Monday, October 6, 2025

Henri Groulart de la Court's letter to Henri Arnauld, abbé de Saint-Nicolas, dated February 25/March 7 (New Style), 1647

Source:

Negociations à la cour de Rome, et en differentes cours d'Italie, de Messire Henri Arnauld, abbé de S. Nicolas, depuis evêque d'Angers, volume 4, pages 466 to 468, published by Paul-Denis Burtin, 1748; at Lyons Public Library (Bibliothèque jésuite des Fontaines)


Mémoires concernant Christine, volume 1, page 116 and footnote (a), Johan Arckenholtz, 1751; original at the National Library of the Netherlands (Koninklijke Bibliotheek)


The letter:

MONSIEUR,
Toutes les Négociations qui semblent faciles dans le commencement reçoivent tant de difficultés par la suite, que quand on croit être à bout, il faut recommencer, n'y ayant rien d'assuré que les affaires ne soient entiérement terminées. Qui eût pensé après les satisfactions des Couronnes de France & de Suéde réglées, qu'il fût resté quelque difficulté dans le Traité de l'Empire, & que l'affaire de la Maison Palatine contre celle de Baviére nous arrêtât tout court comme elle fait? Les sentimens se rencontrent fort différens, & s'appuient avec tant de chaleur, qu'en vérité je n'oserois me promettre ce que j'ai espéré dans le commencement, si l'autorité de la France ne décide souverainement. Jusqu'ici nous avons traité les Plénipotentiaires de Suéde avec tant de déférence, qu'ils en ont pris leurs avantages, & se sont rendus d'autant plus injustes, qu'ils ont cru que la France ne vouloit point les fâcher. D'ailleurs il veulent faire les Protecteurs des Protestans d'Allemagne. La France a le même intérêt, pourvu que les Catholiques ne soient point opprimés; & nous cherchons un tempérament pour cela; mais ils s'en plaignent, & ils s'opiniâtrent à ne point consentir que la premiere dignité électorale & le haut Palatinat demeurent à M. de Baviére; & nous au contraire nous croyons avoir assez fait pour le Prince Palatin de lui faire rendre le bas Palatinat, & la huitiéme Place dans le Collége Electoral. Dans ces contestations personne ne veut lâcher, & le Traité de la paix demeure. Néanmoins nous fîmes hier une derniere proposition aux Plénipotentiaires de Suéde, sans le consentement des Ambassadeurs du Duc de Baviére, de faire donner pour récompense d'une partie du haut Palatinat 500000 liv. rixdalles pour les cadets de la Maison Palatine. Ils sont quatre, si bien que c'est pour chacun 125000. liv. rixdalles; ce qui ne fera pas un partage trop grand pour des Princes d'une si illustre Maison. C'est toutefois dans la rencontre présente des affaires, & les miséres de cette Maison ce qui se peut faire d'avantages. Nous verrons ce qui réussira de cette proposition. Si elle n'est pas acceptée, je ne vois point d'expédient pour sortir d'affaires. Cela fait que M. d'Avaux est toujours ici, résolu de ne point partir qu'elles ne soient entiérement terminées. Dans huit jours nous pourrons parler avec plus de certitude. Cependant faites état que je serai toute ma vie, &c. A Osnabrug le 7 Mars 1647.

With modernised spelling:

Monsieur,
Toutes les négociations qui semblent faciles dans le commencement reçoivent tant de difficultés par la suite que, quand on croit être à bout, il faut recommencer, n'y ayant rien d'assuré que les affaires ne soient entièrement terminées. Qui eut pensé, après les satisfactions des Couronnes de France et de Suède réglées, qu'il fût resté quelque difficulté dans le traité de l'empire et que l'affaire de la Maison palatine contre celle de Bavière nous arrêtât tout court, comme elle fait?

Les sentiments se rencontrent fort différents et s'appuient avec tant de chaleur qu'en vérité je n'oserais me promettre ce que j'ai espéré dans le commencement si l'autorité de la France ne décide souverainement. Jusqu'ici nous avons traité les plénipotentiaires de Suède avec tant de déférence qu'ils en ont pris leurs avantages et se sont rendus d'autant plus injustes qu'ils ont cru que la France ne voulait point les fâcher.

D'ailleurs, il veulent faire les protecteurs des protestants d'Allemagne. La France a le même intérêt, pourvu que les catholiques ne soient point opprimés, et nous cherchons un tempérament pour cela. Mais ils s'en plaignent, et ils s'opiniâtrent à ne point consentir que la première dignité électorale et le Haut-Palatinat demeurent à M. de Bavière; et nous, au contraire, nous croyons avoir assez fait pour le prince palatin de lui faire rendre le Bas-Palatinat et la huitième place dans le Collège éléctoral. Dans ces contestations personne ne veut lâcher, et le traité de la paix demeure.

Néanmoins, nous fîmes hier une dernière proposition aux plénipotentiaires de Suède, sans le consentement des ambassadeurs du duc de Bavière, de faire donner pour récompense d'une partie du Haut-Palatinat 500 000 livres rixdales pour les cadets de la Maison Palatine. Ils sont quatre, si bien que c'est pour chacun 125 000 livres rixdales, ce qui ne fera pas un partage trop grand pour des princes d'une si illustre Maison.

