Thursday, January 21, 2021

A detailed outline of Kristina's character, achievements and deeds from childhood to adulthood

Sources:

Mémoires concernant Christine, reine de Suède, volume 4, page 287, compiled and edited by Johan Arckenholtz, 1759


The Sibyl of the North: The Tale of Christina, Queen of Sweden, page 38, by Faith Compton Mackenzie, 1931


Från stoicism till mystik: Studier i drottning Kristinas maximer, pages 49 (§ 74), 71, 72, 83, 84, 116 and 117, by Sven Stolpe, 1959

Queen Christina, page 56; page 82 (footnote), by Georgina Masson, 1968 (1974 edition)

Christina, Queen of Sweden: The Restless Life of a European Eccentric, page 136, by Veronica Buckley, 2004

The outline:

Esquisse de l'Histoire de la Reine CHRISTINE AUGUSTE.
Il faudra partager cette Histoire en trois âges, ou en trois différens tems, savoir, depuis la naissance de la Reine jusqu'à sa majorité; depuis sa majorité jusqu'à son abdication, & depuis son abdication jusqu'à présent.

De ses augustes Ancêtres.

Du tems de sa naissance.

De la mort du grand GUSTAVE, & comment? En quel état il laissa la Monarchie de Suède à la Reine sa Fille.

De ses Fréres ou Sœurs.

De son Avénement à la Couronne.

De l'acclamation universelle de tout le Royaume.

Des hommages qu'on lui rendit.

De son éducation.

De ceux à qui l'on commit le soin de la Régence & de sa tutéle.

De ses Gouverneurs & Précepteurs.

Des soins que prit de la Reine le Grand-Chancelier Oxenstierna, & de ce qu'il a dit en plusieurs occasions à son sujet.

Du plaisir que ce grand-homme prenoit de passer plusieurs chaque jour avec elle.

De la grande espérance que conçurent ses Sujets du leur futur bonheur, & du glorieux régne de cette grande Princesse.

Sa capacité supérieure à son âge & son profond secret, obligérent la Régence à lui faire part de toutes les affaires importantes. Elle entra dans le Conseil dès l'âge de seize ans. Les Cérémonies qu'on y observa. La Harangue que lui fit le Grand-Chancelier en cette occasion, & la Réponse de la Reine, qui remplit d'admiration tous ceux qui eurent le bonheur d'en être témoins.

De la vivacité surprenante de son esprit.

De son jugement extraordinaire.

Elle n'admiroit qu'avec peine, & méprisoit ce qui étoit méprisable.

Elle donnoit le juste prix à tout.

Elle avoit une antipathie naturelle pour les Nains & pour les Bouffons.

Son assidité à l'étude.

Son insatiable desir d'apprendre & de s'instruire de son devoir.

De l'amour qu'elle avoit pour les Belles-Lettres.

Des progrès qu'elle faisoit dans les Sciences, dans les Langues étrangéres, & dans toutes les Connoissances.

De la facilité avec laquelle elle concevoit les choses les plus difficiles.

Du soin que l'on prit à bien cultiver ses nobles inclinations.

Du mépris qu'elle faisoit des poupées & autres amusemens proportionnés à son âge & à son sexe.

De son discernement en tout.

De son goût fin & délicat.

De la maniére dont elle partageoit la journée.

De ses Exercises.

De sa grande agilité & disposition à tous les Exercices: elle manioit une épée & un cheval aussi adroitement & vigoureusement qu'aucun autre, & tiroit avec une merveilleuse justesse.

Son respect pour la Reine sa Mére.

Elle avoit beaucoup d'amitié & de confiance pour son Précepteur & ses Gouverneurs, & une estime extraordinaire pour le Grand-Chancelier, qu'elle écoutoit avec un plaisir extrême.

Elle n'aimoit pas les corrections, & n'en souffroit que de son Précepteur, de son Gouverneur & du Grand-Chancelier; se moquant de tout ce qui lui disoient les Femmes, & même sa Tante. Elle vouloit qu'on lui rendit raison de tout, & ne s'opiniâtroit jamais quand on lui faisoit par les raison qu'elle avoit tort.

De ses divertissemens.

Elle méprisoit toutes ses Femmes, & s'en moquoit: elle aimoit les belles Filles & haïssoit les vieilles, mais elle n'avoit aucune confiance ni aux unes ni aux autres.

Elle avoit honte de converser avec les enfans de son âge.

Elle vouloit tout savoir, & avoit un desir insatiable d'apprendre & de se rendre habile.

Elle n'aimoit de l'Écriture Sainte que le Livre de la Sapience & les Ouvrages de SALOMON, qui lui plaisoient infiniment.

Ce fut par ces Livres qu'elle prit la résolution de s'abstenir du Vin.

De sa sobriété dans le boire & le manger.

De l'aversion insurmontable qu'elle avoit pour le Vin & la Biére.

Du châtiment qu'elle reçut de la Reine sa Mére pour avoir bu de l'eau de rosée.

De sa grande libéralité, dont elle donna des marques dans sa plus tendre jeunesse.

Elle résolut de se rendre digne de sa naissance & de sa fortune par son application & par ses travaux.

Des grands sentimens que la lecture de la Cyropédie, de Quinte Curce & de l'Histoire Romaine lui inspiroit.

CYRUS, ALEXANDRE, SCIPION & CESAR étoient ses Héros, & elle les estimoient plus que son Père.

Ce que dit si heureusement sur cela le Grand-Chancelier Oxenstierna.

Sa profonde dissimulation, qui trompoit les plus habiles dans sa grande jeunesse, hâta sa majorité.

De sa propreté & de son bon goût dans ses habits, mêlés d'un grand mépris pour ces bagatelles.

Elle haïssoit les miroirs, disant qu'ils ne lui montroient rien d'agréable.

Du peu de tems qu'elle mettoit à manger, à s'habiller & à dormir.

Réflexions qu'elle faisoit toutes les fois qu'elle étoit assise sur le Trône.

Sa passion pour le Jeu, & la générosité avec laquelle elle jouoit.

Elle quitta entiérement le jeu aussitôt qu'elle entra dans la Régence, & par quel motif.

Sa passion pour la Chasse, dont elle usa de même que du Jeu.

De l'aversion qu'elle avoit du Mal.

Son amour pour la Religion Catholique, vint de ce qu'on lui avoit dit que l'Eglise Catholique ne permettoit pas aux Laïques de lire la Bible. Elle faisoit aux gens un mérite du Célibat, & elle croyoit la Purgatoire. Elle dit, en se recriant, à son Précepteur: hà! que cette Religion est belle! j'en veux être. On voulut lui donner le fouët pour l'avoir dit; mais sa Tante, qui devoit faire cette exécution, se repentit de l'avoir tenté sans effet; la Reine ayant déjà neuf ans, ne vouloit plus le souffrir.

Elle étoit intrépide, rien ne l'étonnoit.

Son amour pour la Gloire & pour les grandes choses.

Son inclination pour les Armes, pour la Guerre & pour la fatigue.

Son indignation contre son Sexe.

Elle avoit une incapacité positive pour s'appliquer aux occupations & aux ouvrages de son Sexe. Elle faisoit désespérer là-dessus toutes les Femmes, se moquant d'elles & de leurs occupations.

On ne pouvoit rien supposer à la Reine, à qui tout ce qu'on disoit, étoit suspect. Elle ne croyoit jamais rien, qu'après en avoir douté longtems.

De son art merveilleux à connoître le mérite & les défauts de tout le monde.

De sa Religion.

De sa noble fierté.

Elle estimoit & méprisoit ce qui étoit digne de l'être.

Des défauts de sa taille.

De son abord heureux & charmant.

De sa bonne grace dans toutes ses actions.

De cette Majesté qui lui étoit si naturelle.

De sa civilité & de son honnêteté.

Elle se faisoit respecter, admirer, aimer & craindre de tous ceux qui avoient l'honneur de l'approcher.

De ses maladies.

Des accidens qui lui sont arrivés.

Des grands événemens.

De ses victoires ou pertes.

De son tempérament ardent & impétueux, un peu enclin à la mélancolie & à la solitude: ce qui ne paroissoit pourtant pas dans sa conversation.

De sa promtitude.

Ses défauts: la colère, l'impatience, l'orgueil, & son mépris pour les hommes & les choses, qu'elle poussa trop loin. Elle méprisoit trop les bienséances ordinaires établies dans le Monde, & ne s'y vouloit jamais assujettir.

Du penchant satyrique qu'elle avoit à la raillerie, & de le façon terrible dont elle s'en acquittoit.

Des Généraux qui commandoient ses Armées en son nom.

Des Forces de Mer ou de Terre qui se rencontrérent alors.

De l'admiration & l'étonnement que ses vertus héroïques & son grand mérite avoient fait naître par-tout.

Ce qui est de plus merveilleux, est qu'on ne remarqua jamais dans les actions de cette jeune Princesse rien de foible, ni de rampant; au contraire tout ce qu'elle faisoit, étoit digne d'elle, & surpassoit son sexe & son âge.

De l'aversion insurmontable qu'elle fit paroître pour le mariage.

Des soins perpétuels que la Princesse sa Tante, Sœur du feu Roi, prit inutilement pour la disposer à épouser son Fils le Prince CHARLES Palatin, lorsqu'elle étoit sa Gouvernante.

De l'amour infini que ce Prince avoit pour la Reine.

Des assiduités, des soins & des respects infinis du Prince envers la Reine, qui cependant ne purent jamais lui persuader son amour, ni l'obtenir d'elle.

