Monday, December 9, 2019

Kristina's letter to Azzolino, dated July 25/August 4 (New Style), 1666

Sources:

Christine de Suède et le cardinal Azzolino: Lettres inédites (1666-1668), pages 189 to 194, published by Baron Carl Bildt, 1899


https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Letters_by_Christina_of_Sweden_to_Cardinal_Decio_Azzolino_(1666–1668)

Christina of Sweden, page 230, by Ida Ashworth Taylor, 1909


Från stoicism till mystik: Studier i drottning Kristinas maximer, page 213, by Sven Stolpe, 1959

Drottning Kristina: Efter tronavsägelsen, page 111, by Sven Stolpe, 1961








Kristina wrote this letter to Cardinal Decio Azzolino on July 25/August 4 (New Style), 1666.

Kristina's letter of July 21/31 (New Style) to King Louis XIV of France is here:


Kristina's memorandum of that same day to Hugues de Lionne is here:


The letter:

20 lestre dAmbvr le 4 dAgoust 1666 —
Jay receu avec toutte la ioye immaginable Vostre settiesme lestre et quoy qve iay a me plaindre de limpaicence que Vous tesmoingez pour mon Voyage de Stocholme elle ne laisse pas davoir qvelqve Chose de fort obligent et agreable pour moy, et daccroitre la minne qvi est retarde par les Considerations que Vous aurez appris par mes presedentes.

Jauroys sovhaitte Comme Vous de povvoir Vous escrire de Stocholme ou du moins de Suede mais Vous savez bien que ie Vous ay tousiours dit qve ie ne Voulois aller en Svede qua deux Conditions lune que la diette se fit, laustre qve lon me donne lexercice de la religion libre. la diette se differe ce celon toute apparence iay Casi perdu lesperance qvelle se tienne pour cette anne, et ie nay pas obtenu encore la liberte de lexercice de la religion, et ie suis icy en attendant la reponse qvon fera la desus a Strop qve iy ay enVoye pour le solliciter. Car a moins qvon me laccorde je ne puis mhasarder a ce Voyage, iusques a ce que ie sois asseure de la diette Car qvant ie seray asseure qvelle se fera iyray qvon me le donne ou qvon me le donne pas, et yray en personne la solliciter aupres de Messr. les Estats qvi ne me la refuseront pas a ce qve iespere. Je Vous ay dit asse amplement et Clariement mes sentiments la desus dans mes presedentes et Jl ne me reste rien a y adiouster.

Je suis ravie de lhoneur que le Roy de france Vous a fait et Vous avriez eu le plus gran tort du monde de naccepter pas vne si obligente lettre qvi ne Contient qve des Civilites et ne Vous engage a rien de Contraire a Vostre devoir. Je Vous prie de la montrer a touts le monde pour faire Crever Vos envieux, Car pour moy ie ne fais pas de segret de lenvie que iay de servir le Roy en Svede et par tout. Car puis qve le Roy me fait mille amities a present Je feray Conoistre a tout le qve si iay este invincible du Coste de la fierete ie le Veux ausi lestre du Coste de la Civilite. faittes ausi Voir ma lestre afin qve lon sache qve ie prens laffaire de la maniere quil faut. Jay Creu devoir escrire cette lestre povr tesmoinger a toutte la terre linterest qve ie prens en ce qui Vous touche et donner tesmoinage de lestime de lamitie et de lobligation que ie Vous professe. si ma lestre Vous plait Ce me sera beauCoup de Joye sinon Je Vous prie de pardonner la foiblesse de mes expressions a la force de lamitie qvi Vous est tres Coneue qvi rend touttes les expressions defectvevse.

Vous trovverez vn memoire qve iay iuge a propos enVoier a Monsr. Lionne pour preparer les esprits a touts evenements Je seray for satisfaitte de moy si iavois donne dans Vos sentiments. au moins Jl me semble qve ie nay rien hasardee.

Je suis au desespoir dapprendre la maladie du pape mais Vos lestre me Consolent en me faisant esperer que ie le retroveray dans le mesme estat qve ie lay laisse, et Je le souhaitte de tout mon Coeur et si mon Coeur ne me trompe il masseure que Jaurois cette ioye.

Ce qve Vous me dittes de lElecteur Saxe nest pas vn segret icy, lon en parle publiqvement. si la Vocation est Veritable, la Suede ne poura pas lempecher. Je Crains plus sa femme qve le reste, Car ie Crois qve lelectevr de brandeburg feroit de mesme si lopiniatrete de sa femme ny mestoit dostacle. les menasses de la Svede en ses temps son asse Coneves et ne sont gere Craintes, Car se nest plus Cette mesme Svede qui donnoit des lois a lempire, et povr ainsi dire qvi les donnoit Casi a lEurope, et si lon Continue a se govuerner Comme lon fait ie Crois qu'a lieux de les donner elle les recevra pour lon temps.

laliance faitte avec la france nest rien qu'une simple asseurence de neutralite. si elle se Conclut de la maniere quelle est proiette elle napportera a la Suede que peu de profit et beaucoup de honte, au lieu qve sil leusse faite a temps Jl en auroit tire des avantages de gloire et de profit inComparables. mon opinion est quils Veulent attendre le succes de la battalie navale des deux Nations, pour prendre leur derniere resolutions. lon atten par tout le svces de cette battallie qvi reglera bien des affaires quoy que mon opinion soit qvelle prodvira la paix qvel qven soit le suces Car lAngletere est espvise dhommes dargent et par Consequent de force, cest leur dernier effort et lhollande ne Veut que la paix, Car Cest la plus grande Conqveste qvelle puisse faire, et Cest la seulle Chose dont elle a besoin estant Abondante de tout le reste.

Vrangel a est indispose ie luy ay envoye mon medicin lequel ma rapporte quil se porte mieux et est hors de danger. Je Crois que le Chagrin a bonne part a son mal

la Suede traitte tousiour avec la Vile de Bremen, et ie Crois qvon traittera lon temps, Car Jl ny austre Chose. le bruit de la Vile de dAmbur a este plus de huit huit Jour qu'on avoit bloqve la Vile; mais Cela nest pas et si Vous l'entendez drie ne le Croiez pas si ie ne Vous lescris, Car est une sottise qve iespere quon ne fera pas.

lon parle ausi que le roy de Dannemarque Veut attaquer cette Vile cette novelle toutte ridicule qvelle est trouve des gens asse sots pour la Croire. pour moy ie suis au desespoir de navoir pas ce passe temps Car ausi bien seroit ce le seul qvon pouroit avoir a Hambur et mesme on ne laura pas. Comme lon a Veu Majense prendre erfort et Magdebur pris par Bandebur, et qve la Svede avoit envie de Bremen, lon Croit qve le Dannemarque a la mesme envie d'Ambur, mais apparemment Jl auront long temps cet envie.

la novvelle de la defaitte du Roy de polonge Continue et est Creu Veritable icy de tout le monde.

lon nous fait espere qve les moscovites saccommoderont enfin avec la Svede ce qui me Consoleroit fort.

Je Vous envoy une lestre dAdami qve iay pris la liberte douvrir par ce quil ne ma pas escrit. Je lattens icy tous les iours avec autan plus dipacience que so Chiffre mest necessaire, quoy qve iay attendu for bien tout ce qve Vous me dittes et me regleray sur les messures que Vous me donnez. Jespere que touts mes affaires se disposeront heureusement pour moy et ausi tost qu'Adamy sera ycy ie lenVoyeray en pomeraine povr remedier a touts les inconveniets, et pour renovveller les fermes avec mes fermiers ou en prendre daustres.

les austres fermes se feront ausi sil plait a Dieu Celon le proiet d'Adamy mais iespere den tirer enCore qvelqve chose de plus.

Je Vous prie ne Vous inquiette pas pour mes interest et soyez Certain que i'en Viendray heureusement au bout. au moins Je ny esparngeray ny soin ny application.

Je ne sauray pas mempecher de me plaindre avec Vous du malheur qui me differe si Cruellement mon retour. Je vous prie de Considerer Combien Vivement ie dois resentir vn malheur qui est Casi le plus gran qvi me povoit arriver en Ce monde et Je Vous prie de Croire qve la Cruelle necssite qui moblige a faire cet effort sur mon inClination mest insupportable au de la de tout ce que Vous pouvez immaginer. Je Vous prie de penser iuste la desus et de Croire tout ce qve Vous devez Croire pour ma Consolation, Car si sur ce suiet Vous nestiez persuade de la maniere que Vous le devez l'estre en ma faveur, Je seray inConsolable.

Vous avez Veu mon assiduite a Vous escrire, et Je suis ravie de Voir qve Vous lavez remarque, ie nay iay mais manque a [...] de Vous escrire et si vous navez receu plus de lestre cest qve ie nay trouve plus doccasion de Vous escrire Car si i'en eusse eu tous les iours et tous les moments ie n'evsse laisse passer aucune san Vous donner les marques de mon souvenir. et Vous ne devez pas men tenir Conte de cette pvntualite Car Vous escrire et recevoir Vos lestre est toutte la ioye qvi me reste en ce monde depuis qve ie vous ay quitte et quant Jl ne faudroit pas Vous escrire pour Vostre Consolation Jl faudroit au moins Vous escrie pour la mienne. faittes de mesme Je Vous en prie et donnons nous reciproquement le plus sovvent qve Nous povvons les tesmoinages dune amitie qvi ne peut et ne doit finir qu'avec nostre Vie.

Jepanse navoir plus rien a Vous dire si nest que ie me porte parfaittement bien et que ie seray trop heureuse sil mest permis de Vous revoir enCore vne fois devan mourir. adieu

Jattens avec impacience Vostre huittiesme lestre et iespre de lavoir dans peu dheures adieu

Je viens de recevoir Vostre huittiesme lestre et nay pas loisir dy repondre mes presedentes y on repondu en partie et ie ne Vous sauray rien dire de plus. la maladie du pape mafflige mais Jl se faut enfin consoler et prendre le Choses Comme elle Vienne Je Vous diray qvelqve Chose de plus par lordinarie prochain et cepandant ie prie dieu quil Vous Conserve. adieu

With modernised spelling (with Kristina's spelling mistakes preserved as much as possible):

20 lettre de [H]ambour[g], le 4 d'agoût [sic] 1666. —
J'ai reçu avec toute la joie immaginable [sic] votre settième [sic] lettre et, quoique j'aie à me plaindre de l'impaitence [sic] que vous témoingez [sic] pour mon voyage de Stockholm, elle ne laisse pas d'avoir quelque chose de fort obligeant et agréable pour moi, et d'accroître la mi[e]nne qui est retardée par les considérations que vous aurez appris[es] par mes précédentes.

