Sunday, December 5, 2021

Pierre Hector Chanut's letter to René Descartes, dated May 1/11 (New Style), 1647

Sources:

Œuvres de Descartes, volume 10, page 617, Adam and Tennery, 1908


Från stoicism till mystik: Studier i drottning Kristinas maximer, pages 132 to 133, by Sven Stolpe, 1959

Christine de Suède: Un roi exceptionnel, page 142, by Bernard Quilliet, 1982

Queen Christina of Sweden and her Circle: The Transformation of a Seventeenth-Century Philosophical Libertine, page 53 and footnote 22, by Susanna Åkerman, 1991

Christina, Queen of Sweden: The Restless Life of a European Eccentric, page 107, by Veronica Buckley, 2004

The letter:

Monsieur,
Vous auriez eu vne prompte response à la lettre que vous m'auez faict la faueur de m'escrire, du premier Feburier, s'il m'auoit esté aussy facile de la bien comprendre, qu'elle vous a peu cousté à mettre sur le papier. Ce n'est pas que j'aye trouué aucune resistance en mon esprit à donner consentement: la seule creance que j'ay en vous, me dispose à receuoir tout, de vostre part, sans discussion; mais, afin que ce que vous me donnez me profite dauantage, je le veux prendre auec discernement, & pour cela il me faut du temps, non pas à la verité fort long, mais calme & deliuré de l'agitation des autres pensées, & je ne suis pas en estat de jouir souuent de ces bonnes occasions. La premiere fois que je me vis en liberté de m'attacher sans interruption à cette agreable lecture, j'en fus tellement rauy qu'à quelques jours de la, je ne pouuois rappeller mon esprit au soing des affaires; & comme j'auois l'ame pleine de ces notions que j'auois receues auec tant de plaisir, il arriua que le Medecin de la Reine de Suede, sçauant tres honneste homme, nommé Monsieur du Rier, me vint rendre visite. Et tout incontinant je me deschargeay le cœur auec luy, & luy communiquay ma joye. Je luy releus, sans qu'il s'en ennuyast, cette lettre de huict fueilles, qu'il n'admira pas moins que moy, & me pria de luy prester pour quelque temps, afin de la considerer à loisir. Je me desgageay ciuilement de cette priere, ne me voulant point desaisir d'vn escrit si precieux. Mais, à quelques jours dela, je fus pressé de la Reine, à laquelle il en auoit parlé, de la luy faire voir. Je fus tres aise que sa Majesté eust cette curiosité, afin qu'à la lecture de cette seulle piece, elle connust que tout ce que je luy auois dict de vostre personne, estoit au dessous de la veritable estime. Il est vray aussy, Monsieur, que, sans flatterie, elle a le jugement si clair & si detaché de toute preocupations, que je ne pense pas qu'il y ait rien dans la Philosophie, qu'elle ne puisse comprendre auec facilité. Je differay d'vne audiance à l'autre, jusqu'à trouuer vn temps libre & desoccupé d'affaires; & quoy que pendant plusieurs jours elle me demandast vostre lettre, je m'en excusay, afin de ne luy en faire la lecture qu'à vne heure commode. Apres l'auoir entendue, elle resta si satisfaitte, qu'elle ne se pouuoit lasser de vous donner des louanges, & de m'enquerir [sic] de toutes les particularitez de vostre personne & de vostre vie. Je luy dis tout ce que j'en sçauois; & apres auoir vn peu pensé, elle conclut: «Monsieur Descartes, comme je le vois en cette lettre, & comme vous me la depeignez, est le plus heureux de tous les hommes, & sa condition me semble digne d'enuie; vous me ferez plaisir de l'asseurer de la grande estime que je fais de luy.» Je ne vous rapporte point icy tout ce que sa Majesté dist sur tous les poincts de vostre lettre, qu'elle ne me fist pas lire en courant: au contraire, elle m'arresta souuent pour confirmer par son raisonnement ce qu'elle entendoit fort bien; & je vous asseure, Monsieur, que je ne fus pas moins estonné de la facilité qu'elle auoit à penetrer dans vos sentimens, que j'auois esté surpris de leur profondeur, à la premiere lecture que j'en auois faitte.

Dans la premiere question, ou vous expliquez en general la nature de l'amour, sa Majesté y donna vne forte attention, mais ne se voulut pas attacher à examiner la doctrine, pour ce, disoit-elle, que, n'ayant pas ressenty cette passion, elle ne pouuoit pas bien juger d'vne peinture, dont elle ne connoissoit point l'original. Je demeurois bien d'accord, qu'elle ne connoissoit point l'amour comme vne passion; mais j'estime que, si elle eust voulu, elle pouuoit parler bien pertinement de l'amour intellectuel, qui regarde vn bien pur, & separé des choses sensibles, pource qu'en general je ne crois pas qu'il y ait personne au monde, qui soit plus touchée de l'amour de la vertu.

Enfin, apres auoir tout entendu, elle ne refusa son consentement à aucun de vos opinions, cette ligne exceptée, où vous supposez le monde infiniment estendu. Sur ce poinct, sa Majesté doute, qu'on puisse admettre cette hypothese sans blesser la Religion Chrestienne; elle m'en dist succintement ses raisons, sur lesquelles je suis certain qu'elle aura tres agreable l'esclaircissement que vous luy en donneriez, sa pieté ne permettant pas qu'elle reçoiue la moindre conjecture sur les choses phisiques, qui puissent [sic] blesser les fondemens du Christianisme.

Premierement, elle estime que, si on admet vne fois que le monde soit infiny en sa matiere & en sa substance, à plus forte raison le croira on infiny en sa durée de toutes parts, & qu'ainsy l'histoire de la creation, designée tres clairement dans l'Escriture saincte, au moins quant à la remarque du temps, n'auroit pas sa plaine authorité; & quant à l'autre terme de la durée, qui est la fin du monde, il est aussy difficile de la conceuoir, dans cette large infinité d'vne production sans limites, où Dieu n'auroit pas estendu l'immensité de son pouuoir pour la borner par le cours de peu de reuolutions: au lieu que, dans l'Eglise Chrestienne, où nous conceuons le monde comme le petit ouurage reserré d'vn pouuoir immense qui ne s'est pas entierement desplié, nous ne voyons pas d'inconuenient, qu'il ait son commencement & sa fin.

Sa Majesté adjouste, de plus, que le sentiment de l'Eglise est que l'homme est la fin de la creation, c'est à dire le plus parfait des ouurages du monde, & pour lequel tous les autres ont esté faits. L'alliance de Dieu auec l'homme en l'incarnation du Verbe, & tant de miracles faits jusqu'à contraindre le Soleil dans sa route & son illumination, monstrent bien que la nature humaine est la maistresse de toutes les autres qui composent ce grand corps que nous voyons. Et il est certain que, si nous conceuons le monde en cette vaste estendue que vous luy donnez, il est impossible que l'homme s'y conserue ce rang honnorable; au contraire, il se considerera comme dans vn petit recoing auec toute la terre qu'il habite, sans mesure & sans proportion auec la grandeur demesurée du reste. Il jugera bien probablement que toutes ces Estoiles ont des habitans, ou plustost encore des terres autour d'elles, toutes remplies de creatures plus intelligentes & meilleures que luy; certes au moins perdra il l'opinion que cette grandeur infinie du monde soit faite pour luy, on luy fasse [sic, lire puisse] seruir à quoy que ce soit.

Je vous aduoüe, Monsieur, qu'il me vint bien en l'esprit quelque chose à repartir, pour accommoder vostre hypothese à la verité de la Religion Chrestienne; mais la Reine n'a point vn esprit à se contenter de raisons probables, & j'estimay que je ne deuois point affoiblir vostre cause par vne deffense defectueuse. Je la vous ay reseruée toute entiere, & je ne peux croire qu'ayant autrefois pris la peine de respondre à des objections de personnes du commun entre les hommes, en des matieres moins importantes, vous refusiez d'entrer en esclaircissement auec vne Reine, qui ne vous doit point faire peur comme l'Empereur Adrian au Philosophe Phauorin, pour auoir tant d'armées sur pied, mais dont l'esprit, la generosité & la bonté meritent que tous les hommes qui viuent s'estiment estre ses sujects.

Cependant, Monsieur, il faut que je vous aduertisse, que je suis d'humeur à vouloir trouuer mon compte dans toutes les affaires qui passent par mes mains; & me persuadant que je vous rendray vn office, lorsque je feray voir à la Reine vostre response à sa difficulté, je demande que vous reconnoissiez, s'il vous plaist, mon entremise par quelque liberalité; & afin que vous ne soyez pas en peine de chercher vn present qui m'adjuste, je vous diray librement ce que je souhaitterois.

