Tuesday, July 7, 2020

Kristina's letter to Daniel Heinsius, dated January 9/19 (New Style), 1650

Sources:

Mémoires concernant Christine, volume 1, pages 276 to 277, Johan Arckenholtz, 1751

https://books.google.com/books?id=KgtcAAAAcAAJ&dq=reine+christine+de+su%C3%A8de+ferrario+savant+d%27italie+1653+lettre&source=gbs_navlinks_s

Lettres choisies de Christine, reine de Suède à Descartes, Gassendi, Grotius, Pascal, Bayle, page 133, Hardi Filocrate, 1760


The letter:

Christina Danieli Heinsio S. P.
Jam aliquod tempus effluxit, clarissime Heinsi, ex quo silius tuus epistolam mihi a te scriptam tradidit, quæ me summo gaudio affecit, quoniam ex illa & te valere & mihi benevelle intellexi. Respondissem statim, nisi infinitis negotiis occupata fuissem, quæ mihi non satis ad scribendum temporis reliquerunt. Nunc cum tantum otii mihi ipsa paraverim, ut sufficere existimem, nolui diutius responsum differre. Gratia mihi agis pro filio bene excepto: illum una cum negotio, quod ad te attinet, commendas. Vellem meruisse a filio tuo, ut haberet quod sibi de humanitate mea gratulari posset. Dignus est enim ut illi omnia ex voto accidant. Ego quidem multa tibi debeo, quod ipsum permiseris huc proficisci. Plus autem me debere profitebor, si concesseris ut apud me maneat. Scio me forsan a te plus petere, quam a paterno animo impetrare possim. Sed tamen ne abnue implere desiderium illius, cui filius tuus propter elegantiam ingenii & eruditionem gratus & acceptus est plus quam credere possis. Licebit illi quoque subinde ad te excurrere, ea tamen lege, ut i teterum revertatur: & nunc quoque iter ad te parat, me non recusante. Ipse testabitur, quo literati omnes, qui mei sunt juris, apud me fruuntur favore. De filio igitur tuo ne sis sollicitus: apud me enim erit, si id per te liceat: & non erit tantum, sed & bene erit ut spero. Quod ad negotium ipsi commissum, ita habeas velim, mihi non minus quam tibi curæ fore, ut tuo fruaris. Nihil tamen promitto. Scias enim moris non esse mei multa promittere. Hoc tamen tibi spondeo, cur aturam me ut & hac occasione & multis aliis innotescat tibi, me mores illorum odisse, qui spe tantum homines lactare solent, & ut scias contrarium mihi ab his esse animum, iterum adfirmo malle me plura præstare quam promittere. Vale Holmiæ d. XIX. Jan: MDCL.

French translation (by Arckenholtz):

Christine à Daniel Heinsius.
Il y a du tems que votre fils m'a remis la lettre que vous m'avez écrite & qui m'a fait un très-grand plaisir. Elle m'a apris que vous êtes en bonne santé & que vous me voulez du bien. Je vous aurois répondu sur le champ, sans une infinité d'occupations continuelles, qui ne m'en ont pas laissé le tems. Mais m'étant procuré à l'heure qu'il est autant de loisir qu'il me faut pour cela, je ne saurois différer plus longtems ma réponse. Vous me remerciez du bon accueil que j'ai fait à votre fils & me le recommandez avec l'affaire qui vous regarde. Je voudrois avoir donné sujèt à votre fils de se louer de ma bonté: car il mérite bien que tout lui réussisse à souhait. Je vous suis fort obligé[e] de ce que vous lui avez permis de venir ici. Mais je ferai connoitre que je vous ai encore plus d'obligation, si vous m'accordez qu'il reste auprès de moi. Je sai que je vous demande peut-être plus que je ne puis obtenir d'un Père tendre. Mais ne le refusez pas au desir de celle, qui goûte son beau génie & son érudition plus que vous ne sauriez le croire. Il aura la permission de faire de tems en tems quelque course vers vous, à condition de revenir: & actuellement même il se prépare à y aller, comme je le lui ai permis. Il vous dira lui-même de quelle faveur les savans, qui se sont rendus auprès de moi, y jouissent. Ne soïez donc pas en peine de vôtre fils. Il sera auprès de moi, si vous le voulez bien, & il n'y sera pas seulement, mais il y sera bien comme je l'espére. Quant à la commission que vous lui avez donnée sachez, que je n'aurai pas moins de soin que vous-même, que vous obteniez ce que vous souhaitez. Cependant je ne vous promets pourtant rien. Vous saurez que je n'ai pas accoûtumé de promettre beaucoup. Cependant je vous donne parole qu'en cette occasion & en plusieurs autres je vous ferai connoître que je haïs le caractère de ceux qui ont coûtume de nourrir les autres d'espérance, & que le mien est tout opposé. Je vous assure encore une fois, que j'aime mieux plus faire que promettre. Adieu. Donné à Stockholm ce 19. Janvier 1650.