J'aurais souhaité, comme vous, de pouvoir vous écrire de Stockholm, ou du moins de Suède; mais vous savez bien que je vous ai toujours dit que je ne voulais aller en Suède qu'à deux conditions: l'une que la Diète se fit, l'autre que l'on me donne l'exercice de la religion libre. La Diète se diffère, selon toute apparence. J'ai quasi perdu l'espérance qu'elle se tienne pour cette année, et je n'ai pas obtenu encore la liberté de l'exercice de la religion; et je suis ici en attendant la réponse qu'on fera là-dessus à Stropp que j'y ai envoyé pour le solliciter. Car, à moins qu'on me l'accorde, je ne puis m[e] hasarder à ce voyage jusqu'à ce que je sois assurée de la Diète; car, quand je serai assurée qu'elle se fera, j'irai, qu'on me le donne ou qu'on ne me le donne pas, et irai en personne la solliciter auprès de Messieurs les États, qui ne me la refuseront pas, à ce que j'espère. Je vous ai dit assez amplement et clairement mes sentiments là-dessus dans mes précédentes, et il ne me reste rien à y ajouter.

Je suis ravie de l'honneur que le roi de France vous a fait, et vous auriez eu le plus grand tort du monde de n'accepter pas une si obligeante lettre, qui ne contient que des civilités et ne vous engage à rien de contraire à votre devoir. Je vous prie de la montrer à tout le monde pour faire crever vos envieux; car, pour moi, je ne fais pas de secret de l'envie que j'ai de servir le roi, en Suède et partout. Car, puisque le Roi me fait mille amitiés à présent, je ferai connaître à tout le [monde] que si j'ai été invincible du côté de la fiereté [sic], je le veux aussi l'être du côté de la civilité. Faites aussi voir ma lettre, afin que l'on sache que je prends l'affaire de la manière qu'il faut. J'ai cru devoir écrire cette lettre pour témoinger [sic] à toute la terre l'intérêt que je prends en ce qui vous touche et donner témoi[g]nage de l'estime, de l'amitié et de l'obligation que je vous professe. Si ma lettre vous plaît, ce me sera beaucoup de joie; sinon je vous prie de pardonner la faiblesse de mes expressions à la force de l'amitié qui vous est très connue [et] qui rend toutes les expressions défectueuses.

Vous trouverez un mémoire que j'ai jugé à propos envoyer à Monsieur de Lionne pour préparer les esprits à tous événements. Je serais fort satisfaite de moi si j'avais donné dans vos sentiments. Au moins, il me semble que je n'ai rien hasardé.

Je suis au désespoir d'apprendre la maladie du pape, mais vos lettres me consolent en me faisant espérer que je le retrouverai dans le même état que je l'ai laissé, et je le souhaite de tout mon cœur; et, si mon cœur ne me trompe, il m'assure que j'aurai cette joie.

Ce que vous me dites de l'électeur [de] Saxe n'est pas un segret [sic] ici; l'on en parle publiquement. Si la vocation est véritable, la Suède ne pourra pas l'empêcher. Je crains plus sa femme que le reste, car je crois que l'électeur de Brandebourg ferait de même si l'opiniâtreté de sa femme n'y mettait d'obstacle. Les menaces de la Suède en ces temps sont assez connues et ne sont guère craintes, car ce n'est plus cette même Suède qui donnait des lois à l'Empire et, pour ainsi dire, qui les donnait quasi à l'Europe; et si l'on continue à se gouverner comme l'on fait, je crois qu'a[u] lieu de les donner elle les recevra pour longtemps.

L'alliance faite avec la France n'est rien qu'une simple assurance de neutralité. Si elle se conclut de la manière qu'elle est projetée, elle n'apportera à la Suède que peu de profit et beaucoup de honte, au lieu que s'ils l'eussent faite à temps elle en aurait tiré des avantages de gloire et de profit incomparables. Mon opinion est qu'ils veulent attendre le succès de la batallie [sic] navale des deux nations pour prendre leur dernières résolutions. L'on attend partout le succès de cette battallie [sic] qui réglera bien des affaires, quoique mon opinion soit qu'elle produira la paix, quel qu'en soit le succès, car l'Angleterre est épuissée d'hommes, d'argent et par conséquent de force, et c'est leur dernier effort; et la Hollande ne veut que la paix, car c'est la plus grande conquête qu'elle puisse faire, et c'est la seule chose dont elle a besoin, étant abondante de tout le reste.

Wrangel a été indisposé. Je lui ai envoyé mon médicin [sic], lequel m'a rapporté qu'il se porte mieux et est hors de danger. Je crois que le chagrin a bonne part à son mal.

La Suède traite toujours avec la ville de Brêmen [sic], et je crois qu'on traitera longtemps, car il n'y aura autre chose. Le bruit de la ville de [H]ambour[g] a été plus de huit jours, qu'on avait bloqué la ville; mais cela n'est pas, et si vous l'entendez dire ne le croyez pas si je ne vous l'écris, car c'est une sottise que j'espère qu'on ne fera pas.

L'on parle aussi que le roi de Danemark veut attaquer cette ville. Cette nouvelle, toute ridicule qu'elle est, trouve des gens assez sots pour la croire. Pour moi, je suis au désespoir de n'avoir pas ce passe-temps, car aussi bien serait-ce le seul qu'on pourrait avoir à Hambour[g], et même on ne l'aura pas. Comme l'on a vu Mayence prendre Erford, et Magdebour[g] pris par B[r]andebour[g], et que la Suède avait envie de Brêmen [sic], l'on croit que le Danemark à la même envie de [H]ambour[g]; mais, apparemment, ils auront longtemps cet envie.

La nouvelle de la défaite du roi de Polonge [sic] continue et est crue véritable ici de tout le monde.

L'on nous fait espère que les Moscovites s'accommoderont enfin avec la Suède, ce qui me consolerait fort.

Je vous envoie une lettre d'Adami que j'ai pris la liberté d'ouvrir parce qu'il ne m'a pas écrit. Je l'attends ici tous les jours, avec autant plus d'i[m]patience que so[n] chiffre m'est nécessaire, quoique j'ai attendu fort bien tout ce que vous me dites, et me réglerai sur les mesures que vous me donnez. J'espère que tous mes affaires se disposeront heureusement pour moi, et aussitôt qu'Adami sera ici, je l'enverrai en Poméranie pour rémedier à tous les inconvénients, et pour renouveler les fermes avec mes fermiers, ou en prendre d'autres.

Les autres fermes se feront aussi, s'il plaît à Dieu, selon le projet d'Adami, mais j'espère d'en tirer encore quelque chose de plus.

Je vous prie, ne vous inquiétez pas pour mes intérêts et soyez certain que j'en viendrai heureusement au bout. Au moins, je n'y éparngerai [sic] ni soin ni application.

Je ne saurai pas m'empêcher de me plaindre avec vous du malheur qui me diffère si cruellement mon retour. Je vous prie de considérer combien vivement je dois ressentir un malheur qui est quasi le plus grand qui me pouvait arriver en ce monde, et je vous prie de croire que la cruelle nécessité qui m'oblige à faire cet effort sur mon inclination m'est insupportable au delà de tout ce que vous pouvez immaginer [sic]. Je vous prie de penser juste là-dessus et de croire tout ce que vous devez croire pour ma consolation, car si sur ce sujet vous n'étiez persuadé de la manière que vous le devez l'être en ma faveur, je serais inconsolable.

Vous avez vu mon assiduité à vous écrire, et je suis ravie de voir que vous l'avez remarquée. Je n'ai jamais manqué à [aucune occasion] de vous écrire, et si vous n'avez reçu plus de lettres, c'est que je n'ai trouvé plus d'occasion de vous écrire, car si j'en eusse eu tous les jours et tous les moments, je n'eusse laissé passer aucune sans vous donner les marques de mon souvenir. Et vous ne devez pas m'en tenir compte de cette pun[c]tualité [sic], car vous écrire et recevoir vos lettres est toute la joie qui me reste en ce monde, depuis que je vous ai quitté, et quand il ne faudrait pas vous écri[r]e pour votre consolation, il faudrait au moins vous écrire pour la mienne. Faites de même, je vous en prie, et donnons-nous réciproquement, le plus souvent que nous pouvons, les témoi[g]nages d'une amitié qui ne peut et ne doit finir qu'avec notre vie.

Je panse [sic] n'avoir plus rien à vous dire, si [ce] n'est que je me porte parfaitement bien et que je serai trop heureuse s'il m'est permis de vous revoir encore une fois devant [de] mourir. Adieu.

J'attends avec impatience votre huitième lettre et j'esp[è]re de l'avoir dans peu d'heures. Adieu.

Je viens de recevoir votre huitième lettre et n'ai pas loisir d'y répondre. Mes précédentes y ont répondu en partie, et je ne vous saurais rien dire de plus. La maladie du pape m'afflige, mais il se faut enfin consoler et prendre les choses comme elles viennent. Je vous dirai quelque chose de plus par l'ordinaire prochain, et, cepandant [sic], je prie Dieu qu'il vous conserve. Adieu.

With modernised spelling (Bildt's transcript):

Hambourg, 4 août 1666.
J'ai reçu avec toute la joie imaginable votre septième lettre et, quoique j'aie à me plaindre de l'impatience que vous témoignez pour mon voyage de Stockholm, elle ne laisse pas d'avoir quelque chose de fort obligeant et agréable pour moi, et d'accroître la mienne qui est retardée par les considérations que vous aurez apprises par mes précédentes.

J'aurais souhaité, comme vous, de pouvoir vous écrire de Stockholm, ou du moins de Suède; mais vous savez bien que je vous ai toujours dit que je ne voulais aller en Suède qu'à deux conditions: l'une que la Diète se fit, l'autre que l'on me donne l'exercice de la religion libre. La Diète se diffère, selon toute apparence. J'ai quasi perdu l'espérance qu'elle se tienne pour cette année, et je n'ai pas obtenu encore la liberté de l'exercice de la religion; et je suis ici en attendant la réponse qu'on fera là-dessus à Stropp que j'y ai envoyé pour le solliciter. Car, à moins qu'on me l'accorde, je ne puis me hasarder à ce voyage, jusqu'à ce que je sois assurée de la Diète; car, quand je serai assurée qu'elle se fera, j'irai, qu'on me le donne ou qu'on ne me le donne pas, et irai en personne la solliciter auprès de Messieurs les États qui ne me la refuseront pas, à ce que j'espère. Je vous ai dit assez amplement et clairement mes sentiments là-dessus dans mes précédentes, et il ne me reste rien à y ajouter.