Son amour pour la Vérité & son aversion pour le Mensonge.

La flatterie lui déplaisoit infiniment.

Victoires obtenues de toute part sous ses glorieux auspices.

Tous les Actes importans qui se passèrent durant sa Minorité, ne se firent qu'avec la réserve, de les faire ratifier de la Reine, si elle les approuvoit, étant majeure.

De la magnificence de son Régne.

De sa clémence.

De sa compassion pour les Malheureux.

Du plaisir qu'elle avoit à les secourir.

De sa sévérité.

De la maniére noble & facile avec laquelle elle écrivoit & parloit.

On ne put jamais l'obliger à parler Latin, quoiqu'elle le fût parfaitement.

Elle apprit parfaitement le Latin avant que de savoir lire. Le désespoir de son Précepteur là-dessus. Celui du Roi GUSTAVE le consola, disant qu'il avoit fait de-même.

Elle haïssoit la Pédanterie autant qu'elle aimoit les Belles-Lettres.

Elle aimoit à se cacher aux gens, & haïssoit l'ostentation & la vanité.

Elle étoit impénétrable, & peu de gens peuvent se vanter de l'avoir bien connue, quelque familiére qu'elle parût.

Elle avoit la vue fort foible dans son enfance, laquelle se fortifia par l'âge & par la lecture.

Elle ne portoit jamais de masque ni de coëffe, & n'avoit aucun soin de son teint, ni de son corps à la propreté près, qu'elle aimoit, mais non pas jusqu'au scrupule.

Elle étoit ennemie mortelle de la contrainte, & aimoit la liberté sur toutes choses.

English translation (my own):

Sketch of the History of Queen Kristina Augusta.
It will be necessary to divide this History in three ages, or in three different times; namely, from the birth of the Queen until her majority; since her majority until her abdication, and since her abdication until now.

Of her august ancestors.

Of the time of her birth.

Of the death of the great Gustav, and how? In such a state that he left the Swedish monarchy to the Queen his daughter.

Of her brothers or sisters.

Of her accession to the Crown.

Of the universal acclamation of the whole realm.

Of the homages that were paid to her.

Of her education.

Of those to whom the care of the regency and her tutelage was committed.

Of her governors and tutors.

Of the care which the Grand Chancellor Oxenstierna took of the Queen, and of what he has said on several occasions about her.

Of the pleasure that this great man took to spend several days with her.

Of the great hope that her subjects conceived of their future happiness, and of the glorious reign of this great princess.

Of her capacity superior to her age and her deep secrecy, which obliged the regency to inform her of all important matters. She entered the Council at the age of sixteen. Of the ceremonies that were observed there. Of the speech made to her by the Grand Chancellor on this occasion, and the Queen's response, which filled with admiration all those who had the good fortune to witness it.

Of the surprising vivacity of her mind.

Of her extraordinary judgment.

She admired with difficulty, and scorned what was contemptible.

She gave the right price to everything.

She had a natural antipathy for dwarves and buffoons.

Her assiduity in study.

Her insatiable desire to learn and to instruct herself in her duty.

Of the love she had for les belles lettres.

Of the progress she made in sciences, in foreign languages, and in all knowledge.

Of the ease with which she conceived the most difficult things.

Of the care taken to cultivate her noble inclinations.

Of the contempt she had for dolls and other amusements appropriate for her age and sex.

Of her discernment in everything.

Of her fine and delicate taste.

Of the way she divided up the day.

Of her exercises.

Of her great agility and disposition in all exercises: she wielded a sword and rode a horse as skillfully and vigorously as any man, and shot with marvelous accuracy.

Her respect for the Queen her mother.

She had a great deal of friendship and confidence for her tutor and her governors, and an extraordinary esteem for the Grand Chancellor, whom she listened to with extreme pleasure.

She did not like to be corrected and only allowed it from her tutor, her governor and the Grand Chancellor; laughing at everything women said to her, even her aunt. She wanted to be right in everything and would never be obstinate when she was told for what reasons she was wrong.

Of her entertainments.

She despised all her women and mocked them: she loved beautiful girls and hated old women, but she had no confidence in either one or the other.

She was ashamed to converse with children of her own age.

She wanted to know everything and had an insatiable desire to learn and to make herself skillful.

She did not like the Holy Scripture except for the Book of Wisdom and the Works of Solomon, which pleased her infinitely.

It was through these books that she resolved to abstain from wine.

Of her sobriety in drinking and eating.

Of the insurmountable aversion she had for wine and beer.

Of the punishment she received from the Queen her mother for drinking rosewater.

Of her great liberality, of which she gave marks in her most tender youth.

She resolved to make herself worthy of her birth and her fortune by her application and her labours.

The great sentiments which the reading of the Cyropædia, Quintus Curtius and the Roman history inspired in her.

Cyrus, Alexander, Scipio and Caesar were her heroes, and she esteemed them more than her father.

What Grand Chancellor Oxenstierna said so happily about it.

Her deep dissimulation, which deceived the most clever people in her youth, hastened her coming to her majority.

Of her cleanliness and of her good taste in her clothes, mixed with a great contempt for these trifles.

She hated mirrors, saying that they do not show her anything nice.

Of the short time it took her to eat, get dressed and sleep.

Reflections which she made whenever she sat on the throne.

Her passion for gambling, and the generosity with which she played.

She quit gambling entirely as soon as she entered the regency, and for what reason.

Her passion for hunting, which she used as well as as a game.

Of her aversion to evil.

Her love for the Catholic religion came from being told that the Catholic Church did not allow laity to read the Bible. She made a merit of celibacy, and she believed in Purgatory. She cried out to her tutor: "Ah, how beautiful this religion is; I want to be part of it!" She was threatened with being birch-whipped for having said so; but her aunt, who was to execute this punishment, repented of having attempted it without effect; the Queen, who was then already nine years old, did not want to suffer it any longer.

She was intrepid, nothing fazed her.

Her love of glory and great things.

Her inclination for arms, for war and for fatigue.

Her indignation against her sex.

She had a positive incapacity to apply herself to the occupations and works of her sex. She made all her women despair about it, making fun of them and their occupations.

Nothing could be supposed of the Queen, to whom everything that was said was suspect. She never believed anything until she had doubted it for a long time.

Of her marvelous art in knowing the merits and faults of everyone.

Of her religion.

Of her noble pride.

She esteemed and despised what was worthy of being so.

Defects in her size.

Of her cheerful and charming approach.

Of her good grace in all her actions.

Of that majesty which was so natural in her.

Of her civility and her honesty.

She made herself respected, admired, loved and feared by all those who had the honour of approaching her.

Of her illnesses.

Accidents that happened to her.

Of great events.

Of her victories or losses.

Of her ardent and impetuous temperament, a little inclined to melancholy and solitude, which, however, did not appear in her conversation.

Of her promptitude.

Her faults: anger, impatience, pride, and her contempt for men and things, which she pushed too far. She despised too much the ordinary decorum established in the world, and never wanted to submit to it.

Of the satirical inclination that she had for mockery, and of the terrible way in which she discharged it.

Of the generals who commanded her armies in her name.

Of the forces of sea or land which then meet.

Of the admiration and astonishment that her heroic virtues and her great merit had aroused everywhere.

What is more marvelous is that no one ever noticed anything weak or common in the actions of this young princess; on the contrary, everything she did was worthy of her, and exceeded her sex and her age.

Of the insurmountable aversion which she manifested for marriage.

Of the perpetual care that the princess her aunt, sister of the late King, took unnecessarily to prepare her to marry her son Prince Palatine Karl, when she was her governess.

Of the infinite love that this prince had for the Queen.

Of the attendance, care and infinite respect from the prince to the Queen, who, however, could never persuade her of his love, nor obtain it from her.

Her love for truth and her aversion to lying.

Flattery displeased her infinitely.

Victories obtained everywhere under her glorious auspices.

All the important Acts which took place during her minority were done only with the reservation of having them ratified by the Queen if she approved them, being of age.

Of the magnificence of her reign.

Of her clemency.

Of her compassion for the unfortunate.

Of the pleasure she had in helping them.

Of her severity.

Of the noble and easy manner in which she wrote and spoke.

She could never be made to speak Latin, although she did so perfectly.

She learned Latin perfectly before she could read. Her tutor's despair over it. That of King Gustav consoled him, saying that he had done the same.

She hated pedantry as much as she loved les belles lettres.

She liked to hide herself from people, and hated ostentation and vanity.

She was impenetrable, and few people can boast of having known her well, however familiar she seemed.

She had very poor eyesight in her childhood, which grew stronger with age and reading.

She never wore a mask or a headdress, and took no care of her complexion, nor of her body, excepting cleanliness, which she loved, but not to the point of scruple.

She was the mortal enemy of constraint, and loved freedom over all things.


Above: Kristina.

Kristina's maxims (Ouvrage de loisir), part 1

Source:

Mémoires concernant Christine, volume 2, Johan Arckenholtz, 1751


Writing maxims became popular in the second half of the 17th century, and Kristina wrote many of her/his/their own, which, when they were published many years after her/his/their death, were said to rival those of La Rouchefoucauld. The maxims were written in 12 "centuries" (parts) and were discovered in a manuscript dated 1680.

