Friday, November 6, 2020

Kristina's letter to Samuel Bochart, dated September 25/October 5 (New Style), 1650

Sources:

Brieven van Christina (1626-1689) aan Samuel Bochart (1599-1667) PAP 1 B, pages 3 to 5; original courtesy of the Leiden University Libraries (Universitaire Bibliotheken Leiden)



Mémoires concernant Christine, volume 1, page 247, Johan Arckenholtz, 1751; original at the National Library of the Netherlands (Koninklijke Bibliotheek)


Christina of Sweden, page 66, by Ida Ashworth Taylor, 1909; original at the University of Toronto


"Tout comme Chanut avoit fait entrer Descartes en correspondance avec Christine, ainsi Isaac Vossius porta le célèbre Samuel Bochart à lui écrire le prémier. Voici quelle fut sa réponse."

"Just as Chanut had initiated a correspondence between Descartes and Kristina, so Isaac Vossius prompted the celebrated Samuel Bochart to write to her first. Here is what her reply was."

The letter:

Monsieur, iaurois eu de la paine a Croire que Vous eusies eu qvelqve bonne Volonte pour moy, qui par auCun merite en Vers Vous ne la la[y] peu acquerir, neust este qve Vous eusies prix la paine de me lasseurer par Vostre lestre qve le sieur Vossius ma rendu[e] de Vostre part, et quelqve[s] austres asseurences qvil meust peu donner il ne meust iamais persvade de la Verite de Ce[s] paroles sens mavoir apporte cette marqve pour sa Justification[.] Jl y a qvelqve temps Monsieur qve par le moien de ce mesme s.r Vossius Vos doctes et rares escrits Sont tombes entre mes mains, et quil ma parle si avantageusement de Vous qve ie Vous Confesse davoir Conceu depuis tan destime pour Vous, qve iay desire avec passion de povvoir Vous estre vtile, asteur[e] qve vous me donnes Occasion de vous Vous faire conoistre mes sentiments, et que vous maves tesmoinge les Vostres par une lestre plaine de termes si oblige[a]ntes qve ie Croirois Commestres vn Crime, si ie ne Vous rendois mes remerciements, Je Vous prie donc Monsieur d'accepter le[s] foibles marqves de mon affection envers Vous et de Croire qve ie fais tan destime de Vos grands merites et de Vostre profond savoir, qve iestimerois a grand[e] satisfaction si ie puis avoir celle de Vous Conter parmy le nombre de mes amy, si ie puis obtenir Cela de Vous ie Vous asseure qve ie ne Vous donerois iamais suiet de Vous repentir de mavoir donne Vostre amitie puisqve ie ne Vous reserveres iamais la mienne permeste donc que daurenavant ie me Vente de cette Conqveste, et asseure Vous qve Vous ny perdres qve for peu puis [qu]en eschange Vous aves acquis lestime et l'affection de Christine

A Monsieur
Monsieur Boc
hart

With modernised spelling (with Kristina's spelling mistakes preserved as much as possible):

Monsieur,
J'aurais eu de la paine [sic] à croire que vous eussiez eu quelque bonne volonté pour moi, qui, par aucun mérité envers vous ne l'a[i] pu acquérir, n'eût été que vous eussiez prix [sic] la paine [sic] de me l'assurer par votre lettre que le sieur Vossius m'a rendu[e] de votre part et quelque[s] autres assurences [sic] qu'il m'eût pu donner. Il ne m'eût jamais persuadé de la vérité de se[s] paroles sens [sic] m'avoir apporté cette marque pour sa justification.

Il y a quelque temps, Monsieur, que, par le moyen de ce même sieur Vossius, vos doctes et rares écrits sont tombés entre mes mains, et qu'il m'a parlé si avantageusement de vous que je vous confesse d'avoir conçu depuis tan[t] d'estime pour vous que j'ai désiré avec passion de pouvoir vous être utile. A cette heur[e] que vous me donnez occasion de vous faire connaître mes sentiments et que vous m'avez témoingé [sic] les vôtres par une lettre plaine [sic] de termes si oblige[a]ntes [sic] que je croirais commettres [sic] un crime si je ne vous rendais mes remerciements.

