Saturday, June 1, 2024

Kristina in Pierre Hector Chanut's memoirs, January 1647 (New Style dates used)

Sources:

Mémoires de ce qui s'est passé en Suède, volume 1, pages 89 to 97, by Pierre Hector Chanut, published by Pierre Linage de Vauciennes, 1675 (1677 edition, printed by Pierre Marteau)


Anteckningar om det som tilldragit sig i Sverige ifrån år 1645 till år 1649, pages 93 to 101, translator unknown, published by Ecksteinska Boktryckeriet, 1826


Kristina's speech to the Estates is here:



Above: Kristina.

The 3,600th post to this blog!

The excerpts:

Ianv. 1647.
Le sieur Chanut receut de France une lettre, par laquelle on luy ordonnoit de presser la Reine de Suede d'écrire clairement à ses Ministres, qu'ils ne s'attachassent point à cette proposition nouvelle qu'ils avoient faite de leur chef, s'ils n'y trouvoient une facilité telle que la Paix n'en pust estre retardée d'un seul jour, & qu'elle n'entendoit pas que pour insister en cette demande, on mist au hazard la conclusion de la Paix: Mais il sembloit en ce temps assez difficile; car le sieur Chanut apprit de personnes, qui avoient part aux affaires, que les Principaux du Senat prenoient goût à cette demande en argent, & il estoit à craindre que la bonne fortune des Suedois ne les portât à fortifier sous main leurs Ambassadeurs à tenir ferme long-temps sur cette proposition; & par mal-heur la Reine alors estoit allittée depuis deux jours d'une petite fiévre, que l'on ne croyoit estre qu'un rhume causé par le froid qu'elle avoit souffert allant visiter le Connestable, qui estoit malade d'une fievre quarte, qu'il avoit rapportée des frontieres d'Allemagne.

Cependant on attendoit avec impatience le retour du Comte de la Garde, & chacun en faisoit un jugement particulier. Car bien que la Reine eust une bien-veillance extraordinaire pour luy, on la croyoit trop prudente pour suivre ses conseils, s'ils estoient trop passionez, ny quelle souffrit une rupture entre les principales Maisons de son Estat; d'autant que la dissension du dedans auroit indubitablement affoibly ses forces au dehors. Ainsi il n'estoit pas vray-semblable, que cette Princesse ayant l'esprit tres-moderé, & judicieux, portast rien aux extremitez. Tout ce qu'il y avoit à craindre estoit, que les intrigues secrettes ne passassent à une inimitié découverte, & que chacun prist party. Il estoit de la prudence du sieur Chanut de ne se point engager à une declaration formée; car il y avoit apparence, qu'enfin ceux qui possedoient la faveur, se contenteroient de joüir de leur bonne fortune, sans s'efforcer de détruire entierement les autres, quelques bravades qu'ils eussent faites de loin.

Enfin la copie de la derniere lettre que les Plenipotentiaires de France avoient écrite à Osnabrug à ceux de Suede. Elle fut leuë en plein Senat, & on recommença de nouveau d'agiter la question de la satisfaction, qui y fut determinément resoluë. Et de crainte que la satisfaction en argent pour la Pomeranie ulterieure, que l'Electeur de Brandebourg demandoit, n'arrestât la conclusion du Traité de Paix, on resolut de prendre pour limites entre la Suede, & l'Electeur de Brandebourg, la riviere d'Oder; pourveu que l'on y comprist, outre les villes de Volhein, Stetin, & Garts, celle de Dam, qui est à une lieuë de Stetin dans le marais de l'autre costé de l'Oder, & qui est comme la porte qui ouvre la communication en l'une & en l'autre Pomeranie. A quoy, si l'Electeur ne vouloit pas donner son consentement, la Suede garderoit toute la Pomeranie, avec la garantie de l'Empereur, & des Estats de l'Empire.

Mais sur la plainte que le sieur Chanut fit à la Reine, qu'elle ajoûtoit sans cesse quelque chose à ses demandes, & que ses Ministres estoient demeurez d'accord de laisser Dam à l'Electeur de Brandebourg: Elle luy répondit, qu'ils ne l'avoient pas dû faire, & que lors qu'elle avoit demandé Stetin, elle avoit toûjours entendu que Dam y seroit compris comme un Faux-bourg de la Ville, & une Place sans laquelle l'autre seroit inutile; de façon que ce n'estoit pas une nouveauté, mais une explication necessaire. Ce qu'il en put tirer, fut que la demande d'argent n'estoit point faite par son ordre, & qu'elle n'y vouloit point faire insister jusques à rompre.

On remit en suite sur le tapis la proposition du Negoce, & le sieur Chanut eut une grande conference avec le Chancelier sur ce sujet; mais ce fut en termes si generaux, qu'il n'y put pas remarquer beaucoup de chaleur. Sa conclusion alla à exhorter, & exciter de part & d'autre les Marchands à faire l'essay d'aller d'un Royaume à l'autre de droite route, afin que le gain des premiers qui l'auroient tenté y conviant les autres, le Commerce s'établist insensiblement. A quoy le sieur Chanut fit une réponse assés froide, ne voulant pas que ce fust sur son instance qu'il se portast à quelque chose de plus, & luy dit seulement, que si on ne faisoit autre diligence, la proposition demeureroit sans effet, & qu'il arriveroit que par la jalousie des Hollandois, les Marchands qui auroient fait à l'avanture ces premieres épreuves, n'y reüssissant pas faute d'intelligence, ou d'assistance, tous les autres en seroient détournez à l'avenir. Le Chancelier luy repartit, qu'il en parleroit à la Reine, pour avoir les avis des principaux Marchands, sur lesquels on en traiteroit plus au long.

On eut avis que le Comte d'Harcourt Vice-Roy de Catalogne avoit levé le siege de Lerida; & bien que les Espagnols en fissent grand bruit; neantmoins aux Païs étrangers, & particulierement en Suede, cela ne fut pas de grande consideration. Le Maréchal de Torstenshon excusoit fort le Comte d'Harcourt, & confessoit que le métier de General d'armée estoit si difficile, qu'il faloit plûtost imputer à bon-heur qu'à prudence, s'il ne luy arrivoit jamais de disgrace.

Sur la plainte que les Plenipotentiaires de France à Munster firent faire à la Reine de Suede par le sieur Chanut touchant les nouvelles propositions de ses Ministres, le Chancelier luy voulut persuader, que de la part de la Suede il n'y avoit point eu de variation depuis qu'elle avoit declaré ses dernieres volontez: Toutefois la Reine luy avoüa, que veritablement le Baron Oxenstiern avoit depuis peu envoyé une certaine proposition qui eust esté bonne à faire dés le commencement s'il s'en fust avisé; (non pas à dessein d'obtenir la demande qu'elle contenoit, mais pour reduire les Imperiaux à faire plus facilement accorder la Pomeranie) Mais que cette proposition n'estoit plus de saison; que pas un de ses Ministres n'avoit trouvé à propos de s'y arrester, & que par ce mesme ordinaire on écriroit à Osnabrug d'en demeurer aux termes sur lesquels on avoit travaillé dés le commencement.

On imputa à une faute tres-grossiere au sieur Salvius de s'estre rendu trop facile à Munster, & qu'il n'avoit pas tenu à luy que la Suede n'eust pas douze cens mille Rischedales, au lieu de Stetin; ce qui le fit depuis marcher un peu plus reservé qu'à l'ordinaire. Toutefois la Reine ne diminua point pour cela la bonne opinion qu'elle avoit de luy, & n'augmenta pas celle qu'elle avoit pour son Collegue.

Mais dans une conference que le sieur Chanut eut avec le Chancelier, estant tombez sur le discours de la Paix, il luy fit douter plus que jamais de son intention; car il luy dit qu'elle estoit resoluë, & ajoûta ces mots, «Prudenter necne non disputo»; & en suite parlant de la satisfaction dé la Suede, il dit qu'elle estoit trop moderée, & qu'on la luy accorderoit facilement, «Quandoquidem huc usque se induci passa est sua Majestas», ce sont les termes dont il se servit. Et pour conclusion, il dit que les Estats des Provinces-Unies ruineroient leurs propres desseins les voulant executer trop precipitament; qu'aujourd'huy le desire d'une Paix trop prompte leur feroit perdre l'occasion de la prendre plus avantageuse, & qu'en cela ils ne nuisoient pas seulement à leur propre Estat, mais aux affaires de toute l'Allemagne. Quelques jours aprés, le sieur Chanut se pleignant à la Reine de ce que son Chancelier ne luy paroissoit point trop affectionné à la Paix: Elle luy dit, qu'il se trompoit, & qu'au fond il la souhaitoit autant qu'aucun autre. Cela l'empescha de rien avancer qui pût offencer le Chancelier, puis que la Reine le deffendoit; mais il luy en disoit assés pour la convier d'y prendre garde.

On receut pour lors en Suede des lettres de Munster, portant qu'on alloit traiter serieusement de la satisfaction de la Suede sur la Pomeranie, puisque l'Electeur de Brandebourg avoit declaré ne pouvoir consentir à ce qu'on luy demandoit. Sur quoy la Reine dit, qu'elle n'entendroit plus à aucune forme d'accommodement pour sa satisfaction, que la pierre en estoit jettée, & que l'Electeur de Brandebourg ayant eu autant de temps qu'il luy en faloit pour se resoudre, & ayant esté sollicité de se declarer, elle prenoit son refus pour une resolution finale, sur laquelle elle prenoit aussi la sienne, qu'elle ne changeroit plus; en sorte que dés à present elle se determinoit à garder toute la Pomeranie, sans vouloir plus entendre parler de l'alternative, & mesme elle pria le sieur Chanut de l'écrire aux Plenipotentiaires de France à Munster.

Sur la fin du mois de Janvier 1647, il arriva un envoyé du Ragotski en qualité d'Ambassadeur, mais avec un fort petit train; le sujet de son voyage estoit pour demander le payement, qu'il pretendoit luy estre dû par la Suede en vertu d'un Traité que le Maréchal Torstensholm [sic] avoit fait avec luy pour la Couronne: Et comme le sieur Chanut apprehendoit qu'il ne viust proposer quelque nouveauté qui détournast la Suede du desir de la Paix, il en parla à la Reine, qui l'asseura qu'il n'avoit autre charge que de solliciter le payement d'une méchante dette: & que le Maréchal Torstensholm [sic], qui avoit fait ce Traité, avoit dequoy le bien payer sans argent.

Cependant le procedé du Roy de Pologne donna de grandes défiances en Suede: car il n'avoit point voulu licencier ses troupes, comme il l'avoit promis à la Republique; & l'on apprit aussi que le Roy de Dannemark faisoit passer en Norwégue quelquesunes des siennes.