The maxims:

1. Il faut oublier le passé, souffrir ou jouir du présent & de résigner pour l'avenir.

2. On ne doit rien souffrir dans le cœur, qui lui fasse honte.

3. Le mérite vaut mieux, que les Trônes, & la Fortune.

4. Les Trônes ne méritent pas d'être achetés au prix des crimes.

5. La Fortune usurpe les droits du Mérite.

6. L'Ambition, qui s'établit par des Crimes, se détruit.

7. La Vie ressemble à une belle Musique, qui charme, qui plait, mais qui dure peu.

8. Tout passe comme un éclair; le bien & le mal durent si peu, qu'ils ne méritent presque pas, ni qu'on s'en réjouisse, ni qu'on s'en fâche.

9. Ceux qui profitent de tout sont sages & heureux.

10. Celui qui distribue les Rôles dans le monde, donne tout ce qu'il faut pour s'en acquitter à son gré.

11. Celui qui récompense les acteurs est juste; il ne fait tort à personne; il fait grace à tous; mais les spectateurs applaudissent souvent mal à propos.

12. Les Princes ridicules sont faits pour faire rire & pleurer les Gens.

13. Les Grandeurs sont comme les Parfums; ceux qui les portent, ne les sentent quasi pas.

14. L'on est plus sensible aux maux de ce monde, qu'à ses biens.

15. L'on s'accoûtume & l'on se dégoûte de tout.

16. Les Philosophes étoient de mauvais garants de leurs magnifiques promesses.

17. Cyrus, Aléxandre & César ont mérité l'amitié & l'estime de tous les siècles.

18. On doit jouir sans scrupule de tout ce qui est permis, & s'abstenir sans douleur de tout ce qui ne l'est pas.

19. On ne doit envier ni le mérite, ni la fortune à personne.

20. On ne peut être heureux sans être sage, juste & fort.

21. On peut rendre tous les malheurs glorieux, quelque grands, qu'ils puissent être.

22. On ne sauroit donner du mérite à ceux, qui n'en ont pas.

23. On ne fait pas longtems parade du mérite d'autrui.

24. Le mérite nait avec les hommes; heureux ceux avec lesquels il meurt.

25. C'est une espéce de servitude agréable, que d'être obligé à ceux qu'on estime.

26. Un Maître & une femme, c'est un bien ou un mal, dont peu de monde se peut passer.

27. Si on connoissoit le devoir des Princes, on souhaiteroit moins de l'être.

28. Les plus petits Etats ont de quoi occuper la capacité du plus grand des hommes.

29. Quand on n'est pas fort élevé au-dessus de sa fortune & de son rang, on ne les mérite pas.

30. Prétendre la reconnoissance des bienfaits, c'est presque mériter l'ingratitude.

31. Le Monde n'a pas de quoi satisfaire un grand cœur, quand il se donneroit tout entier à lui.

32. L'art de se venger est peu connu.

33. Il faut savoir & punir & de pardonner.

34. Les mépris vengent noblement les grands cœurs.

35. Se venger en protégeant les Opprimés, c'est une noble & glorieuse vengeance.

36. Quand on est foible on ne peut, & quand on est puissant, on ne doit plus se venger.

37. Le plus grand plaisir, que l'élevation donne, est celui de faire du bien.

38. Ne vivre, que dans les Blasons, est une vie chimérique & pitoïable.

39. Le plaisir de la vengeance n'est pas fait pour les grands Cœurs.

40. Les hommes appellent de l'autre monde, & par testament, des inconnus qui se moquent d'eux.

41. Les opinions véritables, les sentimens justes & magnanimes, les grandes actions font la gloire & la félicité des hommes. Tout le reste n'est que pure vanité.

42. Il faut avoir en soi-même de quoi glorieusement commencer & finir sa carrière.

43. Le mérite consiste à bien penser, à bien parler, & à bien agir.

44. Le véritable amour ne prétend rien que d'aimer.

45. L'amour subsiste toûjours, qu'il soit heureux, ou malheureux.

46. Le Cœur est fait pour aimer, il faut qu'il aime.

47. On est tel que son amour.

48. Quand l'estime a fait naitre l'amour, il est immortel.

49. L'on n'aime pas toûjours ce qu'on estime, mais on estime toûjours ce qu'on aime.

50. Le mérite de la Personne donne le prix à ses actions.

51. C'est sur les simpathies & sur les antipathies, que la Raison a perdu ses droits.

52. Les Sots sont faits pour être méprisés, en quelque état que la Fortune les mette.

53. Les sots sont plus à craindre, que les méchants.

54. Tout ce qui est faux, est ridicule.

55. Il y a des occasions, où les grands hommes pleurent sans se faire tort.

56. César pleura, & ses larmes furent dignes de lui.

57. Ceux, qui accusent César d'avoir donné de feintes larmes au malheur de Pompée connoissent mal les nobles sentiments d'un cœur aussi grand que le sien.

58. L'on n'apprend rien de nouveau aux hommes sur le sujèt de leurs défauts & de leur mérite.

59. La crainte & la foiblesse font mentir.

60. La force & la courage ne mentent jamais.

61. Les hommes ne seroient ni traîtres, ni menteurs, s'ils n'étoient foibles.

62. Ceux, qui font semblant de croire aux menteurs, font aussi criminels qu'eux.

63. On s'efforce en vain de paroître ce qu'on n'est pas.

64. On voit des hommes, si honteux d'eux-mêmes, qu'ils font pitié aux autres.

65. Il faut mériter une grande & belle Réputation malgré l'envie.

66. Il faut se proposer un digne but, sans le perdre jamais de vûë.

67. Le sècret de se rendre ridicule est de se piquer des talents qu'on n'a pas.

68. La seule vérité persuade, & ne trompe jamais.

69. Les arrêts de sa propre consçience sont irrévocables.

70. On peut tromper tous les hommes, mais on ne peut se tromper soi-même.

71. La Consçience est l'unique miroir, qui ne flatte ni ne trompe pas.

72. On a tort d'estimer plus l'approbation de qui que ce soit, que celle de sa consçience.

73. La Modestie est une espèce de sincérité.

74. Les hommes ne manquent pas de connoissance mais de sincérité à leur sujèt.

75. Les hommes sont inconnus aux autres & à eux-mêmes jusqu'aux occasions.

76. Les hommes sont quelquefois aussi différens d'eux-mêmes, que des autres.

77. L'ingratitude ne doit pas empêcher de faire du bien.

78. Il est des bienfaits comme des grains, il faut les jetter avec profusion & au hazard.

79. Il y a une espèce de plaisir à souffrir l'ingratitude qui est réservée aux grandes ames seules capables de le goûter.

80. On aime ceux auxquels on a fait du bien: on hait ceux auxquels on a fait du mal.

81. L'éclat d'un mérite héroique éblouit.

82. Les hommes rendent rarement justice au mérite & flattent toûjours la Fortune.

83. Il faut être plus avare de son tems, que de son argent.

84. L'avarice du tems ne deshonnore pas.

85. La nourriture, le repos & les divertissemens sont également nécessaires.

86. Les jeux de grande application ne sont ni jeux, ni affaires.

87. Il faut aimer les plaisirs, il en faut jouir, mais il faut s'en passer aussi.

88. Les gens qui se divertissent trop, s'ennuïent.

89. Les plaisirs de longue durée ne sont plus plaisirs.

90. Les hommes ne sont pas faits pour les plaisirs, mais les plaisirs sont faits pour les hommes.

91. L'habitude rend insensible presque à tout.

92. La raison ne donne pas tout le secours qu'elle promèt.

93. Le temps & la mort guérissent tous les maux.

94. Ce n'est pas sans raison que la nature a donné des épines aux Roses.

95. Avoir le discernement fin & délicat, c'est avoir le goût bon; savoir donner le juste prix aux choses est un grand talent.

96. Il y a des goûts malades, qui font aimer les vilainies comme les pâles couleurs.

97. L'ame le plus saine a ses maladies comme le corps, elle en a d'incurables.

98. Plus on tourmente le corps, plus il se rend mutin.

99. Ce n'est pas la dévotion, mais la vanité des hommes, qui déclare la guerre au Corps.

100. Le Corps doit être soumis, il faut le traiter en esclave, mais en esclave, qui mérite de la charité.

English translations (my own):

1. We must forget the past, suffer or enjoy the present, and resign ourselves to the future.

2. We must not suffer anything in the heart, which makes it ashamed.

3. Merit is better than thrones and fortune.

4. Thrones do not deserve to be bought at the price of crimes.

5. Fortune usurps the rights of merit.

6. Ambition, which is established by crimes, is destroyed.

7. Life is like beautiful music, which is charming, which pleases, but which does not last long.

8. Everything goes like lightning; good and evil last so little that they hardly deserve neither that we rejoice in them, nor that we get angry.

9. Those who profit from everything are wise and happy.

10. He who distributes roles in the world gives all that is necessary to fulfill them as he pleases.

11. He who rewards the actors is just; it does no harm to anyone; he gives thanks to all; but spectators often applaud inappropriately.

