Saturday, May 18, 2019

Kristina's letter to Cardinal Azzolino, dated June 13/23 (New Style), 1666

After her/his/their arrival in Rome in 1655, Kristina met Cardinal Decio Azzolino. Something she/he/they never thought possible happened: she/he/they were in love with a man. Kristina's passionate feelings for Azzolino, though not reciprocated by him, were a part of a close friendship that lasted for the rest of their lives. Azzolino was at Kristina's bedside when she/he/they died in 1689, and Azzolino himself died two months later.

Kristina often had financial difficulties due to her/his/their extravagance and being generous to a fault. From 1666 to 1668 she/he/they were staying in Hamburg for her/his/their finances to be settled, and during this time, she/he/they wrote many letters to Azzolino, which have been preserved in the National Archives of Sweden. Kristina wrote to Azzolino in French and used a secret code of numbers to conceal the most passionate parts, which was decoded in 1899 by Carl Bildt. Azzolino's replies, which he himself later burned, were written in Italian. The following is one of the Hamburg letters:







Sources:


Christine de Suède et le cardinal Azzolino: Lettres inédites (1666-1668), Carl Bildt, 1899


Kristina: Brev och skrifter, edited by Marie Louise Renata Rodén, translated by Cecilia Huldt and Viveca Melander, published by Svenska Akademien, 2006


The letter:

14 lettre de Hambourg le 23 Jvin 1666 —
Apres avoir heureusement traverse la deserte, puante et barbare Allemange* ie suis enfin enfin arive icy hier au soir icy et iay receu auec Joye vos lettres vn iour devan que dy arriver. de vous dire mes sentimens sur tout ce que vous me distes Jl me seroit difficile. Vous et rome me faitse trop d'honevr et tout ce que lon me tesmoinge destime et de tendresse augmente mon afflition puisque par mon invincible malheur Je suis menasse destre esloinge plus long temps que ie ne pansois de rome et par Concequant de toute ioye, car en arrivant icy-cy lon ma dit que la diete est encore incertaine et que mesme lon croit quelle ne se fera plus, ie suis poutant dopinion quelle se fera indubitablement et iespere encore quelle se fera plus tost quon ne panse, mais ie ne puis encore vous dire rien de certain. Cependant iemploieray le temps a regler le mieux quil me sera possible mes affaires particulieres, et iauray esgard a tout ce que vous me distes et neparngeray ny peine ny soin ny diligence pour pouuoir auoir au plus tost la ioye de vous revoir. Ce qui me desespere est le mauvais estat ou la Couronne est reduite qui est tel quil ny a point couleurs asses vives pour vous les depeindre. les factions dans le senat la desvnion de la regence, et leur mauvaise conduite la pauvrete du royaume qui est espuise dargent et dhommes mille austre circonstances facheuse rendent la Suede auioudhuy miserable et trainent apres sois le mauvais estat de mes affaires, Je tacheray neamoins de profiter de tout le mieux que ie pourois et si ie reusiray mal se ne sera tousiour pas a faute dapplication ny de diligence.

Je vous enuoy la reponse du roy escrite a ma lettre laquelle est si obligente comme vous verres, vous verres ausi la reponse que ie fais a Monsr. de Lionne, toutes les apparances sont que messieurs les francois veulent estre mes intimes, cette lettre me fust donne en presence du resident de Suede et une foule de gens qui menvironnoit auec des expressions extraordinaries de la part du roy. Lambassadeur de France qui est en Sude escrit icy que mon Voyage alarme fort la Cour de Suede et ien suis toutte persuadee, et ie nen doutte pas quil ne retarde la diète, mais a vous dire mon sentiment ie crois quil nest plus en leur povuoir de lempecher, quoy que ie coy quil en ont la plus grande envie du monde.

Le grand Connestable Vrangel a eu ordre de maller visiter icy de la part du roy et il executera cet ordre avec beaucoup de ioye a ce quil a tesmoinge. Je crois que leur intention est de me dissuader le voiage de Suede, mais Jl ny a rien au monde qui men pvisse detourner si la diéte se fait, et si elle ne se fait pas ie nay pas intention dy aller, ie prevoy quon me tourmentera sur le pretexte de la religion. Jl est vray que sest le seul secret pour me tenir esloingee mais si la diete se fait ie vain qwray cet obstacle et si elle ne se fait pas ie nay rien a faire en Suede, et ie seray bien mal auisee dy aller ny ayant rien a faire pour moy san la diette. ie maresteray cepandant icy, pour observer la disposition et contenance des affaires publiqves, et pour regler mes affaires particulieres, estant dieu mercy en estat de ne povvoir plus manquer mon Coup puisquil est a present impossible que la diette se face san moy, et iespere dacqverir en cette occasion sinon beaucoup de profit au moins beaucoup de glorie. a mon arive icy lon a eu nouuelle de la defaite des Anglois par les hollandois dans vne battallie navale la plus sanglante qui se soit iamais donnee. ie Vous envoy la relation veritable afin que vous n'en ignories aucune particulatie de cette importante action qui ma donne beaucoup de ioye car ie suis persvade que ce Coup donner a la tranquilite a lEvrope et fera tomber et euanvir beaucoup des chataus despange (comme on dit) qui sestoit forme asse mal appropos en l'air, et sur tout Jl servira a establir le repos de la Suede dont elle a si grand besoin, et la Dannemarque qui sest rendu par laliance des Hollandois et de la France si pvissante quil en est redovbtable sera en surete par cette paix encore mieux que par laliance, puisquelle empechera la Suede a faire du mal a elle-mesme n'estant plus en estat de le faire aux austre par la faute du mauvais gouvernement qui fait touste a foiblesse. Vous voyes que ie ne me suis geve trompe dans la bonne opinion que iay touiour eue de la force des Hollandois par mer.