Je suis ravie de l'honneur que le roi de France vous a fait, et vous auriez eu le plus grand tort du monde de n'accepter pas une si obligeante lettre, qui ne contient que des civilités et ne vous engage à rien de contraire à votre devoir. Je vous prie de la montrer à tout le monde pour faire crever vos envieux; car, pour moi, je ne fais pas de secret de l'envie que j'ai de servir le Roi, en Suède, et partout. Car, puisque le Roi me fait mille amitiés à présent, je ferai connaître à tout le [monde] que si j'ai été invincible du côté de la fierté, je le veux aussi l'être du côté de la civilité. Faites aussi voir ma lettre, afin que l'on sache que je prends l'affaire de la manière qu'il faut. J'ai cru devoir écrire cette lettre pour témoigner à toute la terre l'intérêt que je prends en ce qui vous touche et donner témoignage de l'estime, de l'amitié et de l'obligation que je vous professe. Si ma lettre vous plaît, ce me sera beaucoup de joie; sinon je vous prie de pardonner la faiblesse de mes expressions à la force de l'amitié qui vous est très connue [et] qui rend toutes les expressions défectueuses.

Vous trouverez un mémoire que j'ai jugé à propos envoyer à M. de Lionne pour préparer les esprits à tous événements. Je serais fort satisfaite de moi si j'avais donné dans vos sentiments. Au moins, il me semble que je n'ai rien hasardé.

Je suis au désespoir d'apprendre la maladie du Pape, mais vos lettres me consolent en me faisant espérer que je le retrouverai dans le même état que je l'ai laissé, et je le souhaite de tout mon cœur, et si mon cœur ne me trompe il m'assure que j'aurai cette joie.

Ce que vous me dites de l'Électeur [de] Saxe n'est pas un secret ici; l'on en parle publiquement. Si la vocation est véritable, la Suède ne pourra pas l'empêcher. Je crains plus sa femme que le reste, car je crois que l'Électeur de Brandebourg ferait de même si l'opiniâtreté de sa femme n'y mettait obstacle. Les menaces de la Suède en ces temps sont assez connues et ne sont guère craintes, car ce n'est plus cette même Suède qui donnait des lois à l'Empire et, pour ainsi dire, qui les donnait quasi à l'Europe; et si l'on continue à se gouverner comme l'on fait, je crois qu'au lieu de les donner elle les recevra pour longtemps.

L'alliance faite avec la France n'est rien qu'une simple assurance de neutralité. Si elle se conclut de la manière qu'elle est projetée, elle n'apportera à la Suède que peu de profit et beaucoup de honte, au lieu que s'ils l'eussent faite à temps elle en aurait tiré des avantages de gloire et de profit incomparables. Mon opinion est qu'ils veulent attendre le succès de la bataille navale des deux nations pour prendre leur dernières résolutions. L'on attend partout le succès de cette bataille qui réglera bien des affaires, quoique mon opinion soit qu'elle produira la paix, quel qu'en soit le succès, car l'Angleterre est épuissée d'hommes, d'argent et par conséquent de force, et c'est leur dernier effort; et la Hollande ne veut que la paix, car c'est la plus grande conquête qu'elle puisse faire, et c'est la seule chose dont elle a besoin, étant abondante de tout le reste.

Wrangel a été indisposé. Je lui ai envoyé mon médecin, lequel m'a rapporté qu'il se porte mieux et est hors de danger. Je crois que le chagrin a bonne part à son mal.

La Suède traite toujours avec la ville de Brême, et je crois qu'on traitera longtemps, car il n'y aura autre chose. Le bruit de la ville de Hambourg a été plus de huit jours, qu'on avait bloqué la ville; mais cela n'est pas, et si vous l'entendez dire ne le croyez pas si je ne vous l'écris, car c'est une sottise que j'espère qu'on ne fera pas.

L'on parle aussi que le roi de Danemark veut attaquer cette ville. Cette nouvelle, toute ridicule qu'elle est, trouve des gens assez sots pour la croire. Pour moi, je suis au désespoir de n'avoir pas ce passe-temps, car aussi bien serait-ce le seul qu'on pourrait avoir à Hambourg, et même on ne l'aura pas. Comme l'on a vu Mayence prendre Erfurth, et Magdebourg pris par Brandebourg, et que la Suède avait envie de Brême, l'on croit que le Danemark à la même envie de Hambourg; mais, apparemment, ils auront longtemps cet envie.

La nouvelle de la défaite du roi de Pologne continue et est crue véritable, ici, de tout le monde.

L'on nous fait espère que les Moscovites s'accommoderont enfin avec la Suède, ce qui me consolerait fort.

Je vous envoie une lettre d'Adami que j'ai pris la liberté d'ouvrir parce qu'il ne m'a pas écrit. Je l'attends ici tous les jours, avec autant plus d'impatience que son chiffre m'est nécessaire, quoique j'ai attendu fort bien tout ce que vous me dites, et me réglerai sur les mesures que vous me donnez. J'espère que tous mes affaires se disposeront heureusement pour moi, et aussitôt qu'Adami sera ici, je l'enverrai en Poméranie pour rémedier à tous les inconvénients, et pour renouveler les fermes avec mes fermiers, ou en prendre d'autres.

Les autres fermes se feront aussi, s'il plaît à Dieu, selon le projet d'Adami, mais j'espère d'en tirer encore quelque chose de plus.

Je vous prie, ne vous inquiétez pas pour mes intérêts et soyez certain que j'en viendrai heureusement au bout. Au moins, je n'y épargnerai ni soin ni application.

Je ne saurai pas m'empêcher de me plaindre avec vous du malheur qui me diffère si cruellement mon retour. Je vous prie de considérer combien vivement je dois ressentir un malheur qui est quasi le plus grand qui me pouvait arriver en ce monde, et je vous prie de croire que la cruelle nécessité qui m'oblige à faire cet effort sur mon inclination m'est insupportable au delà de tout ce que vous pouvez imaginer. Je vous prie de penser juste là-dessus et de croire tout ce que vous devez croire pour ma consolation, car si sur ce sujet vous n'étiez persuadé de la manière que vous le devez l'être en ma faveur, je serais inconsolable.

Vous avez vu mon assiduité à vous écrire, et je suis ravie de voir que vous l'avez remarquée. Je n'ai jamais manqué à aucune occasion de vous écrire, et si vous n'avez reçu plus de lettres, c'est que je n'ai trouvé plus d'occasion de vous écrire, car si j'en eusse eu tous les jours et tous les moments, je n'eusse laissé passer aucune sans vous donner les marques de mon souvenir. Et vous ne devez pas m'en tenir compte de cette ponctualité, car vous écrire et recevoir vos lettres est toute la joie qui me reste en ce monde, depuis que je vous ai quitté, et quand il ne faudrait pas vous écrire pour votre consolation, il faudrait au moins vous écrire pour la mienne. Faites de même, je vous en prie, et donnons-nous récriproquement [sic], le plus souvent que nous pouvons, les témoignages d'une amitié qui ne peut et ne doit finir qu'avec notre vie.

Je pense n'avoir plus rien à vous dire, si [ce] n'est que je me porte parfaitement bien et que je serai trop heureuse s'il m'est permis de vous revoir encore une fois devant [de] mourir. Adieu.

J'attends avec impatience votre huitième lettre et j'espère de l'avoir dans peu d'heures. Adieu.

Je viens de recevoir votre huitième lettre et n'ai pas loisir d'y répondre. Mes précédentes y ont répondu en partie, et je ne vous saurais rien dire de plus. La maladie du pape m'afflige, mais il se faut enfin consoler et prendre les choses comme elles viennent. Je vous dirai quelque chose de plus par l'ordinaire prochain, et, cependant, je prie Dieu qu'il vous conserve. Adieu.

Swedish translation (my own):

20:e brev från Hamburg, den 4 augusti 1666. —
Jag har med all tänkbar glädje mottagit Ert sjunde brev och, ehuru jag har anledning att klaga på den otålighet Ni visar för min resa till Stockholm, har det ändå något mycket förpliktande och behagligt för mig, och att öka mitt som fördröjs av övervägandena som Ni kommer att ha förnummit av mina tidigare brev.

Jag hade velat, liksom Ni, kunna skriva till Er från Stockholm, eller åtminstone från Sverige; men Ni vet väl att jag alltid har sagt till Er att jag bara ville resa till Sverige på två villkor: det ena att Riksdagen äger rum, det andra att jag får utöva fri religion. Riksdagen skjuts upp, efter alla sken. Jag har nästan tappat hoppet om att den kommer att hållas i år, och jag har ännu inte fått friheten att utöva religion; och jag väntar här på det svar man kommer att ge till Stropp i detta ämne, som jag har skickat dit för att begära den. Ty om den inte beviljas mig, kan jag inte våga mig på denna resa förrän jag är säker på Riksdagen, ty när jag är säker på att den kommer att hållas, så går jag, vare sig den är mig given eller inte, och jag skall åka personligen för att begära det från Ständernas, som inte skall vägra mig vad jag hoppas på. Jag har mycket tydligt och rikligt berättat om mina känslor härom i mina tidigare brev, och det finns inget kvar för mig att tillägga.

Jag glädjer mig över den ära som Frankrikes konung har gjort Er, och Ni skulle ha haft den största orätt i världen att inte acceptera ett sådant förpliktande brev, som bara innehåller artighetsbetygelser och inte förbinder Er till något som strider mot Er plikt. Jag ber Er att visa det för alla för att krossa dem som avundas Er; ty för mig gör jag ingen hemlighet av den önskan jag har att tjäna konungen i Sverige och överallt. Ty konungen ger mig tusen vänskapsbetygelser nu, kommer jag att låta alla veta att om jag har varit oövervinnerlig på stolthetens sida, vill jag också vara oövervinnerlig på artighetsbetygelsernas sida. Visa också mitt brev så att folk vet att jag hanterar ärendet på rätt sätt. Jag tyckte det var nödvändigt att skriva detta brev för att visa hela världen det intresse jag har för det som angår Er och för att vittna om den aktning, vänskap och skyldighet som jag bekänner till Er. Om mitt brev behagar Er, blir det en stor glädje för mig; emellertid ber jag Er förlåta svagheten i mina uttryck för styrkan i den vänskap, som är mycket välkänd för Er och som gör alla uttryck bristfälliga.