Je ne vois point clairement, quelle est cette impulsion secrette, qui nous porte dans l'amitié d'vne personne, plustost que d'vn autre, auparauant mesme que d'en connoistre le merite; & bien qu'il me semble que je ne sçay quelle opinion confuse de la bonté de l'object qui nous attire, en puisse estre la cause, ma difficulté reste, en ce que, [comme] je ne connois pas distinctement quelles marques & quels signes nous preuiennent de cette opinion, je doute si cette alliance cachée a son origine dans le corps ou dans l'esprit: si c'est du corps qu'elle naist, je la voudrois mieux connoistre que par ces termes generaux de simpatie & antipatie, auec lesquels nos philosophes de l'Escole couurent leur ignorance; & si cet attrait d'amitié sort de la disposition de nos ames en leur propre substance, quoy qu'il me paroisse au dessus des forces humaines d'en rendre aucune raison, je suis tellement accoustumé d'apprendre de vous ce que j'estimois impossible de sçauoir, que je ne desespere pas que vous ne me donniez quelque satisfaction. Mais, suiuant mon ordinaire methode, j'entends faire descendre la connoissance que vous me donnerez à la conduite de ma vie pour en deuenir meilleur; & pour cela je vous demande, Monsieur, si vn homme de bien, dans le choix de ses amitiez, peut suiure [sic, lire ces] ses mouuemens cachez de son cœur & de son esprit, qui n'ont aucune raison apparente; & s'il ne commet point vne injustice, de distribuer ses inclinations par vne autre regle que celle du merite. Cette question m'a exercé l'esprit plus d'vne fois, en ce que, separant l'amitié de deux choses que l'on confond souuent auec elle, dont l'vn[e] est l'estime de la vertu, & l'autre cet eschange d'offices mutuels auec les honnestes gens, qui n'est en effect qu'vn commerce de bienfaits, cette amitié reste comme vne simple liaison & vn ciment, qui assemble tous les hommes en vn seul corps & qui doit estre d'egale force entre toutes les parties; autrement, il est impossible qu'il ne suruienne de la diuision, contre l'equité naturelle, & que, nous attachans trop fortement à quelques personnes, nous ne soyons insensiblement separez des autres. Je ne pense pas qu'on peut refuser le nom de sage à celuy qui, mettant pour fondement en son cœur vn amour égal pour tous les hommes, puisqu'ils sont tous également hommes, adjousteroit seullement par dessus la distinction des merites differents, & cette obligation de reconnoissance dans le trafic des bons offices. Et quoy qu'alors l'estime de la vertu & la retribution des bienfaits fissent qu'en apparence il semblast en aimer plus l'vn que l'autre, pource que ces trois affections se meslent tres facillement, & parroissent ne produire qu'vn seul mouuement, il seroit vray pourtant qu'il n'auroit pour tous qu'vne amitié tres egale.

J'attens, Monsieur, que vous me releuerez de ces doutes, & me ferez voir la veritable regle que nous deuons suiure au partage de nos inclinations; mais si vostre loisir ne vous permet pas de me donner tant de lumieres, & que vous vueilliez seullement me fermer la bouche & me conuaincre que je n'obserue pas moy mesme cette égalité, demandez moy seullement, s'il n'est pas vray qu'outre la veneration de vostre vertu & par dessus toutes les obligations que je vous ay, je suis encore porté à vous aimer & honorer par vn mouuement secret, auquel je ne resiste point, & qui faict que je suis, plus qu'à tous les autres hommes,
Monsieur,
Vostre tres humble, tres
obeissant & tres affectionné
seruiteur.
CHANUT.

With modernised spelling:

Monsieur,
Vous auriez eu une prompte réponse à la lettre que vous m'avez fait la faveur de m'écrire, du premier février, s'il m'avait été aussi facile de la bien comprendre, qu'elle vous a peu coûté à mettre sur le papier. Ce n'est pas que j'aie trouvé aucune résistance en mon esprit à donner consentement; la seule créance que j'ai en vous me dispose à recevoir tout, de votre part, sans discussion; mais, afin que ce que vous me donnez me profite davantage, je le veux prendre avec discernement, et pour cela il me faut du temps, non pas à la vérité fort long, mais calme et délivré de l'agitation des autres pensées, et je ne suis pas en état de jouir souvent de ces bonnes occasions. La première fois que je me vis en liberté de m'attacher sans interruption à cette agréable lecture, j'en fus tellement ravi qu'à quelques jours delà, je ne pouvais rappeler mon esprit au soin des affaires; et comme j'avais l'âme pleine de ces notions que j'avais reçues avec tant de plaisir, il arriva que le médecin de la Reine de Suède, savant très honnête homme, nommé Monsieur du Rietz, me vint rendre visite. Et tout incontinent je me déchargeai le cœur avec lui, et lui communiquai ma joie. Je lui relus, sans qu'il s'en ennuyât, cette lettre de huit fueilles, qu'il n'admira pas moins que moi, et me pria de lui prêter pour quelque temps, afin de la considérer à loisir. Je me dégageai civilement de cette prière, ne me voulant point dessaisir d'un écrit si précieux. Mais, à quelques jours de-là, je fus pressé de la Reine, à laquelle il en avait parlé, de la lui faire voir. Je fus très aise que Sa Majesté eût cette curiosité, afin qu'à la lecture de cette seule pièce, elle connût que tout ce que je lui avais dit de votre personne, était au-dessous de la véritable estime. Il est vrai aussi, Monsieur, que, sans flatterie, elle a le jugement si clair et si détaché de toute préoccupations que je ne pense pas qu'il y ait rien dans la philosophie qu'elle ne puisse comprendre avec facilité. Je différai d'une audience à l'autre, jusqu'à trouver un temps libre et désoccupé d'affaires; et quoique, pendant plusieurs jours, elle me demandât votre lettre, je m'en excusai, afin de ne lui en faire la lecture qu'à une heure commode. Après l'avoir entendue, elle resta si satisfaite qu'elle ne se pouvait lasser de vous donner des louanges, et de m'enquérir de toutes les particularités de votre personne et de votre vie. Je lui dis tout ce que j'en savais; et après avoir un peu pensé, elle conclut: «Monsieur Descartes, comme je le vois en cette lettre, et comme vous me la dépeignez, est le plus heureux de tous les hommes, et sa condition me semble digne d'envie; vous me ferez plaisir de l'assurer de la grande estime que je fais de lui.» Je ne vous rapporte point ici tout ce que Sa Majesté dit sur tous les points de votre lettre, qu'elle ne me fit pas lire en courant. Au contraire, elle m'arrêta souvent pour confirmer par son raisonnement ce qu'elle entendait fort bien; et je vous assure, Monsieur, que je ne fus pas moins étonné de la facilité qu'elle avait à pénétrer dans vos sentiments, que j'avais été surpris de leur profondeur, à la première lecture que j'en avais faite.

Dans la première question, où vous expliquez en général la nature de l'amour, Sa Majesté y donna une forte attention, mais ne se voulut pas attacher à examiner la doctrine, pour ce, disait-elle, que, n'ayant pas ressenti cette passion, elle ne pouvait pas bien juger d'une peinture dont elle ne connaissait point l'original. Je demeurais bien d'accord qu'elle ne connaissait point l'amour comme une passion; mais j'estime que, si elle eût voulu, elle pouvait parler bien pertinement de l'amour intellectuel, qui regarde un bien pur, et séparé des choses sensibles, pource qu'en général je ne crois pas qu'il y ait personne au monde, qui soit plus touchée de l'amour de la vertu.

Enfin, apres avoir tout entendu, elle ne refusa son consentement à aucun de vos opinions, cette ligne exceptée, où vous supposez le monde infiniment étendu. Sur ce point, Sa Majesté doute qu'on puisse admettre cette hypothèse sans blesser la religion chrêtienne; elle m'en dit succintement ses raisons sur lesquelles je suis certain qu'elle aura très agréable l'éclaircissement que vous lui en donneriez, sa piété ne permettant pas qu'elle reçoive la moindre conjecture sur les choses physiques, qui puisse blesser les fondements du christianisme.

Premièrement, elle estime que si on admet une fois que le monde soit infini en sa matière et en sa substance, à plus forte raison le croira on infini en sa durée de toutes parts, et qu'ainsi l'histoire de la création, designée tres clairement dans l'Écriture sainte, au moins quant à la remarque du temps, n'aurait pas sa pleine autorité. Et quant à l'autre terme de la durée, qui est la fin du monde, il est aussi difficile de la concevoir, dans cette large infinité d'une production sans limites, où Dieu n'aurait pas étendu l'immensité de son pouvoir pour la borner par le cours de peu de révolutions, au lieu que dans l'Église chrêtienne, où nous concevons le monde comme le petit ouvrage réserré d'un pouvoir immense qui ne s'est pas entièrement déplié, nous ne voyons pas d'inconvénient, qu'il ait son commencement et sa fin.

Sa Majesté ajoute, de plus, que le sentiment de l'Église est que l'homme est la fin de la création, c'est à dire le plus parfait des ouvrages du monde, et pour lequel tous les autres ont été faits. L'alliance de Dieu avec l'homme en l'incarnation du Verbe, et tant de miracles faits jusqu'à contreindre le soleil dans sa route et son illumination, montrent bien que la nature humaine est la maîtresse de toutes les autres qui composent ce grand corps que nous voyons. Et il est certain que si nous concevons le monde en cette vaste étendue que vous lui donnez, il est impossible que l'homme s'y conserve ce rang honorable; au contraire, il se considérera comme dans un petit recoin avec toute la terre qu'il habite, sans mesure et sans proportion avec la grandeur démesurée du reste. Il jugera bien probablement que toutes ces étoiles ont des habitants, ou plutôt encore des terres autour d'elles, toutes remplies de créatures plus intelligentes et meilleures que lui; certes au moins perdra il l'opinion que cette grandeur infinie du monde soit faite pour lui, on lui puisse servir à quoi que ce soit.

Je vous avoue, Monsieur, qu'il me vint bien en l'esprit quelque chose à repartir pour accommoder votre hypothèse à la vérité de la religion chrêtienne; mais la Reine n'a point un esprit à se contenter de raisons probables, et j'estimai que je ne devais point affaiblir votre cause par une défense defectueuse. Je la vous ai réservée toute entière, et je ne peux croire qu'ayant autrefois pris la peine de répondre à des objections de personnes du commun entre les hommes en des matières moins importantes, vous refusiez d'entrer en éclaircissement avec une Reine qui ne vous doit point faire peur comme l'empereur Adrian au philosophe Phavorin pour avoir tant d'armées sur pied, mais dont l'esprit, la générosité et la bonté meritent que tous les hommes qui vivent s'estiment être ses sujets.

