Thursday, September 1, 2022

Letter to Kristina from Hugues de Lionne, dated July 19/29 (New Style), 1667

Sources:

Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Manuscrits de la reine Christine; Lettere di principi d'eccellenza, nunzy Apostolici e ministri alla regina; Lettres de Monsieur le secrétaire d'état du roi de France à la reine Christine; Lettre 101  Hugues de Lionne à Christine de Suède, Paris, 29 juillet 1667 (digitisation pages 68v-78r to 79v-80r)


Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Manuscrits de la reine Christine: Lettere di principi d'eccellenza, nunzy Apostolici e ministri alla regina, : , 1601-1700.

La regina Cristina di Svezia in Italia (1655-1689): Memorie storiche ed aneddotiche con documenti, pages 393 to 394 (appendix XIII), published by Gaudenzio Claretta, 1892


Christine de Suède et le cardinal Azzolino. Lettres inédites (1666-1668), by Baron Carl Bildt, 1899


The letter (Claretta made many mistakes in his transcript, as Bildt pointed out):

MADAME,
La continuation d'une indisposition dont j'ai bien eu la peine à me défaire m'a ôté jusques ici le moyen de pouvoir rendre à V. M. mes très humbles actions de grâce de la lettre dont il lui a plu m'honorer à son retour à Hambourg, et j'ose espérer de sa bonté accoutumée qu'elle voudra bien m'accorder le pardon que je lui demande de ce manquement.

Les effets sont si bien verifié ce que j'avais eu le bien de mander à V. M. de la bonne intelligence qui etait entre ses serviteurs plus particuliers et l'ambassadeur du roi que LL. MM. se peuvent glorifier que c'est monsieur le cardinal de Retz, monsieur le cardinal Azzolin et monsieur de Chaune qui ont mis la thiare sur la teste de ce pape cy, et S. S. ne l'ignore pas, et jusques ici en temoigne beaucop de reconnaissance aux ministres du roi. Cependant j'ai eu une ioye extrème de voir qu'elle aye deja donnè à monsieur le cardinal Azzolin la plus grande marque de confiance et d'estime qu'elle pouvait lui donner. Et S. M. aussi s'en est fort rejouie, et pour le propre merite du dit cardinal, et pour la considération de V. M. et pour les advantages qu'elle s'en promet dans tous ses interets. Je crains seulement que l'affaire de Castro ne puisse gâter avec le temps la bonne disposition des choses et des esprits.

Le retour de V. M. d'auprès de Stocholm où elle estait déja arrivée a bien plus surpris le monde pour la dure loy qu'on a voulu lui imposer que pour la resolution qu'elle a eté forcée de prendre qui estoit inevitable à une personne de son rang et de sa générosite. On a remarqué que cette loy ne pouvant pas même s'estendre au moindre resident d'un prince estranger, elle était bien impropre pour V. M. qui a si glorieusement regné sur ce throne là. Mais je ne seay si ceux qui ont usé de cette rigueur n'ont pas eu principalement en veue la suite infaillible qu'elle aurait eu le dessein de la faire arriver. Le roy a perdu à cela plus que personne, car il me semble qu'on prend aujourdhui en Suède à l'égard de la France des chemins bien esloignés des anciennes maximes (qui n'avaient pourtant pas mal reussi pour le bien et la gloire des deux royaumes) et que V. M. par sa suffisance et son credit auroit sans doute pu retirer la regence de faire les pas dont tous le advis de l'Allemagne nous menacent quoique je n'y puisse encore adjouter de foy.

J'apprends indirectement que l'on nous a voulu donner une piece auprés de V. M. mais je ne sais pas encore précisément ce que c'est, car les dernieres depeches, et monsieur de Pomponne sont alliés dans l'armée. Je la supplie de suspendre la dessus toute croyance jusques à ce que nous ayons esclairé tout et cependant j'assure V. M. que jamais le roi n'a donné d'ordre plus precis ny plus pressant à M. de Pomponne que celui de respecter et de servir V. M. en tout ce qu'il pourroit et dans toutes ses satisfactions et ses advantages.

Je viens de recevoir une depeche de Madrid qui fait bien voir la bravoure des Espagnols puisqu'ils ont envoyè dire à l'archeveque d'Ambrun de se retirer sans delai et de sortir de leur royaume. C'est à dire qu'ils nous ont declaré la guerre, et cela m'a fait souvenir du bon mot de Queuendo quand on donna au feu roi Catholique la qualité de Philipe el grande: il disoit qu'il estait donc comme un fossé que mas tierra le quitauan: mas lo hazian grande. Il pourrà etre que quand ils apprendront les prises du Touvray et du Courtrad en moins de quinze jour de temps, ils se repentiront de s'être si fort precipités, et on n'avait plus à leurs mains un ministre à qui ils puissent parler d'accommodement. Je suis Madame de V. M. très humble et très obéissant serviteur
DE LIONNE.
A Paris, ce 29 julliet 1667.

Bildt's corrected transcript of the letter (with modernised spelling):

Paris, 29 juillet 1667.
MADAME,
La continuation d'une indisposition dont j'ai bien de la peine à me défaire, m'a ôté jusqu'ici le moyen de pouvoir rendre à Votre Majesté mes très humbles actions de grâces de la lettre dont il lui a plu [de] m'honorer à son retour à Hambourg, et j'ose espérer de sa bonté accoutumée qu'elle voudra bien m'accorder le pardon que je lui demande de ce manquement.

Les effets sont si bien vérifié ce que j'avais eu le bien de mander à Votre Majesté de la bonne intelligence qui était entre ses serviteurs plus particuliers et l'ambassadeur du Roi, que Leurs Majestés se peuvent glorifier que c'est M. le cardinal de Retz, M. le cardinal Azzolin et M. de Chaulnes qui ont mis la tiare sur la tête de ce Pape-ci, et Sa Sainteté ne l'ignore pas, et jusqu'ici en témoigne beaucoup de reconnaissance aux ministres du Roi. Cependant j'ai eu une joie extrême de voir qu'elle ait déjà donné à M. le cardinal Azzolin la plus grande marque de confiance et d'estime qu'elle pouvait lui donner; et Sa Majesté aussi s'en est fort réjouie, et pour le propre mérite dudit s:r cardinal et pour la considération de Votre Majesté et pour les avantages qu'elle s'en promet dans tous ses intérêts. Je crains seulement que l'affaire de Castro ne puisse gâter avec le temps la bonne disposition des choses et des esprits.

Le retour de Votre Majesté d'auprès de Stockholm où Elle était déjà arrivée, a bien plus surpris le monde pour la dure loi qu'on a voulu lui imposer que pour la résolution qu'elle a été forcée de prendre, qui était inévitable à une personne de son rang et de sa générosité. On a remarqué que cette loi ne pouvant pas même s'étendre au moindre résident d'un prince étranger, elle était bien impropre pour Votre Majesté qui a si glorieusement régné sur ce trône-là. Mais je ne sais si ceux qui ont usé de cette rigueur n'ont pas eu principalement en vue la suite infaillible qu'elle aurait, et le dessein de la faire arriver. Le Roi a perdu à cela plus que personne, car il me semble qu'on prend aujourd'hui en Suède à l'égard de la France des chemins bien éloignés des anciennes maximes (qui n'avaient pourtant pas mal réussi pour le bien et la gloire des deux Royaumes), et que Votre Majesté par sa suffisance et son crédit aurait sans doute pu retirer la Régence de faire les pas dont tous les avis d'Allemagne nous menacent, quoique je n'y puisse encore ajouter de foi.

J'apprends indirectement que l'on nous a voulu jouer une pièce auprès de Votre Majesté, mais je ne sais pas encore précisément ce que c'est, car les dernières dépêches de M. de Pomponne sont allées droit à l'armée. Je la supplie de suspendre là-dessus toute croyance jusqu'à ce que nous ayons éclairci tout, et cependant j'assure Votre Majesté que jamais le Roi n'a donné d'ordre plus précis ni plus pressant à M. de Pomponne que celui de respecter et de servir Votre Majesté en tout ce qu'il pourrait et dans tous ses satisfactions et ses avantages.

Je viens de recevoir une dépêche de Madrid qui fait bien voir la bravoure des Espagnols, puisqu'ils ont envoyé dire à l'archevêque d'Embrun de se retirer sans délai et de sortir de leur royaume. C'est-à-dire qu'ils nous ont déclaré la guerre. Cela m'a fait souvenir du bon mot de Quenedo quand on donna au feu Roi Catholique la qualité de Philipe el Grande. Il disait qu'il était donc comme un fossé que mas tierra le quitavan mas le hazian grande. Il pourra être que quand ils apprendront les prises de Tournai, de Douai et de Courtrai en moins de quinze jours de temps, ils se repentiront de s'être si fort précipités et de n'avoir plus à leur main un ministre à qui ils puissent parler d'accommodement. Je suis, Madame, de Votre Majesté,
Très humble et très obéissant serviteur:
DE LIONNE.

Swedish translation (my own):

Paris, den 29 juli 1667.
Madam,
Fortsättningen af ​​en opasslighet som jag finner mycket svår att bli av med har hittills berövat mig möjligheten att till Ers Majestät kunna återlämna min mycket ödmjuka tacksägelse för det brev som Ni täcktes hedra mig vid Eder återkomst till Hamburg, och jag vågar hoppas av Er sedvanliga vänlighet att Ni vänligen ger mig den förlåtelse som jag ber Er för detta försummelse.

Effekterna är så väl verifierade vad jag hade godheten att informera Ers Majestät om den goda intelligens som fanns mellan Era mer speciella tjänare och Konungens ambassadör, att Deras Majestäter kan vara stolta över att det är kardinal de Retz, kardinal Azzolino och monsieur de Chaulnes som satte tiaran på denna Påves huvud, och Hans Helighet är inte omedveten om detta och har hittills visat stor tacksamhet mot Konungens ministrar. Emellertid blev jag oerhört glad över att se att Ni redan hade gett kardinal Azzolino det största märke av förtroende och aktning som Ni kunde ge honom; och Hans Majestät fröjdade sig även däröver, och för den förutnämnda kardinalens egen förtjänst och för Ers Majestäts hänsyn och för de fördelar som Ni lovar Er själv i alla Era intressen. Jag fruktar bara att Castro-affären skulle kunna förstöra den goda läggningen av saker och sinnen med tiden.

