Friday, September 19, 2025

Supplement: Conversation from Pierre Bourdelot's Academy, on blood transfusion, year 1672

Source:

Conversations de l'Académie de Monsieur l'abbé Bourdelot, volume 1, pages 83 to 90 (Book 2), by Pierre Bourdelot, compiled by Monsieur le Gallois, 1672; original at the National Library of France (Bibliothèque nationale de France); scan without obscured text at the National Central Library of Rome (Biblioteca Nazionale Centrale di Roma)



The conversation:

De la transfusion du sang.
QVOY qu'il en soit, Periandre, voyant la Compagnie dans l'attente de ce qu'il alloit dire, pour passer si peu qu'il restoit de temps à conuerser, demanda ce qu'on disoit par la Ville de la transfusion du sang, & si elle auroit du succez. Chacun rapporta ce qu'il en sçauoit, les vns pour, les autres contre. Philidas dit que la raison d'accord auec toutes les experiẽces qu'on auoit faites de ce remede, & qui auoient trés-mal reussi, persuadoit assez que la transfusion estoit trés-dangereuse. «C'est vn peu trop dire», répondit Ergaste, «& pour vne ou deux mauuaises épreuues, dont la faute apparemment est prouenüe de la trop grande indisposition des malades, qui n'en pouuoient rechapper, quoy qu'on eût pû faire; il ne faut pas blasmer vn remede qui peut reussir en cent occasions, pourueu qu'on s'en serue à propos, & qu'on l'applique sur des sujets, qui soient capables d'en receuoir le benefice.» «Croyez-vous», luy dit Eusebe, «qu'vn sang étranger, dont les parties sont d'vne nature differente de celles du nostre, puisse rétablir les forces d'vn vieillard, & redonner la santé à vn malade.» «Ie ne crois pas absolument», repartit Ergaste, «parce que pour reparer les forces d'vn vieillard, il luy faudroit redonner de nouueaux vaisseaux, & de nouuelles entrailles, aussi bien que de bon sang; & c'est ce que la transfusion ne peut faire; je l'auouë: mais elle luy peut toujours donner plus de vigueur qu'il n'a, par le moyen d'vn sang plus chaud & plus spiritueux que le sien. I'auoüe pareillement que la transfusion ne guerit pas toutes sortes de maladies; elle ne sçauroit sans doute guerir celles, qui prouiennent du propre vice des visceres; il n'y a point de remede qui en puisse venir à bout: mais quand la cause du mal est dans les humeurs; quand il prouient d'vn sang tout corrompu, qui cause tant de maux differens, selon les parties qu'il affecte, & le degré de corruption, & la quantité où il est; je soûtiens qu'en tirant ce mauuais sang pour en remettre de bon en sa place, on peut sauuer vn malade; & de fait qui pourroit l'empescher, puis que la cause du mal estant ostés, l'effet en doit necessairement cesser.» «Ce que vous dites à quelque apparence», repliqua Polidor, «mais si le malade, aprés auoir donné tout son sang, n'a plus assez de vigueur pour digerer le sang étranger qu'on luy redonne au lieu du sien, croyez-vous, Monsieur, que ce soit bien fait d'exposer vne personne à vn peril si grand & si manifeste; car je ne doute pas que vous ne sçachiez bien qu'vn sang étranger, tout sang qu'il est, a besoin de secours en nous pour estre digeré, c'est à dire pour estre changé en nostre sang, ayant, comme il a, tant de parties qui ne nous conuiennent pas.» «Ie l'auoüe», répondit Ergaste; «mais c'est en quoy il faut que la prudence d'vn Medecin agisse, non seulement pour se seruir de ce remede, quãd il en est besoin; mais aussi pour y ménager les forces de son malade, & pour les proportionner au remede: je veux dire qu'il doit bien prendre garde que le malade ait toujours assez de vigueur pour s'approprier le sang qu'on luy redonne; autrement il feroit vn mauuais vsage d'vne chose qui est bonne d'elle-mesme: mais pourquoy se plaindre de la transfusion pour cela, puis qu'il en est de mesme des autres remedes, où l'on ne court pas moins de risque, s'ils ne