Filocrate's transcript of the French translation:

Il y a déja long-temps que votre fils m'a remis la Lettre que vous m'avez écrite, & qui m'a fait beaucoup de plaisir. Elle m'a appris que votre santé est parfaite, & que vous m'êtes toujours attaché ardemment. Je vous aurois répondu sur le champ, mais mes grandes occupations croissant chaque jour, ne me l'ont pas permis encore, & je vole à mon sommeil, ce moment agréable pour vous répondre. Vous me remerciez du bon accueil que j'ai fait à votre fils, & me le recommandez avec l'affaire qui vous regarde. Je voudrois déja avoir donné sujet à votre fils de se louer de ma bonté, car il mérite beaucoup. Je vous suis fort obligée que vous lui ayez permis de venir ici: mais je ferai connoître que je vous ai encore plus d'obligation, si vous l'engagez de rester auprès de moi. Je sais que je vous demande peut-être plus que je ne puis obtenir d'un pere tendre; mais ne le refusez pas au desir de celle qui goûte son esprit & son érudition plus que vous ne sauriez croire. Il aura la liberté de faire de temps en temps quelque course vers vous, mais sous condition de retourner; actuellement il se prépare à partir: il vous dira lui-même de quelle faveur jouissent les savans qui sont à ma Cour. Ne soyez donc pas en peine de votre fils: il sera auprès de moi, si vous le trouvez bon. Quant à la commission que vous lui avez donnée, sachez que j'en aurai autant de soin que vous-même, afin que vous puissiez obtenir ce que vous souhaitez. Je ne vous promets pourtant rien. Vous saurez que je n'ai pas accoutumé de promettre beaucoup. Cependant, je vous donne parole qu'en cette occasion & dans plusieurs autres, je vous ferai connoître que je haïs les caracteres des grands prometteurs, & petits teneurs, & que le mien est tout opposé. Je vous dis encore une fois, que j'ai me mieux plus faire que promettre. Adieu.

Swedish translation (my own):

Kristina till Daniel Heinsius.
Er son har givit mig brevet som Ni skrev till mig för en tid sedan och som har givit mig stor glädje. Det har lärt mig att Ni är vid god hälsa och att Ni önskar mig lycka till. Jag skulle ha gärna svarat Er omedelbart om det inte varit för en oändlighet av ständiga sysselsättningar som inte lämnat mig någon tid. Men efter att ha förskaffat mig själv vid den tidpunkten att det är så många lediga stunder som jag behöver för det, kan jag inte fördröja mitt svar längre.

Ni tackar mig för det varma välkomnande jag har givit Er son, och Ni rekommenderar honom till mig med den affär som angår Er. Jag skulle vilja ha gett Er son anledning att prisa sig själv för min godhet, ty han förtjänar väl att allt ska lyckas som han vill. Jag är mycket tacksam mot Er för att Ni tillåter honom att komma hit. Men jag skall göra det känt att jag har en ännu större skyldighet mot Er, om Ni tillåter mig att stanna hos mig. Jag vet att jag kanske begär mer av Er än jag kan få av en kärleksfull far. Men vägra det inte till önskan från den som uppskattar hans fina geni och hans lärdom mer än Ni skulle kunna tro. Han kommer att ha tillåtelse att springa till Er då och då, på villkor att han återvänder; och även nu förbereder han sig för att gå dit, som jag har tillåtit honom. Han skall själv berätta vilken förmån de lärda män som har besökt mig åtnjuter där.