Cependant, Monsieur, il faut que je vous avertisse que je suis d'humeur à vouloir trouver mon compte dans toutes les affaires qui passent par mes mains; et me persuadant que je vous rendrai un office lorsque je ferai voir à la Reine votre réponse à sa difficulté, je demande que vous reconnaissiez, s'il vous plaît, mon entremise par quelque liberalité. Et afin que vous ne soyez pas en peine de chercher un présent qui m'ajuste, je vous dirai librement ce que je souhaiterais.

Je ne vois point clairement quelle est cette impulsion secrète qui nous porte dans l'amitié d'une personne plutôt que d'un autre, auparavant même que d'en connaître le mérite; et bien qu'il me semble que je ne sais quelle opinion confuse de la bonté de l'objet qui nous attire en puisse être la cause, ma difficulté reste en ce que, comme je ne connais pas distinctement quelles marques et quels signes nous previennent de cette opinion, je doute si cette alliance cachée a son origine dans le corps ou dans l'esprit. Si c'est du corps qu'elle naît, je la voudrais mieux connaître que par ces termes généraux de sympathie et antipathie, avec lesquels nos philosophes de l'école couvrent leur ignorance; et si cet attrait d'amitié sort de la disposition de nos âmes en leur propre substance, quoi qu'il me paraisse au-dessus des forces humaines d'en rendre aucune raison, je suis tellement accoutumé d'apprendre de vous ce que j'estimais impossible de savoir, que je ne désespère pas que vous ne me donniez quelque satisfaction. Mais, suivant mon ordinaire méthode, j'entends faire descendre la connaissance que vous me donnerez à la conduite de ma vie pour en devenir meilleur; et pour cela je vous demande, Monsieur, si un homme de bien, dans le choix de ses amitiés, peut suivre ces mouvements cachés de son cœur et de son esprit, qui n'ont aucune raison apparente, et s'il ne commet point une injustice, de distribuer ses inclinations par une autre régle que celle du mérite. Cette question m'a exercé l'esprit plus d'une fois, en ce que, séparant l'amitié de deux choses que l'on confond souvent avec elle, dont l'une est l'estime de la vertu, et l'autre cet échange d'offices mutuels avec les honnêtes gens, qui n'est en effet qu'un commerce de bienfaits, cette amitié reste comme une simple liaison et un ciment qui assemble tous les hommes en un seul corps et qui doit être d'égale force entre toutes les parties. Autrement, il est impossible qu'il ne survienne de la division, contre l'équité naturelle, et que, nous attachons trop fortement à quelques personnes, nous ne soyons insensiblement séparés des autres. Je ne pense pas qu'on peut refuser le nom de sage à celui qui, mettant pour fondement en son cœur un amour égal pour tous les hommes, puisqu'ils sont tous également hommes, ajouterait seulement par-dessus la distinction des mérites différents, et cette obligation de reconnaissance dans le trafic des bons offices. Et quoi qu'alors l'estime de la vertu et la rétribution des bienfaits fissent qu'en apparence il semblât en aimer plus l'un que l'autre, pource que ces trois affections se mêlent très facilement, et paraissent ne produire qu'un seul mouvement, il serait vrai pourtant qu'il n'aurait pour tous qu'une amitié très égale.

J'attends, Monsieur, que vous me relèverez de ces doutes et me ferez voir la véritable régle que nous devons suivre au partage de nos inclinations; mais si votre loisir ne vous permet pas de me donner tant de lumières, et que vous veuilliez seulement me fermer la bouche et me convaincre que je n'observe pas moi-même cette égalité, demandez moi seulement, s'il n'est pas vrai qu'outre la vénération de votre vertu et par-dessus toutes les obligations que je vous ai, je suis encore porté à vous aimer et honorer par un mouvement secret, auquel je ne resiste point, et qui fait que je suis, plus qu'à tous les autres hommes,
Monsieur,
Votre très humble, très
obéissant et très affectionné
serviteur.
CHANUT.

English translation (my own):

Monsieur,
You would have had a prompt reply to the letter which you have done me the favour of writing to me, dated February 1, if it had been so easy for me to understand it clearly, as it cost you little to put on the paper. It is not that I found no resistance in my mind to give consent; the only claim that I have in you disposes me to receive everything from you without discussion; but, so that what you give me may benefit me more, I want to take it with discernment, and for that I need time, not really very long, but calm and freed from the agitation of other thoughts, and I am not often in a position to take advantage of these good opportunities. The first time that I saw myself at liberty to devote myself without interruption to this pleasant reading, I was so delighted that a few days later I could not recall my mind to the care of affairs; and as my soul was full of these notions which I had received with so much pleasure, it happened that the doctor of the Queen of Sweden, a very honest man, named Monsieur du Rietz, came to visit me. And immediately I unloaded my heart to him and communicated my joy to him. I re-read for him, without his being bored of it, this letter of eight sheets, which he admired no less than I, and begged me to lend him for some time, in order to consider it at leisure. I civilly freed myself from this request, not wanting to lose hold of such a precious writing. But, a few days later, I was in a hurry from the Queen, to whom he had spoken of it, to show her to him. I was very glad that Her Majesty had this curiosity, so that after reading this one piece, she would know that everything I had told her about you was below true esteem. It is also true, Monsieur, that, without flattery, her judgment is so clear and so detached from all preoccupations that I do not think that there is anything in philosophy that she cannot understand easily. I defered from one audience to another, until I found some free time and unoccupied with affairs; and although for several days she asked me for your letter, I excused myself, so as not to read it to her until a convenient hour. After hearing it, she remained so satisfied that she could not tire of praising you, and asking me about all the particulars of your person and your life. I told her everything I knew about you; and after thinking it over a little, she concluded: "Monsieur Descartes, as I see in this letter, and as you describe him to me, is the happiest of all men, and his condition seems to me worthy of envy; you will please me to assure him of the great esteem I have of him." I am not reporting to you here all that Her Majesty said on all points of your letter, which she did not have me read while running. On the contrary, she often stopped me to confirm by her reasoning what she understood very well; and I assure you, Monsieur, that I was no less astonished at the ease she had in penetrating your sentiments, than I had been surprised at their depth the first time I had read them.

In the first question, where you generally explain the nature of love, Her Majesty gave it great attention, but did not want to attach to examining the doctrine, because, she said, that, not having felt this passion, she could not judge well of a painting of which she did not know the original. I still fully agreed that she did not know love as a passion; but I believe that, if she had wished, she could speak very effectively of intellectual love, which concerns a pure good, and separated from sensible things, so that in general I do not believe that there is anyone in the world who is more touched by the love of virtue.

Finally, after having heard everything, she did not refuse her consent to any of your opinions, except that line where you suppose the world to be infinitely extended. On this point, Her Majesty doubts that this hypothesis can be accepted without offending the Christian religion; she told me succinctly her reasons on which I am sure that she will have very pleasant the enlightenment that you would give her, her piety not allowing her to receive the slightest conjecture on physical things, which could hurt the foundations of Christianity.

First, she believes that if we admit once that the world is infinite in its matter and in its substance, with all the more reason will we believe it to be infinite in its duration on all sides, and that thus the history of creation, designated very clearly in the Holy Scripture, at least as to the time remark, would not have its full authority. And as for the other term of duration, which is the end of the world, it is also difficult to conceive of it, in this vast infinity of a production without limits, where God would not have extended the immensity of His power to limit it by the course of few revolutions, instead of in the Christian Church, where we conceive the world as the small closed work of an immense power which has not entirely unfolded, we do not see any inconvenience, that it has its beginning and its end.

Her Majesty adds, moreover, that the sentiment of the Church is that man is the end of creation, that is to say, the most perfect work in the world, and for which all the others were made. The covenant of God with man in the incarnation of the Word, and so many miracles done to the point of countering the sun in its path and its illumination, clearly show that human nature is the mistress of all the others who make up this great body we see. And it is certain that if we conceive of the world in this vast expanse that you give it, it is impossible for man to preserve this honourable rank there; on the contrary, he will see himself as in a small corner with all the earth he inhabits, without measure and without proportion with the disproportionate size of the rest. He will probably judge that all these stars have inhabitants, or rather even lands around them, all filled with creatures more intelligent and better than him; certainly at least he will lose the opinion that this infinite grandeur of the world is made for him, that it can be used for anything.

I confess to you, Monsieur, that it occurred to me something to set out again to accommodate your hypothesis to the truth of the Christian religion; but the Queen has no mind to be satisfied with probable reasons, and I considered that I should not weaken your cause by a defective defense. I have reserved it entirely for you, and I cannot believe that having formerly taken the trouble to respond to objections from common people in less important matters, you refused to enter into clarification with a Queen who should not frighten you like the emperor Adrian to the philosopher Phavorin for having so many armies on foot, but whose spirit, generosity and kindness deserve that all men who live consider themselves to be his subjects.

However, Monsieur, I must warn you that I am in a humour to want to find my account in all the affairs which pass through my hands; and persuading myself that I will do you a service when I show the Queen your answer to her difficulty, I ask that you please recognise my mediation by some liberality. And so that you don't have to worry about looking for a present that fits me, I will freely tell you what I would like.