Je vous enuoy la lettre de Change pour la provision du mois de may et continueray tousiour. Je suis fasche de ne pouuoir vous envoyer tousiour cinqve mil esqus entiers, estant oblige de prendre mil et cinque cen esqus pour ma subsistance icy durant quelques moys. regle vous la desus et faites tout ce qve vous iugeres a propos, car ie mabandonne entierement a vostre prudence. Jespere bien de mes interests quoy que je prevoy de grandes difficultes a superer mais malgre tout cela i'espere que ma presence en ces quartiers me sera profitable. Je feray mes efforts pour faire, reusir les proiets d'Adami, mais ie doutte fort quils soyent praticables. Dans peu de iours ie vous en parleray avec plus de Conoissance et de Certitude et disposeray le tout a vostre satisfaction autant qu'il me sera possible.

iexamineray le conte de Thixeira et vous rendre compte de tout. Jespere de le satisfaire et vous envoier le necessaire. Je ne vous parle de reformes mais ie crois que si vous en pouvies faire a Rome, cela me soulageroit fort neamoins quand mesme vous ne le feries pas iespere de fournir a tout.

parmy tous les soin qui m'occupent presentement, celuy daffermer mes Jles sera le principal et quand Jl sera temps iy apporteray tout le soin qu'il me sera possible pour executer vos instruxions, mais ie crois que ma presence est necssaire pour cela.

Strop ma dit quil est impossible de tirer plus de mes reveneus que 80 mil escus l'anne cela ma bien afflige ie crains de ne povvoir subsister a Rome avec si peu dargent mande moy vos sentiments la desus.

Vous distes en vostre lettre ces paroles qui m'inquiettent fort: — Non volendo V. M. star in Roma et anco volendo star in Suezia. — Quoy uoules vous que ie ne retovrne plus ou povves vous croijre que ie me resolue iamais a quitter Rome et le dessein d'y retourner? expliqves vous la desus et tire moy de la peine et inquietvde ou ces mots mont mis, Et croies que Jaimerays mievx vivre a Rome et manger du pain et deau et n'avoir qu'ne femme de chambre pour me servir, que de posseder alieurs tous les royavmes et tresors du monde.

Je vous rens vn million de graces de lamitié que vous me tesmoinges dans vostre chiffre 323504156362305302236495509105362347093604 dont elle est pleine me consolent de tous mes deplaisirs: ausi, vous puis-ie assurer que ie merite vostre amitie par la 0632200405352324093610625960349697554432004 L du monde Je ne say si ie seray iamais plus heureuse, mais je sais bien que 303653032056 R. 375256023504 257522060905 adieu

Les uers qve vous maves envoye sont admirables ie vous prie de me les envoyer le plus souvent que vous pouvez, car Jls font vn effet admirable pour ma Consolation Cevx qvi vous ont dit que iay tache de dormir a utricoli ont este mal Jnformes Je pleuroy mon malheur et les larmes et non pas le sommeil occupoient mes ieux. adieu Je recois en ce moment vostre seconde lettre, mais il m'est impossible dy repondre.

What the cipher says (with modern French spelling):

323504156362305302236495509105362347093604 = les sentiments tendres

0632200405352324093610625960349697554432004 = plus tendre passion et le plus amour

303653032056 R. 375256023504 257522060905 = je vous aimer jusqu'à la mort.

With modernised spelling (with Kristina's spelling mistakes preserved as much as possible):

14e lettre de Hambourg, 23 juin 1666. —
Après avoir heureusement traversé la déserte, puante et barbare Allemange [sic], je suis enfin arrivée ici hier au soir, et j'ai reçu avec joie vos lettres un jour devant que d'y arriver. De vous dire mes sentiments, sur tout ce que vous me dites, il me serait difficile. Vous et Rome me faites trop d'honneur, et tout ce que l'on me témoinge [sic] d'estime et de tendresse augmente mon affli[c]tion, puisque, par mon invincible malheur, je suis menacée d'être éloingée [sic] plus longtemps que je ne pensais de Rome et par conséquent de toute joie, car en arrivant ici-ci [sic] l'on m'a dit que la Diète est encore incertaine et que même l'on croit qu'elle ne se fera plus. Je suis pourtant d'opinion qu'elle se fera indubitablement, et j'espère encore qu'elle se fera plus tôt qu'on ne pense, mais je ne puis encore vous dire rien de certain. Cependant j'emploierai le temps à régler le mieux qu'il me sera possible mes affaires particulières, et j'aurai égard à tout ce que vous me dites et n'éparngerai [sic] ni peine, ni soin, ni diligence pour pouvoir avoir au plus tôt la joie de vous revoir.

