske kriget, och resterade icke meera än halfftridie åhr till Stilleståndets uthlopp med Polniske Cronan, föruthan den fahra, som detta Rijket altijd af de andre Naboerne åhänger.

Fleere beswärligheeter må man för denne gången [för]tijga, allenast att Oss icke lijtet bedröfwade, och öökte Fäderneslandzens wederwärtigheeter, att S. K. M:t föll ifrån, medan E. K. M:t ännu war stadd i sin spääda barndom, och fördenskuld icke allenast icke kunde andra regera, men också måste af andra upfostrad warda, och det icke på en kort tijd, uthan i så månge åhr efter huar andra, och ibland så många wedervärdigheeter, som jn- och uthrijkes Fäderneslandet öfwerhängde, och så mycket högre äre till att wärdera, såsom wij, som härtill hafwe måst ståå Regeringen före, hafwe tagit wed det Regemente, som en sådan Heroisk Konung med een sådan stoor autoritet, förwärfwadt genom Guds milde behaag, sitt hööga Förstånd, Försichtigheet, Förfahrenheet och märckelige Lycko, för Oss fördt hade: anseendes att wår däremoot wärderade ringheet icke allenast hafwer fråtagit Oss nödtorfftig respect, uthan huilken intet Regemente fööras kan, Men där emoot förorsakat Oss åtskillige beswäär, mootstånd, förtreet och ialousie, uth- och jnrijkes. Myckenheeten också af dem, som Regeringen föra skulle, och af naturen till osämia är benägen och månge andre feel underkastat, Men likwäl hafwe för wichtige orsaker skulld måst obserueras, hafwer wårt beswär icke lijtet föröökat, så att när wi föruth samma wederwärtigheeter betrachtade, [wi] billigt hafwa burit skyy, att låta Oss med ett så fahrligt Regemente beläggia, och sedan wi där med woro belagde, altijd warit bekymbrade, och esom offtast icke wetat, huruledes i desse beswärlige tijder och E. K. M:ts mångåhrige omyndigheet, des Kongl. Högheet och Rätt, så ock Fäderneslandzens wälfärd emoot så månge stormwäder wäl woro till att erholla och bewahra. Serdeles i desse, som förbemält är, fahrlige tijder, så ock œrarii eller Dretzelens tome wilkohr.

Och endock detta företalde och huad meera härhoos wore at ihugkomma, Oss märckeligen hafwer grauerat, i begynnelsen dragit wåra tankar och resolution sär, månge hinder, som tijden förökat hafwer, inkastat, och Oss stutzige gjordt; Likwäl efter wij wäl wiste wår skyldigheet och plicht, wed sådan tijd att bewijsa wår trooheet och resolution till E. K. M:ts och Fäderneslandzens tienst uthi nöödztijd; wiste och wäl Hans Sal. K. M:ts intention och meening på sådane menniskelige händelser: kunde ock det wäl öfwerwäga, Oss uthi de Embeten, som Oss des föruthan förtrodde woro, icke wilia anståå, anten heelt att förlåta E. K. M:t och Fäderneslandet, eller låta dem i andres händer betroos, som annan intention hade än allenast E. K. M:t, såsom wår gode Konungs eendaste effterlembnade teelning och dotter, wid Dess Rijke och höögheet, och Fäderneslandet i des gode wälstånd att erholla; huarförutan ock, då Rijksens Ständer Annis 1633 och 1634 öfwer Regeringen och Förmynderskapet förordnade, och wåre personer därtill fordrade, jempte flere, som genom Guds Försyn och willie äre genom döden hädan kallade, så ock befallte och pålade Oss efter den af Sal. K. M:t proiecterade och den tijd af Ständerne bewilliade och goodkände Regeringsformen Rijket at styyra och des anlägne tarff och ährender att fatta och förrätta; [wij] hafwe satt tilbaakars alle andre betänkiande, ehurudane de ock kunde wara, och Oss wed samma tijd hinder inkastade, eller syyntes Oss framdeles att wela förorsaka fahrligheeter och beswär; och i samma stadh låtit wår skyldiga trooheet emoot E. K. M:t och Rijket allena hoos Oss gälla, och altså låtit Oss med Regements och Förmynderskaps byrdan beläggia; förlåtandes Oss först opå den högste Guds (:som all ting således hade disponerat af sitt outransakelige Rååd och willia:) hielp och bijstånd, sedan opå Ständernes samhälligheet och troogne assistence och cooperation, sampt undersåternes lydno och hörsamheet; Sist att wij också hafwe förlåtit Oss näst Gudh på E. K. M:ts egen goodheet och den förtröstning och tilförsicht wij om E. K. M:ts goode natur fattadt hade, att skola framdeles wåre åhängiande märkelige difficulteter och därhoos wår troogne intention och upsååt allernådigst behierta; och om af Oss något woro wäl giordt, taga det till behagh, Men hwar tijderne hade Oss något afpressadt, som fuller kunde önskas att wara bättre, eller af een och annan läto sig något notera uthi (:efter som man det näppligen i Rijksens roolige och lyckelige tilstånd, sedan under sådane wilkohr kan undwijka:) det med Nååder uptaga och effter wår intention och möijeligheeten, men icke effter någre jllwilliandes och afwundsmäns doom och goodtyckio uthtyyda. Äre altså med denne resolution trädde där till efter Ständernes eenhällige åstundan och befallning wedertagit de beswär och difficulteter nu i desse förledne tolff åhr, som anten wåre Embeten eller sielfwe Regeringen af sin egenskap äre ordinarie underkastade, eller för desse beswärlige tijder, som wij hafwe lefwat uthi, äre Oss anwuxne och påökade; och således fördt och uthärdadt under detta beswär allt in till denna daghen, att E. K. M:t nu är förmedelst dens högstes bijstånd wuxen och kommen till sine myndige åhr, kraffter, förstånd och wijsdoom, och kan altså genom dens Högstes Guds tillhielp erholla sielf sin Kongelige Höögheet och Rätt, styyra och regera sina undersåtare; bära sorg och åhoga om sins Rijkes och Lands conseruation och förswaar; och eliest allt det sielf förrätta, såsom een detta Rijkes laglige och ordentlige Christelige Konung med rätta bör, och med skähl wäl anståår. Däröfwer wij Oss enkannerligen aff hiertat hugne och E. K. M:t först och främst, sedan Fäderneslandet, des trogne Ständer, Vndersåter och Jnbyggiare till det högste gratulera, och så den högste Gudhen af hiertat bidie och önske att E. K. M:t i een lyckosam stund till sitt Rijkes Regering inträda, det således föra och uthföra måtte, att Guds helga Nampn därigenom blifwer ährat, hans ord reent och klaart uthspridt, hans Försambling här styrckt och stadfäst, och wijdare förwidgad, Fäderneslandet under E. K. M:ts Christlige och wijse Regemente stärckt, förbättradt och försäkradt warda måtte, så att E. K. M:t med good hälssa, wälmågo och respect länge lefwa, Seger öfwer sina fiender erholla, och sine förfäder, enkannerligen sin Elskelige Herfader i lycko och stoore loflige bedrifter, nampn och reputation till närwahrande och effterkommande, icke allenast lijk warda, uthan och wijda öfwergåå måtte. Huarföre wij också nu på alle Rijksens Ständers wägnar detta E. K. M:ts Arff-Rijkes Regering så fullkomligen afträde och öfwerantwarde i högste underdånigheet, såsom det Sweriges Konung effter Lagh och Rijksens Besluth tillståår och tillkommer, oförkortadt i Rätt och Rättigheeter, Land och gräntzer, såsom wij det efter E. K. M:ts Elskelige k. Herfaders dööd för Oss funnit och anammadt hafwe.

