Tuesday, December 9, 2025

Biographical article on Kristina in "Biographie universelle classique", year 1829

Source:

Biographie universelle classique, ou Dictionnaire historique portatif, prèmiere partie: A—G, pages 629 to 630, published by "a society of men of letters" (une société de gens de lettres), 1829; original at the New York Public Library



Above: Kristina.

The article:

CHRISTINE, reine de Suède, née en 1626, fille du roi Gustave-Adolphe, et de Marie-Eléonore de Brandebourg, succéda à son père, m. en 1632, à la bataille de Lutzen. Gustave avait voulu que l'unique héritière de ses états fût élevée d'une manière forte et mâle, et qu'on l'instruisit dans toute les sciences qui pouvaient orner son esprit et communiquer une grande énergie à son caractère. L'éducation de Christine, devenue reine, fut continuée d'après le plan tracé par son illustre père. Douée d'une vive imagination, d'une mémoire heureuse et d'une intelligence rare, elle fit un peu de temps des progrès rapides et apprit les langues anciennes, l'hist., la géographie, la politique; mais en même temps elle signalait déjà cette singularité de conduite et de caractère qui eut tant d'influence sur les actes de sa vie. Se plaisant à tous les exercices violens, on avait beaucoup de peine à lui faire observer les usages et les convenances que prescrivait l'étiquette de la cour. Parmi les membres qui composaient le conseil de régence, la jeune Christine sut distinguer le chancelier Oxenstiern (v. ce nom), lui donna toute sa confiance, et se forma, d'après ses avis, à l'art de régner. Convaincus de la maturité de sa raison, les états du royaume, assemblés en 1642 [sic], l'engagèrent à prendre les rênes du gouvernement; mais Christine crut devoir différer encore pendant deux ans, alléguant son âge et son peu d'expérience. Ce délai expiré, elle se mit à la tête des affaires, termina d'abord la guerre avec le Danemarck, commencée en 1644, et, par la traité qu'elle fit conclure en 1645, elle obtint la cession de plusieurs provinces. Elle soutint ensuite dans plus. occasions l'honneur de sa couronne et la dignité de son pays. Son alliance fut recherchée par la France, l'Espagne, l'Angleterre, la Hollande; elle promulgua plus. édits favorables au commerce, et perfectionna les institutions savantes et littéraires créées sous les règnes précédens. Un vœu général se manifestait pour qu'elle fît choix d'un époux, et assurât ainsi la succession au trône; mais elle s'y refusa en disant à ceux qui la pressaient à ce sujet: «J'aime mieux vous désigner un bon prince et un successeur capable de gouverner avec sagesse et gloire; ne me forcez donc point au mariage; il peut naître de moi un Néron aussi bien qu'un Auguste.» Ce successeur dont parlait Christine était le prince Charles-Gustave, son cousin-germain, dont elle avait déjà refusé la main, mais qu'elle désigna aux états en 1649, comme devant la remplacer un jour sur le trône. Peu de temps après, le système d'administration et de conduite qu'elle avait suivi jusqu'alors changea d'une manière frappante. Négligeant les conseils d'Oxenstiern et des autres ministres, elle écouta ceux de plus. favoris ambitieux. Le trésor de l'état fut prodigué, les titres et les distinctions échurent en partage à des hommes corrompus ou sans talens. Environnée d'embarras et de difficultés, Christine voulut abdiquer le gouvernement; mais sur les représent. d'Oxenstiern et des anciens ministres qui espéraient que les années ramèneraient la reine à des idées plus sages, elle reprit la direction des affaires avec une nouvelle fermeté, et dissipa pour quelq. temps les nuages qui s'étaient élevés autour du trône de Suède. Elle reprit son goût pour l'étude; elle correspondit avec un gr. nomb. de sav. de l'Europe, et en appela plusieurs à sa cour. On peut croire que la societé habituelle de ces étrangers inspira à Christine du dégoût pour son pays, qui présentait encore peu d'attraits sous le rapport des lettres, des arts et de l'élégance des manières. De nouv. embarras s'étant manifestés dans l'administration, une conspiration (v. Messénius) ayant menacé non-seulement les favoris de Christine, mais encore cette reine elle-même, elle forma de nouveau la résolut. d'abdiquer le trône, et resta inébranlable dans ce dessein. Les états furent assemblés par son ordre à Upsal en 1654; elle leur fit part de sa résolution et déposa, en leur présence, les insignes de la royauté, pour les remettre au prince Charles-Gustave, se réservant le revenu de quelq. terres en Suède et en Allemagne, l'indépendance entière de sa personne, et une autorité absolue sur tous les individus qui composeraient sa suite ou sa maison. Elle n'avait point encore atteint sa 33e année [sic]. Ayant quitté la Suède peu de jours après, elle traversa le Danemarck, une partie de l'Allemagne septentrion., et se rendit à Bruxelles, où elle fit une entrée solennelle et où elle s'arrêta quelq. temps. Pendant son séjour dans cette ville, elle abjura, dit-on, le luthéranisme dans une entrevue secrète avec l'archiduc d'Autriche, Léopold, les comtes de Fuen-Saldagna, Montecuculli et Pimentel. Elle fit ensuite une abjuration plus solennelle dans la cathéd. d'Inspruck. De cette dernière ville elle alla à Rome, puis vint en France en 1656, s'arrêta quelq. jours à Fontainebleau, se rendit à Compiègne où résidait la cour, et de là à Paris. L'horreur générale qu'inspira le meurtre de Monaldeschi, gr.-écuyer de Christine, assassiné par ses ordres à Fontainebleau, dans un second voyage qu'elle fit à cette résidence royale en 1657, décida cette reine à quitter la France pour se rendre à Rome, où Alexandre VII lui assigna une pension de 12,000 écus romains. Charles-Gustave étant m. en 1660, Christine entreprit un voyage en Suède, avec l'espoir de rentrer en possession d'une couronne qu'elle regrettait. Mais les états, loin d'être disposés à la lui rendre, lui tirent signer un acte formel de renonciation. Elle revint à Rome pour la troisième fois, puis retourna en Suède en 1666 [sic], n'osa point aller jusqu'à Stockholm, fit un séjour à Hambourg, aspira à la couronne de Pologne, vit sa demande rejetée par les Polonais, reprit ensuite le chemin de l'Italie, et se fixa enfin à Rome, où elle m. en 1689. «Les inégalités de la conduite, de l'humeur et des goûts de Christine», dit d'Alembert, «le peu de décence qu'elle mit dans ses actions, le peu d'avantage qu'elle tira de ses connaissances et de son esprit pour faire le bonheur de ses peuples; sa fierté souvent déplacée, ses discours équivoques sur la religion qu'elle avait quittée, et sur celle qu'elle avait embrassé, enfin la vie pour ainsi dire errante qu'elle avait menée chez des étrangers qui ne l'aimaient pas, tout cela justifie plus qu'elle n'a cru la brieveté de l'épitaphe qu'elle voulut faire inscrire sur son tombeau: Vixit Christina annos 63. (Christine a vécu 63 ans).» Le pape Alexandre VIII y fit placer une inscription beaucoup plus longue. Christine a laissé quelques opuscules dans lesquels on retrouve son caractère; ce sont: Ouvr. de loisir, ou Maximes et sentences; Reflexions sur la vie et les actions d'Alexandre; Mem. de ma vie, dedié à Dieu; un Recueil de lettres secrètes, dont l'authenticité n'est pas bien prouvée. Les ouvr. de Christine ont été recueillis, pour la plupart, dans les Mém. concernant cette princesse, par le savant Archenholz (v. ce nom), Amsterdam, 1751-59 [sic], 4 vol. in-4. C'est de cet ouvr. que Lacombe a tiré sa vie de Christine, et d'Alembert ses Réflexions et anecdotes sur cette même reine. Colomiez a publié les Lettres de la reine de Suède, in-12, sans date.