Les Plenipotentiaires de France à Munster voyant que l'Electeur de Brandebourg ne vouloit point consentir aux propositions que la Suede faisoit pour sa satisfaction, écrivirent au sieur Chanut d'essayer encore si on ne pourroit point porter la Reine, & son Conseil, à se rélâcher de quelque chose, pour obtenir le consentement de cét Electeur; parce que la possession du total de la Pomeranie contre le gré de ce Prince demeurant litigieuse, la France demeuroit engagée à la garantie d'un Traité douteux, & laissoit des semences d'une nouvelle guerre. Le sieur Chanut l'ayant proposé à la Reine, elle luy dit que c'estoit une chose reglée, dont elle luy avoit declaré son sentiment, & que bien loin de rabattre de ses demandes, elle n'estoit plus en termes d'abandonner aucune partie de cette Province à l'Electeur de Brandebourg, puis qu'il avoit refusé l'accommodement; & les Principaux du Senat luy avoüerent, qu'on avoit eu peine à se resoudre de laisser ce levain de division dans le party protestant; mais qu'ils ne pensoient pas, que la Suede pût changer d'avis. Et le Comte Gustave-Sohn luy dit, que, si on l'en croyoit, la Suede bien loin de rendre à cét Electeur aucune partie de la Pomeranie, retiendroit sans en rien relâcher toutes les places qu'elle tenoit dans ses Estats.

Pendant ces contestations les Estats du Royaume de Suede s'assemblerent, & la premiere seance se fit le dernier jour de Janvier, où la Reine parlant debout en fit l'ouverture par un discours d'une demie heure, avec une grace, & une asseurance merveilleuse. Le Chancelier, au lieu de haranguer, leur debout, la Reine seule assise, une tres-longue relation de toutes les affaires qui estoient survenuës depuis les derniers Estats; & on reduisit les choses qui estoient à déliberer, à trois articles: Sçavoir, les conditions, & les moyens de la Paix; la levée qui se feroit des gens de guerre pendant la Paix, & la contribution d'argent pour les necessitez du Royaume. On jugeoit que les quatre Ordres de l'Estat aprés avoir deliberé à part sur les points proposez, & conferé ensemble pour former une resolution, y ajoûteroient leurs demandes pour le couronnement de la Reine, & peut-estre pour son mariage.

With modernised spelling:

Janvier 1647.
Le sieur Chanut reçut de France une lettre, par laquelle on lui ordonnait de presser la reine de Suède d'écrire clairement à ses ministres, qu'ils ne s'attachassent point à cette proposition nouvelle, qu'ils avaient faite de leur chef, s'ils n'y trouvaient une facilité telle que la paix n'en put être retardée d'un seul jour, et qu'elle n'entendait pas que pour insister en cette demande, on mit au hasard la conclusion de la paix. Mais il semblait en ce temps assez difficile, car le sieur Chanut apprit de personnes qui avaient part aux affaires que les principaux du Sénat prenaient goût à cette demande en argent, et il était à craindre que la bonne fortune des Suédois ne les portât à fortifier sous main leurs ambassadeurs à tenir ferme longtemps sur cette proposition. Par malheur, la reine alors était alitée depuis deux jours d'une petite fièvre, que l'on ne croyait être qu'une rhume causée par le froid qu'elle avait souffert allant visiter le connêtable, qui était malade d'une fièvre quarte qu'il avait rapportée des frontières d'Allemagne.

Cependant on attendait avec impatience le retour du comte de la Garde, et chacun en faisait un jugement particulier. Car bien que la reine eût une bienveillance extraordinaire pour lui, on la croyait trop prudente pour suivre ses conseils s'ils étaient trop passionés, ni qu'elle souffrit une rupture entre les principales maisons de son État, d'autant que la dissension du dedans aurait indubitablement affaibli ses forces au dehors. Ainsi il n'était pas vraisemblable que cette princesse, ayant l'esprit très modéré et judicieux, portât rien aux extrêmités. Tout ce qu'il y avait à craindre était que les intrigues secrètes ne passassent à une inimitié découverte et que chacun prît parti. Il était de la prudence du sieur Chanut de ne se point engager à une declaration formée, car il y avait apparence qu'enfin ceux qui possédaient la faveur se contenteraient de jouir de leur bonne fortune, sans s'efforcer de détruire entièrement les autres, quelques bravades qu'ils eussent faites de loin.

Enfin la copie de la dernière lettre que les plénipotentiaires de France avaient écrite à Osnabrück à ceux de Suède. Elle fut lue en plein Sénat, et on recommença de nouveau d'agiter la question de la satisfaction, qui y fut déterminément résolue. Et de crainte que la satisfaction en argent pour la Poméranie ulterieure, que l'électeur de Brandebourg demandait, n'arrêtât la conclusion du traité de laix, on résolut de prendre pour limites entre la Suède, et l'électeur de Brandebourg, la rivière d'Oder; pourvu que l'on y comprît, outre les villes de Wollin, Stetin et Gartz, celle de Damm, qui est à une lieue de Stetin dans le marais de l'autre côté de l'Oder et qui est comme la porte qui ouvre la communication en l'une et en l'autre Poméranie. A quoi, si l'électeur ne voulait pas donner son consentement, la Suède garderait toute la Poméranie, avec la garantie de l'empereur et des États de l'Empire.

Mais sur la plainte que le sieur Chanut fit à la reine qu'elle ajoutait sans cesse quelque chose à ses demandes et que ses ministres étaient demeurés d'accord de laisser Damm à l'électeur de Brandebourg, elle lui répondit qu'ils ne l'avaient pas dû faire et que lorsqu'elle avait demandé Stetin, elle avait toujours entendu que Damm y serait compris comme un faubourg de la ville, et une place sans laquelle l'autre serait inutile, de façon que ce n'était pas une nouveauté, mais une explication nécessaire. Ce qu'il en put tirer fut que la demande d'argent n'était point faite par son ordre, et qu'elle n'y voulait point faire insister jusqu'à rompre.

On remit ensuite sur le tapis la proposition du négoce, et le sieur Chanut eut une grande conférence avec le chancelier sur ce sujet, mais ce fut en termes si généraux qu'il n'y put pas remarquer beaucoup de chaleur. Sa conclusion alla à exhorter et exciter de part et d'autre les marchands à faire l'essai d'aller d'un royaume à l'autre de droite route, afin que le gain des premiers qui l'auraient tenté y conviant les autres, le commerce s'établit insensiblement, a quoi le sieur Chanut fit une réponse assez froide, ne voulant pas que ce fût sur son instance qu'il se portât à quelque chose de plus, et lui dit seulement que si on ne faisait autre diligence, la proposition demeurerait sans effet, et qu'il arriverait que par la jalousie des Hollandais, les marchands qui auraient fait à l'avanture ces premières épreuves, n'y réussissant pas faute d'intelligence ou d'assistance, tous les autres en seraient détournés à l'avenir. Le chancelier lui repartit qu'il en parlerait à la reine pour avoir les avis des principaux marchands, sur lesquels on en traiterait plus au long.

On eut avis que le comte de Harcourt, vice-roi de Catalogne, avait levé le siege de Lérida; et bien que les Espagnols en fissent grand bruit, néanmoins aux pays étrangers, et particulièrement en Suède, cela ne fut pas de grande considération. Le maréchal de Torstensson excusait fort le comte d'Harcourt et confessait que le métier de général d'armée était si difficile qu'il fallait plutôt imputer à bonheur qu'à prudence s'il ne lui arrivait jamais de disgrâce.

Sur la plainte que les plénipotentiaires de France à Münster firent faire à la reine de Suède par le sieur Chanut touchant les nouvelles propositions de ses ministres, le chancelier lui voulut persuader que de la part de la Suède il n'y avait point eu de variation depuis qu'elle avait déclaré ses dernières volontés. Toutefois la reine lui avoua que véritablement le baron Oxenstiern avait depuis peu envoyé une certaine proposition qui eut été bonne à faire dès le commencement s'il s'en fut avisé (non pas à dessein d'obtenir la demande qu'elle contenait, mais pour réduire les Imperiaux à faire plus facilement accorder la Poméranie), mais que cette proposition n'était plus de saison, que pas un de ses ministres n'avait trouvé à propos de s'y arrêter, et que par ce même ordinaire on écrirait à Osnabrück d'en demeurer aux termes sur lesquels on avait travaillé dès le commencement.

On imputa à une faute très grossière au sieur Salvius de s'être rendu trop facile à Münster, et qu'il n'avait pas tenu à lui que la Suède n'eût pas douze cent mille richedales au lieu de Stetin, ce qui le fit depuis marcher un peu plus réservé qu'à l'ordinaire. Toutefois la reine ne diminua point pour cela la bonne opinion qu'elle avait de lui et n'augmenta pas celle qu'elle avait pour son collègue.

Mais dans une conférence que le sieur Chanut eut avec le chancelier, étant tombés sur le discours de la paix, il lui fit douter plus que jamais de son intention, car il lui dit qu'elle était résolue et ajouta ces mots: «Prudenter necne non disputo»; et ensuite, parlant de la satisfaction de la Suède, il dit qu'elle était trop modérée et qu'on la lui accorderait facilement: «Quandoquidem huc usque se induci passa est Sua Majestas» — ce sont les termes dont il se servit.

Et, pour conclusion, il dit que les États des Provinces-Unies ruineraient leurs propres desseins, les voulant exécuter trop precipitament; qu'aujourd'hui le désire d'une paix trop prompte leur ferait perdre l'occasion de la prendre plus avantageuse, et qu'en cela ils ne nuisaient pas seulement à leur propre État, mais aux affaires de toute l'Allemagne. Quelques jours après, le sieur Chanut, se plaignant à la reine de ce que son chancelier ne lui paraissait point trop affectionné à la paix, elle lui dit, qu'il se trompait et qu'au fond il la souhaitait autant qu'aucun autre. Cela l'empêcha de rien avancer qui put offencer le chancelier, puisque la reine le défendait, mais il lui en disait assez pour la convier d'y prendre garde.

On reçut pour lors en Suède des lettres de Münster, portant qu'on allait traiter sérieusement de la satisfaction de la Suède sur la Poméranie, puisque l'électeur de Brandebourg avait déclaré ne pouvoir consentir à ce qu'on lui demandait. Sur quoi la reine dit qu'elle n'entendrait plus à aucune forme d'accommodement pour sa satisfaction, que la pierre en était jettée, et que l'électeur de Brandebourg, ayant eu autant de temps qu'il lui en fallait pour se résoudre, et ayant été sollicité de se déclarer, elle prenait son refus pour une résolution finale, sur laquelle elle prenait aussi la sienne, qu'elle ne changerait plus; en sorte que dès à présent elle se determinait à garder toute la Poméranie, sans vouloir plus entendre parler de l'alternative, et même elle pria le sieur Chanut de l'écrire aux plénipotentiaires de France à Münster.

Sur la fin du mois de janvier 1647, il arriva un envoyé du Rákóczi en qualité d'ambassadeur, mais avec un fort petit train; le sujet de son voyage était pour demander le paiement qu'il prétendait lui être dû par la Suède en vertu d'un traité que le maréchal [Torstensson] avait fait avec lui pour la Couronne. Et comme le sieur Chanut appréhendait qu'il ne vit proposer quelque nouveauté qui détournât la Suède du désir de la paix, il en parla à la reine, qui l'assura qu'il n'avait autre charge que de solliciter le paiement d'une méchante dette et que le maréchal [Torstensson], qui avait fait ce traité, avait dequoi le bien payer sans argent.

