Thursday, February 17, 2022

Kristina's letter to Azzolino, dated October 19, 1667

Sources:

Christine de Suède et la cardinal Azzolino. Lettres inédites (1666-1668), Carl Bildt, 1899







Kristina wrote this letter to Cardinal Decio Azzolino on October 19, 1667.

The letter:

19 ottob 1667
Jay bien du deplair dapprendre par Vostre derniere lestre que la mienne pour Vous se trouve perdue. Je ne puis mimmaginer par quel interest ou Curiosite lon savise de prendre mes lestres, Je feray pourtan mes diligences pour le penetrer sil est possible Cepandant Je Vous prie de Croire que la mort seulle peut enpecher de Vous escrire.

Jestois sur le point de partir dicy et tout estoit prest pour cela pour la semaine qui Vient, lorsque la poste de pomeranie m'apporta hier des lestre qui mont force a Changer de resolution, en mapprenant que la regence de Suede a donne ordre a celle de pomeranie de proteger les interest d'Appelman Contre moy. Cet outrage et iniustice est de telle importance pour moy que ie nose partir dicy san y avoir remedie Adamy ne me escrit rien de Suede et iauray eu paine a Croire cet attentat si lon ne meust enVoye lordre en original. iay enVoye Vers Vrangel pour mopposer a ce preiudice, et iescriray en Suede pour tacher de faire revoquer cet ordre ce qui ne me sera pas difficile estant en possession de le faire souvent, et Je masseure que ie leur faire avoir la honte de mavoir offense inutilement. Ce que Vous mescrivez touchant le dessain quon a de moster mes biens de pomeranie lorsque ie seray partie nest que ce qu'Adamy ma escrit il y plus de trois moys. ie men suis moque alors, mais a present et apres ce que ie Vois arriver Je me doutte de tout ayant raison davoir tout suspect mais iy donneray si bon ordre quil ny aura rien a Craindre, et nay austre regret que destre force de differer mon retour iusques a pasque Car ie ne Voy pas desperance de pouvoir partir dicy cet yver. Je Vous prie de faire avec Sa Ste mes excuses, et de Croire que ce delaẏ est vn effect de mon malheur et non pas de ma faute. ne Vous inquiete pas ny pour ma personne, ny pour mes interest, Jl ny a rien a Craindre icy, et ie remedieray a tout. Je vous demande seullement un peu de pitie pour mon malheur dont ie suis dautan plus inConsolable que ie me Vois pour long temps prive de la Consolation de Vos lestres, qui est lunique dont ie puis estre Capable en ce maudit pays.

dimanche passe le pauvre pezza fust surpris dun mal de pleuresie si Violant, accompange dun Catar suffocatif tel que ie Croiois le perdre. Jl se porte a present mieux, mais si mes affaires ne meussent arreste icy il ne pouvoit me suivre non plus qve le Marquis del Monte, qui quoy que entierement gerri est reste si foible que ie le Vois inCapable de la fatigue dun si facheux Voiage quaroit este celluy ou ie me preparois en une saison ou les plus sains robustes et forts ne peuvent Voiager par lallemange qu'avec danger manifeste de la Vie. Jl fait icy vn temps si extravagant quil nest pas possible de limmaginer et nous avons quarante iours de pluẏe et tempeste horribles et Continuels, et dans une mesme semaine nous souffrons icy les Chaus d'Jtalie et les froits de Suede sen avoir Veu dans presque dans deux mois que peu de fois le solleil. lhumide y regne si fort que les draps de mon list son humides Comme sils eussent este expose a la rosee et on ne peut remedier a cet inConveniant par aucun soin ny par auCune diligence. apres Cela si Vous apprenez que ie sois Metamorfose en grenoullie ne Vous en estonnez pas. a la Verite iay peu denVie de rire et ie merite pour plus dune raison que Vous ayez pitie de moy. pour la sente Je lay asse bonne depuis qve iay quitte la biere. ie bois presentement de leau Corrige avec de lambre du musque et le sucre et men trouve admirablement bien et ie Crois que ie ne Changeray pas cette bevande iusque a se qve iaye le bonheur destre de retour en Jtalie. mais o dieu quant sera ce? ie Crains bien que mon malheur ne soit plus long que ma Vie. Je Vous auroẏ envoẏe Clairet sil eust este en estat de faire un si long Voiage en poste mais le pauvre homme est vieux et n'ose lentreprendre en cette saison ou le mauvais temps a rendu les Chemains impraticables. outre cela ce qui est arrive a ma lestre me fait Craindre quon ne le devalise et lassomme, et ie seray fache que les Choses que iavois dessain de Vous enVoẏer avec luy tombassent en daustre mains. Ce pourqvoy iay differe iusques a une melliure Conionture pour ne rien hasarder

Je Vous enVoẏeray bien tost de largent et tacheray de ne Vous laisser manquer de rien. ayez un peu de pacience, Vous aurez suiet destre tres satisfait de moy et de ma Conduite.

lon atten icy Ce que produira lAmbassade de ollandois en Angletrere et lon Croit que la resolution des et de austres depandt de cette negotiation. lon dit que la baviere a prix la partie de lAustriche et Saxe a fait de mesme et on ne doutte pas que le reste de lempire ne suive leur exemple. mais tout cela nest rien si les Ollandois et lAngletrerre ne se declare Vous savez tout cela mieux que moy, et iay tort de Vous dire ce que Vous savez. lon parle fort de ladioustement de portugal sil est fait Vous savez a lheure quil est.

Jl ny a rien de nouveaux d'alieurs si non que le delay de mon depart me rent plus malheureuse que ie ne fus Jamais, et que la privations de Vos lestres au quel Jl faut que ie me prepare est pour moy vn surCoist de deplaisir insupportale. Je Vous prie neamoins destre persuade que ny le temps ny mes malheurs ne Changeront pas la resolution que iay de Vivre et de mourir Vostre Veritable Amie adieu —

P. S outre Ce qve ie Vous ay dit la Regence soppose ausi au Contract de pomeranie mais ne Vous meste pas en paine ie remediray a tout. note Con a donne cet ordre quan on Croioit qve iestois desia parti, mais la regense de pomeranie na pas Voulu lexecuter san lordre de Vrangel.

With modernised spelling:

Hambourg, 19 octobre 1667.
J'ai bien du déplaisir d'apprendre par votre dernière lettre que la mienne pour vous se trouve perdue. Je ne puis m'imaginer par quel intérêt ou curiosité l'on s'avise de prendre mes lettres; je ferai pourtant mes diligences pour le pénétrer, s'il est possible. Cependant je vous prie de croire que la mort seule peut m'empêcher de vous écrire.

J'étais sur le point de partir d'ici, et tout était prêt pour cela pour la semaine qui vient, lorsque la poste de Poméranie m'apporta hier des lettres qui m'ont forcée à changer de résolution, en m'apprenant que la régence de Suède a donné ordre à celle de Poméranie de protéger les intérêts d'Appelman contre moi. Cet outrage et injustice est de telle importance pour moi que je n'ose partir d'ici sans y avoir remédié. Adami ne m'écrit rien de Suède, et j'aurais eu peine à croire cet attentat, si l'on ne m'eût envoyé l'ordre en original. J'ai envoyé vers Wrangel pour m'opposer à ce préjudice et j'écrirai en Suède pour tâcher de faire révoquer cet ordre, ce qui ne me sera pas difficile, étant en possession de le faire souvent, et je m'assure que je leur ferai avoir la honte de m'avoir offensée inutilement. Ce que vous m'écrivez touchant le dessein qu'on a de m'ôter mes biens de Poméranie lorsque je serai partie, n'est que ce qu'Adami m'a écrit il y [a] plus de trois mois. Je m'en suis moquée alors, mais à présent et après ce que je vois arriver, je me doute de tout, ayant raison d'avoir tout suspect; mais j'y donnerai si bon ordre qu'il n'y aura rien à craindre, et [je] n'ai autre regret que d'être forcée de différer mon retour jusqu'à Pâques, car je ne vois pas d'espérance de pouvoir partir d'ici cet hiver. Je vous prie de faire avec Sa Sainteté mes excuses, et de croire que ce délai est un effet de mon malheur et non pas de ma faute. Ne vous inquiétez pas, ni pour ma personne, ni pour mes intérêts: il n'y a rien à craindre ici et je remédierai à tout. Je vous demande seulement un peu de pitié pour mon malheur, dont je suis d'autant plus inconsolable que je me vois pour longtemps privée de la consolation de vos lettres, qui est l'unique dont je puisse être capable en ce maudit pays.

