Source:
Relation de ce qui s'est passé à l'arriué de la Reine Christine de Suede, à Essaune en la Maison de Monsieur Hesselin, ensemble la description particuliere du Ballet qui y a esté dansé, le sixiesme Septembre 1656, pages 9 to 13, by Nicolas l'Escalopier, 1656; original at the National Library of France (Bibliothèque nationale de France)
The ballet:
BALLET
DANSE' A ESSAVNE
dans la Maison
DE MONSIEVR HESSELIN,
POVR LE DIVERTISSEMENT
DE LA SERENISSIME
REYNE DE SVEDE.
LA Renommée qui reconnoist qu'elle n'eust jamais de plus celebre employ, que de publier les rares vertus & les admirables qualitez de l'incomparable CHRISTINE, ayant fait sçauoir à tout le monde qu'elle vouloit honorer ces aymables lieux de son auguste presence, y est venuë elle-mesme, suiuie d'vne foulle de gens de tous pays & de toutes conditions, qui desirent luy rendre leurs respects; pour leur en donner le moyen & leur faciliter l'acces de cette grande Reyne, elle paroist la premiere deuant elle par le Recit.
RECIT.
REYNE dont les mortels adorent la presence,
Moy qui parle en tous lieux & qui parle de tout,
Ie viens pour t'asseurer qu'il n'est point d'Eloquence
Que tes rares vertus ne puisse mettre à bout;
Tout cede à ton Esprit & d'vn pouuoir supresme
Toy seule peux parler dignement de toy-mesme.
Tes grandes actions qui n'ont point de pareilles
A me faire parler ont seruy mille fois,
Aussi pour celebrer tes diuines merueilles
Il faut plus d'vne langue, il faut plus d'vne voix;
Mais bien qu'à te louër j'apporte vn soing extresme,
Toy seule peux parler dignement de toy-mesme.
Abbaissant à tes pieds ce que tous les Monarques
Portent dessus la teste & tiennent dans leurs mains
Ne fais-tu pas bien voir par ces illustres marques
Que si tu dois regner, c'est sur tous les humains?
Par ce diuin esprit & ce pouuoir supresme
Toy seule peux parler dignement de toy-mesme.
—
PREMIERE ENTRÉE.
Le Genie de la France.
Beauchamp.
LE genie de la France, le plus diligent, comme le plus zelé, paroist le premier; & presente à la REYNE les soumissions & les vœux de tous les Peuples de ce grand Royaume, luy protestant qu'ils n'ont pas moins de passion pour son seruice, que d'admiration pour sa vertu.
—
II. ENTRÉE.
Deux Suisses.
Lambert, Don.
LEs Magnifiques & Puissans Seigneurs des Cantons, qui s'attendoient à l'honneur de luy faire la reuerence dans leur Pays, voyant qu'elle a pris vne autre route, ont enuoyé deux Bourgmestres, pour luy rendre les deuoirs de toute leur Nation.
—
III. ENTRÉE.
Deux Bourgeois, & vne Bourgeoise.
Le Vacher, & les deux Des-Airs.
Rolland, Rodomont, & Angelique, qui ne sont pas moins connus par les emportemens de leur amour, que par le nombre de leurs exploicts, n'ayant desormais de passion que pour la veritable Vertu heroïque, dont ils n'auoient veu iusques icy qu'vne fausse image, viennent la reuerer en la personne de cette magnanime Princesse, & n'osent paroistre sous vn habit, où l'on leur a veu faire tant d'égarremens, ils se cachent sous l'apparence modeste de deux Bourgeois & vne Bourgeoise de Paris, resolus de suiure par tout la Reyne, & de s'attacher à son seruice.
—
IV. ENTRÉE.
Vne Egyptienne.
Vagnac.