Cependant, le procédé du roi de Pologne donna de grandes défiances en Suède, car il n'avait point voulu licencier ses troupes, comme il l'avait promis à la République; et l'on apprit aussi que le roi de Danemark faisait passer en Norvègue quelques-unes des siennes.

Les plénipotentiaires de France à Münster, voyant que l'électeur de Brandebourg ne voulait point consentir aux propositions que la Suède faisait pour sa satisfaction, écrivirent au sieur Chanut d'essayer encore si on ne pourrait point porter la reine et son Conseil à se relâcher de quelque chose pour obtenir le consentement de cet électeur, parce que la possession du total de la Poméranie contre le gré de ce prince demeurant litigieuse, la France demeurait engagée à la garantie d'un traité douteux et laissait des semences d'une nouvelle guerre.

Le sieur Chanut l'ayant proposé à la reine, elle lui dit que c'était une chose reglée, dont elle lui avait déclaré son sentiment, et que, bien loin de rabattre de ses demandes, elle n'était plus en termes d'abandonner aucune partie de cette province à l'électeur de Brandebourg, puisqu'il avait refusé l'accommodement; et les principaux du Sénat lui avouèrent qu'on avait eu peine à se résoudre de laisser ce levain de division dans le parti protestant, mais qu'ils ne pensaient pas que la Suède pût changer d'avis. Et le comte Gustafsson lui dit que, si on l'en croyait, la Suède, bien loin de rendre à cet électeur aucune partie de la Pomeranie, retiendrait sans en rien relâcher toutes les places qu'elle tenait dans ses États.

Pendant ces contestations, les États du Royaume de Suède s'assemblèrent, et la première séance se fit le dernier jour de janvier, où la reine, parlant debout, en fit l'ouverture par un discours d'une demie heure, avec une grâce et une assurance merveilleuse. Le chancelier, au lieu de haranguer, leur debout, la reine seule assise, une très longue relation de toutes les affaires qui étaient survenues depuis les derniers États; et on réduisit les choses qui étaient à déliberer à trois articles: savoir, les conditions et les moyens de la paix; la levée qui se ferait des gens de guerre pendant la paix, et la contribution d'argent pour les nécessités du royaume. On jugeait que les quatre Ordres de l'État, après avoir déliberé à part sur les points proposés et conféré ensemble pour former une résolution, y ajouteraient leurs demandes pour le couronnement de la reine, et peut-être pour son mariage.

Swedish translation (by anonymous translator):

Januari 1647.
Herr Chanut fick befallning att förmå Drottningen att skrifva bestämt till sina Ministrar, att de ej skulle fästa sig vid det nya förslaget, i fall freden derigenom en enda dag uppskjöts eller blottställdes. Detta syntes svårt; ty Herr Chanut blef underrättad af personer, hvilka ägde del i ärenderna, att de förnämsta af Rådet hade smak för penningeförslaget; Svenskarnas lycka skulle kanhända förmå deras Ambassadörer att dervid stå fast. Olyckligtvis var Drottningen sängliggande i tvenne dagar af en feber som hon ådragit sig i kölden då hon besökte den gamla Fältherren, sjuklig efter sitt vistande vid Tyska gränsen.

Man väntade emellertid med otålighet Grefve de la Gardies återkomst, och hvar och en bedömde den på sitt sätt. Oaktadt Drottningen hade en utomordentlig välvilja för honom, trodde man henne nog försigtig för att följa hans råd om de voro otjenliga eller tåla en söndring emellan de förnämsta slägterne i sitt rike då de inre tvisterna ofelbart skulle försvaga den yttre styrkan. Det var således sannolikt att denna Prinsessa med fogligt och klokt förstånd afvände all ytterlighet. Allt hvad som var att frukta var, att hemliga ränker förvandlades i uppenbar oenighet och att hvar och en tog sitt parti. Herr Chanuts försigtighet tillät honom icke formlig förklaring, ty det syntes att de, som voro i gunst skulle åtnöja sig med njutningen af deras lycka utan bemödande att störa andras, hvad hotelser de än på afstånd gjorde.

Afskriften af det sista bref de Franska Fullmäktiga skrifvit i Osnabrüg till de Svenska den 14 December, ankom sluteligen till Sverige, upplästes inför hela Rådet och man började på nytt behandla frågan om skadestånd, som nu blef bestämdt afgjord. Af fruktan att ersättningen i penningar för Hinter-Pommern, som Kurförsten af Brandenburg begärde, skulle uppskjuta Freds-Traktaten, bestämdes Oderströmmen till gräns emellan Sverige och Brandenburg allenast man inbegrep utom Städerna Wollin, Stetin, Gartz äfven Dam, belägen en mil från Stetin uti ett träsk på andra sidan Oder och en gemenskapsport för hela Pommern; men om Kurförsten intet ville samtycka dertill skulle Sverige behålla hela Pommern med Kejsarens och Riks-Ståndens bifall.

Då Herr Chanut klagade hos Drottningen, att hon alltid ökade sina påståenden och att dess Ministrar öfverenskommit att lemna Dam åt Brandenburg, svarade hon: att de ej bordt göra det emedan då hon begärt Stetin hade hon icke förstått annat än att Dam skulle medfölja såsom en förstad och ort, utan hvilken den andra vore onyttig; detta var ej en nyhet, men en nödvändig förklaring. Han kunde häraf sluta att penningförslaget icke var enligt hennes befallning och att hon intet ville yrka det så ifrigt att underhandlingen blef afbruten.

Man återtog nu handelsförslagen, hvarföre Herr Chanut hade en lång öfverläggning med Riks-Kansleren, men i så allmänna ordalag, att ej stor håg förmärktes. Hans beslut blef att man skulle föreslå köpmännen fara raka vägen till det ena och andra Riket så att de förstas vinst lockade andra och handeln oförmärkt derigenom stadgades. Härtill svarade Herr Chanut nog kallt, att han ej ville yrka något mer; om man ej använde tillräcklig verksamhet, skulle förslaget blifva fruktlöst samt genom Holländarnas afvund köpmännens första försök misslyckas, af brist på insigt eller bistånd och de andra således afvändas. Riks-Kansleren svarade: att han skulle tala med Drottningen och inhämta de förnämste köpmännens råd innan ämnet med mer vidlyftighet behandlades.

Man blef underrättad att Grefve d'Harcourt, Vice Konung i Catalonien, upphäft belägringen för Lerida och att Spaniorerna derom gjorde mycket buller, hvilket likväl hvarken i andra land eller Sverige uppväckte stor uppmärksamhet. Fältmarskalken Torstenson ursäktade Grefve d'Harcourt och tillstod en Befälhafvares post vara så svår, att man häldre borde tillräkna lyckan än försigheten hans framgång.

I anseende till anförde klagomål af de Franska fullmäktiga i Münster hos Drottningen af Sverige, genom Herr Chanut, angående Hennes Ministrars nya förslag, ville Riks-Kansleren öfvertala honom, att å Sveriges sida intet ombyte skedt sedan det förklarat sin sista vilja. Likväl erkände Drottningen att Baron Oxenstjerna verkligen skickat ett visst förslag, som varit bäst att föredraga i början, (ej för att erhålla det som fodrades, men för att förmå de Kejserliga bevilja Pommerns afträdande); det skedde nu i otid, så att ingen af dess Ministrar ansåg det lämpligt; man skulle genast skrifva till Osnabrüg om att hålla sig vid det mål hvarpå ifrån början blifvit arbetadt.

Det tillräknades Herr Salvius, såsom ett ganska stort fel, att han varit för foglig i Münster, och att det berodt af honom att skaffa Sverige 1200.000 Rd., i stället för Stetin; detta förmådde honom sedan att mera varsamt än vanligt gå till väga; Drottningen förminskade likväl icke sin goda tanke om honom, och förökade ej heller den hon hyste om hans medbroder.

Uti Herr Chanuts sammanträde med Riks-Kansleren föll talet på fred, hvaraf han då mer än förr tviflade på dess tänkesätt; ty han sade att den var afgjord och tillade dessa ord »Prudenter nec ne non disputo«; om Sveriges ersättning yttrade han, att den var mycket måttlig och lätt skulle beviljas; »Quandoquidem hucusque se indui passa est sua Majestas«, voro de ord hvaraf han betjente sig. Till slut sade han, att det Förenade Nederland förstörde dess egna planer då deras verkställande påskyndades; att i dag begäret efter hastig fred skulle låta den fördelaktigaste gå förlorad, och att det derigenom skadade ej allenast sig sjelf, men äfven Tysklands angelägenheter. Några dagar derefter klagade Herr Chanut för Drottningen att Riks-Kansleren ej syntes nog benägen för fred. Hon svarade, att han bedrog sig och att Riks-Kansleren i sjelfva verket önskade den lika mycket som alla andra. Detta hindrade honom att yttra något, hvilket kunde förolämpa Riks-Kansleren, emedan han försvarades af Drottningen, men han sade nog för att förmå henne att vara på sin vakt.

Bref ankom ifrån Münster, innehållande att man allvarsamt tänkte på Sveriges ersättning i anseende till Pommern sedan Kurförsten af Brandenburg förklarat, att han icke kunde dertill samtycka. Drottningen svarade, att hon intet skulle lyssna till någon annan förlikning, att terningen vore kastad och att Kurförsten hade haft tid att fatta ett beslut, hvarefter hon tog ett oföränderligt, som var att behålla hela Pommern utan att mer vilja höra talas om något alternatif. Hon bad äfven Herr Chanut härom skrifva till de Franska Plenipotentiairerne i Münster.

I slutet af Januari månad 1647, ankom en Ambassadör från Ragotski, men med litet medfölje. Ändamålet för hans resa var att begära den betalning, man var honom skyldig i Sverige genom Traktaten, afslutat med Fältmarskalken Torstenson. Då Herr Chanut fruktade att han skulle föreslå något, som kunde hindra freden, talte han vid Drottningen, hvilken försäkrade att han ej hade annat uppdrag än att få en obetydlig skuld betald, och att bemälte Fältmarskalk kunde uppgöra saken utan penningar.

Konungen af Pohlen ingaf stort misstroende åt Sverige, ty han ville icke afskeda tropparne, hvilket han lofvat Republiken; man hörde äfven att Konungen af Danmark, sände några af sina öfver till Norrige.

Då Franska Fullmäktige i Münster, sågo att Kurförsten af Brandenburg ej ville samtycka till Sveriges förslag om ersättning, skrefvo de till Herr Chanut, att han skulle förmå Drottningen och dess Råd till någon eftergift, för att erhålla Kurförstens samtycke; Då ägandet af hela Pommern, emot denna Förstes vilja, blef tvistigt, skulle Frankrike bli förbundet att försäkra en tvifvelaktig Traktat, och derigenom qvarlemna frön till ett nytt krig. Herr Chanut omnämnde detta för Drottningen, som svarade, att saken var afgjord, och att hon förklarat sina påståenden, kunde hon nu ej öfverlemna Brandenburg någon del af Pommern sedan förlikningen var afslagen; de förnämsta af Rådet erkände svårigheten att lämna Protestantiska partiet detta tvedrägtsämne, men trodde ej att Sverige kunde ändra tänkesätt. Grefve Gustaf Gustafson sade, att, om man trodde honom, Sverige, långt ifrån att återgifva Brandenburg någon del af Pommern, borde behålla allt, som innehades i Kurförstens länder.

