Thursday, January 27, 2022

Kristina's letter to Azzolino partly on the Hamburg incident, dated August 3, 1667

Sources:

Christine de Suède et le cardinal Azzolino: Lettres inédites (1666-1668), Carl Bildt, 1899







Kristina wrote this letter to Cardinal Decio Azzolino on August 3, 1667.

The letter:

3 d'Agoust 1667
Je vous envoye icy ioint la relation de la faiste que iay fait Celebrer icy pour Sa S.te vous y verrez la pure et relative verite san aucune exageration et vous verrez que mon malheur ma force dy faire Couler du sang lors quil ny avoit plus de vin, mais ma Consolation est que iay fait ce que iay peu pour lempecher et que lon my a force par la plus barbare attentat qui se soit iamais fait. Dieu nous a miraculeusement preserve, Car Jl faut que Vous sachiez que ie me suis defendue avec vne dousaine des hommes Contre plus de huit mille et lon peut dire Contre toutte la vile de Hamburg. les gazettes qui dans tout parlent asse bien de cette acction mentent en vne seulle Chose lors quils disent que mes gens on prix querelle avec le peuple et cela nest pas vraẏ Car ie Vous proteste quil ny a eu de nostre Coste aucun suiet donne pour une telle insulte et qu'on ne les a pas offences dun Clin d'oeiul seullement. presentement tout est dan le plus profon Calme du monde. Jl ny a que le predicans qui prechent enCore malgre la defence quil ont du Magistrat. leur rage a Commence depuis le temps que iay fait exposer le S.t Sacrement pour la Elextion du pape et il nont peu suffrir que iay fait Celebrer la faiste dans leur vile. Cepandant la vile a receu vne mortification dont elle se souviendra long temps, et ie me flatte que iay de lesperance davoir souteneu la gloire du pape et la mienne asse dignement daustres Vous en parleront de meillieure grace que moy et Jl est temps que ie reponde a Vostre derniere lestre

Je vous diray donc que lhoneur et la grace que Sa S.te me fait dapprouver mon retour me satisfait plus que toutte les Choses du monde et son approbation mest plus glorieuse et avvantageuse que touts les avantages touts des Jnterests du monde. Je suis ravie que Vos amis me font ausi iustice la desus, mais Je vous prie destre persuade que iestois en terme de ne pouvoir pas prendre daustre resolution a moins que destre la plus lache et infame personne du monde. au reste Vostre raisonnemant sur le affaires de Suede est tres iuste prudent, mais Vous Vous trompez quant Vous croiez que la diette se fera Car asseurement on ne la fera pas tan quon me Verra en ses quartiers. Jl y a plusieurs bonne raisons pour cela et ie merite que Vous me croẏez.

Cependant le Roy ou la regence mont envoye un gentilhomme qui ma fait vn Compliment tout a fait Civil et obligent de la part du roy sur mon retour, avec des offres extremement obligents. Ce mesme gentilhomme partira dycy pour aller en Espange il y Va pour traitter vne Aliance de Commerce avec cette Couronne, et sous ce pretexte estraintre vne plus estroitte Communication entre ces deux royaumes

Vous avez raison de dire que le discur que iay fait a Trelon estoit Cause de la resolution quon iay a prise, mais ce nest pas a Trelon seull a qui ie lay dit ie lay escrit Cent fois en Suede de mesme ie lay dit a touts les ministres de Suede et ie nay pas peu parler auec honeur austremant, et il auroit peu faire leur declaration plus tost la desus, et le temps Vous fera Conoistre que mon retour na pas este seullement avantageux a ma gloire mais ausi a mon interest et que Ceux qui my ont force on fait la plus grande folie du monde et ie Vous asseure qua heure quil est il la Conoisse pour telle.

Cepandant tout les Contract son faits ausi bien d'osel et Pomeranie que du reste avec bonnes Cautions, et Thexeira est tres satisfait on nattens plus que la Confrimation des derniers Contracts qui doit venir dans peu des iours et Ce sera alors que ie pourois Vous donner vne exacte relation de lestat de mes affaires