Je vous prie donc, Monsieur, d'accepter le[s] faibles marques de mon affection envers vous et de croire que je fais tan[t] d'estime de vos grands mérites et de votre profond savoir que j'estimerais à grand[e] satisfaction si je puis avoir celle de vous conter [sic] parmi le nombre de mes amis si je puis obtenir cela de vous. Je vous assure que je ne vous donnerai jamais sujet de vous repentir de m'avoir donné votre amitié, puisque je ne vous réserverai jamais la mienne. Permettez donc que daurénavant [sic] je me vente [sic] de cette conquête, et assurez-vous que vous n'y perdrez que for[t] peu, puis[qu']en échange vous avez acquis l'estime et l'affection de Christine.

A Monsieur, Monsieur Bochart.

With modernised spelling:

Monsieur,
J'aurais eu de la peine à croire que vous eussiez eu quelque bonne volonté pour moi, qui, par aucun mérité envers vous ne l'a[i] pu acquérir, n'eût été que vous eussiez pris la peine de me l'assurer par votre lettre que le sieur Vossius m'a rendu[e] de votre part, et quelques autres assurances qu'il m'eût pu donner. Il ne m'eût jamais persuadé de la vérité de ses paroles sans m'avoir apporté cette marque pour sa justification.

Il y a quelque temps, Monsieur, que, par le moyen de ce même sieur Vossius, vos doctes et rares écrits sont tombés entre mes mains, et qu'il m'a parlé si avantageusement de vous que je vous confesse d'avoir conçu depuis tant d'estime pour vous que j'ai désiré avec passion de pouvoir vous être utile. A cette heure que vous me donnez occasion de vous faire connaître mes sentiments et que vous m'avez témoigné les vôtres par une lettre pleine de termes si obligeants que je croirais commettre un crime si je ne vous rendais mes remerciements.

Je vous prie donc, Monsieur, d'accepter les faibles marques de mon affection envers vous et de croire que je fais tant d'estime de vos grands mérites et de votre profond savoir que j'estimerais à grand[e] satisfaction si je puis avoir celle de vous compter parmi le nombre de mes amis, si je puis obtenir cela de vous. Je vous assure que je ne vous donnerai jamais sujet de vous repentir de m'avoir donné votre amitié, puisque je ne vous réserverai jamais la mienne. Permettez donc que dorénavant je me vante de cette conquête, et assurez-vous que vous n'y perdrez que fort peu, puis[qu']en échange vous avez acquis l'estime et l'affection de Christine.

A Monsieur, Monsieur Bochart.

Arckenholtz's transcript of the letter (he corrected Kristina's grammar):

MOnsieur. J'aurois eu de la peine à croire, que vous eussiez eu quelque bonne volonté pour moi, qui par aucun mérite envers vous ne l'ai pû acquérir, n'eut été que vous eussiez pris la peine de m'en assurer par votre lettre, que le Sieur Vossius m'a renduë de votre part. Et quelques autres assurances qu'il m'en eut pû donner, il ne m'eut jamais persuadé de la vérité de ses paroles, sans m'avoir aporté cette marque de sa justification. Il y a quelque tems, Monsieur, que par le moïen de ce même Sieur Vossius vos doctes & rares Ecrits sont tombés entre mes mains, & qu'il m'a parlé si avantageusement de vous, que je vous confesse avoir conçu depuis, tant d'estime pour vous, que j'ai desiré avec passion de pouvoir vous être utile. A cette heure que vous me donnez occasion de vous faire connoitre mes sentimens, & que vous m'avez témoigné les votres par une lettre pleine de termes si obligeans, je croirois commettre un crime, si je ne vous rendois mes remerciemens. Je vous prie donc, Monsieur, d'accepter ces foibles marques de mon affection envers vous, & de croire, que je fait tant d'estime de vos grands mérites & de votre profond savoir, que j'estimerois à grande satisfaction si je puis avoir celle de vous compter parmi le nombre de mes amis. Si je puis obtenir cela de vous, je vous assure, que je ne vous donnerai jamais sujèt de vous repentir de m'avoir donné votre amitié, puisque je ne vous dénierai jamais la mienne. Permettez donc que dorénavant je me vante de cette conquette, & assurez-vous que vous n'y perdrez que fort peu, puisqu'en échange vous avez acquis l'estime & l'affection de
Christine.
Stockholm le 5.
Octobr. 1650.