Så aldenstund Rijksens Regering Oss, som sagt är, således af Rijksens Ständer i E. K. M:ts omyndige åhr hafwer warit förtrodd och pålagd; wij också icke hafwe med skähl Oss kunnat derföre förwägra, och nu således hafwe den lyckan att få E. K. M:t des administration oförkortadt i egne händer. Så göre wij Oss den underdånigste förhoppning och hafwe fattadt den wisse tilförsicht, att E. K. M:t af det, som härtill är passeradt, allernådigst dömer wår staadige, ehuruwäl plichtige, trooheet och omsorg, som wij alle desse åhren hafwe burit för E. K. M:ts och Rijksens conseruation och wälstånd; Sedan betäncker desse tijderne och deras egenskap, som denne wår administration hafwer rååkat uthi, och fördenskuld med Nåder uptager huad giort är till E. K. M:ts gagn och bästa, och där något Oss genom Tijderne och deras hårde wilkohr wore afpressadt eller kunde annorlunda af andre menniskior uthtyydas, att E. K. M:t sådant icke Oss eller wårt upsååt, uthan nöden och tijdernes hårdheet och beswär wille tillskrifwa: och Oss först med sitt Kongl. quittobref allernådigst försee och försäkra, och blifwa Oss och wåre Effterkommande een Nådig Drotning, antaga wårt förswaar i alle billige och rättmätige saaker, såsom wij Oss där opå fullkomligen och ödmiukeligen förlåte och E. K. M:t däremoot efter wår skyldigheet opå wår trooheet och tienst både hafwe försäkrat och effter Lagh och seedwahna försäkra wele och skole, såsom Reedelige Männ och Råådspersoner anståår och wij tryggeligen inför Gudh, E. K. M:t och huar ährlig Mann wele wara till swaars för.

Det kunde fuller wara skähl att wij härmed upreppade och förtalde huad uthi wår warande administration är föreluppit, eenkannerligen de förnämbste ährender; Men effter de äre för widlyftige; Protocollen och Registraturerne, så ock publique Acterne wijse dem uth, huad som anten uthi Rijksdagerne och Möthen med Ständernes Rååd och Samtyckie är giort och skeedt, eller eliest med Rijksens Rååds Rååd företaget och passeradt, jnn- och vthrijkes med Ständerne, particulare personer, eller Communiteter, Naboer, Grannar, Bundsförwanter, Fiender till Lands och wattns, och allt detta icke låter sig således contrahera i een sådan Skrifft som denne bör wara, och E. K. M:t härmed i underdånigheet föredrages. Ty wele wij det allt ödmiukeligen hafwa ställt till de acter och documenter, som därom finnas tillstädes och under E. K. M:ts allernådigste correction och förbättring. Och wele därhoos underdånigst förmooda, det E. K. M:t sielf skall befinna det wij uthi allt så wijda wij hafwe kunnat, Oss hafwer anstådt, och Tijderne hafwa kunnat tåla, Oss hafwe winnlagt att föllia de consilier och desseiner efter, som S. K. M:t i sin lijfstijd sig hade föresatt och såsom itt Måål sig och sine Tienare föreställt.

Och ehuruwäl den krafft och eftertryck icke fans hoos Oss, så hafwe wij dock byggt opå samme grundwahl, så wijda det sig hafwer göra låtit, effter som i sådane fall den Regel måste obserueras, så frampt man wärcket wille befordra och icke sönderbryta.

Nu kunde wij fuller i denne ödmiuke Böneskrift allt låta blifwa därwid, och särdeles wid denne allmänne påminnelsen; Men aldenstund någre fåå ährenden äre, som anten E. K. M:ts egen wälfärd och Regeringen fordrar att i begynnelsen må blifwa förordnadt uthi, eller iu finnas af den natur, att de kunna Oss något illa uthtyydas: Ty hoppas wij E. K. M:t icke warder misshageligit, att wij med korte ord någre fåå Puncter ihugkomma.