Vrangel est ycy Cest a dire le gran conestable ie ne lay pas enCore veu Car il est vn peu inCommode dune colique dont il suffre souvent les attaques mais il ma envoye faire ses excuses ie Crois pourtan que ie Verray se soir ou demain au matin

les progres de la france son si grans en flandre que la foiblesse des espangols est vn espece de miracle inouye. si la paix d'Angletrere et d'Holande qui est Conclue signee ny n'areste ces torrent la flandre est perdue san resource et la monarquie despange est presentemant sous la Tutele de Hollande et de lAngleterre qui asseurement ne laisseront pas perir la flandre mais ie Crains que leur secours sera celluy de pise. Les princes dAlemange sen mesle ausi sous pretexte de mediation mais la flegme de ce pays cy ne peut a mon gre ne produyre rien que foible et de tardt. Jadmire la sience des Espangols de savoir en si peu de temps perdre un pays qui est inexpugnable, et Jadmire enCore plus lempereur qui 'ne sen mesle pas. si la france ne trouve daustre obstacle a ses dessains elle ira bien loin, et Jl semble que toutte l'Europe ne dort que pour sa grandeur. pour la Suede on peut asseurer que sa letargie est mortelle et ie Cois que celle de la maison dAustriche est de mesme. les Holandois seuls sont alerts et puissants, l'Angleterre est foible par elle mesme et par ses malheurs l'Alemange est divise et mal gouverne, leur resolutions lentes et foibles, lespagne san Conseil san soldats san Capitaines sans argent. iamais personne na trouve des Coniontures plus favorables pour se faire gran que le roy de france, ausi si prent il dune maniere a reusir. le temps nous apprendrera si tan de felicite sera durable, et si tan dinterest opposes aux siens ne produiront aucun effort qui puisse larester dans sa Course. Jl me semble quil est impossible que cela narrive mais ie ne Voy pas enCore Comment, si nest que lunion de lAngletrere et de lHollande ne sy oppose et mon opinion est que cela ne peut manquer.

Vous ne saurois Croire avec quelle ioye j'apprends le glorieux Commencement du regne de nostre present pape. Jl sẏ prendt dune maniere a rendre sa gloire immortelle ie Vousdrois que sa personne le fust ausi. au nom de dieu donne moy touts iours de bonnes nouvelles de sa sante et ditte moy le pape se porte bien Car Je tremble de Crainte pour sa Vie et suis si interesse en sa Conservation que ie donneray Volontiers vne partie de la mienne pour prolonger et augmenter les Annes dune Vie si glorieuse et necssaire au publique que lest celle de Sa S.te

Jl ny a au reste rien de nouveau qui merite de Vous estre Communique. Je vous demande la Continuation de Vostre amitie Comme un bien dont ie ne puis me passaer sans estre tres malheureuse et Vous proteste que touts les Changements qui sont arrives en Vous et en Vostre fortune ne Changeront iamais mes sentiments adieu

With modernised spelling:

Hambourg, 3 août 1667.
Je vous envoie ici joint la relation de la fête que j'ai fait célébrer ici pour Sa Sainteté: vous y verrez la pure et relative vérité sans aucune exagération, et vous verrez que mon malheur m'a forcée d'y faire couler du sang lorsqu'il n'y avait plus de vin; mais ma consolation est que j'ai fait ce que j'ai pu pour l'empêcher et que l'on m'y a forcée par la plus barbare attentat qui se soit jamais fait. Dieu nous a miraculeusement préservés: car il faut que vous sachiez que je me suis défendue avec une douzaine d'hommes contre plus de huit mille, et l'on peut dire contre toute la ville de Hambourg. Les gazettes, qui dans tout parlent assez bien de cette action, mentent en une seule chose lorsqu'elles disent que mes gens ont pris querelle avec le peuple; et cela n'est pas vrai; car je vous proteste qu'il n'y a eu de notre côté aucun sujet donné pour une telle insulte et qu'on ne les a pas offensés d'un clin d'œil seulement. Présentement tout est dans le plus profond calme du monde. Il n'y a que les prédicants qui prêchent encore malgré la défense qu'ils ont du magistrat. Leur rage a commencé depuis le temps que j'ai fait exposer le Saint Sacrement pour l'élection du pape, et ils n'ont pu souffrir que j'aie fait célébrer la fête dans leur ville. Cependant la ville a reçu une mortification dont elle se souviendra longtemps, et je me flatte de l'espérance d'avoir soutenu la gloire du pape et la mienne assez dignement. D'autres vous en parleront de meilleure grâce que moi, et il est temps que je réponde à votre dernière lettre.

