Wednesday, October 15, 2025

Ballet given for Kristina during her visit to Essonne at the house of Louis Hesselin, August 27/September 6 (New Style), 1656

Source:

Relation de ce qui s'est passé à l'arriué de la Reine Christine de Suede, à Essaune en la Maison de Monsieur Hesselin, ensemble la description particuliere du Ballet qui y a esté dansé, le sixiesme Septembre 1656, pages 9 to 13, by Nicolas l'Escalopier, 1656; original at the National Library of France (Bibliothèque nationale de France)


The ballet:

BALLET
DANSE' A ESSAVNE
dans la Maison
DE MONSIEVR HESSELIN,
POVR LE DIVERTISSEMENT
DE LA SERENISSIME
REYNE DE SVEDE.
LA Renommée qui reconnoist qu'elle n'eust jamais de plus celebre employ, que de publier les rares vertus & les admirables qualitez de l'incomparable CHRISTINE, ayant fait sçauoir à tout le monde qu'elle vouloit honorer ces aymables lieux de son auguste presence, y est venuë elle-mesme, suiuie d'vne foulle de gens de tous pays & de toutes conditions, qui desirent luy rendre leurs respects; pour leur en donner le moyen & leur faciliter l'acces de cette grande Reyne, elle paroist la premiere deuant elle par le Recit.

RECIT.
REYNE dont les mortels adorent la presence,
Moy qui parle en tous lieux & qui parle de tout,
Ie viens pour t'asseurer qu'il n'est point d'Eloquence
Que tes rares vertus ne puisse mettre à bout;
Tout cede à ton Esprit & d'vn pouuoir supresme
Toy seule peux parler dignement de toy-mesme.

Tes grandes actions qui n'ont point de pareilles
A me faire parler ont seruy mille fois,
Aussi pour celebrer tes diuines merueilles
Il faut plus d'vne langue, il faut plus d'vne voix;
Mais bien qu'à te louër j'apporte vn soing extresme,
Toy seule peux parler dignement de toy-mesme.

Abbaissant à tes pieds ce que tous les Monarques
Portent dessus la teste & tiennent dans leurs mains
Ne fais-tu pas bien voir par ces illustres marques
Que si tu dois regner, c'est sur tous les humains?
Par ce diuin esprit & ce pouuoir supresme
Toy seule peux parler dignement de toy-mesme.


PREMIERE ENTRÉE.
Le Genie de la France.
Beauchamp.
LE genie de la France, le plus diligent, comme le plus zelé, paroist le premier; & presente à la REYNE les soumissions & les vœux de tous les Peuples de ce grand Royaume, luy protestant qu'ils n'ont pas moins de passion pour son seruice, que d'admiration pour sa vertu.


II. ENTRÉE.
Deux Suisses.
Lambert, Don.
LEs Magnifiques & Puissans Seigneurs des Cantons, qui s'attendoient à l'honneur de luy faire la reuerence dans leur Pays, voyant qu'elle a pris vne autre route, ont enuoyé deux Bourgmestres, pour luy rendre les deuoirs de toute leur Nation.


III. ENTRÉE.
Deux Bourgeois, & vne Bourgeoise.
Le Vacher, & les deux Des-Airs.
Rolland, Rodomont, & Angelique, qui ne sont pas moins connus par les emportemens de leur amour, que par le nombre de leurs exploicts, n'ayant desormais de passion que pour la veritable Vertu heroïque, dont ils n'auoient veu iusques icy qu'vne fausse image, viennent la reuerer en la personne de cette magnanime Princesse, & n'osent paroistre sous vn habit, où l'on leur a veu faire tant d'égarremens, ils se cachent sous l'apparence modeste de deux Bourgeois & vne Bourgeoise de Paris, resolus de suiure par tout la Reyne, & de s'attacher à son seruice.


IV. ENTRÉE.
Vne Egyptienne.
Vagnac.
VRgande la fameuse Enchanteresse, enchantée elle-mesme de ce qu'elle entend dire en tous lieux des perfections de cette admirable Heroïne, vient luy faire les excuses des Amadis, & du reste des Auanturiers, de ce qu'ils n'ont pû luy rendre leurs deuoirs en personne, estant occupez à des entreprises qu'ils peuuent d'autant moins abandonner, que c'est par où ils pretendent meriter plus hautement son estime.


V. ENTRÉE.
Quatre Mores.
Cabou, Moliere, Beauchamp, & Doliuet.
CEpendant la mesme Vrgande amene à ses pieds quatre Roys Mores, qui font gloire de venir soumettre toute leur grandeur à sa puissance, & n'aspirent plus qu'à l'honneur de receuoir de sa main les chaisnes dont ils ont chargé leurs ennemis.


DEVXIESME PARTIE
SECOND RECIT.
Deux Paysanes, & vn Paysan.
Vagnac, Du Moustier, Lerambert.
FLORE & Pomone viennent offrir à la REYNE le Tribut des biens qu'elles ont produits en ce lieu delicieux, & luy presenter des fleurs & des fruits; mais ayant appris que leur amant Zephire se doit rencontrer en cette feste, non sans dessein de leur faire infidelité, elles se sont déguisées affin de pouuoir mieux l'obseruer: Ce qui fait vn Recit facecieux où Zephire luy mesme se mesle pour le rendre plus agreable.


PREMIERE ENTRÉE.
Deux Bergers, & vne Bergere.
La Marre, de Gan, Mongé.
LEs Bergers heroïques de Lignon, & leurs charmantes Bergeres ont enuoyé les plus grands d'entr'eux, pour porter à cette Princesse des marques de leurs respects, & pour l'asseurer que toute rare qu'est la felicité dont ils joüissent dans le parfait accomplissement de leurs vœux, ils en conçoiuent vne autre plus grande; c'est de pouuoir estre quelques-fois honorée de ses commandemens, ne le pouuant estre de sa veuë.


II. ENTRÉE.
Quatre Pigmées.
Bonnar, Chaudron, Daniel, & Broüar.
LEs Peuples qui habitent les extremitez du monde, & qui n'ont pas moins d'admiration pour elle que ses voisins luy ont enuoyé quatre Pigmées des mieux faits, & plus adroits de tout le païs, afin de diuertir sa Majesté par vne danse plaisante, & des postures répondans à la petitesse de leur taille: Ils sont venus sur des gruës, prises depuis peu à la guerre, que cette petite Nation a contre elle; mais ces gruës ne se verront point estant demeurées dans le Parc pour paistre.


III. ENTRÉE.
Vn vieux Gentilhomme, & vne Damoiselle Gauloise.
Anse, Femme. Lerambert, Homme.
LE fameux Hercule a voulu se trouuer à cette Feste auec sa belle Iole, pour venir reuerer en cette Heroïne Royale la memoire & la valeur de l'Hercule du Nort, l'inuincible GVSTAVE; mais comme il s'est veu obseruer par les Grecs, qui auroient difficilement consenty à son voyage, pour ne pas se priuer des aduantages que sa presence leur procure; il s'est trauesty en vieux Gaulois, & sa maistresse en Dame du mesme temps, reconnoissant combien ils sont l'vn & l'autre inferieurs aux dons naturels & acquis de cette grande Princesse.


IV. ENTRÉE.
Quatre Amazones.
Les deux Des-Airs, Le Vacher, & Dupron.
LEs Amazones à l'enuie d'Hercule, à qui elles ne veulent pas plus ceder en cette occasion qu'en celle de la guerre, enuoyent quatre de leurs Princesses à sa Majesté, pour l'asseurer que la reconnoissant pour leur veritable Reyne; elles s'estimeront plus glorieuses d'apprendre qu'elle daigne agréer leurs deuoirs, que des plus fameuses victoires qu'elles ayent remportées sur les plus grands Roys de l'Asie.


V. ENTRÉE.
Vn Espagnol.
Doliuet.
VN Gentil-homme Espagnol, que la curiosité a fait glisser dans cette foulle, se trouue si surpris d'admiration, en presence de cette merueilleuse Princesse, qu'oubliant les victoires qu'elle a remportées sur sa nation, il veut bien contribuer à son diuertissement tout ce qu'il a de disposition & d'adresse.
FIN DV BALLET.

With modernised spelling:

Ballet dansé à Essonne dans la maison de Monsieur Hesselin, pour le divertissement de la sérénissime reine de Suède.
La Renommée, qui reconnaît qu'elle n'eut jamais de plus célèbre emploi que de publier les rares vertus et les admirables qualités de l'incomparable Christine, ayant fait savoir à tout le monde qu'elle voulait honorer ces aimables lieux de son auguste présence, y est venue elle-même, suivie d'une foule de gens de tous pays et de toutes conditions qui désirent lui rendre leurs respects; pour leur en donner le moyen et leur faciliter l'accès de cette grande reine, elle paraît la première devant elle par le récit.

Récit.
Reine, dont les mortels adorent la presence,
Moi qui parle en tous lieux et qui parle de tout,
Je viens pour t'assurer qu'il n'est point d'éloquence
Que tes rares vertus ne puisse mettre à bout;
Tout cède à ton esprit et d'un pouvoir suprême.
Toi seule peux parler dignement de toi-même.

Tes grandes actions qui n'ont point de pareilles
A me faire parler ont servi mille fois,
Aussi pour célébrer tes divines merveilles,
Il faut plus d'une langue, il faut plus d'une voix;
Mais bien qu'à te louer, j'apporte un soin extrême;
Toi seule peux parler dignement de toi-même.

Abbaissant à tes pieds ce que tous les monarques
Portent dessus la tête et tiennent dans leurs mains,
Ne fais-tu pas bien voir par ces illustres marques
Que si tu dois régner, c'est sur tous les humains?
Par ce divin esprit et ce pouvoir suprême,
Toi seule peux parler dignement de toi-même.


Première entrée.
Le génie de la France.
Beauchamp.
Le génie de la France, le plus diligent, comme le plus zélé, paraît le premier et présente à la reine les soumissions et les vœux de tous les peuples de ce grand royaume, lui protestant qu'ils n'ont pas moins de passion pour son service que d'admiration pour sa vertu.


Deuxième entrée.
Deux Suisses.
Lambert, Don.
Les magnifiques et puissants seigneurs des cantons, qui s'attendaient à l'honneur de lui faire la révérence dans leur pays, voyant qu'elle a pris une autre route, ont envoyé deux bourgmestres, pour lui rendre les devoirs de toute leur nation.


Troisième entrée.
Deux bourgeois et une bourgeoise.
Le Vacher et les deux des Airs.
Roland, Rodomonte et Angélique, qui ne sont pas moins connus par les emportements de leur amour que par le nombre de leurs exploits, n'ayant désormais de passion que pour la véritable vertu héroïque, dont ils n'avaient vu jusqu'ici qu'une fausse image, viennent la révérer en la personne de cette magnanime princesse, et n'osent paraître sous un habit, où l'on leur a vu faire tant d'égarements. Ils se cachent sous l'apparence modeste de deux bourgeois et une bourgeoise de Paris, résolus de suivre partout la reine et de s'attacher à son service.


Quatrième entrée.
Une Égyptienne.
Vagnac.
Urgande, la fameuse enchanteresse, enchantée elle-même de ce qu'elle entend dire en tous lieux des perfections de cette admirable héroïne, vient lui faire les excuses des Amadis et du reste des avanturiers, de ce qu'ils n'ont pu lui rendre leurs devoirs en personne, étant occupés à des entreprises qu'ils peuvent d'autant moins abandonner que c'est, par où ils prétendent mériter plus hautement son estime.