Först hafwe wij någre Ordningar och Stadgar måst göra, och Placater låta uthgåå, sompt med Ständernes samtyckie på Rijksdagarne, sompt dessemillan effter tarfwen och ährendernes egenskap, till att anten förekomma oordning och confusion i Rijket, eller at afhielpa det wij funne at göra hinder i E. K. M:ts Ränter och Jnkompster; eller Vndersåternes skählige nähring och lefwerne. Hade ock fuller gärna meera arbetat däruthi, huar krijgstijdernes och andre beswär icke hade allt giordt Oss förtungt och opracticabelt. Är altså aff nöden att E. K. M:t alle i dess omyndige åhr giorde Ordningar och Stadgar låter öfwersij, och de som nyttige finnas, och icke genom tijderne äre förandrade, allernådigst till starkare execution täckes att ratificera.

Till det andra. Så hafwe wij för wichtige orsaker skulld förordnadt till Bergswerckens ordentlige jnspection BergsAmptet; så ock någre Landshöfdingedömen deelt i tun, dem wij funne för stoore och widlyftige att kunna af een Mann wäl föreståås; Hafwe ock tillökat HofRätten i Götha Rijke, så ock Academien i Åbo med ett Gymnasio eller fyra [Lärare]; Hafwe ock byggt och priuiligierat någre nye Städer, som Fahlun wid Kopparberget, Säter, Lindesåås, Noraskooga, Askersund, Christinähampn, Amola, Wenersborg, Nye Helsingfors; Efvensom wij ock de gamble Städerne, så wäl som här och där någre Bergsbruuk, Messingsbruuk och andre med nye priuiligier hafwe förbättradt, till good Stads Regering något meera försörgt, och lämpat allt, så wijda sig hafwer göra låtit, till vpkomst och tillwäxt, så att E. K. M:t måtte uthan tijdsspillan finna Landet och Städerne för sig i bättre wilkohr än de warit hafwe, och kunna till sitt och Rijksens gagn så mycket bättre sielf arbeta därpå; Wele fördenskuld förhoppas, att E. K. M:t låter sig wår goode intention allernådigest behaga, och desses tilstånd och Priuilegier ratificerer och foorthielper, då wij intet twifle, att E. K. M:t sig därhoos wäl befinnandes warder.

Till det Tridie, så äre wij också wordne förorsakade att byta under E. K. M:t och Cronan någre Frälsesgoods, anten för Städernas byggning, bättring och förordning skulld, eller Bergslagerne och Bruken till styrckio och förkofring; äre ock understundom af een part soliciterade wordne till bytes, dock icke stoort eller af månge, som wij med skähl icke tyckte Oss kunna uthslåå, eller E. K. M:t och Cronan att lända till skaada; Ty hafwe wij däruthinnan resoluerat till E. K. M:ts allernådigste Förklaring och ratification, bediandes härmed underdånigst, att E. K. M:t icke det illa uptager, men låter sig allernådigst behaga, och sådant, der det icke skulle finnas, som wij intet wele förmoda, wara E. K. M:t till skaada, täcktes at ratificera.

Till det Fierde; E. K. M:t är ock allernådigst wetterligit att för Rijksens stoore uthgifter skuld (:som till jnkompsterne intet äre eller hafwa warit proportionerade:) äre wij nödtwungne och förorsakade wordne, sedan wij inge andre uthwägar funne, att insistera Sal. K. M:ts exempel till at hielpa sig uthur presente nöden, att med orden sällia, men i wärcket att pantsättia någre Skatt och Crone-goods, med så tildrägelige conditioner, som wij bäst uptänkia och ..... kunde: wij hafwe detta consilium länge undanbögt, intet för det, att wij troo det E. K. M:t och Rijket wara skadeligit, wijdare än att man för en och annan gårds lägenheet skuld kunde wara bedragen, Men för det, att Konungarnes egne actioner esomoftast warda af onde Menniskior illa uthtydde, sedan wåre, som sällan och näppligen någrom kunne göra till fyllest; wete och wäl, att det gemeena folcket, ehuru trögt det är att contribuera och hielpa Fäderneslandet, likwäl att calumniera och illa allt at uthtyda, därtill finner sig huar man wettig och capabel. Föruthan det hafwe wij fuller andre medel försöökt, och spändt det högste wij kunde, men intet wijdare kunnat komma, och eij heller dristat Oss till Ständerne högre at gratuera eller strängia dem till någon otoligheet eller reuolter, såsom fuller hafwer warit någre reesor å gånge. Så aldenstund detta allt är skedt af oundwijkelig nööd till att saluera Staten och Fäderneslandet, och blifwer annorstädes i werlden fast i alle beswärlige tijder practicerat, endeles ok med den meening och resolution, det goodzen och Landen altijd bäst af priuatis brukas, och Konungarnes eller Republiquernes Regalier på det sättet bäst stärckias och förmeeras, såsom mäst alle Status eller Souuerainiteter uthwijsa. Ståår också icke deste mindre till E. K. M:ts igenlösen, och ändock man haar måst taga Löses terminen något kort till at öfwertala een och annan till försträckning, så ståår dock sådant allt till E. K. M:ts ratification, och fördenskuld kan tijden tagas efter lägenheeten; och där E. K. M:t eliest anten behagade och täcktes taga återlöses terminen på ett åhr, tu eller try längre, så att man hade een skählig wiss tijd att försäkra sig anten på penningar eller goodzen, är intet twifwel att E. K. M:t med huars och eens interessents goode willie och nöije skulle kunna göra huad E. K. M:t sielf täcktes, anten at löösa det in eller Possessoren att confirmera: Särdeles där E. K. M:t den nåden täcktes dem att bewijsa, som wi införa måst conditionerne i brefwen, att den, som något hade bortbytt för sin lägenheet skulld, eller eliest rögt och bewijsligen förbättradt, måtte för fullt wederlag i jordegoods dem beholla, och förbättringen efter mätesmanna ordom åthniuta. Ehuad nu E. K. M:t allernådigst täckes at göra, så bidie wij dock underdånigst, det E. K. M:t wille med Nåder förståå och uptaga huad af oss giort är aff oundwijkelig nööd och beswär, och i een good meening till E. K. M:ts och Rijksens tienst, och i det öfrige allt disponera, såsom E. K. M:t finner Rijksens wälstånd och skähl likmätigt wara.