I do not see clearly what is this secret impulse which leads us to the friendship of one person rather than another, even before knowing his merit; and although it seems to me that I do not know what confused opinion of the goodness of the object which attracts us may be the cause, my difficulty remains in that, as I do not know distinctly which marks and which signs warn us of this opinion, I doubt if this hidden alliance has its origin in the body or in the mind. If it is from the body that it is born, I would like to know it better than by those general terms of sympathy and antipathy, with which our philosophers of the school cover their ignorance; and if this attraction of friendship comes out of the disposition of our souls in their own substance, whatever it seems to me to be beyond human strength to render it no reason for it, I am so accustomed to learning from you what I thought it was impossible to know that I do not despair that you will give me some satisfaction. But, following my usual method, I intend to bring down the knowledge which you will give me to the conduct of my life in order to become better for it; and for that I ask you, Monsieur, if a good man, in the choice of his friendships, can follow these hidden movements of his heart and his mind, which have no apparent reason, and if he does not commit an injustice, to distribute one's inclinations by a rule other than that of merit. This question has exercised my mind more than once, in that, separating friendship from two things which are often confused with it, one of which is the esteem of virtue, and the other this exchange of mutual services with honest people, which is indeed only a trade of benefits, this friendship remains like a simple bond and a cement which assembles all the men in only one body and which must be of equal force between all parties. Otherwise, it is impossible that division, against natural equity, does not arise, and that, if we attach too strongly to some people, we are not imperceptibly separated from others. I do not think that one can refuse the name of sage to one who, placing as a foundation in his heart an equal love for all men, since they are all equally men, would only add different merits above the distinction, and this obligation of recognition in the traffic of good offices. And although then the esteem of virtue and the retribution of benefits make that in appearance he seems to love one more than the other, because these three affections are mixed very easily, and seem to produce only a single movement, it would be true, however, that he would have only a very equal friendship for all.

I expect, Monsieur, that you will relieve me of these doubts, and will show me the true rule which we must follow in the division of our inclinations; but if your leisure does not allow you to give me so much light, and you just want me to close my mouth and convince myself that I do not observe this equality myself, just ask me, if it is not true that in addition to the veneration of your virtue and above all the obligations that I have for you, I am still inclined to love and honour you by a secret movement which I do not resist, and which makes me, more than to all other men,
Monsieur,
Your most humble, most obedient and most affectionate servant
Chanut.


Above: Kristina.


Above: René Descartes.

Axel Oxenstierna's letter to Kristina, dated March 21/31 (Old Style), 1645

Source:

Riksarkivet, Axel Oxenstiernas skrifter och brev





The letter:

Stormechtigste Drotning,
Allernådigste Fröken.
Endoch jag inthet gärna bemöder E. Kongl. M:tt medh något sådant som jag sielff kan synes haffva något interesse uthi, lijkväl mädhan jag ähr underrettat vorden at effter min afresa skole någre uthur de andhre collegierne hafva sökt hoos E. K. M:tt att draga en deel aff ährenden och sakerne uthur cantzelliet in i sine collegia som elliest ähre vahne att tracteras och forrettas i cantzelliet. Dy kan jag så väl för E. K. M:tz tiänsts som mitt embetes skuldh icke låtha att underdånigst göra hoos E. K. M:tt en ödhmiuk påminnelse dedh sådant åthminsto på någon tijdh och till E. K. M:ttz bettre betenckiande måtte blifva uthstelt. Jag förnimmer dedh krigsråded sökia att draga alle fullmachters schrijfvande in i sitt collegium, cammerrådhet alle donationer och confirmationer i sitt, och kan till eventyrs finnas något mehra aff samme art.

Nu ähr inthet min mening att settia mig emot hvadh E. K. M:tt förordnar. Men effter jag sijr sådant löpa emot den intention som E. K. M:ts S. käre her fader glorvyrdigst i åminnelse uthi collegiernes anrettande och formerande hafver hafft, emot regeringsformen och dedh som härtill ähr observerat, ty kan jag icke annars ähn styrckia därifrån. Collegierne ähre enkannerligen därhen ansedde att justitiens administration blefve aff hoffretterne förrättat alt in till revisionen, som konungen sig sielff hafver förbehollet att uthleta alle aff- och skrochsochnar, dem at determinera uthan vedersegn i rådcammaren där cantzlern pläger åå konungers vegner låtha affatta domarne och acterne hollas i ordre. Alt ded som krigedtz præparatorier och execution tilkommer, ded ähr under krigzrådets inspection. Hvadh som i folck, skep och annat tilbehör till siös fordras, dedh bör tagas i acht och driffves af ammiralitetet. Så hafver och cammerrådhet inspectionen på sielffve renterne och rijkzens inkompster så och dem som dedh hantera; efftersom sedhan bergsamptedt ähr uprettadt såsom en particular leedh aff cammerråded bärandes enkannerligen omsorg för bergsverken som fundamentet till den edleste deel aff rijkzens inkompstar. Men cantzelliet såsom ded där medh någre particular saker inthet hafver att bestella, altså bör dedh föra pennan och ordet i konungens nampn, där så behöffves och tarfflegt ähr. Såsom och holla richtigheet på breff och acter som uthgåå och aff konungen underteknas. Skulle nu fullmachterne schrijffvas och præsenteras aff krijgzrådedh och deres secretario, så tiänte och best att alle instructioner och memorialer sampt breff och befallningar kriget angåendhe giordes aff dem, på dedh hvadh tillsamman hörer må och hengia tillsamman. Efftersom och cammaren medh samme skääl kundhe alle de ordningar och befalningar förtroos som rijksens renter angåås, så kunde och de andra medh samme rett draga till sigh hvadh deres väsendh i någor motto anrörer. Och vore altså i dette fallet cantzelliet medh cantzlern och cantzellierådedh till ingenting nyttigt och kunde, där dedh funnes gott, denne expensen väl besparas. Men hvadh richtighet härmedh i E. K. M:t anlägne ährenden skulle föllia och hvadh godh underrettelse beholles, dedh goffve tijdhen medh.

Allernådigste drottning, såge jag icke den confusion som häraff skulle föllia till E. K. M:ttz skadha och förtreet frambdeles, jagh skulle icke röra härom ett ordh. Men mädhan jag veet dedh att skole föllia, så kan jag inthet gåå förbij, mädhan jag desföruthan ähr effter E. K. M:ttz allernådigste behagh här nedre staddh vedh grentzen, att ödmiukeligen bedia dedh E. K. M:tt behagade lämpna sakerne in integro till dess E. K. M:tt jag min underdånigste relation göra måtte och remonstrera E. K. M:ttz egett interesse som däruthi verserar. Efftersom jag väl dedh kan säya att de som dette haffve hoos E. K. M:tt angiffvet anten inthet förstå collegiernes difference heller ju haffva hafft något particulart inseende. Ehuru ded och ähr, så hafver min plicht varit att ödhmiukeligen påminnadt, allting underdånigst stellandes till E. K. M:ttz allernådigste egen dijudication, varandes i den visse tillförsicht icke allenast nådigst hördth blijffva uthan och medh nådher min dristighet blijffva uthtyd, efftersom jag dedh icke annorlunda ähn till E. K. M:ttz tiänst meent hafver och meenar. Och befaller härmedh E. K. M:tt i Gudz milde beskyddh till all godh helsa, stadig välmåge, lyckelig regering och seger öfver E. K. M:ttz och rijkzens fiender så och mig i E. K. M:ttz gunstige benägenheet, efftersom jag så länge jag leffver ähr och bliffver
E: Kongl: Maij:ttz
underdånigste trogne och
hörsame tiänare
Axell Oxenstierna.
Datum i Südheråkra den 21
martii Anno 1645.


Above: Kristina.


Above: Axel Oxenstierna.

Saturday, December 4, 2021

Excerpt from Pierre de Noyers' letter to Ismaël Boulliau, dated October 11/21 (New Style), 1656

Sources:

Lettres pour servir à l'histoire de Pologne et de Suède, page 257, Pierre des Noyers, published by B. Behr, 1859


The letter excerpt:

21 octobre 1656, Wolbourg.
... Vous nous faites une peinture de la reine Christine tout autre que celle qu'on avait envoyée de Rome; pour en bien parler, il faudrait que vous l'eussiez vue davantage. Elle fut les premiers jours en admiration à Rome, et ce n'a été que le temps qui lui a fait perdre à la fin ce qu'elle avait gagné au commencement. On ne peut nier qu'elle n'ait de l'esprit, et lorsqu'elle veut se contraindre elle fait merveille. ...

Swedish translation (my own):

21 oktober 1656, Walbourg.
... Ni målar oss en bild av Drottning Kristina helt annorlunda än den vi hade skickat från Rom; för att prata om henne bra måste Ni ha sett henne mer. Hon var vördnad för Rom under de första dagarna, och det var bara tiden som gjorde att hon till slut förlorade vad hon hade vunnit i början. Det går inte att förneka att hon har kvickhet, och när hon vill behärska sig själv gör hon underverk. ...

English translation (my own):

October 21, 1656, Wolbourg.
... You paint us a picture of Queen Kristina quite different from the one we had sent from Rome; to talk about her well, you would have to have seen her more. She was in awe of Rome for the first few days, and it was only time that made her lose in the end what she had gained in the beginning. It cannot be denied that she has wit, and when she wants to constrain herself she does wonders. ...


Above: Kristina.


Above: Ismaël Boulliau.

Excerpt from Pierre de Noyers' letter to Ismaël Boulliau, dated October 4/14 (New Style), 1656

Sources:

Lettres pour servir à l'histoire de Pologne et de Suède, page 249, Pierre des Noyers, published by B. Behr, 1859


The letter excerpt:

14 octobre 1656, Wolbourg.
... Nous avons grande impatience de savoir ce qu'on aura trouvé de la reine Christine à Paris et quelle réputation elle y laissera d'elle. Je crois qu'elle sera mieux examinée là qu'en pas un autre lieu. Les peintures que j'en reçois de vous dans vos lettres me font appréhender pour elle.