Ers Majestäts återkomst från Stockholm, dit Ni ju redan hade anlänt, förvånade världen mycket mer för den hårda lag som de ville påtvinga Er än för den resolution som Ni tvingades fatta, vilket var oundvikligt för en person av Er rang och generositet. Det har anmärkts, att denna lag ej kunde utsträckas ens till den minst resident hos en främmande furste, den var mycket olämplig för Ers Majestät, som ju regerade så härligt på den tronen. Men jag vet inte om de som använde denna stränghet inte huvudsakligen hade i sikte den ofelbara konsekvens det skulle få, och utformningen av att få det att hända. Konungen förlorade på detta mer än någon annan, eftersom det förefaller mig som om vi idag i Sverige, med avseende på Frankrike, tar vägar långt borta från de gamla maximerna (som dock inte hade lyckats illa för det goda och för äran för två riken), och att Ers Majestät genom Eder självbelåtenhet och kredit utan tvivel kunde ha dragit tillbaka regeringen från att vidta de steg med vilka alla Tysklands åsikter hota oss, ehuru jag ännu ej kan tillföra dem tro.

Jag får indirekt veta att vi har blivit ombedda att spela en pjäs för Ers Majestät, men jag vet ännu inte exakt vad det är, eftersom de sista sändningarna från monsieur de Pomponne har gått direkt till armén. Jag ber Er att avbryta all tro på detta tills vi har klarat upp allt, och ändå försäkrar jag Ers Majestät att Konungen aldrig har gett en mer exakt eller mer pressande befallning till monsieur de Pomponne än den att respektera och tjäna Ers Majestät i allt detta han kunde och i alla Era tillfredsställelser och fördelar.

Jag har just fått en depesch från Madrid som tydligt visar spanjorernas tapperhet, eftersom de har skickat bud till ärkebiskopen av Embrun att utan dröjsmål dra sig tillbaka och lämna sitt rike. Det vill säga, de har förklarat krig mot oss. Detta fick mig att minnas Quenedos goda ord när den bortgångne katolske Konungen fick egenskapen Filipe el Grande. Han sade att det därför var som ett dike som mas tierra le quitavan, mas le hazian grande. Det kan vara så att när de får veta om intagandet av Tournai, Douai och Courtrai om mindre än en fjorton dagars tid, kommer de att ångra sig för att ha rusat så hårt och att de inte längre har en minister till hands som de kan tala om ackommodation med. Jag är, madam, Ers Majestäts
Ödmjukaste och lydigaste tjänare:
De Lionne.

English translation (my own):

Paris, July 29, 1667.
Madame,
The continuation of an indisposition which I find very difficult to get rid of has hitherto deprived me of the means of being able to return to Your Majesty my very humble thanks for the letter which it has pleased you to honour me on your return to Hamburg, and I dare to hope from your usual kindness that you will kindly grant me the forgiveness I ask of you for this failure.

The effects are so well verified what I had had the goodness to inform Your Majesty of the good intelligence which was between your more particular servants and the King's ambassador, that Their Majesties can be proud that it is Cardinal de Retz, Cardinal Azzolino, and Monsieur de Chaulnes who put the tiara on the head of this Pope, and His Holiness is not unaware of this, and has so far shown great gratitude to the King's ministers . However, I was extremely happy to see that you had already given Cardinal Azzolino the greatest mark of confidence and esteem that you could give him; and His Majesty also rejoiced at it, and for the own merit of the aforesaid Cardinal and for the consideration of Your Majesty and for the advantages which you promise yourself in all your interests. I only fear that the Castro affair could spoil the good disposition of things and minds over time.

Your Majesty's return from Stockholm, where you had already arrived, surprised the world much more for the harsh law that they wanted to impose on you than for the resolution that you were forced to take, which was inevitable in a person of your rank and generosity. It has been remarked that this law not being able to extend even to the least resident of a foreign prince, it was very unsuitable for Your Majesty, who reigned so gloriously on that throne. But I do not know if those who used this rigour did not mainly have in view the infallible consequence that it would have, and the design of making it happen. The King lost by this more than anyone, because it seems to me that today in Sweden, with regard to France, we are taking paths far removed from the old maxims (which had however not badly succeeded for the good and the the glory of the two kingdoms), and that Your Majesty, by your smugness and credit, could no doubt have withdrawn the regency from taking the steps with which all the opinions of Germany threaten us, although I cannot yet add faith to them.

I learn indirectly that we have been asked to play a play for Your Majesty, but I do not yet know exactly what it is, because the last despatches from Monsieur de Pomponne have gone straight to the army. I beg you to suspend all belief on this until we have cleared up everything, and yet I assure Your Majesty that the King has never given a more precise or more pressing order to Monsieur de Pomponne than that to respect and serve Your Majesty in all that he could and in all your satisfactions and advantages.

I have just received a despatch from Madrid which clearly demonstrates the bravery of the Spaniards, since they have sent word to the Archbishop of Embrun to withdraw without delay and leave their kingdom. That is to say, they have declared war on us. This made me remember the good words of Quenedo when the late Catholic King was given the quality of Filipe el Grande. He said that it was therefore like a ditch that mas tierra le quitavan, mas le hazian grande. It may be that when they learn of the taking of Tournai, Douai and Courtrai in less than a fortnight's time, they will repent of having rushed so hard and of no longer having at their hand a minister to whom they can talk about accommodation. I am, Madame, Your Majesty's
Most humble and most obedient servant:
De Lionne.


Above: Kristina.


Above: Hugues de Lionne.

Note: "mas tierra le quitavan mas le hazian grande" = «plus on lui enlevait de terre, plus il devenait grand» ("the more earth was removed from it, the taller it became") (»ju mer jord som avlägsnades från den, desto högre blev den«)

Kristina's secret memorandum for Bernhard von Rosenbach, dated June 4/14 (New Style), 1668

Sources:

Christine de Suède et la cardinal Azzolino. Lettres inédites (1666-1668), Carl Bildt, 1899


The memorandum:

Mémoire secret pour le sieur Rosenbach.
Hambourg, 14 juin 1668.

1. Son plus grand emploi et sa plus grande application doit être de s'efforcer de conserver les amis de la Reine dans l'affection pour elle, en leur témoignant de sa part de l'estime, de l'amour et de la tendresse, non seulement pour le bien et avantage de la Suède en général, mais aussi pour le leur en particulier; leur témoigner de la confiance, montrer qu'on se veut gouverner selon leurs conseils, qu'on leur abandonne ses intérêts et pour le présent et pour l'avenir; leur inspirer de la vigueur à soutenir toujours les intérêts de la Reine, leur persuader que Sa Majesté n'est pas capable de se repentir, qu'elle n'a autre dessein que celui de contribuer de toutes ses forces au bien de l'État et au service du présent Roi, qu'elle considère comme son ouvrage, dont elle [se] fait gloire, et dont elle tire de la vanité. Que Sa Majesté aime sa patrie et qu'elle l'aimera jusqu'à la mort, que c'est cet amour qui lui fait souffrir tout avec une patience qui est d'autant plus admirable, qu'elle a cent moyens de se venger, mais que l'amour qu'elle a pour sa patrie, triomphera toujours de tous les sentiments que l'humanité inspire aux gens de sa sorte lorsqu'ils se sentent si mortellement outragés, comme elle l'a été si souvent sans raison.

2. Après, il faut tâcher de regagner les ennemis, leur ôter toute crainte de vengeance et de rancune. Il faut user de la dernière dissimulation avec eux, se gardant de leur faire sentir qu'on les connaît pour ennemis. Au contraire, il faut leur témoigner de la confiance, mais il ne faut pas s'en fier, ni hasarder rien entre leurs mains. Il faut en toutes occasions tâcher de leur donner des opinions avantageuses de la générosité de la Reine, toujours inclinée à pardonner les offenses, et n'oublie jamais les services qu'on lui rend. Enfin, il faut tâcher de persuader aux amis et aux ennemis que tous ont intérêt à procurer les satisfactions de Sa Majesté, puisque sa générosité en fera part à tous, et qu'il n'y a que l'impossibilité qui puisse l'empêcher de faire des graces.

3. Pour connaître les amis de la Reine, on peut dire que ce sont autant qu'il y a des hommes en Suède, et généralement tout ce qui obéit, et de cette régle générale il n'y a d'exception que le peu de personnes que la Reine a nommées au sieur Rosenbach. Parmi les États, il faut faire fondement et son fort sur la noblesse, et il y a peu de gens dans cet illustre corps, dont on ait sujet de se méfier; il faut là-dessus se souvenir des informations que la Reine lui a données de bouche, dans lesquelles, si le temps ou autres circonstances ont apporté quelques changements, ou favorables ou désavantageux, il faut les discerner et en avertir la Reine, et agir selon que la raison et les circonstances le requièrent, et même selon les ordres qu'il plaira à Sa Majesté de lui donner sur ses rapports.

Parmi le corps des ecclésiastiques, il y en a aussi assez peu qui sont suspects à la Reine, à la religion près. Elle les estime être tous de ses amis, aussi bien que la noblesse, mais avec cette différence que la bigoterie y met. Les villes sont de même que la noblesse, et la Reine s'y peut encore fier. Le peuple est gouverné par leurs prédicants et par la noblesse; mais quelque impression qu'on leur donne aux États en général et en particulier, ils n'oublieront jamais la gloire et la félicité dont la Suède a joui durant les dix années du règne de la reine Christine; et il faut tâcher d'en rafraîchir la mémoire pour venir à une heureuse fin de cette négociation.