Till det Fempte, Endock Regerings formen Oss förbiuder i Konungens omyndige åhr någon att adla eller at gifwa någre Cronones goodz; och wij fördenskuld een good tijd endhölle Oss därifrån, sökiandes alle uthwägar att undanböija det ena och det andra, som Oss anten icke expresse war tillåtit, eller iu icke förbudit. Men sedan wij woro råkade uthi detta mångåhrige Förmynderskapet, och hade det swååre oproportionerade Krijget med ett toomt ærario på halsen; Krijgsfolcket fich inge besoldningar, och söökte därföre, så jnländske som uthländske, deels affärdning och betalning, deels recompense för deres giorde tienster; kom ock det därtill, att Sal. K. M:t för sin död een och annan till ett stoort taal hade därmed förtröstat och brefwen färdige göra låtit, så at de af Oss fordrade K. M:ts lyftes execution; huarföre, ändock wij gärna hade skutet den up till E. K. M:ts egen Regering och myndige åhr, som uthi Rijksens roolige tijder wäll hade kunnat skee; Men efter dy eens och annans tienst icke hafwer kunnat mistas; Föruthan det wille intet tiena den opinionen at inrijta, såsom måste man tiena för intet, huilke plaintes dessföruthan än i denne dag hoos mången gör Cronones tienst obegärlig. Ty hafwe wij måst grijpa till desse twenne medel, somblige med så moderate donationer att holla willige och till E. K. M:ts och Rijksens tienst, särdeles de jnfödde; Men i gemeen med tillökning af deres ährostånd och bijfogade Priuilegier. Efter nu intet Regemente kan erhollas med mindre de, som illa göra, straffas, och de som wäl göra, wäl belönas och begåfwas; och Sal. K. M:ts idkelige Exempel och öflige bruuk således hade fattadt alles sinne, och war uthi så färsk åminnelse, att ingen skähl gallt däremoot, eller kunde dem, som tiente, annorledes contentera; jcke syntes heller rådsampt och tijdigt att göra folck missmood, och särdeles dem man dessföruthan måste sompt låcka sompt truga till tienst. Ty hafwe wij intet kunnat undgåå att ställa de förtiente till freeds på sätt och wijs som man kunde, och fördenskuld någre medh goods och någre med adelståndet begåfwat; dock först observerandes med högste flijt, att det jngen uthan den det wäl förtient hade, måtte confereras, effter som een stoor deel allaredo deres undfångne gåfwor och ährestånd med sitt blood hafwe betalat, eller eliest i tienstens continuation äro afleedne, somblige ännu lefwe och bewijse så sin dugligheet som affection. Föruthan det är ock allt till E. K. M:ts ratification anställt, efftersom också Regeringsformen sådant wid handen gifwer, att oansedt hon icke per Expressum det Förmyndare tillåter, likwäl anseendes, att dem så stoor last kunde påhängia, att de måste taga till sådane rååd, då blifwer det allt till Konungens behag och ratification uthställt, efftersom wij det också i sielfwa brefwen flijteligen hafwe tagit i acht, med mindre någon casus kunde finnas, som för E. K. M:ts tienst skuld annat fordrade; huilket dock icke är skedt uthan emoot någre fåå främmande, som uthrijkes hafwe måst absolute contenteras. Huilke som nu i E. K. M:ts omyndige åhr äre adlade, de skole på itt Register blifwa specificerade och E. K. M:t föredragne. Och huad goods een och annan kan wara undt och uplåtit, det skall i lijka måtto blifwa sammandragit och E. K. M:t underdånigst föreställt, och ståår sedan till E. K. M:ts behagh huad som E. K. M:t nu allernådigst täckes att statuera. Dock kunne wij icke annorlunda än för dem, som adlade äro, underdånigst interponera wår flijtige ödmiuke recommendation och förbön, att de med nåder aff E. K. M:t måtte ansijs, först för det E. K. M:t skall befinna dem mästadeels hafwa det förtient och wara det ähreståndet wärdige; äre sedan på Riddarehuuset intagne och hafwe med dem andre af Adel altijd till E. K. M:ts tienst warit wederreede, och sist att E. K. M:t därmed emoot Oss betygar sin Nådige affection, att icke ogilla till wår despect, huad wij i så måtto till E. K. M:ts tienst, och som wij förhoppes med skähl och uthan allt præiudicio giort hafwe. Om gåfwe-goodzen förmoode wij fuller det samma, och så wijda Oss anståår, recommendere och bedie wij underdånigst för dem, som sådane undfångit hafwa; dock ställe wij det allt till E. K. M:ts allernådigste behagh och diiudication, som öfwerwägar wåre skähl och orsaker, sedan de andres förtienst, och så wijda det sig göra låter, tager denne iämpte afwäriandet aff wår wahnheeder och onde efftertaal till sinnes, och således öfwer dens eenes och andres undfångne gåfwo, när brefwen till ratification presenteras, statuerer som E. K. M:t finner deres förtienst och skähl lijkmätigt; huarmed wij Oss billigen hafwe ödmiukeligen at contentera.