Je vous dirai donc que l'honneur et la grâce que Sa Sainteté me fait d'approuver mon retour, me satisfait plus que toutes les [autres] choses du monde, et son approbation m'est plus glorieuse et avantageuse que tous les avantages [et] tous [les] intérêts du monde. Je suis ravie que vos amis me font aussi justice là-dessus; mais je vous prie d'être persuadé que j'étais en terme de ne pouvoir pas prendre d'autre résolution à moins que d'être la plus lâche et infâme personne du monde. Au reste, votre raisonnement sur les affaires de Suède est très juste [et] prudent; mais vous vous trompez quand vous croyez que la Diète se fera, car assurément on ne la fera pas tant qu'on me verra en ces quartiers. Il y a plusieurs bonnes raisons pour cela, et je mérite que vous me croyiez.

Cependant le roi ou la régence m'ont envoyé un gentilhomme qui m'a fait un compliment tout à fait civil et obligeant de la part du roi sur mon retour, avec des offres extrèmement obligeantes. Ce même gentilhomme partira d'ici pour aller en Espagne. Il y va pour traiter une alliance de commerce avec cette Couronne, et sous ce prétexte étreindre une plus étroite communication entre ces deux royaumes.

Vous avez raison de dire que le discours que j'ai fait à Terlon était cause de la résolution qu'on a prise, mais ce n'est pas à Terlon seul à qui je l'ai dit. Je l'ai écrit cent fois en Suède, de même je l'ai dit à tous les ministres de Suède, et je n'ai pas pu parler avec honneur autrement; et ils auraient pu faire leur déclaration plus tôt là-dessus; et le temps vous fera connaître que mon retour n'a pas été seulement avantageux à ma gloire, mais aussi à mon intérêt, et que ceux qui m'y ont forcée ont fait la plus grande folie du monde; et je vous assure qu'à l'heure qu'il est, ils la connaissent pour telle.

Cependant tous les contrats sont faits aussi bien d'Ösel et [de] Poméranie que du reste, avec bonnes cautions, et Texeira est très satisfait. On n'attend plus que la confirmation des derniers contrats, qui doit venir dans peu de jours, et ce sera alors que je pourrai vous donner une exacte relation de l'état de mes affaires.

Wrangel est ici, c'est-à-dire le grand connêtable. Je ne l'ai pas encore vu, car il est un peu incommodé d'une colique dont il souffre souvent les attaques, mais il m'a envoyé faire ses excuses. Je crois pourtant que je [le] verrai ce soir, ou demain au matin.

Les progrès de la France sont si grands en Flandre que la faiblesse des Espagnols est une espèce de miracle inouï. Si la paix d'Angleterre et de Hollande qui est conclue [et] signée n'y arrête ces torrents, la Flandre est perdue sans ressource, et la monarchie d'Espagne est présentement sous la tutelle de [la] Hollande et de [l']Angleterre, qui assurément ne laisseront pas périr la Flandre, mais je crains que leur secours sera celui de Pise. Les princes d'Allemagne s'en mêlent aussi sous prétexte de médiation, mais le flegme de ce pays-ci ne peut à mon gré produire rien que [de] faible et de tard[if]. J'admire la science des Espagnols de savoir en si peu de temps perdre un pays qui est inexpugnable, et j'admire encore plus l'Empereur qui se n'en mêle pas. Si la France ne trouve d'autre obstacle à ses desseins, elle ira bien loin, et il semble que toute l'Europe ne dort que pour sa grandeur.

Pour la Suède, on peut assurer que sa léthargie est mortelle, et je crois que celle de la maison d'Autriche est de même. Les Hollandais seuls sont alertes et puissants; l'Angleterre est faible par elle-même et par ses malheurs; l'Allemagne est divisée et mal gouvernée, leurs résolutions lentes et faibles; l'Espagne sans conseil, sans soldats, sans capitaines, sans argent. Jamais personne n'a trouvé des conjonctures plus favorables pour se faire grand que le roi de France, aussi s'y prend-il d'une manière à réussir. Le temps nous apprendra si tant de félicité sera durable, et si tant d'intérêts opposés aux siens ne produiront aucun effort qui puisse l'arrêter dans sa course. Il me semble qu'il est impossible que cela n'arrive, mais je ne vois pas encore comment, si ce n'est que l'union de l'Angleterre et de la Hollande ne s'y oppose, et mon opinion est que cela ne peut manquer.