Ni finner ett memorial som jag har ansett lämpligt att skicka till monsieur de Lionne för att förbereda människors sinnen för alla händelser. Jag skulle vara väldigt nöjd med mig själv om jag hade reflekterat Era känslor. Åtminstone verkar det som om jag inte har hasarderat någonting.

Jag är förtvivlad över att få veta om påvens sjukdom, men Era brev tröstar mig genom att få mig att hoppas att jag skall finna honom i samma tillstånd som han var i när jag lämnade honom, och jag hoppas detta av hela mitt hjärta; och om mitt hjärta inte bedrar mig, försäkrar det mig att jag kommer att få denna glädje.

Vad Ni berättar om kurfursten av Sachsen är ingen hemlighet här; man talar om det offentligt. Om vokationen är sann kommer Sverige inte att kunna förhindra det. Jag fruktar hans maka mer än de andra, ty jag tror att kurfursten av Brandenburg skulle göra detsamma om hans makas envishet inte stod i vägen. Hoten från Sverige i dessa tider är ganska välkända och fruktas knappast, emedan det inte längre är samma Sverige som gav lagar åt Imperiet och så att säga som nästan gav dem åt Europa; och om man fortsätter att styra sig själv som man gör, tror jag att istället för att ge bort dem, kommer det att ta emot dem under lång tid.

Alliansen med Frankrike är inget annat än en enkel försäkran om neutralitet. Om det avslutas på det sätt som det projiceras, kommer det att ge Sverige liten vinst och mycket skam, medan om de hade gjort det i tid skulle det ha fått fördelar av ära och ojämförliga vinster. Min åsikt är att de vill vänta på framgången för de två nationernas sjöstrid för att fatta sina slutgiltiga resolutioner. Alla förväntar sig framgången för denna strid som kommer att lösa många angelägenheter, även om min åsikt är att den kommer att skapa fred, oavsett framgång, ty England är utmattat av män, på pengar och följaktligen på våld, och detta är deras sista ansträngning; och Holland vill bara ha fred, ty det är den största erövringen det kan göra, och det är det enda det behöver, eftersom det är rikligt med allt annat.

Wrangel har varit indisponerad. Jag har skickat min medikus till honom som har sagt till mig att han mår bättre och är utom fara. Jag tror att sorgen har en god del i hans sjukdom.

Sverige trakterar fortfarande med staden Bremen, och jag tror att man kommer att traktera länge, ty det blir inget annat. Ryktet från staden Hamburg var att staden hade varit blockad i mer än åtta dagar, men så är inte fallet; och om Ni hör det sägas, tro det inte om jag inte skriver det till Er, ty det är en dumhet som jag hoppas att man inte kommer att begå.

Det talas också om att konungen av Danmark vill attackera denna stad. Denna nyhet, hur löjliga den än är, finner folk dumma nog att tro den. När det gäller mig är jag förtvivlad över att inte ha detta tidsfördriv, ty det kan lika gärna vara det enda man kan ha i Hamburg, och det kommer man inte ens ha. Som man sett Mainz inta Erfurt och Magdeburg intaget av Brandenburg och Sverige ville ha Bremen, tror man att Danmark har samma önskan om Hamburg; men tydligen kommer de att ha denna önskan under lång tid.

Nyheten om nederlaget för konungen av Polen fortsätter och tros vara sanna här av alla.

Man är hoppfull om att moskoviterna äntligen skall komma överens med Sverige, vilket skulle vara en stor tröst för mig.

Jag skickar Er ett brev från Adami, som jag tog mig friheten att öppna eftersom han inte har skrivit till mig. Jag väntar på honom här varje dag med så mycket otålighet som hans chiffer är nödvändigt för mig, även om jag har väntat mycket väl på allt Ni säger mig, och jag kommer att bestämma mig för de åtgärder Ni ger mig. Jag hoppas att alla mina angelägenheter ordnas lyckligt för mig, och så snart Adami är här, skickar jag honom till Pommern för att avhjälpa alla olägenheter och förnya arrenden med mina arrenderare eller ta andra.

De andra arrendena skall också göras, om det behagar Gud, enligt Adamis projekt, men jag hoppas få ut något mer av dem.

Jag ber Er, bekymra Er inte om mina intressen och var säker på att jag kommer att ta slut med det lyckligt. Åtminstone kommer jag att spara varken vård eller ansökan.

Jag kommer inte att kunna hjälpa, utan klaga med Er, över den olycka som så grymt försenar min återkomst. Jag ber Er att överväga hur livligt jag måste känna en olycka som nästan är den största som kunde hända mig i denna värld, och jag ber Er att tro att den grymma nödvändighet som tvingar mig att göra denna ansträngning på min böjelse är outhärdlig utöver allt Ni kan föreställa Er. Jag ber Er att tänka rättvist om detta och tro allt vad Ni än måste tro för min tröst, ty om Ni inte var övertygad i detta ämne på det sätt som Ni måste övertalas till min fördel, vore jag otröstlig.

Ni har sett min flit i att skriva till Er, och det glädjer mig att se att Ni har märkt den. Jag har aldrig missat något tillfälle att skriva till Er, och om Ni inte har fått fler brev, så är det för att jag inte längre har funnit möjlighet att skriva till Er, ty om jag hade kunnat få alla dagar och alla stunder, skulle jag inte ha låtit någon av dem passera utan att ge Er märkena av mitt minne. Och Ni måste inte ta hänsyn till denna punktlighet för mig, för att skriva till Er och ta emot Era brev är all den glädje som finns kvar för mig i denna värld ända sedan jag lämnade Er, och när jag inte får skriva till Er för din tröst, måste jag åtminstone skriva till dig för min skull. Gör detsamma, jag ber Er, och låt oss ge varandra, så ofta vi kan, vittnesbördet om en vänskap som bara kan och måste sluta med vårt liv.

Jag tror att jag inte har något mer att säga till Er förutom att jag mår alldeles utmärkt och att jag blir väldigt glad om jag får se Er igen en gång till innan jag dör. Farväl.

Jag väntar med otålighet på Ert åttonde brev, och jag hoppas få det inom några timmar. Farväl.

Jag har rättnu fått Ert åttonde brev och jag har inte tid att svara på det. Mina tidigare brev har delvis besvarat detta, och jag kan inte berätta något mer. Påvens sjukdom bedrövar mig djupt, men man måste äntligen trösta sig och ta saker som de kommer. Jag skall berätta något mer för Er inom en snar framtid, och emellertid ber jag Gud att han bevare Er. Farväl.

English translation (my own):

20th letter from Hamburg, August 4, 1666. —
I have received with all imaginable joy your seventh letter and, although I have reason to complain about the impatience you show for my journey to Stockholm, it still has something very obliging and pleasant for me, and to increase mine which is delayed by the considerations that you will have learned from my previous letters.

I would have liked, like you, to be able to write to you from Stockholm, or at least from Sweden; but you know well that I have always told you that I only wanted to go to Sweden on two conditions: one, that the Riksdag take place, the other, that I be given the exercise of free religion. The Riksdag is deferred, according to all appearances. I have almost lost hope that it will be held this year, and I have not yet obtained the freedom of the exercise of religion; and I am here awaiting the response that one will give to Stropp on this subject, whom I have sent there to request it. For, unless it is granted to me, I cannot venture on this journey until I am assured of the Riksdag because, when I am assured that it will be held, I will go, whether it is given to me or not, and I shall go in person to request it from the lords of the Estates, who will not refuse to me what I hope for. I have told you quite amply and clearly my feelings on this in my previous letters, and there is nothing left for me to add.

I am delighted with the honour that the King of France has done you, and you would have had the greatest wrong in the world not to accept such an obliging letter, which contains only civilities and does not commit you to anything contrary to your duty. I beg you to show it to everyone to crush your envious people; because, for me, I make no secret of the desire I have to serve the King, in Sweden and everywhere. Because, as the King gives me a thousand friendships now, I will let everyone know that if I have been invincible on the side of pride, I also want to be invincible on the side of civility. Also, do show my letter, so that people know that I am handling the matter in the right way. I thought it necessary to write this letter to demonstrate to the whole world the interest I take in what concerns you and to give testimony to the esteem, friendship and obligation that I profess to you. If my letter pleases you, it will be a great joy to me; in the meantime I beg you to forgive the weakness of my expressions for the strength of the friendship which is very well known to you and which makes all expressions defective.

You will find a memorandum that I have deemed appropriate to send to Monsieur de Lionne to prepare people's minds for all events. I would be very satisfied with myself if I had reflected your feelings. At least it seems to me that I haven't hazarded anything.

I am in despair to learn of the Pope's illness, but your letters console me by making me hope that I will find him in the same state he was in when I left him, and I hope this with all my heart; and, if my heart does not deceive me, it assures me that I shall have this joy.

What you tell me about the Elector of Saxony is no secret here; one speaks of it publicly. If the vocation is true, Sweden will not be able to prevent it. I fear his wife more than the rest, because I believe that the Elector of Brandenburg would do the same if his wife's stubbornness did not get in the way. The threats from Sweden in these times are quite well known and are hardly feared, because it is no longer the same Sweden which gave laws to the Empire and, so to speak, which almost gave them to Europe; and if one continues to govern oneself as one does, I believe that, instead of giving them away, it will be receiving them for a long time.

The alliance made with France is nothing more than a simple assurance of neutrality. If it is concluded in the way it is projected, it will bring Sweden little profit and a lot of shame, whereas if they had done it in time it would have gained advantages of glory and  incomparable profits. My opinion is that they want to wait for the success of the naval battle of the two nations to make their final resolutions. Everyone expects the success of this battle which will settle many affairs, although my opinion is that it will produce peace, whatever the success, because England is exhausted of men, of money and consequently of force, and this is their last effort; and Holland only wants peace, for it is the greatest conquest it can make, and it is the only thing it needs, being abundant in everything else.

Wrangel has been indisposed. I have sent him my doctor, who has told me that he is doing better and is out of danger. I believe that grief has a good part in his illness.

Sweden is still treating with the city of Bremen, and I believe that one will be treating for a long time, because there will be nothing else. The rumour from the city of Hamburg was that the city had been blockaded for more than eight days, but that is not the case; and if you hear it said, do not believe it unless I write it to you, because it is a stupidity that I hope one will not commit.