English translation (my own):

KRISTINA, Queen of Sweden, born in 1626, daughter of King Gustav Adolf and Maria Eleonora of Brandenburg, succeeded her father, who died in 1632 at the Battle of Lützen. Gustav had wished that the sole heir to his kingdom be raised in a strong and masculine manner, and that she be instructed in all the sciences that could enrich her mind and instill great energy in her character.

Kristina's education, after becoming Queen, was continued according to the plan laid out by her illustrious father. Gifted with a vivid imagination, a remarkable memory, and exceptional intelligence, she made rapid progress for a time, learning ancient languages, history, geography and politics; but at the same time, she already displayed that singularity of conduct and character that would so profoundly influence the course of her life. Enjoying all forms of physical exertion, it was very difficult to make her observe the customs and conventions prescribed by court etiquette.

Among the members of the regency council, the young Kristina knew to distinguish Chancellor Oxenstierna (see this name), placed her complete trust in him, and, following his advice, learned the art of ruling. Convinced of the maturity of her reason, the Estates of the Realm, assembled in 1642 [sic], urged her to take the reins of government; but Kristina felt she should postpone for another two years, citing her age and lack of experience.

This delay having expired, she took charge of affairs, first ending the war with Denmark, which had begun in 1644; and, through the treaty she negotiated in 1645, she obtained the cession of several provinces. She then pursued further occasions honouring her crown and the dignity of her country.