Cinquième entrée.
Quatre Maures.
Cabou, Molière, Beauchamp et Dolivet.
Cependant la même Urgande amène à ses pieds quatre rois maures, qui font gloire de venir soumettre toute leur grandeur à sa puissance et n'aspirent plus qu'à l'honneur de recevoir de sa main les chaînes dont ils ont chargé leurs ennemis.


Deuxième partie.
Second récit.
Deux paysanes et un paysan.
Vagnac, Du Moustier, Lerambert.
Flore et Pomone viennent offrir à la reine le tribut des biens qu'elles ont produits en ce lieu délicieux, et lui présenter des fleurs et des fruits; mais, ayant appris que leur amant Zéphyr se doit rencontrer en cette feste, non sans dessein de leur faire infidélité, elles se sont déguisées afin de pouvoir mieux l'observer — ce qui fait un récit facétieux, où Zéphyr lui-même se mêle pour le rendre plus agréable.


Première entrée.
Deux bergers, et une bergère.
La Marre, de Gan, Mongé.
Les Bergers héroïques de Lignon et leurs charmantes bergères ont envoyé les plus grands d'entre eux pour porter à cette princesse des marques de leurs respects, et pour l'assurer que toute rare qu'est la félicité dont ils jouissent dans le parfait accomplissement de leurs vœux, ils en conçoivent une autre plus grande: c'est de pouvoir être quelquefois honorée de ses commandements, ne le pouvant être de sa vue.


Deuxième entrée.
Quatre Pygmées.
Bonnard, Chaudron, Daniel et Brouard.
Les peuples qui habitent les extrêmités du monde et qui n'ont pas moins d'admiration pour elle que ses voisins lui ont envoyé quatre Pygmées des mieux faits et plus adroits de tout le pays, afin de divertir Sa Majesté par une danse plaisante et des postures répondants à la petitesse de leur taille. Ils sont venus sur des grues, prises depuis peu à la guerre que cette petite nation a contre elle; mais ces grues ne se verront point, étant demeurées dans le parc pour paître.


Troisième entrée.
Un vieux gentilhomme, et une damoiselle gauloise.
Anse, femme. Lerambert, homme.
Le fameux Hercule a voulu se trouver à cette fête avec sa belle Iole, pour venir révérer en cette héroïne royale la mémoire et la valeur de l'Hercule du Nord, l'invincible Gustave; mais, comme il s'est vu observer par les Grecs, qui auraient difficilement consenti à son voyage, pour ne pas se priver des avantages que sa présence leur procure, il s'est travesti en vieux Gaulois, et sa maîtresse en dame du même temps, reconnaissant combien ils sont l'un et l'autre inférieurs aux dons naturels et acquis de cette grande princesse.


Quatrième entrée.
Quatre Amazones.
Les deux des Airs, le Vacher et Dupron.
Les Amazones, à l'envie d'Hercule, à qui elles ne veulent pas plus céder en cette occasion qu'en celle de la guerre, envoient quatre de leurs princesses à Sa Majesté pour l'assurer que, la reconnaissant pour leur véritable reine, elles s'estimeront plus glorieuses d'apprendre qu'elle daigne agréer leurs devoirs que des plus fameuses victoires qu'elles aient remportées sur les plus grands rois de l'Asie.


Cinquième entrée.
Un Espagnol.
Dolivet.
Un gentilhomme espagnol, que la curiosité a fait glisser dans cette foule, se trouve si surpris d'admiration en présence de cette merveilleuse princesse qu'oubliant les victoires qu'elle a remportées sur sa nation, il veut bien contribuer à son divertissement tout ce qu'il a de disposition et d'adresse.
Fin du ballet.

Swedish translation (my own):

Balett dansad på Essonne i monsieur Hesselins hus, till underhållning för den durchlauchigaste drottning av Sverige.
Fama, som erkänner att hon aldrig haft ett mer berömt uppdrag än att publicera de sällsynta dygderna och beundransvärda egenskaperna hos den ojämförliga Kristina, efter att ha gjort det känt för alla att hon ville hedra dessa älskvärda platser med sin ärade närvaro, kom själv dit, följd av en skara människor från alla länder och av alla förhållanden som vill visa henne sin respekt; för att ge dem medel och underlätta deras tillträde till denna stora drottning, framträder hon först inför henne genom reciten.

Recit.
Drottning, vars närvaro dödliga dyrkar,
Jag som talar överallt och talar om allting,
Jag kommer för att försäkra dig om att det inte finns någon vältalighet
Som dina sällsynta dygder inte kan övervinna;
Allt ger efter för din ande och med högsta kraft.
Du ensam kan tala värdigt om dig själv.

Dina stora gärningar, som saknar like,
Har tjänat mig tusen gånger att tala,
Och att fira dina gudomliga under,
Mer än en tunga behövs, mer än en röst behövs;
Men även om jag prisar dig, är jag ytterst noggrann;
Du ensam kan tala värdigt om dig själv.

När du sänker ner till dina fötter vad alla monarker
Bär på sina huvuden och håller i sina händer,
Gör du det inte klart genom dessa lysande tecken
Att om du måste regera, så är det över alla människor?
Genom denna gudomliga ande och denna högsta makt,
Du ensam kan tala värdigt om dig själv.


Första entrén.
Frankrikes geni.
Beauchamp.
Frankrikes geni, den flitigaste och mest nitiska, framträder först och presenterar för drottningen alla folks önskningar och böner i detta stora konungarike, och protesterar mot att de inte har mindre passion för hennes tjänst än beundran för hennes dygd.


Andra entrén.
Två schweizare.
Lambert, Don.
De storslagna och mäktiga kantonherrarna, som förväntade sig äran att visa henne vördnad i sitt land, eftersom de såg att hon hade valt en annan väg, har skickat två borgmästare för att utföra hennes plikter för hela sin nation.


Tredje entrén.
Två borgare och en borgarkvinna.
Le Vacher och de två des Airs.
Roland, Rodomonte och Angelica, som är lika kända för sina kärleksutbrott som för sina många bragder, har nu ingen annan passion än för den sanna heroiska dygden, av vilken de dittills bara sett en falsk bild, och börjar vörda den i denna storsint prinsessas person och vågar inte framträda i en klädnad där de har setts begå så många fel. De gömmer sig under det blygsamma utseendet av två borgare och en borgarkvinna från Paris, fast beslutna att följa drottningen överallt och ansluta sig till hennes tjänst.


Fjärde entrén.
En egyptiska.
Vagnac.
Urganda, den berömda trollkvinnan, själv förtrollad av vad hon hör överallt om denna beundransvärda hjältinnas fullkomlighet, kommer för att be Amadís och resten av äventyrarna om ursäkt för att de inte kan visa henne sin respekt personligen, då de är upptagna med åtaganden som de än mindre kan överge, eftersom det är genom detta som de påstår sig förtjäna hennes högre aktning.


Femte entrén.
Fyra morer.
Cabou, Molière, Beauchamp och Dolivet.
Samtidigt frammanar samma Urganda fyra moriska konungar, som skryter med att underkasta sig all sin storhet hennes makt och endast strävar efter äran att från hennes hand motta de kedjor som de har tyngt sina fiender med.


Del två.
Andra reciten.
Två bondkvinnor och en bondeman.
Vagnac, Du Moustier, Lerambert.
Flora och Pomona kommer för att erbjuda drottningen tributen för den överflöd de har producerat på denna förtjusande plats och för att ge henne blommor och frukt; men efter att ha fått veta att deras älskare Zefyros skall vara närvarande vid denna fest, inte utan avsikten att vara otrogna mot dem, har de förklätt sig så att de kan observera honom närmare — vilket skapar en rolig recit, där Zefyros själv deltar för att göra den mer angenäm.


Första entrén.
Två herdar och en herdinna.
La Marre, de Gan, Mongé.
De heroiska herdarna från Lignon och deras charmerande herdinnor sände de mest ansedda bland dem för att framföra tecken på sin respekt till denna prinsessa och för att försäkra henne om att, hur sällsynt den lycka de än åtnjuter i den fullkomliga uppfyllelsen av sina önskningar än må vara, så föreställer de sig en ännu större: att ibland bli ärade av hennes befallningar, men inte av åsynen av henne.


Andra entrén.
Fyra pygméer.
Bonnard, Chaudron, Daniel och Brouard.
Folken som bebor jordens ändar och som inte har mindre beundran för henne än hennes grannar har sänt henne fyra av de bäst formade och skickligaste pygméerna i hela landet för att underhålla Hennes Majestät med en trevlig dans och poser som anstår deras ringa storlek. De anlände på tranor, nyligen tillfångatagna i kriget som denna lilla nation för mot henne; men dessa tranor kommer inte att ses, ty de har stannat kvar i parken för att beta.


Tredje entrén.
En gammal herre och en gallisk fröken.
Anse, kvinna. Lerambert, man.
Den berömde Herakles önskade delta i denna fest med sin vackra Iole, för att i denna kungliga hjältinna vörda minnet och tapperheten av Nordens Herakles, den oövervinnelige Gustav; men efter att ha blivit observerad av grekerna, som knappast skulle ha samtyckt till hans resa, för att inte beröva sig de fördelar hans närvaro gav dem, förklädde han sig till en gammal galler och sin älskarinna till en dam från samma tid, då han insåg hur underlägsna de båda var i förhållande till denna stora prinsessas naturliga och förvärvade gåvor.


Fjärde entrén.
Fyra amasoner.
De två des Airs, le Vacher och Dupron.
Amazonerna, avundsjuka på Herkules, som de vägrar att ge efter för vid detta tillfälle mer än vid krigets, skickar fyra av sina prinsessor till Hennes Majestät för att försäkra henne om att de, i erkännande av henne som sin sanna drottning, kommer att anse sig mer ärorika över att få veta att hon behagar acceptera deras plikter snarare än de mest berömda segrar de vunnit över Asiens största konungar.


Femte entrén.
En spanjor.
Dolivet.
En spansk herre, dragen av nyfikenhet till folkmassan, blir så överraskad av beundran över denna underbara prinsessas närvaro att han, glömmande de segrar hon vunnit över hans nation, villigt bidrar med hela sin disposition och sin begåvning till hennes underhållning.
Slut på baletten.

English translation (my own):

Ballet danced at Essonne in the house of Monsieur Hesselin, for the entertainment of the Most Serene Queen of Sweden.
Fame, which acknowledges that she never had a more famous job than to publish the rare virtues and admirable qualities of the incomparable Kristina, having made it known to everyone that she wanted to honour these amiable places with her august presence, came there herself, followed by a crowd of people from all countries and of all conditions who wish to pay their respects to her; to give them the means and facilitate their access to this great Queen, she appears first before her by the recit.

Recit.
Queen, whose presence mortals adore,
I who speak in all places and speak of everything,
I come to assure thee that there is no eloquence
Which thy rare virtues cannot overcome;
All yields to thy spirit and with supreme power
Thou alone canst speak worthily of thyself.