There is also talk that the King of Denmark wants to attack this city. This news, ridiculous as it is, finds people foolish enough to believe it. As for me, I am in despair at not having this pastime, because it might as well be the only one one could have in Hamburg, and one won't even have that. As one has seen Mainz take Erfurt, and Magdeburg taken by Brandenburg, and Sweden wanted to have Bremen, one believes that Denmark has the same desire for Hamburg; but, apparently, they will have this desire for a long time.

The news of the defeat of the King of Poland continues and is believed to be true here by everyone.

One is hopeful that the Muscovites will finally come to terms with Sweden, which would be a great consolation to me.

I am sending you a letter from Adami, which I took the liberty of opening because he has not written to me. I wait for him here every day with as much impatience as his cipher is necessary for me, although I have waited very well for everything you tell me, and I will settle on the measures you give me. I hope that all my affairs will be arranged happily for me, and as soon as Adami is here, I will send him to Pomerania to remedy all the inconveniences and to renew the leases with my arrendators or take others.

The other leases will also be done, if it pleases God, according to Adami's project, but I hope to get something more out of them.

I beg you, don't worry about my interests, and be certain that I will come to the end of it happily. At least, I will spare neither care nor application.

I will not be able to help, but complain with you, about the misfortune which so cruelly delays my return. I beg you to consider how vividly I must feel a misfortune which is almost the greatest that could happen to me in this world, and I beg you to believe that the cruel necessity which obliges me to make this effort on my inclination is unbearable beyond anything you can imagine. I beg you to think justly on this and to believe everything you must believe for my consolation, for, if you were not persuaded on this subject in the way in which you must be persuaded in my favour, I would be inconsolable.

You have seen my assiduity in writing to you, and I am delighted to see that you have noticed it. I have never missed any opportunity to write to you, and if you have not received any more letters, it is because I have no longer found an opportunity to write to you, because if I could have had all the days and all the moments, I would not have let any of them pass without giving you the marks of my memory. And you must not take this punctuality into account for me, because writing to you and receiving your letters is all the joy that remains for me in this world ever since I left you, and when I mustn't write to you for your consolation, I must at least write to you for mine. Do the same, I beg you, and let's give each other, as often as we can, the testimony of a friendship which can and must only end with our life.

I think I have nothing more to say to you except that I am doing perfectly well and that I will be very happy if I am allowed to see you again one more time before I die. Goodbye.

I await your eighth letter with impatience, and I hope to have it within a few hours. Goodbye.

I have just received your eighth letter and I do not have time to respond to it. My previous letters have answered this in part, and I can't tell you anything more. The Pope's illness afflicts me, but one must finally console oneself and take things as they come. I will tell you something more in the near future, and, in the meantime, I pray to God that He preserve you. Goodbye.


Above: Kristina.


Above: Cardinal Decio Azzolino.


Above: King Louis XIV of France.


Above: Hugues de Lionne.


Above: Pope Alexander VII.


Above: Johann Georg II, Elector of Saxony.


Above: Friedrich Wilhelm, Elector of Brandenburg.


Above: Carl Gustaf Wrangel.


Above: King Frederik III of Denmark.


Above: King Jan II Kazimierz Waza of Poland.

Sunday, December 8, 2019

Poem praising Kristina, year 1671

Source:

Alle de gedichten van den vermaarden Poëet Jan Vos, tweede deel, 1671

https://www.dbnl.org/tekst/vos_002alle02_01/vos_002alle02_01_0080.php?q=Christina%20van%20Zweeden#hl1

The verse:

Kristina toont zich hier in 't school der schranderheeden.
Zy is by Pallas en Apollo uitgeleert.
De Rijxraân brengen haar de kroon en staf van Zweeden.
Gustavus, die zijn landt met zeege heeft vereert,
Begeeft zich in een wolk by zijn vergoode maagen.
Zoo rijt men naar 't gestarnt op Gotlandts heldenwaagen.


Above: Kristina.

News report mentioning Kristina, year 1654

Source:

Haerlemsche eerlycke uren, bestaende in korte sin-spreucken, kloecke antwoorden, en vreemde bejegheninghen, anonymous

https://www.dbnl.org/tekst/_hae008haer01_01/_hae008haer01_01_0387.php?q=Christina%20van%20Sweden#hl1

The report:

Als Anno 1654. Arras door de Franze was ontset, tot groote schaede der Spaenze, onder wiens Leger den Prince van Condé oock sijnde: was Coningin Christina van Sweden te Brussel, en dit ongeluck hoorende, seyde, dattet jammer soude zijn indien den Prince van Condé gevangen waer: Doe quaemen eenige Hoogduytsen voor af gevlugt, aen 'tHof de tijding eerst brengen: En niets anders konnende seggen, als men haer na den Prins de Condé vraegden; dat hy onder levende noch dooden ghevonden wiert: Antwoorden eene: Het staet te presumeren, dewijl gy-lieden so vroegh voor af komt, dat gy niet lang en sult hebben na hem gesocht. Naderhant is den Prins van Condé behouden selfs te Brussel gekomen, en hoorende datte Coninginne Christina die haer Coningrijcken en Landen had verlaeten, daer ghekomen was, seyde: Waer is het Vrou-mensch dat so lichtelijck verlaet het geene waer om wy al ons leven vechten en loopen, ende konnent noch niet bekomen?


Above: Kristina.


Above: Louis, Grand Condé.

Poem on Kristina by Joannes Six van Chandelier

Source:

https://www.dbnl.org/tekst/six_003gedi01_01/six_003gedi01_01_0361.php

The poem:

Minerve, Kooningin der Sweeden, Gotten, Wenden,
O Son der Noorder enden,
Kristine, Vreedeson, ik zal uw deughde straalen,
En daaden loflik maalen.

Uw naam, uit grof geschut, met blixemen, te vooren,
Te recht ontvonkt van tooren,
Den Keiser tot een schrik, zal nu, met vreedeblikken,
In dicht, den Duitsch verquikken.

Heeft ooit de Sanghgodin haar Kabinet ontslooten,
Voor my, naast myn genooten,
Kreegh ik een potstuk, uit haar spaarpot, voor den yver,
Van langh te zyn haar schryver,
Zoo brengh ik u, ontfangh genaadigh, nuu uw koffer,
Myn penninghsken ten offer.

Zoo wyt my niemand dat ik stryd biede, aan Apollen.
Myn sin is niet aan 't hollen,
Noch waanwys, als een Pan. Ook schoon ik haar wil prysen,
Noch nooit veracht van wysen:
Zoo wandel ik den wegh der deftigste Poeeten,
Die sich die Son vermeeten
Te teikenen, met ink, op blanke schryfpapieren.

Niet juist, om haar te cieren,
Want kroongoud, op het hoofd, met Pallas dubble kranssen,
Zyn Goddelyker glanssen,
Maar om den nydigaards de tongen uit te breeken,
Waar meê sy doodlik steeken,
En met schynheilge list, de koninghlyke glimpen,
Met loogentaal beschimpen.

Gelyk de winden meest de toorens, en de bergen,
Met stormen heevigh tergen,
Zoo spouwt de nyd fenyn, en geesselt, met haar neetels,
De Godsgesalfde seetels.

O Ryksgodes, na dat Gustaaf, uw braave Vaader,
Alleen, en des te quaader,
Jupyn, te Weenen, op den Aarends rugh, geseeten,
Schier had om ver gesmeeten,
En hy in Lutsens slagh, die Oostenryk deê beeven,
Helddaadigh liet het leeven:
Zoo meind. oei me, wat schim weerhoudt myn slechte veeder?
Ik schrik, en legh se needer.


Above: Kristina.

Kristina's letter for Hugo Grotius, dated February 7, 1636

Source:

https://www.dbnl.org/tekst/groo001brie06_01/groo001brie06_01_0336.php

The letter:

Christina, Dei Gratia Suecorum, Gothorum, Wandalorumque designata Regina et Princeps haereditaria , magna Princeps Finlandiae, Ducissa Esthoniae et Careliae Ingriaeque Domina.
Gratiam et favorem nostrum singularem, nobilis et consultissime, nobis sincere fidelis. Gratum nobis est, quod obsequiis nostris addictus legati munus in Gallia obeundum susceperis. Quanquam enim difficile sit literarum inter haec loca commercium, aliquot tamen tuas accepimus, breves quidem illas, sed quae longioribus ad regni nostri cancellarium, quarum copia nobis quoque facta est, pensabantur. Ex quibus omnibus quemadmodum et virtutes et animum erga nos tuum abunde percepimus, ita clementer te cohortamur, ut eo fervore, quo cepisti, porro pergas nostram communemque salutem prosequi certus de gratia et favore nostro. Caeterum non ignotum tibi est inducias nuper inter nos regnumque Sueciae ex una et regem regnumque Poloniae ac magnum ducatum Lithvaniae ex altera parte in viginti sex annos pactas esse idque potissimum interventu operaque regis christianissimi. Voluissemus antehac eo nomine gratias agere suae Serenitati. Sed quia tempus ratihabitionis Polonicae, quae initio huius anni demum tradita est, expectandum fuit, nunc primum mittimus ad te literas fiduciae, clementer requirentes, ut visa commoditate iis extraditis nomine nostro suae Serenitati ob navatam eo tractatu operam decenter gratias agas. Modum non attinet tibi praescribere, cui omnia eiusmodi curialia, quae tantum in salutatione, votis, gratiarum actione et reciprocorum oblatione officiorum consistunt, satis perspecta sunt. Hoc tamen addi potest, quod cum non parum eo tractatu de jure nostro remiserimus boni tantum publici caussa et ut res communes in imperio Romano eo fortius sustinerentur, non dubitemus, quin rex christianissimus agnito affectu onereque nostro reciproca quoque officia, si non alia, certe promisso debita subsidiorum residua vicissim praestet. Nosti enim ex prioribus inter nos et suam serenitatem tractatibus, ad quid sua Serenitas adhuc teneatur. Caeterum ne te lateat, quid nuper a sua Serenitate hic propositum et a nobis vicissim responsum sit, adeoque, quo loco res tota nunc inter nos regemque christianissimum versetur, hisce tecum communicamus binarum et propositionum et declarationum apographa, saltem ut negociorum gnarus ad rem respondere possis, si quid tecum in Galliis ea de re communicetur. Caetera omnia ex diligenti literarum commercio cum regni nostri cancellario rectius habere poteris atque hisce te Deo clementer commendamus. Dabantur e regia nostra Stocholmensi, die 28 januarij stilo regni anno 1636.
Suae Regiae Majestatis Regnique Sueciae respective Tutores et Administratores
Gabriel Oxenstierna Gustavss., R.S. Archidapifer; Jacobus de La Gardie, R.S. Marchus ss.; Carolus Gylldenhielm, Regni Ammiralius; Axelius Banerius, loco regni Cancellarij; Gabriel Oxenstiern, L.B. in Möerebij et Lindholm ss., R.S. Thesaurarius.