4. Pour la régence et le sénat, il faut la connaître et la ménager selon les informations qu'il a reçues de la Reine à bouche. Il faut pénétrer toute leur cabale et intrigues, tâcher de savoir entre les mains de qui l'autorité se trouve présentement. Il faut tâcher de ne s'y méprendre pas et ne se laisser pas abuser aux apparences, qui sont souvent trompeuses; car il y a quelquefois dans les grands États des ressorts secrets qui font remuer ses grandes machines, et cela ne se découvre pas, si l'on n'est plus clairvoyant que le commun, et qu'on ne regarde les hommes et les choses par un biais par où le commun ne les considére jamais. Surtout il ne faut pas se partialiser dans leurs cabales; il se faut tenir en état de pouvoir toujours prendre parti avec les plus forts, et persuader s'il se peut un chacun qu'on est de ses intérêts, et cependant il faut profiter pour les siens à quelque prix que ce soit.

5. Pour venir à bout de tout, il faut bien ménager l'amour des uns et la crainte des autres; tâcher d'y voir clair, et en croître la dose si adroitement, en temps et lieux, que tout cela puisse produire ces effets de la satisfaction de Sa Majesté.

6. Il faut user, pour ceux de la régence et pour les sénateurs, les derniers respects et les dernières soumissions, les flatter, les honorer avec excès, souffrir leurs froideurs, leurs fiertés et leurs incivilités avec une patience de Job, ne se lasser pas d'être des heures entières dans les antichambres sans obtenir audience, et enfin il se faut préparer à tout souffrir pour obtenir une favorable expédition.

7. Il doit toujours faire un rapport fidèle de tout ce qui se passe à Stockholm durant la Diète, et quand même on l'expédierait avant la fin de la Diète, il ne doit pas en partir sans ordre exprès de la Reine, mais en attendre la fin sous divers prétextes.

8. Sur l'affaire de la religion, il faut faire craindre adroitement à ceux qui s'y opposent, qu'enfin la Reine pourrait se résoudre à faire un tour en Suède sans y amener ses prêtres, et leur faire connaître que cela serait pour eux bien un plus grand embarras; mais il faut traiter cela bien délicatement; car l'unique but est d'obtenir l'exercice de la religion, et il faut savoir que si Sa Majesté pourra vaincre une fois la répugnance qu'elle a d'y aller sans prêtres, et qu'elle s'y résolût, elle se mettrait en état de les faire désespérer. Car la religion étant l'unique prétexte par lequel ils tiennent la Reine excluse de Suède, elle ouvrirait par là un chemin de les tenir alarmés; car il n'y aurait plus moyen de lui fermer les portes pour son entrée, et la Reine s'est si bien établie dans le monde et dans Rome, qu'elle ne craint pas que cette action la ferait soupçonner d'une lâcheté. Au contraire, elle en acquerait la gloire d'avoir fait un acte de prudence nécessaire, et même inévitable en cette occasion. Il faut pourtant se garder que cette menace ne produise quelque froideur auprès de ceux qui désirent procurer la liberté de l'exercice à la Reine, sur l'espérance qu'ils pourraient concevoir de la revoir sans cette condition. Aussi est-il impossible d'instruire le sieur Rosenbach si exactement là-dessus. C'est à lui à discerner les temps, les lieux, les personnes, les humeurs, les intérêts, et de se gouverner avec prudence et adresse sur toute sa commission, ayant toujours son but en vue, et tâchant de profiter de tout.

9. L'intérêt étant aujourd'hui l'étoile dominante de la Suède, il faut s'en servir, et pour cet effet il faut tout promettre, pensions, biens, grâces, et tout ce qui peut gagner les cœurs, promettre tout libéralement, et quand il sera temps, on tiendra ce qu'on pourra.

10. Il demandera un compromis pour juger entre le Roi et la Reine sur les affaires d'Appelman et de Podagla. On donne au Roi le choix des juges. On ne se réserve que celui d'exclure quelque personne qui serait suspecte, à condition que les juges prêtent serment de faire justice sans avoir égard à personne, et s'obligent à la prononcer selon que leur dictera leur honneur et conscience.

11. Il faut pousser Appelman à bout par toutes les voies imaginables, et n'en oublier aucune; mais il faut soutenir toujours que la Reine ne doit rendre aucun compte au Roi, ni à personne, de sa disgrace; il faut le traiter avec tant d'autorité, et si fort de haut en bas, et le faire connaître pour perfide, parjure et traître, d'une manière que cela le rende incapable de nuire, faire connaître que tout ce qu'on a fait en sa faveur dans la Régence a été obtenu sub et obreptitie, qui est le terme dont on use pour excuser les bévues que les princes commettent dans leur gouvernement. Il faut user ici de prudence et de vigueur pour l'abattre et le pousser à bout, sans choquer que le moins qu'on pourra ceux qui l'ont protégé, dont le vieux comte Brahe et Bielke ont été les principaux; mais il faut dissimuler cette connaissance et tâcher de les regagner et les faire entrer dans les intérêts de Sa Majesté, ce qu'ils feront, sans doute, quand ils seront mieux informés de la justice de sa cause.

12. Il faut user de grande confiance avec l'ambassadeur de France, surtout en apparence, quoiqu'en effet il faut aussi l'avoir très grande. Il faut recevoir des ministres étrangers toutes les civilités qu'ils auront envie de rendre, et ne manquer à leur rendre aussi tout ce qui est dû à un chacun. Sur la confiance avec Pomponne, il se souviendra de tout ce que Sa Majesté lui a ordonné de bouche.

13. S'il est vrai que le penchant est du côté de Bååt pour lui donner la charge de grand trésorier, il faut que le sieur Rosenbach lui rende de la part de la Reine tous les bons offices qu'il pourra, se gardant néanmoins d'offenser les autres prétendants, surtout Kurck, s'il est vrai qu'il y prétende. Il faut flatter tous les sénateurs, dont il y a un bon nombre qui désirent sa charge auprès de la Reine, qui viendrait à vaquer s'il était trésorier, mais se garder d'engager Sa Majesté à rien; car la Reine a son dessein déjà formé là-dessus, et le déclarera quand il sera temps.

14. Il doit flatter ledit Bååt, et dissimuler tous les sujets de mécontentement que Sa Majesté a de sa conduite, lui persuader fortement que la Reine l'aime et l'estime; et comme il est impossible qu'il ignore les sujets de mécontentement que Sa Majesté a de sa conduite, il faut tâcher de le guérir de ces ombrages, et lui persuader que la Reine est satisfaite de lui, et qu'elle attribue au temps et aux conjonctures les préjudices qui lui ont été faits, et qu'elle l'excuse, étant persuadée de son zèle et de sa fidélité pour son service. Rosenbach doit user de respect et de soumission en son endroit, autant que le bon service de Sa Majesté et son honneur lui pourra permettre pour bien réussir dans sa commission.

Enfin, il se souviendra d'exécuter exactement les ordres qu'il a reçus, non seulement écrits dans ses instructions et dans ce mémoire, mais aussi il se gouvernera selon l'information que Sa Majesté lui a donnée si amplement de vive voix; et [il] emploiera toute son application, son adresse et dextérité à fidèlement exécuter ses ordres au contentement et satisfaction de la Reine.

On a oublié de parler dans ce mémoire de l'ambassadeur de Hollande, mais ayant su qu'il sera déjà arrivé à Stockholm, il faut user avec lui de la même manière qui a été dite de celui de France, et il faut répondre avec toute sorte d'honnêteté à l'amitié particulière que cet État témoigne à la Reine. Il faut aussi tâcher de pénétrer les secrets de ses négociations, aussi bien que celles des autres ministres étrangers, et avertir fidèlement Sa Majesté de tout ce qui se passe.

Swedish translation (my own):

Hemlig memorial för Herr von Rosenbach.
Hamburg, den 14 juni 1668.

1. Hans största sysselsättning och hans största tillämpning måste vara att sträva efter att bevara Drottningens vänners tillgivenhet, genom att på hennes vägnar visa dem aktning, kärlek och ömhet, inte bara till det bästa och bästa för Sverige i allmänhet, utan också för deras i synnerhet; att visa dem förtroende, att visa att man vill styra efter deras råd; att man undertecknar dem hennes intressen, både för nuet och för framtiden; att alltid inspirera dem med kraft att stödja Drottningens intressen, för att övertyga dem om att Hennes Majestät inte är kapabel till omvändelse, att hon inte har någon annan avsikt än att med all sin kraft bidra till Statens bästa och till den nuvarande Konungens tjänst, som hon anser vara sitt arbete, som hon yvs över och från vilket hon hämtar fåfänga. Att Hennes Majestät älskar sitt fädernesland och vill älska det intill döden, att det är denna kärlek som gör att hon lider allt med ett tålamod desto mer beundransvärt, att hon har hundra medel att hämnas, men att kärleken som hon bär till sitt fädernesland alltid skall segra över alla de känslor som mänskligheten inger i människor av hennes sort när de känner sig så dödligt upprörda som hon så ofta utan anledning varit.

2. Därefter är det nödvändigt att försöka återta fienderna och ta bort all rädsla för hämnd och förbittring från dem. Man måste använda den största dissimulation med dem, se till att inte få dem att känna att man vet att de är fiender. Tvärtom måste man visa dem förtroende; men man får inte lita på dem och inte heller riskera något i deras händer. Det är nödvändigt att vid alla tillfällen försöka ge dem fördelaktiga meningar om drottningens generositet, som är alltid benägen att förlåta förseelser och aldrig glömmer de tjänster som hon har fått. Slutligen måste man försöka övertyga vänner och fiender, att det ligger i allas intresse att skaffa Hennes Majestäts tillfredsställelser, eftersom hennes generositet gör det känt för alla, och att endast omöjligheten vill hindra henne från att bevilja nåd.

3. För att lära känna Drottningens vänner, kan man säga att de är lika många som det finns män i Sverige, och i allmänhet alla som lyder. Det finns inget undantag från denna allmänna regel, förutom de få som Drottningen har nämnat till herr Rosenbach. Bland Ständerna är det nödvändigt att förlita sig på adeln och göra den till sin starka sida, och det finns få människor i detta berömda organ som det finns anledning att vara försiktig med; på denna punkt måste han komma ihåg den information som Drottningen har givit honom muntligen, i vilken han, om tiden eller andra omständigheter har medfört några vare sig gynnsamma eller ogynnsamma förändringar, måste urskilja den och varna Drottningen och handla enligt skäl och omständigheterna kräver, och även enligt de befallningar som Hennes Majestät kan ge honom om hans rapporter.