La Reine a été bien aise d'apprendre que M. de Wicquefort se disposât de passer en Hollande; lorsque je lui ai dit, elle m'a répondu que si vous y fussiez passé, cela nous aurait été d'un grand avantage et aurait empêché le traité que les Hollandais ont fait avec les Suédois pour le commerce de la mer Baltique. ...

Swedish translation (my own):

14 oktober 1656, Walbourg.
... Vi är mycket otåliga att veta vad man kommer att ha funnit av drottning Kristina i Paris och vilket rykte hon kommer att lämna av sig där. Jag tror att det kommer att undersökas bättre där än inte någon annanstans. De målningar som jag får från Er i Era brev gör mig orolig för henne.

Drottningen var mycket glad över att få veta att herr de Wicquefort förberedde sig för att resa till Holland; när jag berättade det för henne svarade hon att om Ni hade gått dit så hade det varit till stor nytta för oss och hindrat det fördrag som holländarna slöt med svenskarna om handeln med Östersjön. ...

English translation (my own):

October 14, 1656, Walbourg.
... We are very impatient to know what one will have found of Queen Kristina in Paris and what reputation she will leave there. I believe she will be better examined there than elsewhere. The paintings that I receive from you in your letters make me apprehensive for her.

The Queen was very glad to learn that Monsieur de Wicquefort was preparing to go to Holland; when I told her, she replied that if you had gone there, it would have been of great benefit to us and would have prevented the treaty that the Dutch made with the Swedes for the trade of the Baltic Sea. ...


Above: Kristina.


Above: Ismaël Boulliau.


Above: Abraham de Wicquefort.

Friday, December 3, 2021

Kristina's letter to Azzolino, dated April 6, 1667

Sources:

Christine de Suède et la cardinal Azzolino. Lettres inédites (1666-1668), Carl Bildt, 1899



Från stoicism till mystik: Studier i drottning Kristinas maximer, pages 214 to 215, by Sven Stolpe, 1959

Drottning Kristina: Efter tronavsägelsen, pages 115 to 116, by Sven Stolpe, 1961




Kristina wrote this letter to Cardinal Decio Azzolino on April 6, 1667.

The letter:

Cinquante Cinquiesme
lestre 6 Avril 1667
Vostre lestre du 19 du passe moblige a Vous prier de me desdire aupres du Cardl. Sforza et de lasseurer de ma part que lherba trastulla est la chosse du monde qui est de la plus mauvaise digestion pour moy in Thodescheria. Cela fait Conoistre que les Choses esloinges nous paroissent bien differantes de ce quelle sont a leur approche, et ie Vous puis asseurer que Vos lestre en me rendant la vie du pape desesperee mont donne un sentimet qui ne sede en rien a celluy que pouroit avoir le Cardl. palavicino en cette occasion, Car ie tien que ce sera le seul homme en toutte la Cour qui regrettera la perte que nous faisons touts. Je dis touts Car Je suis fort de Vostre Opinion de celle de ceux qui Crainge que nous ne Changions en pire, quoy quil y ay des choses qui me persuadent que la disapplication aux affaires soit la pire de touts les fautes qui puise arriver a luniVersal, et quon peut pardonner tout les austres a vn prince mais que les peches domissions sont touts mortels en Ceux qui gouverne.

quoy quil en soit Je Vous puis asseurer que ie suis afflige touts ce que lon le peut estre et que ce n'est pas destre hors de Rome en cette occasion, mais sest de me Voir deceu dan lesperance que iay tousiour eu de retrouer le pape a mon retour en sante et vous savez bien que iay quelque raison de le souhaitter. Juge apres cela de Jmpacience ou Je suis de Vos lestres et Croiez que cet avec vne inquietude estrange que i'aten l'heure de larrive du Courier.

Je Vous enVoy les lestres dAdamy qui Vous desabuseront de lopinion ou Vous estes que la diette de Suede ce face au moy de May, et quoy quil en dise ie ne Crois pas mesme quelle se face de toutte Cette anne et Croiez moy et desabuse Vous on ne la fera iamais tan que ie seray en Suede. Je lattendray neamoins pour Vous faire plaisir, et pour Vous tirer de la Crainte que Vous avez de mon retour.

les nouvelles des Quartiers Consiste dans lopiniatrete des parties pour saccorder du lieux du traitte entre Angletrere et ollande. mon opinion est quon saccordera a la fin, Car linterest des deux nations est de faire la paix et la necessite ou est lAgleterre ly forcera a la fin. les Ollandois sortiront dans un moy sils veulent plus forts que iamais en mer.

Jl faut que ie laisse pour le fin de ma lestre Ce qui est le plus important. Je suis ravie de ce que Vous me dittes, des affafaire du MaJorchin. Vous en parlez en savant et ie Vous Crois Comme vne evangile, et Je me persuade que Vous este enCore plus avance que Vous ne dittes. si cela est ie suis Contente et nayant souhaitte austre Chose au monde que de Vous en faire le possesseur, puisque Vous leste ie moureray Contente, quoy que ce sera avec la douleur de voir que Vous layez receu daustre mains que des miennes, mais puisque dieu vous a voulu faire cette grace immediatemant, ie Conois que ie ne meritois pas la fortune de pouvoir Vous rendre vn tel service. loue soit dieu qui Vous la donne et ie Vous prie de Croire que touts les Changements qui sont arrives dans Vostre asme et en ma fortune ne menpeche pas den avoir plus de ioye que si dieu me leust donne a moy mesme au lieux quil a fait Cette grace a Vous. mais Vous estes nee pour le grandes Choses et Vostre fera fortune fera ce quelle poura pour esgaler Vostre merite, et ie ne doutte plus que mon songe ne se Verifie. Vous en avez le gage en main et ie suis ravẏ que dieu saye Voulu du moins servir de moy pour Vous annoncer ce quil Vouloit faire pour Vous tan danne devan quil a Voulu executer son decret. Courage suivez la belle Carrie que le Ciel Vous ovrere et suivez la iusques au bout et soyez Certin que Vous estes destine a estre le plus grandt et le plus heureux homme du monde en merite Vertu et en fortune, et Vous Conoistrez vn iour que ie dis la verite adieu

With modernised spelling:

Hambourg, 6 avril 1667.
Votre lettre du 19 du passé m'oblige à vous prier de me dédire auprès du cardinal Sforza et de l'assurer de ma part que l'herba trastulla est la chose du monde qui est de la plus mauvaise digestion pour moi in Thodescheria. Cela fait connaître que les choses éloignées nous paraissent bien différentes de ce qu'elles sont à leur approche, et je puis vous assurer que vos lettres, en me rendant la vie du pape désespérée, m'ont donné un sentiment qui ne cède en rien à celui que pourrait avoir le cardinal Pallavicino en cette occasion, car je tiens que ce sera le seul homme en toute la Cour qui regrettera la perte que nous faisons tous. Je dis tous, car je suis fort de votre opinion [et] de celle de ceux qui craignent que nous ne changions en pire, quoiqu'il y ait des choses qui me persuadent que la désapplication aux affaires soit la pire de toutes les fautes qui puisse arriver à l'universel, et qu'on peut pardonner toutes les autres à un prince, mais que les péchés d'omission sont tous mortels en ceux qui gouvernent.

Quoi qu'il en soit, je vous puis assurer que je suis affligée tout ce que l'on le peut être, et que ce n'est pas d'être hors de Rome en cette occasion, mais c'est de me voir déçue dans l'espérance que j'ai toujours eue de retrouver le pape, à mon retour, en santé, et vous savez bien que j'ai quelque raison de le souhaiter. Jugez après cela de l'impatience où je suis de vos lettres et croyez que c'est avec une inquiétude étrange que j'attends l'heure de l'arrivée du courrier.

Je vous envoie les lettres d'Adami qui vous désabuseront de l'opinion où vous êtes que la Diète de Suède se fasse au mois de mai, et quoi qu'il en dise je ne crois pas même qu'elle se fasse de toute cette année, et croyez-moi et désabusez-vous, on ne la fera jamais tant que je serai en Suède. Je l'attendrai néanmoins, pour vous faire plaisir, et pour vous tirer de la crainte que vous avez de mon retour.

Les nouvelles des quartiers consistent dans l'opiniâtreté des parties pour s'accorder du lieu du traité entre Angleterre et Hollande. Mon opinion est qu'on s'accordera à la fin, car l'intérêt des deux nations est de faire la paix, et la nécessité où est l'Angleterre l'y forcera à la fin. Les Hollandais sortiront dans un mois, s'ils veulent, plus forts que jamais en mer.

Il faut que je laisse pour le fin de ma lettre ce qui est le plus important. Je suis ravie de ce que vous me dites des affaires du Majorquin. Vous en parlez en savant, et je vous crois comme un évangile, et je me persuade que vous êtes encore plus avancé que vous ne dites. Si cela est, je suis contente, et n'ayant souhaité autre chose au monde que de vous en faire le possesseur, puisque vous l'êtes, je mourrai contente, quoique ce sera avec la douleur de voir que vous l'ayez reçue d'autres mains que des miennes, mais puisque Dieu vous a voulu faire cette grâce immédiatement, je connais que je ne méritais pas la fortune de pouvoir vous rendre un tel service. Loué soit Dieu qui vous l'a donnée, et je vous prie de croire que tous les changements qui sont arrivés dans votre âme et en ma fortune, ne m'empêchent pas d'en avoir plus de joie que si Dieu me l'eût donnée à moi-même, au lieu qu'il a fait cette grâce à vous. Mais vous êtes né pour les grandes choses et votre fortune fera ce qu'elle pourra pour égaler votre mérite, et je ne doute plus que mon songe ne se vérifie. Vous en avez le gage en main, et je suis ravie que Dieu s'ait voulu du moins servir de moi pour vous annoncer ce qu'il voulait faire pour vous, tant d'années devant qu'il a voulu exécuter son décret. Courage, suivez la belle carrière que le ciel vous ouvre, et suivez-la jusqu'au bout et soyez certain que vous êtes destiné à être le plus grand et le plus heureux homme du monde en mérite, vertu et en fortune, et vous connaîtrez un jour que je dis la vérité. Adieu!