Nu wore fuller något meera till at ihugkomma, och detta här med flere skähl och omständigheeter att förklaara; Men på det E. K. M:t icke med all för lång Skrifft må blifwa beswärad, och att dessföruthan wed Regeringens jnträdande är att besinna, Ty wele wij för denne gången härmed låta beståå; och allenast det underdånigst uprepa, som i begynnelsen är ödmiukeligen bedet, att E. K. M:t allernådigst wille ansij wår trooheet och ährlige intention, tijdernes beswärligheet, och att E. K. M:t sitt Rijke med oförkortad Kongelig Högheet, Rättigheet, Land och gräntzor hafwer genom Gudz Nåde behollet; och som wij förhoppes snarare förbättrat än förminskat (:den högste Gudh allt häreffter beholle och tusendfallt föröke och florera låte:) och fördenskuld icke ansij och högt wärdera någre småå fauter, där sådane kunna finnas eller af onde menniskior där hän tyydas; uthan mycket mehra låta sig allernådigst behaga wåre giorde tienster och förde Regering och Förmynderskap, Oss och wåre afleedne Medbröder och Colleger därföre gunsteligen quittera och sätia Oss samptlig och wåre effterkommande i säkerheet och tryggheet. Wij wele det holla för den störste Nåd och wedergällning wij kunne någonsin förhoppas, och ställe allt öfrigit till E. K. M:ts höge gunst och ynnest, som effter sine högtährade Förfäders exempel intet låter någons Trooheet och Tienst owedergullet, och blifwer Oss och wåre Barn och Effterkommande wår Allernådigste Drottning. E. K. M:t försäkre wij däremoot, att så länge wij lefwe, skall E. K. M:t befinna Oss till des trogne tienst så willige som skyldige, och det wåre Barn och Effterkommande, så ock alle andre E. K. M:ts Vndersåter att tillstyrckia, beredde; att den Nåde Oss och dem wåre wederfahrs, må blifwa bewijst på tacksamme, troogne och hörsamme Tienare, och E. K. M:t må hafwa orsak däruthi att continuera, efftersom wij ingen ting i denne werlden högre åstunde, än uthi gärningen tee och bewijsa, att wij hafwe warit och äre resoluerade att blifwa in i döden
Eders Kongl. Maj:ts
Vnderdånigste, troogne
och hörsamme Tienare
PER BRAHE. JACOB DE LA GARDIE. CARL GYLDENHIELM.
AXEL OXENSTIERNA. GABRIEL OXENSTIERNA.
Actum Stockholm
d. Nouemb.
An. 1644.


Above: Kristina.

Note: Amola = Åmål.

Friday, August 6, 2021

Kristina's letter to Axel Oxenstierna, dated April 12/22 (Old Style), 1645

Sources:

Riksarkivet, Axel Oxenstiernas skrifter och brev


Mémoires concernant Christine, volume 1, page 63, Johan Arckenholtz, 1751; original at the National Library of the Netherlands (Koninklijke Bibliotheek)


Drotning Christinas Arbeten och Märkwärdigheter, volume 1, pages 112 to 113, translated by Carl Christoffer Gjörwell, 1760; courtesy of the Swedish Royal Library (Kungliga biblioteket) via Litteraturbanken.se


Queen Christina, pages 74 to 75, by Georgina Masson, 1968 (1974 edition)



"... En voulant répondre au Manifeste de la guerre que la Suède déclara au Dannemarck l'an 1643, lequel porte à l'Article, où il est parlé de cet événement, que la Suède le régarde comme un affront fait à la Mémoire de Gustave le Grand, & comme contraire au respect dû à la Reine sa Fille, à l'illustre Corps du Sénat du Roïaume & à toute la Maison de Brandebourg.

Cette guerre entreprise au milieu de celle d'Allemagne, lorsque le Roi de Danemarck s'y attendoit le moins, lui fut assez fatale. Les Suédois soutinrent l'une & l'autre avec autant de bravoure que de bonheur. Mais comme ils vouloient se débarasser de celle de Danemarck le plûtôt possible, on entama les négociations de paix l'année suivante. Le Chancelier Oxenstierna se rendit en personne sur le lieu du Congrès à Broemsebro, situé alors sur les confins de Smalandie, entre la Suède & le Danemarck. Il rendit compte à la Reine du progrès des négociations. Elle lui répondit la-dessus en particulier..."

"... In wanting to respond to the manifesto of war that Sweden declared to Denmark in the year 1643, which states in the article where this event is spoken of, that Sweden regards it as an affront to the memory of Gustav the Great, and as contrary to the respect due to the Queen his daughter, to the illustrious body of the Senate of the Kingdom, and to the entire House of Brandenburg.

This war undertaken in the middle of that of Germany, when the King of Denmark least expected it, was quite fatal to him. The Swedes supported both with as much bravery as happiness. But because they wanted to get rid of that of Denmark as soon as possible, peace negotiations began the following year. Chancellor Oxenstierna went in person to the Congress venue in Brömsebro, then situated on the borders of Småland, between Sweden and Denmark. He reported to the Queen on the progress of the negotiations. She answered him en particulier..."

The letter (copy written after the original):

Högdtärade Her Rixcantzler vthi mit siste bref gaff jagh fuller mina tanckar offwer fredztractaten nogorlunda tillkenna, och är mig kiert att jag sir migh wara i samma mehning som J, i dedh att jagh aff Eder procedure nogsamt kan domma at min willie i alt aff Eder är fattat. Hwad difficulteter der hos willa falla kan jag wel besinna, helst nuh medan dhe danske sig in fundamentalibus så wit accomoderat hafwa, så att der dedht nhu på Cautionen stannar, sa skal man manga Calumnier wara vnderkasta bade aff fiender sa wel som aff wenner, och ler fordenskuld god rhad wara dÿr. Dedht gå huru dedh wil, så moste Cautionen blifwa real, tÿ elliest är kriget fåfängt begÿnt och är Oß ett uppenbart krig lidligare en en oseker fred. Dedh är kommet til den tid att gienom Gutz milde bistand detta alt pro aris et foris driwas motte, helst medan så stora Avantager oß wisas, så at oanset difficulteterne äro store doch lichwell man det besta kan hoppas, och kan til ewentyrs henda att der man denne occationen sleper uthur henderne, att efterkommanden i framtiden hade orsak att beklaga deras Antecessores negligence. Håller altså för best att man förlåter sig på Gud och sin rättwijse saak, altid befallandes honom utgången, och dem af hans milde hand förwentar, och att man må så dirigera wäsendet att ingen hwarcken i dhe tider som nuh äre heller i dhe som tilkommande warda med skel skola kunna wåra actioner blamera, och är det fuller wist at omöjeligit faller att obtinera det som föreslagit är men doch likwel skal nepligen war säkerheet kunna stabilieras på något annat. Är fordenskuld af nöden att tractaten traingeras på deth imedlertidh man måtte kunna disputera Cautionen aff possessorio och altså lätteligare nå desseinen. Detta är så hwad jagh denne gångh hafwer at skriwa, medan en liten opaßligheet mig incommoderar, och wil härmed hafwa Eder den hogste recommenderat, med försäkring att jag är och förbliwer
Eder
altid wäl benägen
Christina
Stockholm d 12. Aprilis 1645.