Under dessa stridigheter församlades Sveriges ständer, och deras första sammankomst den sista Januari öppnades af Drottningen, som, stående, höll under en halftima ett tal fullt af behag och beundransvärd styrka. Riks-Kansleren, i stället att tala, uppläste äfven stående då Drottningen satt, en lång berättelse om allt, som tilldragit sig sedan sista Riksdag; man inskränkte de saker, hvarom skulle öfverläggas, till trenne Punkter; nemligen vilkoren och medlen till fred; utskylderna till Rikets behof. Man trodde att de fyra stånden, sedan de öfverlagt och beslutat de föreslagne punkterna, skulle anhålla om drottningens kröning och kan hända hennes giftermål.

English translation (my own):

January 1647.
Monsieur Chanut received a letter from France, by which he was ordered to urge the Queen of Sweden to write clearly to her ministers that they not attach themselves to this new proposal, which they had made on their own, if they did not find such an ease that peace could not be delayed by a single day, and if they did not intend to insist on this request, the conclusion of peace was put to chance. But at that time it seemed quite difficult, because Monsieur Chanut learned from people who took part in the affairs that the principal members of the Senate were taking a liking to this demand for money, and it was to be feared that the good fortune of the Swedes would lead them to strengthen their ambassadors to hold firm on this proposal for a long time. Unfortunately, the Queen had then been bedridden for two days with a mild fever, which was believed to be only a catarrh caused by the cold she had suffered on her way to visit the Constable, who was ill with a quartan fever which he had brought back from the borders of Germany.

In the meantime, the return of the Count de la Gardie was impatiently awaited, and everyone had their own opinion of it. For although the Queen had an extraordinary benevolence towards him, she was believed to be too prudent to follow his advice if it was too passionate, nor that she suffered a rupture between the principal houses of her State, especially as the dissension of the inside would undoubtedly have weakened her forces outside. So it was not likely that this princess, having a very moderate and judicious mind, would carry anything to the extremities. All there was to fear was that secret intrigues would pass into open enmity and that everyone would take sides. It was the prudence of Monsieur Chanut not to commit to a formed declaration, because it seemed that ultimately those who possessed the favour would be content to enjoy their good fortune, without striving to entirely destroy the others, whatever bravados they would have made from afar.

Finally the copy of the last letter that the plenipotentiaries of France had written in Osnabrück to those of Sweden. It was read in full Senate, and the question of satisfaction was once again raised, which was determinedly resolved. And for fear that the monetary satisfaction for later Pomerania, which the Elector of Brandenburg requested, would stop the conclusion of the peace treaty, it was resolved to take as the limits between Sweden and the Elector of Brandenburg the river Oder, provided that one include, in addition to the towns of Wollin, Stettin and Gartz, that of Damm, which is a league from Stettin in the marsh on the other side of the Oder and which is like the gate which opens the communication in both Pomeranias. To which, if the Elector did not want to give his consent, Sweden would keep all of Pomerania, with the guarantee of the Emperor and the Estates of the Empire.

But on the complaint that Monsieur Chanut made to the Queen that she was constantly adding something to his requests and that her ministers had remained in agreement to leave Damm to the Elector of Brandenburg, she replied to him that they did not have to do that and that when she had asked for Stettin, she had always understood that Damm would be included as a suburb of the city, and a place without which the other would be useless, so that it was not a novelty, but a necessary explanation. What he was able to gather from this was that the request for money was not made by her order, and that she did not want to insist on it to the point of breaking up.

The trade proposal was then brought up again, and Monsieur Chanut had a long conference with the Chancellor on this subject, but it was in such general terms that he could not notice much warmth. His conclusion went to exhort and excite the merchants on both sides to try to go from one kingdom to another on a straight path, so that the gain of the first who would have tempted it would invite the others to do so, the trade was established imperceptibly, to which Monsieur Chanut gave a rather cold response, not wanting it to be at his insistence that he would do something more, and only told him that if no further diligence was taken, the proposal would remain without effect, and it would happen that through the jealousy of the Dutch, the merchants who had carried out these first tests in advance, not succeeding for lack of intelligence or assistance, all the others would be diverted in the future. The Chancellor told him that he would speak to the Queen about it to get the opinions of the main merchants, who would discuss it in more detail.

It was reported that the Count of Harcourt, viceroy of Catalonia, had lifted the siege of Lleida; and although the Spaniards made a big noise about it, nevertheless in foreign countries, and particularly in Sweden, it was not of great consideration. Marshal de Torstensson greatly excused Count d'Harcourt and confessed that the job of army general was so difficult that it was rather to be attributed to happiness than to prudence if he never fell into disgrace.

On the complaint that the plenipotentiaries of France in Münster made to the Queen of Sweden through Monsieur Chanut concerning the new proposals of her ministers, the Chancellor wanted to persuade her that on the part of Sweden there had been no variation since she had declared her last wishes. However, the Queen admitted to him that Baron Oxenstierna had recently sent a certain proposal which would have been good to make from the beginning if he had known about it (not with the intention of obtaining the request it contained, but to reduce the Imperials to more easily granting Pomerania), but that this proposal was no longer in season, that not one of her ministers had found it appropriate to dwell on it, and that by this same standard one would write in Osnabrück to stick to the terms on which one had worked from the beginning.

It was attributed to a very gross mistake that Lord Salvius had made himself too easy in Münster, and that it was not his fault that Sweden did not have twelve hundred thousand riksdalers instead of Stetin, which since then made him walk a little more reservedly than usual. However, the Queen did not thereby diminish the good opinion she had of him and did not increase that she had of his colleague.

But in a conference that Monsieur Chanut had with the Chancellor, having come across the discourse of peace, he made him doubt his intention more than ever, because he told him that it was resolute and added these words: "Prudenter necne non disputo"; and then, speaking of Sweden's satisfaction, he said that it was too moderate and that it would be easily granted: "Quandoquidem huc usque se induci passa est Sua Majestas" — these were the terms he used.

And, in conclusion, he said that the States of the United Provinces would ruin their own designs, wanting to execute them too hastily; that today the desire for a peace too soon would make them lose the opportunity to take it more advantageously, and that in this they were not only harming their own state, but the affairs of all Germany. A few days later, Monsieur Chanut, complaining to the Queen that her Chancellor did not seem too fond of peace, she told him that he was wrong and that deep down he wanted it as much as anyone else. This prevented him from saying anything that could offend the Chancellor, since the Queen defended him, but he told her enough to invite her to be careful.

At that time, letters were received in Sweden from Münster stating that Sweden's satisfaction with Pomerania was going to be seriously addressed, as the Elector of Brandenburg had declared that he could not agree to what was being asked of him. Whereupon the Queen said that she would no longer hear of any form of accommodation for her satisfaction, that the die was cast, and that the Elector of Brandenburg, having had as much time as he needed to resolve, and having been asked to declare herself, she took his refusal for a final resolution, on which she also took her own, that she would no longer change, so that from now on she was determined to keep all of Pomerania, without wanting to hear any more about the alternative, and she even asked Monsieur Chanut to write it to the French plenipotentiaries in Münster.

At the end of January 1647, an envoy of Rákóczi arrived as ambassador, but with a very small train; the subject of his journey was to demand the payment which he claimed was due to him from Sweden under a treaty which Marshal Torstensson had made with him for the Crown. And as Monsieur Chanut feared that he would see something proposed that would distract Sweden from the desire for peace, he spoke about it to the queen, who assured him that he had no other charge than to request the payment of a bad debt and that Marshal Torstensson, who had made this treaty, had to pay it off without money.

In the meantime, the action of the King of Poland gave rise to great distrust in Sweden, because he did not want to disband his troops, as he had promised to the Republic; and one also learned that the King of Denmark was sending some of his ships to Norway.

The plenipotentiaries of France in Münster, seeing that the Elector of Brandenburg did not want to consent to the proposals that Sweden was making for his satisfaction, wrote to Monsieur Chanut to try again if they could not induce the Queen and her Council to let go of something to obtain the consent of this Elector, because the possession of the whole of Pomerania against the will of this prince remaining contentious, France remained committed to the guarantee of a doubtful treaty and left seeds of a new war.

Monsieur Chanut having proposed it to the Queen, she told him that it was a settled thing, about which she had declared her feelings to him, and that, far from giving up on his requests, she was no longer in terms of abandoning any part of this province to the Elector of Brandenburg, as he had refused the accommodation; and the principal members of the Senate admitted to her that it had been difficult to resolve to leave this leaven of division in the Protestant party, but that they did not think that Sweden could change its mind. And Count Gustafsson told him that, if he were to be believed, Sweden, far from returning any part of Pomerania to this Elector, would retain it without in any way releasing all the places it held in its states.

During these disputes, the Estates of the Kingdom of Sweden assembled, and the first session took place on the last day of January, where the Queen, speaking standing, opened it with a speech lasting half an hour, with a grace and wonderful assurance. The Chancellor, instead of haranguing them, standing, the Queen alone seated, a very long account of all the affairs which had occurred since the last Estates; and the things which were to be deliberated upon were reduced to three articles: namely, the conditions and means of peace; the levy which would be made of men of war during peace, and the contribution of money for the necessities of the kingdom. It was judged that the four Orders of the State, after deliberating separately on the proposed points and conferring together to form a resolution, would add their requests for the Queen's coronation, and perhaps for her marriage.

Notes: Wollin is the German name for the Polish island of Wolin and a town on it, in the Baltic Sea.

Stettin is the German name for the town of Szczecin in what is now the West Pomeranian Voivodeship in Poland.

Gartz is a town in the Uckermarck district of Brandenburg, Germany.

"Prudenter necne non disputo" = "I do not dispute whether it is prudent or not." («Je ne conteste pas si c'est prudent ou non.») (»Jag ifrågasätter inte om det är klokt eller inte.«)

"Quandoquidem huc usque se induci passa est Sua Majestas" = "Since Her Majesty has suffered herself to be led thus far." («Puisque Sa Majesté s'est laissée conduire jusqu'ici.») (»Sedan Hennes Majestät har låtit sig ledas hittills.«)

György I Rákóczi, the Prince of Transylvania, wanted to marry Kristina to his son Zsigmond.

In Kristina's marginal notes in her/his/their copy of Chanut's memoirs, she/he/they recalled that she/he/they had been sitting while giving the speech at the opening of the Riksdag.