VRgande la fameuse Enchanteresse, enchantée elle-mesme de ce qu'elle entend dire en tous lieux des perfections de cette admirable Heroïne, vient luy faire les excuses des Amadis, & du reste des Auanturiers, de ce qu'ils n'ont pû luy rendre leurs deuoirs en personne, estant occupez à des entreprises qu'ils peuuent d'autant moins abandonner, que c'est par où ils pretendent meriter plus hautement son estime.
—
V. ENTRÉE.
Quatre Mores.
Cabou, Moliere, Beauchamp, & Doliuet.
CEpendant la mesme Vrgande amene à ses pieds quatre Roys Mores, qui font gloire de venir soumettre toute leur grandeur à sa puissance, & n'aspirent plus qu'à l'honneur de receuoir de sa main les chaisnes dont ils ont chargé leurs ennemis.
—
DEVXIESME PARTIE
SECOND RECIT.
Deux Paysanes, & vn Paysan.
Vagnac, Du Moustier, Lerambert.
FLORE & Pomone viennent offrir à la REYNE le Tribut des biens qu'elles ont produits en ce lieu delicieux, & luy presenter des fleurs & des fruits; mais ayant appris que leur amant Zephire se doit rencontrer en cette feste, non sans dessein de leur faire infidelité, elles se sont déguisées affin de pouuoir mieux l'obseruer: Ce qui fait vn Recit facecieux où Zephire luy mesme se mesle pour le rendre plus agreable.
—
PREMIERE ENTRÉE.
Deux Bergers, & vne Bergere.
La Marre, de Gan, Mongé.
LEs Bergers heroïques de Lignon, & leurs charmantes Bergeres ont enuoyé les plus grands d'entr'eux, pour porter à cette Princesse des marques de leurs respects, & pour l'asseurer que toute rare qu'est la felicité dont ils joüissent dans le parfait accomplissement de leurs vœux, ils en conçoiuent vne autre plus grande; c'est de pouuoir estre quelques-fois honorée de ses commandemens, ne le pouuant estre de sa veuë.
—
II. ENTRÉE.
Quatre Pigmées.
Bonnar, Chaudron, Daniel, & Broüar.
LEs Peuples qui habitent les extremitez du monde, & qui n'ont pas moins d'admiration pour elle que ses voisins luy ont enuoyé quatre Pigmées des mieux faits, & plus adroits de tout le païs, afin de diuertir sa Majesté par vne danse plaisante, & des postures répondans à la petitesse de leur taille: Ils sont venus sur des gruës, prises depuis peu à la guerre, que cette petite Nation a contre elle; mais ces gruës ne se verront point estant demeurées dans le Parc pour paistre.
—
III. ENTRÉE.
Vn vieux Gentilhomme, & vne Damoiselle Gauloise.
Anse, Femme. Lerambert, Homme.
LE fameux Hercule a voulu se trouuer à cette Feste auec sa belle Iole, pour venir reuerer en cette Heroïne Royale la memoire & la valeur de l'Hercule du Nort, l'inuincible GVSTAVE; mais comme il s'est veu obseruer par les Grecs, qui auroient difficilement consenty à son voyage, pour ne pas se priuer des aduantages que sa presence leur procure; il s'est trauesty en vieux Gaulois, & sa maistresse en Dame du mesme temps, reconnoissant combien ils sont l'vn & l'autre inferieurs aux dons naturels & acquis de cette grande Princesse.
—
IV. ENTRÉE.
Quatre Amazones.
Les deux Des-Airs, Le Vacher, & Dupron.
LEs Amazones à l'enuie d'Hercule, à qui elles ne veulent pas plus ceder en cette occasion qu'en celle de la guerre, enuoyent quatre de leurs Princesses à sa Majesté, pour l'asseurer que la reconnoissant pour leur veritable Reyne; elles s'estimeront plus glorieuses d'apprendre qu'elle daigne agréer leurs deuoirs, que des plus fameuses victoires qu'elles ayent remportées sur les plus grands Roys de l'Asie.
—
V. ENTRÉE.
Vn Espagnol.
Doliuet.