English translation (my own):

Monsieur,
I would have found it hard to believe that you had had some good will toward me, which by any merit towards you could not acquire it, had it not been that you had taken the trouble to assure me of it by your letter, which Sir Vossius returned to me from you. And with some other assurances that he could have given me, he would never have persuaded me of the truth of his words without having given me this mark of his justification. It has been some time, Monsieur, that by means of this same Sir Vossius your learned and rare writings have fallen into my hands, and that he has spoken to me so advantageously of you that I confess to you having since conceived so much esteem for you, which I passionately desired to be able to be of use to you. At this hour when you are giving me the opportunity to let you know my feelings, and that you have testified yours to me by a letter full of such obliging terms, I would believe myself to be committing a crime if I did not return my thanks. I beg you therefore, Monsieur, to accept these weak marks of my affection towards you, and to believe that I esteem so much of your great merits and of your profound knowledge that I would esteem it with great satisfaction if I could have that of counting you among the number of my friends. If I can obtain that from you, I assure you that I will never give you cause to repent of having given me your friendship, since I will never deny you mine. So allow me to boast of this conquest from now on, and ensure that you lose very little, since in return you have acquired the esteem and affection of
Kristina.
Stockholm, October 5, 1650.

Swedish translation of the original (my own):

Monsieur,
Jag skulle ha haft svårt att tro att Ni hade haft någon välvilja för mig, som inte har kunnat förvärva någon genom någon förtjänst gentemot Er, om Ni inte hade gjort Er besväret att försäkra mig om det i Ert brev, som herr Vossius har överlämnat till mig å Er vägnar, tillsammans med andra försäkringar han kunde ha givit mig. Han skulle aldrig ha övertygat mig om sanningen i sina ord utan att ha givit mig detta betyg för sin rättfärdigande.

För en tid sedan, monsieur, genom densamme herr Vossius, kom Era lärda och sällsynta skrifter i mina händer, och han talade så välvilligt om Er att jag erkänner för Er att jag sedan dess har fått en sådan aktning för Er att jag innerligt har önskat vara till nytta för Er. I denna stund, när Ni har givit mig tillfälle att uttrycka mina känslor för Er, och eftersom Ni har betygat Era känslor för mig genom ett brev fullt av så vänligt uttryckta ord, skulle jag tro att jag begick ett brott om jag inte gjorde Er min tacksägelse.

Jag ber Er därför, monsieur, att acceptera dessa svaga tecken på min tillgivenhet för Er och att tro att jag har så stor aktning för Era stora förtjänster och djupa kunskaper att jag skulle anse det vara en stor tillfredsställelse att räkna Er bland mina vänner, om jag får få detta från Er. Jag försäkrar Er att jag aldrig kommer att ge Er anledning att ångra att jag har givit mig Er vänskap, ty jag kommer aldrig att undanhålla Er min. Tillåt mig därför att skryta med denna erövring från och med nu, och försäkra Er om att Ni kommer att förlora mycket lite på den, ty i utbyte har Ni förvärvat aktning och tillgivenhet hos Kristina.

Till monsieur, monsieur Bochart.

English translation of the original (my own):

Monsieur,
I would have found it difficult to believe that you had had any good will for me, who have not been able to acquire any through any merit towards you, had you not taken the trouble to assure me of it in your letter, which Mr. Vossius has handed to me on your behalf, along with other assurances he could have given me. He would never have persuaded me of the truth of his words without having brought me this mark for his justification.

Some time ago, Monsieur, by the means of this same Mr. Vossius, your learned and rare writings fell into my hands, and he spoke so advantageously of you that I confess to you that I have since conceived such esteem for you that I have passionately desired to be useful to you. At this hour when you have given me occasion to make my feelings known to you, and since you have testified yours to me by a letter full of such obliging terms, I would believe I were committing a crime if I did not give you my thanks.

I therefore beg you, Monsieur, to accept these feeble marks of my affection for you and to believe that I have such great esteem for your great merits and profound knowledge that I would esteem it a great satisfaction to count you among my friends, if I may obtain this from you. I assure you that I will never give you cause to repent of having given me your friendship, for I will never withhold mine from you. Permit me, therefore, to boast of this conquest from now on, and assure yourself that you will lose very little by it, for in exchange you have acquired the esteem and affection of Kristina.

To Monsieur, Monsieur Bochart.


Above: Kristina.


Above: Samuel Bochart.

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