Pierre Bayle on Father António Macedo, year 1702

Source:

Dictionnaire historique et critique, volume 3, page 239, by Pierre Bayle, 1702 (1730 edition)


The entry:

MACEDO (ANTOINE) frere du précédent [François], nâquit à Conimbre l'an 1612, & se fit Jésuite l'an 1626. Il enseigna les Humanitez & la Morale, il prêcha, & puis il passa en Afrique, pour y être Missionaire; & enfin il fut choisi par Jean IV Roi de Portugal, pour accompagner l'Ambassadeur que l'on envoioit en Suede auprès de la Reine Christine. Il plut tellement à cette Princesse, que ce fut à lui qu'elle s'ouvrit sécrétement du dessein où elle étoit de changer de Religion. Elle l'envoia à Rome avec des Lettres au Général des Jésuites, par lesquelles elle demandoit qu'on lui dépêchât deux Religieux de la Compagnie, Italiens de Nation & savans. qui prendroient un autre habit, & avec qui elle pourroit conférer tout à son aise sur les matieres de Religion. On lui accorda sa demande; mais Antoine Macedo ne retourna point en Suede. Il demeura à Rome en qualité de Pénitencier Apostolique de l'Eglise du Vatican depuis l'année 1651, jusqu'à l'année 1671, après quoi il s'en retourna en Portugal, & eut à Lisbonne divers emplois. Il a composé quelques Ouvrages.

With modernised spelling:

Macédo (Antoine), frère du précédent [François], naquit à Coïmbre l'an 1612 et se fit jésuite l'an 1626. Il enseigna les humanités et la morale, il prêcha, et puis il passa en Afrique pour y être missionaire; et enfin il fut choisi par Jean IV, roi de Portugal, pour accompagner l'ambassadeur que l'on envoyait en Suède auprès de la reine Christine. Il plut tellement à cette princesse que ce fut à lui qu'elle s'ouvrit secrètement du dessein où elle était de changer de religion. Elle l'envoya à Rome avec des lettres au général des jésuites, par lesquelles elle demandait qu'on lui dépêchât deux religieux de la Compagnie, Italiens de nation et savants, qui prendraient un autre habit, et avec qui elle pourrait conférer tout à son aise sur les matières de religion. On lui accorda sa demande, mais Antoine Macédo ne retourna point en Suède. Il demeura à Rome en qualité de pénitencier apostolique de l'église du Vatican depuis l'année 1651 jusqu'à l'année 1671, après quoi il s'en retourna en Portugal et eut à Lisbonne divers emplois. Il a composé quelques ouvrages.

Swedish translation (my own):

Macedo (António), bror till den föregående [Francisco], föddes i Coimbra år 1612 och blev jesuit år 1626. Han undervisade i humaniora och moral, han predikade och sedan reste han till Afrika för att bli missionär dit; och slutligen valdes han av Johan IV, konung av Portugal, att följa med den ambassadör som sändes till Sverige till drottning Kristina. Han gladde denna prinsessa så mycket att det var för honom som hon i hemlighet avslöjade sin dessäng att byta religion. Hon skickade honom till Rom med brev till jesuiternas general, i vilka hon bad att två munkar från kompaniet skulle skickas till henne, italienare efter nation och lärda, som skulle ta en annan vana och med vilka hon kunde överlåta allt som hade med religionsfrågor att göra. Hennes begäran beviljades, men António Macedo återvände inte till Sverige. Han stannade kvar i Rom som en apostolisk avlösningspräst för Vatikankyrkan från år 1651 till år 1671, varefter han återvände till Portugal och hade olika anställningar i Lissabon. Han komponerade flera verk.

English translation (my own):

Macedo (António), brother of the preceding [Francisco], was born in Coimbra in the year 1612 and became a Jesuit in the year 1626. He taught the humanities and morality, he preached, and then he went to Africa to be a missionary there; and finally he was chosen by João IV, King of Portugal, to accompany the ambassador who was sent to Sweden to Queen Kristina. He pleased this princess so much that it was to him that she secretly revealed her design to change her religion. She sent him to Rome with letters to the general of the Jesuits, in which she asked that two monks of the Company be sent to her, Italians by nation and scholars, who would take another habit, and with whom she could confer everything having to do with matters of religion. Her request was granted, but António Macedo did not return to Sweden. He remained in Rome as an apostolic penitentiary of the Vatican Church from the year 1651 until the year 1671, after which he returned to Portugal and had various employs in Lisbon. He composed several works.


Above: Father António Macedo.


Above: Kristina.


Above: Pierre Bayle.

Report in "La Gazette de France" on the deputies of the Estates arriving for the Riksdag and the deputies from Lübeck receiving their dispatches, dated October 5/15 (New Style), 1643

Source:

Recueil des gazettes et nouvelles, tant ordinaires que extraordinaires, et autres relations des choses avenues toute l'année mil six cens quarante-trois (№ 150, Nouvelles ordinaires du 28e novembre 1643), page 1025, published 1644, by Théophraste Renaudot; Gallica, Bibliothèque nationale de France


The report:

De Stokolm, le 15 Octobre 1643.
La pluspart des Députez des Estats de ce Royaume sont ici arrivez pour l'assamblée qui s'y doit tenir en bref. Ceux de Lubek ont esté remis à ce tẽps-là pour avoir leurs depesches touchant le commerce avec la Russie, duquel on leur fait espérer le restablissement.

With modernised spelling:

De Stockholm, le 15 octobre 1643.
La plupart des députés des États de ce royaume sont ici arrivés pour l'assemblée qui s'y doit tenir en bref. Ceux de Lübeck ont été remis à ce temps-là pour avoir leurs dépêches touchant le commerce avec la Russie, duquel on leur fait espérer le rétablissement.

Swedish translation (my own):

Från Stockholm, den 15 oktober 1643.
De flesta av deputeradena för detta rikets Ständer har kommit hit för den församling, som skall hållas där i korthet. De från Lübeck skickades då tillbaka för att få sina utskick rörande handeln med Ryssland, som de får hopp om att återupprätta.

English translation (my own):

From Stockholm, October 15, 1643.
Most of the deputies of the Estates of this kingdom have arrived here for the assembly which is to be held there in brief. Those from Lübeck were sent back at that time to have their dispatches concerning trade with Russia, of which they are given hope of re-establishment.

Report in "La Gazette de France" on deputies from Darmstadt and Lübeck in Stockholm and preparations for the assembly of the Estates, dated September 30/October 10 (New Style), 1643

Source:

Recueil des gazettes et nouvelles, tant ordinaires que extraordinaires, et autres relations des choses avenues toute l'année mil six cens quarante-trois (№ 148, Nouvelles ordinaires du 21e novembre 1643), page 1013, published 1644, by Théophraste Renaudot; Gallica, Bibliothèque nationale de France


The report:

De Stokolm, le 10 Octobre 1643.
Il y a ici des Députez du Lãdgrave de Darmstad & de la ville de Lubek: les premiers pour solliciter la Reine de Suéde de ne rien faire en faveur de la maison de Cassel au préjudice de leur maistre, touchant le partage de la succession du défunt Landgrave Louis de Marpourg: & les autres, pour le restablissement du commerce de Russie, que les marchandises soyent portées par les païs d'Ingermanie & de Livonie, sur la mer Baltique. On travaille aux préparatifs pour l'assamblée des Estats qui se doit ici tenir le treiziéme du courant.

With modernised spelling:

De Stockholm, le 10 octobre 1643.
Il y a ici des députés du landgrave de Darmstadt et de la ville de Lübeck: les premiers pour solliciter la reine de Suède de ne rien faire en faveur de la maison de Cassel au préjudice de leur maître, touchant le partage de la succession du défunt landgrave Louis de Marbourg; et les autres pour le rétablissement du commerce de Russie, que les marchandises soient portées par les pays d'Ingermanie et de Livonie sur la mer Baltique.

On travaille aux préparatifs pour l'assemblée des États qui se doit ici tenir le treizième du courant.

Swedish translation (my own):

Från Stockholm, den 10 oktober 1643.
Det finns här deputerade från landtgraven i Darmstadt och staden Lübeck: den första för att be drottningen av Sverige att inte göra något till förmån för huset Kassel till fördomar för sin herre, rörande delningen av arvet efter landtgraven Ludvig av Marburg; och andra för återupprättande av handeln i Ryssland, att varorna förs av länderna Ingermanland och Livland på Östersjön.

Man arbetar med förberedelser inför Ständernas församlingen som skall hållas här den trettonde denna månad.

English translation (my own):

From Stockholm, October 10, 1643.
There are here deputies from the Landgrave of Darmstadt and the city of Lübeck: the first to ask the Queen of Sweden not to do anything in favour of the House of Kassel to the prejudice of their master, touching the sharing of the succession of the Landgrave Ludwig of Marburg; and others for the re-establishment of the trade of Russia, that the goods be carried by the countries of Ingria and Livonia on the Baltic Sea.

One is working on preparations for the Assembly of the Estates, which is to be held here on the thirteenth of this month.


Above: Kristina.

Special report in "La Gazette de France" on Gustaf Horn af Björneborg's July 9/19 wedding to Sigrid Bielke in Kristina's presence, dated November 2/12 (New Style), 1643

Source:

Recueil des gazettes et nouvelles, tant ordinaires que extraordinaires, et autres relations des choses avenues toute l'année mil six cens quarante-trois (№ 143, Extraordinaire du XII novembre), pages 977 to 982, published 1644 M.DC.XLIII. contenant les nopces du mareschal Horn et le certificat de l'evesque de Poitiers touchant le miracle n'aguéres arrivé à la sainte hostie), by Théophraste Renaudot; Gallica, Bibliothèque nationale de France


The report (pages 978 and 979 are unfortunately missing):

Les Nopces du Mareschal Horn.
Elles se firent vers la fin de Iuillet dernier, & durérent deux jours, selon la coustume du païs. La premiére journée, tous les conviez s'assamblérent à deux heures apres midi dans sa maison à Stokolm, capitale de Suéde: d'où ils le menérent au chasteau avec les trompettes & timbales couvertes de bande-roles de ses livrées, pour y aller querir la Reine de Suéde: qu'ils compagnérent tous avec la mesme pompe jusqu'au logis de la mariée. Sa Majesté Suédoise y fut conduite par le sieur Pierre Bra Comte de Visingsbourg, Viceroy de Suéde. Cette mariée se nomme Sigrid Bielke, heritiére des plus riches de ce Royaume là: Elle fut trouvée dans sa chambre les bras croizez & les yeux en terre, selon la mode qui s'observe en ce païs-là par les filles que l'on va marier: Tous ses cheveux estoyent troussez en vn nœud sur le sommet de la teste: Elle estoit en son des-habillé, & avoit sur ses espaules vn peignoir de crespe blanc en broderie d'or, qui lui fut osté par les Dames de chambre de la Reine, lesquelles la vestirent d'vne robe & d'vne jupe de toile d'argent à fonds noir, semée de fleurs d'argent: Elle est aagée de 22 ans, claire-brune, ses cheveux furent épars, & son sein à demi descouvert. Les Princesses lui mirent les joyaux, & la Reine de Suéde vne couronne de diamans sur la teste. En cet estat le sieur Gabriel [...]

[...] ces six heures de bonne chére commancérent les danses, qui durérent jusques à cinq heures du lendemain matin.

