Monday, October 6, 2025

Henri Groulart de la Court's letter to Henri Arnauld, abbé de Saint-Nicolas, dated July 31/August 10 (New Style), 1648

Source:

Negociations à la cour de Rome, et en differentes cours d'Italie, de Messire Henri Arnauld, abbé de S. Nicolas, depuis evêque d'Angers, volume 5, pages 466 to 468, published by Paul-Denis Burtin, 1748; at Lyons Public Library (Bibliothèque jésuite des Fontaines)


Mémoires concernant Christine, volume 1, page 117 and footnote (*), Johan Arckenholtz, 1751; original at the National Library of the Netherlands (Koninklijke Bibliotheek)


The letter:

NOus avons toujours été dans des agitations pour sçavoir la forme dans laquelle nous traiterons les affaires du Roi & le lieu, les Impériaux ne voulant point absolument que l'on les traite ici, & les Etats craignant justement que le voyage de Munster n'apporte quelque retardement à la conclusion des affaires. Cependant Mrs les Suédois jouissent du repos de leur accommodement, différant seulement la signature jusqu'à ce que la France soit satisfaite sur la justice de ses demandes, afin d'observer ponctuellement l'alliance; & pour cela ils ont donné un écrit aux Impériaux & aux Etats, qui avoit été concerté entre nous, par lequel ils protestent que quoique leurs affaires soient faites, cependant il n'y aura rien de signé & d'arrêté que la paix de France ne soit faite en même temps. Maintenant on verra si les affectionnés, auront autant de fermeté qu'ils nous l'ont témoigné jusqu'ici. Nous avons tout sujet de nous louer de la conduite présente de Mrs les Suédois; & à la vérité leurs affaires ne les pressent point de faire aucune chose qui puisse blesser notre constante union, n'ayant jamais été si glorieux. Et qui considérera qu'après 18 ans de guerre, & la perte de leur Roi, leur Reine soit plus puissamment armée que tous les plus grands Princes de l'Europe, ne le pourra voir sans admirer leur fortune & leur conduite, qui peuvent balancer pour sçavoir qui l'emporte. Pour moi j'avoue que demeurant fermes avec nous, je ne fais point de doute qu'il ne s'est jamais fait de paix si glorieuse, étant maître par tout. Il y a une Armée de cinq mille hommes de pied & de douze mille chevaux dans la Baviére, dix mille hommes maîtres de Prague & de toute la Bohême, & le Prince Charles qui marche avec dix milles hommes de pied, pour recevoir le fruit de toutes ses victoires, l'Armée de M. de Turenne n'a point été si belle depuis le commencement de la guerre, ayant six mille hommes de pied & trois mille cinq cens chevaux effectifs, qui seroient plus utiles ailleurs, si nous pouvions conclure notre paix. Dans huit jours nous en pourrons parler avec plus de certitude.

Les Etats ont résolu ce matin que non seulement les affaires du Roi se traiteront ici, mais tout l'instrument de la paix de France, & forceront les Ambassadeurs de l'Empereur de s'y trouver. Et au cas qu'ils le refusent, je les vois dans la résolution de traiter seuls avec nous & avec la Couronne de Suéde, qui est le dernier coup que pourroit recevoir la Maison d'Autriche dans l'Allemagne. A Osnabrug, le 10 Août 1648.

With modernised spelling:

Nous avons toujours été dans des agitations pour savoir la forme dans laquelle nous traiterons les affaires du roi et le lieu, les Impériaux ne voulant point absolument que l'on les traite ici, et les États craignant justement que le voyage de Münster n'apporte quelque retardement à la conclusion des affaires. Cependant Messieurs les Suédois jouissent du repos de leur accommodement, différant seulement la signature jusqu'à ce que la France soit satisfaite sur la justice de ses demandes, afin d'observer ponctuellement l'alliance; et pour cela ils ont donné un écrit aux Impériaux et aux États, qui avait été concerté entre nous, par lequel ils protestent que quoique leurs affaires soient faites, cependant il n'y aura rien de signé et d'arrêté que la paix de France ne soit faite en même temps.

Maintenant, on verra si les affectionnés auront autant de fermeté qu'ils nous l'ont témoigné jusqu'ici. Nous avons tout sujet de nous louer de la conduite présente de Messieurs les Suédois; et, à la vérité, leurs affaires ne les pressent point de faire aucune chose qui puisse blesser notre constante union, n'ayant jamais été si glorieux. Et qui considérera qu'après 18 ans de guerre et la perte de leur roi, leur reine soit plus puissamment armée que tous les plus grands princes de l'Europe, ne le pourra voir sans admirer leur fortune et leur conduite, qui peuvent balancer pour savoir qui l'emporte.

Pour moi, j'avoue que, demeurant fermes avec nous, je ne fais point de doute qu'il ne s'est jamais fait de paix si glorieuse, étant maître partout. Il y a une armée de cinq mille hommes de pied et de douze mille chevaux dans la Bavière, dix mille hommes maîtres de Prague et de toute la Bohême, et le prince Charles, qui marche avec dix milles hommes de pied, pour recevoir le fruit de toutes ses victoires.