Ce qui me désespère est le mauvais état, où la Couronne est réduite, qui est tel qu'il n'y a point des couleurs assez vives pour vous le dépeindre. Les factions dans le Sénat, la désunion de la régence, et leur mauvaise conduite, la pauvreté du fâcheuses rendent la Suède aujou[r]d'hui misérable et traînent après soi le mauvais état de mes affaires. Je tâcherai néa[n]moins de profiter de tout, le mieux que je pourrais [sic], et, si je réussirai mal, ce ne sera toujours pas à faute d'application ni de diligence.

Je vous envoie la reponse du roi écrite a ma lettre, laquelle, est si obligeante comme vous verrez. Vous verrez aussi la réponse que je fais à M. de Lionne. Toutes les apparences sont que messieurs les Français veulent être mes intimes. Cette lettre me fut donnée en présence du résident de Suède et d'une foule de gens qui m'environnait avec des expressions extraordinaires de la part du roi.

L'ambassadeur de France qui est en Su[è]de écrit ici que mon voyage alarme fort la cour de Suède, et j'en suis toute persuadée, et je n'en doute pas qu'il ne retarde la Diète, mais, à vous dire mon sentiment, je crois qu'il n'est plus en leur pouvoir de l'empêcher, quoique je c[r]oie qu'ils en ont la plus grande envie du monde.

Le grand connétable Wrangel a eu ordre de m'aller visiter ici de la part du roi, et il exécutera cet ordre avec beaucoup de joie, à ce qu'il a témoingé [sic]. Je crois que leur intention est de me dissuader le voyage de Suède, mais il n'y a rien au monde qui m'en puisse détourner, si la Diète se fait; et, si elle ne se fait pas, je n'ai pas intention d'y aller. Je prévois qu'on me tourmentera sur le prétexte de la religion. Il est vrai que c'est le seul secret pour me tenir éloingée [sic], mais si la Diète se fait, je vaincrai cet obstacle et, si elle ne se fait pas, je n'ai rien à faire en Suède et je serais bien mal a visée d'y aller, n'y ayant rien à faire pour moi sans la Diète. Je m'arrêterai cependant ici pour observer la disposition et contenance des affaires publiques et pour régler mes affaires particulières, étant, Dieu merci, en état de ne pouvoir plus manquer mon coup, puisqu'il est à présent impossible que la Diète se fasse sans moi, et j'espère d'acquérir en cette occasion, si non beaucoup de profit, au moins beaucoup de gloire.

A mon arrivée ici l'on a eu nouvelle de la défaite des Anglais par les Hollandais dans une battaillie [sic] navale la plus sanglante qui se soit jamais donnée. Je vous envoie la relation véritable a fin que vous n'en ignoriez aucune particularité de cette importante action, qui m'a donné beaucoup de joie, car je suis persuadée que ce coup donner a la tranquillité à l'Europe et fera tomber et évan[o]uir beaucoup de châteaux d'Espange [sic] (comme on dit) qui s'étaient formés assez mal à propos en l'air, et sur tout il servira à établir le repos de la Suède dont elle a si grand besoin, et le Danemark, qui s'est rendu par l'alliance des Hollandais et de la France si puissant qu'il en est redoutable, sera en sûreté par cette paix encore mieux que par l'alliance, puisqu'elle empêchera la Suède à faire du mal à elle-même n'étant plus en état de le faire aux autres par la faute du mauvais gouvernement qui fait toutes a faiblesse.

Vous voyez que je ne me suis guè[r]e trompée dans la bonne opinion que j'ai toujours eue de la force des Hollandais par mer.

Je vous envoie la lettre de change pour la provision du mois de mai et continuerai toujours. Je suis fâchée de ne pouvoir vous envoyer toujours cinque [sic] mille écus entiers, étant obligée de prendre mille et cinque [sic] cents écus pour ma subsistance ici durant quelques mois. Réglez-vous là-dessus et faites tout ce que vous jugerez à propos, car je m'abandonne entièrement à votre prudence. J'espère bien de mes intérêts, quoique je prévoie de grandes difficultés à supérer, mais, malgré tout cela, j'espère que ma présence en ces quartiers me sera profitable. Je ferai mes efforts pour faire réussir les projets d'Adami, mais je doute fort qu'ils soient praticables. Dans peu de jours, je vous en parlerai avec plus de connaissance et de certitude et disposerai le tout à votre satisfaction, autant qu'il me sera possible.

