Thursday, October 23, 2025

Laure Junot, Duchess of Abrantès's biography of Kristina in "Les Femmes célèbres de tous les pays: leurs vies et leurs portraits", year 1834, part 11

Sources:

Les Femmes célèbres de tous les pays: leurs vies et leurs portraits, page 85, by Laure Junot, Duchess of Abrantès, and Joseph Straszewicz, 1834; original at the National Library of France (Bibliothèque nationale de France)


Memoirs of Celebrated Women of All Countries. With Portraits by the Most Eminent Masters, pages 246 to 247, by Laure Junot, Duchess of Abrantès, and Joseph Straszewicz, translator anonymous, 1834; original at The British Library


The biography:

... En 1657, elle revint en France. La cour l'y revit avec peine. Elle logea de nouveau à Fontainebleau; et ce fut alors que cette femme extraordinaire et barbare donna le spectacle de l'effroyable assassinat de Monaldeschi. La cause de ce meurtre, car on ne peut lui donner un autre nom, a été mise en doute par beaucoup de personnes. Un fait positif, c'est que les Mémoires de Mademoiselle, et de madame de Motteville, connus par leur vérité, ne disaient pas un mot du motif du meurtre, tout en en parlant avec détail. Je crois cependant difficile qu'une autre raison qu'une jalousie passionnée ait pu entraîner une femme à commettre ce crime. On sait que Monaldeschi n'eut d'abord que des soupçons; et que lorsqu'il fut mandé près de la reine, il était même dans la ville de Fontainebleau, ne se doutant alors de rien. Ce ne fut qu'au dernier moment qu'on lui dit de se confesser au père Mantuani [sic], que la reine avait envoyé chercher aux pères Mathurins pour l'exhorter à la mort. Le malheureux religieux se jeta aux pieds de la reine, lui remontra qu'elle n'avait aucun droit sur la vie de Monaldeschi....

— Je suis toujours reine, dit Christine en interrompant le moine... la vie de cet homme est mon bien... j'en puis disposer, et je le fais... il faut qu'il meure... allez l'y préparer... Voilà tout ce que vous avez à faire ici...

Monaldeschi attendait son arrêt dans la galerie des Cerfs de Fontainebleau... En écoutant le moine, qui lui dit que tout était fini pour lui en ce monde, il rugit de fureur... Sentinelli [sic] et deux autres hommes se jetèrent sur lui pour le frapper, mais ils le trouvèrent couvert d'une cotte de mailles... Depuis long-temps le malheureux craignait la mort... mais non de la main de Christine... Il s'élança aux fenêtres... elles étaient fermées!..... Il se rua sur ses adversaires avec sa dague... mais que pouvait-il, l'infortuné, contre trois hommes dont l'un était son ennemi personnel?... Il tomba enfin, après avoir été percé de coups et avoir inondé de son sang la galerie tout entière... On a rapporté, comme un fait positif, que la reine de Suède, trouvant que l'exécution était bien longue, vint ELLE-MÊME pour donner du cœur aux meurtriers!...

Lorsque le malheureux fut mort, on le mit dans un carrosse sans armoiries, puis on le porta à la paroisse, où il fut enterré solitairement et sans que personne assistât, même de la maison de la reine, à son service.

La cour de France fut très irritée de cette conduite d'une reine étrangère sur le sol français... Christine prétendit que ce qu'elle pouvait en Suède, elle le pouvait en France. A cela on pouvait lui répondre, qu'en Suède, comme partout, Monaldeschi aurait eu des juges, et qu'à Stockholm, comme à Fontainebleau, il ne devait pas être assassiné. Croirait-on qu'après cette sanglante tragédie, Christine sollicita la permission de venir à Paris!... On la lui refusa long-temps; mais enfin, vaincu par ses importunités, le cardinal la lui donna. Elle vint au Louvre, où elle arriva le 24 février 1658. On la logea dans l'appartement du cardinal, pour lui montrer qu'il fallait qu'elle demeurât peu de temps. Mais rien ne la détourna de son projet d'amusement pour le carnaval, sans que l'ombre sanglante de Monaldeschi se dressât devant elle pour l'arrêter dans sa course de plaisirs. Elle courait dans les bals masqués, aux spectacles, avec les hommes qui lui plaisaient, et dans les premiers carrosses qu'elle rencontrait. Anne d'Autriche, ainsi que le roi et le cardinal, avaient d'elle une sorte d'horreur, et Paris lui témoigna un mépris qui aurait dû être un châtiment; mais une telle âme n'en reçoit que de Dieu!... Il faut que ce soit ses décrets qui frappent la coupable. Enfin, elle partit dans les premiers jours de carême, ayant reçu quelque argent de Louis XIV, et quitta la France, où elle ne laissa aucun regret. ...

English translation (by anonymous translator):

... In 1657 she revisited France, but the court were not pleased at her return. She again inhabited the chateau of Fontainebleau, where she perpetrated the frightful murder of Monaldeschi. The circumstances which led to this crime, for I cannot name it otherwise, are to this day involved in mystery. It is a singular fact that in the memoirs of Mademoiselle and of Madame de Motteville, both remarkable for their veracity, not a word is said respecting the motive, though both give all the particulars of this barbarous act. It is, however, difficult to assign any other cause than the most implacable jealousy awakened by some real or supposed infidelity on the part of her unfortunate lover. Monaldeschi had at first merely entertained vague fears and suspicions. He was walking in the streets of Fontainebleau when he received a summons to attend the queen. Meantime, Christina had sent to the convent of the Mathurins for a priest named Father Montuani [sic], whom she ordered to receive the confession of Monaldeschi, and prepare him for death. Father Montuani cast himself at the queen's feet, and represented to her that she had no power over Monaldeschi's life.

"I am a queen still", exclaimed Christina, interrupting the priest; "the life of that man belongs to me, and I am free to dispose of it according to my pleasure. I therefore exercise my right: he must die! — go and prepare him for death. That is your only mission here."

Monaldeschi was waiting in the Galerie des Cerfs in the chateau of Fontainebleau. When he heard the queen's sentence, and was told that he had nothing more to expect in this world, his rage knew no bounds. Sentinetti [sic] and two other men rushed upon him to despatch him with their poniards, but they found him covered with a coat of mail. The unfortunate man had long expected to be attacked, but he little thought that he was destined to fall by the command of Christina. He rushed to the windows — they were secured. He then drew his dagger and closed with his adversaries. But what could his single arm avail him against three men, one of whom was the rival he had supplanted? He fell, covered with wounds, and crimsoned the floor with his blood. It has been asserted that the queen herself, impatient at the continued struggle, came into the gallery, in order to animate the murderers by her presence. The body of the unfortunate Monaldeschi was placed in a coach and conveyed to the parish church, where it was privately buried, without any of the queen's attendants being present at the funeral service.

The court of France was indignant at this atrocious act perpetrated, in the French territory, by a foreign queen. Christina maintained that she had a right to exercise in France the same power she enjoyed in Sweden. It might have been answered, that in Sweden, as everywhere else, Monaldeschi ought to have had a trial, and that neither at Stockholm nor at Paris was a base murder to be justified. Cardinal Mazarin informed her of the king's high displeasure at her conduct, and at the same time conveyed to her the king's wish that she should quit France, where her presence excited a general feeling of horror. ...


Above: Kristina.


Above: Laure Junot, Duchess of Abrantès.

Note: Kristina and Monaldeschi were never lovers.

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