sont donnez auec nombre, poids, & mesure. Ie puis dire mesme qu'on y fait peut-estre de fautes que dans la transfusion: mais ce n'est pas icy le lieu de le prouuer. Il suffit de dire qu'on ne blâme la transfusion que parce qu'elle est nouuelle, & qu'on ne l'a pas assez bien examinée.» «Ie ne doute point», poursuiuit Oronte, «que quand on l'aura pratiquée en plusieurs sujets, on n'y puisse fonder des maximes plus asseurées. Veritablement il y auroit danger d'oster tout d'vn coup le sang d'vn homme, pour luy faire vne generale transfusion d'vn sang nouueau; on ne s'exposera pas aussi volontiers à cette operation: mais on la prattiquera peu à peu & par interualles; & comme vne mesme pluie nourrit tant de plantes differentes, & vn mesme sang tant de parties diuerses dans le corps; il ne faut pas aprehender que le sang d'vn animal ne contienne des parties propres à nourrir l'homme. Nous voions bien que nostre sang reçoit tous les jours de notables changemens; & que neantmoins il ne laisse pas de nous nourrir; il est vray que c'est auec quelque difference; mais elle est si peu considerable, qu'à peine l'on s'en apperçoit: or comme la fin de la transfusion doit estre de reparer les forces en redonnant vn sang meilleur que celuy qu'on oste; il en faut attendre de bons effets, quand elle sera faite à propos & selon les regles. Ie sçais des chiens à qui l'on a fait des transfusions trés-considerables du sang de veau, & qui cependant s'en portent à merueilles, & n'en sont que plus affamez & plus guais. Il n'y a point de nouueauté qui n'ait ses partisans & ses contretenans: mais il ne faut pas que ce soit la passion, qui nous oblige à prendre vn parti plutost que l'autre. La circulation du sang n'est pas reçeüe de tout le monde, quoy qu'elle soit si clairement demontrée. Les vaisseaux de Monsieur Pequet ont esté publiquement combatus. La transfusion sera attaquée de mesme: mais elle aura aussi ses partisans, du nombre desquels je suis; car enfin je ne puis croire que le sang des animaux ne puisse fournir à l'homme des parties proportionnées à sa constitution; de mesme qu'il en tire du laict & de la chair, qui estant bien plus éloignées du sang humain, ont aussi besoin de plus de preparation.» «Ce que vous dites peut estre & n'estre pas», repartit Periandre, «si l'on doit blâmer ceux, qui rejettent tout sans rien examiner; ceux qui au contraire approuuent tout sans consideration, ne sont pas moins blâmables: Il faut donc suiure icy vn milieu, où pour parler plus clairement, il faut bien considerer la chose, auant que de l'admettre de la rejetter; & c'est, ce me semble, ce qu'on a assez bien fait à l'égard de la transfusion, qui est plus ancienne que vous ne pensez; car bien auparauant que les Anglois en eussent fait l'experience; j'en auois amplement traité dans l'Academie de l'Illustre Dorante; & mesme je m'en estois heureusement serui en quelque occasion; mais à la verité d'vne autre maniere qu'on ne s'en sert maintenant. Vous voyez donc bien que nous auons eu tout le loisir d'examiner ce que c'est; de sorte que ce n'est pas sans raison que nous ne nous en seruons point, de la maniere dont quelques-vns la portent.» «Vous me ferez plaisir, Monsieur», interrompit Ergaste, «de me dire les raisons qui vous ont obligé de la rejetter.» «Ie n'en ay qu'vne, Monsieur», répondit Periandre; «mais elle en vaut mille; & seule elle suffit pour empescher qu'on ne s'en serue communément. C'est que pour vn bien qu'elle peut causer, elle peut faire cent maux, par l'imprudence de ceux qui ne s'en seruiroient pas bien; ce qui ne seroit que trop ordinaire, à cause des grandes difficultez qu'il y a à s'en bien seruir.» Ergaste n'en fust pas demeuré là, si la Compagnie satisfaite de cette raison, n'eust mis fin à la Conuersation, en se leuant & prenant congé de Peperiandre [sic].
FIN.