Above: Kristina.


Above: Hugo Grotius.

Kristina's letter to Johan Olivekrantz, dated May 18/28 (Old Style), 1686

Sources:

Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Manuscrits de la reine Christine; VIII: Lettere della regina ai suoi ministri; Varii Poscretti della regina al Signore Texeira; Lettres à Texeira; 137: Christine de Suède à Texeira ?, [s. l.], [s. d.] (digitisation pages 152v-153r to 153v-154r)


Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Manuscrits de la reine Christine: Lettere della regina ai suoi ministri, : , 1601-1700.

The Foli@ online digital heritage library is here:


Copyright SCDI-UPV - Collections Université de Montpellier (shelfmark H 258).

Correspondance (Christine de Suède); Correspondance (Pierre Chanut); Correspondance de Bouillon; Memoire contenant en abregé les moyens de procurer la reunion des protestants, pages 20 to 21; original at the Jagiellonian Library (Biblioteka Jagiellońska/Jagiellońska Biblioteka Cyfrowa)


https://jbc.bj.uj.edu.pl/dlibra/doccontent?id=388

Lettres pastorales addressées aux fidèles de France qui gémissent sous la captivité de Babylon, pages 29 to 30, published by Pierre Jurieu, 1686


Œuvres complètes de Christiaan Huygens, tome neuvième: Correspondance (1685-1690), page 102, published by Martinus Nijhoff, 1901

https://www.dbnl.org/tekst/huyg003oeuv09_01/huyg003oeuv09_01_0062.php

Mémoires concernant Christine, volume 2, page 234, Johan Arckenholtz, 1751


The Pastoral Letters of the Incomparable Jurieu, Directed to the Protestants in France Groaning Under the Babylonish Tyranny, page 26, Pierre Jurieu, translator unknown, 1689


Christina of Sweden, page 308, by Ida Ashworth Taylor, 1909


The published letter that Kristina refers to is here:

https://kingkristina.blogspot.com/2019/08/kristinas-reply-to-monsieur-chevalier.html



The letter (with Kristina's handwriting in italics):

C'est auec estonnement que J'ay veu que ma lettre est devenue publique en vos quartiers, Je ne comprens pas comment que cela S'est fait, et puis vous asseurer que ce n'est pas moy qui l'ai publièe. Je ne puis croire aussi que celuy, à qui elle estoit escrite aye fait Si mal Sa Cour à Son Maistre, qu'il aye voulù me faire ce plaisir. Quoy qu'il en soit ie ne me repents pas de l'auoir escrite et toutes les pitoyables reiouissances qu'on a fait icy n'ont pas changè mes Sentiments et Je prie Dieu de tout mon coeur que ce faux triomphe de l'Eglise ne luy couste un jour des Veritables larmes. Faites moy sçauoir d'ou est venue cette lettre, car J'en Suis aussi curieuse que Surprise bienque ie ne l'eusse iamais publièe ie ne Suis pas faschèe que d'autres ont pris de Soin, car ie ne crains personne. Cependant pour la gloire de Rome Soyèz persuadè que tout ce qu'il y a icy des gens d'esprit, de merite, et qui sont possedez d'vn vray Zele Sont la dessùs de mon Sentiment, et qu'ils regardent auec pitie tout ce qui Se passe dans ce Monde, ou l'on donne aux Spectateurs tant de Suiet de pleurer, et de rire. Nostre consolation est que Dieu n'abandonnerà pas son Eglisé, et qu'il donnerà vne glorieuse fin à touts ces malheurs plus grands qu'on ne pense malgrè la quantitè des Te deum que Nous chantons touts les iours; Mais il est iuste de remercier Dieu de tout ce qui arriue, et d'adorer toutes les dispositions incomprehensibles de Sa Sainte providence. Je Souhaitte qu'il Vous prospere &c.
Jo n[e] so Come si Chaima
quest houmo suppongo
Che lo sapete voi

e qvel Corispondente
Che mi diede Tehxeira
a la Haya

With modernised spelling:

C'est avec étonnement que j'ai vu que ma lettre est devenue publique en vos quartiers. Je ne comprends pas comment que cela s'est fait et puis vous assurer que ce n'est pas moi qui l'ai publiée. Je ne puis croire aussi que celui à qui elle était écrite ait fait si mal sa cour à son maître qu'il ait voulu me faire ce plaisir. Quoiqu'il en soit, je ne me repens pas de l'avoir écrite, et toutes les pitoyables réjouissances qu'on a fait ici n'ont pas changé mes sentiments; et je prie Dieu de tout mon cœur que ce faux triomphe de l'Église ne lui coûte un jour des véritables larmes.

Faites-moi savoir d'où est venue cette lettre, car j'en suis aussi curieuse que surprise. Bien que je ne l'eusse jamais publiée, je ne suis pas fâchée que d'autres ont pris de soin, car je ne crains personne.

Cependant, pour la gloire de Rome, soyez persuadé que tout ce qu'il y a ici de gens d'esprit, de mérite et qui sont possédés d'un vrai zèle sont là-dessus de mon sentiment et qu'ils regardent avec pitié tout ce qui se passe dans ce monde, où l'on donne aux spectateurs tant de sujet de pleurer et de rire. Notre consolation est que Dieu n'abandonnera pas son Église et qu'il donnera une glorieuse fin à tous ces malheurs plus grands qu'on ne pense, malgré la quantité des Te Deum que nous chantons tous les jours; mais il est juste de remercier Dieu de tout ce qui arrive et d'adorer toutes les dispositions incompréhensibles de sa sainte providence. Je souhaite qu'il vous prospère, etc.
Io ne so come si chaima [sic] quest'oumo [sic]; suppongo che lo sapete voi. È quel corrispondente che mi diede Texeira a l'Aia.

The Jagiellonian Library copy of the letter:

C'est avec êtonnement que j'ay veu que ma lettre est devenue publique en vos quartiers. Je ne comprens pas comment cela s'est fait, et puis vous asseurer que ce n'est pas moy qui l'a publiée. Je ne puis croire aussy que celuy, à qui elle êtoit ecrite ayt fait si mal sa cour à Son Mâitre, qu'il ayt voulu me faire ce plaisir. Quoy qu'il en soit ie ne me repents pas de l'avoir êcrite, car ie ne crains personne, et ie prie Dieu de tout mon Coeur que ce faux Triomphe de l'Eglise ne luy couste un Jour des veritables larmes. Cependant pour la glorie [sic] de Rome il faut sçavoir que tout ce qu'il y a icÿ des gens d'esprit et de merite, qui sont animés d'un vray Zele ne sont non plus que moy les Duppes de la France à ce sujet, ils regardent comme moy avec pitié tout ce qui se passe dans le monde, ou l'on donne aux Spectateurs tant de Sujet de pleurer, et de rire.

Nôtre seule consolation est, que Dieu n'abandonnera pas son Eglise, et qu'il donnera une glorieuse fin a touts ces malheurs, qui sont plus grands, qu'on ne pense, Mais il faut adorer Dieu en tout ce qui arrive, et les dispositions incomprehensibles de sa Sainte providence. Je souhaitte qu'il vous prospere. Rome le 18 May. 1686.

With modernised spelling:

C'est avec étonnement que j'ai vu que ma lettre est devenue publique en vos quartiers. Je ne comprends pas comment cela s'est fait et puis vous assurer que ce n'est pas moi qui l'a publiée. Je ne puis croire aussi que celui à qui elle était écrite ait fait si mal sa cour à son maître qu'il ait voulu me faire ce plaisir. Quoiqu'il en soit, je ne me repens pas de l'avoir écrite, car je ne crains personne, et je prie Dieu de tout mon cœur que ce faux triomphe de l'Église ne lui coûte un jour des véritables larmes.

Cependant, pour la gloire de Rome, il faut savoir que tout ce qu'il y a ici des gens d'esprit et de mérite qui sont animés d'un vrai zèle, ne sont non plus que moi les dupes de la France à ce sujet. Ils regardent, comme moi, avec pitié tout ce qui se passe dans le monde, où l'on donne aux spectateurs tant de sujet de pleurer et de rire.

Notre seule consolation est que Dieu n'abandonnera pas son Église et qu'il donnera une glorieuse fin à tous ces malheurs, qui sont plus grands qu'on ne pense. Mais il faut adorer Dieu en tout ce qui arrive et les dispositions incompréhensibles de sa sainte providence. Je souhaite qu'il vous prospère. Rome, le 18 mai 1686.

Jurieu's transcript of the letter:

C'est, avec étonnement, que j'ai vû que ma Lettre est devenuë publique en vos quartiers. Je ne comprens pas comment cela s'est fait, & je puis vous assûrer que ce n'est pas moi qui l'ai publiée. Je ne puis croire aussi que celui à qui elle étoit écrite, ait fait si mal sa Cour à son Maître, qu'il ait voulu me faire ce plaisir. Quoi-qu'il en soit, je ne me repens pas de l'avoir écrite: Car je ne crains personne. Je prie Dieu, de tout mon cœur, que ce faux triomphe de l'Eglise ne lui coûte un jour de veritables larmes. Cependant, pour la gloire de Rome, il faut sçavoir, que tout ce qu'il y a ici de gens d'esprit & de merite, qui sont animez d'un vrai zele, ne sont, non-plus que moi, les dupes de la France, à ce sujet. Ils regardent, comme moi, avec pitié, tout ce qui se passe dans le monde, où l'on donne aux Spectateurs tant de sujet de pleurer, & de rire. Nôtre seule consideration est que Dieu n'abandonnera pas son Eglise, & qu'il donnera une glorieuse fin à tous ses malheurs, qui sont plus grands que l'on ne pense: Mais il faut adorer Dieu en tout ce qui arrive, & les dispositions incomprehensibles de sa sainte Providence. Je souhaite qu'il vous prospere. A Rome ce 18. Mai 1686.
Christina Alexandre.