12. Ridiculous princes are made to make people laugh and cry.

13. Greatness is like perfume; those who wear it hardly sense it.

14. We are more sensitive to the evils of this world than to its goods.

15. We get used to and get disgusted with everything.

16. The philosophers were bad guarantors of their magnificent promises.

17. Cyrus, Alexander and Caesar have earned the amity and esteem of all centuries.

18. We must unscrupulously enjoy everything that is allowed, and painlessly abstain from everything that is not allowed.

19. Neither merit nor fortune should be envied.

20. One cannot be happy without being wise, just and strong.

21. We can make all misfortunes glorious, however great they may be.

22. We cannot give merit to those who do not have it.

23. We do not long parade the merit of others.

24. Merit is born with men; happy are those with whom it dies.

25. It is a kind of agreeable servitude to be obliged to those whom we esteem.

26. A master and a woman is a good or an evil, which few people can do without.

27. If we knew the duty of princes, we would less wish to be one.

28. The smallest states have enough to occupy the capacity of the greatest of men.

29. When one is not very high above one's fortune and one's rank, one does not deserve them.

30. To claim recognition of the benefits is almost to deserve ingratitude.

31. The world has nothing to satisfy a great heart, when it would give itself entirely to it.

32. The art of revenge is little known.

33. We must know how to punish and how to forgive.

34. Contempt nobly avenges great hearts.

35. Taking revenge by protecting the oppressed is a noble and glorious revenge.

36. When one is weak one cannot, and when one is powerful, one should not take revenge any more.

37. The greatest pleasure that elevation gives is that of doing good.

38. To live only in the coat of arms is a chimerical and pitiful life.

39. The pleasure of revenge is not for great hearts.

40. Men call from the other world, and by testament, strangers who make fun of them.

41. True opinions, just and magnanimous sentiments, and great actions make the glory and the happiness of men. Everything else is pure vanity.

42. One must have in oneself something to gloriously start and end one's career.

43. Merit consists of thinking well, speaking well, and acting well.

44. True love only pretends to love.

45. Love always remains, whether happy or unhappy.

46. The heart is made to love, it must love.

47. One is like one's love.

48. When esteem has given birth to love, it is immortal.

49. We do not always love what we value, but we always value what we love.

50. The merit of the person gives the price to his actions.

51. It is on sympathies and antipathies that reason has lost its rights.

52. Fools are made to be despised, however fortune may put them.

53. Fools are to be feared more than the wicked.

54. Anything that is false is ridiculous.

55. There are times when great men weep without hurting themselves.

56. Caesar wept, and his tears were worthy of him.

57. Those who accuse Caesar of having given feigned tears to Pompey's misfortune do not know the noble sentiments of a heart as great as his.

58. Men are not taught anything new on the subject of their faults and their merits.

59. Fear and weakness make people lie.

60. Strength and courage never lie.

61. Men would not be traitors or liars if they were not weak.

62. Those who pretend to believe in liars are as criminal as they are.

63. We try in vain to appear to be what we are not.

64. We see men so ashamed of themselves that they pity others.

65. One must earn a great and beautiful reputation despite one's envy.

66. We must set ourselves a worthy goal, without ever losing sight of it.

67. The secret to making a fool of oneself is to take advantage of talents that one does not have.

68. The sole truth persuades, and never deceives.

69. The judgments of one's own conscience are irrevocable.

70. One can deceive all men, but one cannot deceive oneself.

71. Conscience is the only mirror which neither flatters nor deceives.

72. It is wrong to esteem anyone's approval more than that of their conscience.

73. Modesty is a kind of sincerity.

74. Men are not lacking in knowledge, but in sincerity about their subject.

75. Men are unknown to others and to themselves until the occasion.

76. Men are sometimes as different from themselves as from others.

77. Ingratitude should not prevent doing good.

78. There are benefits like grains, they must be thrown in profusion and at random.

79. There is a kind of pleasure in suffering ingratitude which is reserved for great souls alone capable of tasting it.

80. We love those to whom we have done good; we hate those to whom we have done harm.

81. The brilliance of heroic merit dazzles.

82. Men seldom do justice to merit and always flatter fortune.

83. One must be more stingy with one's time than with one's money.

84. The avarice of time does not dishonour.

85. Food, rest and entertainment are equally necessary.

86. Games of great application are neither games nor business.

87. We must love pleasures, we must enjoy them, but we must do without them as well.

88. People who have too much fun are bored.

89. Long-lasting pleasures are no longer pleasures.

90. Men are not made for pleasures, but pleasures are made for men.

91. Habit makes almost everything insensitive.

92. Reason does not give all the help it promises.

93. Time and death cure all ills.

94. It is not without reason that nature gave thorns to roses.

95. To have fine and delicate discernment is to have good taste; knowing how to give things the right price is a great talent.

96. There are ill tastes, which make people love villainies like pale colours.

97. The healthiest soul has its illnesses; like the body, it has incurable ones.

98. The more one torments the body, the more it is mutinous.

99. It is not devotion, but the vanity of men, which declares war on the body.

100. The body must be submissive, it must be treated as a slave, but as a slave who deserves charity.


Above: Kristina.

Account of the year 1633 from an outline for Kristina's regnal biography, with Kristina's comments

Sources:

Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Manuscrits de la reine Christine; XII: Miscellanea politica; Miscellanea politica; 4: Copia dell'aggiunte e corretioni di mano propria della regina sulle memorie ricertate d'Andrea Galdenblad, che si trasmettono, lequale dovevano servire per l'Historia di Sua Maesta (digitisation page 204v-205r)


Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Manuscrits de la reine Christine: Miscellanea politica, : , 1601-1700.

The Foli@ online digital heritage library is here:


Copyright SCDI-UPV - Collections Université de Montpellier (shelfmark H 258).

Mémoires concernant Christine, reine de Suède, volume 3, pages 182 to 184, compiled and edited by Johan Arckenholtz, 1759; original at the National Library of Naples (Biblioteca Nazionale Vittorio Emanuele III)


Kristina's letter to Isaac Vossius is here:


Kristina's autobiographical account of her audience with the Muscovites is here:


"Voici encore une autre ébauche de l'Histoire du Régne de la Reine Christine. Si c'est le Comte d'Alibert, son Secretaire du Département de la Langue Françoise, ou André Galdenblad, du même caractére pour les affaires de Suède, ou bien quelque autre Officier de sa Cour qui a crayonné l'Abrégé historique que nous venons de donner, c'est ce que nous ne saurions déterminer au juste. Mais quant à celui que je vais produire, il n'y a aucun doute que Galdenblad n'en soit l'auteur. Non seulement il le dit lui-même dès le commencement dans une remarque; mais on trouve aussi une Lettre de la Reine, écrite au savant Isaac Vossius (Elle est sans date, & sera produite ci-dessous vers l'année 1678.), où elle lui mande que comme il avoit été lui-même témoin oculaire de la plus haute félicité de la Suède pendant son Régne, elle le prie de vouloir bien en écrire l'Histoire. 'Je ne vous demande', lui dit la Reine, 'que la pure vérité... Je hais les flatteries & le mensonge avec autant de passion que j'aime la vérité, la vertu & la véritable gloire. C'est ce qui m'a obligé de vous faire dresser un Mémoire succint sur ce sujet, qui ne vous sera pas inutile dans votre Ouvrage. Vous pourrez en retrancher & y ajouter ce qu'il vous plaîra, & vous me ferez plaisir de me communiquer vos pensées, & de me dire quand votre Ouvrage sera achevé.' Ce Mémoire, dont le principal objet concerne les affaires intérieures de Suède, étoit destiné à servir de canevas à l'Histoire de Christine que Vossius devoit composer; & c'est par-là même & par les remarques que la Reine y a ajoutées, qu'il mérite d'avoir place dans ce Recueil. Si les Etrangers le trouvent sec & décharné, on se flatte de leur indulgence pour l'amour de mes Compatriotes les Suédois, qui seront bien-aises d'y trouver nombre de faits, tant historiques que chronologiques, plus constatés que dans d'autres Ecrits qui ont paru sur cette époque de l'Histoire de Suède. Les remarques que j'y ai ajoutées, serviront en partie au même but."

"Here is yet another sketch of the history of Queen Kristina's reign. Whether it was Count d'Alibert, her secretary of the department of the French language, or Andreas Galdenblad, of the same character for the affairs of Sweden, or some other officer of her court who drew up the historical summary that we have just given, is something we cannot determine exactly.

But as for the one that I am going to produce, there is no doubt that Galdenblad is the author. Not only does he say so himself from the beginning in a remark, but we also find a letter from the Queen, written to the scholar Isaac Vossius (It is undated, and will be produced below around the year 1678.), in which she informs him that as he himself had been an eyewitness of Sweden's highest felicity during her reign, she asks him to be kind enough to write the history of it.

'I ask of you', the Queen told him, 'only the pure truth... I hate flattery and lies with as much passion as I love truth, virtue and true glory. This is what has obliged me to have you draw up a succinct memorandum on this subject, which will not be useless to you in your work. You can remove and add to it whatever will please you, and you will do me the pleasure of communicating your thoughts to me and of telling me when your work is finished.'

This memorandum, whose principal object concerns the internal affairs of Sweden, was intended to serve as a framework for the history of Kristina that Vossius was to compose; and it is for this very reason and through the remarks that the Queen has added to it that it deserves to have a place in this collection. If foreigners find it dry and emaciated, one flatters oneself with their indulgence for the sake of my compatriots the Swedes, who will be pleased to find in it a number of facts, both historical and chronological, more established than in other writings that have appeared on this period of the history of Sweden. The remarks that I have added to it will serve in part for the same purpose."

This outline for Kristina's biography, with comments added by Kristina herself, was published in 1759 by Johan Arckenholtz in volume 3 of his four-part series focusing on her life. Kristina's comments were made out of a somewhat impulsive need to correct errors and in a show of her excellent memory.

The outline (with Kristina's comments in parentheses and italics):

MEMOIRE DE CE QUI S'EST PASSÉ DURANT LE REGNE
DE LA REINE, AVEC DES NOTES AJOUTEES
PAR ELLE-MEME.