With modernised spelling:

De la transfusion du sang.
Quoi qu'il en soit, Périandre, voyant la compagnie dans l'attente de ce qu'il allait dire, pour passer si peu qu'il restait de temps à converser, demanda ce qu'on disait par la ville de la transfusion du sang, et si elle aurait du succès. Chacun rapporta ce qu'il en savait, les uns pour, les autres contre. Philidas dit que la raison d'accord avec toutes les expériences qu'on avait faites de ce remède et qui avaient très mal réussi, persuadait assez que la transfusion était très dangereuse.

«C'est un peu trop dire», répondit Ergaste; «et pour une ou deux mauvaises épreuves, dont la faute apparemment est provenue de la trop grande indisposition des malades, qui n'en pouvaient réchapper, quoiqu'on eût pu faire. Il ne faut pas blâmer un remède qui peut réussir en cent occasions, pourvu qu'on s'en serve à propos, et qu'on l'applique sur des sujets qui soient capables d'en recevoir le bénéfice.»

«Croyez-vous», lui dit Eusèbe, «qu'un sang étranger, dont les parties sont d'une nature différente de celles du nôtre, puisse rétablir les forces d'un vieillard et redonner la santé à un malade?»

«Je ne crois pas absolument», repartit Ergaste, «parce que, pour réparer les forces d'un vieillard, il lui faudrait redonner de nouveaux vaisseaux et de nouvelles entrailles, aussi bien que de bon sang; et c'est ce que la transfusion ne peut faire. Je l'avoue, mais elle lui peut toujours donner plus de vigueur qu'il n'a, par le moyen d'un sang plus chaud et plus spiritueux que le sien.

J'avoue pareillement que la transfusion ne guérit pas toutes sortes de maladies; elle ne saurait sans doute guérir celles qui proviennent du propre vice des viscères. Il n'y a point de remède qui en puisse venir à bout, mais quand la cause du mal est dans les humeurs; quand il provient d'un sang tout corrompu, qui cause tant de maux différents, selon les parties qu'il affecte, et le degré de corruption et la quantité où il est. Je soutiens qu'en tirant ce mauvais sang pour en remettre de bon en sa place, on peut sauver un malade; et, de fait, qui pourrait l'empêcher, puisque, la cause du mal étant ôtés, l'effet en doit nécessairement cesser?»

«Ce que vous dites a quelque apparence», répliqua Polidor; «mais si le malade, après avoir donné tout son sang, n'a plus assez de vigueur pour digérer le sang étranger qu'on lui redonne au lieu du sien, croyez-vous, Monsieur, que ce soit bien fait d'exposer une personne à un péril si grand et si manifeste? Car je ne doute pas que vous ne sachiez bien qu'un sang étranger, tout sang qu'il est, a besoin de secours en nous pour être digéré; c'est-à-dire, pour être changé en notre sang, ayant, comme il a, tant de parties qui ne nous conviennent pas.»

«Je l'avoue», répondit Ergaste; «mais c'est en quoi il faut que la prudence d'un médecin agisse, non seulement pour se servir de ce remède quand il en est besoin, mais aussi pour y ménager les forces de son malade et pour les proportionner au remède. Je veux dire qu'il doit bien prendre garde que le malade ait toujours assez de vigueur pour s'approprier le sang qu'on lui redonne.

Autrement, il ferait un mauvais usage d'une chose qui est bonne d'elle-même; mais pourquoi se plaindre de la transfusion pour cela? Puisqu'il en est de même des autres remèdes, où l'on ne court pas moins de risque, s'ils ne sont donnez avec nombre, poids et mesure. Je puis dire même qu'on y fait peut-être de fautes que dans la transfusion, mais ce n'est pas ici le lieu de le prouver. Il suffit de dire qu'on ne blâme la transfusion que parce qu'elle est nouvelle et qu'on ne l'a pas assez bien examinée.»