Därför oroa Er inte för Er son. Han kommer att vara med mig, om Ni tillåter det, och han kommer inte bara att vara där, utan han kommer att ha det bra där, som jag hoppas. Vad beträffar uppdraget som Ni har givit honom, vet att jag inte mindre än Ni kommer att se till att Ni får som Ni vill. Jag lovar Er dock ingenting. Ni kommer att veta att jag inte är van vid att lova mycket. Men jag ger Er mitt ord att jag vid detta tillfälle och vid flera andra kommer att låta Er veta att jag hatar karaktären hos dem som har för vana att ge näring åt andra med hopp och att min är tvärtom. Jag försäkrar Er än en gång att jag hellre gör något som helst än lovar något. Farväl.
Givet i Stockholm, den 19 januari 1650.

English translation (my own):

Kristina to Daniel Heinsius.
Your son has given me the letter which you wrote to me some time ago and which has given me great pleasure. It has taught me that you are in good health and that you wish me well. I would have answered you on the spot had it not been for an infinity of continual occupations which left me no time. But, having procured for myself at the hour that it is as much leisure as I need for that, I cannot delay my reply any longer.

You thank me for the warm welcome I have given your son, and you recommend him to me with the affair that concerns you. I would like to have given your son cause to praise himself for my kindness, for he well deserves that everything should succeed as he wishes. I am much obliged to you for allowing him to come here. But I will make it known that I have a still greater obligation to you, if you allow me to stay with me. I know I may be asking more of you than I can obtain from a loving father. But do not refuse it to the desire of the one who appreciates his fine genius and his erudition more than you would know how to believe. He will have permission to run to you from time to time, on condition that he returns; and even now he is preparing to go there, as I have permitted him. He himself will tell you what favour the scholars who have visited me enjoy there.

So do not worry about your son. He will be with me, if you allow it, and he will not only be there, but he will be well there, as I hope. As for the commission you have given him, know that I will take no less care than you that you get what you want. However, I do not promise you anything. You will know that I am not accustomed to promising much. However, I give you my word that, on this occasion and on several others, I will let you know that I hate the character of those who have the habit of nourishing others with hope and that mine is quite the opposite. I assure you once again that I would rather do something than promise something. Goodbye.
Given at Stockholm, January 19, 1650.

English translation of Filocrate's transcript (my own):

Your son has already given me the letter that you wrote to me, which gave me much pleasure. It showed me that your health is perfect and that you are still ardently attached to me. I would have answered you immediately, but my great occupations growing every day have not allowed me to do that yet, and I hurry in this pleasant moment to answer you. You thank me for the good welcome I gave to your son and recommend him to me with the matter that concerns you. I would already like to have given your son reason to praise me for my kindness because he deserves a lot. I am very much obliged that you allowed him to come here; but I will make it known that I have still more obligations for you, if you engage him to stay with me. I know that I ask you perhaps more than I can get from a tender father; but do not refuse it at the wish of the one who tastes her spirit and her erudition more than you could believe. He will have the freedom to run from time to time some race towards you, but on condition of returning; he is currently preparing to leave. He himself will tell you what favour the scholars who are at my court enjoy. So do not be upset about your son: he will be with me, if you find it good. As for the commission you gave him, know that I will take as much care as you, so that you can get what you want. I promise you nothing, however. You will know that I have not much gotten used to making promises. However, I give you my word that on this occasion and several others, I will let you know that I hate the characters of great promisers, and small teneurs, and that mine is quite the opposite. I tell you once again, that I do my best to do more than promise. Farewell.


Above: Kristina.


Above: Daniel Heinsius.

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