Thy great actions, which have no equal,
Have served me a thousand times to speak,
And to celebrate thy divine wonders,
More than one tongue is needed, more than one voice is needed;
But although I am praising thee, I take extreme care;
Thou alone canst speak worthily of thyself.

Lowering to thy feet what all monarchs
Carry on their heads and hold in their hands,
Dost thou not make it clear by these illustrious marks
That if thou must reign, it is over all humans?
By this divine spirit and this supreme power,
Thou alone canst speak worthily of thyself.


First entry.
The Genius of France.
Beauchamp.
The Genius of France, the most diligent and the most zealous, appears first and presents to the Queen the submissions and wishes of all the peoples of this great kingdom, protesting that they have no less passion for her service than admiration for her virtue.


Second entry.
Two Swisses.
Lambert, Don.
The magnificent and powerful lords of the cantons, who expected the honour of doing reverence to her in their country, seeing that she had taken another route, have sent two mayors to render her the duties of all their nation.


Third entry.
Two bourgeois men and a bourgeoise woman.
Le Vacher and the two des Airs.
Roland, Rodomonte, and Angelica, who are no less known for the outbursts of their love than for the number of their exploits, now having no passion except for true heroic virtue, of which they had until now seen only a false image, come to revere it in the person of this magnanimous princess, and dare not appear in a garb in which they have been seen to commit so many errors. They hide under the modest appearance of two bourgeois men and a bourgeoise woman from Paris, resolved to follow the Queen everywhere and attach themselves to her service.


Fourth entry.
An Egyptian woman.
Vagnac.
Urganda, the famous enchantress, herself enchanted by what she hears everywhere about the perfections of this admirable heroine, comes to apologise to Amadís and the rest of the adventurers for them not being able to pay her their respects in person, being busy with undertakings that they can all the less abandon because it is by this that they claim to deserve her esteem more highly.


Fifth entry.
Four Moors.
Cabou, Molière, Beauchamp and Dolivet.
Meanwhile, the same Urganda brings to her feet four Moorish kings, who boast of submitting all their greatness to her power and aspire only to the honour of receiving from her hand the chains with which they have burdened their enemies.


Part Two.
Second recit.
Two peasant women and a peasant man.
Vagnac, Du Moustier, Lerambert.
Flora and Pomona come to offer the Queen the tribute of the bounty they have produced in this delightful place, and to present her with flowers and fruit; but, having learned that their lover Zephyr is to be present at this feast, not without the intention of being unfaithful to them, they have disguised themselves so that they can observe him more closely — which makes for a humorous recit, in which Zephyr himself joins in to make it more agreeable.


First entry.
Two shepherds and a shepherdess.
La Marre, de Gan, Mongé.
The heroic shepherds of Lignon and their charming shepherdesses sent the most esteemed among them to convey to this princess marks of their respect, and to assure her that, however rare the felicity they enjoy in the perfect fulfillment of their wishes, they conceive of an even greater one: to be sometimes honoured by her commands, though not by the sight of her.


Second entry.
Four Pygmies.
Bonnard, Chaudron, Daniel, and Brouard.
The peoples who inhabit the ends of the earth, and who have no less admiration for her than do her neighbours, have sent her four of the best-formed and most skillful Pygmies in all the land to entertain Her Majesty with a pleasant dance and poses befitting their small size. They arrived on cranes, recently captured in the war this small nation is waging against her; but these cranes will not be seen, having remained in the park to graze.


Third entry.
An old gentleman and a Gallic lady.
Anse, woman. Lerambert, man.
The famous Hercules wished to attend this feast with his beautiful Iole, to venerate in this royal heroine the memory and valour of the Hercules of the North, the invincible Gustav; but, having been observed by the Greeks, who would hardly have consented to his journey, so as not to deprive themselves of the advantages his presence afforded them, he disguised himself as an old Gaul, and his mistress as a lady of the same period, recognising how inferior they both were to the natural and acquired gifts of this great princess.


Fourth entry.
Four Amazons.
The two des Airs, le Vacher and Dupron.
The Amazons, envious of Hercules, to whom they refuse to yield on this occasion any more than on that of war, send four of their princesses to Her Majesty to assure her that, recognising her as their true queen, they will consider themselves more glorious to learn that she deigns to accept their duties rather than the most famous victories they have won over the greatest kings of Asia.


Fifth entry.
A Spaniard.
Dolivet.
A Spanish gentleman, drawn by curiosity into the crowd, is so surprised with admiration by the presence of this marvellous princess that, forgetting the victories she has won over his nation, he willingly contributes all his disposition and address to her entertainment.
End of the ballet.


Above: Kristina.

Nicolas l'Escalopier on Kristina's visit to Essonne at the house of Louis Hesselin, August 27/September 6 (New Style), 1656

Source:

Relation de ce qui s'est passé à l'arriué de la Reine Christine de Suede, à Essaune en la Maison de Monsieur Hesselin, ensemble la description particuliere du Ballet qui y a esté dansé, le sixiesme Septembre 1656, pages 3 to 8, by Nicolas l'Escalopier, 1656; original at the National Library of France (Bibliothèque nationale de France)


The account:

RELATION
DE CE QVI S'EST PASSÉ
A L'ARRIVEE
DE LA REINE
CHRISTINE
DE SVEDE,
A Essaune en la Maison
DE MONSIEVR HESSELIN.
MONSIEVR le Duc de Guise ayant escrit à Monsieur Hesselin Maistre de la Chambre aux deniers du Roy, & Sur-Intendant de ses Plaisirs, que la Reine de Suede auoit receu beaucoup de joye d'apprendre qu'elle auoit preuenu en tout ce qu'il luy eust pû dire de luy, qui estoit connu de cette grande Princesse par vne reputation singuliere, comme l'vn des plus habiles & plus gallands hommes de France, qui fait & entend le mieux toutes choses.

Pour respondre par les effets à cette estime, Monsieur Hesselin se creut obligé de se preparer à la receuoir à sa maniere accoustumée, assez connuë dés long-temps en France pour l'vne des plus spirituelle qui se puissent pratique.

Cette Princesse estant donc arriuée à Essaune le sixiesme Septembre sur les 7. heures du soir, fut conduite dans sa Chambre, où s'estant vn peu reposée, & tesmoignant de l'impatience de voir la Maison, elle en fut visiter tous les endroits, & passa en suite dans les Iardins, trouuant toutes choses si bien entenduës & si agreables, tant dehors que dedans, qu'elle dit: Que l'imagination des Poëtes, & la licence qu'ils se donnent en la description des lieux delicieux, n'approchoit point des beautez qu'elle voyoit: Et comme elle eut remarqué dans la grand'anticourt l'inscription qui est sur la porte du vestibule, «PARVA QVIDEM SED», elle la trouua tres-ingenieuse, & dit; Que la modestie du Maistre estoit injurieuse à la Maison, n'y ayant pas d'apparence qu'il fallust nommer Petit vn lieu dans lequel elle auoit veu tant d'appartemens & lieux differends richement meublez, & où la splendeur & la commodité se rencontroient par tout admirablement: Adjoustant, Qu'elle n'auoit point trouué en Italie (qui est le païs des beaux edifices & comme la mere des magnificences) vne Maison où la Nature & l'Art se fussent alliée plus heureusement & auec plus d'esprit: Elle admira sur tout la beauté & la diuersité des Grottes & des Fontaines si ingenieusement conduites, mesmes jusques dans les Appartemens.

La nuict suruenuë ayant comme enuié à cette Princesse le plaisir que luy donnoit la veuë de ces belles choses, elle en eut bien-tost raison se trouuant soudainement esclairée par vne Colonne de feu qui parut au trauers de mille cristaux à l'entrée d'vne Chambre à l'Italienne, & terminée seulement par vne voûte extremement exhaussée.

En vn moment elle vit vne partie de cette Chambre s'ouurir, & en suite vne multitude infinie de gens dans vne grande Salle, dequoy le Maistre du Logis semblant estonné, & se jettant au trauers pour les repousser, voila que tout à coup & par vn admirable artifice il fut enleué dans la Chambre mesme qui disparut auec tout ce peuple; Et aussi-tost on vit vne Salle ornée de Colonnes Doriques, & d'autres ordres d'Architecture, & en laquelle personne ne paroissoit; surquoy l'exclamation fut telle qu'à moins de voir paroistre en l'air vne Nuée flamboyante pleine d'esclairs & de tonnerre & au dessous les ruïnes d'vne Ville toute en feu, on n'auroit peu faire cesser l'admiration que le premier spectacle auoit excité.

Comme on estoit en cette nouuelle surprise, on veid dans la Nuée sur vn char de triomphe la Renommée, qui estant venüe à trauers l'air jusqu'au milieu de la Salle, deux Enfans aislez luy apporterent des Palmes & des Couronnes auec les Chiffres de la Reyne Christine.

La Renommée ayant fait vn recit, dont la voix & les paroles furent admirées, elle s'enuola d'vn costé & les Enfans de l'autre. A l'instant disparut la Nuée & toutes ces ruïnes de feu, & en leur place on ne vit qu'vn enfoncement d'vne enfilade de portes de plusieurs Appartemens, au bout de la Salle & au trauers, dont le premier estoit gardé par deux Suisses qu'on croyoit y estre seulement representez & feints.

A peine la Genie de la France eut-il fait la premiere Entrée du Ballet, qui n'attira pas moins l'admiration que tout le reste, soit pour la beauté de l'Air ou pour celle de sa danse, qu'on vit ces Suisses de détacher de la muraille, & danser auec tant de justesse & de grace, qu'ils ne le cederent point aux plus adroits des François, les autres Entrées suiuirent selon l'ordre marqué dans le Recit du Ballet, auec plusieurs changemens de Scenes & de perspectiues, tout cela finissant par vne grande Chambre qui parut ornée d'vn lict à Alcoue & autres embellissemens; Au trauers paroissoit vn grand & spacieux parterre, au milieu duquel vn Seigneur Espagnol accourant, se trouua deuancé par deux de sa suite tenant chacun vne Guitarre, se voyant dans cette Chambre fit cognoistre tout ce dont est capable Mr Doliuet, par la beauté de sa danse qu'il finit par vne Sarabande admirable.

En suite parut vne Grotte d'vne profondeur extraordinaire, au dessus de laquelle s'éleuoit vne Montagne de Cypres, & du haut tomboient deux Riuieres effectiues, faisans des Cascades & jets d'eaux d'vne extreme hauteur & grosseur: Ce spectacle finit par vne fleur de Lys d'eau qui se perdit & s'esloigna de la veuë par vne nuée qui portoit vn Concert de vingt-quatre Violons, & d'autant d'autres instrumens, auec les douze heures de la nuict qui deuoient seruir au diuertissement de la Reine, tenant chacune vn flambeau de cire blanche dans leurs Maine: Cette Nuée venant à s'abbaisser on apperceut au dessus s'approcher la Montagne & les Cascades, faisant vn si bel effet à la veuë qu'on ne sçauroit assez bien l'exprimer par le discours. Le grand Chœur de Musique demeura, & les douze heures descendirent de cette Nuée, & s'approcherent de la Reine pour la conduire dans vne autre Grotte, où elle vit tout ce que l'art peut faire de plus merueilleux par l'eleuation de l'eau, & par son bruit qui fut agreablement interrompu par quantité de Haut-bois & de Musettes excellemment concertées.