«Je ne doute point», poursuivit Oronte, «que quand on l'aura pratiquée en plusieurs sujets, on n'y puisse fonder des maximes plus assurées. Véritablement, il y aurait danger d'ôter tout d'un coup le sang d'un homme pour lui faire une générale transfusion d'un sang nouveau. On ne s'exposera pas aussi volontiers à cette operation, mais on la pratiquera peu à peu et par intervalles; et comme une même pluie nourrit tant de plantes différentes, et un même sang tant de parties diverses dans le corps, il ne faut pas appréhender que le sang d'un animal ne contienne des parties propres à nourrir l'homme.

Nous voyons bien que notre sang reçoit tous les jours de notables changements, et que néanmoins il ne laisse pas de nous nourrir. Il est vrai que c'est avec quelque différence, mais elle est si peu considerable qu'à peine l'on s'en aperçoit. Or, comme la fin de la transfusion doit être de réparer les forces en redonnant un sang meilleur que celui qu'on ôte, il en faut attendre de bons effets, quand elle sera faite à propos et selon les règles.

Je sais des chiens à qui l'on a fait des transfusions très considérables du sang de veau, et qui cependant s'en portent à merveilles et n'en sont que plus affamés et plus gais. Il n'y a point de nouveauté qui n'ait ses partisans et ses contretenants, mais il ne faut pas que ce soit la passion qui nous oblige à prendre un parti plutôt que l'autre. La circulation du sang n'est pas reçue de tout le monde, quoiqu'elle soit si clairement demontrée.

Les vaisseaux de Monsieur Pecquet ont été publiquement combattus. La transfusion sera attaquée de même, mais elle aura aussi ses partisans, du nombre desquels je suis; car enfin je ne puis croire que le sang des animaux ne puisse fournir à l'homme des parties proportionnées à sa constitution; de même qu'il en tire du lait et de la chair, qui, étant bien plus éloignées du sang humain, ont aussi besoin de plus de préparation.»

«Ce que vous dites peut être et n'être pas», repartit Périandre, «si l'on doit blâmer ceux qui rejettent tout sans rien examiner. Ceux qui, au contraire, approuvent tout sans considération ne sont pas moins blâmables.

Il faut donc suivre ici un milieu, où, pour parler plus clairement, il faut bien considérer la chose avant que de l'admettre de la rejeter; et c'est, ce me semble, ce qu'on a assez bien fait à l'égard de la transfusion, qui est plus ancienne que vous ne pensez. Car, bien auparavant que les Anglais en eussent fait l'expérience, j'en avais amplement traité dans l'Académie de l'illustre Dorante; et même je m'en étais heureusement servi en quelque occasion, mais, à la vérité, d'une autre manière qu'on ne s'en sert maintenant.

Vous voyez donc bien que nous avons eu tout le loisir d'examiner ce que c'est, de sorte que ce n'est pas sans raison que nous ne nous en servons point de la manière dont quelques-uns la portent.»

«Vous me ferez plaisir, Monsieur», interrompit Ergaste, «de me dire les raisons qui vous ont obligé de la rejeter.»

«Je n'en ai qu'une, Monsieur», répondit Périandre, «mais elle en vaut mille; et seule elle suffit pour empêcher qu'on ne s'en serve communément. C'est que pour un bien qu'elle peut causer, elle peut faire cent maux, par l'imprudence de ceux qui ne s'en serviraient pas bien, ce qui ne serait que trop ordinaire, à cause des grandes difficultés qu'il y a à s'en bien servir.»

Ergaste n'en fut pas demeuré là si la compagnie, satisfaite de cette raison, n'eut mis fin à la conversation en se levant et prenant congé de Périandre.
Fin.

Swedish translation (my own):

Om blodtransfusion.
I vilket fall som helst, Periandros, som såg att sällskapet väntade på att höra vad han skulle säga, och ville tillbringa den lilla återstående tiden i samtal, frågade vad som sades runt om i staden om blodtransfusion och om den skulle lyckas. Var och en rapporterade vad de visste om den, vissa för den, andra emot den. Filidas sade att anledningen, i enlighet med alla experiment som hade utförts med detta botemedel och som hade varit mycket misslyckade, helt övertygade en om att transfusion var mycket farlig.