Her alliance was sought by France, Spain, England and Holland; she promulgated numerous edicts favourable to commerce and perfected the learned and literary institutions created under previous reigns.

A general desire arose for her to choose a husband and thus secure the succession to the throne; but she refused, saying to those who pressed her on this subject: "I prefer to designate a good prince and a successor capable of governing with wisdom and glory; therefore, do not force me into marriage; a Nero just as well as an Augustus could be born from me."

This successor of whom Kristina spoke was Prince Karl Gustav, her first cousin, whose hand she had already refused, but whom she designated to the Estates in 1649 as one who would one day replace her on the throne.

Shortly afterward, the system of administration and conduct she had followed until then changed strikingly. Ignoring the advice of Oxenstierna and the other ministers, she listened to that of more ambitious favourites. The state treasury was squandered, and titles and honours were bestowed upon corrupt or talentless men. Beset by burdens and difficulties, Kristina wanted to abdicate the government; but, at the representations of Oxenstierna and the former ministers, who hoped that time would bring the Queen to wiser thinking, she resumed the direction of affairs with renewed firmness and, for a time, dispelled the clouds that had gathered around the Swedish throne.

She rediscovered her love of learning; she corresponded with a great many scholars from across Europe and summoned several to her court. It is reasonable to believe that the frequent company of these foreigners instilled in Kristina a disgust for her country, which still held little appeal in terms of literature, the arts and elegant manners.

New difficulties having arisen in the administration, and a conspiracy (see Messenius) having threatened not only Kristina's favourites, but also the Queen herself, she again resolved to abdicate the throne and remained steadfast in this intention. The Estates were assembled by her order at Uppsala in 1654; she informed them of her decision and, in their presence, laid down the royal insignia, handing them over to Prince Karl Gustav, reserving for herself the revenue from certain lands in Sweden and Germany, complete personal independence, and absolute authority over all the individuals who would comprise her suite or her household. She had not yet reached her 33rd year [sic].

Having left Sweden a few days later, she crossed Denmark and part of northern Germany and went to Brussels, where she made a solemn entry and stayed for some time. During her stay in that city, she reportedly abjured Lutheranism in a secret meeting with Archduke Leopold of Austria and the Counts Fuensaldaña, Montecuccoli and Pimentel. She then made a more solemn abjuration in the cathedral in Innsbruck.

From Innsbruck she went to Rome, then came to France in 1656, stopped for a few days at Fontainebleau, went to Compiègne, where the court resided, and from there to Paris.

The general horror inspired by the murder of Monaldeschi, Kristina's grand equerry, assassinated on her orders at Fontainebleau during her second visit to this royal residence in 1657, prompted the Queen to leave France for Rome, where Alexander VII granted her a pension of 12,000 Roman écus.

When Karl Gustav died in 1660, Kristina embarked on a journey to Sweden, hoping to regain the crown she longed for. But the Estates of Sweden, far from being willing to return it to her, forced her to sign a formal act of renunciation.

She returned to Rome for the third time, then went back to Sweden in 1666 [sic], did not dare go as far as Stockholm, stayed in Hamburg, aspired to the Polish crown, saw her claim rejected by the Poles, then returned to Italy, and finally settled in Rome, where she died in 1689.

"Kristina's inconsistencies in conduct, humour and tastes", said d'Alembert, "the lack of decency she displayed in her actions, the little advantage she derived from her knowledge and intellect to bring happiness to her people; her often misplaced pride, her equivocal pronouncements on the religion she had abandoned and on the one she had embraced; and finally, the almost wandering life she led among foreigners who did not love her — all this justifies, more than she believed, the brevity of the epitaph she wished to have inscribed on her tomb: Vixit Christina annos 63 (Kristina lived 63 years)."

Pope Alexander VIII had a much longer inscription placed there.

Kristina left behind a few short works, in which her character is evident; these are: Ouvrage de loisir, or Maximes et sentences; Réflexions sur la vie et les actions d'Alexandre; Mémoires de ma vie, dédié à Dieu; a Recueil de lettres secrètes, the authenticity of which is not well-proven.

Most of Kristina's works were collected in the Mémoires concerning this princess, by the scholar Arckenholtz (see this name), Amsterdam, 1751-59 [sic], 4 vols. in-4. It is from this work that Lacombe derived his Vie de Christine, and d'Alembert his Réflexions et anecdotes on this same Queen. Colomiès published the Lettres de la reine de Suède, in-12, undated.

Note: Kristina died at age 62, not 63. It seems that even as late as at the 17th century, at least when writing in Latin, that some people used the ancient Roman age reckoning system that one was already one year old at birth, similar to traditional Chinese age reckoning both in the past and still today.

No comments:

Post a Comment