Bland församlingen av kyrkliga finns det också en hel del som är misstänkta för Drottningen, bortsett från religionen. Hon anser dem alla vara hennes vänner, såväl som adeln, men med den skillnaden som trångsyntheten lägger i det. Städerna är i samma meningen som adeln, och Drottningen kan fortfarande yvas över det. Folket styrs av sina predikanter och av adeln; men vilket intryck man än ger dem i Ständerna i allmänhet och i synnerhet, kommer de aldrig att glömma den ära och den lycka, som Sverige åtnjöt under drottning Kristinas tio år regering; och det är nödvändigt att försöka fräscha upp minnet av det för att komma till ett lyckligt slut på denna förhandling.

4. När det gäller förmyndarregeringen och Rådet är det nödvändigt att känna till den och att skona den enligt den information som Drottningen har muntligen fått. Man måste penetrera alla deras kabal och intriger, försöka ta reda på vems händer myndigheten ligger för närvarande. Man måste försöka att inte missta sig och inte låta sig luras av skenet, som ofta är missvisande; ty det finns ibland i stora stater hemliga fjädrar som får deras stora maskiner att röra sig, och detta kan inte upptäckas om man är mer klärvoajant än gemene man och bara ser människorna och sakerna med en partiskhet med vilken vanliga människor aldrig betraktar dem. Framför allt får man inte gå partiskt in i deras kabaler, utan hålla sig i stånd att alltid kunna ta parti med de starkaste och om möjligt övertyga alla om att man är i deras intressen; och ändå måste man tjäna på sitt eget till vilket pris som helst.

5. För att komma till slutet av allt, är det nödvändigt att skona somligas kärleken och de andras rädslan; att försöka se klart och öka dosen så skickligt i tid och plats att allt detta kan ge dessa effekter till Hennes Majestäts belåtenhet.

6. Det är nödvändigt att ha den största respekten och den största undergivenhet för regeringens män och för rådsmännen, att smickra dem, att hedra dem med överflöd, att lida sin kyla, sin stolthet och sin oförskämdhet med Jobs tålamod, att aldrig tröttna på att tillbringa hela timmar i förkammaren utan att få publik, och slutligen måste man vara beredd att lida allt för att få ett gynnsamt resultat.

7. Han måste alltid göra en trogen redogörelse för allt som sker i Stockholm under Riksdagen; och även om han avsändes före Riksdagens slut, får han inte lämna den utan uttrycklig order från Drottningen utan avvakta dess slut under olika förevändningar.

8. I fråga om religion är det nödvändigt att skickligt få dem som motsätter sig att frukta att Drottningen äntligen kan besluta sig för att ta en rundtur i Sverige utan att ta med sina präster dit och att låta dem veta att det skulle vara en mycket större pinsamhet för dem; men detta måste behandlas mycket känsligt, ty det enda syftet är att få utövande av religion; och det bör vara känt, att om Hennes Majestät en gång kan övervinna sin motvilja att gå dit utan präster, och om hon beslöt sig att göra det, så kom hon att sätta sig i stånd att göra dem förtvivlade. Eftersom religionen är den enda förevändning, med vilken de håller Drottningen utestängd från Sverige, skulle hon därigenom öppna ett sätt att hålla dem på alerten; ty det skulle inte längre finnas något sätt att stänga dörrarna för henne vid hennes inträde, och Drottningen har etablerat sig så väl i världen och i Rom att hon inte fruktar att denna handling skulle göra henne misstänkt för feghet. Tvärtom, hon skulle få äran att ha utfört en försiktig handling som var nödvändig, och till och med oundviklig, vid detta tillfälle. Man måste dock se till att detta hot inte framkallar någon kyla hos dem som vill skaffa rörelsefrihet åt Drottningen, i förhoppningen om att de kan tänka sig att se henne igen utan detta tillstånd. Det är också omöjligt att instruera herr Rosenbach så exakt om detta. Det är upp till honom att urskilja tider, platser, människor, stämningar, intressen, och att styra sig själv med försiktighet och skicklighet i hela sitt uppdrag, alltid med sitt mål i sikte och strävar efter att tjäna på allt.

9. Intresset är idag Sveriges dominerande stjärna, det måste användas, och för detta ändamål är det nödvändigt att lova allt, pensioner, varor, nåder och allt som kan vinna hjärtan, att lova allt frikostigt, och när tiden är inne skall man hålla vad man kan.

10. Han skall be om en kompromiss för att döma mellan Konungen och Drottningen om Appelmans och Pudaglas angelägenheter. Konungen får valet av domare. Endast att utesluta den som är misstänkt, under förutsättning att domarna avlägger en ed att göra rättvisa utan hänsyn till någon och förbinder sig att uttala den efter sin heder och sitt samvete vilja diktera det till dem.

11. Appelman måste pressas till det yttersta av alla tänkbara vägar, och ingen glöms bort; men det måste alltid upprätthållas att Drottningen inte bör avlägga någon redovisning till Konungen eller någon annan för hennes vanära; han måste behandlas med så mycket auktoritet, så stark från topp till botten, och göras känd för att vara svekfull, mened och förrädisk, på ett sådant sätt att det gör honom oförmögen att göra skada, att göra känt att allt som har gjorts till hans fördel i Regeringen har erhållits sub et obreptitie, vilket är den term som används för att ursäkta de misstag som furstar begår i sin regering. Det är nödvändigt att här använda klokhet och kraft för att slå ner honom och pressa honom till det yttersta, utan att chockera dem som skyddade honom, av vilka de främsta är den gamle greve Brahe och Bielke; men man måste dölja denna kunskap och försöka återvinna dem och få dem att träda in i Hennes Majestäts intressen, vilket de utan tvivel kommer att göra när de är bättre informerade om rättvisan i hennes sak.

12. Det är nödvändigt att utöva stort förtroende med den franske ambassadören, särskilt utseendemässigt, även om det faktiskt också är nödvändigt att ha den mycket stor. Man måste ta emot från utrikesministrarna alla de hövligheter de vill visa, och inte misslyckas med att ge dem allt som tillkommer var och en. På förtroendet med Pomponne skall han minnas allt som Hennes Majestät har beordrat honom muntligen.

13. Om det är sant att böjelsen är på Bååths sida att ge honom ämbetet som Riksskattmästaren, ​​är det nödvändigt att herr Rosenbach återlämnar till honom på Drottningens vägnar alla de goda ämbeten han kan, men varande likväl försiktig att ej förolämpa de andra pretendanterna, särskilt Kurck, om det är sant att han påstår det. Det är nödvändigt att smickra alla rådsmän, av vilka det finns en god del, som önskar hans tjänst hos Drottningen, som skulle bli ledig, om han var Riksskattmästaren; men man måste akta sig för att överlåta Hennes Majestät till någonting, ty Drottningen har sin dessäng redan utformad på den och kommer att förklara den när tiden är inne.

14. Han måste smickra nämnde Bååth och disponera alla de orsaker till missnöje som Hennes Majestät har med sitt uppträdande, övertyga honom starkt att Drottningen älskar och aktar honom; och eftersom det är omöjligt för honom att vara omedveten om orsakerna till Hennes Majestäts missnöje med hans uppförande, är det nödvändigt att försöka bota honom från dessa missförstånd och övertyga honom om att drottningen är nöjd med honom och att hon tillskriver tiden och konjunkturerna de prejudiser som har gjorts mot henne, och att hon ursäktar honom, övertygad om hans iver och om hans trohet för hennes tjänst. Rosenbach måste utöva respekt och underkastelse gentemot honom, lika mycket som Hennes Majestäts goda tjänst och hennes ära kommer att tillåta honom att lyckas med sitt uppdrag.

Slutligen skall han komma ihåg att utföra exakt de befallningar han fått inte bara skriftligen i sina instruktioner och i denna memorial, men han skall också styra sig själv enligt den information som Hennes Majestät har givit honom så rikligt muntligen; och han skall använda all sin ansökan, sin adress och skicklighet för att troget utföra sina befallningar till tillfredsställelse och belåtenhet för Drottningen.

Man har glömt att i denna memorial nämna den holländske ambassadören, men efter att ha vetat att han redan kommer att ha anlänt till Stockholm måste man bemöta honom på samma sätt som har sagts för Frankrikes, och man måste svara med någon form av ärlighet mot den speciella vänskap som denna stat visar till Drottningen. Man måste också försöka tränga in i hans förhandlingars hemligheter, liksom de andra utrikesministrarnas, och troget informera Hennes Majestät om allt som passerar.

English translation (my own):

Secret memorandum for Lord Rosenbach.
Hamburg, June 14, 1668.

1. His greatest employment and his greatest application must be to endeavour to preserve the affection of the Queen's friends by showing them on her behalf esteem, love and tenderness, not only for the good and advantage of Sweden in general, but also for theirs in particular; to show them confidence, to show that one wants to govern according to their advice, that one subscribes to them her interests, both for the present and for the future; to inspire them with vigour always to support the interests of the Queen, to persuade them that the Queen is not capable of repentance, that she has no other design than that of contributing with all her might to the good of the State, and to the service of the present King, which she considers her work, of which she prides herself, and from which she derives vanity. That Her Majesty loves her country, and will love it unto death; that it is this love which makes her suffer everything with a patience all the more admirable, that she has a hundred means of avenging herself, but that the love which she bears to her country will always triumph over all the sentiments which humanity inspires in the people of her sort when they feel themselves so mortally outraged as she has been so often without reason.

2. Afterwards, it is necessary to try to regain the enemies, and to remove from them all fear of revenge and resentment. One must use the greatest dissimulation with them, taking care not to make them feel that one knows them to be enemies. On the contrary, one must show them confidence; but one must not trust them nor risk anything in their hands. It is necessary on all occasions to try to give them advantageous opinions of the generosity of the Queen, which is always inclined to forgive offenses and never forgets the services rendered to her. Finally, one must try to persuade friends and enemies that it is in everyone's interest to procure Her Majesty's satisfactions, since her generosity makes it known to everyone, and that only impossibility will prevent her from granting pardons.

