Sunday, November 10, 2019

Henry, Duke of Guise's description of Kristina, year 1656

Henry II, Duke of Guise (1614-1664) was the second son of Charles, Duke of Guise and Henriette Catherine de Joyeuse. He accompanied Kristina on her/his/their visit to France in 1656 and describes her/him/them in this letter to his friends as well as to King Louis XIV and the Queen Mother Anne of France.

Sources:

Recüeil des harangues qui ont esté faites à la reyne de Suede, page 232, published by Claude Bardin, 1660


Mémoires pour servir à l'histoire d'Anne d'Autriche, volume 4, pages 432 to 434, Madame de Motteville, 1723


Mémoires de madame de Motteville, Volume 39, republication from 1824



The letter:

Je veux, dans le temps que je m'ennuie cruellement, penser à vous divertir, en vous envoyant le portrait de la reine que j'accompagne. Elle n'est pas grande, mais elle a la taille fournie et la croupe large, le bras beau, la main blanche et bien faite, mais plus d'homme que de femme; une épaule haute, dont elle cache si bien le défaut par la bizarrerie de son habit, sa démarche et ses actions, que l'on en pourroit faire des gageures. Le visage est grand sans être défectueux, tous les traits sont de même et fort marqués; le nez aquilin, la bouche assez grande, mais pas désagréable; ses dents passables, ses yeux fort beaux et pleins de feu, son teint, nonobstant quelques marques de petite vérole, assez vif et assez beau; le tour du visage assez raisonnable, accompagné d'une coiffure fort bizarre. C'est une perruque d'homme fort grosse et fort relevée sur le front, fort épaisse sur les côtés, qui en bas a des pointes fort claires; le dessus de la tête est d'un tissu de cheveux, et le derrière a quelque chose de la coiffure d'une femme. Quelquefois elle porte un chapeau. Son corps lacé par derrière, de biais, est quasi fait comme nos pourpoints; sa chemise sortant tout autour au-dessus de sa jupe, qu'elle porte assez mal attachée et pas trop droite. Elle est toujours fort poudrée, avec force pommade, et ne met quasi jamais de gants. Elle est chaussée comme un homme, dont elle a le ton de voix et quasi toutes les actions. Elle affecte fort de faire l'amazone. Elle a pour le moins autant de gloire et de fierté qu'en pouvoit avoir le grand Gustave son père. Elle est fort civile et fort caressante, parle huit langues, et principalement la française, comme si elle étoit née à Paris. Elle sait plus que toute notre Académie jointe à la Sorbonne, se connoît admirablement en peinture, comme en toutes les autres choses, sait mieux toutes les intrigues de notre cour que moi. Enfin c'est une personne tout-à-fait extraordinaire. Je l'accompagnerai à la cour par le chemin de Paris; ainsi vous pourez en juger vous-même. Je crois n'avoir rien oublié à sa peinture, hormis qu'elle porte quelquefois une épée avec un collet de buffle, et que sa perruque est noire, et qu'elle n'a sur sa gorge qu'une écharpe de même.

Transcript of the letter in the original publication of Madame de Motteville's memoirs:

Je veux, dans le tems que je m'ennuie cruellement, penser à vous divertir, en vous envoiant le Portrait de la Reine que j'accompagne. Elle n'est pas grande, mais elle a la taille fournie, & la croupe large, le bras beau, la main blanche & bienfaite, mais plus d'homme que de femme, une épaule haute, dont elle cache si bien le défaut par la bizarrerie de son habit, sa demarche, & ses actions, que l'on en pourroit faire des gageures. Le visage est grand sans être défectueux, tous les traits sont de même, & fort marquez; le nez aquilin, la bouche assez grande, mais pas desagréable, ses dents passables, ses yeux fort beaux & pleins de feu, son teint nonobstant quelques marques de petite verole assez vif & assez beau, le tour du visage assez raisonnable, accompagné d'une coiffure fort bizarre. C'est une Perruque d'homme fort grosse & fort relevée sur le front, fort épaisse sur les côtez, qui en bas a des pointes fort claires, le dessus de la tête est d'un tissu de cheveux, & le derriere a quelque chose de la coiffure d'une femme. Quelquefois elle porte un Chapeau. Son corps, lassé par derriere, de biais, est quasi fait comme nos pourpoints; sa chemise sortant tout au tour au dessus de sa jupe, qu'elle porte assez mal attachée, & pas trop droite. Elle est toujours fort poudrée, avec force pommade, & ne met quasi jamais de gans. Elle est chaussée comme un homme, dont elle a le ton de voix, & quasi toutes les Actions. Elle affecte fort de faire l'Amazone. Elle a pour le moins autant de gloire & de fierté, qu'en pouvoit avoir le grand Gustave, son Pere. Elle est fort civile & fort caressante, parle huit Langues, & principalement la Françoise comme si elle étoit née à Paris. Elle sçait plus que toute notre Académie jointe à la Sorbonne, se connoit admirablement en Peinture, comme en toutes les autres choses, sçait mieux toutes les Intrigues de notre Cour que moi. Enfin, c'est une Personne tout-à-fait extraordinaire. Je l'accompagnerai à la Cour par le chemin de Paris; ainsi, vous pourrez en juger vous même. Je croi n'avoir rien oublié à sa Peinture, hormis qu'elle porte quelquefois une Epée avec un collet de buffle, & que sa Perruque est noire, & qu'elle n'a sur sa gorge qu'une écharpe de même.

The original letter in full:

MONSIEVR,
Dans mon loisir ie desire vous faire vn plaisant Portraict de la Reyne de Suede. Elle est grande, comme Madame de Cominge, la taille plus fournie & la carrure plus large, le bras beau, la main blanche & bien faite, mais plus d'homme que de femme, vne espaule vn peu plus haute, dont elle cache si bien le deffaut par la gentille inuention de son habit, de sa démarche & de ses actions, que l'on en pourroit faire des gageures; le visage est grand sans estre deffectueux, tous les traits sont de mesme & fort marquez, le nez aquilain, la bouche assez grande, mais pas desagreable, ses dents passables, ses yeux fort beaux & pleins de feu, le teint nonobstant quelques marques de petite verolle assez vif & assez beau, le tour du visage assez raisonnable, accompagné d'vne coiffure fort bisare, c'est vne perruque d'homme fort grosse & fort releuée sur le front, fort épaisse sur les costez, qui en bas a des pointes fort claires, le dessus de la teste est d'vn tissu de cheueux, & le derriere a quelque chose de la coiffure d'vne femme, quelquesfois elle porte vn chappeau, son corps lassé par derriere de biais, est quasi fait comme nos pourpoints, sa chemise tout autour au dessus de sa iuppe qu'elle porte assez negligemment, elle est tousiours fort poudrée auec force pommade, & ne met quasi iamais de gands, elle est chaussée comme vn homme, dont elle a le ton de voix, & quasi toutes les actions. Elle affecte fort de faire l'Amazone, elle a pour le moins autant de gloire & de fierté qu'en pouuoit auoir son pere le grand Gustave. Elle est fort ciuile & fort caressante, parle huit sortes de langues, & principalement la Françoise, comme si elle estoit née à Paris. Elle sçait plus que toute nostre Académie iointe à la Sorbonne. Se connoist admirablement en Peinture comme en toutes les autres choses, sçait mieux toutes les intrigues de la Cour que nos Courtisans mesme; Enfin c'est vne personne tout à fait extraordinaire. Elle s'en allant à Paris, vous en pourrez juger vous-mesme. Ie crois n'auoir rien oublié à sa Peinture, hormis qu'elle porte quelquesfois vne épée auec vn collet de buffe, que sa perruque est noire, & qu'elle n'a sur sa gorge qu'vne écharpe de mesme.