J'examinerai le compte de Texeira et vous rendrai compte de tout. J'espère de le satisfaire et vous envoyer le nécessaire. Je ne vous parle de réformes, mais je crois que si vous en pouviez faire à Rome, cela me soulagerait fort. Néa[n]moins, quand même vous ne le feriez pas, j'espère de fournir à tout.

Parmi tous les soins qui m'occupent présentement, celui d'affermer mes îles sera le principal, et quand il sera temps j'y apporterai tout le soin qu'il me sera possible pour exécuter vos instructions, mais je crois que ma presence est nécessaire pour cela.

Stropp m'a dit qu'il est impossible de tirer plus de mes revenus que 80 mille écus l'année. Cela ma bien affligée. Je crains de ne pouvoir subsister à Rome avec si peu d'argent. Mandez-moi vos sentiments là-dessus.

Vous dites en votre lettre ces paroles qui m'inquiètent fort: «Non volendo Vostra Maestà star in Roma et anco volendo star in Svezia.» — Quoi?! Voulez-vous que je ne retourne plus ou pouvez-vous croire que je me résolve jamais a quitter Rome et le dessein d'y retourner? Expliquez-vous là-dessus et tirez-moi de la peine et inquiétude où ces mots m'ont mise, et croyez que j'aimerais mieux vivre à Rome et manger du pain et d'eau, et n'avoir qu'une femme de chambre pour me servir, que de posséder ailleurs tous les royaumes et trésors du monde.

Je vous rends un million de grâces de l'amitié que vous me témoingez [sic] dans votre chiffre; les sentiments tendres dont elle est pleine me consolent de tous mes déplaisirs; aussi, vous puis-je assurer que je mérite votre amitié par la plus tendre passion et la plus L. du monde.

Je ne sais si je serai jamais plus heureuse, mais je sais bien que je vous R. jusqu'à la mort. Adieu.

Les vers que vous m'avez envoyés sont admirables. Je vous prie de me les envoyer le plus souvent que vous pouvez, car ils font un effet admirable pour ma consolation. Ceux qui vous ont dit que j'ai tâché de dormir à Utricoli ont été mal informés. Je pleurai mon malheur, et les larmes et non pas le sommeil occupaient mes yeux. Adieu.

Je reçois en ce moment votre seconde lettre, mais il m'est impossible d'y répondre.

With modernised spelling (Bildt's transcript):

Hambourg, 23 juin 1666
Après avoir heureusement traversé la déserte, puante et barbare Allemagne, je suis enfin arrivée ici hier au soir et j'ai reçu avec joie vos lettres un jour devant que d'y arriver. De vous dire mes sentiments sur tout ce que vous me dites, il me serait difficile. Vous et Rome me faites trop d'honneur, et tout ce que l'on me témoigne d'estime et de tendresse augmente mon affliction, puisque par mon invincible malheur je suis menacée d'être éloignée plus longtemps que je ne pensais de Rome et par conséquent de toute joie, car en arrivant ici l'on m'a dit que la Diète est encore incertaine et que même l'on croit qu'elle ne se fera plus. Je suis pourtant d'opinion qu'elle se fera indubitablement, et j'espère encore qu'elle se fera plus tôt qu'on ne pense, mais je ne puis encore vous dire rien de certain. Cependant j'emploierai le temps à régler le mieux qu'il me sera possible mes affaires particulières, et j'aurai égard à tout ce que vous me dites et n'épargnerai ni peine, ni soin, ni diligence pour pouvoir avoir au plus tôt la joie de vous revoir.

Ce qui me désespère est le mauvais état, où la Couronne est réduite, qui est tel qu'il n'y a point des couleurs assez vives pour vous le dépeindre. Les factions dans le sénat, la désunion de la régence, et leur mauvaise conduite, la pauvreté du fâcheuses rendent la Suède aujourd'hui misérable et traînent après soi le mauvais état de mes affaires. Je tâcherai néanmoins de profiter de tout, le mieux que je pourrai, et, si je réussirai mal, ce ne sera toujours pas à faute d'application ni de diligence.

Je vous envoie la reponse du roi écrite a ma lettre, laquelle, est si obligeante comme vous verrez. Vous verrez aussi la réponse que je fais à M. de Lionne. Toutes les apparences sont que messieurs les Français veulent être mes intimes. Cette lettre me fut donnée en présence du résident de Suède et d'une foule de gens qui m'environnait avec des expressions extraordinaires de la part du roi.

L'ambassadeur de France qui est en Suède écrit ici que mon voyage alarme fort la cour de Suède, et j'en suis toute persuadée, et je n'en doute pas qu'il ne retarde la Diète, mais, à vous dire mon sentiment, je crois qu'il n'est plus en leur pouvoir de l'empêcher, quoique je croie qu'ils en ont la plus grande envie du monde.

