Wednesday, November 12, 2025

Excerpt from Pierre Hector Chanut's letter to Hugues de Lionne, dated July 11/21 (New Style), 1646

Source:

Un original de l'Hôtel de Rambouillet: La vie aventureuse de Cérisantes, poète latin, article written by Georges Mongrédien for Revue d'Histoire littéraire de la France, 36e Année: 1929, pages 502 to 503, published by the Society of the Literary History of France, 1929; original at the University of Virginia


"Notre ambassadeur, Chanut, a bien senti que la reine de Suède ne fit à Cérisantes la promesse de l'ambassade de Venise que du bout des lèvres, et pour se débarrasser monentanément de ce diplomate encombrant et exigeant. Il ne sympathise d'ailleurs guère avec le comte Magnus de la Garde et, très justement, Chanut, écrivant, le 21 juillet 1646, à de Lionne, lui suggère discrètement l'idée de conserver Cérisantes en France, où la faveur fidèle de Mazarin ne saurait manquer de l'employer avec honneur..."

"Our ambassador, Chanut, has well sensed that the Queen of Sweden only gave Cérisantes the promise of the embassy in Venice through gritted teeth, and to rid herself for a while of this cumbersome and demanding diplomat. He does not sympathise much with Count Magnus de la Gardie and, quite justly, Chanut, writing on July 21, 1646, to de Lionne, discreetly suggests to him the idea of keeping Cérisantes in France, where the faithful favour of Mazarin could not fail to employ him with honour..."

The letter excerpt:

Enfin, M. le Comte de la Garde est party et ce n'a pas esté sans larmes, qui n'ont pas néantmoins esté veuës publiquement. M. de Cerisantes est de la partie du voyage aux conditions que je vous escrivis l'ordinaire dernier. La Reine pourtant a fait scrupule de l'engager précisément à aucun employ certain à son retour et a conçu sa promesse en termes faciles à résoudre; le bon visage qu'elle luy a fait a réparé en une visite plusieurs mescontentemens qu'il avoit au fond de l'âme; s'il trouve jour à s'attacher en France, je crois que ses amis luy doivent conseiller et qu'à peine s'accomodera-t il aux humeurs de cette cour; il part dans deux jours; si dans l'entretien vous le trouvez moins informé de l'intérieur de la Reine au sujet du comte, je pense, Monsieur, qu'il est important qu'il ne connoisse point que Son Eminence ayt de meilleurs advis, puisqu'il n'a pas perdu le dessein de retourner, et que je ne me peux assurer de ce qu'il rapporteroit à la Reine; je vois clairement quelque antipathie entre le comte et luy; s'ils perdent l'opinion d'estre nécessaires l'un à l'autre, ce sera une merveille s'ils passent longtemps sans degoust; j'estime qu'il ne vous celera point qu'il a usé de moy comme d'un amy, ainsi que de ma part je suis obligé de reconnoistre son mérite et l'obligation que j'avois de le servir puisque vous me l'aviez ordonné; il a désiré que je luy donnasse une lettre pour Son Eminence que je ne luy ay pû refuser en termes qui fussent à sa satisfaction.

With modernised spelling:

Enfin, M. le comte de la Garde est parti, et ce n'a pas été sans larmes, qui n'ont pas néanmoins été vues publiquement. M. de Cérisantes est de la partie du voyage, aux conditions que je vous écrivis l'ordinaire dernier. La reine pourtant a fait scrupule de l'engager précisément à aucun emploi certain à son retour et a conçu sa promesse en termes faciles à résoudre; le bon visage qu'elle lui a fait a réparé en une visite plusieurs mécontentements qu'il avait au fond de l'âme.

S'il trouve jour à s'attacher en France, je crois que ses amis lui doivent conseiller, et qu'à peine s'accommodera-t-il aux humeurs de cette cour; il part dans deux jours. Si dans l'entretien vous le trouvez moins informé de l'intérieur de la reine au sujet du comte, je pense, Monsieur, qu'il est important qu'il ne connaisse point que Son Éminence ait de meilleurs avis, puisqu'il n'a pas perdu le dessein de retourner, et que je ne me peux assurer de ce qu'il rapporterait à la reine; je vois clairement quelque antipathie entre le comte et lui.

S'ils perdent l'opinion d'être nécessaires l'un à l'autre, ce sera une merveille s'ils passent longtemps sans dégoût; j'estime qu'il ne vous céléra point qu'il a usé de moi comme d'un ami, ainsi que de ma part je suis obligé de reconnaître son mérite et l'obligation que j'avais de le servir puisque vous me l'aviez ordonné. Il a désiré que je lui donnasse une lettre pour Son Éminence, que je ne lui ai pu refuser en termes qui fussent à sa satisfaction.

Swedish translation (my own):

Äntligen har herr greve de la Gardie givit sig av, och det skedde inte utan tårar, vilka dock inte syntes offentligt. Monsieur de Cérisantes är med på resan, på de villkor jag skrev till Er senast med sista posten. Drottningen var dock noggrann med att binda honom till någon specifik position vid sin återkomst och formulerade sitt löfte i ordalag som var lätta att lösa; det vänliga ansikte hon gav honom reparerade under ett besök flera missnöjen som han hade ända in i djupet av sin själ.

Om han hittar en dag att knyta sig till Frankrike, tror jag att hans vänner måste ge honom råd, och att han knappast kommer att anpassa sig till detta hovs stämningar; han reser om två dagar. Om Ni under intervjun finner honom mindre informerad om drottningens inre förhållande till greven, tror jag, monsieur, att det är viktigt att han inte vet att Hans Eminens har bättre råd, ty han inte har förlorat avsikten att återvända, och jag kan inte vara säker på vad han skulle rapportera till drottningen; jag ser tydligt en viss antipati mellan greven och honom.

Om de förlorar uppfattningen att de är nödvändiga för varandra, vore det ett under om de tillbringar en lång tid utan avsky; jag tror att han inte kommer att dölja för Er att han har använt mig som vän, ty jag från min sida är tvungen att inse hans förtjänst och den skyldighet jag hade att tjäna honom eftersom Ni hade beordrat mig att göra det. Han begärde att jag skulle ge honom ett brev till Hans Eminens, vilket jag inte kunde vägra honom i ordalag som var till hans belåtenhet.

English translation (my own):

Finally, Lord Count de la Gardie has left, and it was not without tears, which were nevertheless not seen publicly. Monsieur de Cérisantes is part of the journey, on the conditions I wrote to you by the last ordinary. The Queen, however, was scrupulous about committing him to any specific position on her return and framed her promise in terms that were easy to resolve; the kind face she gave him repaired in one visit several discontentments that he had down to the bottom of his soul.

If he finds a day to attach himself to France, I believe that his friends must advise him, and that he will hardly accommodate himself to the humours of this court; he leaves in two days. If in the interview you find him less informed about the Queen's interior concerning the Count, I think, Monsieur, that it is important that he does not know that His Eminence has better advice, since he has not lost the intention of returning, and I cannot be sure of what he would report to the Queen; I clearly see some antipathy between the Count and him.

If they lose the opinion of being necessary to each other, it will be a wonder if they spend a long time without disgust; I believe that he will not conceal from you that he has used me as a friend, as on my part I am obliged to recognise his merit and the obligation that I had to serve him since you had ordered me to do so. He desired that I give him a letter for His Eminence, which I could not refuse him in terms that were to his satisfaction.


Above: Kristina.


Above: Magnus Gabriel de la Gardie.


Above: Cardinal Jules Mazarin.


Above: Hugues de Lionne.

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