Dimanche passé, le pauvre Pezza fut surpris d'un mal de pleurésie si violent, accompagné d'un catarrhe suffocatif tel, que je croyais le perdre. Il se porte à présent mieux, mais si mes affaires ne m'eussent arrêtée ici, il ne pouvait me suivre, non plus que le marquis del Monte, qui, quoique entièrement guéri, est resté si faible que je le vois incapable de la fatigue d'un si fâcheux voyage qu'aurait été celui où je me préparais, en une saison où les plus sains, robustes et forts ne peuvent voyager par l'Allemagne qu'avec danger manifeste de la vie. Il fait ici un temps si extravagant qu'il n'est pas possible de l'imaginer, et nous avons [eu] quarante jours de pluie et [de] tempêtes horribles et continuelles, et dans une même semaine nous souffrons ici les chauds d'Italie et les froids de Suède, sans avoir vu presque dans deux mois que peu de fois le soleil. L'humide y règne si fort, que les draps de mon lit sont humides comme s'ils eussent été exposés à la rosée, et on ne peut remédier à cet inconvénient, par aucun soin ni par aucune diligence. Après cela, si vous apprenez que je suis métamorphosée en grenouille, ne vous en étonnez pas. A la vérité, j'ai peu d'envie de rire et je mérite pour plus d'une raison que vous ayez pitié de moi. Pour la santé, je l'ai assez bonne depuis que j'ai quitté la bière. Je bois présentement de l'eau corrigée avec de l'ambre, du musc et le sucre, et je m'en trouve admirablement bien et je crois que je ne changerai pas cette bevande jusqu'à ce que j'aie le bonheur d'être de retour en Italie. Mais, oh Dieu, quand sera-ce? Je crains bien que mon malheur ne soit plus long que ma vie.

Je vous aurais envoyé Clairet, s'il eût été en état de faire un si long voyage en poste, mais le pauvre homme est vieux et n'ose l'entreprendre en cette saison, où le mauvais temps a rendu les chemins impraticables. Outre cela, ce qui est arrivé à ma lettre me fait craindre qu'on ne le dévalise et l'assomme, et je serais fâchée que les choses que j'avais dessein de vous envoyer avec lui, tombassent en d'autres mains. C'est pourquoi j'ai différé jusqu'à une meilleure conjoncture pour ne rien hasarder.

Je vous enverrai bientôt de l'argent et tâcherai de ne vous laisser manquer de rien. Ayez un peu de patience, vous aurez sujet d'être très satisfait de moi et de ma conduite.

L'on attend ici ce que produira l'ambassade des Hollandais en Angleterre, et l'on croit que la résolution des uns et des autres dépend de cette négociation. L'on dit que la Bavière a pris le parti de l'Autriche, et Saxe a fait de même, et on ne doute pas que le reste de l'Empire ne suive leur exemple. Mais tout cela n'est rien si les Hollandais et l'Angleterre ne se déclarent. Vous savez tout cela mieux que moi, et j'ai tort de vous dire ce que vous savez. L'on parle fort de l'ajustement de Portugal; s'il est fait, vous [le] savez à l'heure qu'il est.

Il n'y a rien de nouveau d'ailleurs, sinon que le délai de mon départ me rend plus malheureuse que je ne fus jamais, et que la privation de vos lettres, à laquelle il faut que je me prépare, est pour moi un surcroît de déplaisir insupportable. Je vous prie néanmoins d'être persuadé que ni le temps ni mes malheurs ne changeront pas la résolution que j'ai de vivre et de mourir votre véritable amie. Adieu.

P. S. — Outre ce que je vous ai dit, la régence s'oppose aussi au contrat de Poméranie, mais ne vous mettez pas en peine, je remédierai à tout. Notez qu'on a donné cet ordre quand on croyait que j'étais déjà partie, mais la régence de Poméranie n'a pas voulu l'exécuter sans l'ordre de Wrangel.

Swedish translation (my own):

19 oktober 1667.
Jag är väldigt ledsen att få veta av Ert sista brev att mitt för Er är förlorat. Jag kan inte föreställa mig med vilket intresse eller nyfikenhet man vågar ta mina brev; jag kommer dock att göra min flit att tränga in i det, om det är möjligt. Men jag ber Er att tro att döden ensam kan hindra mig från att skriva till Er.

Jag skulle bege mig härifrån, och allt var klart för det under nästa vecka, när pommerska posten kom med brev till mig igår som tvingade mig att ändra min resolution och berättade att Sveriges förmyndarregering beordrade Pommern för att skydda intressen för Appelman mot mig. Detta illdåd och denna orättvisa är av så stor betydelse för mig att jag inte vågar bege mig härifrån utan att ha åtgärdat det. Adami skrev inte något till mig från Sverige, och jag hade knappt trott detta attentat om befallningen inte hade skickats till mig i originalet. Jag har skickat till Wrangel för att motsätta mig denna orätt och jag kommer att skriva till Sverige för att försöka få denna befallning återkallad, vilket inte kommer att vara svårt för mig, eftersom jag har det så ofta, och jag ser till att jag skämmer dem ut för att de har kränkt mig i onödan. Det Ni skriver till mig angående planen att ta bort min egendom i Pommern när jag är borta, är bara det Adami skrev till mig för mer än tre månader sedan. Jag brydde mig inte då, men nu och efter det jag ser hända misstänker jag allt, eftersom jag har rätt att vara misstänksam; men jag kommer att ge den så god ordning att det inte kommer att finnas något att frukta, och jag har ingen annan ånger än att jag tvingas skjuta upp min återkomst till påsk, för jag ser inget hopp om att kunna bege mig härifrån i vinter. Jag ber Er att be om ursäkt till Hans Helighet, och tror att denna fördröjning är en effekt av min olycka och inte mitt fel. Oroa Er inte, varken för mig eller för mina intressen: det finns inget att frukta här och jag kommer att åtgärda allt. Jag ber Er bara lite ha synd om min olycka, som jag är desto mer tröstlös över när jag ser mig själv länge berövas tröst av Era brev, som är den enda jag kan ha i detta förbannade land.

I söndags överraskades stackars Pezza av en så våldsam sjukdom som pleurit, tillsammans med en så kvävande katarr, att jag trodde att jag skulle tappa honom. Han mår nu bättre, men om mitt företag inte hade stoppat mig här, kunde han inte följa mig, inte heller markisen del Monte, som, trots att han var helt botad, förblev så svag att jag ser honom oförmögen att uthärda utmattningen hos en sådan olycklig resa som den som jag förberedde mig för skulle ha varit under en säsong då de friskaste, mest robusta och starkaste bara kan resa genom Tyskland i uppenbar livsfara. Vädret här är så extravagant att det inte går att föreställa sig det, och vi har haft fyrtio dagar med hemskt och ständigt regn och stormar, och i samma vecka lider vi här av Italiens heta och Sveriges kyla, utan att ha sett solen nästan på två månader. Fukten härskar så starkt att lakan i min säng är fuktiga som om den hade utsatts för dagg, och detta besvär kan inte avhjälpas med någon omsorg eller flit. Efter det, om Ni får reda på att jag har förvandlats till en groda, bli inte förvånad. I sanning har jag liten lust att skratta och av mer än en anledning förtjänar jag att Ni skall tycka synd om mig. För hälsan har jag haft det ganska väl sedan jag slutade med att dricka öl. Jag dricker för närvarande vatten korrigerat med bärnsten, mysk och socker, och jag mår beundransvärt väl och jag tror att jag inte kommer att ändra denna bevanda förrän jag har lyckan att vara tillbaka i Italien. Men, herregud, närhelst blir det? Jag är rädd att min olycka kommer att vara längre än mitt liv.

Jag skulle ha skickat Clairet till Er, om han hade kunnat göra en så lång resa med posten, men den stackars mannen är gammal och vågar inte utföra den under den här säsongen, när dåligt väder har gjort vägarna oförkomliga. Förutom det, vad som hände med mitt brev får mig att frukta att han kommer att rånas och slås ner, och jag vore ledsen om de saker som jag hade tänkt skicka Er med honom, föll i andra händer. Det är därför jag har skjutit upp tills en bättre situation, för inte att riskera någonting.

Jag kommer att skicka lite pengar snart och försök att inte låta Er missa någonting. Ha lite tålamod, Ni måste vara mycket nöjd med mig och mitt uppförande.

Vi väntar här på vad den holländska ambassaden i England kommer att producera, och vi tror att upplösningen av båda beror på denna förhandling. Det sägs att Bayern ställde sig på Österrike, och Sachsen gjorde detsamma, och det råder ingen tvekan om att resten av Imperiet kommer att följa deras exempel. Men allt detta är ingenting om holländarna och England inte deklarerar sig själva. Ni vet allt detta bättre än jag, och jag har fel när jag berättar vad Ni vet. Det talas starkt om anpassningen av Portugal; om det är klart vet Ni det nu.

Det finns inget nytt förutom att fördröjningen av min avresa gör mig mer olycklig än jag någonsin varit, och att berövandet av Era brev, som jag måste förbereda mig för, är för mig ett ytterligare outhärdligt misshag. Jag ber Er dock att övertyga Er om att varken tid eller mina olyckor kommer att förändra min beslutsamhet att leva och dö som Er sanna väninna. Farväl.

P. S. — Förutom vad jag berättade är förmyndarregeringen också emot det pommerska kontraktet, men oroa Er inte, jag kommer att åtgärda allt. Notera att denna befallning gavs när man trodde att jag redan hade begivit mig, men den pommerska förmyndarregeringen skulle inte utföra den utan Wrangels befallning.