Le grand connétable Wrangel a eu ordre de m'aller visiter ici de la part du roi, et il exécutera cet ordre avec beaucoup de joie, à ce qu'il a témoigné. Je crois que leur intention est de me dissuader le voyage de Suède, mais il n'y a rien au monde qui m'en puisse détourner, si la Diète se fait; et, si elle ne se fait pas, je n'ai pas intention d'y aller. Je prévois qu'on me tourmentera sur le prétexte de la religion. Il est vrai que c'est le seul secret pour me tenir éloignée, mais si la Diète se fait, je vaincrai cet obstacle et, si elle ne se fait pas, je n'ai rien à faire en Suède et je serais bien mal a visée d'y aller, n'y ayant rien à faire pour moi sans la Diète. Je m'arrêterai cependant ici pour observer la disposition et contenance des affaires publiques et pour régler mes affaires particulières, étant, Dieu merci, en état de ne pouvoir plus manquer mon coup, puisqu'il est à présent impossible que la Diète se fasse sans moi, et j'espère d'acquérir en cette occasion, si non beaucoup de profit, au moins beaucoup de gloire.

A mon arrivée ici l'on a eu nouvelle de la défaite des Anglais par les Hollandais dans une bataille navale la plus sanglante qui se soit jamais donnée. Je vous envoie la relation véritable a fin que vous n'en ignoriez aucune particularité de cette importante action, qui m'a donné beaucoup de joie, car je suis persuadée que ce coup donner a la tranquillité à l'Europe et fera tomber et évanouir beaucoup de châteaux d'Espagne (comme on dit) qui s'étaient formés assez mal à propos en l'air, et sur tout il servira à établir le repos de la Suède dont elle a si grand besoin, et le Danemark, qui s'est rendu par l'alliance des Hollandais et de la France si puissant qu'il en est redoutable, sera en sûreté par cette paix encore mieux que par l'alliance, puisqu'elle empêchera la Suède à faire du mal à elle-même n'étant plus en état de le faire aux autres par la faute du mauvais gouvernement qui fait toutes a faiblesse.

Vous voyez que je ne me suis guère trompée dans la bonne opinion que j'ai toujours eue de la force des Hollandais par mer.

Je vous envoie la lettre de change pour la provision du mois de mai et continuerai toujours. Je suis fâchée de ne pouvoir vous envoyer toujours cinq mille écus entiers, étant obligée de prendre mille et cinq cents écus pour ma subsistance ici durant quelques mois. Réglez-vous là-dessus et faites tout ce que vous jugerez à propos, car je m'abandonne entièrement à votre prudence. J'espère bien de mes intérêts, quoique je prévoie de grandes difficultés à supérer, mais, malgré tout cela, j'espère que ma présence en ces quartiers me sera profitable. Je ferai mes efforts pour faire réussir les projets d'Adami, mais je doute fort qu'ils soient praticables. Dans peu de jours, je vous en parlerai avec plus de connaissance et de certitude et disposerai le tout à votre satisfaction, autant qu'il me sera possible.

J'examinerai le compte de Texeira et vous rendrai compte de tout. J'espère de le satisfaire et vous envoyer le nécessaire. Je ne vous parle de réformes, mais je crois que si vous en pouviez faire à Rome, cela me soulagerait fort. Néanmoins, quand même vous ne le feriez pas, j'espère de fournir à tout.

Parmi tous les soins qui m'occupent présentement, celui d'affermer mes îles sera le principal, et quand il sera temps j'y apporterai tout le soin qu'il me sera possible pour exécuter vos instructions, mais je crois que ma presence est nécessaire pour cela.

Stropp m'a dit qu'il est impossible de tirer plus de mes revenus que 80 mille écus l'année. Cela ma bien affligée. Je crains de ne pouvoir subsister à Rome avec si peu d'argent. Mandez-moi vos sentiments là-dessus.

Vous dites en votre lettre ces paroles qui m'inquiètent fort: «Non volendo Vostra Maestà star in Roma et anco volendo star in Suezia.» — Quoi! voulez-vous que je ne retourne plus ou pouvez-vous croire que je me résolve jamais a quitter Rome et le dessein d'y retourner? Expliquez-vous là-dessus et tirez-moi de la peine et inquiétude où ces mots m'ont mise, et croyez que j'aimerais mieux vivre à Rome et manger du pain et d'eau, et n'avoir qu'une femme de chambre pour me servir, que de posséder ailleurs tous les royaumes et trésors du monde.

Je vous rends un million de grâces de l'amitié que vous me témoignez dans votre chiffre; les sentiments tendres dont elle est pleine me consolent de tous mes déplaisirs: aussi, vous puis-je assurer que je mérite votre amitié par la plus tendre passion et la plus L. du monde.

Je ne sais si je serai jamais plus heureuse, mais je sais bien que je vous R. jusqu'à la mort. Adieu.