Tout le reste de ce jour là ayant esté donné au repos, duquel les bras & les jambes & principalement les testes de plusieurs avoyẽt besoin, on s'assambla derechef vers le soir dans la maison où s'estoit faite la cérémonie du jour précédent, & on fut au chasteau querir la Reine de Suéde, pour la conduire en ce mesme lieu au son des trompettes & des timbales, cõme auparavant. Sadite Majesté estant arrivée dans la salle, fit encor asseoir à son costé la mariée vestuë de toile d'or à fonds violet, tousjours coiffée à la Françoise, avec la mesme couronne de diamans que le jour précédent, mais le sein plus ouvert. Toutes les places estans prises: le grand Chancelier fit vne harangue à la Reine, pour la remercier de sa bonté: puis adressant son discours au grand Trésorier, lui dit tout haut, comme il avoit fait le premier jour, que le Mareschal Horn avoit receu tant de satisfaction de sa maistresse, que non seulement il lui confirmoit le doüaire qu'il lui avoit promis: mais y ajoutoit encore vne notable somme d'argent: dequoi il estoit prest de lui donner les asseurances sur le glave (ils appellent ainsi vne pique:) c'est vne coustume qui n'est là qu'entre les nobles, laquelle vous jugerez digne d'vne nation si belliqueuse, qu'au lieu de passer vn contract de mariage devant vn Notaire, ils font venir cette pique, & les amis du marié viennent mettre la main dessus, pour certifier qu'il est Gentilhomme d'honneur, & qu'il ne manquera point à sa parole. Aussi tost que le Chancelier eut prononcé ces mots, on vid entrer dans la salle vn cavalier parent du marié, portant à la main vne pique couverte, jusques au fer, de gros bouillons de taffetas: lequel ayant passé au travers de l'assamblée, se vint présenter devant la mariée, & demeura ainsi tout le temps que dura la response du grand Trésorier: lequel ayant aussi fait sa harangue à la Reine, dist qu'il acceptoit les offres & la bõne volõté du marié: & demanda que la confirmation s'en fist sans aucun retardement. Alors le cavalier ayant couché la pique de travers aux pieds de la mariée, le marié marcha dessus avec le pied droit, & la mariée avec le pied gauche: puis, le marié se baissa pour la relever, & la rendit au cavalier, qui la tint ainsi de travers devant la mariée à la hauteur de sa poitrine, cependant qu'vn Secretaire du Conseil lisoit les noms & qualitez de douze parens, six de chaque costé, qui devoyent mettre la main sur la pique: lesquels sortirent de leurs places, & s'y en allérent en leurs rangs, selon qu'ils furent appellez. Quand la pique fut ainsi couverte des mains, ceux qui l'avoyent empoignée s'en retournérent chacun en leur place.

Lors le cavalier avec vne grave démarche alla vers la prochaine fenestre & lança la pique dans la court au milieu de cinq cens valets qui l'attendoyent, & firent vn grand cõbat à coups de poing, toutes autres armes estans défenduës en ce rencontre: chacun essayant à se rendre le maistre du fer de cette pique: lequel le marié est obligé de racheter de soixante escus. Quand le tumulte fut appaisé, la cérémonie des présens lui succédãt, tous les amis firent chacun son présent à la mariée, venans les vns apres les autres. Devant chaque présent marchoit vn jeune Gentil-homme, qui le faisoit porter apres soi par vn autre. Ils s'avançoyent ainsi tous deux vers la mariée, & le premier lui faisoit vne briéve harangue: en suite de laquelle le second Gentil-homme passant le présent devant ses yeux, le posoit sur vne table qui estoit derriére elle: la Reine de Suéde tesmoignant beaucoup de joye d'entendre tant de harangues diverses sur vn mesme sujet. Le premier qui vint fut le sien, porté par vn Gentilhomme de sa Cour, & présenté par vn autre de sa Chambre: C'estoit vn grãd bassin de vermeil doré, dans lequel nageoit fort artificiellement vn cygne d'argent: Celui du marié, qui fut le second, estoyent de riches pierreries, Tous les autres furent de ces grandes coupes de divers ouvrages. La cérémonie des presens finie, on apporta vne collation à peu pres pareille à celle du premier jour: apres laquelle le souper fut servi, & se passa comme le jour précédent: les santez n'y furent pas moins célébrées: & on s'y ennuya si peu, que s'estans mis à table à huit heures du soir, on n'en sortit que sur les deux heures apres minuit. Apres soupé les danses commancérent de cette façon; Les Pages de la Reine de Suéde apportérent des flambeaux de cire blanche, allumez & parsemez de flames dorées, le Mareschal de la Cour & le frere de la mariée en prirent chacun vn, & se mirent à danser: le marié & la mariée suivoyent sans aucun flambeau, & estoyent suivis de deux autres, qui dansoyent aussi avec chacun vn flambeau. Apres ceux-ci les deux Princesses Palatines dansérent sans flambeau: apres elles deux autres Seigneurs tenans chacun vn flambeau à la main comme les précédens. Toutes les Damoiselles suivoyent dansans deux à deux sans flambeau: tous dansans à leur mode au son des trompettes & timbales vne danse martiale. Car cette natiõ guerriere ne peut mesme se plaire a aucun divertissement qui ne tienne de la guerre, son plus agréable exercice, qui dura fort long temps: Puis relaschant vn peu de cette humeur sévére, cette danse fut suivie d'vne autre aux violons sans flambeaux, où dãsoyent tous les Cavaliers dix ou douze à la fois, tenans chacun vne Dame: & cette forme de danse fut pratiquée tant le jour précédent que cetui-ci, mais non la suivante. Les jeunes hommes à marier firent en suite leur danse au son des trompettes & timbales, deux devant le marié avec chacun vn flambeau: apres, le Prince Adolphe & le marié sans flambeau: apres eux, deux jeunes hommes avec deux flambeaux: & puis tous les autres jeunes Cavaliers deux à deux sans flambeau. Cette danse finie, ils enlevérent le marié, & lui firent boire en l'air trois verres de vin: puis, l'ayans laissé tomber sur ses pieds, il fut receu en la troupe des mariez: qui le firent derechef danser aux flambeaux au son des mesmes trompettes & timbales: dans laquelle danse il estoit conduit par le Prince François Henri de Saxe Lauembourg. Cette danse finie, la mariée commança la sienne avec les Damoiselles à marier, avec des flambeaux en la forme susdite: puis sortant de leur compagnie, elle fut receuë en celle des Dames mariées, & dansa de mesme avec elles. Toutes ces danses à la mode de Suéde estãs achevées, Sa Majesté Suédoise voulut qu'on dansast des branles & des courantes à la Françoise, tesmoignant vne grãde inclination à toutes nos modes: & ce fut la fin de l'actiõ. Dont la joye fut redoublée par vn autre mariage qui se fit en mesme temps entre le Colonel Erichk Oxenstern Baron de Lindeu, parent du Chancelier de Suéde, & la Damoiselle Marguerite Bielke sœur cadette de la fẽme du Mareschal Horn: Duquel la générosité nous promet que bien tost apres cette feste & le relache qu'il va prendre de ses travaux passez, il recommancera sa danse armée, contre les ennemis, s'ils ne se mettent à la raison, & reprendra le gantelet en main pour leur donner de nopces.

With modernised spelling:

Les noces du maréchal Horn.
Elles se firent vers la fin de juillet dernier et durèrent deux jours, selon la coutume du pays. La première journée, tous les conviés s'assemblèrent à deux heures après-midi dans sa maison à Stockholm, capitale de Suède, d'où ils le menèrent au château avec les trompettes et timbales couvertes de banderoles de ses livrées pour y aller quérir la reine de Suède qu'ils compagnèrent tous avec la même pompe jusqu'au logis de la mariée. Sa Majesté Suédoise y fut conduite par le sieur Pierre Brahe, comte de Visingsbourg, viceroi de Suède.

Cette mariée se nomme Sigrid Bielke, héritière des plus riches de ce royaume-là. Elle fut trouvée dans sa chambre les bras croisés et les yeux en terre, selon la mode qui s'observe en ce pays-là par les filles que l'on va marier. Tous ses cheveux étaient troussés en un nœud sur le sommet de la tête. Elle était en son déshabillé et avait sur ses épaules un peignoir de crêpe blanc en broderie d'or, qui lui fut ôté par les dames de chambre de la reine, lesquelles la vêtirent d'une robe et d'une jupe de toile d'argent à fonds noir, semée de fleurs d'argent. Elle est âgée de 22 ans, claire brune, ses cheveux furent épars, et son sein à demi descouvert. Les princesses lui mirent les joyaux, et la reine de Suède une couronne de diamants sur la tête. En cet état le sieur Gabriel [...]

[...] ces six heures de bonne chère commancèrent les danses, qui durèrent jusqu'à cinq heures du lendemain matin.

Tout le reste de ce jour-là ayant été donné au repos, duquel les bras et les jambes et principalement les têtes de plusieurs avaient besoin, on s'assembla derechef vers le soir dans la maison, où s'était faite la cérémonie du jour précédent, et on fut au château quérir la reine de Suède pour la conduire en ce même lieu au son des trompettes et des timbales, comme auparavant. Sadite Majesté étant arrivée dans la salle, fit encore asseoir à son cêté la mariée vêtue de toile d'or à fonds violet, toujours coiffée à la française, avec la même couronne de diamants que le jour précédent, mais le sein plus ouvert.

Toutes les places étants prises, le grand chancelier fit une harangue à la reine, pour la remercier de sa bonté; puis, adressant son discours au grand trésorier, lui dit tout haut, comme il avait fait le premier jour, que le maréchal Horn avait reçu tant de satisfaction de sa maîtresse, que non seulement il lui confirmait le douaire qu'il lui avait promis, mais y ajoutait encore une notable somme d'argent, dequoi il était prêt de lui donner les assurances sur le glave (ils appellent ainsi une pique). C'est une coutume qui n'est là qu'entre les nobles, laquelle vous jugerez digne d'une nation si belliqueuse, qu'au lieu de passer un contrat de mariage devant un notaire, ils font venir cette pique, et les amis du marié viennent mettre la main dessus pour certifier qu'il est gentilhomme d'honneur et qu'il ne manquera point à sa parole.

Aussitôt que le chancelier eut prononcé ces mots, on vit entrer dans la salle un cavalier, parent du marié, portant à la main une pique couverte, jusqu'au fer, de gros bouillons de taffetas, lequel ayant passé au travers de l'assemblée, se vint présenter devant la mariée, et demeura ainsi tout le temps que dura la réponse du grand trésorier, lequel, ayant aussi fait sa harangue à la reine, dit qu'il acceptait les offres et la bonne volonté du marié et demanda que la confirmation s'en fît sans aucun retardement. Alors le cavalier, ayant couché la pique de travers aux pieds de la mariée, le marié marcha dessus avec le pied droit, et la mariée avec le pied gauche; puis, le marié se baissa pour la relever et la rendit au cavalier, qui la tint ainsi de travers devant la mariée à la hauteur de sa poitrine, cependant qu'un secrétaire du Conseil lisait les noms et qualités de douze parents, six de chaque côté, qui devaient mettre la main sur la pique, lesquels sortirent de leurs places et s'y en allèrent en leurs rangs, selon qu'ils furent appellés. Quand la pique fut ainsi couverte des mains, ceux qui l'avaient empoignée s'en retournèrent chacun en leur place.