With modernised spelling:

Monsieur,
Dans mon loisir je désire vous faire un plaisant portrait de la Reine de Suède. Elle est grande, comme Madame de Cominges, la taille plus fournie et la carrure plus large, le bras beau, la main blanche et bien faite, mais plus d'homme que de femme; une épaule un peu plus haute, dont elle cache si bien le défaut par la gentille invention de son habit, de sa démarche et de ses actions, que l'on en pourrait faire des gageures. Le visage est grand sans être défectueux, tous les traits sont de même et fort marqués, le nez aquilin, la bouche assez grande, mais pas désagréable, ses dents passables, ses yeux fort beaux et pleins de feu, le teint nonobstant quelques marques de petite vérole assez vif et assez beau, le tour du visage assez raisonnable, accompagné d'une coiffure fort bizarre. C'est une perruque d'homme fort grosse et fort relevée sur le front, fort épaisse sur les côtés, qui en bas a des pointes fort claires, le dessus de la tête est d'un tissu de cheveux, et le derrière a quelque chose de la coiffure d'une femme; quelquefois elle porte un chapeau. Son corps, lassé par derrière de biais, est quasi fait comme nos pourpoints, sa chemise tout autour au-dessus de sa jupe qu'elle porte assez négligemment. Elle est toujours fort poudrée avec force pommade et ne met quasi jamais de gants. Elle est chaussée comme un homme, dont elle a le ton de voix, et quasi toutes les actions. Elle affecte fort de faire l'amazone, elle a pour le moins autant de gloire et de fierté qu'en pouvait avoir son père, le grand Gustave. Elle est fort civile et fort caressante, parle huit sortes de langues, et principalement la française, comme si elle était née à Paris. Elle sait plus que toute notre Académie jointe à la Sorbonne. Se connaît admirablement en peinture comme en toutes les autres choses, sait mieux toutes les intrigues de la Cour que nos courtisans même. Enfin c'est une personne tout-à-fait extraordinaire. Elle s'en allant à Paris, vous en pourrez juger vous-même. Je crois n'avoir rien oublié à sa peinture, hormis qu'elle porte quelquefois une épée avec un collet de buffe, que sa perruque est noire, et qu'elle n'a sur sa gorge qu'une écharpe de même.

English translation (half my own, half of the translation used/or made by Marilyn Kay Dennis):

I want, in the time that I am bored cruelly, to think of entertaining you by sending you the portrait of the Queen that I accompany. She is not tall, but she is full with a large bottom. Her arms are beautiful, her hands white and well formed, but more a man's than a woman's. She has a high shoulder, whose defect she hides so well with the oddness of her dress, her gait and her actions, that it could be disputed. Her face is large without being defectuous, all the features are the same and very marked; her nose is aquiline, the mouth is quite big, but not unpleasant. Her teeth are passable, her eyes very beautiful and full of fire, her complexion, notwithstanding some pockmarks, is quite lively and pretty; the outline of her face fairly reasonable, accompanied by a very odd hairstyle. It is a man's wig, very big and raised above the forehead, very thick on the sides, with some light points at the bottom. The top of the head is a mass of hair, and the back has something of a woman's hairstyle. Sometimes she wears a hat. Her corset laced from behind, on a biais, is almost like our doublets; her shirt hangs out all over her skirt, which she wears rather badly attached and not very straight. She is always heavily powdered with a lot of pomade and almost never wears gloves. She is dressed like a man, her tone of voice and almost all her actions are masculine. She sees herself very much as an Amazon. She has at least as much glory and pride as the great Gustav, her father, must have had. She is very civil and very flattering, speaks eight languages, mainly French, as if she were born in Paris. She knows more than all our Academy and the Sorbonne combined, is admirably familiar with painting, as well as all other things, she knows better all the intrigues of our court than I do. In conclusion, she is a very extraordinary person. I will accompany her to court through Paris so you can judge for yourself. I think I have forgotten nothing in her portrait, except that she sometimes wears a sword with a buffalo collar, and that her wig is black, and that she wears only a scarf of the same material on her breast.