Les vers que vous m'avez envoyés sont admirables. Je vous prie de me les envoyer le plus souvent que vous pouvez, car ils font un effet admirable pour ma consolation. Ceux qui vous ont dit que j'ai tâché de dormir à Utricoli ont été mal informés. Je pleurais mon malheur, et les larmes et non pas le sommeil occupaient mes yeux. Adieu.

Je reçois en ce moment votre seconde lettre, mais il m'est impossible d'y répondre.

Swedish translation (by Huldt):

Hamburg den 23 juni 1666
Sedan jag lyckligen genomkorsat det öde, stinkande och barbariska Tyskland anlände jag slutligen hit igår kväll. En dag tidigare hade jag med glädje mottagit Era brev. Det är svårt att uttrycka vad jag känner inför allt det Ni skriver. Ni och Rom gör mig alltför stor ära, och all den vördnad och ömhet som visas mig gör mig ännu mer bedrövad, eftersom jag med min eviga otur riskerar att bli borta längre än jag trodde från Rom och följaktligen också från all glädje, ty när jag anlände hit fick jag veta att det fortfarande är osäkert om riksdagen kommer att bli av, och att man till och med tror att den kan bli inställd. Jag är dock av den åsikten att den otvivelaktigt kommer att hållas, och jag hoppas också att det blir tidigare än man tror, men jag kan ännu inte ge Er säkert besked. Men jag tänker använda tiden till att ordna med mina egna angelägenheter så väl som möjligt, och jag skall beakta alla Era synpunkter utan att spara vare sig möda, omsorg eller flit för att så snart som möjligt få glädjen att återse Er.

Jag är förtvivlad över det usla tillstånd som Kronan har drivits in i, och så illa är det ställt att jag inte finner några färger som är tillräckligt starka för att jag skall kunna ge Er en bild av det. Splittringen i rådet, oenigheten i förmyndarregeringen och dessas dåliga styrelse, fattigdomen i kungariket, som har tömts på människor och tillgångar, liksom tusen andra sorgliga omständigheter gör Sverige i dag till ett eländigt land, vilket har fått till följd att även mina egna affärer går illa. Jag tänker ändå försöka dra nytta av allt så gott jag kan, och om jag inte lyckas beror det i alla fall inte på att jag har varit lat eller långsam.

Jag sänder Er kungens svar på mitt brev, där han som Ni ser är mycket förbindlig. Ni får också läsa mitt svar till Monsieur de Lionne. Allt tyder på att de franska herrarna vill vara mina vänner. Detta brev överlämnades till mig i närvaro av Sveriges representant i landet och en samling människor som omgav mig med enastående artighetsbetygelser för kungens räkning.

Den franska ambassadören i Sverige skriver hit att min resa väcker stor uppståndelse inom det svenska hovet. Det är jag fullständigt övertygad om, och jag betvivlar inte att den kommer att medföra att riksdagen skjuts upp, men om jag skall säga vad jag tror står det inte längre i deras makt att stoppa den, även om jag tror att det är vad de helst av allt skulle vilja göra.

Riksmarsken Wrangel har fått order att avlägga visit hos mig för kungens räkning och den ordern kommer han att utföra med stor glädje, enligt vad han har låtit meddela. Jag tror att de tänker försöka avråda mig från att resa till Sverige, men om riksdagen verkligen kommer till stånd skulle inget i världen kunna få mig att låta bli. Om den inte blir av tänker jag inte åka dit. Jag räknar med att de kommer att plåga mig med religionen som förevändning. Det är visserligen det enda som krävs för att hålla mig borta, men om riksdagen samlas tänker jag överkomma detta hinder, och om den inte samlas har jag inget i Sverige att göra och det skulle då vara mycket oklokt av mig att resa, ty utan riksdagen finns det ingenting som jag kan göra. Tills vidare stannar jag här för att studera rikets affärer och för att sköta om mina egna angelägenheter. Den här gången kan jag, Gud vare lovad, inte misslyckas, eftersom det för närvarande är omöjligt för riksdagen att samlas utan mig, och om det inte leder till en stor vinst för min del hoppas jag åtminstone på stor ära.

När jag anlände hit nåddes vi av nyheten att engelsmännen besegrats av holländarna i det blodigaste sjöslag som någonsin utkämpats. Jag sänder Er en fullständig redogörelse för att Ni inte skall behöva sväva i okunnighet om någon detalj i denna betydelsefulla strid. Jag blev mycket glad, ty jag är övertygad om att detta slag kommer att skapa lugn i Europa och att man också kommer att riva och upplösa många av de luftslott (som de kallas) som har byggts helt grundlöst, och framför allt kommer det att ge Sverige den vila som landet så väl behöver, och Danmark, som genom alliansen med Holland och Frankrike har blivit skrämmande mäktigt, kommer att vara i större säkerhet genom denna fred än genom alliansen, eftersom freden hindrar Sverige från att göra sig självt illa, nu när landet har en dålig och svag regering och därför inte längre kan göra andra illa.