The Riksarkivet website's transcript of the letter:

Högdtärade Her Rixcantzler
uthi mit siste bref gaff jagh fuller mina tanckar offver fredztractaten nogorlunda tillkenna, och är mig kiert att jag sir migh vara i samma mehning som I, i dedh att jagh aff eder procedure nogsamt kan domma at min villie i alt aff eder är fattat. Hvad difficulteter der hos villa falla kan jag vel besinna, helst nuh medan dhe danske sig in fundamentalibus så vit accomoderat hafva, så att der dedht nhu på cautionen stannar, sa skal man manga calumnier vara underkasta bade aff fiender sa vel som aff venner, och ler fordenskuld god rhad vara dyr. Dedht gå huru dedh vil, så moste cautionen blifva real, ty elliest är kriget fåfängt begynt och är oss ett uppenbart krig lidligare en en oseker fred. Dedh är kommet til den tid att gienom gutz milde bistand detta alt pro aris et foris drivas motte, helst medan så stora avantager oss visas, så at oanset difficulteterne äro store doch lichvell man det besta kan hoppas, och kan til eventyrs henda att der man denne occationen sleper uthur henderne, att efterkommanden i framtiden hade orsak att beklaga deras antecessores negligence. Håller altså för best att man förlåter sig på gud och sin rättvijse sak, altid befallandes honom utgången, och dem [:dom?] af hans milde hand förventar, och att man må så dirigera väsendet att ingen hvarcken i dhe tider som nuh äre heller i dhe som tilkommande varda med skel skola kunna våra actioner blamera, och är det fuller vist at omöjeligit faller att obtinera det som föreslagit är men doch likvel skal nepligen var säkerheet kunna stabilieras på något annat. Är fordenskuld af nöden att tractaten traingeras på deth imedlertidh man måtte kunna disputera cautionen aff possessorio och altså lätteligare nå desseinen. Detta är så hvad jagh denne gångh hafver at skriva, medan en liten opassligheet mig incommoderar, och vil härmed hafva eder den hogste recommenderat, med försäkring att jag är och förbliver
eder altid väl benägen
Christina
Stockholm den 12 aprilis 1645.

With modernised spelling:

Högtärade herr Rikskansler,
Uti mitt sista brev gav jag fuller mina tankar över fredstraktaten någorlunda tillkänna, och är mig kärt att jag ser mig vara i samma mening som I, i det att jag av Eder procedur nogsamt kan döma att min vilje i allt av Eder är fattad. Vad diffikulteter därhos vilja falla kan jag väl besinna, helst nu medan de danska sig in fundamentalibus så vitt ackomoderat hava, så att där det nu på kautionen stannar, så skall man många kalumnier vara underkasta[d] både av fiender såväl som av vänner, och lär fördenskull gott råd vara dyr[t]. Det gå huru det vill, så måste kautionen bliva reell, ty eljest är kriget fåfängt begynt och är oss ett uppenbart krig lidligare än en osäker fred.

Det är kommet till den tid att, genom Guds milda bistånd, detta allt pro aris et focis drivas måtte, helst medan så stora avantager oss visas, så att, oansett diffikulteterna äre stora, dock likväl man det bästa kan hoppas; och kan till äventyrs hända att där man denna ockasionen släpper utur händerna att efterkommanden i framtiden hade orsak att beklaga deras antecessores negligens.

Håller alltså för bäst att man förlåter sig på Gud och sin rättvisa sak, alltid befallandes honom utgången och dom av hans milda hand forväntar, och att man må så dirigera väsendet att ingen varken i de tider som nu äro heller i de som tillkommande varda med skäl skola kunna våra aktioner blamera, och är det fuller visst att omöjligt faller att obtinera det som föreslaget är; men dock likväl skall näppligen var säkerhet kunna stabilieras på något annat. Är fordenskull av nöden att traktaten träneras på det emellertid man måtte kunna disputera kautionen av possessorio och alltså lättligare nå dessängen.

Detta är så vad jag denna gång haver att skriva medan en liten opasslighet mig inkommoderar, och vill härmed hava Eder den Högste rekommenderat, med försäkring att jag är och förbliver
Eder alltid välbenägen
Kristina.
Stockholm, den 12 aprilis 1645.

Arckenholtz's transcript of the letter:

Högtärade Herr Riks Cantzler. Uti mit sidsta bref gaf jag fuller mina tanckar öfwer freds tractaten någorlunda tilkänna; och är mig kärt at jag ser mig wara i samma mening som j, i det at iag af Eder procedure nogsamt kan dömma at min wilje i alt af Eder är fattad. Hwad difficulteter der hos wilia falla, kan iag wäl besinna, hälst nu medan de Danske sig in fundamentalibus så widt accommoderat hafwa, så at der det nu på Cautionen stannar, så skal man många Calumnier wara underkastad både af fiender så wäl som af wänner, och lär fördenskul god råd wara dyr, det gå huru det will, så måste Cautionen blifwa real, ty eliest är kriget fåfängt begynt, Och är Oss ett uppenbart krig lidligare än en osäker fred, det är kommit til den tid, at genom Guds milda biständ detta alt pro aris & focis drifwas måtte; hälst medan så stora avantager oss wisas, så at oansedt difficulteterne äro store, dock likwäl man det bästa kan hoppas, och kan til äfwentyrs hända, at der man denna occasionen släpper utur händerna, at Efterkommanden i framtiden hade orsak at beklaga deras Antecessorers negligence; håller altså för bäst, at man förlåter sig på Gud, och sin rättwisa sak, altid befallandes honom utgången, och den af hans milda hand förwäntar, och att man må så dirigera wäsendet, at ingen, hwarcken i de tider som nu äre, eller i de som tilkommande warda, med skiäl skola kunna wåra actioner blamera, och är det fuller wist at omöyeligit faller at obtinera det som föreslagit är, men doch likwäl skal neppeligen wår säkerhet kunna stabilieras på något annat; är fördenskull af nöden at tractaten traineras på det emellertid man måtte kunna disputera Cautionen af possessorio och altså lätteligare nå desseinen. Detta är så hwad iag denne gång hafwer at skrifwa medan en liten opasslighet mig incommoderar, och wil härmed hafwa Eder den högste recommenderad, med försäkring at iag är och förblifwer
Eder altid wäl-
benägen
Christina
Stockholm den 12.
April 1645.