3. To get to know the Queen's friends, one can say that there are as many as there are men in Sweden, and generally all who obey. There is no exception to this general rule, except the few whom the Queen has mentioned to Lord Rosenbach. Among the Estates it is necessary to rely on the nobility and make it its strong point, and there are few people in this illustrious body of whom there is reason to be wary; on this point he must remember the information which the Queen has given him by mouth, in which, if time or other circumstances have brought about any changes either favourable or unfavourable, he must discern it and warn the Queen and act according to as reason and circumstances require, and even according to the orders that Her Majesty may give him on his reports.

Among the body of ecclesiastics, there are also quite a few who are suspect to the Queen, apart from religion. She esteems them all to be her friends, as well as the nobility, but with the difference that bigotry puts into it. The cities are in the same opinion as the nobility, and the Queen can still be proud of it. The people are governed by their preachers and by the nobility; but whatever impression one gives them in the Estates in general and in particular, they will never forget the glory and the happiness which Sweden enjoyed during the ten years of the reign of Queen Kristina; and it is necessary to try to refresh the memory of it in order to come to a happy end in this negotiation.

4. As for the regency and the Senate, it is necessary to know it and to spare it according to the information that the Queen has received mouth. One must penetrate all their cabal and their intrigues, try to find out in whose hands the authority currently lies. One must try not to be mistaken, and not allow oneself to be deceived by appearances, which are often misleading; for there are sometimes in great states secret springs which make their great machines move, and this cannot be discovered if one is more clairvoyant than the common man and only looks at men and things with a bias with which ordinary men never consider them. Above all, one must not partialise oneself into their cabals, but keep oneself in a position to always be able to take sides with the strongest, and persuade, if possible, everyone that one is in their interests; and yet one must profit for one's own at whatever cost.

5. To come to the end of everything, it is necessary well to spare the love of some and the fear of the others; to try to see clearly, and to increase the dose so adroitly in time and place, that all this may produce these effects to Her Majesty's satisfaction.

6. It is necessary to have for the men of the regency, and for the councilmen, the greatest respect and the greatest submission, to flatter them, to honour them with excess, to suffer their coldness, their pride, and their incivility with the patience of Job, to never get tired of spending whole hours in the antechambers without getting an audience, and finally one must be prepared to suffer everything to obtain a favourable expedition.

7. He must always make a faithful report of everything that happens in Stockholm during the Riksdag; and even if he were dispatched before the end of the Riksdag, he must not leave it without an express order from the Queen, but await the end of it under various pretexts.

8. On the matter of religion, it is necessary to adroitly make those who oppose it fear that the Queen might finally resolve to take a tour of Sweden without taking her priests there and letting them know that it would be for them a much greater embarrassment; but this must be treated very delicately, for the sole aim is to obtain the exercise of religion; and it should be known that if Her Majesty can overcome once her repugnance to go there without priests, and if she resolved to do so, she would put herself in a position to make them despair. For religion being the only pretext by which they keep the Queen excluded from Sweden, she would thereby open a way to keep them on the alert; for there would no longer be any means of closing the doors to her on her entry, and the Queen has established herself so well in the world and in Rome that she does not fear that this action would make her suspect of cowardice. On the contrary, she would acquire the glory of having performed an act of prudence necessary, and even inevitable, on this occasion. However, care must be taken that this threat does not produce some coldness in them who wish to procure freedom of exercise for the Queen, on the hope that they might conceive of seeing her again without this condition. Also it is impossible to to instruct Lord Rosenbach so exactly on this. It is up to him to discern times, places, people, moods, interests, and to govern himself with prudence and skill in all his commission, always having his end in view, and endeavouring to profit by everything.

9. Interest being today the dominant star of Sweden, it must be used, and for this purpose it is necessary to promise everything, pensions, goods, graces, and all that can win hearts, to promise everything liberally, and when the time is right one will keep what one can.

10. He will ask for a compromise to judge between the King and Queen on the affairs of Appelman and Pudagla. The King is given the choice of judges. Only that of excluding the person who is suspected, on condition that the judges take an oath to do justice without having regard to anyone, and bind themselves to pronounce it according to their honour and their conscience will dictate it to them.

11. Appelman must be pushed to the limit by all imaginable paths, and none forgotten; but it must always be maintained that the Queen should render no account to the King, or to anyone else, of her disgrace; he must be treated with so much authority, so strong from top to bottom, and made known to be perfidious, perjurious, and traitorous, in such a way that it renders him incapable of doing harm, to make it known that all that has been done in his favour in the Regency has been obtained sub et obreptitie, which is the term used to excuse the blunders that princes commit in their government. It is necessary to use prudence and vigour here to beat him down and push him to the limit, without shocking those who protected him, the main ones of whom are the old Count Brahe and Bielke; but one must hide this knowledge and try to regain them and make them enter into Her Majesty's interests, which they will no doubt do when they are better informed of the justice of her cause.

12. It is necessary to exercise great confidence with the French ambassador, especially in appearance, although in fact it is also necessary to have it very great. One must receive from the foreign ministers all the courtesies they want to render, and not fail to render to them also all that is due to each. On the confidence with Pomponne, he will remember all that Her Majesty has ordered him by mouth.

13. If it is true that the inclination is on the side of Bååth to give him the office of Grand Treasurer, it is necessary that Lord Rosenbach return to him on behalf of the Queen all the good offices that he can, guarding nevertheless not to offend the other pretenders, especially Kurck, if it is true that he claims it. It is necessary to flatter all the councilmen, of whom there are a good number who desire his post with the Queen, which would become vacant if he were treasurer; but beware of committing Her Majesty to anything, for the Queen has her design already formed upon it, and will declare it when the time is right.

14. He must flatter the said Bååth, and dissemble all the causes of dissatisfaction which Her Majesty has with his conduct, persuade him strongly that the Queen loves and esteems him; and as it is impossible for him to be unaware of the reasons for Her Majesty's dissatisfaction with his conduct, it is necessary to try to cure him of these misunderstandings and to persuade him that the Queen is satisfied with him, and that she attributes to time and the conjunctures the prejudices which have been done to her, and that she excuses him, being persuaded of his zeal and of his fidelity for her service. Rosenbach must exercise respect and submission towards him, as much as the good service of Her Majesty and her honour will allow him to succeed in his commission.

Finally, he will remember to carry out exactly the orders he has received not only in writing in his instructions and in this memorandum, but also he will govern himself according to the information which Her Majesty has given him so amply by mouth; and he will employ all his application, his address and dexterity to faithfully execute his orders to the contentment and satisfaction of the Queen.

One has forgotten to mention in this memorandum the Dutch ambassador, but having known that he will have already arrived in Stockholm, one must deal with him in the same way that has been said for that of France, and one must respond with any kind of honesty to the particular friendship that this State shows to the Queen. One must also try to penetrate the secrets of his negotiations, as well as those of the other foreign ministers, and faithfully inform Her Majesty of all that passes.


Above: Kristina.

Note: The Dutch ambassadeur was Pieter de Groot, the brother of the philosopher Hugo de Groot (Grotius).

Kristina's letter to King Karl XI, dated May 24, 1667

Sources:

Christine de Suède et la cardinal Azzolino. Lettres inédites (1666-1668), Carl Bildt, 1899


Christine de Suède: Un roi exceptionnel, page 266, by Bernard Quilliet, 1982

The letter:

Jönköping, 24 mai 1667.
MONSIEUR MON FRÈRE ET NEVEU,
Le s:r comte Pontus de la Gardie vient de me faire une proposition de la part de Votre Majesté touchant la personne de mon prêtre, qui m'a fort surprise; car j'avoue que je n'y étais pas préparée, après avoir vu les démonstrations de civilités et d'honneurs qu'on m'a rendues de la part de Votre Majesté; et quoique les respects et devoirs, que vous m'avez fait rendre, m'étaient dus, j'avais néanmoins assez de générosité pour vouloir vous en être obligée, lorsque Votre Majesté a fait d'obligeant pour moi, et pourraient me faire oublier vos civilités après une offense de cette nature, de laquelle toute autre que moi se trouverait cruellement offensée. Mais comme je sais tirer de la gloire et de l'avantage de tout ce qui m'arrive, je saurai faire voir, en retournant sur mes pas, à la Suède et à toute la terre, qu'il n'y a point d'avantage, ni d'intérêt au monde, pour lesquels je me prive un seul moment de la profession et de l'exercice de ma religion, et Votre Majesté doit être satisfaite de ce sentiment, puisque l'intérêt de mon salut et de mon honneur s'accorde en ce point avec celui de la grandeur de Votre Majesté, et que ce serait vous rendre un plus mauvais tour que vous ne pensez, que de consentir à votre proposition. Cette considération m'aurait fait exécuter mon retour de ce soir même, si les instantes prières dudit s:r comte Pontus ne m'eussent obligée d'attendre une seconde résolution de Votre Majesté, pour voir si Votre Majesté aura assez d'amitié pour moi, pour changer sa déclaration; car, à moins de cela, je ne serai plus en état de recevoir des civilités de votre part, étant très résolue de m'en retourner à l'heure même. Cependant, pour vous faire souvenir de ce que vous êtes et de ce que je suis, je vous prie de croire que vous n'êtes pas né pour commander aux gens de ma sorte.
Je suis, malgré votre étrange procédé, Monsieur mon frère et neveu,
Votre bonne sœur et tante,
C. A.