»Det är att säga lite för mycket«, svarade Ergaste; »och för ett eller två misslyckade försök, vars misslyckande tydligen berodde på patienternas extrema svaghet, som inte kunde ha återhämtat sig oavsett vad som hade gjorts. Man får inte fördöma ett botemedel som kan vara framgångsrikt i hundra fall, förutsatt att det används på rätt sätt och tillämpas på patienter som kan dra nytta av det.«

»Tror Ni«, sade Eusebios till honom, »att främmande blod, vars beståndsdelar är av en annan natur än våra egna, kan återställa en gammal mans styrka och återställa hälsan hos en sjuk man?«

»Det tror jag inte alls«, svarade Ergaste, »för att återställa en gammal mans styrka skulle det vara nödvändigt att ge honom nya blodkärl och nya inälvor, såväl som gott blod; och det är något som transfusion inte kan göra. Jag medger det, men det kan fortfarande ge honom mer kraft än han har, med hjälp av blod som är varmare och mer sprithaltigt än hans eget.

Jag medger likaså att blodtransfusion inte botar alla slags sjukdomar; den kan utan tvekan inte bota de som härrör från inneboende defekter i inälvorna. Det finns inget botemedel som kan övervinna detta, men när orsaken till sjukdomen ligger i kroppsvätskorna; när den härrör från fullständigt förorenat blod, vilket orsakar så många olika sjukdomar, beroende på de delar det drabbar, och graden av förorenandet och den mängd som finns, hävdar jag att genom att ta detta dåliga blod och ersätta det med gott blod kan man rädda en patient; och vem skulle kunna förhindra detta, eftersom orsaken till sjukdomen avlägsnas, och effekten nödvändigtvis måste upphöra?«

»Det Ni säger har visst värde«, svarade Polydoros; »men om patienten, efter att ha förlorat allt sitt eget blod, inte längre har tillräckligt med styrka för att smälta det främmande blod som ges till honom i stället för sitt eget, tror Ni då, herre, att det är klokt att utsätta en person för en så stor och uppenbar fara? För jag tvivlar inte på att Ni är väl medveten om att främmande blod, även om det fortfarande är blod, behöver hjälp i våra kroppar för att smältas; det vill säga, för att omvandlas till vårt eget blod, eftersom det innehåller så många komponenter som inte är förenliga med oss.«

»Jag medger det«, svarade Ergaste; »men det är just här en läkares försiktighet måste komma in i bilden, inte bara när det gäller att använda detta botemedel när det behövs, utan också när det gäller att bevara patientens styrka och anpassa den till botemedlet. Jag menar att han måste vara mycket noga med att se till att patienten alltid har tillräckligt med vitalitet för att absorbera det blod som ges till honom.

Annars skulle han missbruka något som är god i sig; men varför klaga på blodtransfusion av den anledningen? Detsamma gäller andra botemedel, där riskerna inte är mindre betydande om de inte administreras med rätt antal, vikt och precision. Jag skulle till och med kunna säga att kanske fler misstag görs med andra botemedel än med blodtransfusioner, men det är inte rätt plats att bevisa det här. Det räcker med att säga att blodtransfusion bara klandras för att den är ny och inte har undersökts tillräckligt.«

»Jag tvivlar inte«, fortsatte Oronte, »att när denna procedur väl har utförts på flera försökspersoner kommer vi att kunna fastställa mer tillförlitliga principer. Det skulle faktiskt finnas en fara i att plötsligt ta bort allt en mans blod för att utföra en allmän transfusion med nytt blod. Man skulle inte lätt utsätta sig för en sådan operation, men den skulle kunna utföras lite i taget och med jämna mellanrum; och precis som samma regn ger näring åt så många olika växter, och samma blod ger näring åt så många olika delar av kroppen, finns det ingen anledning att frukta att ett djurs blod inte skulle innehålla ämnen som är lämpliga för att ge näring åt en människa.