Ni ser att jag knappast har haft fel när jag tidigare alltid har betraktat holländarna som starka till havs.

Jag sänder Er växelbrevet för maj månads omkostnader och kommer att göra så även i fortsättningen. Jag beklagar att jag ännu inte kan skicka Er hela femtusen écu, eftersom jag måste reservera ettusenfemhundra écu till mitt uppehälle här under några måneder. Ta vad Ni behöver av summan och gör vad Ni finner lämpligt, ty jag litar fullständigt på Er klokhet. Jag hyser goda förhoppningar om mina intressen även om jag förutser stora svårigheter som måste övervinnas i framtiden, men trots det hoppas jag kunna tjäna på min vistelse i de här trakterna. Jag tänker anstränga mig för att Adami skall lyckas med sina planer, men jag betvivlar starkt att de är möjliga att genomföra. Om bara några dagar kommer jag att kunna berätta mer utförligt och med större visshet, och om det är möjligt skall jag då redogöra för hela saken så att den blir begriplig för Er.

Jag skall granska Texeiras räkenskaper och redovisa allt för Er. Jag hoppas att han låter sig nöjas så att jag kan skicka Er vad Ni behöver. Jag nämner inga förändringar, men jag tror att det skulle vara en stor lättnad för mig om Ni ville genomföra några sådana i Rom. Men även om Ni inte gör det hoppas jag kunna bestrida alla kostnader, jag litar på Er och bryr mig inte om något annat än att kunna samla in pengar, öka mina inkomster och sända Er så mycket som möjligt, och jag hoppas kunna bekosta allt.

Av alla de omsorger som upptar mig för tillfället är det utarrenderingen av mina öar som kommer främst. När tiden är inne skall jag anstränga mig till det yttersta för att kunna göra vad Ni anbefaller, men för detta tror jag att min personliga närvaro kommer att bli nödvändig.

Stropp säger att jag omöjligt kan få ut mer än 80 tusen écu om året av mina inkomster. Det har gjort mig mycket bedrövad. Jag är rädd att jag inte kan leva i Rom på så litet pengar. Skriv till mig og säg vad Ni tror om detta.

I Ert brev skriver Ni följande ord som oroar mig mycket: »Non volendo Vostra Maestà star in Roma et anco volendo star in Svezia.« — Vad! Vill Ni inte att jag skall komma tillbaka eller tror Ni att jag någonsin skulle besluta mig för att lämna Rom och överge mina planer på att återvända dit? Förklara vad Ni menar och befria mig från den smärta och oro som dessa ord har vållat mig, och tro mig när jag säger att jag hellre bor i Rom och lever på vatten och bröd med bara en kammarjungfru som betjäning, än någon annanstans som härskare över alla kungariken och skatter i världen.

Jag vill på tusen sätt tacka Er för den vänskap Ni ger mig prov på i Ert chiffrerade brev, de ömma känslor varav det är fullt ger mig tröst för alla mina sorger, och jag kan försäkra Er att jag har gjort mig förtjänt av Er vänskap genom den allra ömmaste känsla och den största L. i världen.

Jag vet inte om jag någonsin kommer att vara lyckligare, men ett vet jag, och det är att jag kommer att R. Er ända in i döden. Farväl.

Verserna som Ni sände mig är underbara. Jag ber Er, sänd mig sådana så ofta Ni kan, ty de skänker mig en underbar tröst. De som påstod att jag försökte sova i Utricoli var felunderrättade. Jag begrät min olycka, och det var tårarna och inte sömnen som fyllde mina ögon. Farväl.

Just i denna stund når mig Ert andra brev, men det är omöjligt för mig att besvara det.

English translation (my own):

14th letter from Hamburg, 23 June, 1666 —
After having happily crossed the deserted, stinking and barbarous Germany, I finally arrived here yesterday evening and received your letters joyfully one day before arriving there. It would be difficult to tell you my feelings on everything you tell me. You and Rome do me too much honour, and all the esteem and tenderness shown toward me increases my affliction, because, by my invincible misfortune, I am threatened to be away from Rome for longer than I thought and consequently robbed of all joy, for when I arrived here I was told that the Riksdag is still uncertain and that it is even believed that it will not be done. I am nevertheless of the opinion that it will undoubtedly be done, and I still hope it will be sooner than one thinks, but I can't tell you anything for certain. However, I will use the time to settle my particular affairs to the best of my ability, and I will respect all that you tell me and spare no trouble, care or diligence to be able to have, as soon as possible, the joy of seeing you again. What despairs me is the sorry state in which the Crown is reduced, which is so bad that there are no colours bright enough to describe it to you. The factions in the Senate, the disunity of the regency, their bad conduct, the poverty of the kingdom, which is exhausted of silver and men, and a thousand other unfortunate circumstances render Sweden today miserable and drag on the bad state of my affairs. I will try to take advantage of it all as best as I can, and if it does not go well, it will not always be for lack of application or diligence.