Swedish translation (my own):

Femtiofemte brev, den 6 april 1667.
Ert brev av det 19:e av den sista månad förpliktar mig att be Er dra mig tillbaka till kardinal Sforza och försäkra honom från min sida att l'erba trastulla är den sak i världen som är den värsta digestionen för mig in Thodescheria. Detta gör det känt att avlägsna saker verkar för oss mycket annorlunda än vad de befinner sig i att närma sig, och jag kan försäkra Er att Era brev, genom att göra mig förtvivlad för påvens liv, har givit mig en känsla som inte viker vad som helst kardinal Pallavicino skulle ha vid detta tillfälle, ty jag anser att han kommer att vara den enda mannen i hela Hovet som kommer att ångra den förlust vi alla lider. Jag säger allt, ty jag är stark enligt med Er åsikt och med dem som fruktar att vi kommer att förändras till det sämre, även om det finns saker som övertygar mig om att det att misslyckas med affärer är det värsta av alla misstag som kan hända och att alla andra kan förlåtas till en prins, men att utelämningssynder alla är dödliga för dem som styr.

Hur som helst, jag kan försäkra Er att jag är bedrövad över allt som man kan vara, och att det inte är av att vara utanför Rom vid detta tillfälle, men det är av att se mig själv besviken i hoppet om att jag alltid har haft att finna påven, vid min återkomst, vid god hälsa, och Ni vet mycket väl att jag har någon anledning att önska det. Döm efter det av min otålighet med Era brev och tro att det är med en besynnerlig ångest jag väntar på timmen för postens ankomst.

Jag sänder Er Adamis brev som kommer att ta Er ur Er mening att Sveriges Riksdag sammankallas i maj månad, och vad han än säger om det tror jag inte ens att den sammankallas under hela detta år, och tro mig och var desillusionerad, kommer den aldrig att sammankallas medan jag är i Sverige. Jag vill ändå vänta på den för att behaga Er och för att befria Er från den rädsla Ni har för min återkomst.

Nyheterna från kvarteren består i partiernas envishet om att komma överens om platsen för fördraget mellan England och Holland. Min åsikt är att man skall komma överens i slutet, ty de två nationernas intresse är att skapa fred, och Englands nödvändighet kommer att tvinga henne att göra det i slutet. Holländarna kommer ut om en månad, om de vill, starkare än någonsin till sjöss.

Jag måste lämna det som är viktigast i slutet av mitt brev. Jag är mycket nöjd med vad Ni berättar om Mallorcas affärer. Ni talar om det medvetet, och jag tror Er som ett evangelium, och jag övertygar mig själv om att Ni är ännu mer avancerad än Ni säger. Om så är fallet är jag glad och har icke önskat mig något annat i världen än att göra Er till sin ägare, som Ni är så kommer jag att dö lycklig, även om det kommer att vara med sorg att se att Ni har fått det från andra händer än mina, men eftersom Gud ville ge Er denna nåd omedelbart, vet jag att jag inte förtjänade lyckan för att kunna ge Er en sådan tjänst. Prisad vara Gud som gav Er det, och jag ber Er att tro att alla förändringar som har skett i Er själ och i min förmögenhet, inte hindrar mig från att ha mer glädje än om Gud hade gjort mig den; istället har han gjort Er denna nåd. Men Ni föddes för stora saker och Er förmögenhet kommer att göra vad den kan för att likna Er förtjänst, och jag tvivlar inte längre på att min dröm kommer att gå i uppfyllelse. Ni har löftet i handen, och jag är glad att Gud åtminstone ville använda mig för att berätta vad han ville göra för Er, så många år innan han ville utföra sitt dekret. Mod, följ den vackra karriären som himlen öppnar för Er och följ den till slutet och var försäkrad att Ni är avsedd att vara den största och lyckligaste mannen i världen i förtjänst, dygd och förmögenhet; och Ni skall få veta en dag att jag säger sanningen. Farväl!

English translation (my own):

Fifty-fifth letter, April 6, 1667.
Your letter of the 19th of last month obliges me to beg you to withdraw to Cardinal Sforza and to assure him on my part that l'erba trastulla is the thing in the world which is the worst digestion for me in Thodescheria. This makes it known that distant things seem to us very different from what they are at their approach, and I can assure you that your letters, in making me desperate for the life of the Pope, have given me a feeling that does not give way to whatever Cardinal Pallavicino might have on this occasion, for I hold that he will be the only man in the whole Court who will regret the loss we all suffer. I say all, because I am strongly of your opinion and that of those who fear that we will change for the worse, though there are things that persuade me that disapplication to affairs is the worst of all mistakes that can happen to the universal, and that all others can be forgiven to a prince, but that sins of omission are all mortal in those who govern.

Anyway, I can assure you that I am grieved all that one can be, and that it is not to be out of Rome on this occasion, but it is to see myself disappointed in the hope that I have always had of finding the Pope, on my return, in good health, and you know very well that I have some reason to wish it. Judge after that of my impatience with your letters and believe that it is with a strange anxiety that I await the hour of the arrival of the mail.

I am sending you Adami's letters which will disillusion you of your opinion that the Riksdag of Sweden convenes in May, and whatever he says about it I do not even believe that it convenes all this year, and believe me and be disillusioned, it will never convene while I am in Sweden. I will wait for it nevertheless, to please you and to relieve you of the fear which you have of my return.

The news from the districts consists in the obstinacy of the parties to agree on the place of the treaty between England and Holland. My opinion is that one will come to an agreement in the end, for the interest of the two nations is to make peace; and England's necessity will force her to do so in the end. The Dutch will leave in a month, if they want, stronger than ever at sea.

I must leave what is most important for the end of my letter. I am delighted with what you tell me about Mallorcan affairs. You speak of it knowingly, and I believe you like a gospel, and I persuade myself that you are even more advanced than you say. If so, I am happy, and having wished for nothing else in the world than to make you its possessor, since you are so, I will die happy, although it will be with sorrow to see that you have received it from other hands than mine, but since God wanted to give you this grace immediately, I know that I did not deserve the fortune to be able to render you such a service. Praised be God who gave it to you, and I beg you to believe that all the changes which have happened in your soul and in my fortune do not prevent me from having more joy than if God had given it to me myself; instead He has done you this grace. But you were born for great things and your fortune will do what it can to match your merit, and I no longer doubt that my dream will come true. You have the pledge in hand, and I am delighted that God wanted to at least use me to tell you what He wanted to do for you, so many years before He wished to carry out His decree. Courage, follow the beautiful career which Heaven opens for you, and follow it to the end and be certain that you are destined to be the greatest and the happiest man in the world in merit, virtue and fortune; and someday you will know I'm telling the truth. Goodbye!


Above: Kristina.


Above: Cardinal Decio Azzolino.

Notes: In Italian, "dare l'erba trastulla" means to comfort someone by making them hope in vain for something. Kristina seems to have interpreted this idiom literally, an indicator that she might have been autistic.

Thodescheria = a familiar Italian term for Germany.

Azzolino appears to have written that he was about to discover the Philosopher's Stone.

Attached to this letter was an unsigned memorandum, dated from Amsterdam on March 26, 1667, concerning an alchemical experience.

Kristina's letter to Azzolino, dated March 20/30 (New Style), 1667

Sources:

Christine de Suède et le cardinal Azzolino: Lettres inédites (1666-1668), Carl Bildt, 1899



Drottning Kristina: Efter tronavsägelsen, page 115; page 117, by Sven Stolpe, 1961




Kristina wrote this letter to Cardinal Decio Azzolino on March 20/30 (New Style), 1667.