Vi ser tydligt att vårt blod genomgår märkbara förändringar varje dag, och ändå fortsätter det att ge oss näring. Det är sant att det finns en viss skillnad, men den är så liten att den knappt är märkbar. Eftersom syftet med en blodtransfusion är att återställa styrkan genom att tillhandahålla blod som är bättre än det blod som tas ut, kan vi förvänta oss positiva resultat när det utförs på rätt sätt och i enlighet med reglerna.

Jag känner till hundar som har fått mycket stora transfusioner av kalvblod, och ändå mår de utmärkt och är ännu mer hungriga och glada än tidigare. Det finns ingen nyhet som inte har sina anhängare och sina kritiker, men vi får inte låta passionen tvinga oss att ta den ena sidan snarare än den andra. Blodcirkulationen accepteras inte av alla, trots att den har visats så tydligt.

Monsieur Pecquets teorier om kärl har ifrågasatts offentligt. Blodtransfusioner kommer också att attackeras, men de kommer också att ha sina anhängare, bland vilka jag själv räknar; för jag kan inte tro att djurens blod inte kan förse människan med komponenter som passar hennes konstitution, precis som hon får mjölk och kött från dem, vilka, eftersom de är ju mycket längre bort från mänskligt blod, också kräver mer förberedelse.«

»Det Ni säger kan vara sant eller inte«, svarade Periander, »om vi skall klandra dem som förkastar allt utan att undersöka någonting. De som å andra sidan godkänner allt utan övervägande är inte mindre klandervärda.

Det är därför nödvändigt att följa en medelväg här, eller, för att uttrycka det tydligare, man måste överväga saken väl innan man antingen accepterar eller avvisar den; och detta, tycker jag, är vad som har gjorts ganska bra när det gäller blodtransfusion, som är äldre än Ni kan tro. För långt innan engelsmännen hade experimenterat med den, hade jag diskuterat den utförligt i den berömde Dorantes akademi; och jag hade till och med framgångsrikt använt den vid några tillfällen, men i sanning på ett annat sätt än den används nu.

Ni kan därför se att vi har haft gott om tid att undersöka vad den är, så det är inte utan anledning att vi inte använder den på det sätt som vissa människor gör.«

»Ni skall göra mig nöje, herre«, avbröt Ergaste, »genom att berätta mig skälen till att Ni har tvingat Er att avvisa den.«

»Jag har bara en, herre«, svarade Periander, »men den är värd tusen; och bara den är tillräckligt för att förhindra att den används i allmänhet. För allt gott den kan medföra, kan den orsaka hundra onda saker genom oförsiktighet hos dem som inte använder den på rätt sätt, vilket skulle vara alltför vanligt med tanke på de stora svårigheter som det innebär att använda den väl.«

Ergaste skulle inte ha stannat där om inte sällskapet, nöjda med denna anledning, hade avslutat samtalet genom att resa sig upp och ta avsked med Periander.
Slut.

English translation (my own):

On blood transfusion.
In any case, Periander, seeing the company waiting to hear what he would say, and wanting to spend the little time remaining in conversation, asked what was being said around the city about blood transfusion and whether it would be successful. Each reported what they knew about it, some for it, others against it. Philidas said that reason, in agreement with all the experiments that had been conducted with this remedy and which had been very unsuccessful, quite persuaded one that transfusion was very dangerous.

"That's saying a bit too much", replied Ergaste; "and for one or two unsuccessful attempts, the failure of which apparently stemmed from the extreme weakness of the patients, who could not have recovered no matter what had been done. One must not condemn a remedy that can be successful in a hundred cases, provided it is used appropriately and applied to patients who are capable of benefiting from it."

"Do you believe", Eusebius said to him, "that foreign blood, whose components are of a different nature than those of our own, can restore the strength of an old man and restore health to a sick man?"

"I don't believe that at all", replied Ergaste, "because, in order to restore an old man's strength, it would be necessary to give him new blood vessels and new entrails, as well as good blood; and that is something that transfusion cannot do. I admit it, but it can still give him more vigour than he has, by means of blood that is warmer and more spiritous than his own.