VN Gentil-homme Espagnol, que la curiosité a fait glisser dans cette foulle, se trouue si surpris d'admiration, en presence de cette merueilleuse Princesse, qu'oubliant les victoires qu'elle a remportées sur sa nation, il veut bien contribuer à son diuertissement tout ce qu'il a de disposition & d'adresse.
FIN DV BALLET.
With modernised spelling:
Ballet dansé à Essonne dans la maison de Monsieur Hesselin, pour le divertissement de la sérénissime reine de Suède.
La Renommée, qui reconnaît qu'elle n'eut jamais de plus célèbre emploi que de publier les rares vertus et les admirables qualités de l'incomparable Christine, ayant fait savoir à tout le monde qu'elle voulait honorer ces aimables lieux de son auguste présence, y est venue elle-même, suivie d'une foule de gens de tous pays et de toutes conditions qui désirent lui rendre leurs respects; pour leur en donner le moyen et leur faciliter l'accès de cette grande reine, elle paraît la première devant elle par le récit.
Récit.
Reine, dont les mortels adorent la presence,
Moi qui parle en tous lieux et qui parle de tout,
Je viens pour t'assurer qu'il n'est point d'éloquence
Que tes rares vertus ne puisse mettre à bout;
Tout cède à ton esprit et d'un pouvoir suprême.
Toi seule peux parler dignement de toi-même.
Tes grandes actions qui n'ont point de pareilles
A me faire parler ont servi mille fois,
Aussi pour célébrer tes divines merveilles,
Il faut plus d'une langue, il faut plus d'une voix;
Mais bien qu'à te louer, j'apporte un soin extrême;
Toi seule peux parler dignement de toi-même.
Abbaissant à tes pieds ce que tous les monarques
Portent dessus la tête et tiennent dans leurs mains,
Ne fais-tu pas bien voir par ces illustres marques
Que si tu dois régner, c'est sur tous les humains?
Par ce divin esprit et ce pouvoir suprême,
Toi seule peux parler dignement de toi-même.
—
Première entrée.
Le génie de la France.
Beauchamp.
Le génie de la France, le plus diligent, comme le plus zélé, paraît le premier et présente à la reine les soumissions et les vœux de tous les peuples de ce grand royaume, lui protestant qu'ils n'ont pas moins de passion pour son service que d'admiration pour sa vertu.
—
Deuxième entrée.
Deux Suisses.
Lambert, Don.
Les magnifiques et puissants seigneurs des cantons, qui s'attendaient à l'honneur de lui faire la révérence dans leur pays, voyant qu'elle a pris une autre route, ont envoyé deux bourgmestres, pour lui rendre les devoirs de toute leur nation.
—
Troisième entrée.
Deux bourgeois et une bourgeoise.
Le Vacher et les deux des Airs.
Roland, Rodomonte et Angélique, qui ne sont pas moins connus par les emportements de leur amour que par le nombre de leurs exploits, n'ayant désormais de passion que pour la véritable vertu héroïque, dont ils n'avaient vu jusqu'ici qu'une fausse image, viennent la révérer en la personne de cette magnanime princesse, et n'osent paraître sous un habit, où l'on leur a vu faire tant d'égarements. Ils se cachent sous l'apparence modeste de deux bourgeois et une bourgeoise de Paris, résolus de suivre partout la reine et de s'attacher à son service.
—
Quatrième entrée.
Une Égyptienne.
Vagnac.
Urgande, la fameuse enchanteresse, enchantée elle-même de ce qu'elle entend dire en tous lieux des perfections de cette admirable héroïne, vient lui faire les excuses des Amadis et du reste des avanturiers, de ce qu'ils n'ont pu lui rendre leurs devoirs en personne, étant occupés à des entreprises qu'ils peuvent d'autant moins abandonner que c'est, par où ils prétendent mériter plus hautement son estime.
—
Cinquième entrée.
Quatre Maures.
Cabou, Molière, Beauchamp et Dolivet.