L'AN MDCXXXIII.
Après la mort du Roi Gustave le Grande, les Etats de Suède s'assemblérent à la Diette de Stockholm, depuis le commencement de cette année jusqu'au 14. Mars. Les Sénateurs du Royaume en firent l'ouverture au nom de la Reine, & voici les principales choses qui y furent traitées & conclues.

I. On établit 1. la Succession de la Reine à la Couronne, 2. Tous les Etats lui prêtérent hommage, & le ferment de fidélité. 3. On insinua aux Etats leur devoir, & on publia des peines contre ceux qui y contreviendroient. 4. On confirma l'exclusion du Roi Sigismond, & de ses Héritiers, suivant le Décret d'Orebro de l'an 1617. 5. On y fit des Réglemens touchant la Religion & le Culte de Dieu (On fit la Maison de la Reine, on lui donna deux Gouverneurs, un Précepteur, & plusieurs Maîtres des Langues.) 6. On y statua que les possesseurs des cinq premieres Charges seroient Tuteurs de la Reine & du Royaume. 7. On fit des Edits pour lever la Milice, & 8. pour la continuation de l'Impôt sur les Moulins & sur ses Bestiaux.

II. Diverses Résolutions y furent données; 1. sur la Monnoye; 2. sur quelques points concernant la justice pour la Chambre de Justice érigée à Dorpt; 3. sur les Biens aliénés par donation de la Couronne; 4. sur les Priviléges de l'Université d'Upsal (Cela fut fait dans la majorité); 5. sur les Droits d'héritage aux Parens.

III. On fit réponse aux Envoyés de Poméranie & de l'Electeur de Brandebourg touchant l'Alliance avec la Poméranie, & l'intérêt de l'Electeur dans le Traité de la Suède avec la Pologne, comme aussi sur la Douanne en Prusse.

IV. On répondit aux Envoyés de Moscovie (c'étoient des Ambassadeurs) sur la Proposition d'alliance du Grand-Duc leur Maître.

V. Le Grand-Chancelier fit un projet sur l'Etat de Suède; 1. sur le Collége de la Guerre & ce qui en dépend, comme Fortifications, Garnisons, Factories, & l'Armée par terre; 2. sur l'Armée navale; 3. sur les revenus du Royaume; 4. Des réglemens sur la Monnoye & pour la battre, de l'argent pour cet effet, & de la Compagnie du Cuivre.

VI. Le Grand-Chancelier Oxenstierna de Suède & l'Envoyé Extraordinaire de France, Manassé de Pas Marquis de Feuquieres, conclurent une Alliance entre les deux Couronnes à Heidelberg, dans laquelle ils renouvellérent aussi celle de l'an 1631 qui fut ratifiée par le Roi & par la Régence de France (Il n'y avoit point de Régence en France en ce tems-là).

VII. Par la Négociation de Salvius, le Duc Auguste de Saxe & la Ville de Brême consentirent de contribuer à la subsistance de l'Armée de Suède & au maintien de la Religion Protestante en Allemagne.

VIII. A la Diette que le Grand-Chancelier Oxenstierna avoit intimée cette année à Heilbron, il fut conclu entre lui, les Princes Protestans & les quatre Cercles supérieurs, que tous s'uniroient ensemble plus que jamais pour continuer la guerre en Allemagne, jusqu'à ce que les priviléges des Confédérés & des Villes libres fussent rétablis en leur entier, & la Reine de Suède satisfaite de ses fraix.

IX. Cette année fut fait aussi un Traité entre l'Envoyé Extraordinaire de France & les quatre Cercles supérieurs touchant l'Alliance de la Suède avec la France.

X. Au moins de Septembre fut donnée au Grand-Chancelier & au Conseil formé une ample Instruction sur ce qu'ils devoient observer dans la guerre.

XI. Le 15. Juin on fit transporter le Corps du Roi Gustave de Wolgast en Suède.

XII. Cette année il y eut des Ambassadeurs de Moscovie & de Tartarie à Stockholm.

XIII. Jean de la Gardie, Sten Bielke, Axel Baner, Charles Bonde, Auke Axelson, Eric Rynning, Jean Kurck & Pierre Sparre y furent faits Sénateurs de Suède, &

XIV. Vingt personnes annoblies & naturalisées. (La Reine eut une apostime en son sein cette année, qui lui cause une maladie mortelle à Nycöping.)

English translation (my own):

MEMOIR OF WHAT HAPPENED DURING THE QUEEN'S REIGN, WITH NOTES ADDED BY HERSELF.

1633.
After the death of King Gustav the Great, the Estates of Sweden assembled at the Stockholm Riksdag, from the beginning of this year until March 14. The Senators of the Kingdom opened it in the name of the Queen, and here are the main things that were dealt with and concluded.

I. These were established:

1. the succession of the Queen to the Crown,

2. all the Estates pay homage to her, and the confirmation of fidelity.

3. They insinuated their duty to the Estates, and published sentences against those who contravened it.

4. The exclusion of King Sigismund, and of his heirs was confirmed, according to the decree of Örebro of the year 1617.

5. There were made regulations relating to religion and the worship of God (They formed the Queen's household, she was given two governors, a tutor, and several masters of languages.)

6. It was ruled that the owners of the first five offices would be guardians of the Queen and of the kingdom.

7. Edicts were made to raise the militia, and

8. for the continuation of the tax on the mills and on their livestock.

II. Various resolutions were given there;

1. on the currency;

2. on some points concerning justice for the Chamber of Justice erected in Dorpat;

3. on property alienated by donation from the Crown;

4. on the privileges of the University of Uppsala (This was done during the majority);

5. on inheritance rights to parents.

III. A response was made to the envoys of Pomerania and the Elector of Brandenburg concerning the alliance with Pomerania, and the interest of the Elector in the Sweden's treaty with Poland, as also on customs in Prussia.

IV. The envoys of Muscovy (they were ambassadors) were replied to on their master the Grand Duke's proposal for an alliance.

V. The Grand Chancellor made a project on the Kingdom of Sweden;

1. on the College of War and what depends on it, such as fortifications, garrisons, factories, and the army on the ground;

2. on the naval army;

3. on the revenues of the realm;

4. regulations on currency and for minting it, money for this purpose, and the copper company.

VI. The Grand Chancellor Oxenstierna of Sweden and the Envoy Extraordinaire of France, Manassé de Pas, Marquis de Feuquieres, concluded an alliance between the two Crowns in Heidelberg, in which they also renewed that of the year 1631 which was ratified by the King and by the Regency of France (There was no regency in France at that time).

VII. Through the negotiation of Salvius, Duke Augustus of Saxony and the city of Bremen agreed to contribute to the subsistence of the Swedish army and to the maintenance of the Protestant religion in Germany.

VIII. At the meeting which Grand-Chancellor Oxenstierna had called this year at Heilbronn, it was concluded between himself, the Protestant princes and the four Superior Circles, that all united together more than ever to continue the war in Germany, until that the privileges of the Confederates and the Free Cities were re-established in their entirety, and the Queen of Sweden satisfied with her expenses.

IX. This year a treaty was also made between the Envoy Extraordinaire de France and the four Superior Circles concerning the alliance of Sweden with France.

X. In the month of September the Grand Chancellor and the Council formed ample instruction on what to observe in war.

XI. On June 15th, the body of King Gustav was transported from Wolgast to Sweden.

XII. This year there were ambassadors from Muscovy and Tartary in Stockholm.

XIII. Johan de la Gardie, Sten Bielke, Axel Banér, Karl Bonde, Åke Axelsson, Erik Ryning, Johan Kurck and Per Sparre were made Senators of Sweden, and

XIV. Twenty people ennobled and naturalised. (The Queen had an abcess on her breast in this year, which caused her a fatal illness in Nyköping.)


Above: Kristina.

Note: One of Arckenholtz's comments:

† = "Galdenblad remarque au-dessus des Notes de Christine sur ce Mémoire: «Copia dell'Aggiunte e Correzioni di mano propria della Regina sulle Memorie ricercate d'Andrea Galdenblad, lequali doveranno servire per l'Historia di Sua Maesta»! Nous distinguerons ses remarques par un caractére différent des nôtres." — "Galdenblad remarks above Kristina's notes on this memorandum: 'Copia dell'aggiunte e corretioni di mano propria della Regina sulle memorie ricercate d'Andrea Galdenblad, le quale dovevano servire per l'Historia di Sua Maestà'! We will distinguish his remarks by a character different from ours."

Kristina's letter to the Great Elector Friedrich Wilhelm of Brandenburg, dated July 1/11 (New Style), 1668

Sources:

Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Manuscrits de la reine Christine; VI: Lettere a principi d'altezza e d'eccellenza; Lettere a principi d'altezza; Lettres à l'électeur de Brandenbourg; 197: Christine de Suède à l'électeur de Brandenbourg, Hambourg, 11 juillet 1668 (digitisation page NP-166r)


Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Manuscrits de la reine Christine: Lettere a principi d'altezza e d'eccellenza, : , 1601-1700.

The Foli@ online digital heritage library is here:


Copyright SCDI-UPV - Collections Université de Montpellier (shelfmark H 258).