With modernised spelling:

C'est avec étonnement que j'ai vu que ma lettre est devenue publique en vos quartiers. Je ne comprends pas comment cela s'est fait, et je puis vous assurer que ce n'est pas moi qui l'ai publiée. Je ne puis croire aussi que celui à qui elle était écrite ait fait si mal sa cour à son maître qu'il ait voulu me faire ce plaisir. Quoiqu'il en soit, je ne me repens pas de l'avoir écrite, car je ne crains personne. Je prie Dieu de tout mon cœur que ce faux triomphe de l'Église ne lui coûte un jour de véritables larmes. Cependant, pour la gloire de Rome, il faut savoir que tout ce qu'il y a ici de gens d'esprit et de mérite qui sont animés d'un vrai zèle ne sont, non plus que moi, les dupes de la France à ce sujet. Ils regardent, comme moi, avec pitié tout ce qui se passe dans le monde, où l'on donne aux spectateurs tant de sujet de pleurer et de rire. Notre seule considération est que Dieu n'abandonnera pas son Église et qu'il donnera une glorieuse fin à tous ses malheurs, qui sont plus grands que l'on ne pense; mais il faut adorer Dieu en tout ce qui arrive et les dispositions incompréhensibles de sa sainte providence. Je souhaite qu'il vous prospère. A Rome, ce 18 mai 1686.
Christine Alexandra.

Nijhoff's transcript of the letter:

C'est avec estonnement que j'ay vu que ma lettre est deuenue publique en vos quartiers. Je ne comprens pas comment cela s'est fait, et ie puis vous assurer que ce n'est pas moy qui l'ay publiée. Je ne puis croire aussi que celuy a qui elle estoit escrite, ait fait si mal sa cour à son maitre, qu'il ait voulu me faire ce plaisir. Quoy qu'il en soit, je ne me repens pas de l'avoir escrite. Car je ne crains personne. Je prie Dieu de tout mon coeur que ce faux triomphe de l'Eglise ne luy couste un jour de veritables larmes. Cependant, pour la gloire de Rome, il faut sçavoir, que tout ce qu'il y a icy de gens d'esprit et de merite qui sont animez d'un vray zele, ne sont, non plus que moy, les dupes de la France a ce sujet. Ils regardent comme moy avec pitiè, tout ce qui se passe dans le monde, ou l'on donne aux spectateurs tant de suject de pleurer et de rire. Nostre seule consideration est que Dieu n'abandonnera pas son Eglise, et qu'il donnera une glorieuse fin a tous ces malheurs, qui sont plus grands que l'on ne pense, mais il faut adorer Dieu en tout ce qui arrive, et les dispositions incomprehensibles de sa sainte providence. Je souhaite qu'il vous prospere. A Rome ce 18 Maj. 1686.
CHRISTINA ALEXANDRA.

With modernised spelling:

C'est avec étonnement que j'ai vu que ma lettre est devenue publique en vos quartiers. Je ne comprends pas comment cela s'est fait, et je puis vous assurer que ce n'est pas moi qui l'ai publiée. Je ne puis croire aussi que celui à qui elle était écrite ait fait si mal sa cour à son maître qu'il ait voulu me faire ce plaisir. Quoiqu'il en soit, je ne me repens pas de l'avoir écrite, car je ne crains personne. Je prie Dieu de tout mon cœur que ce faux triomphe de l'Église ne lui coûte un jour de véritables larmes. Cependant, pour la gloire de Rome, il faut savoir que tout ce qu'il y a ici de gens d'esprit et de mérite qui sont animés d'un vrai zèle ne sont, non plus que moi, les dupes de la France a ce sujet. Ils regardent, comme moi, avec pitié tout ce qui se passe dans le monde, où l'on donne aux spectateurs tant de sujet de pleurer et de rire. Notre seule considération est que Dieu n'abandonnera pas son Église et qu'il donnera une glorieuse fin a tous ces malheurs, qui sont plus grands que l'on ne pense; mais il faut adorer Dieu en tout ce qui arrive et les dispositions incompréhensibles de sa sainte providence. Je souhaite qu'il vous prospère. A Rome, ce 18 mai 1686.
Christine Alexandra.

Arckenholtz's transcript of the letter:

C'est avec étonnement que j'ai vû que ma lettre est devenuë publique en vos quartiers. Je ne comprens pas, comment cela s'est fait. Je puis vous assurer, que ce n'est pas moi qui l'ai publiée. Je ne puis croire aussi que celui, à qui elle étoit écrite, ait fait si mal sa Cour à son Maitre, qu'il ait voulu me faire ce plaisir. Quoiqu'il en soit, je ne me répens pas de l'avoir écrite, car je ne crains personne, & je prie Dieu de tout mon cœur, que ce faux triomphe de l'Eglise ne lui coûte un jour de véritables larmes. Cependant pour la gloire de Rome il faut savoir, que tout ce qu'il y a ici de gens d'esprit & de mérite, qui sont animés d'un vrai zéle, ne sont non plus que moi les Duppes de la France à ce sujèt, & qu'ils regardent comme moi avec pitié tout ce qui se passe dans le monde, où l'on donne aux spectateurs tant de sujèt de pleurer & de rire. Notre seule consolation est, que Dieu n'abandonnera pas son Eglise, & qu'il donnera une glorieuse fin à tous ces malheurs, qui sont plus grands, qu'on ne pense. Mais il faut adorer Dieu en tout ce qui arrive, & les dispositions incompréhensibles de la Sainte Providence. Je souhaite qu'il vous fasse prospérer. Rome le 18. Mai 1686.
CHRISTINE ALEXANDRA.

Swedish translation (my own):

Det är med häpnad jag har sett att mitt brev är offentligt i Era kvarterer. Jag förstår inte hur det gjordes, och jag kan försäkra Er att jag inte publicerade det. Jag kan inte heller tro, att han, till vilken det skrevs, har gjort sin herre kur så illa att han har velat göra mig detta nöje. Hur det än må vara så ångrar jag mig inte för att ha skrivit det, ty jag inte fruktar någon som helst. Jag ber till Gud av hela mitt hjärta att denna falska triumf för Kyrkan en dag kommer att kosta honom riktiga tårar. Emellertid, för Roms ära, måste man veta allt det att de andliga och förtjänstfulla människorna här som är besjälade med ett verkligt iver inte är Frankrikes duper i detta ämne lika lite som jag. De ser, liksom jag, med synd på allt som händer i världen, där man ger åskådarna så mycket anledning att gråta och skratta. Vår enda övervägande är att Gud skall inte överge sin Kyrka, och att han skall göra ett härligt slut på alla dessa olyckor, som är större än man tror; men vi måste tillbe Gud i allt som händer och i hans heliga försyns obegripliga dispositioner. Jag önskar att han välsigne Er. Rom, den 18 maj 1686.
Kristina Alexandra.

English translation (by anonymous translator):

'Tis with astonishment that I have seen my Letter made publick in your Parts, I do not understand how it is come to pass, and I do assure you, that it is not I my self that have published it: Nor do I believe, that he to whom it was written, would so far disoblige his Master, as to be willing to do me that pleasure. However it be, I do not repent that I wrote it, for I do not fear any man. I pray God with all my heart, that this false Joy and Triumph of the Church, do not one day cost her true tears and sorrows. In the mean time, it must be known for the honour of Rome, that all those that are men of merit and understanding here, and animated with true Zeal, do no more lick up the Spittle of the French Court in this case than I do. They behold (as I also do) with pity, all those things which pass in the World, where there is given so much reason both of grief and laughter to those that are the Spectators thereof. Our only consolation is, that God will not abandon his Church, but give a glorious issue to all its Calamities, which are far greater than are imagined; but it behoves us to adore God and the incomprehensible disposition of his holy providence in every thing that betides us. I heartily wish you prosperity.
Christina Alexandra.
From Rome,
May 18. 1686.

English translation (my own):

It is with astonishment that I have seen that my letter is public in your quarters. I do not understand how that was done, and I can assure you that I did not publish it. I also cannot believe that he to whom it was written has paid court to his master so badly that he has desired to do me this pleasure. However that may be, I do not regret having written it, because I do not fear anyone. I pray to God with all my heart that this false triumph of the Church will one day cost him real tears. In the meantime, for the glory of Rome, one must know that all that the people of spirit and merit here who are animated with a real zeal are not the dupes of France on this subject any more than I am. They look, as do I, with pity on all that happens in the world, where one gives the spectators so much cause to weep and laugh. Our only consideration is that God will not abandon His Church, and that He will give a glorious end to all these misfortunes, which are greater than one thinks, but we must adore God in all that happens, and the incomprehensible dispositions of His holy providence. I wish Him to prosper you. In Rome, May 18, 1686.
Kristina Alexandra.

Swedish translation of the original (my own):

Det är med häpnad jag har sett att mitt brev blivit offentligt i Era kvarter. Jag förstår inte hur detta har gått till och kan försäkra Er att det inte var jag som har publicerat det. Jag kan inte heller tro att den till vilken det skrevs så illa har gjort sin herre kur att han har velat ge mig detta nöje. Hur det än må vara, ångrar jag mig inte för att ha skrivit det, och alla de ynkliga glädjeämnen som har gjorts här har inte förändrat mina känslor; och jag ber till Gud av hela mitt hjärta att denna falska triumf för Kyrkan inte en dag kommer att kosta den riktiga tårar.

Låt mig veta varifrån detta brev har kommit, för jag är lika nyfiken som jag är förvånad över det. Även om jag aldrig skulle ha publicerat det, är jag inte arg för att andra har passat på att göra det, ty jag fruktar ingen som helst.

Var emellertid, till Roms ära, förvissad om att alla de här som är kvicka, värdiga och besatta av sann iver är av min mening i detta ämne och att de ser med medlidande på allt som händer i denna värld, där åskådarna ges så mycket anledning att gråta och skratta. Vår tröst är att Gud inte kommer att överge sin Kyrka och att han kommer att göra ett härligt slut på alla dessa olyckor, större än man tror, trots mängden Te Deum som vi sjunger varje dag; men det är rättvist att tacka Gud för allt som händer och att tillbe alla de obegripliga sinnena i hans heliga försyn. Jag önskar att han välsigner Er osv.
Jag vet inte hur den här mannen heter; jag förmodar att Ni vet det. Han är korrespondenten Texeira gav mig i Haag.

English translation of the original (my own):

It is with astonishment that I have seen that my letter has become public in your quarters. I do not understand how this has happened and can assure you that it was not I who have published it. I cannot believe either that the one to whom it was written has paid court to his master so badly that he has wanted to give me this pleasure. However that may be, I do not repent of having written it, and all the pitiful rejoicings that have been made here have not changed my feelings; and I pray to God with all my heart that this false triumph of the Church will not one day cost it real tears.