Swedish translation of the original (my own):

Monsieur,
I min lediga tid skulle jag vilja ge Eder ett trevligt porträtt av Sveriges drottning. Hon är lång, likasom madame de Cominges, med en fylligare gestalt och bredare byggnad, vackra armar, vita, välformade händer, men mera en mans än en kvinnas; en något högre axel, vars defekt hon döljer så väl genom sin klännings fina invention, sin gång och sina handlingar, att man kunde göra satsningar på det. Ansiktet är stort utan att vara defekt, alla drag är desamma och starkt markerade, näsan krokig, munnen ganska stor, men inte obehaglig, hennes tänder framkomliga, hennes ögon mycket vackra och fulla av eld, hyn, trots några koppärr, är ganska livlig och stilig, ansiktsformen ganska rimlig, åtföljd av en mycket udda frisyr. Det är en mycket stor mansperuk, upphöjd på pannan, mycket tjock på sidorna, som nedtill har mycket ljusa spetsar, toppen av huvudet är av ett tyg av hår och baksidan har något av en kvinnas frisyr; ibland har hon hatt på sig. Hennes kropp, krokig bakifrån i vinkel, är nästan gjord som våra pourpoints, hennes kropp är runt om ovanför kjolen, som hon bär ganska slarvigt. Hon är alltid hårt pudrad med stark pomada och bär nästan aldrig handskar. Hon bär sina skor som en man, av vilka hon har tonfallet och nästan alla handlingar. Hon påverkar starkt att spela amazon, hon har minst lika mycket ära och stolthet som hennes far, den store Gustav, kunde ha haft. Hon är väldigt civil och väldigt smickrande, talar åtta sorters språk, och främst franska, som om hon hade fötts i Paris. Hon vet mer än att hela vår Akademi och Sorbonne. Hon är lika beundransvärt befryndad med måleri som med allt annat, hon kan alla hovets intriger bättre än till och med våra hovmän. Enfin, hon är en helt extraordinär person. Hon skall till Paris, Ni kan bedöma henne själv. Jag tror att jag inte har glömt något om hennes porträtt, förutom att hon ibland bär ett svärd med collet de buffe, att hennes peruk är svart och att hon bara bär en liknande halsduk över halsen.

English translation of the original (my own):

Monsieur,
In my spare time I would like to give you a pleasant portrait of the Queen of Sweden. She is tall, like Madame de Cominges, with a fuller figure and broader build, handsome arms, white, well-formed hands, but more those of a man than a woman; a slightly higher shoulder, the defect of which she hides so well by the nice invention of her dress, her gait and her actions, that one could make wagers out of it. The face is large without being defective, all the features are the same and strongly marked, the nose aquiline, the mouth quite large, but not unpleasant, her teeth passable, her eyes very beautiful and full of fire, the complexion, notwithstanding some pockmarks, is quite lively and quite handsome, the shape of the face quite reasonable, accompanied by a very odd hairstyle. It is a very large man's wig, raised on the forehead, very thick on the sides, which at the bottom has very light points, the top of the head is of a cloth of hair, and the back has something of a woman's hairstyle; sometimes she wears a hat. Her body, crooked from behind at an angle, is almost made like our pourpoints, her chemise is all around above her skirt, which she wears rather carelessly. She is always heavily powdered with strong pomade and hardly ever wears gloves. She wears her shoes like a man, of which she has the tone of voice and almost all the actions. She strongly affects to play the amazon, she has at least as much glory and pride as her father, the great Gustav, could have had. She is very civil and very flattering, speaks eight kinds of languages, and mainly French, as if she had been born in Paris. She knows more than our entire Academy joined with the Sorbonne. She is as admirably familiar with painting as with all other things, she knows all the intrigues of the court better than even our courtiers. Enfin, she is an absolutely extraordinary person. She is going to Paris, you can judge her for yourself. I believe I have forgotten nothing about her portrait, except that she sometimes wears a sword with a buff-collar, that her wig is black, and that she only wears a similar scarf over her throat.


Above: Kristina.


Above: The Duke of Guise.

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