Cependant la même Urgande amène à ses pieds quatre rois maures, qui font gloire de venir soumettre toute leur grandeur à sa puissance et n'aspirent plus qu'à l'honneur de recevoir de sa main les chaînes dont ils ont chargé leurs ennemis.
—
Deuxième partie.
Second récit.
Deux paysanes et un paysan.
Vagnac, Du Moustier, Lerambert.
Flore et Pomone viennent offrir à la reine le tribut des biens qu'elles ont produits en ce lieu délicieux, et lui présenter des fleurs et des fruits; mais, ayant appris que leur amant Zéphyr se doit rencontrer en cette feste, non sans dessein de leur faire infidélité, elles se sont déguisées afin de pouvoir mieux l'observer — ce qui fait un récit facétieux, où Zéphyr lui-même se mêle pour le rendre plus agréable.
—
Première entrée.
Deux bergers, et une bergère.
La Marre, de Gan, Mongé.
Les Bergers héroïques de Lignon et leurs charmantes bergères ont envoyé les plus grands d'entre eux pour porter à cette princesse des marques de leurs respects, et pour l'assurer que toute rare qu'est la félicité dont ils jouissent dans le parfait accomplissement de leurs vœux, ils en conçoivent une autre plus grande: c'est de pouvoir être quelquefois honorée de ses commandements, ne le pouvant être de sa vue.
—
Deuxième entrée.
Quatre Pygmées.
Bonnard, Chaudron, Daniel et Brouard.
Les peuples qui habitent les extrêmités du monde et qui n'ont pas moins d'admiration pour elle que ses voisins lui ont envoyé quatre Pygmées des mieux faits et plus adroits de tout le pays, afin de divertir Sa Majesté par une danse plaisante et des postures répondants à la petitesse de leur taille. Ils sont venus sur des grues, prises depuis peu à la guerre que cette petite nation a contre elle; mais ces grues ne se verront point, étant demeurées dans le parc pour paître.
—
Troisième entrée.
Un vieux gentilhomme, et une damoiselle gauloise.
Anse, femme. Lerambert, homme.
Le fameux Hercule a voulu se trouver à cette fête avec sa belle Iole, pour venir révérer en cette héroïne royale la mémoire et la valeur de l'Hercule du Nord, l'invincible Gustave; mais, comme il s'est vu observer par les Grecs, qui auraient difficilement consenti à son voyage, pour ne pas se priver des avantages que sa présence leur procure, il s'est travesti en vieux Gaulois, et sa maîtresse en dame du même temps, reconnaissant combien ils sont l'un et l'autre inférieurs aux dons naturels et acquis de cette grande princesse.
—
Quatrième entrée.
Quatre Amazones.
Les deux des Airs, le Vacher et Dupron.
Les Amazones, à l'envie d'Hercule, à qui elles ne veulent pas plus céder en cette occasion qu'en celle de la guerre, envoient quatre de leurs princesses à Sa Majesté pour l'assurer que, la reconnaissant pour leur véritable reine, elles s'estimeront plus glorieuses d'apprendre qu'elle daigne agréer leurs devoirs que des plus fameuses victoires qu'elles aient remportées sur les plus grands rois de l'Asie.
—
Cinquième entrée.
Un Espagnol.
Dolivet.
Un gentilhomme espagnol, que la curiosité a fait glisser dans cette foule, se trouve si surpris d'admiration en présence de cette merveilleuse princesse qu'oubliant les victoires qu'elle a remportées sur sa nation, il veut bien contribuer à son divertissement tout ce qu'il a de disposition et d'adresse.
Fin du ballet.
Swedish translation (my own):
Balett dansad på Essonne i monsieur Hesselins hus, till underhållning för den durchlauchigaste drottning av Sverige.
Fama, som erkänner att hon aldrig haft ett mer berömt uppdrag än att publicera de sällsynta dygderna och beundransvärda egenskaperna hos den ojämförliga Kristina, efter att ha gjort det känt för alla att hon ville hedra dessa älskvärda platser med sin ärade närvaro, kom själv dit, följd av en skara människor från alla länder och av alla förhållanden som vill visa henne sin respekt; för att ge dem medel och underlätta deras tillträde till denna stora drottning, framträder hon först inför henne genom reciten.