Swedish translation (my own):

Jönköping, den 24 maj 1667.
Min herr bror och son,
Herr greve Pontus de la Gardie har rättnu på stunden gjort mig ett förslag på Ers Majestäts vägnar angående min prästs person, vilket har förvånat mig mycket, ty jag erkänner att jag inte var beredd på det efter att ha sett hövlighets- och hedersbetygelser överlämnade till mig på Ers Majestäts vägnar; och ehuru de aktningar och plikter som Ni gav mig var mig skyldig, så var jag likväl generös nog att vilja vara skyldig Eder, när Ers Majestät har varit mig skyldig, och kunde få mig att glömma Er hederlighet efter en förseelse av denna natur, som någon annan än jag själv skulle bli grymt kränkt av. Men eftersom jag vet hur jag kan dra ära och fördel av allt som händer mig, kommer jag att kunna visa, genom att gå tillbaka i mina steg, Sverige och hela jorden att det inte finns någon fördel eller intresse i världen som jag berövar mig själv för ett enda ögonblick av professionen och utövandet av min religion, och Ers Majestät måste vara nöjd med denna känsla, eftersom intresset för min frälsning och min ära på denna punkt överensstämmer med Ers Majestäts storhet, och att jag skulle vara gör Er ett värre knep än Ni tror för att samtycka till Ert förslag. Denna övervägande skulle ha fått mig att verkställa mitt återvändande just i kväll, om inte de uppriktiga böner från nämnda herr greve Pontus hade förpliktat mig att vänta på ett andra beslut från Ers Majestät, för att se om Ers Majestät kommer att ha tillräckligt med vänskap till mig för att förändra Ert uttalande; ty, såvida det inte är fallet, kommer jag inte längre att vara i stånd att ta emot hederlighet från Eder, eftersom jag är mycket fast besluten att återvända samtidigt. Men för att påminna dig om vad Ni är och vad jag är, jag ber Eder tro att Ni inte föddes för att befalla människor av min sort.
Jag är, trots Edert märkliga procedur, min herr bror och son,
Er goda syster och mor
K. A.

English translation (my own):

Jönköping, May 24, 1667.
My lord brother and nephew,
The Lord Count Pontus de la Gardie has just made me a proposal on behalf of Your Majesty concerning the person of my priest, which has greatly surprised me, for I confess that I was not prepared for it after having seen the demonstrations of civilities and honours rendered to me on behalf of Your Majesty; and although the respects and duties which you paid me were due to me, I was nevertheless generous enough to want to be obliged to you when Your Majesty has been obliging to me, and could make me forget your civilities after an offense of this nature, by which anyone other than myself would be cruelly offended. But as I know how to draw glory and advantage from everything that happens to me, I will be able to show, by retracing my steps, Sweden and all the earth, that there is no advantage nor interest in the world for which I deprive myself for a single moment of the profession and exercise of my religion, and Your Majesty must be satisfied with this sentiment, as the interest of my salvation and my honour agrees in this point with that of the greatness of Your Majesty, and that I would be doing you a worse trick than you think to consent to your proposal. This consideration would have made me execute my return this very evening, if the earnest prayers of the said Lord Count Pontus had not obliged me to wait for a second resolution from Your Majesty, to see if Your Majesty will have enough friendship to me to change your statement; for, unless that is the case, I shall no longer be in a condition to receive civilities from you, being very determined to return at the same time. However, to remind you of what you are and what I am, I beg you to believe that you were not born to command people of my sort.
I am, despite your strange procedure, my lord brother and nephew,
Your good sister and aunt,
K. A.


Above: Kristina.


Above: King Karl XI of Sweden.

Note: In French Kristina addressed Karl as her/his/their brother and nephew, whereas in Swedish she/he/they addressed him as her/his/their son. In accordance with the nobility's ideals of friendship in the early modern era, kings and queens saw themselves as siblings; and because Kristina had adopted her cousin Karl Gustav, Karl's father, as her/his/their son in order to make him her/his/their heir, the boy inherited that title upon his father's death.

Letter to Kristina from King Louis XIV of France, dated December 31, 1666

Sources:

Christine de Suède et la cardinal Azzolino. Lettres inédites (1666-1668), Carl Bildt, 1899


The letter:

Saint-Germain, 31 décembre 1666.
MADAME MA SŒUR,
Votre Majesté ne pouvait prendre un parti plus digne d'elle, voyant qu'on lui témoignait du chagrin de notre amitié, que de l'acquérir encore davantage, et d'en restreindre les nœuds. J'ai lu avec toute la joie et toute l'estime possible les expressions obligeantes qu'elle me fait sur ce sujet par sa dernière lettre, et je l'assure qu'en pareil cas je n'aurai jamais de peine à suivre un si bel exemple, étant comme je suis, Madame ma sœur,
Votre bon frère,
LOUIS.

Swedish translation (my own):

Saint-Germain, den 31 december 1666.
Madam min syster,
Ers Majestät kunde inte fatta ett beslut värdigare för Er, såsom vi visade Er sorgen över vår vänskap, än att förvärva den ännu mer och begränsa dess knutar. Jag har med all möjlig glädje och aktning läst de förpliktande uttryck Ni ger mig i detta ämne i Ert senaste brev, och jag försäkrar Er att jag i ett sådant fall aldrig kommer att ha svårt att följa ett så vackert exempel, varande som jag är, madam min syster,
Er gode bror
Ludvig.

English translation (my own):

Saint-Germain, December 31, 1666.
Madame my sister,
Your Majesty could not take a decision more worthy of you, seeing that we showed you the sorrow of our friendship, than to acquire it still more, and to restrict its knots. I have read with all possible joy and esteem the obliging expressions you give to me on this subject in your last letter, and I assure you that in such a case I shall never have difficulty in following a such a beautiful example, being as I am, Madame my sister,
Your good brother
Louis.


Above: Kristina.


Above: King Louis XIV of France.

Note: In accordance with the nobility's ideals in the early modern era, kings and queens considered themselves siblings.

Letter to Kristina from Hugues de Lionne, dated December 31, 1666

Sources:

Christine de Suède et la cardinal Azzolino. Lettres inédites (1666-1668), Carl Bildt, 1899


The letter:

Saint-Germain, 31 décembre 1666.
MADAME,
Votre Majesté a très bien jugé que je serais surpris du dernier étonnement quand j'apprendrais la belle déclaration qui lui a été faite en Suède, qu'il fallait renoncer à l'amitié et à la correspondance du Roi, si Votre Majesté voulait avoir la leur.

Je souhaiterais passionnément qu'on nous y voulût faire la même harangue à l'égard de Votre Majesté afin que le Roi eût lieu d'y pouvoir faire aussi la même réponse que Votre Majesté a faite. Cependant, sans la considération que j'ai eue de ne faire aucun pas qui pût le moins du monde préjudicier aux intérêts de Votre Majesté, je lui avoue que j'aurais été furieusement tenté de pousser la chose à Stockholm pour y faire au moins la honte d'un procédé si désobligeant, et qui se tient dans le même temps qu'on nous assure le plus de vouloir reprendre les anciennes maximes; et je pourrais peut-être dire: dans le même temps qu'on y en a le plus de besoin, et qu'on les y oblige même par des effets d'amitié assez considérables. Votre Majesté verra là-dessus les sentiments du Roi dans la réponse qu'il fait à sa lettre.

Il est vrai que l'intention de ceux qui entrent en des chaises roulantes n'est pas de prendre si tôt le chemin du Ciel, mais, Madame, cette sorte de voiture le rend quelquefois aussi court qu'un autre, pourvu qu'on voulût la prendre souvent, témoin la fâcheuse expérience que j'en ai fait en la personne de Lesseins, qui avait l'honneur d'être connu de Votre Majesté. Je vois pourtant bien qu'il n'est pas de saison de parler de conclave ni de siège vacant, si ce n'est peut-être aux mêmes termes que l'on fait à Rome, où l'on se plaint qu'il est rempli et vacant, et que Sa Sainteté, qui vit à ses divertissements innocentes, est morte aux affaires.

Nous avons eu ici cette semaine une furieuse alarme qui, Dieu merci, finit à bien contre notre attente. La Reine se trouva attaquée la nuit de mardi dernier d'une violente fièvre, et en même temps des tranchées d'une grande colique, qui faisait juger qu'elle était dans le travail de l'enfantement, et comme elle était encore dans le huitième mois de sa grossesse, Votre Majesté jugera aisement de l'inquiétude où l'on était de voir qu'elle ne porterait pas son fruit à terme, quoiqu'on se consolât un peu en se flattant qu'elle était déjà dans la neuvième lune. Nous en avons été quittes pour la peur, après avoir passé dans de grandes frayeurs toute la journée de mercredi. Quelques remèdes et une saignée faite à propos délivrèrent Sa Majesté, sur le soir, et de la fièvre et de la colique, et voilà déjà quatre jours qu'elle se porte comme elle faisait avant cet accident, et demain elle entre dans son neuvième.
C'est, etc., etc.
DE LIONNE.

Swedish translation (my own):

Saint-Germain, den 31 december 1666.
Madam,
Ers Majestät har med rätta bedömt att jag med den sista häpnad skulle bliva förvånad, då jag fick veta den fina förklaring som till Er i Sverige avgivits, att det var nödvändigt att avsäga Eder Konungens vänskap och korrespondens om Ers Majestät ville ha deras.

Jag skulle innerligt hoppas, att de ville att vi där skulle göra samma harang med avseende på Eders Majestät, så att Konungen skulle få anledning att där också kunna ge samma svar som Eders Majestät gav. Men om det inte hade varit för min övervägande att inte vidta något steg som på det minsta sätt skulle kunna skada Ers Majestäts intressen, erkänner jag för Er att jag hade blivit rasande frestad att driva saken till Stockholm för att åtminstone skämmas för en sådan ovänlig förfarande, och som äger rum samtidigt som vi är mest säkra på att vilja återuppta de gamla maximerna; och jag skulle kanske samtidigt kunna säga att det finns det största behovet av dem, och att de till och med är skyldiga att göra det genom ganska avsevärda effekter av vänskap. Ers Majestät kommer att se Konungens känslor på denna punkt i det svar han ger på Ert brev.

Det är sant att avsikten för dem som går in i rullstol inte är att ta vägen till Himlen så snart, men, madam, denna slags vagn gör den ibland lika kort som alla andra, förutsatt att man ville ta den ofta, bevittna olycklig erfarenhet jag hade av det i de Lesseins person, som hade äran att vara känd till Ers Majestät. Jag ser dock att det inte är på sin tid att tala om en konklav eller om en ledig stol, utom kanske på samma sätt som man gör i Rom, där man klagar över att det där är fyllt och ledigt, och att Hans Helighet, som lever i sina oskyldiga nöjen, är död för affärer.