Lors le cavalier avec une grave démarche alla vers la prochaine fenêtre et lança la pique dans la cour au milieu de cinq cens valets qui l'attendaient et firent un grand combat à coups de poing, toutes autres armes étants défendues en ce rencontre, chacun essayant à se rendre le maître du fer de cette pique, lequel le marié est obligé de racheter de soixante écus. Quand le tumulte fut appaisé, la cérémonie des présents lui succédant, tous les amis firent chacun son présent à la mariée, venants les uns après les autres. Devant chaque présent marchait un jeune gentilhomme qui le faisait porter après soi par un autre. Ils s'avançaient ainsi tous deux vers la mariée, et le premier lui faisait une briève harangue, ensuite de laquelle le second gentilhomme, passant le présent devant ses yeux, le posait sur une table qui était derrière elle, la reine de Suède témoignant beaucoup de joie d'entendre tant de harangues diverses sur un même sujet.

Le premier qui vint fut le sien, porté par un gentilhomme de sa cour, et présenté par un autre de sa chambre. C'était un grand bassin de vermeil doré, dans lequel nageait fort artificiellement un cygne d'argent. Celui du marié, qui fut le second, était de riches pierreries, Tous les autres furent de ces grandes coupes de divers ouvrages.

La cérémonie des présents finie, on apporta une collation à peu pres pareille à celle du premier jour, apres laquelle le souper fut servi et se passa comme le jour précédant. Les santés n'y furent pas moins célébrées, et on s'y ennuya si peu, que s'étants mis à table à huit heures du soir, on n'en sortit que sur les deux heures apres minuit.

Après souper les danses commancérent de cette façon. Les pages de la reine de Suède apportèrent des flambeaux de cire blanche, allumés et parsemés de flames dorées, le maréchal de la cour et le frère de la mariée en prirent chacun un et se mirent à danser. Le marié et la mariée suivaient sans aucun flambeau et étaient suivis de deux autres qui dansaient aussi avec chacun un flambeau.

Après ceux-ci les deux princesses palatines dansèrent sans flambeau; après elles deux autres seigneurs tenants chacun un flambeau à la main comme les précédents. Toutes les demoiselles suivaient dansants deux à deux sans flambeau, tous dansants à leur mode au son des trompettes et timbales une danse martiale. Car cette nation guerrière ne peut même se plaire à aucun divertissement qui ne tienne de la guerre, son plus agréable exercice, qui dura fort longtemps.

Puis, relâchant un peu de cet humeur sévère, cette danse fut suivie d'une autre aux violons sans flambeaux, où dansaient tous les cavaliers dix ou douze à la fois, tenants chacun une dame; et cette forme de danse fut pratiquée tant le jour précédent que cetui-ci, mais non la suivante. Les jeunes hommes à marier firent en suite leur danse au son des trompettes et timbales, deux devant le marié avec chacun un flambeau; après, le prince Adolphe et le marié sans flambeau; après eux, deux jeunes hommes avec deux flambeaux; et puis tous les autres jeunes cavaliers deux à deux sans flambeau. Cette danse finie, ils enlevèrent le marié, et lui firent boire en l'air trois verres de vin. Puis, l'ayants laissé tomber sur ses pieds, il fut reçu en la troupe des mariés qui le firent derechef danser aux flambeaux au son des mêmes trompettes et timbales, dans laquelle danse il était conduit par le prince François-Henri de Saxe-Lauembourg.

Cette danse finie, la mariée commença la sienne avec les demoiselles à marier, avec des flambeaux en la forme susdite; puis, sortant de leur compagnie, elle fut reçue en celle des dames mariées et dansa de même avec elles. Toutes ces danses à la mode de Suède étants achevées, Sa Majesté Suédoise voulut qu'on dansât des branles et des courantes à la française, témoignant une grande inclination à toutes nos modes; et ce fut la fin de l'action. Dont la joie fut redoublée par un autre mariage qui se fit en même temps entre le colonel Eric Oxenstiern, baron de Lindö, parent du chancelier de Suède, et la demoiselle Marguerite Bielke, sœur cadette de la femme du maréchal Horn, duquel la générosité nous promet que bientôt apres cette fête et le relâche qu'il va prendre de ses travaux passés, il recommencera sa danse armée, contre les ennemis, s'ils ne se mettent à la raison, et reprendra le gantelet en main pour leur donner de noces.

Swedish translation (my own):

Marskalk Horns bröllop.
Det ägde rum i slutet av juli förra året och varade i två dagar, enligt landets sed. Den första dagen samlades alla gäster klockan två på eftermiddagen i hans hus i Stockholm, Sveriges huvudstad, varifrån de tog honom till slottet med trumpeter och trummor täckta med fanor av hans liverier för att gå och hämta Sveriges drottning, som de alla med samma pompa åtföljde till brudens hus. Hennes Svenska Majestät leddes dit av herr Per Brahe, greve av Visingsborg, vicekonung i Sverige.

Denna brud heter Sigrid Bielke, arvtagare till de rikaste människorna i det riket. Hon hittades i sitt rum med armarna i kors och ögonen på marken, enligt det mode som observerats i det landet av flickor som ska gifta sig. Allt hennes hår var bundet till en knut på toppen av hennes huvud. Hon var i sin déshabillé och hade på axlarna en vit creperock med guldbroderi, som togs ifrån henne av drottningens blivande damer, som klädde henne i en klänning och en silvertygkjol med svart botten, beströdd med silverblommor. Hon är 22 år gammal, ljusbrun, hennes hår var rufsigt och hennes bröst var halvexponerade. Prinsessorna placerade juveler på henne, och Sveriges drottning en krona av diamanter på hennes huvud. I detta tillstånd, herr Gabriel [...]

[...] dessa sex timmars god mat började dansen, som varade till klockan fem nästa morgon.

Hela resten av den dagen efter att ha fått vila, som armar och ben och särskilt mångas huvuden behövde, samlades de mot kvällen igen i huset, där föregående dags ceremoni hade ägt rum, och vi gick till slottet för att hämta Sveriges drottning för att ta henne till samma plats till ljudet av trumpeter och trummor, som förut. Hennes nämnda Majestät hade kommit in i rummet, återigen satt bruden vid hennes sida klädd i guldtyg med lila bakgrund, fortfarande iklädd fransk frisyr, med samma diamantkrona som föregående dag, men med bröstet mer öppet.

Alla platser som intogs gjorde Rikskanslern ett harang till drottningen för att tacka henne för hennes vänlighet; sedan talade han till den Riksskattmästaren och berättade högt för honom, som han hade gjort den första dagen, att marskalk Horn hade fått så mycket tillfredsställelse av sin härskarinna att han inte bara bekräftade hemgiften som han hade lovat henne, men lade också till en ansenlig summa pengar, om vilka han var redo att ge honom försäkringar om svärdet (som de kalla pik). Det är en sed, som endast finns där bland adelsmännen, som ni kommer att döma värdig en sådan krigisk nation, att de i stället för att skriva äktenskapsförord inför en notarie, skicka efter denna pik, och brudgummens vänner kommer att lägga händerna på den för att intyga att han är en hedersman och att han inte kommer att bryta sitt ord.

Så snart kanslern hade uttalat dessa ord, sågs en kavaljer, en släkting till brudgummen, komma in i rummet, bärande i handen en pik täckt, ända till järnet, med stora taftbuljonger, som gått igenom församlingen, kom för att presentera sig inför bruden och förblev så under hela den Riksskattmästarens svar, som, efter att också ha gjort sitt harang till drottningen, sade att han accepterade erbjudandena och brudgummens goda vilja och bad att bekräftelsen skulle göras utan dröjsmål. Sedan kavaljeren, efter att ha lagt gäddan snett vid brudens fötter, steg brudgummen på den med höger fot och bruden med vänstra foten; sedan böjde sig brudgummen för att höja den och lämnade tillbaka den till kavaljeren, som höll den i sidled framför bruden i höjd med hennes bröst, medan en sekreterare i rådet läste upp namnen och egenskaperna hos tolv släktingar, sex från varje sida, som skulle lägga händerna på pikarna, som lämnade sina platser och gick i sina led, som de kallades. När piken sålunda var täckt med händerna, återvände de som hade fattat den var och en till sina platser.

Sedan gick ryttaren med en allvarlig gång mot nästa fönster och kastade piken in på gården mitt bland femhundra tjänare som väntade på honom och gjorde ett stort slagsmål med knytnävar, alla andra vapen var förbjudna i detta möte, var och en försökte att bli herre över järnet på denna pik, som brudgummen är skyldig att köpa tillbaka med sextio kronor. När tumultet hade lagt sig, efter ceremonin av presenter, gav alla vänner varsin present till bruden och kom efter varandra. Framför varje present gick en ung herre som lät bära den efter sig av en annan. Båda gick sålunda fram mot bruden, och den förste gjorde en kort harang för henne, varefter den andre herren, som gav presenten framför hennes ögon, lade den på ett bord, som låg bakom henne, och Sveriges drottning vittnade mycket om glädje klockan hör så många olika haranger om samma ämne.

Den första som kom var hennes egen, buren av en herre från hennes hov och presenterad av en annan i hennes kammare. Det var en stor bassäng av gyllene vermiljon, i vilken en silversvan simmade mycket konstgjort. Den av brudgummen, som var den andra, var av rika ädelstenar. Alla de andra var av dessa stora skålar med olika verk.

Presentceremonin avslutades, en kollation medfördes, nästan densamma som den första dagen, varefter kvällsmat serverades och passerades som föregående dag. Hälsa hyllades inte mindre där, och det var så lite tristess där, att de, efter att ha satt sig till bords vid klockan åtta på kvällen, inte gick därifrån förrän två timmar efter midnatt.

Efter middagen började dansen på detta sätt. Drottningens sidor kom med vita vaxfacklor, tända och beströdda med gyllene lågor, hovmarskalken och brudens bror tog varsin och började dansa. Brudgummen och bruden följde efter utan fackla och följdes av två andra som också dansade med varsin fackla.

Efter dessa dansade de båda pfalzgrevinnorna utan facklor; efter dem två andra herrar, som höll var sin fackla i handen som de föregående. Alla unga damer följde efter, dansade två och två utan facklor, alla dansade på sitt eget sätt till ljudet av trumpeter och trummor, en kampdans. För denna krigiska nation kan inte ens njuta av någon underhållning som inte involverar krig, dess trevligaste övning, som varade mycket länge.

Sedan, för att lätta något på denna svåra stämning, följdes denna dans av en annan med fiollösa fioler, där alla ryttare dansade tio eller tolv åt gången, var och en med en dam; och denna form av dans utövades både föregående dag och denna, men inte nästa. De unga männen som skulle giftas dansade sedan till ljudet av trumpeter och trummor, två framför brudgummen med varsin fackla; därefter prins Adolf och brudgummen utan fackla; efter dem två unga män med två facklor; och sedan alla andra unga ryttare två och två utan facklor. Denna dans slutade, de tog bort brudgummen och fick honom att dricka tre glas vin i luften. Sedan, efter att ha låtit honom falla på fötterna, togs han emot av brudparets trupp som fick honom att dansa igen i fackelljus till ljudet av samma trumpeter och trummor, i vilken dans han leddes av prins Franz Heinrich av Saxe-Lauenburg.