Cependant les Violons se rendirent dans la Salle de la Comedie où la Reine ayant esté conduite & chacun assis, le fonds du Theatre s'ouurit pour faire voir vn Buffet magnifique plein de Vases, Bassins, Lumieres, & autres ornemens, au dessous desquels estoit vne quantité d'autres Bassins en Pyramides de Fruits & Confitures, composans vne somptueuse Collation, qui fut aussi-tost enleuée par six Amours, & grand nombre de gens qui les porterent à la Reine & à toute l'Assemblée! Et à l'instant les Comediens luy donnerent vn nouueau diuertissement, qu'elle admira tant pour la beauté des vers & pour la decoration du Theatre, que pour les autres ornemens du lieu où il auoit esté dressé.

La Comedie acheuée on fut à peine hors de la Salle, que la Reine & toute l'Assemblée conduite par vn nombre infiny de flambeaux de cire blanche, se trouua sur vn Balcon, au bout d'vn canal plain de jets d'eau, qui parurent à la lueur d'vn grand Feu d'artifice, dont la face representoit tres-distinctement les trois Couronnes & les Chiffres de la Reine, auec cette deuise, «DONAT ET SERVAT», que la seule clarté du Feu faisoit facilement lire, joint mille figures differentes, & mille rayons de feu qui s'esleuoient & se perdoient en l'air, d'où tomboient en suite vn nombre infiny de serpenteaux enflammez, & d'estoilles brillantes, auec vn bruit & vn petillement agreable qui s'entendoit au trauers des Trompettes, Tambours, Haut-bois, Musettes & Violons. Certainement la diuersité de tous ces spectacles si bien entendus, que tout ce qui estoit feint y paroissoit naturel, donna lieu à cette Princesse, dont l'intelligence est si parfaite & la raison si sublime, de juger par la magnificence d'vn particulier domestique de son Roy, quelle doit estre celle de son Maistre, parmy les grandeurs, la puissance & les autres aduantages d'vn si florissant Royaume; Ainsi plaine de joye & d'admiration elle se retira dans sa Chambre esclairée de quantité de flambeaux, qui faisoient vn jour au milieu de la nuict, souhaitant auec impatience le lendemain pour se renouueller le plaisir des beaux objets que les tenebres luy auoient cachez, & dont il nous suffira de dire, Qu'apres qu'on les a bien considerez, on se défie de ses propres yeux, & on doute si ce qu'on a veu est vne verité ou vne illusion.

Mademoiselle se trouua presente à tous ces diuertissements, s'estant rencontrée à Essaune incontinent apres que la Reine y fut arriuée: Elle vint saluër sa Majesté, qui la receut auec beaucoup de ciuilité, l'ayant baisée & en suite embrassée plusieurs fois, luy faisant donner vn Fauteüil aupres d'elle, afin qu'elle prit part au diuertissement qui luy estoit preparé, la traitant toujours en Fille de France.

Dans le rencontre de ce magnifique diuertissement, l'on peut dire sans flatterie que Mr de Moliere s'est surpassé luy mesme, tant par ses beaux vers, & le merueilleux Air du Recit du Ballet lequel fut accompagné d'vne simphonie toute diuine, que par la politesse & la justesse de sa danse, faisant admirer à tout le monde, ce qui rassemble en sa seule personne, vn Poëte galland, vn sçauant Musicien, & vn excellent Danseur.

Le sieur de Gros qui chanta ce beau Recit n'ayant besoin que de sa voix & de sa disposition ordinaire pour charmer les oreilles de tous ceux qui l'entendent, auec la mesme facilité qu'il eut à rauir cette grande Reine, fit aduoüer à tout le reste de ses auditeurs qu'il n'y auoit que luy capable d'entreprendre & d'executer ces merueilles.

Les Sieurs Beauchamp, le Vacher, Des-Airs & Doliuet, ne s'y sont pas rendus moins considerables par la diuersité de leurs danses & les arrificieux démeslez de leurs Entrées, qui exprimoient si naïfuement les personnages qu'ils auoient à representer, que bien qu'ils n'en fussent que des coppies, on les prenoit pour les originaux mesmes: Aussi faut-il confesser que pour conduire vne si belle & grande entreprise à vne si heureuse fin, les ordres qu'ils en auoient receus auec vne joye indicible de Monsieur Hesselin comme de leur Chef, leur auoient seruy d'autant d'ames pour les animer tous à executer ponctuellement les merueilleux projets de son esprit, le plaisir de luy obeïr leur inspirant des choses si belles & si extraordinaire[s] qu'ils ne sont croyables qu'à ceux qui les ont veuë[s]. Et ce qui est encore de plus admirable est la tranquilité auec laquelle ce merueilleux personnage, faisoit agir dans cette incomparable magnificence, plus de deux cens personnes en des occupations toutes differentes.

Le lendemain la Reine estant éueillée Monsieur Hesselin pour ne laisser passer à sa Majesté aucun moment sans quelque nouueau diuertissement luy presenta en particulier, Madame de Saint Thomas qui luy donna le plaisir d'entendre plusieurs Airs Italiens & François accompagnée de M. de Molliere touchant le Tuorbe auec des agréements égaux aux charmes d'vne voix si belle & si forte, qu'elle peut chanter vn Recit de quatre-vingts vers sans rien perdre de sa premiere justesse ny de sa premiere douceur.

Ce diuertissement fut suiuy d'vn autre dont la petite fille de M. de Molliere fut le sujet, & qui dansa au son d'vne Guitarre vne Sarabande auec des batteries de Castagnettes, si ajustées que tout en estoit surprenant: à quoy elle ajousta vne plus grande occasion de se faire admirer, lors qu'elle prit vn Clauesin dont elle joüa tant de diuerses pieces auec vne si rare delicatesse & vn si bel air qu'on ne pouuoit croire qu'vne fille de dix ans eut pû arriver à vn point de perfection, qu'vn autre auroit bien de la peine d'acquerir par vne estude continuelle d'vn pareil temps.

La Reine leut en suite auec plaisir vn Poëme Latin, presenté par Monsieur l'Abbé l'Escalopier, & ayant appris son employ ordinaire, elle luy tesmoigna qu'elle le vouloit entendre prescher.

Sa Majesté trouuant tant de charmes differents en cette Maison incomparable, eust souhaitté y plus de sejour, afin de les pouuoir distinguer auec plus de loisir: Mais l'impatience de voir Paris où elle sçauoit estre attenduë, donna quelque precipitation à sa joye & la fit disner plustost qu'elle n'eust voulu.

Pendant le repas Monsieur Hesselin luy fist encore entendre les vingt-quatre Violons, & par interualles vn Concert de Musique, de Voix, Clauesins, Tuorbes, & autres instruments, dont la Reine fut si fort satisfaite, que l'expression qu'elle en donna en partant au Maistre de la Maison, luy firent perdre le souuenir des peines & des fatigues qu'il auoit souffertes pour rendre toutes choses en leur perfection.

Elle sortit à deux heures d'Essaune, & vint coucher à Conflans au logis de Monsieur le Duc de Richelieu, où les Comediens François representerent le Cinna, & le Vendredy apres son disner se mist en chemin pour Paris.

With modernised spelling:

Relation de ce qui s'est passé à l'arrivée de la reine Christine de Suède à Essonne en la maison de Monsieur Hesselin.
Monsieur le duc de Guise ayant écrit à Monsieur Hesselin, maître de la chambre aux deniers du Roi et surintendant de ses plaisirs, que la reine de Suède avait reçu beaucoup de joie d'apprendre qu'elle avait prévenu en tout ce qu'il lui eût pu dire de lui, qui était connu de cette grande princesse par une réputation singulière, comme l'un des plus habiles et plus galants hommes de France, qui fait et entend le mieux toutes choses.

Pour répondre par les effets à cette estime, Monsieur Hesselin se crut obligé de se préparer à la recevoir à sa manière accoutumée, assez connue dès longtemps en France pour l'une des plus spirituelle qui se puissent pratique.

Cette princesse, étant donc arrivée à Essonne le sixième septembre sur les 7 heures du soir, fut conduite dans sa chambre, où, s'étant un peu reposée et témoignant de l'impatience de voir la maison, elle en fut visiter tous les endroits et passa ensuite dans les jardins, trouvant toutes choses si bien entendues et si agréables, tant dehors que dedans, qu'elle dit que l'imagination des poètes et la licence qu'ils se donnent en la description des lieux délicieux n'approchait point des beautés qu'elle voyait.

Et, comme elle eut remarqué dans la grande anticour l'inscription qui est sur la porte du vestibule, «Parva quidem sed», elle la trouva très ingenieuse et dit que la modestie du maître était injurieuse à la maison, n'y ayant pas d'apparence qu'il fallut nommer petit un lieu dans lequel elle avait vu tant d'appartements et lieux différents richement meublés, et où la splendeur et la commodité se rencontraient partout admirablement, ajoutant qu'elle n'avait point trouvé en Italie (qui est le pays des beaux édifices et comme la mère des magnificences) une maison où la nature et l'art se fussent alliée plus heureusement et avec plus d'esprit.

Elle admira surtout la beauté et la diversité des grottes et des fontaines si ingenieusement conduites, même jusque dans les appartements.

La nuit survenue, ayant comme envié à cette princesse le plaisir que lui donnait la vue de ces belles choses, elle en eut bientôt raison, se trouvant soudainement éclairée par une colonne de feu qui parut au travers de mille cristaux à l'entrée d'une chambre à l'italienne, et terminée seulement par une voûte extrêmement exhaussée.

En un moment elle vit une partie de cette chambre s'ouvrir et ensuite une multitude infinie de gens dans une grande salle, de quoi le maître du logis, semblant étonné et se jetant au travers pour les repousser. Voilà que tout à coup et par un admirable artifice il fut enlevé dans la chambre même, qui disparut avec tout ce peuple!

Et, aussitôt on vit une salle ornée de colonnes doriques et d'autres ordres d'architecture, et en laquelle personne ne paraissait — sur quoi l'exclamation fut telle qu'à moins de voir paraître en l'air une nuée flamboyante pleine d'éclairs et de tonnerre et au-dessous les ruines d'une ville toute en feu, on n'aurait peu faire cesser l'admiration que le premier spectacle avait excité.

Comme on était en cette nouvelle surprise, on veit dans la nuée sur un char de triomphe la Renommée, qui, étant venue à travers l'air jusqu'au milieu de la salle, deux enfants ailés lui apportèrent des palmes et des couronnes avec les chiffres de la reine Christine.

La Renommée ayant fait un récit dont la voix et les paroles furent admirées, elle s'envola d'un côté et les enfants de l'autre. A l'instant disparut la nuée et toutes ces ruines de feu, et en leur place on ne vit qu'un enfoncement d'une enfilade de portes de plusieurs appartements au bout de la salle et au travers, dont le premier était gardé par deux Suisses, qu'on croyait y être seulement représentés et feints.

A peine la génie de la France eut-il fait la premiere entrée du ballet, qui n'attira pas moins l'admiration que tout le reste, soit pour la beauté de l'air ou pour celle de sa danse, qu'on vit ces Suisses de détacher de la muraille et danser avec tant de justesse et de grâce qu'ils ne le céderènt point aux plus adroits des Français. Les autres entrées suivirent selon l'ordre marqué dans le récit du ballet, avec plusieurs changements de scènes et de perspectives, tout cela finissant par une grande chambre qui parut ornée d'un lit à alcove et autres embellissements.