C'est toutefois dans la rencontre présente des affaires et les misères de cette Maison, ce qui se peut faire d'avantages. Nous verrons ce qui réussira de cette proposition. Si elle n'est pas acceptée, je ne vois point d'expédient pour sortir d'affaires. Cela fait que M. d'Avaux est toujours ici, résolu de ne point partir qu'elles ne soient entièrement terminées. Dans huit jours nous pourrons parler avec plus de certitude. Cependant faites état que je serai toute ma vie, etc. A Osnabrück, le 7 mars 1647.

Swedish translation (my own):

Monsieur,
Alla förhandlingar som verkar enkla i början stöter senare på så många svårigheter att man, när man tror att man har nått slutet, måste börja om från början, eftersom det inte finns någon säkerhet för att affärerna inte är helt avslutade. Vem hade kunnat tro, efter att Frankrikes och Sveriges Kronors tillfredsställelse var avgjord, att det skulle ha kvarstått vissa svårigheter i Imperiets traktat och att affären mellan Husen Pfalz och Bayern skulle stoppa oss helt och hållet, som den gör?

Känslorna är mycket olika och stöder varandra med sådan värme att jag i sanning inte skulle våga lova mig själv vad jag hoppades på från början om Frankrikes auktoritet inte bestämmer suveränt. Hittills har vi behandlat Sveriges befullmäktigade med sådan respekt att de har utnyttjat dem och gjort sig själva desto mer orättvisa eftersom de har trott att Frankrike inte ville reta dem.

Dessutom vill de agera som protektorer av Tysklands protestanter. Frankrike har samma intresse, förutsatt att katolikerna inte förtrycks, och vi letar efter ett temperament för det. Men de klagar över det, och de envisas med att inte samtycka till att den första kurfurstliga värdighet och Övre Pfalz förblir hos Bayerns herre; och vi, tvärtom, anser att vi har gjort tillräckligt för att pfalzgreven skall få honom att återlämna Nedre Pfalz och åttonde platsen i kurfurstliga Kollegiet. I dessa tvister vill ingen ge upp, och fredstraktaten består.

Ändå lade vi igår fram ett sista förslag till de svenska befullmäktigade, utan samtycke från hertigen av Bayerns ambassadörer, att som belöning för en del av Övre Pfalz ge 500,000 riksdaler till kadetterna i Huset Pfalz. Det finns fyra stycken, så att det för var och en är 125,000 riksdaler, vilket inte kommer att vara en alltför stor andel för furstar i ett så durchlauchtigt Hus.

Hur som helst, detta är det nuvarande läget och detta Hus' elände, vilket kan ge fördelar. Vi får se vad detta förslag leder till. Om det inte antas ser jag ingen anledning att komma ur ärendena. Det betyder att monsieur d'Avaux fortfarande är här, fast besluten att inte lämna förrän de är helt avslutade. Om åtta dagar kommer vi att kunna tala med större säkerhet. Emellertid gör stat att jag kommer att vara det hela mitt liv osv. Osnabrück, den 7 mars 1647.

English translation (my own):

Monsieur,
All negotiations which seem easy at the beginning encounter so many difficulties later on that, when one thinks one has reached the end, one must begin again, there being no certainty that the affairs are not entirely terminated. Who would have thought, after the satisfactions of the Crowns of France and Sweden were settled, that there would have remained some difficulty in the treaty of the Empire and that the affair of the Palatine House against that of Bavaria would stop us altogether, as it does?

The sentiments are very different and support each other with such warmth that in truth I would not dare to promise myself what I hoped for at the beginning if the authority of France does not decide sovereignly. Until now we have treated the plenipotentiaries of Sweden with such deference that they have taken their advantages and have made themselves all the more unjust because they have believed that France did not want to anger them.

Besides, they want to act as protectors of the Protestants of Germany. France has the same interest, provided that the Catholics are not oppressed, and we are looking for a temperament for that. But they complain about it, and they persist in not consenting that the first electoral dignity and the Upper Palatinate remain with the lord of Bavaria; and we, on the contrary, we believe we have done enough for the Prince Palatine to make him return the Lower Palatinate and the eighth place in the Electoral College. In these disputes no one wants to give up, and the peace treaty remains.

Nevertheless, yesterday we made a final proposition to the Swedish plenipotentiaries, without the consent of the ambassadors of the Duke of Bavaria, to give as a reward for a part of the Upper Palatinate 500,000 riksdalers for the cadets of the Palatine House. There are four of them, so that for each it is 125,000 riksdalers, which will not be too large a share for princes of such an illustrious House.

Anyway, this is the present state of the affairs and the miseries of this House, which can give advantages. We will see what will succeed from this proposition. If it is not accepted, I see no expedient to get out of the affairs. This means that Monsieur d'Avaux is still here, resolved not to leave until they are entirely terminated. In eight days we will be able to speak with more certainty. In the meantime, esteem that I will be all my life, etc. Osnabrück, March 7, 1647.


Above: Henri Groulart de la Court.


Above: Henri Arnauld, abbé de Saint-Nicolas.

No comments:

Post a Comment