English translation (my own):

October 19, 1667.
I am very sorry to learn from your last letter that mine for you is lost. I cannot imagine by what interest or curiosity one dares to take my letters; I will, however, make my diligence to penetrate it, if it is possible. In the meantime, I beg you to believe that death alone can prevent me from writing to you.

I was about to leave here, and everything was set for that for next week, when the Pomeranian post brought me letters yesterday which forced me to change my resolution, telling me that the regency of Sweden ordered that of Pomerania to protect the interests of Appelman against me. This outrage and injustice is of such importance to me that I dare not leave here without having remedied it. Adami did not write to me anything from Sweden, and I would hardly have believed this attack if the order had not been sent to me in the original. I have sent to Wrangel to oppose this prejudice, and I will write to Sweden to try to have this order revoked, which will not be difficult for me, being in possession of doing so often; and I ensure that I shame them for offending me needlessly. What you write to me concerning the plan to take away my Pomeranian property when I am gone is only what Adami wrote to me more than three months ago. I didn't care then, but now, and after what I see happening, I suspect everything, being right to be suspicious; but I will give it such good order that there will be nothing to fear, and I have no other regret than being forced to postpone my return until Easter, because I see no hope of being able to leave here this winter. I ask you to apologise to His Holiness, and believe that this delay is an effect of my misfortune and not my fault. Do not worry, neither for me nor for my interests: there is nothing to fear here, and I will remedy everything. I only ask you to have a little pity for my misfortune, of which I am all the more inconsolable since I see myself for a long time deprived of the consolation of your letters, which is the only one of which I can be capable in this cursed country.

Last Sunday, poor Pezza was surprised by such a violent illness of pleurisy, accompanied by such a suffocating catarrh, that I thought I was losing him. He is now better, but if my affairs had not stopped me here, he could not follow me, nor the Marquis del Monte, who, although fully cured, remained so weak that I see him incapable of the fatigue of such an unfortunate journey as the one for which I was preparing myself would have been, in a season when the healthiest, robust and strongest can travel through Germany only in manifest danger of life. The weather here is so extravagant that it is not possible to imagine it, and we have had forty days of horrible and continual rain and storms, and in the same week we suffer here the heat of Italy and the cold of Sweden, without having seen the sun almost in two months' time. The dampness reigns there so strongly that the sheets of my bed are damp as if they had been exposed to dew, and this inconvenience cannot be remedied by any care or diligence. After that, if you find out that I have been metamorphosed into a frog, don't be surprised. In truth, I have little desire to laugh, and for more than one reason I deserve you to have pity on me. As for my health, I've had it pretty good since I quit beer. I am presently drinking water corrected with amber, musk and sugar, and I am doing it admirably well and I believe that I will not change this bevanda until I have the happiness of being back in Italy. But, oh God, when will it be? I fear that my misfortune will be longer than my life.

I would have sent Clairet to you, if he had been able to make such a long journey by post, but the poor man is old and does not dare to undertake it in this season, when bad weather has made the roads impassable. Besides that, what happened to my letter makes me fear that he will be robbed and knocked out, and I would be sorry if the things which I had intended to send you with him were to fall into other hands. This is why I have deferred until a better situation, so as not to risk anything.

I will send you some money soon, and try not to let you miss anything. Have a little patience, you will have reason to be very satisfied with me and with my conduct.

We are waiting here for what the Dutch embassy in England will produce, and we believe that the resolution of both depends on this negotiation. It is said that Bavaria sided with Austria, and Saxony did the same, and there is no doubt that the rest of the Empire will follow their example. But all this is nothing if the Dutch and England do not declare themselves. You know all this better than I do, and I am wrong to tell you what you know. There is strong talk of the adjustment of Portugal; if it is done, you know it by now.

There is nothing new besides, except that the delay of my departure makes me more unhappy than I ever was, and that the deprivation of your letters, for which I must prepare myself, is for me an unbearable additional displeasure. I beg you, however, to be persuaded that neither time nor my misfortunes will change my resolve to live and die your true friend. Goodbye.

P. S. — Besides what I told you, the regency is also opposed to the Pomeranian contract; but don't worry, I will remedy everything. Note that this order was given when it was believed that I had already left, but the Pomeranian regency would not carry it out without Wrangel's order.


Above: Kristina.


Above: Cardinal Decio Azzolino.

Note: bevanda = beverage.

Kristina's letter to Azzolino, dated October 12, 1667

Sources:

Christine de Suède et la cardinal Azzolino. Lettres inédites (1666-1668), Carl Bildt, 1899



Christina of Sweden, pages 256 to 257, by Ida Ashworth Taylor, 1909




Kristina wrote this letter to Cardinal Decio Azzolino on October 12, 1667.

The letter:

12 ottob.r 1667
Je vous demande pardon si ma lestre du 27 dAgoust et toutte les austres presedentes a celle ci Vous ont offence. quoy quelle puisse Vous avoir dit ie Vous prie de Croire que ie ne puis avoir pour Vostre Vertu et pour Vostre merite des sentiments qui passent Ceux de lestime et de la Veneration de bien loin, et Jespere que touttes les acctions de ma Vie expliqueront le sens de ma lestre si avantageusement pour Vous que Vous aurez suiet de ne Vous plaindre pas de moy, et destre persuade que ie ne rens que trop de iustice a Vostre vertu et peut estre plus que Vous ne voudrez. Cepandant ie Vous remercie de tout ce que Vostre lestre du 17 du passe Contient dobligent Je me reserve a Vous en remercier plus amplement moy mesme et a vous dire mes sentiments sur le suiet de ma reconoissance dont iespere que Vous serez satisfait quant la trouverez estre dans le supreme degre ou on la peu avoir.

Je ne say pas quel suiet Thexeira peut avoir de se plaindre de moy mais ie say bien que ie ne luy ay iamais dit la moindre parole desobligente quelque suiet que iay quelque fois de me plaindre de luy. au reste ie voudrois que non seulle il Vous donnast auis de toutte mes paroles et de toutte mes accti acctions mes quil pust Vous rendre Conte de touttes mes paroles Car ie nen ay point et nen puis avoir qui ne soit plaine dune grande destime et de la derniere tendresse pour Vous pardonnez ce terme qui Vous offencera peut este et qui dont ie vous offenceray iusques a la mort.

Je travallie tousiour a la depeche de Clairet qui natten plus que les lestres de Suede qui doivent arriver demain et sitost quils seront arrives Jl partira. moy mesme ie partiray au 20 prochain san faute sil plait a dieu, et Clairet Vous dira le reste.

les nouvelles son de peu dimportance et Celle de la naissance dun fis a lEmpereur ne lest pas a Vous. on parle fortement dune lige entre Angletrere et Ollande et ie tiens que cela ne peut manquer et ie ne doutte pas que lEspange ny entre ausi. Voila a plus pres tout

Vrangel est partit ce matin, il reviendra enCore icy pour mon depart les Ambasadeurs de france et dollande feront de mesme, et moy ie travallie a mon depart avec touts les soins immaginables et Jespere davoir le bien de vous revoir a la fin de novembre Vous priant de Croire que iattens cet heureux iour avec la plus grande impacience du monde. adieu.

Joubliois de Vous dire quil ny a point de peste a franquefort ny en toutte l'Alemange, et lon donne ladiustement de portugal pour fait de france mesme mai Vous savez mieux que moy ce qui en est

With modernised spelling:

Hambourg, 12 octobre 1667.
Je vous demande pardon si ma lettre du 27 d'août et toutes les autres précédentes à celles-ci vous ont offensé. Quoi qu'elle puisse vous avoir dit, je vous prie de croire que je ne puis avoir pour votre vertu et pour votre mérite des sentiments qui passent ceux de l'estime et de la vénération de bien loin; et j'espère que toutes les actions de ma vie expliqueront le sens de ma lettre si avantageusement pour vous, que vous aurez sujet de ne vous plaindre pas de moi et d'être persuadé que je ne rends que trop de justice à votre vertu, et peut-être plus que vous ne voudrez. Cependant je vous remercie de tout ce que votre lettre du 17 du passé contient d'obligeant. Je me réserve à vous en remercier plus amplement moi-même, et à vous dire mes sentiments sur le sujet de ma reconnaissance, dont j'espère que vous serez satisfait, quand [vous] la trouverez être dans le suprême degré où on la peut avoir.

Je ne sais pas quel sujet Texeira peut avoir de se plaindre de moi, mais je sais bien que je ne lui ai jamais dit la moindre parole désobligeante, quelque sujet que j'aie quelquefois de me plaindre de lui. Au reste, je voudrais que non seu[lement] il vous donnât avis de toutes mes paroles et de toutes mes actions, mais qu'il pût vous rendre compte de toutes mes paroles, car je n'en ai point et n'en puis avoir qui ne soient pleines d'une grande estime et de la dernière tendresse pour vous. Pardonnez ce terme qui vous offensera peut-être, et dont je vous offenserai jusqu'à la mort.

Je travaille toujours à la dépêche de Clairet, qui n'attend plus que les lettres de Suède qui doivent arriver demain, et sitôt qu'elles seront arrivées, il partira. Moi-même je partirai au 20 prochain, sans faute, s'il plaît à Dieu, et Clairet vous dira le reste.