Vi hade ett rasande larm här i veckan som Gudi lov slutade bra, mot våra förväntningar. Drottningen befann sig natten till förra tisdagen attackerad med en våldsam feber, och samtidigt anfall av svår kolik, vilket gjorde att det verkade som om hon var på väg att föda och att hon fortfarande var i åttonde månaden av hennes graviditet; Ers Majestät kommer lätt att bedöma den oro i vilken vi skulle se att hon inte skulle bära frukt vid terminen, även om vi tröstade oss lite med att smickra oss själva att hon redan var i den nionde månen. Vi har slutat med rädslan, efter att ha tillbringat hela dagen på onsdagen i stor rädsla. Några botemedel och tidiga blodutsläpp befriade Hennes Majestät, på kvällen, från feber och kolik, och hon har mått i fyra dagar nu som hon gjorde före denna olycka, och i morgon går hon in i sin nionde månad.
Det är, osv., osv.
De Lionne.

English translation (my own):

Saint-Germain, December 31, 1666.
Madame,
Your Majesty has rightly judged that I would be surprised with the last astonishment when I learned of the fine declaration that was made to you in Sweden, that it was necessary to renounce the friendship and the correspondence of the King, if Your Majesty wanted to have theirs.

I would earnestly hope that they would want us there to make the same harangue with regard to Your Majesty, so that the King would have reason to be able to make there also the same answer as Your Majesty made. However, had it not been for my consideration not to take any step which could in the least prejudice Your Majesty's interests, I confess to you that I would have been furiously tempted to push the matter to Stockholm to do at least the ashamed of such a disobliging procedure, and which takes place at the same time that we are most assured of wanting to resume the old maxims; and I could perhaps say at the same time that there is the greatest need for them, and that they are even obliged to do so by rather considerable effects of friendship. Your Majesty will see the King's feelings on this point in the answer he gives to your letter.

It is true that the intention of those who enter in wheelchairs is not to take the road to Heaven so soon, but, Madame, this kind of carriage sometimes makes it as short as any other, provided one wanted to take it often, witness the unfortunate experience I had of it in the person of de Lesseins, who had the honour of being known to Your Majesty. I see, however, that it is not in season to speak of a conclave or of a vacant see, except perhaps in the same terms as one does in Rome, where one complains that there it is filled and vacant, and that His Holiness, who lives in his innocent amusements, is dead to affairs.

We had a furious alarm here this week which, thank God, ended well, against our expectations. The Queen found herself attacked on the night of last Tuesday with a violent fever, and at the same time bouts of severe colic, which made it seem that she was in the labour of giving birth, and that she was still in the eighth month of her pregnancy; Your Majesty will easily judge of the anxiety in which we were to see that she would not bear fruit at term, although we consoled ourselves a little by flattering ourselves that she was already in the ninth moon. We have been quit of the fear, after spending the whole day on Wednesday in great fear. A few remedies and timely bloodletting delivered Her Majesty, in the evening, from fever and colic, and she has been doing for four days now as she did before this accident, and tomorrow she is entering her ninth month.
It is, etc., etc.
De Lionne.


Above: Kristina.


Above: Pope Alexander VII.


Above: King Louis XIV of France.


Above: María Teresa of Spain, queen consort of France.


Above: Hugues de Lionne.

Note: María Teresa of Spain, the Queen consort of France, gave birth to a daughter, Marie-Thérèse, a few days later on January 2, 1667. Sadly, the child later died of tuberculosis in 1672 at the age of five.

Wednesday, August 31, 2022

Johan Kasimir's letter to Karl Gustav, dated December 17, 1647

Source:

Bref och Handlingar rörande Hertig Carl Gustafs frieri till Drottning Christina (letter 41), in Nya handlingar rörande Skandinaviens historia, volume 27, page 308, Elmén och Granbergs Tryckeri, 1845


The letter (I have fixed the year typo):

Mon cher fils, ne doutant que deuant la reception de ceste aurez receu les miennes du 3 de ce mois et etendu par icelles les raisons du retardement de la response sur vos precedantes auec l'aduis des amis sur ce qu'il vous ont communique a vous mesmes, le tout en un mot consistant en ce qu'a ceste diete on pousse non seulement par des amis mais aussi soy mesmes par escrit une fauorable response caressant 117 et mettant sa ferme fiance en la seule bonte divine, qui sans doubte dirigera tellement 20, 27, 13.10, 91, 34, 26 de tous bons, 17, 19, 41, 81, 14, 1041, 38, que 116 vrayement 12, 23, 84, 40, 31, 91, 2019, 17, 19, 41, 20, 14, 23, ne vouldroit par un 13, 23, 2086, 2719, 81, l'auoir abandonnee et pour dire mis en proye a ceux qui cherchent et souhaittent un brouillement, ne trouvant les propositions et intentions suffisantes pour sauver humainement a parler 71, 44, 23, 38, 41, 19, 94, mais plustot, sans toucher a d'autres raisons et au contraire plus qu'hazardeuses bien que par le project on recognoist en effect une reelle faueur si grande qu'on feroit tord et seroit blasme de tout le monde de ne les embrasser a main ouverte s'en sentant et honoré et obligé. Cest cij serat pour vous auertir que deux jours appres a sçauoir le 5 de ce mois j'ay dès Stockholm receu la vostre du 5:me 9:bre auec la copie de celle qu'auez escrit a 257. 294. la trouant a cachet volant dans son pacquet appres en auoir prins la copie ayant tout, aussi tost envoye l'originel au dit 155. Pour faire doncques le commencement par celle que m'escriuez. C'est certes une signalée grace divine qu'il vous at envoye un si grand bonheur et honneur immortel dans les histoires (car que sommes nous quand les histoires ne parlent de nous) duquel bonheur et honneur je ne puis si non vous congratuler d'intime affection paternelle que la paix en fin dieu mercy s'est faite durant vostre conduiste et aurez vous tant plus d'occasion en recognoissant la singulierre grace et benediction devine auoir continuellement vostre recours en icelle bonte divine que jamais ne delaisse ceux qui se tient en luy d'ont ayant veu les preuues si expresses en ceste expedition si hazardeuse il ne faut nullement douter, qu'icelle bonte divine vous aydant a desmesler le reste des difficultez si grandes (tant plus grandes qu'elles sont) tant plus augmenterat ils par ce moijen l'honneur dis-je tant dignement acquis, me doutant assez des difficultez qui se presenteront a persuader qui que ce soit de Messieurs les Senateurs sans expres commendement ordre et plein pouvoir de Sa Majeste de quoy touttesfois ne laisseray de communiquer avec [...] par lequel sans doute serez auerti de l'ordre desja donne pour vous assister au fait de l'execution des traictez et contentement de la milice, Car puisque ce poinct touchant le contentement de la milice est le premier en ma lettre aussi bien qu'en l'autre j'ay creu deuoir tenir le mesme ordre, revenant maintenant un second qui touttes fois en effect est le principal poinct et subject de la lettre escrite a 155 lequel subject comme touttes autres choses dependants de la pure et seule bonté et direction divine, il faut y auoir son recours, se servant touttesfois des moyens que ce bon Dieu nous monstre comme [...] C'estant un tres grand avantage et vray signe d'icelle volonté divine d'auoir de sa grace desja dispose les humeurs de tous interessez de sorte qu'on doit esperer et se fier en ceste bonte divine qu'icelle exhaussera les chaudes prieres d'un 91, 79, 78, 45, 90 lequel humainement a parler sans cela seroit en 36, 26, 19, 28, 31, 32, 19 42, 45, 81, 88 n'aijant poinct certaine 33, 10, 26, 12 23 tout homme de jugement et surtout toust bons 86, 64, 70, 81, 46, 50, 94, 79 peuuent aisement juger qu'autre project, quelque apparant qu'il soit, que celui de 292 accompli ne peut conserver mais pour librement en parler Je ne dis 31, 34, 46, 39, 91, 84. mettre en 32, 64, 77, 45, 84, 53. Se pouuant aisement juger qu'outre les 46, 64, 71, 15, 62, 38, 14, 91, 79, tant ordinaires en tel cas de 38, 62, 29, 60, 44, 82, 38, 23, 34, 81, sans 292 reel 71, 23, 38, 41, 45, 82 en effect n'en seroit point serui, la ou c'est que Dieu mercy nous auons ce clair tesmoignage que la seule authorite d'un vray 79, 62, 29, 60, 44, 82, 38, 23, 34, 81, at par l'ayde et assistance divine et le royaume en l'estat que voyons et que ce bon Dieu par sa grace veille de plus en plus maintenir et conserue en façon que ne doute nullement que 218 se pouuant auec raison nommer 80, 26, 14, 43, 44, 12, 23, 81, 91, 44, 78, 39, 70, 81, 14, 29, 91 de son estat et dirigeant toutes autres ses actions a la conseruation d'iceluy (dont certes la nomination projettez rend certain tesmoignage) ne voudroit auoir desniee a ses fideles subjects et Estatz (qui se disent ses enfans) la priere et requeste qu'ils luy pourront faire de l'accomplissement de leur souhait en la personne de celuy que 116 at voulu honorer et de si digne 29, 32, 19, 26, 90, 23; et de 78, 1441, 26, 23 qui simplement ne peut estre de telle 29, 32, 19, 26, 90, 23 de 48, 91, 87, 44, 84, 64, 71, 46, 79, 82, 14, 24, 91 mais d'une personne de plus grande consideration que la simple 39, 45, 14, 79, 19, 28, 13, 23 d'un 44, 46, 23, 59, 33, 73, 20, 38 ne permet, A quoy Messieurs allors presens ont este d'un commun auis estant plus qu'assure qu'il se trouverra si non des oppositions, au moins des tres grandes difficultez a la nomination d'un 79, 62, 29, 60, 44, 82, 38, 14, 10, 28, 23, 34, 44, 59, 47, 62, 92, 71 vous connoissant et les humeurs et les circonstances En façon qu'ayant maintenant pour dire un pied dans la fosse et cerceuil, mon aduis, amonition et amour paternelle se joignaus ensemble, auec l'auis des amis, est de ne rien 17, 81, 23, 39, 14, 47, 73, 78, 91, 81 ains suivre l'auis des amis continuant auec toutte humilite sa 86, 15, 62, 81, 82, 34, 46, 78, 91, attendre la bonne issue de ce 187 pour selon icelle se reigler, ne doutant que ce bon Dieu seul scrutateur des coeurs dirigera le tout pour le bien de ceux qui se fient en luy. Voicy mon cher fils mes sentiments procedans de coeur paternel, lesquels estant les seuls auquels mon coeur est tellement attache pue ne les ayant a cause de l'mbecillite de mon age pu moy mesme mettre en cyphre il m'at fallu me seruir de l'ayde de 192, lequel s'estant serui ainsi qu'il me mande du sien... j'ay creu deuoir vous en auertir, et qu'a grande peine ayant (ayant commence depuis hier matin) j'aij peu seulement escrire a net ce peu de mots, par lesquels voyant mes sentiments vous pouuez aisement juger du reste et que c'est un grand coup d'auoir par lettres des main propre recues non seulement telles sollicitations a vostre direction, mais aussi de former l'estat des Estats acquis, ce qui certes bien qu'il requierre de la peine & circonspection n'est pas de chose en façon que tout cela me confirme au sentimentz cy dessus mentionnez. Esperant a touttes heures apprendre les certitudes de mon fils Adolf Jean Je ne manqueray a son retour pousser au possible l'accomplissement de son mariage duquel nos sinceres intentions vous sont cognues ne doutant au reste que serez auertis de l'estat de Monsieur le Chancelier aucunement remis de la grande maladie d'ont il semble estre eschappe vous laissant vos jugements de la revocation du College de son fils aussi bien que de l'un de vos Colleges. La haste à la poste me fait finir demeurant tel que suis au dernier soupir
Mon cher fils
Vostre tousjours bon & fidele Pere
JEAN CASIMIR Conte palatin
Stecborg ce 17 X:br 1647.