Vous ne saurez croire avec quelle joie j'apprends le glorieux commencement du règne de notre présent pape. Il s'y prend d'une manière à rendre sa gloire immortelle: je voudrais que sa personne le fût aussi. Au nom de Dieu, donnez-moi toujours de bonnes nouvelles de sa santé et dites-moi: Le pape se porte bien; car je tremble de crainte pour sa vie, et suis si intéressée en sa conservation, que je donnerais volontiers une partie de la mienne pour prolonger et augmenter les années d'une vie si glorieuse et nécessaire au public que l'est celle de Sa Sainteté.

Il n'y a, au reste, rien de nouveau qui mérite de vous être communiqué. Je vous demande la continuation de votre amitié comme un bien dont je ne puis me passer sans être très malheureuse, et vous proteste que tous les changements qui sont arrivés en vous et en votre fortune ne changeront jamais mes sentiments. Adieu.

Swedish translation (my own):

Hamborg, 3 augusti 1667.
Jag skickar Er här tillsammans berättelsen om festen som jag hade firat här för Hans Helighet: Ni kommer att se den rena och relativa sanningen utan överdrift, och Ni kommer att se att min olycka tvingade mig att spilla blod där när det fanns inte mer vin; men min tröst är att jag gjorde vad jag kunde för att förhindra det och att jag tvingades göra det av den mest barbariska anfall som någonsin har gjorts. Gud bevarade oss på ett mirakulöst sätt: för Ni måste veta att jag försvarade mig med ett dussin män mot mer än åtta tusen, och man kan säga mot hela staden Hamburg. Tidningarna, som i allt talar ganska väl om denna handling, ljuger i en sak när de säger att mina människor har grälat med folket; och det är inte sant; ty jag försäkrar Er att det på vår sida inte har ges något anledning för en sådan förolämpning och att vi inte har förolämpat dem med bara ett ögonblick. Just nu är allt i det djupaste lugnet i världen. Det är bara predikanterna som fortfarande predikar trots det förbud de har av magistraten. Deras ilska började från den tid då jag lät det Heliga Sakramentet avslöjas för påvens val, och de kunde inte stå ut med att jag hade festen firad i deras stad. Men staden fick en förödelse som den kommer att minnas länge, och jag smickrar mig själv i hopp om att ha upprätthållit påvens och min ära med tillräcklig värdighet. Andra kommer att tala till Er mer graciöst än jag, och det är dags för mig att svara på Ert sista brev.

Jag vill därför berätta för Er att den ära och nåd Hans Helighet ger mig att godkänna min återkomst tillfredsställer mig mer än alla andra saker i världen, och hans godkännande är ärorikare och fördelaktigare för mig än alla fördelar och alla intressen i världen. Jag är glad att Era vänner gör mig rättvisa i detta också; men jag ber Er att vara övertygad om att jag inte skulle kunna fatta någon annan resolution om jag inte var den mest fega och skändliga personen i världen. Dessutom är Ert resonemang i svenska angelägenheter mycket korrekt och klokt; men Ni har fel när Ni tror att kosten kommer att äga rum, ty det kommer säkert inte att göras så länge jag ses i dessa kvarter. Det finns flera goda skäl till detta, och jag förtjänar att Ni tror mig.

Emellertid skickade kungen eller förmyndarregeringen mig en herre som betalade mig en mycket civil och tillmötesgående komplimang från kungen vid min återkomst, med extremt tillmötesgående erbjudanden. Samme herre skall bege sig härifrån för att åka till Spanien. Han åker dit för att traktera en kommersiell allians med denna Krona, och under denna pretext för att omfamna en närmare kommunikation mellan dessa två riken.

Ni har rätt i att säga att talet jag höll för Terlon var på grund av den resolution vi tog, men det var inte bara Terlon som jag berättade för det. Jag har skrivit det hundra gånger i Sverige, så jag har sagt det till alla ministrar i Sverige, och jag kunde inte tala med heder annars; och de kunde ha gjort sitt uttalande tidigare om det; och tiden kommer att visa Er att min återkomst inte bara var till nytta för min ära, utan också för mitt intresse, och att de som tvingade mig att göra det har gjort världens största dårskap; och jag kan försäkra Er om att de för närvarande känner dem för sådant.

Alla kontrakt tecknas emellertiden från Ösel och Pommern såväl som från resten, med goda garantier, och Texeira är mycket nöjd. Vi väntar bara på bekräftelse av de sista avtalen, som skulle komma om några dagar, och det är då jag kan ge Er en exakt redogörelse för läget i mina angelägenheter.

Wrangel är här, som är riksmarskalken. Jag har inte sett honom än, för han stör sig lite på en kolik som han ofta drabbas av, men han bett mig om ursäkt. Jag tror dock att jag kommer att se honom i kväll, eller i morgon på morgonen.