Mémoires concernant Christine, volume 2, page 128, Johan Arckenholtz, 1751



The letter:

Monsieur
Mon frere, C'est auec toute l'estime, qui est deüe à V. A. que J'ay receù la lettre, que le Sieur Laurent Christophle de Somnitz Vostre Ambassadeur m'a presentè par Vostre Ordre et [Je] Vous remercie des obligeantes expressions, qu'il m'a adioustè de la part de V. A. Vous priant de croire qu'en tous temps, et en toutes occasions Je ne manqueray pas de respondre à l'amitie, dont Vous me donnèz des marques Si particulieres: Je me persuade que le dit Sieur de Somnitz aurà desià fait à V. A. les asseurances de l'amitie et de l'estime, que Je professe à Vostre merite, et que Je suis Sincerement
Monsieur Mon frere
Vostre bonne Soeur
Hamb[ourg] 11 Juillet 68

With modernised spelling:

Monsieur mon Frère,
C'est avec toute l'estime qui est due à Votre Altesse que j'ai reçu la lettre que le sieur Laurent-Christophe de Somnitz, votre ambassadeur, m'a présenté par votre ordre, et [je] vous remercie des obligeantes expressions qu'il m'a ajouté de la part de Votre Altesse, vous priant de croire qu'en tous temps et en toutes occasions je ne manquerai pas de répondre à l'amitié, dont vous me donnez des marques si particulières. Je me persuade que ledit sieur de Somnitz aura déjà fait à Votre Altesse les assurances de l'amitié et de l'estime que je professe à votre mérite et que je suis sincèrement,
Monsieur mon Frère,
votre bonne Sœur.
Hambourg, 11 juillet '68.

Arckenholtz's transcript of the letter:

Monsieur Mon Frère. C'est avec toute l'estime qui est dûë à V. A. que j'ai reçu la lettre que le Sr. Laurent Christophie de Somnitz Votre Ambassadeur m'a présentée par Votre ordre, & Vous remercie des obligeantes expressions, qu'il y a ajoutées de la part de V. A. Vous priant de croire qu'en tous tems, & en toutes occasions je ne manquerai pas de répondre à l'amitié dont Vous me donnez des marques si particulières. Je me persuade que ledit Sr. de Somnitz aura déja donné à V. A. les assurances de l'amitié & de l'estime, dont je fais profession à l'égard de Votre mérite & que je suis sincérement.
Monsieur mon Frère
Votre bonne Sœur
CHRISTINE ALEXANDRA.

English translation (my own):

Sir my Brother,
It is with all the esteem due to Your Highness that I received the letter that Sir Lorenz Christoph von Somnitz presented to me by your order, and I thank you for the kind expressions that therein are added on behalf of Your Highness, begging you to believe that at all times and on all occasions I shall not fail to respond to the friendship of which you give me such special marks. I persuade myself that the aforesaid Sir von Somnitz will have already given Your Highness the assurances of friendship and esteem, which I profess in respect of your merit and that I sincerely am,
Sir my Brother,
Your good Sister
Kristina Alexandra.

Swedish translation of the original (my own):

Min herr Bror,
Det är med all aktning som tillkommer Ers Höghet som jag har mottagit det brev som herr Lorenz Christoph von Somnitz, Er ambassadör, har överlämnat till mig på Er befallning, och jag tackar Er för de förpliktigande uttryck som han har lagt till mig å Ers Höghets vägnar, bedjande Er att tro att jag vid alla tider och vid alla tillfällen inte kommer att underlåta att svara på den vänskap som Ni ger mig sådana speciella kännetecken på. Jag är övertygad om att nämnde herr von Somnitz redan kommer att till Ers Höghet ha givit försäkringarna om den vänskap och aktning som jag bekänner för Era förtjänster och att jag uppriktigt är,
min herr Bror,
Er goda Syster.
Hamburg, den 11 juli '68.

English translation of the original (my own):

My Lord Brother,
It is with all the esteem due to Your Highness that I have received the letter that Lord Lorenz Christoph von Somnitz, your ambassador, has presented to me by your order, and I thank you for the obliging expressions that he has added to me on behalf of Your Highness, begging you to believe that at all times and on all occasions I shall not fail to respond to the friendship of which you give me such special marks. I am persuaded that the said Lord von Somnitz will have already made to Your Highness the assurances of the friendship and esteem which I profess for your merit and that I am sincerely,
my Lord Brother,
your good Sister.
Hamburg, July 11, '68.


Above: Kristina.


Above: Elector Friedrich Wilhelm of Brandenburg.

Note: In accordance with the nobility's ideals in the early modern era, kings, queens and other monarchs considered themselves siblings.

Kristina's letter to Baron Sten Bielke, dated March 23, 1668

Source:

Mémoires concernant Christine, volume 2, page 118, Johan Arckenholtz, 1751


The letter:

Monsieur le Baron Bielke, je fais profession de trop d'amitié, & d'estime pour mon Cousin le Duc de Julliers pour ne m'intéresser pas dans tout ce qui le regarde, & comme j'ai beaucoup de confiance en vous, j'ai voulu vous recommander ses intérêts pour lesquels il a envoïé en Suède son Conseiller d'Etat le Docteur Chimans. Je vous prie de lui donner l'assistance de votre faveur, dans la négociation, & de croire que je vous tiendrai compte de tout ce que vous ferez dans cette rencontre en ma considération: priant Dieu qu'il Vous tienne en sa sainte garde. Hambourg 23. Mars 1668.
CHRISTINA ALEXANDRA.
M. Santini

English translation (my own):

Lord Baron Bielke,
I profess too much friendship and esteem for my cousin the Duke de Julliers not to be interested in everything that concerns him, and as I have great confidence in you, I wished to recommend you his interests, for which he sent his Councilor of State, Doctor Chimans, to Sweden. I ask you to give him the assistance of your favour in the negotiation, and to believe that I will take into account all that you will do in this meeting in my consideration, praying to God that He may have you in His holy protection. Hamburg, March 23, 1668.
Kristina Alexandra.
M. Santini.


Above: Kristina. Courtesy of the National Library of Austria.


Above: Baron Sten Nilsson Bielke.

Note: In accordance with the nobility's ideals in the early modern era, kings and queens considered themselves siblings; when talking to someone of a lower rank than their own, they would refer to that person as "my cousin", regardless of whether or not they were related.

Kristina's letter to the States General of the United Provinces of the Netherlands congratulating them on the signing of the Treaty of Breda, dated September 24/October 4 (New Style), 1667

Sources:

Histoire of Verhael van Saken van Staet en Oorlogh in ende omtrent de Vereenighde Nederlanden, volume 13, page 425, by Lieuwe van Aitzema, 1669


Mémoires concernant Christine, volume 2, page 117, Johan Arckenholtz, 1751


The letter:

Hauts & Puissants Seigneurs, mes bons amis; I'ay reçeu avec toutte l'estime, qui est deue à vos civilitez & a l'amitié, dont vous me donnez des marques si frequentes, la Lettre que le Seig. Godart Adrian Baron de Rede Seigneur d'Amerongen, Ginkel, Elst, vostre Deputé extraordinaire m'a presenté par vostre ordre, & vous remercie des obligantes expressions, qu'il m'a faites de vostre part, vous priant de vous asseurer qu'en tout temps, & en toutes les occasions je seray preste a vous témoigner vivement la sincere reconnoissance, avec laquelle je responds à vostre amitié, & me servant de cette conjuncture, je prens l'occasion de vous congratuler sur l'avantageuse paix, que vous venez de conclurre, dont je vous felicite de tout mon Cœur, & me remets aux expressions que le Seigneur de Rede, d'Ameronge vous en fera de ma part, qui me sera témoin que je m'interesse avec amitié en tout ce qui touche la gloire & la filicité de vostre Estat, priant Dieu qu'il Vous tienne, Hauts & Puissants Seigneurs, mes bons amis, en sa sainte & digne garde. Hamborch le 4 Octobre 1667. Vostre bonne & veritable amie,
CHRISTINA ALEXANDRE.
M. SANTINY.

With modernised spelling:

Hauts et puissants Seigneurs, mes bons amis,
J'ai reçu avec toute l'estime qui est due à vos civilités et à l'amitié dont vous me donnez des marques si fréquentes, la lettre que le seigneur Godard Adriaan, baron de Reede, seigneur d'Amerongen, Ginkel, Elst, votre député extraordinaire, m'a présenté par votre ordre; et [je] vous remercie des obligantes expressions qu'il m'a faites de votre part, vous priant de vous assurer qu'en tout temps et en toutes les occasions, je serai prête à vous témoigner vivement la sincère reconnaissance avec laquelle je réponds à votre amitié; et, me servant de cette conjoncture, je prends l'occasion de vous congratuler sur l'avantageuse paix que vous venez de conclure, dont je vous félicite de tout mon cœur; et me remets aux expressions que le seigneur de Reede [et] d'Amerongen vous en fera de ma part, qui me sera témoin que je m'intéresse avec amitié en tout ce qui touche la gloire et la félicité de votre État, priant Dieu qu'il vous tienne, hauts et puissants Seigneurs, mes bons amis, en sa sainte et digne garde.
Hambourg, le 4 octobre 1667.
Votre bonne et véritable amie
Christine Alexandre.
M. Santini.

Arckenholtz's transcript of the letter:

Hauts & Puissans Seigneurs, mes bons amis: J'ai reçu avec toute l'estime, qui est dûë à vos civilités & à l'amitié, dont Vous me donnez des marques si fréquentes, la lettre que le Sr. Godart Adrian Baron de Rhede, Sr. d'Amerongen, Ginckel, Elst, Votre Député Extraordinaire m'a présentée par votre ordre, & Vous remercie des paroles obligeantes, qu'il m'a dites de Votre part, Vous priant de vous assurer qu'en tout tems, & en toutes les occasions, je serai prête à Vous témoigner vivement la sincère reconnoissance, avec laquelle je répons à Votre amitié, & me servant de cette conjoncture, je prens l'occasion de Vous congratuler sur l'avantageuse paix, que Vous venez de conclure, dont je Vous félicite de tout mon cœur, & me remets aux témoignages, que le Sr. de Rhede d'Amerongen, Vous en donnera de ma part, qui me sera témoin, que je m'intéresse avec amitié en tout ce qui touche la gloire & la félicité de Votre Etat, priant Dieu qu'il Vous tienne, Hauts & Puissans Seigneurs, mes bons amis, en sa sainte & digne garde. Hambourg le quatrième Octobre mille six cent soixante sept.
Votre bonne & véritable Amie
CHRISTINE ALEXANDRA.
M. Santini.