Au travers paraissait un grand et spacieux parterre, au milieu duquel, un seigneur espagnol accourant, se trouva devancé par deux de sa suite tenant chacun une guitare, se voyant dans cette chambre, fit connaître tout ce dont est capable M. d'Olivet par la beauté de sa danse, qu'il finit par une sarabande admirable.

Ensuite parut une grotte d'une profondeur extraordinaire, au-dessus de laquelle s'élevait une montagne de cyprès, et du haut tombaient deux rivières effectives, faisants des cascades et jets d'eaux d'une extrême hauteur et grosseur. Ce spectacle finit par une fleur de lis d'eau qui se perdit et s'éloigna de la vue par une nuée qui portait un concert de vingt-quatre violons et d'autant d'autres instruments, avec les douze heures de la nuit qui devaient servir au divertissement de la reine, tenant chacune un flambeau de cire blanche dans leurs maine.

Cette nuée venant à s'abaisser, on aperçut au-dessus s'approcher la montagne et les cascades, faisant un si bel effet à la vue qu'on ne saurait assez bien l'exprimer par le discours. Le grand chœur de musique demeura, et les douze heures descendirent de cette nuée et s'approchèrent de la reine pour la conduire dans une autre grotte, où elle vit tout ce que l'art put faire de plus merveilleux par l'élevation de l'eau et par son bruit, qui fut agréablement interrompu par quantité de hautbois et de musettes excellemment concertées.

Cependant les violons se rendirent dans la salle de la comédie, où la reine, ayant été conduite et chacun assis, le fonds du théâtre s'ouvrit pour faire voir un buffet magnifique plein de vases, bassins, lumières et autres ornements, au-dessous desquels était une quantité d'autres bassins en pyramides de fruits et confitures, composants une somptueuse collation qui fut aussitôt enlevée par six Amours et grand nombre de gens, qui les portèrent à la reine et à toute l'assemblée.

Et, à l'instant, les comédiens lui donnèrent un nouveau divertissement qu'elle admira tant pour la beauté des vers et pour la décoration du théâtre que pour les autres ornements du lieu où il avait été dressé.

La comédie achevée, on fut à peine hors de la salle que la reine et toute l'assemblée, conduite par un nombre infini de flambeaux de cire blanche, se trouva sur un balcon au bout d'un canal plain de jets d'eau, qui parurent à la lueur d'un grand feu d'artifice, dont la face représentait très distinctement les Trois Couronnes et les chiffres de la reine, avec cette devise: «Donat et servat», que la seule clarté du feu faisait facilement lire, joint mille figures différentes et mille rayons de feu qui s'élevaient et se perdaient en l'air, d'où tombaient ensuite un nombre infini de serpenteaux enflammés et d'étoilles brillantes, avec un bruit et un pétillement agréable qui s'entendait au travers des trompettes, tambours, hautbois, musettes et violons.

Certainement la diversité de tous ces spectacles, si bien entendus que tout ce qui était feint y paraissait naturel, donna lieu à cette princesse, dont l'intelligence est si parfaite et la raison si sublime de juger par la magnificence d'un particulier domestique de son roi quelle doit être celle de son maître, parmi les grandeurs, la puissance et les autres avantages d'un si florissant royaume.

Ainsi, pleine de joie et d'admiration, elle se retira dans sa chambre éclairée de quantité de flambeaux, qui faisaient un jour au milieu de la nuit, souhaitant avec impatience le lendemain pour se renouveler le plaisir des beaux objets que les ténèbres lui avaient cachés, et dont il nous suffira de dire qu'après qu'on les a bien considérés, on se défie de ses propres yeux, et on doute si ce qu'on a vu est une vérité ou une illusion.

Mademoiselle se trouva présente à tous ces divertissements, s'étant rencontrée à Essonne incontinent après que la reine y fut arrivée. Elle vint saluer Sa Majesté, qui la reçut avec beaucoup de civilité, l'ayant baisée et ensuite embrassée plusieurs fois, lui faisant donner un fauteuil auprès d'elle, afin qu'elle prît part au divertissement qui lui était préparé, la traitant toujours en fille de France.

Dans le rencontre de ce magnifique divertissement, l'on peut dire sans flatterie que Monsieur de Molière s'est surpassé lui-même, tant par ses beaux vers et le merveilleux air du récit du ballet lequel fut accompagné d'une symphonie toute divine que par la politesse et la justesse de sa danse, faisant admirer à tout le monde ce qui rassemble en sa seule personne un poète galant, un savant musicien et un excellent danseur.

Le sieur de Gros, qui chanta ce beau récit, n'ayant besoin que de sa voix et de sa disposition ordinaire pour charmer les oreilles de tous ceux qui l'entendent, avec la même facilité qu'il eut à ravir cette grande reine, fit avouer à tout le reste de ses auditeurs qu'il n'y avait que lui capable d'entreprendre et d'exécuter ces merveilles.

Les sieurs Beauchamp, le Vacher, des Airs et Dolivet ne s'y sont pas rendus moins considérables par la diversité de leurs danses et les artificieux démêlés de leurs entrées, qui exprimaient si naïvement les personnages qu'ils avaient à représenter que bien qu'ils n'en fussent que des copies, on les prenait pour les originaux mêmes.

Aussi faut-il confesser que, pour conduire une si belle et grande entreprise à une si heureuse fin, les ordres qu'ils en avaient reçus avec une joie indicible de Monsieur Hesselin, comme de leur chef, leur avaient servi d'autant d'âmes pour les animer tous à exécuter ponctuellement les merveilleux projets de son esprit, le plaisir de lui obéir leur inspirant des choses si belles et si extraordinaire[s] qu'ils ne sont croyables qu'à ceux qui les ont vue[s]. Et ce qui est encore de plus admirable est la tranquilité avec laquelle ce merveilleux personnage faisait agir dans cette incomparable magnificence, plus de deux cent personnes en des occupations toutes différentes.

Le lendemain la reine, étant éveillée Monsieur Hesselin pour ne laisser passer à Sa Majesté aucun moment sans quelque nouveau divertissement, lui présenta en particulier Madame de Saint-Thomas, qui lui donna le plaisir d'entendre plusieurs airs italiens et français, accompagnée de Monsieur de Molière, touchant le théorbe avec des agréements égaux aux charmes d'une voix si belle et si forte qu'elle peut chanter un récit de quatre-vingts vers sans rien perdre de sa première justesse, ni de sa première douceur.

Ce divertissement fut suivi d'un autre dont la petite fille de Monsieur de Molière fut le sujet, et qui dansa au son d'une guitare une sarabande avec des batteries de castagnettes si ajustées que tout en était surprenant, à quoi elle ajouta une plus grande occasion de se faire admirer lorsqu'elle prit un clavecin dont elle joua tant de diverses pièces avec une si rare délicatesse et un si bel air qu'on ne pouvait croire qu'une fille de dix ans eut pu arriver à un point de perfection qu'un autre aurait bien de la peine d'acquérir par une étude continuelle d'un pareil temps.

La reine lut ensuite avec plaisir un poème latin, présenté par Monsieur l'abbé l'Escalopier; et, ayant appris son emploi ordinaire, elle lui témoigna qu'elle le voulait entendre prêcher.

Sa Majesté, trouvant tant de charmes différents en cette maison incomparable, eut souhaité y plus de séjour, afin de les pouvoir distinguer avec plus de loisir; mais l'impatience de voir Paris, où elle savait être attendue, donna quelque précipitation à sa joie et la fit dîner plus tôt qu'elle n'eût voulu.

Pendant le repas Monsieur Hesselin lui fit encore entendre les vingt-quatre violons, et par intervalles un concert de musique, de voix, clavecins, théorbes et autres instruments, dont la reine fut si fort satisfaite que l'expression qu'elle en donna en partant au maître de la maison lui firent perdre le souvenir des peines et des fatigues qu'il avait souffertes pour rendre toutes choses en leur perfection.

Elle sortit à deux heures d'Essonne et vint coucher à Conflans au logis de Monsieur le duc de Richelieu, où les comédiens français représentèrent le Cinna, et le vendredi après son dîner se mit en chemin pour Paris.

Swedish translation (my own):

Redogörelse av vad som skedde vid drottning Kristinas av Sverige ankomst till Essonne i monsieur Hesselins hus.
Monsieur hertigen de Guise skrev till Monsieur Hesselin, mästare i Konungens Räntekammare och föreståndare för hans nöjen, att drottningen av Sverige hade fått stor glädje av att få veta att hon hade förutsett allt han kunde ha sagt till henne om honom, som var känd av denna stora prinsessa genom ett enastående rykte, som en av de duktigaste, bästa och tappraste män i Frankrike.

För att bemöta denna aktning med effekter, ansåg sig monsieur Hesselin vara förpliktad att förbereda sig för att ta emot henne på sitt vana sätt, känt sedan länge i Frankrike som en av de mest spirituella som kan utövas.

Denna prinsessa, efter att ha anlänt till Essonne den 6 september vid klockan 7 på kvällen, fördes till sin kammare, där hon, efter att ha vilat lite och betygat otålighet att se huset, gick för att besöka alla ställena och gick sedan ut i trädgårdarna och fann allt så genomtänkt och så behagligt, både utomhus och inomhus, att hon sade att poeternas fantasi och den licens de tar för att beskriva förtjusande platser inte närmade sig de skönheter hon såg.

Och, som hon i det stora förhovet hade lagt märke till inskriptionen som finns på dörren till förstugan, »Parva quidem sed«, fann hon den mycket ingenjös och sade att mästarens blygsamhet var skadlig för huset, att det såg ut som att det var nödvändigt att kalla ett litet ställe där hon hade sett så många appartemanger och olika platser rikt möblerade, och där prakt och kommoditeter möttes överallt beundransvärt, och tillade att hon inte funnit i Italien (som är de vackra byggnadernas land och så att säga storhetens moder) ett hus där naturen och konsten hade förenat sig lyckligare och med mer espri.

Hon beundrade särskilt skönheten och diversiteten hos grottorna och fontänerna så ingenjöst konducerade, även in i appartemangerna.

När natten föll, efter att ha avundat denna prinsessa det nöje som åsynen av dessa vackra saker gav henne, fick hon snart anledning att göra det, och hon fann sig plötsligt upplyst av en eldpelare som dök upp genom tusen kristaller vid ingången till en kammare i italiensk stil, som endast slutade i ett extremt högt valv.

I ett ögonblick såg hon en del av denna kammare öppnas och sedan en oändlig mängd människor i en stor sal, vid vilken logimästaren, som tycktes förvånad, kastade sig igenom för att driva dem tillbaka. Plötsligt, och av en beundransvärd konst, fördes han in i själva kammaren, som försvann med alla dessa människor!

Och omedelbart sågs en kammare dekorerad med doriska kolonner och andra arkitekturorder, och i vilken ingen syntes — varpå utropet var sådant att man inte kunde hejda den beundran som det första spektaklet hade väckt, om inte ett flammande moln fullt av blixtar och åska dök upp i luften och under ruinerna av en stad helt i brand.