L'armée de M. de Turenne n'a point été si belle depuis le commencement de la guerre, ayant six mille hommes de pied et trois mille cinq cent chevaux effectifs, qui seraient plus utiles ailleurs si nous pouvions conclure notre paix. Dans huit jours nous en pourrons parler avec plus de certitude.

Les États ont résolu ce matin que non seulement les affaires du roi se traiteront ici, mais tout l'instrument de la paix de France, et forceront les ambassadeurs de l'empereur de s'y trouver. Et, au cas qu'ils le refusent, je les vois dans la résolution de traiter seuls avec nous et avec la Couronne de Suède, qui est le dernier coup que pourrait recevoir la Maison d'Autriche dans l'Allemagne. A Osnabrück, le 10 août 1648.

Swedish translation (my own):

Vi har alltid varit upprörda över att få veta i vilken form vi ska behandla konungens angelägenheter och platsen, eftersom de kejserliga absolut inte vill att de skall behandlas här, och staterna med rätta fruktar att resan till Münster kommer att försena ärendenas slut. Emellertid njuter herrar svenskarna av sin vila och uppskjuter endast undertecknandet tills Frankrike är nöjd med sina krav, för att punktligt kunna iaktta alliansen; och för detta har de givit de kejserliga och Ständerna en skrivelse, som har samordnats mellan oss, genom vilken de protesterar att även om deras angelägenheter är avgjorda, kommer ingenting att undertecknas och beslutas om inte Frankrikes fred sluts samtidigt.

Nu skall vi se om de tillgivna kommer att ha lika mycket fasthet som de har visat oss hittills. Vi har all anledning att berömma herrar svenskarnas nuvarande uppförande; och i sanning pressar deras angelägenheter dem inte att göra något som kan skada vår ständiga förening, ty den aldrig har varit så härlig. Och den som betänker att deras drottning efter 18 års krig och förlusten av sin konung är mäktigare beväpnad än alla Europas största furstar, kommer inte att kunna se det utan att beundra deras lycka och deras uppförande, vilket kan avgöra vem som vinner.

För min del erkänner jag att jag, eftersom den står fast vid oss, inte tvivlar på att en sådan ärorik fred aldrig har slutits, då vi är herrar överallt. Det finns en armé på 5 000 fotfolk och 12,000 ryttare i Bayern, 10,000 man som herrar över Prag och hela Böhmen, och prins Karl, som marscherar med 10,000 fotfolk för att ta emot frukterna av alla sina segrar.

Monsieur de Turennes armé har inte varit så fin sedan krigets början, med 6,000 fotfolk och 3,500 effektiva ryttare, vilka skulle vara mer användbara på andra ställen om vi kunde sluta vår fred. Om åtta dagar kommer vi att kunna tala om den med större säkerhet.

Ständerna beslutade i morse att inte bara konungens angelägenheter ska skötas här, utan hela Frankrikes fredsinstrument, och de skall tvinga kejsarens ambassadörer att vara där. Och om de vägrar, ser jag dem i resolutionen att traktera ensamma med oss och med Sveriges Krona, vilket är det största slaget som Österrikes Hus kan få i Tyskland. Osnabrück, den 10 augusti 1648.

English translation (my own):

We have always been in agitation to know the form in which we will treat the King's affairs and the place, the Imperials absolutely not wanting them to be treated here, and the States rightly fearing that the journey to Münster will bring some delay to the conclusion of the affairs. In the meantime, the Swedes enjoy the repose of their accommodation, only deferring the signature until France is satisfied on the justice of its demands, in order to punctually observe the alliance; and for this they have given a writing to the Imperials and the Estates, which had been concerted between us, by which they protest that although their affairs are done, there will, however, be nothing signed and decided unless the peace of France is made at the same time.

Now we shall see if the affectionate ones will have as much firmness as they have shown us until now. We have every reason to praise the present conduct of the Swedes; and, in truth, their affairs do not press them to do anything that might harm our constant union, having never been so glorious. And whoever considers that after 18 years of war and the loss of their king, their queen is more powerfully armed than all the greatest princes of Europe, will not be able to see it without admiring their fortune and their conduct, which can swing to know who wins.

For myself, I confess that, remaining firm with us, I have no doubt that such a glorious peace has never been made, with us being masters everywhere. There is an army of 5,000 infantrymen and 12,000 horses in Bavaria, 10,000 men masters of Prague and all of Bohemia, and Prince Karl, who is marching with 10,000 infantrymen, to receive the fruits of all his victories.

Monsieur de Turenne's army has not been so fine since the beginning of the war, with 6,000 infantrymen and 3,500 effective horses, who would be more useful elsewhere if we could conclude our peace. In eight days we will be able to speak of it with more certainty.

The States resolved this morning that not only the King's affairs will be conducted here, but the entire instrument of the peace of France, and they will force the Emperor's ambassadors to be there. And, in case they refuse, I see them in the resolution to treat alone with us and with the Crown of Sweden, which is the greatest blow that the House of Austria could receive in Germany. Osnabrück, August 10, 1648.


Above: Kristina.


Above: Henri Groulart de la Cour.


Above: Henri Arnauld, abbé de Saint-Nicolas.

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