Recit.
Drottning, vars närvaro dödliga dyrkar,
Jag som talar överallt och talar om allting,
Jag kommer för att försäkra dig om att det inte finns någon vältalighet
Som dina sällsynta dygder inte kan övervinna;
Allt ger efter för din ande och med högsta kraft.
Du ensam kan tala värdigt om dig själv.
Dina stora gärningar, som saknar like,
Har tjänat mig tusen gånger att tala,
Och att fira dina gudomliga under,
Mer än en tunga behövs, mer än en röst behövs;
Men även om jag prisar dig, är jag ytterst noggrann;
Du ensam kan tala värdigt om dig själv.
När du sänker ner till dina fötter vad alla monarker
Bär på sina huvuden och håller i sina händer,
Gör du det inte klart genom dessa lysande tecken
Att om du måste regera, så är det över alla människor?
Genom denna gudomliga ande och denna högsta makt,
Du ensam kan tala värdigt om dig själv.
—
Första entrén.
Frankrikes geni.
Beauchamp.
Frankrikes geni, den flitigaste och mest nitiska, framträder först och presenterar för drottningen alla folks önskningar och böner i detta stora konungarike, och protesterar mot att de inte har mindre passion för hennes tjänst än beundran för hennes dygd.
—
Andra entrén.
Två schweizare.
Lambert, Don.
De storslagna och mäktiga kantonherrarna, som förväntade sig äran att visa henne vördnad i sitt land, eftersom de såg att hon hade valt en annan väg, har skickat två borgmästare för att utföra hennes plikter för hela sin nation.
—
Tredje entrén.
Två borgare och en borgarkvinna.
Le Vacher och de två des Airs.
Roland, Rodomonte och Angelica, som är lika kända för sina kärleksutbrott som för sina många bragder, har nu ingen annan passion än för den sanna heroiska dygden, av vilken de dittills bara sett en falsk bild, och börjar vörda den i denna storsint prinsessas person och vågar inte framträda i en klädnad där de har setts begå så många fel. De gömmer sig under det blygsamma utseendet av två borgare och en borgarkvinna från Paris, fast beslutna att följa drottningen överallt och ansluta sig till hennes tjänst.
—
Fjärde entrén.
En egyptiska.
Vagnac.
Urganda, den berömda trollkvinnan, själv förtrollad av vad hon hör överallt om denna beundransvärda hjältinnas fullkomlighet, kommer för att be Amadís och resten av äventyrarna om ursäkt för att de inte kan visa henne sin respekt personligen, då de är upptagna med åtaganden som de än mindre kan överge, eftersom det är genom detta som de påstår sig förtjäna hennes högre aktning.
—
Femte entrén.
Fyra morer.
Cabou, Molière, Beauchamp och Dolivet.
Samtidigt frammanar samma Urganda fyra moriska konungar, som skryter med att underkasta sig all sin storhet hennes makt och endast strävar efter äran att från hennes hand motta de kedjor som de har tyngt sina fiender med.
—
Del två.
Andra reciten.
Två bondkvinnor och en bondeman.
Vagnac, Du Moustier, Lerambert.
Flora och Pomona kommer för att erbjuda drottningen tributen för den överflöd de har producerat på denna förtjusande plats och för att ge henne blommor och frukt; men efter att ha fått veta att deras älskare Zefyros skall vara närvarande vid denna fest, inte utan avsikten att vara otrogna mot dem, har de förklätt sig så att de kan observera honom närmare — vilket skapar en rolig recit, där Zefyros själv deltar för att göra den mer angenäm.
—
Första entrén.
Två herdar och en herdinna.
La Marre, de Gan, Mongé.