Dutch translation (by Aitzema):

Hoge ende Mogende Heeren, myn goede Vrienden. Ick hebbe met allerley achting, die aen Uwe beleeftheyt ende Vriendtschap, van de welcke gy my soo meenichvuldige teeckenen geeft, vereyst is, ontfangen den brief die de Heer Godart Adriaen, Baron van Reede, Heer van Amerongen, Ginckel, Elst, Uwen extraordinaris Gedeputeerde, my door U ordre heeft aengebooden, ende bedanck U van de obligante expressien, die hy van uwentwegen aen my ghedaen heeft, U biddende te willen verseeckert zijn, dat ick t'allen tyde, ende by alle gelegentheden bereyt sal wesen, om U levendich te betuygen de erkentenisse met de welcke ick U vriendtschap beantwoorde; ende my van dit beloop des tijdts bedienende, neme ick de occatie U over desen voordeligen Vrede, die gy sluyt, te begroeten, waer toe ick U van ganscher herte geluck wensche, en remittere my aen de expressien die de Heer van Reede tot Amerongen U van mynentwegen daer van sal doen, de welcke myn getuyge sal zijn, dat ick met vriendtschap my interessere in alle 't gene de glorie en 't geluck van uwen Staet is betreffende, Biddende Godt dat hy U houde, Hooge ende Mogende Heeren myn goede Vrienden, in sijn Heylige en waerde hoede. Dat. Hamborgh den vierden October sestienhondert seven en sestich. Onderstont, U goede en waerachtige Vriendinne,
CHRISTINA ALEXANDRE.
M. SANTINY

English translation (my own):

High and Mighty Lords, my good friends,
I have received, with all the esteem which is due to your civilities and to the friendship, of which you give me such frequent marks, the letter that Sir Godard Adriaan, Baron of Reede, Lord of Amerongen, Ginkel and Elst, your Extraordinary Deputy introduced me by your order, and I thank you for the kind words he said to me on your part, asking you to ensure that at all times, and on all occasions, I shall be ready to express to you warmly the sincere gratitude with which I respond to your friendship, and using this context, I take the opportunity to congratulate you on the advantageous peace which you have just concluded, on which I congratulate you with all my heart, and give me to the testimonies that the Lord of Reede and Amerongen will give you from me, who will be my witness to you that I am interested with friendship in all that touches the glory and the happiness of your State, praying to God that He may have you, High and Mighty Lords, my good friends, in His holy and worthy protection. Hamburg on the fourth of October one thousand six hundred and sixty-seven.
Your good and true friend,
Kristina Alexandra.
M. Santini.


Above: Kristina.


Above: Godard Adriaan, Baron of Reede, Lord of Amerongen, Ginkel and Elst.


Above: The peace conference at Breda between England and the Dutch Republic. The Treaty of Breda was signed on July 31, 1667.

Kristina's letter to Baron Lars Fleming, Count Christoph Delphicus zu Dohna, and Peter Julius Coyet congratulating them on the signing of the Treaty of Breda, dated August 20/30 (New Style), 1667

Sources:

Riksarkivet, page 14 in K 90; Utgångna och ingångna skrivelser; Drottning Kristina d. y. (Christina Alexandra); Svenska drottningars arkivaliesamlingar i riksarkivet; Kungliga arkiv


Bibliothèque interuniversitaire (Montpellier); Manuscrits de la reine Christine; IX: Negoziati della regina per salire al trono di Polonia; Lettere a varii suoi ministri; Lettre 149  Christine de Suède à Messieurs les Etats généraux de Hollande, [s. l.], [s. d.] (copy; digitisation page 196v-197r)


Christine (1626-1689 ; reine de Suède), Manuscrits de la reine Christine: Negoziati della regina per salire al trono di Polonia, : , 1601-1700.

Mémoires concernant Christine, volume 2, page 117, Johan Arckenholtz, 1751



The letter:

Messieurs, Vous auèz raison de croire que l'heureux Succes de vostre mediation me donneroit de la ioye me connoissant interessèé comme Jé [le] Suis dans la gloire, et l'interest de la Suede. Je Vous remércie de la peine, que Vous auèz prise de me tesmoigner Sur ce Suiet vostre amitie et de l'occasion que Vous m'auèz donnè de Vous tesmoigner mon estime, Vous asseurant que Vos compliments ont estè receùs comme le merité Vostre affection, et mon amitie de la quelle Je Vous prie de faire capital comm'estant entiérement acquise à vostre merite, priant Dieu qu'il Vous tienne en Sa Sainte garde. Hambourg le 30.e Aoust 1667
Christine Alessandra.
/ M Santinj

With modernised spelling:

Messieurs,
Vous avez raison de croire que l'heureux succès de votre médiation me donnerait de la joie, me connaissant intéressée, comme je [le] suis, dans la gloire et l'intérêt de la Suède. Je vous remercie de la peine que vous avez prise de me témoigner sur ce sujet votre amitié et de l'occasion que vous m'avez donné de vous témoigner mon estime, vous assurant que vos compliments ont été reçus comme le mérite votre affection et mon amitié, de laquelle je vous prie de faire capital comme étant entièrement acquise à votre mérite, priant Dieu qu'il vous tienne en sa sainte garde. Hambourg, le 30 août 1667.
Christine Alessandra.
M. Santini.

Arckenholtz's transcript of the letter:

Messieurs, Vous avez raison de croire que l'heureux succès de votre médiation me donnera de la joïe, me connoissant intéressée comme je le suis dans la gloire & l'intérêt de la Suède. Je vous remercie de la peine que vous avez prise de me témoigner sur ce sujèt votre amitié & de l'occasion que vous m'avez donnée de vous témoigner mon estime, vous assurant que vos complimens ont été reçus comme le mérite votre affection & mon amitié sur laquelle je vous prie de faire fond comme étant entiérement acquise à votre mérite, priant Dieu qu'il vous tienne en sa sainte garde. Hambourg le 30. Août 1667.
CHRISTINE ALEXANDRA.
M. Santini.

English translation (my own):

Sirs,
You are right to believe that the happy success of your mediation will give me joy, knowing that I am as interested as I am in the glory and the interest of Sweden. I thank you for the trouble you have taken in showing me your friendship on this subject and for the opportunity you have given me to show you my esteem, assuring you that your compliments have been received as due your affection and my friendship on which I beg you to rely as being entirely acquired to your merit, praying to God that He will keep you in His holy protection. Hamburg, August 30, 1667.
Kristina Alexandra.
M. Santini.

Swedish translation of the original (my own):

Mina herrar,
Ni har rätt i att tro att den lyckliga framgången av Er mediation skulle ge mig glädje, i vetskapen om att jag är intresserad, som jag är, av Sveriges ära och intresse. Jag tackar Er för det besvär Ni har gjort för att visa mig Er vänskap i detta subjekt och för den möjlighet Ni har givit mig att visa Er min aktning, försäkrande Er att Era komplimanger har mottagits som Er tillgivenhet och min vänskap, som jag ber Er att göra kapital som helt förvärvat till Era förtjänster, bedjande till Gud att han har Er i sitt heliga skydd. Hamburg, den 30 augusti 1667.
Kristina Alessandra.
M. Santini.

English translation of the original (my own):

My lords,
You are right to believe that the happy success of your mediation would give me joy, knowing that I am interested, as I am, in the glory and interest of Sweden. I thank you for the trouble you have taken to show me your friendship on this subject and for the opportunity you have given me to show you my esteem, assuring you that your compliments have been received as your affection and my friendship, of which I ask you to make capital as being entirely acquired to your merit, praying to God that He have you in His holy protection. Hamburg, August 30, 1667.
Kristina Alessandra.
M. Santini.


Above: Kristina.


Above: Count Christoph Delphicus zu Dohna.


Above: Baron Lars Fleming.

Kristina's letter to General Governor Seved Bååth, dated May 30, 1667

Source:

Mémoires concernant Christine, volume 2, page 115 (footnotes), Johan Arckenholtz, 1751


The letter:

Monsieur Sevedt Bååt. Aïant ordonné au Sr. Adami de faire embarquer tous mes domestiques avec tout mon bagage qui présentement se trouve à Stockholm pour me venir trouver à Hambourg, J'ai voulu vous faire la présente afin que vous lui donniez toute votre assistance dont il aura besoin, pour l'éxécution dudit ordre, & je prie Dieu qu'il vous tienne en sa sainte Garde.
CHRISTINE ALEXANDRA
Norköping ce 30 Mai 1667.

English translation (my own):

Lord Seved Bååt,
Having ordered Signor Adami to take all my domestics on board with all my baggage, which is currently in Stockholm, to come and find me in Hamburg, I wanted to make this to you so that you can give him all the assistance he will need to the execution of the said order, and I pray God that He will keep you in His holy protection.
Kristina Alexandra.
Norrköping, May 30, 1667.


Above: Kristina.


Above: General Governor Seved Bååt.