Les nouvelles sont de peu d'importance, et celle de la naissance d'un fils à l'Empereur ne l'est pas à vous. On parle fortement d'une ligue entre Angleterre et Hollande, et je tiens que cela ne peut manquer et je ne doute pas que l'Espagne n'y entre aussi. Voilà à plus près tout.

Wrangel est parti ce matin, il reviendra encore ici pour mon départ. Les ambassadeurs de France et de Hollande feront de même, et moi je travaille à mon départ avec tous les soins imaginables, et j'espère d'avoir le bien de vous revoir à la fin de novembre, vous priant de croire que j'attends cet heureux jour avec la plus grande impatience du monde. Adieu.

J'oubliais de vous dire qu'il n'y a point de peste à Francfort ni en toute l'Allemagne; et l'on donne l'ajustement du Portugal pour fait, de France même, mais vous savez mieux que moi ce qui en est.

English translation (my own):

October 12, 1667.
I beg your pardon if my letter of August 27th and all the other preceding ones offended you. Whatever it may have said to you, I beg you to believe that I can have for your virtue and for your merit only feelings which far exceed those of esteem and veneration at a distance; and I hope that all the actions of my life will explain the meaning of my letter so advantageously for you that you will have reason not to complain about me and to be persuaded that I do too much justice to your virtue, and maybe more than you want. In the meantime, I thank you for all that your letter of the 17th of last month contains. I reserve myself to thank you more fully myself, and to tell you my feelings on the subject of my gratitude, with which I hope you will be satisfied, when you find it to be in the supreme degree where it can be had.

I don't know what subject Texeira might have to complain about, but I'm sure I never said any derogatory words to him, no matter what I sometimes have to complain about. Besides, I would like him not only to give you notice of all my words and of all my actions, but to be able to give you an account of all my words, for I have none and cannot have who is not full of great esteem and the greatest tenderness for you. Forgive this term which may offend you, and with which I will offend you until death.

I am still working on the dispatch for Clairet, who is only waiting for letters from Sweden which are due to arrive tomorrow, and as soon as they arrive he will leave. I myself will be leaving on the 20th of next month, without fail, if it pleases God, and Clairet will tell you the rest.

The news is of little importance, and that of the birth of a son to the Emperor is not important to your. There is strong talk of a league between England and Holland, and I want that cannot be missed and I have no doubt that Spain is also entering. That's more or less everything.

Wrangel left this morning, he will come back here again for my departure. The ambassadors of France and Holland will do the same, and I am working on my departure with all the care imaginable, and I hope to have the good to see you again at the end of November, begging you to believe that I await this happy day with the greatest impatience in the world. Goodbye.

I forgot to tell you that there is no plague in Frankfurt or in all of Germany; and we give the adjustment of Portugal for fact, of France itself, but you know better than I what it is.


Above: Kristina.


Above: Cardinal Decio Azzolino.

Notes: Kristina's letter of August 27 is sadly lost.

Texeira obviously wanted the Queen to leave as soon as possible. In his letter to Azzolino of August 10, he added, after having spoken of the dangers which threatened Kristina in Hamburg: "It is certain that Her Majesty cannot continue her residence here for long without exposing her own reputation to the experience of new disorders."

Kristina's letter to Azzolino, dated October 5, 1667

Sources:

Christine de Suède et la cardinal Azzolino. Lettres inédites (1666-1668), Carl Bildt, 1899



Christina of Sweden, page 256, by Ida Ashworth Taylor, 1909




Kristina wrote this letter to Cardinal Decio Azzolino on October 5, 1667.

The letter:

5 ottob. 1667 —
Je Crains que Cette ordinaire ne me portera pas de Vos lestres et cela maffligera fort si lopinion de mon depart Vous aura fait resoudre a me priver de cette consolation.

Javois ordonne a Machiati de porter a Borri de ma part la defense d'entrer en ma maison et iavois defendu a touts ceux qui sont a moy de Converser avec luy et ie nay revoque cet ordre san Consulter touts les prestres qui sont icy les quels touts mont vnanimement asseure que ie devois le revoquer et quil ny avoit nulle raison que pourroit mobliger a le donner, et D. Arbostino na pas hesite de masseurer que je pouvois ladmettre san aucun scrupule Cela ma oblige a le suffrir Comme tan daustre quon suffre icy et me suis Contente de luy defandre ma Chapelle et ma Messe et Cest Comme Vous Voiez sur la parole de tout nos prestres que iay revoque cet ordre si iay mal fait ie demande pardon a Sa S.te et au S.t office et Jespere de lobtenir de mon ignorence. pour le Marquis del Monte Jl doit sa Vie a Borri qui apres dieu la gerẏ dune maladie qui avoit fait perdre le latin aux autres medicins, et le pauvre Marquis se mouroit san Borri a la barbe de Machiati, quoy que le Marquis se fust ostine de ne vouloir pas se servir de Borri. mais il y a este a la fin force, et ie le tiens gerẏ entierement et sil se fust servi plus tost de luy Jl se seroit esparnge vn moy ou six semaine de maladie. Voila la verite toutte pure, mais cela nenpechera pas que ie nuse pour le peu de temps qui nous reste destre icy de toutte les precautions que Vous souhaittez sur son suiet.

nous avons icy une nouvelle Considerable et sest que les francois fon Courir le bruit que le Ollandois prenne leur parti et Veulent partager avec la france le pays bas

si ce la est ie tiens quon ne fera pa la paix mais iay de la paine a Croire Cette nouvelle qui seroit la derniere destruxion de la Maison dAustriche si elle se trouvoit vraye Car on nen demeureroit pas la et ce seroit a l'Ollande et a la france a partager lEurope Car dan lestat des chose ie Conte pour rien tout le reste cet a dire la Suede lAngleterre et tout cela, Car pour lAlemange ie ne luy fais pas lhoneur de la conter ils mourront Contens le verre a la main Cet tout. en Angleterre Jl y a grandt apparence de troubles. Wrangel est enCore icy il est gerri. pour moy ie Je partiray infaliblement au Vintiesme d'ottobre. Cepandant Je suis occupe a la depeche de Clairet qui partira a la fin de cette semaine ou au Commencement de laustre il Vous portera touts les informations necessaires et ie le suiveray dasse prest et seray Vostre veritable amẏe iusques a la mort adieu ne Vous inquiette pas pour moy et Croiez que non obstant la rage des predicans toutte la Ville a gran regret de mon depart

With modernised spelling:

Hambourg, 5 octobre 1667.
Je crains que cet ordinaire ne me portera pas de vos lettres, et cela m'affligera fort si l'opinion de mon départ vous aura fait résoudre à me priver de cette consolation.

J'avais ordonné à Macchiati de porter à Borri de ma part la défense d'entrer en ma maison, et j'avais défendu à tous ceux qui sont à moi de converser avec lui; et je n'ai révoqué cet ordre sans consulter tous les prêtres qui sont ici, lesquels tous m'ont unanimement assurée que je devais le révoquer et qu'il n'y avait nulle raison que pourrait m'obliger à le donner, et D. Arbostino n'a pas hésité de m'assurer que je pouvais l'admettre sans aucun scrupule. Cela m'a obligée à le souffrir comme tant d'autres qu'on souffre ici, et [je] me suis contentée de lui défendre ma chapelle et ma messe, et c'est, comme vous voyez, sur la parole de tous nos prêtres que j'ai révoqué cet ordre. Si j'ai mal fait, je demande pardon à Sa Sainteté et au Saint-Office, et j'espère de l'obtenir de mon ignorance.

Pour le marquis del Monte, il doit sa vie à Borri, qui, après Dieu, l'a guéri d'une maladie qui avait fait perdre le latin aux autres médecins, et le pauvre marquis se mourait sans Borri à la barbe de Macchiati, quoique le marquis se fût obstiné de ne vouloir pas se servir de Borri. Mais il y a été à la fin forcé, et je le tiens guéri entièrement; et s'il se fût servi plus tôt de lui, il se serait épargné un mois ou six semaines de maladie. Voilà la vérité toute pure; mais cela n'empêchera pas que je n'use, pour le peu de temps qui nous reste d'être ici, de toutes les précautions que vous souhaitez sur son sujet.

Nous avons ici une nouvelle considérable, et c'est que les Français font courir le bruit que les Hollandais prennent leur parti et veulent partager avec la France les Pays-Bas.

Si cela est, je tiens qu'on ne fera pas la paix, mais j'ai de la peine à croire cette nouvelle, qui serait la dernière destruction de la maison d'Autriche, si elle se trouvait vraie; car on n'en demeurerait pas là, et ce serait à la Hollande et à la France à partager l'Europe; car dans l'état des choses je compte pour rien tout le reste, c'est-à-dire la Suède, l'Angleterre et tout cela; car pour l'Allemagne je ne lui fais pas l'honneur de la compter. Ils mourront contents le verre à la main: c'est tout.

En Angleterre, il y a grande apparence de troubles. Wrangel est encore ici; il est guéri.