Gjörwell's transcript of the letter:

Högtärade Herr Riks-Canceller.
Uti mit sista bref gaf jag fuller mina tankar öfwer Freds-Tractaten någorlunda tilkänna; och är mig kärt, at jag ser mig wara i samma mening, som I, i det at jag af Eder procedure nogsamt kan döma, at min wilje i alt af Eder är fattad. Hwad difficulteter derhos wilja falla, kan jag wäl besinna, hälst nu emedan de Danske sig in fundamentalibus så widt accommoderat hafwa, så at där det nu på Cautionen stannar, så skal man många Calumnier wara underkastad både af fiender så wäl som af wänner, och lär fördenskull god råd wara dyr. Det gå huru det wil, så måste Cautionen blifwa real, ty eljest är kriget fåfengt begynt; och är Oß et uppenbart krig lidligare, än en osäker fred. Det är kommit til den tid, at genom Guds milda bistånd detta alt pro aris & focis drifwas måtte; hälst medan så stora avantager oß wisas, så at oansedt difficulteterne äro store, dock likwäl man det bästa kan hoppas, och kan til äfwentyrs hända, at där man denna occasionen släpper utur händerna, at Efterkommanderne i framtiden hade orsak, at beklaga deras Antecessores negligence; håller altså för bäst, at man förlåter sig på Gud och sin rättwisa sak, altid befallande honom utgången, och den af hans milda hand förwäntar, och at man må så dirigera wäsendet, at ingen, hwarken i de tider, som nu äro, eller i de, som tilkommande warda, med skäl skola kunna wåra Actioner blamera, och är det fuller wist, at omögeligen faller, at obtinera det, som föreslagit är, men dock likwäl skal näppeligen wår säkerhet kunna stabilieras på något annat; är fördenskull af nöden, at Tractaten traineras, på det emedlertid man måtte kunna disputera Cautionen af possessorio, och altså lätteligare nå desseinen. Detta är så, hwad jag denna gång hafwer, at skrifwa, medan en liten opaßlighet mig incommoderar, och wil härmed hafwa Eder den Högste recommenderad, med försäkring, at jag är och förblifwer
Eder
altid wälbenägen
CHRISTINA.
Stockholm, d. 12 April 1645.

French translation (by Arckenholtz):

Monsieur & bien-honoré Chancelier du Roïaume. Dans ma précédente j'ai fait connoître en partie mes pensées sur le Traité de Paix, & je suis bien aise d'y avoir rencontré votre sentiment, puisque je puis assez juger par votre procedée, que vous avez en tout compris ma volonté. Je m'apperçois bien des difficultés qui en seront inseparables, surtout à présent que les Danois se sont presque accommodés, quant au fond de l'affaire: desorte, que cela ne tient plus qu'à en être bien sur. A cet égard on sera sujèt à plusieurs calomnies, tant de la part des ennemis que de celle des amis, & le meillieur expédient là-dessus sera difficile à trouver. Quoiqu'il en puisse être, l'assurance & la caution doivent être réelles, car sans cela la guerre seroit commencée inutilement, & une guerre ouverte nous seroit plus supportable qu'une paix mal-assurée. Le tems est venu, qu'avec l'assistance de Dieu, l'affaire doit être poussée à bout, surtout comme on voit en perspective de si grands avantages, qui nous en reviendront: & quoique les difficultés n'en soïent pas moindres, on en peut pourtant conçevoir la meilleure espérance du monde. Autrement il pourra arriver, que si on laisse échapper cette occasion, on fournira à la postérité des raisons de se plaindre de la nonchalance de ses Prédecesseurs. Le mieux sera donc de se confier en la justice de sa cause & en la Providence, en lui remettant les événemens, que l'on attendra de sa bonté divine: & de diriger les affaires de sorte, que personne ni dans le tems que nous vivons, ni dans le tems à venir, ne puisse blâmer nos actions. On a raison de croire qu'on n'obtiendra pas tout ce qui a été proposé: mais notre sûreté sera difficilement établie d'une autre manière. Il conviendra donc de ne pas trop hâter le Traité, afin que nous puissions, en attendant, disputer la garantie du possessoire, & en venir à bout par-là avec plus de facilité. C'est ce que j'ai à vous en écrire pour cette fois, étant incommodée par un petit accident. Je vous recommende au Dieu Tout-puissant, Vous assurant que je suis toûjours
Votre bien affectionnée
CHRISTINE
Stockholm ce 12. Avril 1645.