The letter:

Cinquante quattriesme
lestre 30 Mars 1667 – Vostre lestre du Cinquisesme du Courant ma donne la plus Chaude alarme que ieus en ma vie, et en ovrant celle du 7.me ie Creus infaliblement y trovver la mort du pape, et Vous avoue que ie lay ouverte en tremblant mais elle ma agreablement surpris en apprenant la belle promotion que sa s.te a fait et ie Vous advoue quelle ma surprise mais le plus agreablement du monde. pour moy Jaurois souhaitte que les Couronnes neussent pas receu ce surCroit de forces a leur factions mais au bout du Conte, le renfort que Vous austres du bon parti recevez en cette occasion m'en Console et cette promotion Commence a me persuader la decadanse de Nyni, et ie Conietture par la que Vous austres avez gange bien du trereein de puis mon depart, et Je suis for trompe si le Cardl. Chigi et ceux de ces Creatures qui auront de lhoneur, ne suniront avec l'esquadron et si cela est Vous aurez trouve touts deux le moien de dire quis Contra nos.

si ie raysonne mal Vous navez qua pardonner a mon ignorance. Vous avez donne fort dan mes dans mes sentiments en Vous reiouissant de ma part avec Msr. le Cardl. Caraccioli Je vous prie de faire autan avec les austres nonces quant Jl seront a romme Car Jespere quils seront tous de mes amis, et ie le souhaitte fort puisquils on beaucoup de merite. apres cela iay un avertissement a Vous donner pour le Conclave et Cest puis que Vous y aurez trois Allemens, que lon face grande provision de Vin et que lon sache que ses messieurs on besoin de plus de Vin en un iour que tout le reste du Sac. College ne Consomera en touts le temps que durera Conclave et que lon se regle la desus. au reste quon ne se face pas gran Cas de leur parole Car sil la donne quant Jls sont yvres Jls la retracte quand Jl sont a Jeune et touts ce quil font a Jeune est nulle quant Jl sont yvres. pour levesque salzbur lon dit que cet un prince de gran merite ie ne le Conois pas, mais tout le monde en dit du bien pourtan la qualite Jlustre par la quelle il a gange lestime et lapprobation des ses Compatriots est de boir vn baril de Vin a son ordinaire quant il ne senyvre pas, Car de lextraordinaire on nen sait pas le nombre, et tout homme qui boit moins est un sot en pays ycy en Allemange. mais ralierie a part ie Vous suis infiniment oblige de la peine que Vous avez prix de mavertir de la promotion par Vostre lestre du 7. Car elle est arrive si a propos que ie ne pouvois rien souhaitter de plus, et sans elle ie n'aurois eu la nouvelle que deux iours plus tart de paris, ou le Courier extraordinaire est arive le 17. et les lestres arrivee de paris son du 18 — Jl arriva quant iovris vostre lestre que le resident de france et daustre fracois sẏ trouvere dans ma Chambre de sorte que ie fus la primiere a leur donner la nouvelle de la promotion de Mercure et le resident la receut deux iour apres de paris, de sorte que Vous voyez que cela est alle le mieux du monde, et ie Vous en suis tres obligee, ausi bien que du soin que Vous prenne de mon palais. la Confience que iay en Vous me fait oublier tout ce que iay a Rome, et ie nay austre pense la desus que celle de Vous envoyer de largent, et iy travallieray dune maniere que iespere de reusir.

Je Vous ay dit dans mes presedantes mes panses sur les tableaux et nay rien de nouveaux ie Vous prie de faire mes amities au Cardl. Jmperial sur toutte lamitie quil ma tesmoinge en cette occasion et de lasseurer du resentiment qui men reste non seullement enVers luy mais ausi envers sa belle soeur.

Joubliois de Vous dire dans ma presedante quon mavoit fait la mesme proposition qua Vous touchant mes medallie et que iay donne la mesme reponse que Vous. sil reste encore quelque esperance a cet Abbe francois sur ce suiet ie Vous prie de len gerir entierement.

le pardon du medicin est obtenu des le moment que Vous le souhaittez, et ie luy pardoneray quant il mauroit empoisonne, et Vous moutragez en me faisant des excuses. ie Vous prie de Croẏre que Vous pouvez tout san reserve sur moy et que Vous ... estant obligee de la maniere que ie la ... suis Vostre volonte sera vne liox eternelle a la quelle la mienne ne Contredira iamais. faitte moy la iustice de Croire Cette verite adieu Jattens avec impacience le retour de D. Stefano.

P. S.
Je vous envoy des passeports les quelles pouront servir en cas que Vous eussiez lintention de menvoyer quelque expres pour mavertir de lelection du nouveau pape, ov en Cas quil Vousdroit me faire luy mesme la grace et lhoneur de men donner part, afin que mes passeports puissent servir a le Condiure vn Courier iusques a moy en Suede, et par le lieux heretiques dAlemange. Vous si vous iuge que ses passeports ne pevent servir, Vous navez qu'a les bruler. ie laisseray vn austre passeport suedois entre les mains de Thexeira avec ordre de luy fournir de largen sil en a besoin sur Vostre ordre adieu

Jl ny a point des lestres de Suede ny pour Vous ny pour moy, mais Jl ny a pas apparence de nouveaute en ce pays la que ie sache

With modernised spelling:

Hambourg, 30 mars 1667.
Votre lettre du cinquième du courant m'a donné la plus chaude alarme que j'eus en ma vie, et en ouvrant celle du septième, je crus infailliblement y trouver la mort du pape, et vous avoue que je l'ai ouverte en tremblant; mais elle m'a agréablement surprise en m'apprenant la belle promotion que Sa Sainteté a faite, et je vous avoue qu'elle m'a surprise, mais le plus agréablement du monde. Pour moi, j'aurais souhaité que les Couronnes n'eussent pas reçu ce surcroît de forces à leurs factions; mais au bout du compte, le renfort, que vous autres du bon parti recevez en cette occasion, m'en console et cette promotion commence à me persuader de la décadence de Nini, et je conjecture par là que vous autres avez gagné bien du terrain depuis mon départ, et je suis fort trompée si le cardinal Chigi et ceux de ses créatures qui auront de l'honneur, ne s'uniront avec l'escadron, et si cela est, vous aurez trouvé tous deux le moyen de dire: Quis contra nos?

Si je raisonne mal, vous n'avez qu'à pardonner à mon ignorance. Vous avez donné fort dans mes sentiments en vous réjouissant de ma part avec le cardinal Caracciolo. Je vous prie de faire autant avec les autres nonces quand ils seront à Rome; car j'espère qu'ils seront tous de mes amis, et je le souhaite fort, puisqu'ils ont beaucoup de mérite.

Après cela, j'ai un avertissement à vous donner pour le conclave, et c'est, puisque vous y aurez trois Allemands, que l'on fasse grande provision de vin et que l'on sache que ces messieurs ont besoin de plus de vin en un jour que tout le reste du Sacré Collège ne consommera en tout le temps que durera le conclave, et que l'on se règle là-dessus. Au reste, qu'on ne se fasse pas grand cas de leur parole, car s'ils la donnent quand ils sont ivres, ils la rétractent quand ils sont à jeûn, et tout ce qu'ils font à jeûn est nul quand ils sont ivres. — Pour l'evêque de Salzbourg, l'on dit que c'est un prince de grand mérite: je ne le connais pas, mais tout le monde en dit du bien. Pourtant la qualité illustre, par laquelle il a gagné l'estime et l'approbation de ses compatriotes, est de boire un baril de vin à son ordinaire, quand il ne s'enivre pas, car de l'extraordinaire on n'en sait pas le nombre, et tout homme qui boit moins est un sot en Allemagne. — Mais, raillerie à part, je vous suis infiniment obligée de la peine que vous avez prise de m'avertir de la promotion par votre lettre du 7, car elle est arrivée si à propos que je ne pouvais rien souhaiter de plus, et sans elle je n'aurais eu la nouvelle que deux jours plus tard, de Paris, où le courrier extraordinaire est arrivé le 17, et les lettres arrivées de Paris sont du 18.

Il arriva quand j'ouvris votre lettre, que le résident de France et d'autres Français s'y trouvèrent dans ma chambre, de sorte que je fus la première à leur donner la nouvelle de la promotion de Mercœur, et le résident la reçut deux jours après de Paris, de sorte que vous voyez que cela est allé le mieux du monde, et je vous en suis très obligée aussi bien que du soin que vous prenez de mon palais. La confiance que j'ai en vous, me fait oublier tout ce que j'ai à Rome, et je n'ai autre pensée là-dessus que celle de vous envoyer de l'argent et j'y travaillerai d'une manière que j'espère de réussir.

Je vous ai dit dans mes précédentes mes pensées sur les tableaux, et je n'ai rien de nouveau. Je vous prie de faire mes amitiés au cardinal Imperiali sur toute l'amitié qu'il m'a témoignée en cette occasion, et de l'assurer du ressentiment qui m'en reste non seulement envers lui, mais aussi envers sa belle-sœur.

J'oubliais de vous dire dans ma précédente, qu'on m'avait fait la même proposition qu'à vous touchant mes médailles, et que j'ai donné la même réponse que vous. S'il reste encore quelque espérance à cet abbé français sur ce sujet, je vous prie de l'en guérir entièrement.

Le pardon du médecin est obtenu dès le moment que vous le souhaitez, et je lui pardonnerais quand il m'aurait empoisonnée, et vous m'outragez en me faisant des excuses. Je vous prie de croire que vous pouvez tout sans réserve sur moi, et que vous étant obligée de la manière que je le suis, votre volonté sera une loi éternelle à laquelle la mienne ne contredira jamais. Faites-moi la justice de croire cette vérité. Adieu.

J'attends avec impatience le retour de Don Stefano.

P. S. — Je vous envoie des passeports, lesquels pourront servir en cas que vous eussiez l'intention de m'envoyer quelque exprès, pour m'avertir de l'élection du nouveau pape, ou en cas qu'il voudrait me faire lui-même la grâce et l'honneur de m'en donner part, afin que mes passeports puissent servir à conduire un courrier jusqu'à moi en Suède, et par les lieux hérétiques d'Allemagne. Si vous jugez que ces passeports ne peuvent servir, vous n'avez qu'à les brûler. Je laisserai un autre passeport suédois entre les mains de Texeira, avec ordre de lui fournir de l'argent, s'il en a besoin, sur votre ordre. Adieu.

Il n'y a point de lettres de Suède, ni pour vous ni pour moi, mais il n'y a pas apparence de nouveautés en ce pays-là, que je sache.