Post Scriptum.
Vous souhaittant auec la bonne issue de cestecij plusieurres ensuiuantes annees plus qu'heureuses et en un mot telles que mon coeur intime paternel vous les peut souhaitter les imbecillitez de mon age ne me permettant a grande peine d'escrire lettre ou stile qu'on puisse [lire] cela m'empesche de n'escrire si souuant a leurs Majestez que cy me semble principalement la Mere ausis trouvent de la peine a lire le stile de vostre main semblable au mien.

With modernised spelling, and unciphered (ciphered words in italics):

Mon cher fils,
Ne doutant que devant la reception de cette [vous] aurez reçu les miennes du 3 de ce mois, et e[n]tendu par icelles les raisons du retardement de la réponse sur vos précédentes avec l'avis des amis sur ce qu'ils vous ont communiqué a vous-même; le tout en un mot consistant en ce qu'à cette Diète on pousse non seulement par des amis, mais aussi soi-même par écrit une favorable réponse caressant la Reine-Mère et mettant sa ferme fiance en la seule bonté divine, qui sans doute dirigera tellement le bon cœur de tous bons patriots que la Reine régnante vraiment mère de la patrie ne voudrait par un célibat l'avoir abandonnée, et pour dire mis en proie à ceux qui cherchent et souhaitent un brouillement. Ne trouvant les propositions et intentions suffisantes pour sauver humainement à parler l'état, mais plutôt, sans toucher à d'autres raisons, et, au contraire, plus qu'hasardeuses, bien que par le projet, on reconnaît en effet une réelle faveur si grande qu'on ferait tort et serait blâmé de tout le monde de ne les embrasser à main ouverte, s'en sentant et honoré et obligé.

Ceci serait pour vous avertir que deux jours après, à savoir le 5 de ce mois, j'ai dès Stockholm reçu la vôtre du 5 novembre avec la copie de celle que [vous] avez écrit à Doct. Johannes Matthiæ M. B., la trouvant à cachet volant dans son paquet après en avoir pris la copie ayant tout; aussitôt envoyez l'original au dit D. Joh. Matthiæ, pour faire donc le commencement par celle que m'écrivez. C'est certes une signalée grâce divine qu'il vous ait envoyé un si grand bonheur et honneur immortel dans les histoires (car que sommes-nous quand les histoires ne parlent de nous?), duquel bonheur et honneur je ne puis sinon vous congratuler d'intime affection paternelle que la paix enfin, Dieu merci, s'est faite durant votre conduite. Et aurez-vous tant plus d'occasion en reconnaissant la singulière grâce et bénédiction divine avoir continuellement votre recours en icelle bonté divine que jamais ne délaisse ceux qui se tiennent en lui, dont ayant vu les preuves si expresses en cette expédition si hasardeuse. Il ne faut nullement douter qu'icelle bonté divine vous aidant à démêler le reste des difficultés si grandes (tant plus grandes qu'elles sont), tant plus augmenteraient-ils par ce moyen l'honneur, dis-je, tant dignement acquis.

Me doutant assez des difficultés qui se présenteront à persuader qui que ce soit de Messieurs les Sénateurs sans exprès commandement, ordre, et plein pouvoir de Sa Majesté, dequoi toutefois [je] ne laisserai de communiquer avec [Cantersten?], par lequel, sans doute, [vous] serez averti de l'ordre déjà donné pour vous assister au fait de l'exécution des traités et contentement de la milice. Car, puisque ce point touchant le contentement de la milice est le premier en ma lettre, aussi bien qu'en l'autre j'ai cru devoir tenir le même ordre, revenant maintenant un second qui toutefois en effet est le principal point et sujet de la lettre écrite à D. Joh. Matthiæ. Lequel sujet, comme toutes autres choses, dépendants de la pure et seule bonté et direction divine, il faut y avoir son recours, se servant toutefois des moyens que ce bon Dieu nous montre comme [...].

C'étant un très grand avantage et vrai signe d'icelle volonté divine d'avoir de sa grâce déjà disposé les humeurs de tous intéressés, de sorte qu'on doit espérer et se fier en cette bonté divine, qu'icelle exaucera les chaudes prières d'un état, lequel humainement à parler sans cela serait en grand hasard, n'ayant point certaine forme, tout homme de jugement, et surtout tous bons patriots peuvent aisement juger qu'autre projet, quelque apparant qu'il soit, que celui de mariage accompli ne peut conserver. Mais, pour librement en parler, je ne dis diviner mettre en hasard, se pouvant aisement juger qu'outre les jalousies tant ordinaires en tel cas de successeur sans mariage réel, l'état en effet n'en serait point servi, là où c'est que, Dieu merci, nous avons ce clair témoignage que la seule autorité d'un vrai successeur ait par l'aide et assistance divine et le royaume en l'état que [nous] voyons, et que ce bon Dieu, par sa grâce, veuille de plus en plus maintenir et conserve[r] en façon que [je] ne doute nullement que la Reine régnante se pouvant avec raison nommer [la] vraie mère et nourrice de son état et dirigeant toutes autres ses actions à la conservation d'icelui (dont certes la nomination projettés rend certain témoignage) ne voudrait avoir déniée à ses fidèles sujets et États (qui se disent ses enfants) la prière et requête qu'ils lui pourront faire de l'accomplissement de leur souhait en la personne de celui que la Reine régnante ait voulu honorer et de si digne charge; et de titre qui simplement ne peut être de telle charge de Généralissime, mais d'une personne de plus grande considération que la simple naissance d'un mien fils ne permet. A quoi Messieurs alors présents ont été d'un commun avis, étant plus qu'assurés qu'il se trouvera, si non des oppositions, au moins des très grandes difficultés à la nomination d'un succession eu en pull [?], vous connaissant et les humeurs et les circonstances. En façon qu'ayant maintenant pour dire un pied dans la fosse et cercueil, mon avis, admonition et amour paternelle se joignant ensemble, avec l'avis des amis, est de ne rien précipiter, ains[i] suivre l'avis des amis, continuant avec toute humilité sa poursuite, attendre la bonne issue de ce Diète pour selon icelle se régler, ne doutant que ce bon Dieu, seul scrutateur des cœurs, dirigera le tout pour le bien de ceux qui se fient en lui.

Voici, mon cher fils, mes sentiments procedants du cœur paternel, lesquels étant les seuls auxquels mon cœur est tellement attaché, ne les ayant, à cause de l'imbécillité de mon âge, pu moi-même mettre en chiffre, il m'ait fallu me servir de l'aide de 192, lequel s'étant servi ainsi qu'il me mande du sien... J'ai cru devoir vous en avertir, et qu'à grande peine ayant (ayant commencé depuis hier matin), j'ai pu seulement écrire à net ce peu de mots, par lesquels, voyant mes sentiments, vous pouvez aisement juger du reste, et que c'est un grand coup d'avoir par lettres des main propre reçues non seulement telles sollicitations à votre direction, mais aussi de former l'état des États acquis, ce qui certes bien qu'il requière de la peine et circonspection n'est pas de chose, en façon que tout cela me confirme aux sentiments ci-dessus mentionnés. Espérant à toutes heures apprendre les certitudes de mon fils Adolphe-Jean, je ne manquerai, à son retour, pousser au possible l'accomplissement de son mariage, duquel nos sincères intentions vous sont connues, ne doutant au reste que [vous] serez avertis de l'état de Monsieur le Chancelier, aucunement remis de la grande maladie dont il semble être échappé, vous laissant vos jugements de la revocation du Collège de son fils, aussi bien que de l'un de vos Collèges. La hâte à la poste me fait finir, demeurant tel que [je] suis au dernier soupir,
Mon cher fils,
Votre toujours bon et fidèle père
Jean Casimir, Comte Palatin.
Stegeborg, ce 17 décembre 1647.

Vous souhaitant avec la bonne issue de cette-ci plusieures ensuivantes années plus qu'heureuses et, en un mot, telles que mon cœur intime paternel vous les peut souhaiter, les imbécillités de mon âge ne me permettant a grande peine d'écrire lettre ou style qu'on puisse lire. Cela m'empêche de n'écrire si souvent à Leurs Majestés, que, ce me semble principalement la mère, aussi trouvent de la peine à lire le style de votre main semblable au mien.


Above: Kristina.


Above: Johan Kasimir.


Above: Karl Gustav.