När man befann sig i denna nya överraskning, såg man Fama i molnet på en triumfvagn, som, efter att ha kommit genom luften till mitten av kammaren, två bevingade barn förde hennes handflator och kronor med drottning Kristinas chiffer.

Fama, efter att ha givit en berättelse vars röst och ord beundrades, flög hon iväg åt ena sidan och barnen till den andra. Genast försvann molnet och alla dessa eldruiner, och i deras ställe sågs endast öppnandet av en serie dörrar till flera lägenheter i slutet av rummet och tvärs över det, av vilka den första bevakades av två schweizare, som man trodde bara var representerade och låtsades där.

Knappast hade Frankrikes geni gjort balettens första entré, som väckte inte mindre beundran än alla de andra, vare sig för arians skönhet eller för dansens skönhet, att dessa schweizare sågs lossa sig från väggen och dansa med sådan precision och elegans, att de inte var underlägsna de skickligaste av fransmännen. De övriga ingångarna följde efter den ordning som markerats i balettens berättelse, med flera scen- och perspektivbyten, allt detta slutade med ett stort rum som såg ut att vara prydt med en alkovssäng och annan utsmyckning.

Tvärs över dök en stor och rymlig parterr upp, i mitten av vilken en spansk herre sprang upp, befann sig föregås av två av sina följe, med varsin gitarr. När han såg sig själv i detta rum visade han allt som monsieur d'Olivet är kapabel till genom skönheten i sin dans, som han avslutade med en beundransvärd saraband.

Sedan dök upp en grotta av utomordentligt djup, ovanför vilken reste sig ett berg av cypresser, och från toppen föll två effektiva floder, som skapade kaskader och vattenstrålar av en extrem höjd och storlek. Detta skådespel slutade med en liljeblomma av vatten som förlorades och flyttades bort från synen av ett moln som bar en konsert med tjugofyra violiner och lika många andra instrument, med de tolv timmarna på natten som skulle tjäna till drottningens underhållning, var och en med en fackla av vitt vax i sina händer.

När detta moln sänkte sig sågs berget och vattenfallen närma sig ovanför, vilket skapade en så vacker effekt på utsikten att den inte kan uttryckas tillräckligt i ord. Den stora musikkören fanns kvar, och de tolv timmarna steg ner från detta moln och närmade sig drottningen för att leda henne in i en annan grotta, där hon såg allt det förunderligaste konsten kunde göra av vattnets höjd och av dess brus, som behagligt avbröts av en mängd håbojor och musetter, som var utmärkt koncerterade.

Emellertid gick fiolerna in i komedisalen, där, efter att drottningen förts dit och alla hade satt sig, öppnades baksidan av teatern för att avslöja en magnifik buffé fylld med vaser, bassänger, ljus och andra prydnadsföremål, under vilka det fanns en mängd andra pyramidformade bassänger med frukt och konfekt, som utgjorde en överdådig kollation som omedelbart avlägsnades av sex amoriner och ett stort antal människor, som bar dem till drottningen och hela församlingen.

Och omedelbart gav skådespelarna henne en ny underhållning som hon beundrade lika mycket för skönheten i verserna och utsmyckningen av teatern som för de andra prydnaderna på platsen där den hade satts upp.

Komedin var över, de var knappt ute ur salen när drottningen och hela församlingen, ledda av ett oändligt antal vita vaxfacklor, befann sig på en balkong vid slutet av en kanal full av vattenstrålar, som framträdde i ljuset av ett stort fyrverkeri, vars ansikte mycket tydligt representerade de Tre Kronorna och drottningens chiffer, med detta motto: »Donat et servit«, som enbart eldens ljus gjorde lätt att läsa. Till den förenades tusen olika gestalter och tusen strålar av eld, som steg och försvann i luften, från vilka sedan föll ett oändligt antal flammande ormar och lysande stjärnor, med ett brus och ett behagligt gnistrande som hördes genom trumpeterna, trummorna, håbojorna, musetterna och fiolerna.

Visserligen gav mångfalden av alla dessa skådespel, så väl förstått att allt som låtsades verkade naturligt, upphov till denna prinsessa, vars intelligens är så perfekt och vars förnuft så sublimt, att bedöma efter storheten hos en privat tjänare till konungen vad hans herres måste vara, bland storheten, makten och de andra fördelarna hos ett sådant rike.

Så, full av glädje och beundran, drog hon sig tillbaka till sin kammare, upplyst av ett antal facklor, som gjorde en dag mitt i natten, otåligt önskande att nästa dag skulle förnya njutningen av de vackra föremål som mörkret hade gömt för henne, och om vilka det får räcka att säga, att sedan man väl övervägt dem, misstror man sina egna ögon, och man tvivlar på om det man sett är en sanning eller en illusion.

Mademoiselle var närvarande vid alla dessa underhållningar och möttes i Essonne omedelbart efter att drottningen anlänt dit. Hon kom för att hälsa Hennes Majestät, som tog emot henne med stor artighet, efter att ha kysst och sedan omfamnat henne flera gånger, och givit henne en fåtölj bredvid sig så att hon kunde delta i den underhållning som förberetts för henne, och alltid behandlat henne som en dotter av Frankrike.

I mötet med denna magnifika underhållning kan man utan smicker säga att monsieur Molière överträffade sig själv lika mycket genom sina vackra verser och den fantastiska arian i balettens recit, som ackompanjerades av en helt gudomlig symfoni, som genom artigheten och noggrannheten i hans dans, vilket fick alla att beundra vad som förenar i honom en enda person: en galant poet, en lärd musiker och en utmärkt dansare.

Monsieur de Gros, som sjöng denna vackra recit, behövde bara sin röst och sitt vanliga sinnelag för att charmera allas hördes öron, med samma lätthet som han hänförde denna stora drottning, och fick alla sina övriga lyssnare att erkänna att han var den ende som var kapabel att företa sig och utföra dessa underverk.

Messieurs Beauchamp, le Vacher, des Airs och Dolivet var inte mindre kända för mångfalden i sina danser och de konstfulla vändningarna i sina entréer, som så naivt uttryckte de karaktärer de hade att representera att de, trots att de bara var kopior, själva togs för original.

Det måste också erkännas att, för att leda ett så vackert och stort företag till ett så lyckligt slut, hade de order de mottagit med outsäglig glädje från monsieur Hesselin, liksom från sin ledare, tjänat som så många själar för att besjäla dem alla att punktligt utföra hans sinnes fantastiska projekt, nöjet att lyda honom inspirerat dem med saker så vackra och så extraordinära att de bara är trovärdiga för dem som har sett dem. Och vad som är ännu mer beundransvärt är det lugn med vilket denna fantastiska personage fick mer än tvåhundra människor att verka i denna ojämförliga prakt, i helt olika sysselsättningar.

Denna underhållning följdes av en annan där monsieur de Molières lilla flicka var föremålet, och som dansade en saraband till ljudet av en gitarr med kastanjetter så välstämda att allt i den var överraskande, till vilket hon lade ytterligare ett tillfälle att göra sig beundrad när hon tog upp en klavecin på vilken hon spelade så många olika stycken med en sådan sällsynt delikatesse och en så vacker air att man inte kunde tro att en tioårig flicka kunde ha nått en punkt av perfektion som en annan skulle ha stora svårigheter att uppnå genom kontinuerliga studier under så lång tid.

Drottningen läste sedan med glädje en latinsk dikt, framlagd av monsieur abbén l'Escalopier; och efter att ha lärt sig dess vanliga användning, sade hon till honom att hon ville höra honom predika den.

Hennes Majestät, som fann så många olika charmar i detta ojämförliga hus, skulle ha önskat stanna där längre för att kunna njuta av dem med mer avkoppling; men otåligheten att se Paris, där hon visste att hon väntades, gav lite av sin glädje och fick henne att äta middag tidigare än hon skulle ha önskat.

Under måltiden lät monsieur Hesselin henne återigen höra de tjugofyra violinerna, och med jämna mellanrum en konsert med musik, röster, klavecin, teorber och andra instrument, med vilka drottningen var så nöjd att det uttryck hon gav husets herre när hon gick fick honom att tappa minnet av de mödor och den trötthet han hade lidit för att återställa allt till fullkomlighet.

Hon lämnade Essonne klockan två och gav sig av och lade sig i Conflans, hos herr hertigen av Richelieu, där de franska komedianterna uppförde Cinna, och på fredagen, efter middagen, begav hon sig till Paris.

English translation (my own):

Relation of what happened on the arrival of Queen Kristina of Sweden in Essonne at the house of Monsieur Hesselin.
Monsieur the Duke de Guise wrote to Monsieur Hesselin, master of the King's Chamber of Funds and superintendent of his pleasures, that the Queen of Sweden had received great joy in learning that she had anticipated everything he could have said to her about him, who was known to this great princess by a singular reputation, as one of the most able and gallant men in France, who does and understands all things best.

To respond by effects to this esteem, Monsieur Hesselin believed himself obliged to prepare to receive her in his accustomed manner, well-known for a long time in France as one of the most witty that can be practiced.

This princess, having arrived in Essonne on September 6 at around 7 o'clock in the evening, was taken to her chamber, where, having rested a little and testifying impatience to see the house, she went to visit all the places and then went into the gardens, finding everything so well thought-out and so agreeable, both outdoors and indoors, that she said that the imagination of poets and the license they take in describing delightful places did not approach the beauties she saw.

And, as she had noticed in the great antecourt the inscription which is on the door of the vestibule, "Parva quidem sed", she found it very ingenious and said that the modesty of the master was injurious to the house, there being no appearance that it was necessary to call small a place in which she had seen so many apartments and different places richly furnished, and where splendour and commodity met everywhere admirably, adding that she had not found in Italy (which is the country of beautiful buildings and, as it were, the mother of magnificence) a house where nature and art had allied themselves more happily and with more esprit.

She especially admired the beauty and diversity of the grottoes and fountains so ingeniously conducted, even into the apartments.

When night fell, having envied this princess the pleasure that the sight of these beautiful things gave her, she soon had reason to do so, finding herself suddenly illuminated by a column of fire which appeared through a thousand crystals at the entrance to a chamber in the Italian style, ending only in an extremely high vault.

In a moment she saw a part of this chamber open and then an infinite multitude of people in a large hall, at which the master of the lodging, seeming astonished, threw himself through to drive them back. Suddenly, and by an admirable artifice, he was taken into the chamber itself, which disappeared with all these people!

And immediately a chamber was seen decorated with Doric columns and other orders of architecture, and in which no one appeared — whereupon the exclamation was such that, unless a flaming cloud full of lightning and thunder appeared in the air and below the ruins of a city all on fire, one could not stop the admiration which the first spectacle had excited.

As one was in this new surprise, one saw Fame in the cloud on a triumphal chariot, who, having come through the air to the middle of the chamber, two winged children brought her palms and crowns with the ciphers of Queen Kristina.

Fame having given a story whose voice and words were admired, she flew off to one side and the children to the other. Instantly the cloud and all those ruins of fire disappeared, and in their place was seen only the opening of a series of doors of several apartments at the end of the room and across it, the first of which was guarded by two Swisses, who were believed to be only represented and feigned there.