De heroiska herdarna från Lignon och deras charmerande herdinnor sände de mest ansedda bland dem för att framföra tecken på sin respekt till denna prinsessa och för att försäkra henne om att, hur sällsynt den lycka de än åtnjuter i den fullkomliga uppfyllelsen av sina önskningar än må vara, så föreställer de sig en ännu större: att ibland bli ärade av hennes befallningar, men inte av åsynen av henne.
—
Andra entrén.
Fyra pygméer.
Bonnard, Chaudron, Daniel och Brouard.
Folken som bebor jordens ändar och som inte har mindre beundran för henne än hennes grannar har sänt henne fyra av de bäst formade och skickligaste pygméerna i hela landet för att underhålla Hennes Majestät med en trevlig dans och poser som anstår deras ringa storlek. De anlände på tranor, nyligen tillfångatagna i kriget som denna lilla nation för mot henne; men dessa tranor kommer inte att ses, ty de har stannat kvar i parken för att beta.
—
Tredje entrén.
En gammal herre och en gallisk fröken.
Anse, kvinna. Lerambert, man.
Den berömde Herakles önskade delta i denna fest med sin vackra Iole, för att i denna kungliga hjältinna vörda minnet och tapperheten av Nordens Herakles, den oövervinnelige Gustav; men efter att ha blivit observerad av grekerna, som knappast skulle ha samtyckt till hans resa, för att inte beröva sig de fördelar hans närvaro gav dem, förklädde han sig till en gammal galler och sin älskarinna till en dam från samma tid, då han insåg hur underlägsna de båda var i förhållande till denna stora prinsessas naturliga och förvärvade gåvor.
—
Fjärde entrén.
Fyra amasoner.
De två des Airs, le Vacher och Dupron.
Amazonerna, avundsjuka på Herkules, som de vägrar att ge efter för vid detta tillfälle mer än vid krigets, skickar fyra av sina prinsessor till Hennes Majestät för att försäkra henne om att de, i erkännande av henne som sin sanna drottning, kommer att anse sig mer ärorika över att få veta att hon behagar acceptera deras plikter snarare än de mest berömda segrar de vunnit över Asiens största konungar.
—
Femte entrén.
En spanjor.
Dolivet.
En spansk herre, dragen av nyfikenhet till folkmassan, blir så överraskad av beundran över denna underbara prinsessas närvaro att han, glömmande de segrar hon vunnit över hans nation, villigt bidrar med hela sin disposition och sin begåvning till hennes underhållning.
Slut på baletten.
English translation (my own):
Ballet danced at Essonne in the house of Monsieur Hesselin, for the entertainment of the Most Serene Queen of Sweden.
Fame, which acknowledges that she never had a more famous job than to publish the rare virtues and admirable qualities of the incomparable Kristina, having made it known to everyone that she wanted to honour these amiable places with her august presence, came there herself, followed by a crowd of people from all countries and of all conditions who wish to pay their respects to her; to give them the means and facilitate their access to this great Queen, she appears first before her by the recit.
Recit.
Queen, whose presence mortals adore,
I who speak in all places and speak of everything,
I come to assure thee that there is no eloquence
Which thy rare virtues cannot overcome;
All yields to thy spirit and with supreme power
Thou alone canst speak worthily of thyself.
Thy great actions, which have no equal,
Have served me a thousand times to speak,
And to celebrate thy divine wonders,
More than one tongue is needed, more than one voice is needed;
But although I am praising thee, I take extreme care;
Thou alone canst speak worthily of thyself.
Lowering to thy feet what all monarchs
Carry on their heads and hold in their hands,
Dost thou not make it clear by these illustrious marks
That if thou must reign, it is over all humans?
By this divine spirit and this supreme power,
Thou alone canst speak worthily of thyself.
—
First entry.
The Genius of France.
Beauchamp.
The Genius of France, the most diligent and the most zealous, appears first and presents to the Queen the submissions and wishes of all the peoples of this great kingdom, protesting that they have no less passion for her service than admiration for her virtue.
