Sources:
Mélanges de M. Philibert Delamare, conseiller au parlement de Dijon, commencez en 1673 et copiez sur le ms. original; view 192, Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits
Œuvres de Descartes, correspondance IV: juillet 1643-avril 1647, page 541, published by Charles Adam and Paul Tannery, 1901; original at the University of California
The anecdote:
1165.
J'ai oui dire à feu Mr. de Saumaise, qui auoit esté Enseigne des Gardes de la Reine Christine de Suede, que pendant que Mr. de la Tuillérie estoit Ambassadeur de france auprés d'elle, elle Faisoit apprendre à chanter a Ses Demoiselles Suedoises les plus dissolues Chansons qui Se chantassent en France, et quand elle estoit en ses humeurs gayes elle disoit à Mr. de la Tuillerie, «Monsieur l'Ambassadeur, je Vous veux faire entendre la musique de mes Filles», et le menant dans son Cabinet elle faisoit chanter ces Chansons là par Ses filles, lesquelles n'entendant pas le françois, les chantoient d'aussi bonne Foi que Si ç'eut esté quelques Chansons bien Serieuses.
With modernised spelling:
1165.
J'ai ouï dire à feu Monsieur de Saumaise, qui avait été enseigne des gardes de la reine Christine de Suède, que, pendant que Monsieur de la Thuilerie était ambassadeur de France auprès d'elle, elle faisait apprendre à chanter à ses demoiselles suédoises les plus dissolues chansons qui se chantassent en France, et quand elle était en ses humeurs gaies, elle disait à Monsieur de la Thuillerie: «Monsieur l'ambassadeur, je vous veux faire entendre la musique de mes filles»; et, le menant dans son cabinet, elle faisait chanter ces chansons-là par ses filles, lesquelles, n'entendant pas le français, les chantaient d'aussi bonne foi que si c'eût été quelques chansons bien sérieuses.
Adam's and Tannery's transcript of the anecdote:
J'ay ouy dire à feu M. de Saumaise, qui avoit esté enseigne des gardes de la Reyne Christine de Suéde, que, pendant que M. de la Tuillerie estoit ambassadeur de France aupres d'elle, elle faisoit apprendre à chanter à ses demoiselles suédoises les plus dissolues chansons qui se chantassent en France, et quand elle estoit en ses humeurs gaies, elle disoit à Mr de la Tuillerie: «M. l'ambassadeur, je vous veux faire entendre la musique de mes filles»; et le menant dans son cabinet, elle faisoit chanter ces chansons là par ses filles, lesquelles n'entendants pas le françois, les chantoient d'aussy bone foy que si c'eust esté quelques chansons bien sérieuses.
With modernised spelling:
J'ai ouï dire à feu M. de Saumaise, qui avait été enseigne des gardes de la reine Christine de Suède, que, pendant que M. de la Thuilerie était ambassadeur de France auprès d'elle, elle faisait apprendre à chanter à ses demoiselles suédoises les plus dissolues chansons qui se chantassent en France, et quand elle était en ses humeurs gaies, elle disait à Monsieur de la Thuilerie: «Monsieur l'ambassadeur, je vous veux faire entendre la musique de mes filles»; et, le menant dans son cabinet, elle faisait chanter ces chansons-là par ses filles, lesquelles, n'entendants pas le français, les chantaient d'aussi bonne foi que si c'eût été quelques chansons bien sérieuses.
Swedish translation (my own):
1165.
Jag hörde den salige monsieur de Saumaise, som varit fänrik för drottning Kristina av Sveriges vakter, säga att medan monsieur de la Thuilerie var fransk ambassadör hos henne, lärde hon unga svenska jungfrur att sjunga de mest lösaktiga sånger som sjöngs i Frankrike, och när hon var i sitt glada humör, sade hon till monsieur de la Thuilerie: »Monsieur l'ambassadeur, jag vill att Ni skall höra mina flickors musik«; och när hon ledde honom in i sitt kabinett fick hon sina flickor att sjunga dessa sånger, som, utan att förstå franska, sjöng dem i lika god tro som om de hade varit några mycket allvarliga sånger.
English translation (my own):
1165.
I heard the late Monsieur de Saumaise, who had been ensign of the guards of Queen Kristina of Sweden, say that, while Monsieur de la Thuilerie was French ambassador to her, she taught young Swedish ladies to sing the most dissolute songs that were sung in France, and when she was in her cheerful humours, she said to Monsieur de la Thuilerie: "Monsieur l'ambassadeur, I want you to hear the music of my girls"; and, leading him into her cabinet, she made her girls sing these songs, who, not understanding French, sang them in as good faith as if they had been some very serious songs.
Above: Kristina.
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