Pour moi, je partirai infailliblement au vingtième d'octobre. Cependant je suis occupée à la dépêche de Clairet, qui partira à la fin de cette semaine ou au commencement de l'autre. Il vous portera toutes les informations nécessaires, et je le suivrai d'assez près, et serai votre véritable amie jusqu'à la mort. Adieu. Ne vous inquiétez pas pour moi et croyez que, nonobstant la rage des prédicants, toute la ville a grand regret de mon départ.

English translation (my own):

October 5, 1667.
I fear that this ordinary will not bring me your letters, and it will distress me greatly if the opinion of my departure will have made you resolve to deprive me of this consolation.

I had ordered Macchiati to forbid Borri to enter my house on my behalf, and I had forbidden all those who are mine to converse with him; and I did not revoke this order without consulting all the priests who are here, who all unanimously assured me that I had to revoke it and that there was no reason that could oblige me to give it, and Don Arbostino didn't hesitate to make sure I could admit it without any qualms. This forced me to suffer him like so many others that we suffer here, and I was content to defend my chapel and my Mass to him, and it is, as you see, on the word of all our priests that I revoked this order. If I have done wrong, I ask forgiveness from His Holiness and the Holy Office, and I hope to obtain it from my ignorance.

For the Marquis del Monte, he owes his life to Borri, who, after God, cured him of a disease which had caused the other doctors to lose their Latin, and the poor Marquis was dying without Borri at Macchiati's beard, although the Marquis was obstinate in refusing to make use of Borri. But he was forced into it in the end, and I hold him to be completely healed; and if he had made use of him earlier, he would have saved himself a month or six weeks of illness. This is the pure truth; but that will not prevent me from using, for the little time that remains for us to be here, of all the precautions that you wish on his subject.

We have considerable news here, and it is that the French are spreading the rumour that the Dutch are taking their side and want to share the Netherlands with France.

If so, I hold that we will not make peace, but I have difficulty believing this news, which would be the last destruction of the house of Austria, if it were true; for we would not stop there, and it would be up to Holland and France to share Europe; because in the state of things I count for nothing all the rest, that is to say, Sweden, England and all that; because for Germany I do not do her the honour of counting it. They will die happy, glass in hand: that is all.

In England there is a great deal of trouble. Wrangel is still here; he's healed.

As for me, I will inevitably leave on the twentieth of October. However, I am busy with the dispatch from Clairet, which will leave at the end of this week or at the beginning of the next. He will bring you all the information you need, and I will follow him fairly closely, and be your true friend until death. Goodbye. Don't worry about me; and believe that, notwithstanding the rage of the preachers, the whole town is very sorry at my departure.


Above: Kristina.


Above: Cardinal Decio Azzolino.

Note: suffer = to allow.

Kristina's letter to Azzolino, dated September 28, 1667

Sources:

Christine de Suède et la cardinal Azzolino. Lettres inédites (1666-1668), Carl Bildt, 1899







Kristina wrote this letter to Cardinal Decio Azzolino on September 28, 1667.

The letter:

28 Sept. 1667.
Vostre lestre du 3 du present mopporta une une Consolation que toutte leloquance de Ciceron ny Celle de Demosthene ny la Vostre mesme qui Vaut mieux que la leure nest pas Capable dexprimer. la ioye et la Veneration avec la quelle iay receu la lestre dont Sa S.te a voulu honorer estoit telle que ie fally a partir de la main pour aller a Rome mais mon malheur me donna a Conoistre que ie nestois pas en estat dexecuter enCore une si iuste envie et quil me reste enCore plus de Vint iours qui me sambleront autan des Eternites pour trainer mon impacience iusques a bout la Consideration que Vous faittes sur le temps de mon arrive et la mesme que iay fait et ie suis asse malheureuse pour ne pouvoir pas esperer destre a Rome devan le 15 ou 20 de novembre, ne pouvant pas partir dycy devant le 20 ottobre Car iy suis arreste iusques a ce temps par une indispensable necessite de mes affaires

Cepandant Je Vous prie dasseurer Sa S.te que je repondiray a ses bontes en touts temps et en touts lieux avec tan Vene de Veneration de Respect et dobbiessance que ie me rendray digne de la Continuation de ses faveurs et de la tendresse paternelle dont Jl mhonore, et Jespere que ma presence et mes servises me laugmenteront et me la Conserveront dune maniere a faire ma gloire destre ayme et Considere dun si grandt pape et ie me prepare a me Voir reCompense avec usure de touts les outrages que iay suffert autrefois, et ie meforceray a meforcer a rendre Sa S.te si satisfaitte de moy que iespere quil aura de la ioye a me rendre iustice. cest de quoy Vous pour repondre pour moy.

Je ne manqueray pas de Vous informer ponntuellement de mon depart. Cepandant vous navez qua me prescrire le iour que vous Voulez que ientre a Rome et de [...] qui me puisse empecher destre pontuel. Jexpedieray pour cet effect dans peu de iour Clairet qui Vous porte toute les informations necessaires, et quelque information de plus qui Vous sera tres agreable a savoir, et si tost que Vous aurez receu la presente ne mescrivez plus icy mais faitte que ie trouve de Vos lestres a Augusta pour pouvoir regler mon Voiage a Vostre mode. Je ne pretents pas que Vous prenniez la paine de Vennir me renContrer, vous me ferez trop de grace si Vous ne Vous enfuiez a mon arrive de Rome. enfin quelque resolution que Vous prenniez ie seray Contente de tout ce que Vous ferez, et ie partiray infaliblement du 20 du prochain dyci au plus long et Vous pouvez Vous regler la desus, mais Je Vous donneray encore vne information plus exacte et ponntuelle par les lestres que Clairet Vous portera dans peu de iour.

Jl ny a icy rien de nouveau. Vrangel et enCore au lit mais Jl se porte vn peu mieu et ie Crois quil le poura quitter bien tost. Jl a Voulu faire vn effort pour prendre lair mais Jl y a mal reusi et ie panse que Cela a recule sa sante pour quelque iour le Chagrin et la mauvaise satisfaction quil a de la Cour de Suede Contribu beaucoup a son mal.

Le Marquis de Monte est entierement gery et Jl merite la grace que Vous luy faittes de Continuer de laimer Comme auparavant.

lon dit pour Certain que lEmpereur a enfin resolu de secourir le pays bas si largent de france qui est alle a Vienne, ne lenpeche. Les Ollandois se declareront infaliblement pour lEspange lon ne sest pas enCore quel partye prendra lAngletrere qui iusques icy permet les leves aux deux partyes. lEspange fait vn si gran party aux Ollandois pour les engager quil est estonnant de Voir a quoy ils se resolve en cette extremite.

larme de france est en quartiers d'hyver, et cette Campange est finie.

lassamble de Colonge a fait enfin a fait sa proposition. on ne sait enCore ce qui en resultera de cette assamblee. tout ce quon peut asseurer avec Verite est quon ẏ boira furieusement a la sante du bien publique et de la liberte dAllemange Ce quon y fera de plus le temps le fera Conoistre a Ratisbonne on fait de mesme et la ausi bien qua Colonge on prent de largent de touts ceux qui en Veulent donner. Voila un peu de mots la Constitution present de lAllemange. en Suede on fait Casi autan, mais on ne reCoit et on ne donne pas dargent parce quon nen a point, et que lesperance et perdu den avoir, Car Jl ny a pas de Comedie qvi donne de largent aux spectateurs, et Cest le presonage quon a prix. on Veut offrir la mediation et Come cest la qualite que toutte lEurope prendt presente ment ie Conseillie au pape de prendre Celle dArbitre quil luy appartient.

Je Vous enVoy un memoire de M. de lionne qui me Vient de Bruxselles. ie supose que les Espangols yci Vous lont Communique ausi bien qua moy mais en tout Cas ie ne saurois menpecher de Vous lenVoyer. iy Voy avec ioye que si les Conseils de lionne sont suivis, les affaires de Castro ninquieteront plus Rome. ie suis au desespoir de Voir que les affaires resolutions du roy la desus Vous sont eschapes, mais ie ne doutte pas que Vous ne le sachiez, et ie tacheray de les savoir ausi de mon Cote devan que de partir.

[...] exact de lestat de mes affaires. Cepandant Je Vous prie destre persuade que Vous trouverez que mes malheurs non apporte aucun Changement a mon amitie que ie Vous Conserveray inviolable iusques a la mort adieu

au nom de dieu oste Vous de la teste ces terreurs paniques que Vous avez pour moy et Croẏez que tout est Calme ici et que ie suis autant en seurete icy qua Rome mesme

With modernised spelling:

Hambourg, 28 septembre 1667.
Votre lettre du 3 du présent m'apporta une consolation que toute l'éloquence de Cicéron ni celle de Démosthène, ni la vôtre même, qui vaut mieux que la leur, n'est pas capable d'exprimer. La joie et la vénération avec laquelle j'ai reçu la lettre dont Sa Sainteté a voulu m'honorer était telle que je faillis à partir de la main pour aller à Rome; mais mon malheur me donna à connaître que je n'étais pas en état d'éxecuter encore une si juste envie, et qu'il me reste encore plus de vingt jours, qui me sembleront autant d'éternités, pour traîner mon impatience jusqu'au bout. La considération que vous faites sur le temps de mon arrivée est la même que j'ai faite, et je suis assez malheureuse pour ne pouvoir pas espérer d'être à Rome devant le 15 ou 20 de novembre, ne pouvant pas partir d'ici devant le 20 octobre; car j'y suis arrêtée jusqu'à ce temps par une indispensable nécessité de mes affaires.