Denna dans avslutades, bruden började sin med tärnorna, med facklor i den förutnämnda formen; sedan, när hon lämnade deras sällskap, togs hon emot i de gifta damernas och dansade på samma sätt med dem. När alla dessa danser på svenskt sätt avslutades, ville Hennes Majestät att de skulle dansa branles och courantes à la française, och visa en stor böjelse för alla våra mode; och det var slutet på handlingen. Glädjen härav fördubblades genom ytterligare ett äktenskap som ägde rum samtidigt mellan överste Erik Oxenstierna, friherre i Lindö, släkting till Sveriges kansler, och fröken Margareta Bielke, yngre syster till marskalken Horns hustru, vars generositet lovar oss att snart efter detta firande och frigivningen som han kommer att ta från sitt tidigare arbete, kommer han att återuppta sin väpnade dans mot fienderna, om de inte kommer till sina sinnen, och kommer att ta handsket i hand för att ge dem ett bröllop.

English translation (my own):

Marshal Horn's wedding.
It took place towards the end of last July and lasted two days, according to the custom of the country. On the first day, all the guests assembled at two o'clock in the afternoon at his house in Stockholm, the capital of Sweden, from where they took him to the castle with the trumpets and kettledrums covered with banners of his liveries to go and collect the Queen of Sweden, whom they all accompanied with the same pomp to the bride's house. Her Swedish Majesty was led there by Lord Per Brahe, Count of Visingsborg, Viceroy of Sweden.

This bride is named Sigrid Bielke, heiress to the richest people in that kingdom. She was found in her room with her arms crossed and her eyes on the ground, according to the fashion observed in that country by girls who are about to marry. All her hair was tied into a knot on the top of her head. She was in her déshabillé and had on her shoulders a white crepe robe with gold embroidery, which was taken from her by the Queen's ladies-in-waiting, who dressed her in a dress and a silver fabric skirt with a black background, strewn with silver flowers. She is 22 years old, light brown, her hair was disheveled, and her breasts were half exposed. The princesses placed jewels on her, and the Queen of Sweden a crown of diamonds on her head. In this state, Lord Gabriel [...]

[...] these six hours of good food began the dancing, which lasted until five o'clock the next morning.

All the rest of that day having been given to rest, which the arms and legs and especially the heads of many needed, they assembled again towards evening in the house, where the previous day's ceremony had taken place, and we went to the castle to fetch the Queen of Sweden to take her to this same place to the sound of trumpets and kettledrums, as before. Her said Majesty having arrived in the room, again seated at her side the bride dressed in gold cloth with purple background, still wearing a French hairstyle, with the same crown of diamonds as the previous day, but with her breast more open.

All places being taken, the Grand Chancellor made a harangue to the Queen to thank her for her kindness; then, addressing his speech to the Grand Treasurer, he told him out loud, as he had done on the first day, that Marshal Horn had received so much satisfaction from his mistress that not only did he confirm the dowry that he had promised her, but also added a considerable sum of money, of which he was ready to give him assurances on the sword (which they call a pike). It is a custom which is only there among the nobles, which you will judge worthy of such a warlike nation, that instead of signing a marriage contract before a notary, they send for this pike, and the groom's friends come to lay their hands on it to certify that he is a gentleman of honour and that he will not break his word.

As soon as the Chancellor had pronounced these words, a cavalier, a relative of the bridegroom, was seen entering the room, carrying in his hand a pike covered, right to the iron, with large taffeta bouillons, which had passed through the assembly, came to present himself before the bride, and remained thus throughout the response of the Grand Treasurer, who, having also made his harangue to the Queen, said that he accepted the offers and the good will of the groom and asked that the confirmation be made without any delay. Then the cavalier, having laid the pike crooked at the feet of the bride, the bridegroom stepped on it with the right foot, and the bride with the left foot; then, the groom stooped to raise it and returned it to the cavalier, who held it sideways in front of the bride at the height of her chest, while a secretary of the Council read the names and qualities of twelve relatives, six from each side, who were to lay their hands on the pike, who left their places and went in their ranks, as they were called. When the pike was thus covered with their hands, those who had grasped it each returned to their places.

Then the rider with a serious gait went towards the next window and threw the pike into the courtyard in the middle of five hundred servants who were waiting for him and made a big fight with fists, all other weapons being forbidden in this encounter, each trying to become the master of the iron of this pike, which the groom is obliged to buy back with sixty crowns. When the tumult had subsided, the ceremony of presents succeeding it, all the friends each made their present to the bride, coming one after the other. In front of each present walked a young gentleman who had it carried after him by another. They both advanced thus towards the bride, and the first made a brief harangue to her, after which the second gentleman, passing the present before her eyes, placed it on a table which was behind her, the Queen of Sweden testifying greatly of joy at hearing so many diverse harangues on the same subject.

The first to come was her own, carried by a gentleman of her court, and presented by another of her chamber. It was a large basin of golden vermilion, in which a silver swan was swimming very artificially. That of the groom, which was the second, was of rich gems. All the others were of these large bowls of various works.

The ceremony of presents finished, a collation was brought, almost the same as that of the first day, after which supper was served and passed as on the previous day. Healths were no less celebrated there, and there was so little boredom there that, having sat down to table at eight o'clock in the evening, they did not leave until two hours after midnight.

After supper the dancing began in this way. The pages of the Queen of Sweden brought white wax torches, lit and sprinkled with golden flames, the court marshal and the brother of the bride each took one and began to dance. The bridegroom and the bride followed without any torch and were followed by two others who also danced with a torch each.

After these the two Palatine princesses danced without torches; after them two other lords, each holding a torch in their hand like the previous ones. All the young ladies followed, dancing two by two without torches, all dancing in their own way to the sound of trumpets and kettledrums, a martial dance. For this warlike nation cannot even enjoy any entertainment that does not involve war, its most pleasant exercise, which lasted a very long time.

Then, easing a little of this severe mood, this dance was followed by another with torchless violins, where all the horsemen danced ten or twelve at a time, each holding a lady; and this form of dance was practiced both the previous day and this one, but not the next. The young men to be married then did their dance to the sound of trumpets and kettledrums, two in front of the groom, each with a torch; after that, Prince Adolf and the bridegroom without a torch; after them, two young men with two torches; and then all the other young riders two by two without torches. This dance finished, they took away the bridegroom, and made him drink three glasses of wine in the air. Then, having let him fall on his feet, he was received by the troop of bride and groom who made him dance again by torchlight to the sound of the same trumpets and kettledrums, in which dance he was led by Prince Franz Heinrich of Saxe-Lauenburg.

This dance finished, the bride began hers with the bridesmaids, with torches in the aforementioned form; then, leaving their company, she was received into that of the married ladies and danced in the same way with them. All these dances in the Swedish fashion being completed, Her Swedish Majesty wanted them to dance branles and courantes à la française, showing a great inclination to all our fashions; and that was the end of the action. The joy of this was redoubled by another marriage which took place at the same time between Colonel Erik Oxenstierna, Baron of Lindö, relative of the Chancellor of Sweden, and the young lady Margareta Bielke, younger sister of the wife of Marshal Horn, whose generosity we promises that soon after this celebration and the release he will take from his past labours, he will restart his armed dance against the enemies, if they do not come to their senses, and will take the gauntlet in hand to give them a wedding.


Above: Kristina.


Above: Gustaf Horn af Björneborg.

Report in "La Gazette de France" on the affairs of Sweden, dated July 22/August 1 (New Style), 1643

Source:

Recueil des gazettes et nouvelles, tant ordinaires que extraordinaires, et autres relations des choses avenues toute l'année mil six cens quarante-trois (№ 113, Nouvelles ordinaires du 5 septembre 1643), page 765, published 1644, by Théophraste Renaudot; Gallica, Bibliothèque nationale de France


The report:

De Stokolm, le 1 Aoust 1643.
La semaine passée, se sont ici faites les nopces du Mareschal Horn, que la présence de la Reine de Suéde & des Directeurs de cette Couronne a renduës fort célébres. Le Mareschal de camp Wrangel ayant succédé au gouvernement de la Livonie, vacant par le decez du sieur Benedict Oxenstern: le sieur Errich Steinbrok doit bien tost partir d'ici pour se rendre en l'armée Suédoise qui ést en Allemagne, & y commander en la place de ce Mareschal de camp. Vn Ambassadeur du Roy de Dannemarc est n'aguéres ici arrivé avec vne fort belle suite.

With modernised spelling:

De Stockholm, le 1 août 1643.
La semaine passée, se sont ici faites les noces du maréchal Horn, que la présence de la reine de Suède et des directeurs de cette Couronne a rendues fort célèbres. Le maréchal de camp Wrangel ayant succédé au gouvernement de la Livonie, vacant par le décès du sieur Bénédict Oxenstiern, le sieur Eric Stenbock doit bientôt partir d'ici pour se rendre en l'armée suédoise, qui ést en Allemagne, et y commander en la place de ce maréchal de camp. Un ambassadeur du roi de Danemark est naguère ici arrivé avec une fort belle suite.

Swedish translation (my own):

Från Stockholm, le 1 augusti 1643.
Förra veckan ägde marskalk Horns bröllop rum här, vilket närvaron av Sveriges drottning och direktörerna för denna Krona gjorde mycket känt. Fältmarskalk Wrangel efterträdt i Livlands regering, vakant genom herr Bengt Oxenstiernas död, måste herr Erik Stenbock snart gå härifrån för att bege sig till svenska armén, som är i Tyskland, och där befalla i denne fältmarskalks ställe. En ambassadör från konungen av Danmark kom nyligen hit med en mycket fin svit.

English translation (my own):

From Stockholm, August 1, 1643.
Last week, Marshal Horn's wedding took place here, which the presence of the Queen of Sweden and the directors of this Crown made very famous. Field Marshal Wrangel having succeeded to the government of Livonia, vacant by the death of Lord Bengt Oxenstierna, Lord Erik Stenbock must soon leave here to go to the Swedish army, which is in Germany, and command there in the place of this field marshal. An ambassador from the King of Denmark recently arrived here with a very fine suite.


Above: Kristina.


Above: Gustaf Horn af Björneborg.

Notes: Marshal Gustaf Horn af Björneborg was married to Sigrid Bielke on July 9/19 (Old Style), 1643.

The Danish ambassador was Peder Vibe.

Excerpt of a report in "La Gazette de France" on Maria Eleonora having gone to Prussia, dated July 31/August 10 (New Style), 1643

Source:

Recueil des gazettes et nouvelles, tant ordinaires que extraordinaires, et autres relations des choses avenues toute l'année mil six cens quarante-trois (№ 109, Nouvelles ordinaires du 29e aoust 1643), page 739, published 1644, by Théophraste Renaudot; Gallica, Bibliothèque nationale de France


The report excerpt:

De Hambourg, le 10 Aoust 1643.
... La reine-veuve de Suède est allée en Prusse.

With modernised spelling:

De Hambourg, le 10 août 1643.
... La Reine veufve de Suéde est allée en Prusse.

Swedish translation (my own):

Från Hamburg, den 10 augusti 1643.
... Änkedrottningen av Sverige har rest till Preussen.

English translation (my own):

From Hamburg, August 10, 1643.
... The Dowager Queen of Sweden has gone to Prussia.


Above: Maria Eleonora.