Hardly had the genius of France made the first entrance of the ballet, which attracted no less admiration than all the rest, whether for the beauty of the aria or for that of its dancing, that these Swisses were seen to detach themselves from the wall and dance with such precision and grace that they were not inferior to the most skillful of the French. The other entrances followed according to the order marked in the narrative of the ballet, with several changes of scene and perspective, all this ending with a large room which appeared to be adorned with an alcove bed and other embellishments.

Across appeared a large and spacious parterre, in the middle of which, a Spanish lord running up, found himself preceded by two of his retinue, each holding a guitar. Seeing himself in this room, he showed all that Monsieur d'Olivet is capable of by the beauty of his dance, which he finished with an admirable sarabande.

Then appeared a grotto of extraordinary depth, above which rose a mountain of cypress trees, and from the top fell two effective rivers, making cascades and jets of water of an extreme height and size. This spectacle ended with a fleur-de-lis of water which was lost and moved away from sight by a cloud which carried a concert of twenty-four violins and as many other instruments, with the twelve hours of the night which were to serve for the Queen's entertainment, each holding a torch of white wax in their hands.

As this cloud was lowering, the mountain and the waterfalls were seen approaching above, creating such a beautiful effect on the view that it cannot be sufficiently expressed in words. The great choir of music remained, and the twelve hours descended from this cloud and approached the Queen to lead her into another grotto, where she saw all the most marvellous things art could do by the elevation of the water and by its noise, which was agreeably interrupted by a quantity of oboes and musettes excellently concerted.

Meanwhile, the violins went into the comedy hall, where, the Queen having been led there and everyone having been seated, the back of the theater opened to reveal a magnificent buffet filled with vases, basins, lights, and other ornaments, beneath which were a quantity of other pyramid-shaped basins of fruit and sweetmeats, making up a sumptuous collation that was immediately removed by six Cupids and a large number of people, who carried them to the Queen and the entire assembly.

And, immediately, the actors gave her a new entertainment that she admired as much for the beauty of the verses and the decoration of the theater as for the other ornaments of the place where it had been set up.

The comedy over, they were hardly out of the hall when the Queen and the whole assembly, led by an infinite number of white wax torches, found themselves on a balcony at the end of a canal full of jets of water, which appeared in the light of a great firework, the face of which very distinctly represented the Three Crowns and the Queen's ciphers, with this motto: "Donat et servat", which the light of the fire alone made easily read. Joined to it were a thousand different figures and a thousand rays of fire which rose and disappeared in the air, from which then fell an infinite number of flaming serpents and brilliant stars, with a noise and a pleasant sparkling which was heard through the trumpets, drums, oboes, musettes and violins.

Certainly the diversity of all these spectacles, so well understood that everything that was feigned seemed natural, gave rise to this princess, whose intelligence is so perfect and whose reason so sublime, to judge by the magnificence of a private domestic of the King what that of his master must be, among the greatness, the power and the other advantages of such a flourishing kingdom.

So, full of joy and admiration, she withdrew to her chamber, lit by a number of torches, which made a day in the middle of the night, impatiently wishing for the next day to renew the pleasure of the beautiful objects that the darkness had hidden from her, and of which it will suffice to say that after one has considered them well, one distrusts one's own eyes, and one doubts whether what one has seen is a truth or an illusion.

Mademoiselle was present at all these entertainments, being met at Essonne immediately after the Queen had arrived there. She came to greet Her Majesty, who received her with great civility, having kissed and then embraced her several times, having given her an armchair near her so that she could take part in the entertainment that was prepared for her, always treating her as a daughter of France.

In the rencontre of this magnificent entertainment, one can say without flattery that Monsieur Molière surpassed himself as much by his beautiful verses and the marvellous aria of the recit of the ballet which was accompanied by a quite divine symphony as by the politeness and the accuracy of his dancing, making everyone admire what unites in his one person a gallant poet, a learned musician and an excellent dancer.

Monsieur de Gros, who sang this beautiful recit, needing only his voice and his ordinary disposition to charm the ears of all those who heard him, with the same ease with which he ravished this great Queen, made all the rest of his listeners admit that he was the only one capable of undertaking and executing these marvels.

Messieurs Beauchamp, le Vacher, des Airs and Dolivet were no less notable for the diversity of their dances and the artful twists and turns of their entrances, which so naively expressed the characters they had to represent that, although they were only copies, they were taken for the originals themselves.

It must also be confessed that, in order to lead such a beautiful and great enterprise to such a happy end, the orders they had received with unspeakable joy from Monsieur Hesselin, as from their leader, had served as so many souls to animate them all to punctually execute the marvellous projects of his mind, the pleasure of obeying him inspiring them with things so beautiful and so extraordinary that they are only believable to those who have seen them. And what is even more admirable is the tranquility with which this marvellous personage made more than two hundred people act in this incomparable magnificence, in completely different occupations.

This entertainment was followed by another in which Monsieur de Molière's little girl was the subject, and who danced a saraband to the sound of a guitar with castanets so well tuned that everything in it was surprising, to which she added a greater occasion to make herself admired when she took up a harpsichord on which she played so many different pieces with such rare delicacy and such a beautiful air that one could not believe that a ten year old girl could have reached a point of perfection that another would have great difficulty in acquiring through continual study for such a long time.

The Queen then read with pleasure a Latin poem, presented by Monsieur the abbé l'Escalopier; and, having learned its ordinary use, she told him that she wanted to hear him preach it.

Her Majesty, finding so many different charms in this incomparable house, would have wished to stay there longer, in order to be able to distinguish them with more leisure; but the impatience of seeing Paris, where she knew she was waited for, gave some precipitation to her joy and made her dine earlier than she would have wanted.

During the meal, Monsieur Hesselin again let her hear the twenty-four violins, and at intervals a concert of music, voices, harpsichords, theorbos and other instruments, with which the Queen was so greatly satisfied that the expression she gave to the master of the house as she left made him lose the memory of the pains and fatigues he had suffered to restore all things to perfection.

She left Essonne at two o'clock and came to sleep at Conflans at the home of Monsieur the Duke de Richelieu, where the French comedians performed Cinna, and on Friday, after her dinner, set off for Paris.


Above: Kristina.


Above: Mademoiselle de Montpensier.


Above: Louis Hesselin.

Notes: Mademoiselle = Anne Marie Louise d'Orléans, Mademoiselle de Montpensier (1627-1693). She famously wrote about her meeting with Kristina at Essonne and a vivid description of her in her memoirs.

Beauchamp = Pierre Beauchamp (1631-1705), a French choreographer, dancer and composer, and the probable inventer of Beauchamp-Feuillet notation.

Dolivet = Hilaire Dolivet.

Cinna = a tragedy by Pierre Corneille, written for the Théâtre du Marais in 1641 and published two years later.

Tuesday, October 14, 2025

Kristina's letter to General Hans Christoff von Königsmarck, concerning the garrison in Bremen-Verden, dated April 3/13 (Old Style), 1646

Sources:

Riksarkivet, images 102 to 103/pages 96 to 97 in Tyskt och latinskt registraturet (1646); Riksregistraturet


Philemeri Irenici Elisii Diarium Europæum, pages 139 to 140, published by Philemerus Irenicus Elisius (Martin Meyer), published 1657; original at the Bavarian State Library (Staatliche Bibliothek Regensburg)


The letter:

Christina etc.
Vnsern gnädigsten gruß Vndt wollgeneigten willen ZuVohr, Woll Edler Gestreng[er] Vndt Vester besonders lieber Vndt Getrewer. Es Haben beijdes die alhier anietzo anwehsende Ertzbischöfliche brehmische Abgesanten sich beklaget, sampt sollet ihr mit einigen Völckern etwas feindtliches wieder das Hauß brehmer Vöhrden Zu tentiren Vndt ins Werck Zu setzen Vorhabens sein, Ob nun woll der Veranlaßete restitutions tractat für diesesmahl alhie wegen ermanglender noth[t]ürfftiger Vollmacht seinen [fortgang] nicht erreichen, weniger ein gewißer schluß darinnen gemacht werden können, Sondern alles biß auf weitere Vollkomliche abhandelung außgestellet worden, Wir gleichwoll inmittelst bewilliget, das des H. Ertzbischofs Ld. das Hauß brehmer Vörde[n] mit ihrer Guarnison Jedoch ohne Jenige disposition Vber das darunter Liegende Ampt besetzt beHalten mögen, Vndt weil Wihr Vermuthen wollen, es werde solchem nach der Commendant in gemelten Brehmer Vörde[n] aller excursionen Vndt actualitet sich entHalten; Also ist Hiemit Vnser gnädigster wille Vndt befehl, das auch Jhr Vndt Ewre VnterHabende Völcker Euch aller feindtseeligkeit Vndt attacque gegen gemeltes Haus entHaltet, Wie Wir dan auch dem Commissario Peter Branten, wegen reichung der HiebeVor bewilligten Monatlichen VnterHalt für die Guarnisonen daselbst behörliche ordre ertheilet Haben, Solte aber v̈ber alles Vormuthen der Commendant Zu gedachtem BrehmerVörde[n] mit außfällen oder andern feindtlichen attentaten einige hostilitet Verv̈ben, beobachtet Jhr solches billig, Vndt werdet demselben mit gebührender Manier Zu begegnen Vndt abZuwehren wißen, Wir wollen Es Euch also Zur nachricht nicht VerHalten etc.

P. S.
Besonders lieber Vndt getreuer, Beijkommendes ist ein Doublet Von dem Jenigen schreiben So Wir gestriges tages beij expedirung deren Ertz bischoflichen Brehmischen Gesanten an Euch abgehen Laßen, Vndt wollen Wir gnädigst, das Jhr denenselben also gebührent nachKommet, Wir Haben aber ietzig ein Doublet eine Clausul annectiret, wie Jhr Euch Zu VerHalten Habet, Jm fall etwa der Commendant auf brehmer Vörde[n] ohne Jenige Von Euch oder dehnen Eurigen gegebene Vhrsach einige actualitet oder feintsehligkeit mit außfällen oder anders enormiteten Verüben solte, Vndt werdet ihr beijdes mit guter discretion woll in acht Zu nehmen Vndt Zu observiren wißen / etc.
Christina /

With modernised spelling:

Christina, etc.
Unsern gnädigsten Gruß und wohlgeneigten Willen zuvor.
Wohledler, gestreng[er] und vester,
Besonders lieber und getreuer,
Es haben beides die allhier anjetzo anwesende erzbischöfliche bremische Abgesandten sich beklagt, samt sollt Ihr mit einigen Völkern etwas feindliches wider das Haus Bremer-Verden zu tentieren und ins Werk zu setzen Vorhabens sein. Ob nun wohl der veranlasste Restitutionstraktat für dieses Mal allhie wegen ermanglender, notdürftiger Vollmacht seinen [Fortgang] nicht erreichen, weniger ein gewisser Schluß darinnen gemacht werden können, sondern alles bis auf weitere vollkommliche Abhandlung ausgestellt worden, Wir gleichwohl inmittelst bewilligt, dass des Herrn Erzbischofs Liebden, das Haus Bremer-Verde[n] mit ihrer Garnison jedoch ohne jenige Disposition über das darunterliegende Amt besetzt behalten mögen.