Cependant je vous prie d'assurer Sa Sainteté que je répondrai à ses bontés, en tous temps et en tous lieux, avec tant de vénération, de respect et d'obéissance, que je me rendrai digne de la continuation de ses faveurs et de la tendresse paternelle dont il m'honore, et j'espère que ma présence et mes services me l'augmenteront et me la conserveront d'une manière à faire ma gloire d'être aimée et considérée d'un si grand pape; et je me prépare à me voir récompensée avec usure de tous les outrages que j'ai soufferts autrefois, et à m'efforcer à rendre Sa Sainteté si satisfaite de moi, que j'espère qu'il aura de la joie à me rendre justice. C'est de quoi vous pour[rez] répondre pour moi.

Je ne manquerai pas de vous informer ponctuellement de mon départ. Cependant vous n'avez qu'à me prescrire le jour que vous voulez que j'entre à Rome et de me le faire savoir à Augusta, et je vous promets qu'il n'y aura que la mort ou une maladie qui me puisse empêcher d'être ponctuelle. J'expédierai pour cet effet dans peu de jours Clairet, qui vous porte toutes les informations nécessaires, et quelque information de plus qui vous sera très agréable à savoir, et si tôt que vous aurez reçu la présente, ne m'écrivez plus ici, mais faites que je trouve de vos lettres à Augusta pour pouvoir régler mon voyage à votre mode. Je ne prétends pas que vous preniez la peine de venir me rencontrer; vous me ferez trop de grâce si vous ne vous enfuyez à mon arrivée à Rome. Enfin, quelque résolution que vous preniez, je serai contente de tout ce que vous ferez, et je partirai infailliblement du 20 du prochain d'ici au plus long; et vous pouvez vous régler là-dessus; mais je vous donnerai encore une information plus exacte et ponctuelle par les lettres que Clairet vous portera dans peu de jours.

Il n'y a ici rien de nouveau. Wrangel est encore au lit, mais il se porte un peu mieux, et je crois qu'il le pourra quitter bientôt. Il a voulu faire un effort pour prendre l'air, mais il y a mal réussi, et je pense que cela a reculé sa santé pour quelques jours. Le chagrin et la mauvaise satisfaction qu'il a de la Cour de Suède contribuent beaucoup à son mal.

Le marquis [del] Monte est entièrement guéri, et il mérite la grâce que vous lui faites de continuer de l'aimer comme auparavant.

L'on dit pour certain que l'Empereur a enfin résolu de secourir le Pays-Bas, si l'argent de France, qui est allé à Vienne, ne l'empêche. Les Hollandais se déclareront infailliblement pour l'Espagne; l'on ne sait pas encore quel parti prendra l'Angleterre, qui jusqu'ici permet les levées aux deux partis. L'Espagne fait un si grand parti aux Hollandais pour les engager, qu'il est étonnant de voir à quoi ils se résolvent en cette extrémité.

L'armée de France est en quartiers d'hiver, et cette campagne est finie.

L'assemblée de Cologne enfin a fait sa proposition. On ne sait encore ce qui en résultera de cette assemblée. Tout ce qu'on peut assurer avec vérité est qu'on y boira furieusement à la santé du bien public et de la liberté d'Allemagne. Ce qu'on y fera de plus, le temps le fera connaître. A Ratisbonne, on fait de même, et là, aussi bien qu'à Cologne, on prend de l'argent de tous ceux qui en veulent donner. Voilà un peu de mots la constitution présent de l'Allemagne. En Suède on fait quasi autant, mais on ne reçoit et on ne donne pas d'argent, parce qu'on n'en a point, et que l'espérance est perdue d'en avoir, car il n'y a pas de comédie qui donne de l'argent aux spectateurs, et c'est le personnage qu'on a pris. On veut offrir la médiation, et comme c'est la qualité que toute l'Europe prend présentement, je conseille au pape de prendre celle d'arbitre, qui lui appartient.

Je vous envoie un mémoire de M. de Lionne, qui me vient de Bruxelles. Je suppose que les Espagnols vous l'ont communiqué aussi bien qu'à moi; mais en tout cas je ne saurais m'empêcher de vous l'envoyer. J'y vois avec joie que si les conseils de Lionne sont suivis, les affaires de Castro n'inquiéteront plus Rome. Je suis au désespoir de voir que les résolutions du Roi là-dessus vous sont échappées, mais je ne doute pas que vous ne le sachiez, et je tâcherai de le savoir aussi de mon côté devant que de partir.

Je me réserve à vous entretenir plus au long par la lettre que Clairet vous apportera et qui vous rendra un compte exact de l'état de mes affaires. Cependant je vous prie d'être persuadé que vous trouverez que mes malheurs n'ont apporté aucun changement à mon amitié, que je vous conserverai inviolable jusqu'à la mort. Adieu.

Au nom de Dieu, ôtez-vous de la tête ces terreurs paniques que vous avez pour moi, et croyez que tout est calme ici et que je suis autant en sûreté ici qu'à Rome même.

English translation (my own):

Hamburg, September 28, 1667.
Your letter of the 3rd of this month brought me a consolation which neither all the eloquence of Cicero, neither that of Demosthenes, nor even yours, which is better than theirs, is not capable of expressing. The joy and veneration with which I received the letter with which His Holiness wanted to honour me was such that I almost left to go to Rome; but my misfortune let me know that I was not yet in a position to carry out such a just desire, and that I still have more than twenty days, which will seem like so many eternities to me, to drag my impatience to the end. The consideration you make about the time of my arrival is the same as I did, and I am unhappy enough that I cannot hope to be in Rome before the 15th or 20th of November, not being able to leave here before October 20; because I was stopped there until this time by an indispensable necessity of my business.

However, I ask you to assure His Holiness that I will respond to his kindness, at all times and in all places, with such reverence, respect and obedience that I will make myself worthy of the continuation of his favours and the paternal tenderness with which he honours me, and I hope that my presence and my services will increase it and keep it for me in a way that will make my glory to be loved and considered by such a great Pope; and I prepare to see myself rewarded with wear and tear for all the outrages I once suffered, and to strive to make His Holiness so satisfied with me, that I hope he will have joy in doing me justice. That is what you can answer for me.

I will be sure to inform you punctually of my departure. In the meantime you only have to prescribe the day that you want me to enter Rome and let me know in Augusta, and I promise you that only death or illness can prevent me from being punctual. I will send Clairet for this purpose in a few days, who will bring you all the necessary information, and some more information which will be very pleasant for you to know, and so soon as you will have received this present, do not write to me anymore here, but let me find some of your letters to Augusta so that I may arrange my trip as you wish. I'm not claiming that you bother to come and meet me; you will do me too much favour if you do not flee when I arrive in Rome. Finally, whatever resolution you take, I will be happy with whatever you do, and I will leave infallibly from the 20th of the next here to the longest, and you can settle on that; but I will give you still more exact and punctual information through the letters Clairet will bring you in a few days.

There is nothing new here. Wrangel is still in bed, but he's doing a little better, and I think he'll be able to get out soon. He wanted to make an effort to get some fresh air, but was not successful, and I think that that put his health down for a few days. The grief and the poor satisfaction he has with the Swedish court contribute much to his illness.

The Marquis del Monte is fully healed, and he deserves the grace you give him to continue to love him as before.

It is said for sure that the Emperor has finally resolved to help the Netherlands, if the money from France, which went to Vienna, does not prevent it. The Dutch will declare themselves infallibly for Spain; it is not yet known which side England will take, which has hitherto allowed levies to both parties. Spain is making such a great deal of the Dutch to engage them that it is astonishing to see what they are resolving in this extremity.

The army of France is in winter quarters, and this campaign is over.

Finally, the Cologne assembly made its proposal. We do not yet know what will result from this assembly. All that can be assured with truth is that it will be drunk furiously to the health of the public good and the liberty of Germany. What more will be done there, time will show. In Regensburg, one does the same, and there, as well as in Cologne, one takes money from all those who want to give it. Here are a few words the present constitution of Germany. In Sweden one does almost as much, but one does not receive and does not give money, because they haven't any, and the hope is lost to have any, because there is no comedy that gives the spectators money, and that's the personage we took. One wishes to offer mediation, and as this is the quality that all of Europe is currently taking, I advise the Pope to take that of arbiter, which belongs to him.

I am sending you a memorandum from Monsieur de Lionne, who comes to me from Brussels. I suppose the Spanish communicated it to you as well as to me; but in any case I could not help sending it to you. I can see with joy that if de Lionne's advice is followed, Castro's affairs will no longer worry Rome. I am in despair to see that the King's resolutions on this have escaped you, but I have no doubt that you will know it, and I will try to find out from my side also before leaving.