I likewise admit that blood transfusion does not cure all kinds of illnesses; it doubtlessly cannot cure those that stem from inherent defects of the viscera. There is no remedy that can overcome this, but when the cause of the illness lies in the humours; when it originates from completely corrupted blood, which causes so many different ailments, depending on the parts it affects, and the degree of the corruption and the quantity present, I maintain that by drawing this bad blood and replacing it with good blood, one can save a patient; and indeed, who could prevent this, since, the cause of the illness being removed, the effect must necessarily cease?"

"What you say has some merit", replied Polydorus; "but if the patient, after having lost all his own blood, no longer has enough strength to digest the foreign blood that is given to him in place of his own, do you believe, sir, that it is wise to expose a person to such a great and manifest danger? For I have no doubt that you are well aware that foreign blood, even though it is still blood, needs assistance within our bodies to be digested; that is to say, to be transformed into our own blood, since it contains so many components that do not agree with us."

"I admit it", replied Ergaste; "but this is precisely where a doctor's prudence must come into play, not only in using this remedy when needed, but also in preserving the patient's strength and adapting it to the remedy. I mean that he must be very careful to ensure that the patient always has enough vitality to assimilate the blood that is being given to him.

Otherwise, he would be misusing something that is good in itself; but why complain about blood transfusion for that reason? The same applies to other remedies, where the risks are no less significant if they are not administered with proper number, weight and precision. I could even say that perhaps more mistakes are made with other remedies than with blood transfusions, but this is not the place to prove that. Suffice it to say that blood transfusion is only blamed because it is new and has not been sufficiently examined."

"I do not doubt", Oronte continued, "that once this procedure has been performed on several subjects, we will be able to establish more reliable principles. Indeed, there would be a danger in suddenly removing all of a man's blood to perform a general transfusion with new blood. One would not readily expose oneself to such an operation, but it could be performed little by little and at intervals; and just as the same rain nourishes so many different plants, and the same blood nourishes so many different parts of the body, there is no reason to fear that the blood of an animal would not contain elements suitable for nourishing a man.

We clearly see that our blood undergoes notable changes every day, and yet it continues to nourish us. It is true that there is some difference, but it is so slight that it is barely noticeable. Now, since the purpose of a blood transfusion is to restore strength by providing blood that is better than the blood being removed, we can expect positive results when it is performed appropriately and in accordance with the rules.

I know of dogs that have received very large transfusions of calf's blood, and yet they are faring wonderfully and are even more hungry and cheerful than before. There is no novelty that does not have its supporters and its detractors, but we must not let passion force us to take one side rather than the other. The circulation of the blood is not accepted by everyone, even though it has been so clearly demonstrated.

Monsieur Pecquet's theories on vessels have been publicly challenged. Blood transfusion will likewise be attacked, but it will also have its supporters, among whom I count myself; for I cannot believe that the blood of animals cannot provide man with components suited to his constitution, just as he obtains milk and meat from them, which, being much further removed from human blood, also require more preparation."

"What you say may or may not be true", replied Periander, "if we are to blame those who reject everything without examining anything. Those who, on the other hand, approve everything without consideration are no less blameworthy.

It is therefore necessary to follow a middle ground here, or, to put it more clearly, one must consider the matter well before either accepting or rejecting it; and this, it seems to me, is what has been done quite well with regard to blood transfusion, which is older than you might think. For, long before the English had experimented with it, I had discussed it extensively in the Academy of the illustrious Dorante; and I had even successfully used it on a few occasions, but, in truth, in a different way than it is used now.

You can see, therefore, that we have had ample leisure to examine what it is, so it is not without reason that we do not use it in the way that some people do."

"You will do me pleasure, sir", interrupted Ergaste, "by telling me the reasons that have obliged you to reject it."

"I only have one, sir", replied Periander, "but it is worth a thousand; and it alone is enough to prevent its common use. For every good it might bring, it could cause a hundred evils through the imprudence of those who would not use it properly, which would be all too common, given the great difficulties involved in using it well."

Ergaste would not have stopped there if the company, satisfied with this reason, had not ended the conversation by getting up and taking their leave of Periander.
The end.


Above: Pierre Bourdelot.

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