Swedish translation (my own):

Femtiofjärde brev av den 30 mars 1667.
Ert brev av den 5 av nuvarande månaden gav mig det varmaste oro som jag haft i mitt liv, och genom att öppna det av den sjunde, trodde jag ofelbart att jag där skulle finna påvens död och erkänner för Er att jag öppnade det skälvande; men det förvånade mig positivt genom att informera mig om den stora befordran som Hans Helighet har givit, och jag erkänner att det överraskade mig, men mest behagligen. När det gäller mig önskar jag att kronorna inte hade fått denna ytterligare kraft från sina faktioner; men i slutänden tröstar förstärkningen, som Ni av det goda partiet vid detta tillfälle, mig och denna kampanj börjar övertyga mig om Ninis dekadens, och jag antar att ni andra har vunnit mycket mark sedan jag avgick, och jag är mycket lurad om kardinal Chigi och de av hans kreaturer som kommer att få ära, inte kommer att förenas med skvadronen, och i så fall har ni båda funnit ett sätt att säga: Qui contra nos?

Om jag resonerar dåligt måste Ni bara förlåta min okunnighet. Ni gav mycket åt mina känslor genom att glädja mig för min räkning med kardinal Caracciolo. Jag ber Er att göra detsamma med de andra nuntierna när de är i Rom; ty jag hoppas att de alla kommer att bli vänner till mig, och jag hoppas det, eftersom de har mycket förtjänst.

Efter det har jag en varning att ge Er för konklaven, och det är, eftersom Ni kommer att ha tre tyskar där, som man lagrar på vin och att man vet att dessa herrar behöver mer vin på en dag som resten av det Heliga Kollegium vill inte konsumera under hela tiden som konklaven varar, och att man reglerar den. Låt oss dessutom inte ta mycket av deras ord, för om de ger det när de är fulla, drar de tillbaka det när de fastar, och allt de gör på fastande mage är noll när de är fulla. — För biskopen i Salzburg säger de att han är en prins med stor förtjänst: jag känner inte honom, men alla säger goda saker om honom. Ändå är den berömda egenskapen, genom vilken han har vunnit sina landsmäns uppskattning och godkännande, att dricka ett fat vin som vanligt, när han inte är full, på grund av det extraordinära man vet inte antalet, och varje man som dricker mindre är en dåre i Tyskland. — Men hån åt sidan, jag är oändligt förpliktad till Er för det besvär Ni har gjort med att informera mig om befordran genom Ert brev av den 7, eftersom det ankom så snabbt att jag inte kunde önska mig mer, och utan skulle jag inte har fått nyheterna fram till två dagar senare, från Paris, där den extraordinära kuriren ankom den 17, och de brev som ankom från Paris den 18.

Det hände när jag öppnade Ert brev, att residenten till Frankrike och andra fransmän var där i mitt rum, så att jag var den första som gav dem nyheten om Mercœurs befordran, och residenten fick det två dagar senare från Paris, så att Ni kan se att det gick bäst i världen, och jag är väldigt förpliktad till Er såväl som för den omsorg Ni tar med mitt palats. Det förtroende jag har till Er får mig att glömma allt jag har i Rom, och jag har ingen annan tanke på detta än att skicka pengar till Er och jag kommer att arbeta där på ett sätt som jag hoppas kunna lyckas.

Jag berättade för Er i mina tidigare tankar om målningarna, och jag har inget nytt. Jag ber Er att rikta min kära kärlek till kardinal Imperiali på all den vänskap han har visat mig vid detta tillfälle och försäkra honom om den förbittring jag har lämnat inte bara åt honom utan också till hans svägerska.

Jag glömde att berätta för Er i mitt föregående brev, att jag hade fått samma förslag som till Er angående mina medaljer, och att jag gav samma svar som Ni. Om denne franske abbot fortfarande har något hopp om detta ämne, ber jag Er att bota honom helt därav.

Läkarens förlåtelse erhålls så snart Ni vill ha den, och jag skulle förlåta honom när han förgiftade mig, och Ni förolämpar mig genom att be om ursäkt till mig. Jag ber Er att tro att Ni utan förbehåll kan göra allt åt mig, och att vara Er skyldig på det sätt som jag är, Er vilja skall vara en evig lag som min aldrig kommer att motsäga. Gör mig rättvisa för att tro denna sanning. Farväl.

Jag ser fram emot Don Stefanos återkomst.

P. S. — Jag skickar Er pass, som kan användas om Ni tänker sända mig något uttryckligt, för att varna mig för valet av den nye påven, eller om han vill göra mig själv nåd och äran att dela det med mig, så att mitt pass kan användas för att leda en kurir till mig i Sverige och genom de kätterska platserna i Tyskland. Om Ni tror att dessa pass inte kan användas, Ni måste bara bränna dem. Jag lämnar ett annat svenskt pass i Texeiras händer med beställningar att förse honom med pengar, om det behövs, på Er beställning. Farväl.

Det finns inga brev från Sverige, varken för Er eller för mig, men det finns inget nytt i det landet så vitt jag vet.

English translation (my own):

Fifty-fourth
letter of March 30, 1667.
Your letter of the fifth of the current month gave me the hottest alarm that I had in my life, and by opening that of the seventh, I infallibly believed to find there the death of the Pope, and confess to you that I opened it trembling; but it pleasantly surprised me by informing me of the great promotion that His Holiness has given, and I confess that it surprised me, but most pleasantly. As for me, I wish the Crowns had not received this additional force from their factions; but at the end of the day, the reinforcement which you of the good party receive on this occasion consoles me and this promotion begins to persuade me of the decadence of Nini, and I conjecture that you others have gained a lot of ground since my departure, and I am greatly deceived if Cardinal Chigi and those of his creatures who will have honour, will not unite with the squadron; and if so, you will both have found a way to say: Quis contra nos?

If I am reasoning badly, you have only to forgive my ignorance. You gave a lot to my feelings by rejoicing on my behalf with Cardinal Caracciolo. I beg you to do the same with the other nuncios when they are in Rome; because I hope they will all be friends of mine, and I hope so, since they have a lot of merit.

After that, I have a warning to give you for the conclave, and it is, since you will have three Germans there, that one stocks up on wine and that one knows that these gentlemen need more wine in a day that all the rest of the Sacred College will not consume in all the time that the conclave lasts, and that one regulates on it. Besides, let us not pay much attention to their word, because if they give it when they are drunk, they retract it when they are fasting, and everything they do on an empty stomach is null when they are drunk. — For the Bishop of Salzburg, they say he is a prince of great merit: I do not know him, but everyone says good things about him. Yet the illustrious quality by which he has won the esteem and approval of his compatriots is to drink a barrel of wine as usual, when he does not get drunk, because of the extraordinary we do not know the number, and every man who drinks less is a fool in Germany. — But, mockery aside, I am infinitely obliged to you for the trouble you have taken in informing me of the promotion by your letter of the 7th, because it arrived in such time that I could not wish for anything more, and without I would not have had the news until two days later, from Paris, where the extraordinary courrier arrived on the 17th, and the letters which arrived from Paris on the 18th.

It happened when I opened your letter that the resident of France and other Frenchmen were there in my room, so that I was the first to give them the news of the promotion of Mercœur, and the resident received it two days later from Paris, so that you can see that it has gone the best in the world, and I am very obliged to you for that as well as for the care you take of my palace. The confidence I have in you makes me forget everything I have in Rome, and I have no other thought on that than to send you money, and I will work there in a way that I hope to be successful.

I told you in my previous thoughts about the paintings, and I have nothing new. I beg you to extend my best regards to Cardinal Imperiali on all the friendship he has testified to me on this occasion, and assure him of the feeling I have left not only towards him, but also towards his sister-in-law.

I forgot to tell you in my previous letter that I had been made the same proposal as to you concerning my medals, and that I gave the same answer as you. If there is still some hope for this French abbot on this subject, I beg you to cure him entirely.

The doctor's forgiveness is obtained whenever you want it, and I would forgive him when he poisoned me, and you insult me ​​by apologising to me. I beg you to believe that you can unreservedly do all about me, and that, being obligated to you in the way that I am, your will will be an eternal law which mine will never contradict. Do me justice to believe this truth. Farewell.

I look forward to the return of Don Stefano.

P. S. — I am sending you passports, which can be used in case you intend to send me some express to warn me of the election of the new Pope, or in case he wants to make me himself the grace and the honour to share it with me, so that my passports can be used to lead a courier to me in Sweden, and through the heretical places of Germany. If you feel that these passports cannot be used, all you have to do is burn them. I will leave another Swedish passport in Texeira's hands, with orders to provide him with money, if need be, on your order. Farewell.

There are no letters from Sweden, neither for you nor for me, but there is no appearance of anything new in that country, as far as I know.


Above: Kristina.


Above: Cardinal Decio Azzolino.

Notes: "the great promotion that His Holiness has given" = The Pope had published on March 7, 1667 the creation of Cardinals Spinola, Vettori, Visconti and Caracciolo, already reserved in pectore in the promotion of February 15, 1666. At the same time he had elevated to the cardinalate Monsignor Delfino, Patriarch of Aquileia, the Archbishop of Salzburg, the Bishop of Thun, the Duke of Vendôme, widower of Vittoria Mancini, niece of Cardinal Mazarin, better known as the Duke of Mercœur, and Don Luigi Moncada d'Aragona, former Viceroy of Sicily and Spanish Ambassador to Vienna, another widower trying to hide his mourning under the purple.

"Qui contra nos?" = "Who can be against us?"

Caracciolo had been one of the four nuncios sent to meet Kristina in 1655.

"three Germans" = The cardinals of Harrach, Hesse and Thun.

Far from thinking of selling her medals, Kristina had, during her stay in Hamburg, increased her collection by purchasing those of Nicolaus Heinsius. At the same time she bought her books. See Kristina's letter to the Governor General Seved Bååth, dated October 6/16, 1666.