I reserve the right to speak to you at greater length by the letter Clairet will bring you and which will give you an exact account of the state of my affairs. In the meantime, I beg you to be persuaded that you will find that my misfortunes have brought no change to my friendship, that which will keep you inviolable to you unto death. Goodbye.

In the name of God, get rid of these panicked terrors that you have for me, and believe that all is calm here and that I am as safe here as in Rome itself.


Above: Kristina.


Above: Cardinal Decio Azzolino.

Notes: Augusta = Augsburg.

"I can see with joy that if de Lionne's advice is followed, Castro's affairs will no longer worry Rome." = France had supported the claims of the Duke of Parma to regain possession of the Duchy of Castro, of which he had been stripped by Pope Urban VIII.

"In the name of God, get rid of these panicked terrors that you have for me, and believe that all is calm here and that I am as safe here as in Rome itself." = Azzolino's fears had been aroused by a letter from Texeira, dated August 10, 1667, in which he said that one was not immune to the danger of new disorders (after the Hamburg riot at the mansion Kristina was staying in).

Wednesday, February 16, 2022

Adolf Johan's letter to Magnus de la Gardie, dated November 19/29 (Old Style), 1651

Source:

Riksarkivet, page 25 in Adolf Johan; Furstars, ämbetsmäns och enskilda personers brev och ansökningar; Inkomna brev och ansökningar; Magnus Gabriel De la Gardies samling, De la Gardieska samlingen




The letter:

Monsieur
Bien que depuis que ie me suis donné l'honneur de vous escrire la derniere fois, il ne s'est rien passé de memorable a vous mander, neantmoins ie n'ay voulu manquer de vous adresser ces lignes, afin que par ce moyen, ie me puisse conserver le bonheur de vostre souvenir, vous suppliant, qu'en cas depuis mon depart de la court, il s'est passé quelque chose que me puisse estre preiudiciable aupres de Sa Maiesté, que vous me voulliez faire la faveur, d'expliquer tout en bonne part, car ie vous asseure, que quoi que ce soit, ne peut estre arrivé, que malgré moy et sans que i'ay eu auquune intention d'outre passer les bornes du respect que ie dois a Sa Maiesté; cela estant donq Monsieur ie vous supplie de m'assister en cet endroict, vous asseurant qu'il n'y a persone au monde qui desire de servir a Sa Maiesté, avec plus de tres-humble soubmission et fidelité que moy, et en cas que vous puissiez estre averti, d'auqu'unes des mienes fautes, ayez la bonté de m'en adviser, et vous cognoistrerois par l'obeissance que i'y aporterois, que ie tache avec le plus de soin qu'il m'est possible, de satisfaire a mon devoir envers Sa Maiesté, d'autant qu'a vous complaire, continuez donq Monsieur cette marque de generosité que vous m'avez tousiours tesmoigné, et vous cognoistrerez par mes actions, que ie suis infiniment
Monsieur
Vostre bien-humble
et affectioné beau-
frere et serviteur,
Adolph Jean
C. P. du Rhin, etc.
de Gothemborgh
ce 19 de Novemb:
l'an 1651

With modernised spelling:

Monsieur,
Bien que depuis que je me suis donné l'honneur de vous écrire la derniere fois, il ne s'est rien passé de memorable à vous mander; néanmoins je n'ai voulu manquer de vous adresser ces lignes, afin que par ce moyen je me puisse conserver le bonheur de votre souvenir, vous suppliant qu'en cas depuis mon départ de la cour, il s'est passé quelque chose que me puisse être préjudiciable auprès de Sa Majesté, que vous me voulliez faire la faveur d'expliquer tout en bonne part. Car je vous assure que quoique ce soit ne peut être arrivé, que malgré moi et sans que j'ai eu aucune intention d'outre passer les bornes du respect que je dois à Sa Majesté. Cela étant donc, Monsieur, je vous supplie de m'assister en cet endroit, vous assurant qu'il n'y a personne au monde qui désire de servir à Sa Majesté avec plus de très humble soumission et fidélité que moi; et en cas que vous puissiez être averti d'aucunes des miennes fautes, ayez la bonté de m'en aviser, et [je] vous connaîtrerais par l'obéissance que j'y apporterais, [et] que je tâche avec le plus de soin qu'il m'est possible de satisfaire à mon devoir envers Sa Majesté, d'autant qu'à vous complaire. Continuez donc, Monsieur, cette marque de générosité que vous m'avez toujours témoigné, et vous connaîtrez par mes actions que je suis infiniment,
Monsieur,
votre bien-humble et affectionné beau-frère et serviteur
Adolphe-Jean, Comte Palatin du Rhin, etc.
De Gothembourg, ce 19 de novembre, l'an 1651.

Swedish translation (my own):

Min herre,
Även om sedan jag gav mig själv äran att skriva till Er förra gången, inget minnesvärt har hänt att skriva till Er om, ville jag ändå icke underlåta att rikta dessa linjer till Er, så att jag på detta sätt kunde bevara lyckan av Ert minne och ber Er att om det sedan min avgång från hovet har hänt något som kan vara skadligt för Hennes Majestät, så skulle Ni göra mig den tjänsten att förklara allt på ett bra sätt. Ty jag försäkrar Er att vad som helst bara kan ha hänt trots mig själv och utan att jag haft någon avsikt att överskrida gränserna för den respekt som jag är skyldig Hennes Majestät. Eftersom det är så, min herre, ber jag Er att hjälpa mig på denna plats och försäkrar Er om att det inte finns någon i världen som önskar tjäna Hennes Majestät med ödmjukare underkastelse och trohet än jag; och i det fall Ni kan varnas för något av mina fel, ha vänligheten att informera mig om dem, och jag skall känna Er genom den lydnad som jag skulle ge dem, och att jag försöker med största försiktighet att det kan vara möjligt för mig att uppfylla min plikt gentemot Hennes Majestät, desto mer för att behaga Er. Så fortsätt, min herre, detta tecken på generositet som Ni alltid har betygat mig, och Ni kommer att veta genom mina handlingar att jag är oändligt,
min herre,
Er väldigt ödmjuke och tillgivne svåger och tjänare
Adolf Johan, pfalzgreve av Rhen, osv.
från Göteborg, den 19 november 1651.

English translation (my own):

Sir,
Although since I gave myself the honour of writing to you the last time, nothing memorable has happened to write to you, I nevertheless did not want to fail to address these lines to you, so that by this means I could preserve the happiness of your memory, begging you that in case since my departure from court something has happened that may be prejudicial to Her Majesty, you would do me the favour of explaining everything in good part. For I assure you that anything can only have happened in spite of myself and without my having had any intention of overstepping the bounds of the respect that I owe to Her Majesty. That being so, Sir, I beg you to assist me in this place, assuring you that there is no one in the world who desires to serve Her Majesty with more humble submission and fidelity than I; and in case you can be warned of any of my faults, have the kindness to inform me of them, and I will know you by the obedience that I would bring to them, and that I try with the greatest care that it may be possible for me to satisfy my duty towards Her Majesty, the more so as to please you. So continue, Sir, this mark of generosity that you have always testified to me, and you will know by my actions that I am infinitely,
Sir,
your very humble and affectionate brother-in-law and servant
Adolf Johan, Count Palatine of the Rhine, etc.
From Gothenburg, November 19, 1651.


Above: Kristina.


Above: Adolf Johan.


Above: Magnus de la Gardie.

Adolf Johan's letter to Magnus de la Gardie, dated February 18/28 (Old Style), 1652

Source:

Riksarkivet, page 31 in Adolf Johan; Furstars, ämbetsmäns och enskilda personers brev och ansökningar; Inkomna brev och ansökningar; Magnus Gabriel De la Gardies samling, De la Gardieska samlingen




The letter:

Höghwelborne her grefwe, högtehrade Käre Schwåger
Jagh frögdar meigh intet litet i thet iagh genom min Käre Schwågerß skrifwelse förnimmer, intet allenast theß goda tilståndh, vthan och, att min Käre Schwåger hafwer så wel welat vptaga mina skrifwelser, och såsom iagh allereda genom åtskilliga occasioner, min Käre Schwåger til al tienst, verobligerat ehr, altså inciterar migh ochså, min Käre Schwågerß courtoise skrifwelse, ennu widare, til att vpsökia någon legenhet ther iagh min Käre Schwåger igien lehr kunna bewisa, medh hwadh tacksamhet iagh sådant alt erkenner, och såsom iagh numehra genom min Käre Schwågerß skrifwelse förnimmer, huruledeß Henneß Kongelige Mayestet, alranådigst hafwer techtß, min Käre Schwåger, en nÿ tienst att vppålegga, altså hafwer iagh intet kunnat vnderlåta, min Käre Schwåger, genom theßa få rader thrvtöfwer troligen att congratulera hånom altidh försekrandeß att theß goda vpkomst, ingen högre lehr frögda en såsom migh, och förvtan then tienst och nÿtta henneß Mayestet och fäderneßlandet thervtaf lehr kunna hafwa glädier iagh migh ochså, att iagh genom min Käre Schwåger, om ett och annat, som så wel vthi detta af Henneß Kongelige Mayestet, migh nådigst anförtrodda G: Gouvernamente lehr wara att fodra, som ochså, att iagh vthi the faller, som migh in particulari angå altidh til min Käre Schwåger mitt refugium lehr kunna hafwa och hade thet intet giordß behof, att min Käre Schwåger hafwer welat så högt vthi theß skrifwelse, sigh emot migh excusera, iagh hafwer aldrigh om theß goda affection dubiterat beder ochså tienstligen, att min Käre Schwåger, wille sigh ennu widare, mitt besta låta wara angelegit, och sigh altidh försekra att iagh aldrigh lehr wika, ifrån then deßein som iagh en gångh hafwer fattat, min Käre Schwåger att estimera och elska och in til min dödßstundh att förblifwa,
Min Käre Schwågerß,
Tienstwillige och
obligerade Schwåger och
tienare,
Adolph Jahan
Pfaltzgrefwe etc.
De Gothēborgh
ce 18 de Febvrier
l'an 1652

Min gemåhl betacker sigh emot min Käre Schwåger tienstligen, för theß salutation, hon recommenderar sigh tillika medh migh, vthi min Käre Schwågerß och min Systerß Wanliga benägenhet, adieu.