Und weil Wir vermuten wollen, es werde solchem nach der Kommandant in gemählten Bremer-Verde[n] aller Exkursionen und Aktualität sich enthalten, also ist hiemit Unser gnädigster Wille und Befehl, dass auch Ihr und Eure unterhabende Völker Euch aller Feindseligkeit und Attack gegen gemähltes Haus enthaltet; wie Wir dann auch dem commissario Peter Brandten wegen Reichung der hiebevor bewilligten monatlichen Unterhalt für die Garnisonen daselbst behörliche Order ertheilt haben, sollte aber über alles vormuten der Kommandant zu gedachtem Bremer-Verde[n] mit Ausfällen oder andern feindlichen Attentaten einige Hostilität verüben, beobachtet Ihr solches billig, und werdet demselben mit gebührender Manier zu begegnen und abzuwehren wissen. Wir wollen es Euch also zur Nachricht nicht verhalten, etc.

P. S.
Besonders lieber und getreuer,
Beikommendes ist ein Dublette von demjenigen Schreiben, so Wir gestriges Tages bei Expedierung deren erzbischöflichen bremischen Gesandten an Euch abgehen lassen; und wollen Wir gnädigst, dass Ihr denenselben also gebührend nachkommet, Wir haben aber jetzig ein Dublette eine Klausul annektiert, wie Ihr Euch zu verhalten habet, im Fall etwa der Kommandant auf Bremer-Verde[n] ohne jenige von Euch oder denen eurigen gegebene Ursach einige Aktualität oder Feindseligkeit mit Ausfällen oder anders Enormitäten verüben sollte, und werdet Ihr Beides mit guter Diskretion wohl in Acht zu nehmen und zu observieren wissen, etc.
Christina.

Elisius'/Meyer's transcript of the letter:

Christina: etc.
Vnsern gnädigsten Gruß vnd wolgeneigten Willen zuvor; Wol-Edler / Gestrenger vnd Vester / besonders Lieber vnd Getrewer. Es haben bey Vns die / allhier anjetzo anwesende / Ertz-Bischoffliche / Brehmische Abgesandten sich beklagett / sambt soltet Jhr / mit einigen Völckern etwas feindliches wider das Hauß Brehmer-Vöhrde zu versuchen vnd ins Werck zu setzen vorhabens seyn. Ob nun zwar die veranlassete Abhandlung wegender Wiedereinräumung für diesesmal allhie / wegen ermanglender / nothtürfftiger Vollmacht / seinen Fortgang nicht erreichet / weniger ein gewisser Schluß darinnen gemachet werden können / söndern alles / biß auff weitere / vollnkömliche Abhandlung / außgestellet worden: So haben wir gleichwol immittelst bewilliget / daß des Herrn Ertz-Bischoffs Liebd. das Hauß Brehmer-Vöhrde / mit jhrer Besatzung / jedoch ohne einige Gewalt über das / darunter ligende Ampt besetzt behalten mögen / Vnd / wie Wir vermuhten wollen / es werde solchem nach / der Befehlshaber in gemeldtem Brehmer-Vöhrde aller Außfälle vnd Thätlichkeit sich enthalten; Also ist hiemit Vnser gnädigster Wille vnd Befehl / daß auch Jhr / vnd Ewre vnterhabende Völcker / Euch aller Feindseligkeit vnd Anfals gegen gemeldes Hauß enthaltet. Wie wir dann auch den Abgeordneten Peter Brandten wegen Reichung des hiebevor bewilligten / Monatlichen Vnterhalts / für die Besatzung daselbst / behörliche Ordre ertheilet haben. Wir wolten es Euch also / zur Nachricht / in Gnaden nicht verhalten / wormit Wir Euch stets beygethan verbleiben / vnd Göttlicher Bewahrung beharlich empfehlen. Gegeben zu Stockholm / den 3. April / im Jahr 1646.
Christina.

With modernised spelling:

Christina, etc.
Unsern gnädigsten Gruß und wohlgeneigten Willen zuvor.
Wohledler, gestrenger und vester,
Besonders lieber und getreuer,
Es haben bei Uns die allhier anjetzo anwesende ertzbischöfliche bremische Abgesandten sich beklagt, samt solltet Ihr mit einigen Völkern etwas feindliches wider das Haus Bremer-Verde[n] zu versuchen und ins Werk zu setzen Vorhabens sein. Ob nun zwar die veranlasste Abhandlung wegen der Wiedereinräumung für dieses Mal allhie wegen ermanglender, notdürftiger Vollmacht seinen Fortgang nicht erreicht, weniger ein gewisser Schluß darinnen gemacht werden können, söndern alles bis auf weitere vollenkommliche Abhandlung ausgestellt worden, so haben Wir gleichwohl inmittelst bewilligt, dass des Herrn Erzbischofs Liebden das Haus Bremer-Verde[n] mit ihrer Besatzung, jedoch ohne einige Gewalt über das darunterliegende Amt besetzt behalten mögen.

Und, wie Wir vermuten wollen, es werde solchem nach der Befehlshaber in gemähltem Bremer-Verde[n] aller Ausfälle und Tätlichkeit sich enthalten, also ist hiemit Unser gnädigster Wille und Befehl, dass auch Ihr und Eure unterhabende Völker Euch aller Feindseligkeit und Anfalls gegen gemähltes Haus enthaltet. Wie wir dann auch den Abgeordneten Peter Brandten wegen Reichung des hiebevor bewilligten monatlichen Unterhalts für die Besatzung daselbst behörliche Order erteilt haben, Wir wollten es Euch also zur Nachricht in Gnaden nicht verhalten, womit Wir Euch stets beigetan verbleiben und göttlicher Bewahrung beharrlich empfehlen. Gegeben zu Stockholm, den 3. April im Jahr 1646.
Christina.

French translation (my own):

Christine, etc.
Nos salutations très gracieuses et Notre bienveillante inclination.
Noble, sévère et constant seigneur,
Notre particulièrement cher et féal homme,
Les deux envoyés de l'archevêque de Brême présents ici se sont plaints que vous et certaines personnes seriez en train de planifier et d'exécuter quelque chose d'hostile contre la maison de Brême-Verden. Bien que le traité de restitution qui a été conclu ne puisse être finalisé ici à ce moment, faute d'autorité nécessaire, ou même si une certaine conclusion peut en être tirée, mais que toute discussion complète à ce sujet ait été suspendue jusqu'à nouvel ordre, Nous avons néanmoins accordé que la Maison de Brême-Verden et sa garnison puissent rester occupées par Sa Dilection l'archevêque, mais sans aucune disposition du comté sous-jacent.

Et parce que Nous supposons que le commandant de ladite Brême-Verden s'abstiendra de toute expédition et de toute action, Nous vous prions, ainsi qu'à vos subordonnés, de vous abstenir aussi de toute hostilité et de toute attaque contre ladite Maison. Comme Nous avons aussi donné des ordres officiels au commissaire Pierre Brandt concernant la distribution des indemnités mensuelles précédemment approuvées pour les garnisons de cette maison, si, toutefois, le commandant de ladite Brême-Verden commettait une quelconque hostilité par des sorties ou autres attaques hostiles, vous observeriez attentivement cette situation et sauriez la contrer et la repousser avec les bonnes manières. Nous ne souhaitons donc pas vous cacher cette information, etc.

Apostille.
Notre particulièrement cher et féal homme,
Nous vous adressons un double de la lettre que Nous vous avons adressée hier, lorsque l'archevêque de Brême a envoyé son émissaire. Nous vous prions de bien vouloir vous y conformer comme il se doit. Nous joignons cependant un double de la clause stipulant la conduite à tenir si le commandant de Brême-Verden, sans motif valable pour vous ou vos hommes, commettait un acte d'hostilité, avec sorties ou autres excès. Vous saurez comment réagir avec prudence et observer ces règles, etc.
Christine.

Swedish translation (my own):

Kristina osv.
Vår nådigaste hälsan och välbenägna vilja.
Välädle, stränge och ståndaktige herre,
Synnerligen käre och trogne,
Båda ärkebiskopen av Bremens närvarande sändebud har klagat över att Ni och några personer sägs planera och utföra något fientligt mot Huset Bremen-Verden. Även om den återställandetraktat som har arrangerats icke kan slutföras här för närvarande på grund av brist på nödvändigt befogenhet, eller ens om en viss slutsats kan dras av det, men all fullständig diskussion om det har uppskjutits tills vidare, har Vi likväl medgivit att Huset Bremen-Verden och dess garnison får förbli ockuperat av Hans Kärlighet ärkebiskopen, men utan någon förfoganderätt över det underliggande amtet.

Och eftersom Vi förmodar att befälhavaren i nämnda Bremen-Verden kommer att avstå från alla utflykter och aktualiteter, är det därför Vår nådigaste vilja och befallning att Ni och Era underordnade också avstår från all fientlighet och angrepp mot nämnda hus. Eftersom Vi också har givit officiella order till kommissarie Peter Brandt angående fördelningen av de tidigare godkända månatliga traktamentema för garnisonerna där, skulle emellertid befälhavaren i nämnda Bremen-Verden begå någon fientlighet med utfall eller andra fientliga angrepp, skall Ni noggrant iaktta detta och veta att motverka och avvärja det med vederbörlig maner. Vi vill därför inte undanhålla detta för Er osv.

P. S.
Synnerligen käre och trogne,
Vi skickar Er en kopia av det brev Vi skickade till Er igår när ärkebiskopen av Bremen skickade sitt sändebud. Vi ber Er vänligen att följa det på lämpligt sätt. Vi har dock nu bifogat en kopia av klausulen som anger hur Ni skall bete Er i händelse av att befälhavaren för Bremen-Verden, utan någon anledning given Er eller Era män, skulle begå någon handling av aktualitet eller fientlighet med utfall eller andra enorma händelser, och Ni skall veta att ta väl hand om båda med god diskretion och att iaktta dem osv.
Kristina.

English translation (my own):

Kristina, etc.
Our most gracious greeting and well-inclined will.
Noble, stern and steadfast Lord,
Our particularly dear and faithful man,
Both the Archbishop of Bremen's envoys present here have complained that you and some people are said to be planning and carrying out something hostile against the House of Bremen-Verden. Although the restitution treaty that has been arranged cannot be finalised here at this time due to a lack of necessary authority, or even if a certain conclusion can be drawn from it, but all complete discussion of it has been suspended until further, We have nevertheless granted that the House of Bremen-Verden and its garrison may remain occupied by His Lovingness the Archbishop, but without any disposition of the underlying county.

And because We assume that the commandant in the said Bremen-Verden will refrain from all excursions and actualities, it is therefore Our most gracious will and command that you and your subordinate people also refrain from all hostility and attacks against the said House. As We have also given official orders to commissary Peter Brandt regarding the distribution of the previously approved monthly allowances for the garrisons there, should, however, the commandant in the said Bremen-Verden commit any hostility with sorties or other hostile attacks, you will observe this properly and will know to counter and repel it with due manners. We therefore do not want to withhold this information from you, etc.

P. S.
Our particularly dear and faithful man,
We are sending you a duplicate of the letter We sent to you yesterday when the Archbishop of Bremen sent his envoy. We graciously request that you comply with it as appropriate. However, We have now attached a duplicate clause stating how you should behave in the event that the commander of Bremen-Verden should, without any cause given to you or your men, commit any act of actuality or hostility with sorties or other enormities, and you will know to take good care of both with good discretion and to observe them, etc.
Kristina.


Above: Kristina.


Above: Hans Christoff von Königsmarck.