English translation (my own):

Highly honoured Lord Chancellor of the Realm,
In my previous letter I made known in part my thoughts on the peace treaty, and I am glad to be in the same opinion as you, as I can sufficiently judge by your procedure that you have fully understood my will. I can see many difficulties that will be inseparable from it, especially now that the Danes have almost come to terms with the substance of the matter, so that it only has to be of course. In this respect we will be subject to many calumnies, both from enemies and from friends, and the best expedient on this will be difficult to find. Whatever the case may be, the assurance and the guarantee must be real, for otherwise the war would have started needlessly, and an open war would be more bearable to us than an unstable peace. The time has come that, with the assistance of God, the matter must be pushed to extremes, especially as we see in prospect of such great advantages which will return to us from it; and although the difficulties are not less, one can nevertheless conceive of it the best hope in the world. Otherwise it may happen that if we let this opportunity slip away, we will furnish posterity with reasons to complain about the negligence of their ancestors. The best thing will therefore be to trust in the justice of the cause and in Providence by handing over to Him the events that we will expect from His divine goodness, and to direct the affairs so that no one neither in our time nor in the time to come will be able to blame our actions. We are right to believe that we will not get everything that has been proposed, but our security will be difficult to establish in any other way. It will therefore be advisable not to hasten the treaty too much, so that we can, in the meantime, dispute the guarantee of the possessory and come to a design there with more ease. This is what I have to write to you this time, being inconvenienced by a small indisposition. I recommend you to Almighty God, assuring you that I am always
Your well affectionate
Kristina.
Stockholm, April 12, 1645.

French translation (my own):

Monsieur le très honoré grand chancelier du Royaume,
Dans ma dernière lettre, j'ai exposé plus ou moins clairement mes pensées sur le traité de paix, et il me paraît évident que je partage votre avis, car je peux parfaitement juger, d'après votre procédé, que vous comprenez ma volonté en tout. Je peux parfaitement considérer les difficultés que cela posera, d'autant plus que les Danois se sont tellement accommodés des fondamentaux que, si l'on s'en tient désormais à la garantie, on s'exposera à de nombreuses calomnies, tant de la part de ses ennemis que de ses amis, et les bons conseils seront donc coûteux. Quoi qu'il en soit, la garantie doit devenir réelle, car sinon la guerre aura été vaine, et une guerre ouverte nous est plus tolérable qu'une paix incertaine.

Le temps est venu où, avec la bonne assistance de Dieu, tout cela doit être recherché pour nos autels et nos feux, d'autant plus que de si grands avantages se présentent à nous, de sorte que, quelque grandes que soient les difficultés, on peut encore espérer le meilleur; et il peut peut-être arriver que si cette occasion nous échappe, nos descendants dans l'avenir auront lieu de regretter la négligence de leurs ancêtres.

Je tiens donc qu'il est préférable de se fier à Dieu et à sa juste cause, de toujours lui en remettre l'issue et d'attendre le jugement de sa main bienveillante, et de diriger l'affaire de telle sorte que personne, ni dans les temps présents ni dans ceux à venir, ne puisse raisonnablement blâmer nos actions. Il est absolument certain qu'il est impossible d'obtenir ce qui est proposé; néanmoins, il est difficile de garantir quoi que ce soit d'autre. Il est donc nécessaire que le traité soit prolongé sur ce point, afin que, dans l'intervalle, on puisse contester la garantie de possession et ainsi atteindre plus facilement le but.

Voilà ce que j'ai à écrire cette fois, car une petite indisposition m'incommode, et je veux par la présente vous avoir recommandé au Très-Haut, avec l'assurance que je suis et demeure
votre toujours bien inclinée
Christine.
Stockholm, le 12 avril 1645.

English translation (my own; from the original Swedish):

Highly honoured Lord Grand Chancellor of the Realm,
In my last letter I made my thoughts on the peace treaty somewhat fully known, and it is dear to me that I see myself be in the same opinion as you, in that I quite can judge from your procedure that my will in everything is understood by you. What difficulties there will be in it I can well consider, particularly now as the Danes have accommodated themselves in the fundamentals so far that if it now stops at the guarantee, one will be subjected to many calumnies both by enemies as well as by friends, and good advice will therefore be dear [expensive]. However it goes, the guarantee must become real, because otherwise the war will have been started in vain, and an open war is more tolerable to us than an uncertain peace.

The time has come when, through God's good assistance, this all should be pursued for altars and fires [for hearth and home], particularly as such great advantages show themselves to us, so that, however great the difficulties, one can still hope for the best; and it can perhaps happen that if this occasion slips out of our hands, our descendants in the future will have reason to regret their ancestors' negligence.

I therefore hold it best that one trust in God and one's just cause, always commending to Him the outcome and expecting the judgement from His gentle hand, and that one may so direct the matter that no one, neither in the times that are now nor in those that will come, will reasonably be able to blame our actions, and it is fully certain that it is impossible to obtain what is proposed; but still, hardly any security can be established on anything else. It is therefore necessary that the treaty be dragged out on it, so that in the meantime one may be able to dispute the guarantee of possession and thus more easily reach the design.

This is what I have to write this time, as a little indisposition is incommoding me, and I hereby want to have recommended you to the Most High, with the assurance that I am and remain
your always well-inclined
Kristina.
Stockholm, April 12, 1645.


Above: Kristina.


Above: Axel Oxenstierna.

Kristina's letter to First Lieutenant Peder Lillie, dated January 1, 1645

Source:

Riksarkivet, image 8, page 3 in Riksregistraturet, Januari-Mars 1645



The letter:

Christina etc.
Wår gunst etc. J förmähle vthj Eder sidste vnderdånige skrifvelße af den 26. Decembris sidstleden, Öfversteleutenant Peder Lillie, at Eder war aviserat at fienden som j Wermelandh ähr infallen, skulle hafua j vpsåth at gå in åth Elfuen och attaquera der någon skant eller fastning. Nu stelle Wij därhän hvadh fienden hälst kan hafva för intention, see icke heller för denne tijden och der Wästgöthlandh ähr temmeligen medh krigzfolck försörgt och fiänden elliest nogsambt ähr j Wärmelandh reaperat någon sÿnnerlig lijknelße der till; Men så tiäner lijkwäl at j hafva Ett achtsampt öga på Skätzerne widh Elfven, sampt sökia densamma emoot fiendtligast infall at maintenera. Hvilcket j således hafva at effterkomma.
Christina.
[L: Canth:]


Above: Kristina.