I am sending you the King's reply to my letter, which is so obliging, as you can see. You will also see the reply I gave to Monsieur de Lionne. All appearances are that the French gentlemen want to be my intimates. This letter was given to me in the presence of the Swedish resident and a crowd of people who surrounded me, with extraordinary expressions from the King. The French ambassador, who is in Sweden, and I am quite sure of it, and I have no doubt that he is delaying the Diet, but, to tell you my opinion, I think it is no longer in their power to prevent it, although I think they have the greatest desire in the world to do so.

The Grand Constable Wrangel has been ordered by the King to go visit here, and he will gladly carry out this order, to what he has testified. I believe that their intention is to dissuade me from traveling to Sweden, but there is nothing in the world that can deter me if the Riksdag is done; and if it is not, then I don't intend to go there. I foresee that they will torment me on the pretext of religion. It is true that it is the only secret keeping me away, but if the Diet is done, I will overcome this obstacle, and if it is not done, I'll have nothing to do in Sweden, and it would be bad to go there, having nothing to do for myself without the Diet. I will, however, stop here to observe the disposition and countenance of public affairs, and to regulate my private affairs, being, thank God, in a state of no longer being able to miss my planned action, since it is now impossible for the Diet to proceed without me, and on this occasion I hope to acquire — if not much profit — at least much glory. When I arrived here we heard news of the defeat of the English by the Dutch in the bloodiest naval battle ever fought. I'm sending you the true relation [of these events] so that you do not ignore any particularity of this important action, which gave me a lot of joy, because I am convinced that this blow will give peace to Europe and will make many Spanish castles fall and faint (as they say) which had formed rather badly in the air, and on all it will serve to establish the repose of Sweden, which it so badly needs, and Denmark, which has surrendered by the alliance of the Dutch and the French so powerful that it is doubtful, will be ensured by this peace even better than by the alliance, since it will prevent Sweden from doing harm to herself, being no longer in a position to do it to others by the fault of the bad government, which is all weak. You see that I am hardly mistaken in the good opinion that I have always had the strength of the Dutch by sea.

I'm sending you the bill of exchange for the provision of May and will continue forever. I am sorry that I cannot send you five thousand whole écus, being obliged to take a thousand and five hundred écus for my subsistence here for a few months. Adjust yourself to it, and do whatever you think fit, for I abandon myself entirely to your prudence. I hope very much for my interests, although I foresee great difficulties to surpass; but, in spite of all that, I hope that my presence in these districts will be profitable to me. I will do my best to make Adami's projects a success, but I doubt very much that they are practicable. In a few days, I will speak to you with more knowledge and certainty and will dispose all to your satisfaction, as far as possible.

I will review Texeira's account and report to you. I hope to satisfy him and send you the necessary things. I am not talking about reforms, but I think that if you could do it in Rome, it would give me a lot of relief. Nevertheless, even if you do not, I hope to provide everything.

Of all the cares I am currently engaged in, that of leasing my islands will be the main one, and when it is time I will do all the care I can to carry out your instructions, but I believe that my presence is necessary for that.

Stropp told me that it is impossible to get more from my income than 80 thousand écus a year. This has truly afflicted me. I am afraid I cannot live in Rome with so little money. Tell me your feelings about it.

You say in your letter these words which worry me greatly: "Your Majesty does not want to be in Rome, and yet you want to stay in Sweden." — What! Do you want me to never come back, or do you believe that I would ever decide to leave Rome and abandon my plans to return there? Explain what you mean and free me from the pain and worry that these words have caused me, and believe me when I say that I would rather live in Rome and live on bread and water and have only one chambermaid to serve me than to possess elsewhere all the kingdoms and treasures of the world.

I pay you a million thanks for the friendship you show me in your cipher; the tender sentiments with which it is full of comfort me in all my displeasure; so, may I assure you that I deserve your friendship by the most tender passion and the greatest love in the world. I do not know if I'll ever be happier, but I know I will love you until death. Farewell. The verses you sent me are admirable. I beg you to send them to me as often as you can, for they have an admirable effect on my consolation. Those who told you that I tried to sleep in Utricoli were misinformed. I cried my misfortune, and tears, not sleep, occupied my eyes. Farewell. I received your second letter just now, but cannot reply to it.


Above: Kristina.


Above: Cardinal Decio Azzolino.


Above: King Louis XIV of France.


Above: Hugues de Lionne.


Above: Simon Arnauld de Pomponne, the French ambassador to Sweden.


Above: Grand Constable Carl Gustaf Wrangel.


Above: King Karl XI of Sweden.


Above: The Four Days' Battle, fought between June 11 to 14, 1666 in the Second Anglo-Dutch War.

Notes: * = Kristina's unusual spelling of some words even in an era full of inconsistent and varying spellings has raised the possibility that she/he/they might have had mild dyslexia.

Utricoli = the medieval and early modern name for Otricoli, a city in the Italian region of Umbria.

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