Let me know where this letter has come from, for I am as curious as I am surprised by it. Although I never would have published it, I am not angry that others have taken care to do it, for I fear no one.

In the meantime, for the glory of Rome, be assured that all those here who are witty, worthy and possessed of true zeal are of my opinion on this subject and that they look with pity on all that happens in this world, where spectators are given so much cause to weep and laugh. Our consolation is that God will not abandon His Church and that He will give a glorious end to all these misfortunes, greater than one thinks, despite the quantity of Te Deums that we sing every day; but it is the just thing to thank God for all that happens and to adore all the incomprehensible dispositions of His holy providence. I wish that he prosper you, etc.
I don't know this man's name; I suppose you know it. He's the correspondent Texeira gave me in The Hague.


Above: Kristina.

Kristina becomes king, December 7/17 (Old Style), 1644

Posted today (December 8, 2019) on the 393rd anniversary of Kristina's birth. In this letter from December 7/17 (Old Style), 1644, she is declared queen on the eve of her eighteenth birthday.

Sources:

Palmskiöld 41; Uppsala University Library (Uppsala universitetsbibliotek) via the Alvin portal


Alla Riksdagars och mötens beslůth samt arfföreningar, regements-former, försäkringar och bewillningar, volume 2, pages 1061 to 1064, published by Anders Anton von Stiernman, 1729


The letter:

Wij Christina, medh Gudz Nåde / Sweriges / Göthes och Wendes vthkorade Drottning och Arffurstinna / Storfurstinna til Finland / Hertiginna vthi Estland och Carelen / Fröken öfwer Jngermanland; Göre witterligit / at effter som menige Sweriges Rijkes Rådh och Ständer / wåre trogne Män och Vndersåter / hafwe sigh i Wår vngdoms och omyndigheets åhr / alt ifrån then tijdh / then högste Gudh aff sin outhransakelige wilie och behagh / täcktes at kalla aff thenna vßle werlden / fordom den Stoormechtigste Furste och Herre / Her Gustaff Adolph den Andre och Store / Sweriges / Göthes och Wendes Konung / Storfurste til Finland / Hertigh vthi Estland och Carelen / Herre öfwer Jngermannelandh / Wår älskelige högtährade käre Her Fader / Christelig och glorwyrdigst i åminnelse / til sigh i den ewiga glädien / sin plicht och troheet opåmint; Sine förrige giorde lyfften / beslut och afskeder / ihogkommet / och icke allenast vpreppat Anno 1633. och 1634. hwadh the Oß tillförende vthi högstb:te Hans Sal. M:tz Wår älskelige Her Faders tijdh vthlofwat och på Arfföreningens wägnar skyldige wore / vthan och så i thesse förledne farlige och helt beswärlige tijder så högeligen låtit sigh wärda om Wår och Wårt Rijkes / så och Wår Kongelige höghets / rättighets / hertighets och rätts / oförkränckte och oförkortade erhållande / jämpte hele Landsens wärn och förswar / och fördenskuld ther til hwar och en efter sin förmågo / Stat och wilkor contribuerat omsorg / åhoga / arbete / medel och tiänst; Och nu hafwe på lycktone sedan Gudh Oß til Wåre myndige åhr hafwer mildeligen komma låtet / frij- och godwilligen vpdraget och öfwerantwardat Oß Rijkzens och Fäderneslandzens fullkomblige Regering / såsom thet en lagligh och Christeligh Sweriges Konung medh rätta tilstår / bediandes ödmiukeligen / at Wij thet Oß oppåtaga / och här effter ordenteligen och wäl föra wele / medh vnderdånigst tilsäijelse och förplichtelse / at bewijsa Oß och Fäderneslandet all huldskap / troskap och manskap / så och at göra Oß all- tilbörligit och mögeligit bijstånd / denne Regeringsbörda / genom Gudz tilhielp / desto bättre at vthföra; Effter som theres Oß giffne försäkring wijdare vthwijser. Så ändoch Wij fuller hadhe kunnat lijda / att ännu någon tijdh blifwa medh then store bördan förskonte / särdeles i en sådan beswärlig tijd / som nu är för handen: Lijkwäl medan then högste Gudh hafwer täckts all ting således at disponera, och Wij förthenskuld / så wäl här effter Oß förlåte på hans Gudomblige hielp och bijstånd / som Wij thes faderlige mildheet alt här til spöria och befinna kunne; Sedan / at Wij betrachte thet höge Kongelige wilkor / som Gudh Oß hafwer låtet födas til / ock förthenskuld icke finne Oß kunna vndandraga Fäderneslandzens nödh och tarfwer; Sidst upäggiar Oß och så then troheet / rättrådigheet och oförtrutne hielp / tiänst och bijstånd / så och lydno och hörsamheet / som Wij spöria i Wåre vngdoms åhr wara Oß aff Wåre trogne Män / Rådh och vndersåter til Wår Rätts och Kongelige Cronos erhållande bewijst / och the nu icke allenast opreppa / vthan och Oß hafwa försäkrat och sigh förobligerat, at wela här effter bewijsa Oß och Fäderneslandet all trogen tiänst / lydno och hörsamheet / så och effter all theres förmågo / hielpa Oß / at thette Rijkes Regerings börda / hwar effter sin condition, stånd och wärde at draga och vthföra: Ty hafwe Wij rätt och skäligt befunnet / Oß menige Rijkzens Rådz och Ständers vnderdånigste begäran och åstundan at beqwäme / Och altså här medh Rijkzens / Wårt käre Fäderneslandz / Konunglige Regering i then Helge Trefaldigheets Nampn / anamma och wedertaga / önskandes at then högste Gudh aff sin mildheet Oß bijstå / medh sin Anda regera / och Oß förstånd / kraffter och lycka ther til förlåna wille. Så på thet Rijkzens Rådh och Ständer / ther emot måge wara försäkrade på Wår Christelige och ordentlige Regering / så och Wår gode och gunstige intention och affection, ther medh Wij them sampt- och synnerligen äre tilgedan och bewågne: Ty hafwe Wij them på effterfölliande Puncter / allernådigst welat förwissa och försäkra.

Först / wele Wij hålla alla Rijkzens Ständer / högre och lägre / fattige och rijke / medh Wår Christelige Ewangeliske Religion, grundat i the Prophetiske och Apostoliske skriffter / förklarat i then oförandrade Auspurgiske Confession och sedan Anno 1593. i Vpsala Consilio aff alle Rijkzens Ständer allmänneligen samtyckt och wedertagen; icke tillåtandes någon annan Religions öffning oppenbarligen eller hemligen at niutas eller instingas här i Rijket; effter som Wij icke heller them som aff annan Religion äre / til kall och ämbeten i Rijket och thes vnderliggiande Provincier, wele befordra heller befordra låta: Doch krijgztijdnsterne vndantagne / så och at them som sigh stilla förhålla / at må wistas och handla i Landet / så länge the sigh hålla innan om rolighets skranker.

Til thet Andra / Wele Wij och låte Oß wara anlågit / att enigheet och lijkformigheet i Kyrckie Ceremonierne måtte rätt fattas och stadgas kunne / medh theres som wederbör / samtyckie; enkannerligen / at en godh och beqwem KyrckioOrdning måtte blifwa oprättat / och altså all confusion i Kyrckewäsendet genom Gudz bijstånd afhulpen.

Til thet Tridie / Wij wele och hålla öch hafwa Wårt älskelige Rijkz Rådh i tilbörlig wyrdning och ähra; Och medh theres rådh styra och regera Wårt Rijke / och icke blifwa någon ogunstigh eller taga op til wederwilia / fast än icke alt thet som sades / Oß wore behageligit; Mycket mindre illa vthtyda / hwar icke alt nådde then effect, man intenderar och gärna önsker.

Til thet Fierde / Wij wele och regera och styra Rijket i alle måtto effter Konungens Eedh / som then beskrefwen står i thet Fierde Capitlet i Konungz Balken / och såsom then på Konunglige Chröninger är waan at göras och beswärias / särdeles såsom Wår Salige käre Her Fader den Anno 1617. hafwer affatta låtit.

Til thet Fempte / Emot alle Wåre trogne Män och vndersåtare / fattige och rijke / högre och lägre / Andelige och Werdzlige / wele Wij Oß förhålla / såsom en trygg / trogen och rättrådig Konungz Såsom och hålla medh macht Rijkzens Rått / så wäl som hwart och ett Ständz / enkannerligen Ridderskapets wälfångne frijheter / herligheter / immuniteter och privilegia; Och icke tilstädie / at någon emot sin tilbörlige hafwande rätt må skee intrång; Såsom och thetta alt som för:t står / på Wår lyckelige Chröning / effter lagh och plägsedh / medh Wår lijflige Eedh / stadfästa och bekräffta.

Sidst / Så mycket Regerings Formen wedkommer / hade Wij gärna sedt / at then på thetta Möte hade kunnat fullkombligen beslutas; helst effter Wij icke allenast förnimme / henne aff Wår Sal. högtährade käre Her Fader wara föreslagen och allaredo på samme sätt begynt i Hans Sal. May:tz tijdh at practiceras: Vthan hafwe i Wår omyndighets åhr af henne en godh proba. Men effterdy Wij medh thenne tijdh i så månge beswärligheter äre inweckiat / at hwarken Wårt älskelige Rijkz Rådh eller andre / sedan Wij sielfwe / hafwe nogsampt tijdh henne rätt at nagelfahra / och alt som thet sigh bör / resolvera: Ty är godt funnet / at skiuta stadfästelsen op til Wår lyckelige Chröning / at i medler tijdh alt rätt öfwerläggies / och tå / at medh Rijkzens Ständers samtycke confirmeras til en lagh som ewerdeligen skal här i Rijket observerat warda. Doch wele Wij i medler tijdh / rätta Oß effter som hon här til är författat och henne altså behålla i sin vigor och til execution. Til yttermehra wisso / at Wij thetta således bewiliat och lofwat hafwe; Wele och så i alle sine puncter obrotzligen hållit hafwa / ty hafwe Wij thetta medh egen hand vnderskrefwit / och wetterligen låtit sättia Wårt Secret här nedan före. Gifwit och skrifwit på Wårt Slott Stockholm den 7. Decembris, Anno 1644.


Above: Kristina.