Kristina's letter to Elector Friedrich Wilhelm of Brandenburg, dated September 1666

Source:

Mémoires concernant Christine, volume 2, page 104, Johan Arckenholtz, 1751


The letter:

Mon Cousin, j'ai reçu avec joïe l'obligeante lettre que V. A. m'a voulu écrire & Vous rends grace des témoignages, que Vous me donnez de votre amitié, que j'estime par le mérite de votre personne, & par la proximité du sang, qui nous lie. Je vous prie d'être persuadé que je suis prête à cultiver cette amitié dans toutes les occasions, qui se pourront présenter, pour Vous faire connoitre que je réponds à votre amitié avec l'estime & la reconnoissance que V. A. mérite, & c'est là-dessus que je ne désavouërai jamais ni le Sr. Maximilien Raggi, ni aucun autre, qui me rendra le service d'en assurer V. A. & je suis au désespoir de n'avoir pas sû que ce Gentilhomme eut l'honneur de la permission de Vous écrire, car je n'aurois pas manqué de le charger de mes civilités pour Vous, si je l'eusse sû plutôt; mais je crois qu'à son défaut, votre Ministre en cette ville, qui me rend souvent ses assiduités, me sera témoin auprès de V. A. que je m'efforce en toutes les occasions de faire connoître autant qu'il m'est permis l'estime & l'amitié dont je fais profession envers vous, étant
Mon Cousin
Votre bonne Cousine
CHRISTINE ALEXANDRA

Swedish translation (my own):

Min kusin,
Jag fick med glädje det vänliga brevet som Ers Höghet har velat skriva till mig, och jag tackar Er för de framställningar som Ni ger mig om Er vänskap, som jag uppskattar av Er persons förtjänst och av närheten av blod som binder oss. Jag ber Er att övertygas om att jag är beredd att kultivera denna vänskap vid varje tillfälle som kan uppstå för att låta Er veta att jag svarar på Er vänskap med den uppskattning och tacksamhet som Ers Höghet förtjänar, och det är på detta som jag aldrig kommer att avvisa varken Signor Maximiliano Raggi eller någon annan som kommer att ge mig tjänsten för att försäkra Ers Höghet; och jag är förtvivlad över att inte ha vetat att denna herre hade äran att ha tillstånd att skriva till Er, för jag skulle inte ha misslyckats med att lämna honom mina artighetsbetygelser för Er i uppdrag om jag hade vetat det tidigare. Men jag tror att Er minister i denna stad, som ofta betalar tillbaka mina flit, kommer att vara mitt vittne till Ers Höghet, som jag gör mitt bästa vid alla tillfällen för att så mycket som jag får tillkännage uppskattning och vänskap som jag bekänner Er, varande,
Min kusin,
Er goda kusin
Kristina Alexandra.

English translation (my own):

My Cousin,
I received with joy the obliging letter that Your Highness has wished to write to me, and I thank you for the testimonies which you give me of your friendship, which I esteem by the merit of your person, and by the proximity of blood which binds us. I beg you to be persuaded that I am ready to cultivate this friendship on any occasion that may arise to let you know that I respond to your friendship with the esteem and gratitude that Your Highness deserves, and it is on this that I will never disavow neither Sir Maximiliano Raggi, nor any other who will render me the service of ensuring Your Highness of it; and I am in despair not to have known that this gentleman had the honour of having the permission to write to you, for I would not have failed to charge him with my civilities for you if I had known it earlier. But I believe that, in his default, your minister in this town, who often repays me his assiduities, will be my witness to Your Highness, whom I do my best on all occasions to make known, as much as I am permitted, the esteem and friendship that I profess towards you, being,
My Cousin,
Your good cousin
Kristina Alexandra.


Above: Kristina.

Kristina's letter to Prince Adolf Johan, dated September 21, 1666

Source:

Mémoires concernant Christine, volume 2, page 104, Johan Arckenholtz, 1751


The letter:

Mon Cousin. Je Vous remercie des marques, que je reçois de votre amitié dans la lettre, que vous m'avez écrite sur la naissance du Prince votre fils. Et comme je conserve toûjours de l'affection pour votre Maison; vous pouvez aussi vous assurer de la joïe particulière, avec laquelle j'ai apris cette heureuse nouvelle, & que je souhaite les occasions de vous faire connoitre, par des effèts, mon estime envers Votre Personne, priant Dieu qu'il vous tienne en sa sainte garde. Hambourg ce 21 Septembre 1666.
CHRISTINE ALEXANDRA.

Swedish translation (my own):

Min kusin,
Jag tackar Er för vänskapsbetygelserna som jag får i brevet Ni skrev till mig vid prinsen Er sons födelse. Och eftersom jag fortfarande har tillgivenhet för Ert hus, kan Ni också försäkra Er om den speciella glädje varmed jag lärde mig denna glada nyhet, och att jag önskar tillfällena att berätta för Er, genom effekter, min uppskattning för Er person och ber Gud att han kommer att hålla Er i sitt heliga beskydd. Hamburg den 21 september 1666.
Kristina Alexandra.

English translation (my own):

My Cousin,
I thank you for the marks of your friendship that I receive in the letter you wrote to me on the birth of the prince your son. And as I still have affection for your house, you can also assure yourself of the particular joy with which I learned this happy news, and that I wish the occasions to make known to you, by effects, my esteem for your person, praying God that He will keep you in His holy protection. Hamburg, September 21, 1666.
Kristina Alexandra.


Above: Kristina.


Above: Adolf Johan.

Kristina's letter to Johan Oxenstierna and Johan Adler Salvius, dated March 25/April 4, 1648

Source:

https://apw.digitale-sammlungen.de/search/display.html?start=90&q=Christina&lang=en&whenYear_int=1648&rows=10&mode=comfort&id=bsb00056724_00411_dok0191

The letter:

Vij sij af Edert breef sub dato Osnabrugk den 6. huius, huruvidh I hafve bevilljat admissionen af den Frantzösiske residenten La Cour till tractats congresserne, serdeles när thet kommer till den Hessiske saken. Såsom och huruvidh I till det dato vore kombne i autonomiepuncten, theri the evangeliske ständerne stå sigh i ljuset och Eder ovettande gifva myckit praejudicerligit effter. Och efftersom I hålle apparentliget vara, att vij skole kunna genom desse fridztractater komma uhr detta besvärlige Tyske kriget och högnödigt för Eder föruth at vetha, huruvijda I å våre vägner skole läggia Eder uth för Franckerijke, ty begäre I vår yttersta förklaringh theröfver Eder till rättellse.

Så mycket nu then Frantzösiske residentens admission ahnlanger, hafve I theröfver för detta vår förklaringh, att vij honom icke hålle nödigh eller nyttigh hoos the congresser I anställe medh them keijserlige och ständernes plenipotentieradhe. Och therföre ähr af Eder vijssligen gjordt, att I then invidien af hans promiscue tillåtelses afslagh hafve declinerat, eller ju dividerat och deriverat in oppå dem keijserlige, hvadh tillåtet och förtröstat ähr, att framdeles skall skee vidh then Hessen-Cassellske satisfactionspunctens företagande, kan hafva sine godhe skähl, effter praesumerliget ähr, han then mehra skall befordra än hinderlig vara.

Vij måste elljest medh Eder billigt beklaga, att the evangeliske ständerne gifva sigh så blott och falla medh dören ini huset, serdeles i religionssaken, som theras evige saligheet i thet andra och theres samvette i thetta lijfvet angår. Vij skrefve Eder för 8 dager sedan och på sidste post både herom såväl som om Eder frågan, huru I Eder in omnem eventum och pro extremo, sedan alle våre och Romerske Rijkzens ständers saker hade sin richtigheet, hafve Eder till förhålla emot Franckerijke, något uthförligare till, och vele oss för denne reesan theropå hafva refererat, medh intererad nådigh befallning, att I Eder thereffter rätte. I synnerheet hafve I vår ordre om detta sidste uthi vårt breef af then 26. Junii åhr 1647 till Eder gångit.

Men efftersom vij her hoos icke obilligt måste förfahra, att restitutio statuum, autonomie- och iustitiae puncten ähre aftalte och slutne, skole dee keijserlige och ständerne litet eller inthet vela vara vår soldatesca till villjes, efftersom thesse hafva begynt hoos Chursaxen giöra prob af sammanknippelser, till att maintinera thet som slutet varder i Rijkzsakerne, tänckiandes till äfväntyrs sedan, att lätteligen komma medh oss öfver soldatescants contentement till rätta. Ther I nu skulle i den ringaste måtton uthsluta Eder, som ville I, sedan alle våre saker voro richtige gjorde, sluta och underskrifva något instrument, förrähn Franckerijke ochså i sina anlägenheeter voro färdigh och dee andre skulle finnas studzige och ovillige till betala vår armee, tå hade vij besynnerligen förlohrat thermedh all adsistence hoos Franckerijke. Derföre och emedan vij icke sij, att I ännu ähr så när friden, att vij ju i medler, jaa i rättan tijdh kunne förklara oss emot Eder i then frågan, ty vele vij then saken medh thet aldraförsta här nogare öffverläggia medh vårt ellskelige rijkzrådh och så straxt theroppå låta Eder then vetta och tillkomme, börandes till Eder den nådige tillförsichten, att I förfahre i religions- så och vår soldatescas satisfactionspuncten, som I gjordt hafve, försichteligen och allvarsambligen.


Above: Kristina.


Above: Johan Oxenstierna.


Above: Johan Adler Salvius.