—
Second entry.
Two Swisses.
Lambert, Don.
The magnificent and powerful lords of the cantons, who expected the honour of doing reverence to her in their country, seeing that she had taken another route, have sent two mayors to render her the duties of all their nation.
—
Third entry.
Two bourgeois men and a bourgeoise woman.
Le Vacher and the two des Airs.
Roland, Rodomonte, and Angelica, who are no less known for the outbursts of their love than for the number of their exploits, now having no passion except for true heroic virtue, of which they had until now seen only a false image, come to revere it in the person of this magnanimous princess, and dare not appear in a garb in which they have been seen to commit so many errors. They hide under the modest appearance of two bourgeois men and a bourgeoise woman from Paris, resolved to follow the Queen everywhere and attach themselves to her service.
—
Fourth entry.
An Egyptian woman.
Vagnac.
Urganda, the famous enchantress, herself enchanted by what she hears everywhere about the perfections of this admirable heroine, comes to apologise to Amadís and the rest of the adventurers for them not being able to pay her their respects in person, being busy with undertakings that they can all the less abandon because it is by this that they claim to deserve her esteem more highly.
—
Fifth entry.
Four Moors.
Cabou, Molière, Beauchamp and Dolivet.
Meanwhile, the same Urganda brings to her feet four Moorish kings, who boast of submitting all their greatness to her power and aspire only to the honour of receiving from her hand the chains with which they have burdened their enemies.
—
Part Two.
Second recit.
Two peasant women and a peasant man.
Vagnac, Du Moustier, Lerambert.
Flora and Pomona come to offer the Queen the tribute of the bounty they have produced in this delightful place, and to present her with flowers and fruit; but, having learned that their lover Zephyr is to be present at this feast, not without the intention of being unfaithful to them, they have disguised themselves so that they can observe him more closely — which makes for a humorous recit, in which Zephyr himself joins in to make it more agreeable.
—
First entry.
Two shepherds and a shepherdess.
La Marre, de Gan, Mongé.
The heroic shepherds of Lignon and their charming shepherdesses sent the most esteemed among them to convey to this princess marks of their respect, and to assure her that, however rare the felicity they enjoy in the perfect fulfillment of their wishes, they conceive of an even greater one: to be sometimes honoured by her commands, though not by the sight of her.
—
Second entry.
Four Pygmies.
Bonnard, Chaudron, Daniel, and Brouard.
The peoples who inhabit the ends of the earth, and who have no less admiration for her than do her neighbours, have sent her four of the best-formed and most skillful Pygmies in all the land to entertain Her Majesty with a pleasant dance and poses befitting their small size. They arrived on cranes, recently captured in the war this small nation is waging against her; but these cranes will not be seen, having remained in the park to graze.
—
Third entry.
An old gentleman and a Gallic lady.
Anse, woman. Lerambert, man.
The famous Hercules wished to attend this feast with his beautiful Iole, to venerate in this royal heroine the memory and valour of the Hercules of the North, the invincible Gustav; but, having been observed by the Greeks, who would hardly have consented to his journey, so as not to deprive themselves of the advantages his presence afforded them, he disguised himself as an old Gaul, and his mistress as a lady of the same period, recognising how inferior they both were to the natural and acquired gifts of this great princess.
—
Fourth entry.
Four Amazons.
The two des Airs, le Vacher and Dupron.
The Amazons, envious of Hercules, to whom they refuse to yield on this occasion any more than on that of war, send four of their princesses to Her Majesty to assure her that, recognising her as their true queen, they will consider themselves more glorious to learn that she deigns to accept their duties rather than the most famous victories they have won over the greatest kings of Asia.
—
Fifth entry.
A Spaniard.
Dolivet.
A Spanish gentleman, drawn by curiosity into the crowd, is so surprised with admiration by the presence of this marvellous princess that, forgetting the victories she has won over his nation, he willingly contributes all his disposition and address to her entertainment.
End of the ballet.
Above: Kristina.

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