With modernised spelling:

Högvälborne Herr Greve, Högtärade Käre Svåger,
Jag fröjdar mig inte litet i det jag genom min käre svågers skrivelse förnimmer inte allenast dess goda tillstånd, utan ock att min käre svåger haver så väl velat upptaga mina skrivelser; och såsom jag allareda genom åtskilliga ockasioner min käre svåger till all tjänst förobligerad är, alltså inciterar mig också min käre svågers courtoise skrivelse ännu vidare till att uppsöka någon lägenhet där jag min käre svåger igen lär kunna bevisa med vad tacksamhet jag sådant allt erkänner. Och såsom jag numera genom min käre svågers skrivelse förnimmer huruledes Hennes Kungliga Majestät allranådigst haver täckts min käre svåger en ny tjänst att uppålägga, alltså haver jag inte kunnat underlåta, min käre svåger, genom dessa få rader därutöver troligen att kongratulera honom, alltid försäkrandes att dess goda uppkomst ingen högre lär fröjda än såsom mig. Och förutan den tjänst och nytta Hennes Majestät och Fäderneslandet därutav lär kunna hava, glädjer jag mig också att jag om ett och annat, som såväl uti detta av Hennes Kungliga Majestät, mig nådigst anförtrodda Generalguvernement lär vara att fordra, som också att jag uti de faller som mig in particulari angå alltid till min käre svåger mitt refugium lär kunna hava. Och hade det inte gjorts behov att min käre svåger haver velat så högt uti dess skrivelse sig emot mig exkysera, jag haver aldrig om dess goda affektion dubiterat. [Jag] beder också tjänstligen att min käre svåger ville sig ännu vidare mitt bästa låta vara angeläget, och sig alltid försäkra att jag aldrig lär vika ifrån den dessäng som jag en gång haver fattat min käre svåger att estimera och älska och intill min dödsstund att förbliva
min käre svågers tjänstvillige och obligerade svåger och tjänare
Adolf Johan, pfalzgreve, etc.
De Gothembourg, le 18 février l'an 1652.

Min gemål betackar sig emot min käre svåger tjänstligen för dess salutation; hon rekommenderar sig, tillika med mig, uti min käre svågers och min systers vänliga benägenhet. Adieu.

Contemporary Swedish translation (my own):

Högvälborne Herr Greve, Högtärade Käre Svåger,
Jag fröjdar mig inte litet att jag genom min käre svågers skrivelse förnimmer inte bara Ert goda tillstånd, utan ock att Ni har så väl velat ta emot mina skrivelser; och som jag redan genom många tillfällen är min käre svåger förbunden till all tjänst, alltså uppmuntrar Er höviska skrivelse mig också ännu vidare till att söka någon lägenhet där jag igen skall kunna bevisa Er med vad tacksamhet jag sådant allt erkänner. Och som jag numera genom Er skrivelse förnimmer hur Hennes Kungliga Majestät har allernådigast ålagt Er en ny tjänst, har jag alltså inte kunnat underlåta, min käre svåger, genom dessa få rader att troligen gratulera Er däröver, alltid försäkrande Er att ingen skall fröjda Ert goda befrämjande mer än mig. Och förutan den tjänst och nytta Hennes Majestät och Fäderneslandet skall kunna ha därav, glädjer jag mig också att jag såväl i detta Generalguvernement (som Hennes Kungliga Majestät nådigast anförtrott mig) skall vara att fodra, som också att jag i de faller som angår mig i synnerhet alltid skall kunna ha min käre svåger till mitt tillflykt om ett och annat. Och hade det inte gjorts behov att Ni, min käre svåger, har velat så högt ursäkta Er i Er skrivelse, jag har aldrig tvivlat Er goda tillgivenhet. Jag också tjänstvilligt ber att Ni ville ännu vidare vinnlägga Er om mitt bästa, och alltid försäkra Er att jag aldrig skall vika ifrån den åsikt som jag en gång har fattat att uppskatta och älska Er, min käre svåger, och att förbliva intill min dödsstund
Er tjänstvillige och förbundne svåger och tjänare
Adolf Johan, pfalzgreve, osv.
Göteborg, den 18 februari 1652.

Min gemål tjänstvilligt betacker sig mot Er, min käre svåger, för Er hälsning; hon rekommenderar sig, tillika med mig, till Er och min systers vänliga benägenhet. Farväl.

French translation (my own):

Monsieur le Comte, mon très honoré cher beau-frère,
Je ne me réjouis pas un peu qu'à travers la lettre de mon cher beau-frère, où je m'aperçoive non seulement de votre bon état, mais aussi que vous avez si bien voulu recevoir mes lettres; et comme je suis vous déjà par diverses occasions obligé à tout service, ainsi votre lettre courtoise m'incite encore davantage à chercher quelque occasion où je pourrai de nouveau vous prouver avec quelle gratitude je reconnais tout cela. Et comme je m'aperçois maintenant par votre lettre que Sa Majesté Royale vous a très gracieusement imposé un nouveau service, je n'ai pu manquer, mon cher beau-frère, par ces quelques lignes de vous en féliciter, toujours vous assurant que personne plus que moi ne se réjouira de votre bonne promotion. Et outre le service et le bénéfice que Sa Majesté Royale et la Patrie devraient pouvoir en tirer, je me réjouis aussi que tant dans ce Gouvernement Général (Sa Majesté Royale me l'a très gracieusement confié) de nourrir, et aussi que dans les cas qui me concernent en particulier je pourrai toujours avoir mon cher beau-frère à mon refuge pour une chose et une autre. Et s'il n'avait pas fallu que vous, mon cher beau-frère, vous excusiez si vivement dans votre lettre, je n'ai jamais douté de votre bonne affection. Je prie aussi humblement pour que vous vouliez travailler encore plus dur sur mes meilleurs intérêts, et vous assure toujours que je ne douterai jamais de le dessein que j'ai prise autrefois pour vous estimer et vous aimer, mon cher beau-frère, et rester jusqu'à mon moment de mort
votre servile et obligé beau-frère et serviteur
Adolphe-Jean, Comte Palatin, etc.
De Gothembourg, le 18 février l'an 1652.

Mon épouse vous remercie bien servilement, mon cher beau-frère, pour votre salutation; elle se recommande, avec moi, à la bienveillante inclination de vous et de ma sœur. Adieu.

English translation (my own):

Well-born Count, my very honoured dear brother-in-law,
I do not rejoice a little that through the letter from you, my dear brother-in-law, I perceive not only your good state, but also that you were so good enough to receive my letters; and as I have been obliged to you on various occasions for every service, so your courteous letter encourages me still more to seek some occasion on which I can again prove to you with what gratitude I acknowledge all this. And as I now see from your letter that Her Royal Majesty has very graciously imposed a new service on you, I could not fail, my dear brother-in-law, to congratulate you with these few lines, always assuring you that no one will rejoice at your good promotion more than me. And besides the service and the benefit that Her Royal Majesty and the Fatherland should derive from it, I also rejoice that both in this General Government (which Her Royal Majesty has very graciously entrusted to me) to nourish, and also that in the cases which concern me in particular, I shall always have my dear brother-in-law as my refuge in one thing and another. And if you, my dear brother-in-law, had not excused yourself so much in your letter, I would never have doubted your good affection. I also humbly beg that you work even harder for my best interests, and I always assure you that I will never doubt the design I once took to esteem and love you, my dear brother-in-law, and to remain until my moment of death
your dutiful and obliged brother-in-law and servant
Adolf Johan, Count Palatine, etc.
Gothenburg, February 18, 1652.

My wife thanks you very dutifully, my dear brother-in-law, for your greeting; she recommends herself, and me, to the benevolent inclination of you and my sister. Goodbye.


Above: Kristina.


Above: Adolf Johan.


Above: Magnus de la Gardie.