Frankrikes framsteg är så stora i Flandern att spanjorernas svaghet är ett slags otroligt mirakel. Om freden i England och Holland som ingås och undertecknas inte stoppar dessa skurar förloras Flandern utan resurser, och Spaniens monarki är för närvarande under ledning av Holland och England, vilket säkert inte kommer att låta Flandern gå under, men jag är rädd att deras hjälp kommer att vara av Pisa. Tysklands furstar är också inblandade under förevändning av medling, men detta lands slem kan inte på mitt nöje producera något annat än svagt och sent. Jag beundrar spanjorernas kunskap att på så kort tid veta hur man förlorar ett land som är ogenomträngligt, och jag beundrar ännu mer kejsaren som inte stör. Om Frankrike inte hittar något annat hinder för hennes design kommer hon att gå väldigt långt, och det verkar som om hela Europa sover bara för sin storhet.

För Sverige kan man vara säker på att dess slöhet är dödlig, och jag tror att Österrikes Husets är detsamma. Holländarna ensamma är pigga och mäktiga; England är svagt av sig själv och av sina olyckor; Tyskland är splittrat och dåligt styrt, deras resolutioner långsamma och svaga; Spanien utan råd, utan soldater, utan kaptener, utan pengar. Ingen har någonsin funnit gynnsammare tider att göra sig stor än Frankrikes kung, så han gör det på ett sätt för att lyckas. Tiden kommer att lära oss om så mycket lycka kommer att vara bestående, och om så många intressen som står emot sin egen inte kommer att skapa någon ansträngning som kan stoppa den i sin utveckling. Det verkar som om det är omöjligt att detta inte händer, men jag kan ännu inte se hur, förutom att unionen mellan England och Holland inte motsätter sig det, och min uppfattning är att det inte kan saknas.

Ni kommer inte att kunna tro med vilken glädje jag får lära mig om den härliga början på vår nuvarande påvs regeringstid. Han gör det på ett sätt för att göra hans ära odödlig: jag skulle vilja att hans person också skulle vara det. Ge mig i Guds namn alltid goda nyheter om hans hälsa och berätta för mig: Påven mår bra; ty jag darrar av rädsla för hans liv och är så intresserad av hans bevarande att jag gärna skulle ge en del av mitt för att förlänga och öka åren för ett så härligt och nödvändigt liv för allmänheten som Hans Helighets.

Det finns dessutom inget nytt som förtjänar att meddelas till Er. Jag ber Er om att fortsätta Er vänskap som ett gott som jag inte kan klara mig utan, utan att vara mycket olycklig, och jag försäkrar Er att alla förändringar som har hänt i Er och i Er förmögenhet aldrig kommer att förändra mina känslor. Farväl.

English translation (my own):

Hamburg, August 3, 1667.
I am sending you here together the account of the feast that I had celebrated here for His Holiness: you will see there the pure and relative truth without any exaggeration, and you will see that my misfortune forced me to spill blood there when there was no more wine; but my consolation is that I did what I could to prevent it and that I was forced to do so by the most barbaric attack that has ever been made. God miraculously preserved us: for you must know that I defended myself with a dozen men against more than eight thousand, and, one can say, against the whole city of Hamburg. The newspapers, which in everything speak quite well of this action, lie in one thing when they say that my people have quarreled with the populace; and that is not true, for I assure you that on our side there has been no subject given for such an insult and that we have not offended them with just the wink of an eye. At present everything is in the deepest calm in the world. It is only the preachers who still preach despite the prohibition they have from the magistrate. Their rage began from the time that I had the Blessed Sacrament exposed for the election of the Pope, and they could not stand that I had the feast celebrated in their city. However, the city has received a mortification which it will remember for a long time, and I flatter myself in the hope of having sustained the glory of the Pope, and my own, with sufficient dignity. Others will speak to you more gracefully than I, and it is time for me to respond to your last letter.

I will tell you therefore that the honour and grace His Holiness bestows upon me to approve my return satisfies me more than all the other things in the world, and his approval is more glorious and advantageous to me than all the advantages and all the interests in the world. I am glad your friends are doing me justice on this as well; but I beg you to be persuaded that I was in term of not being able to make any other resolution unless being the most cowardly and infamous person in the world. Besides, your reasoning on the affairs of Sweden is very just and prudent; but you are mistaken when you believe that the Riksdag will take place, for assuredly it will not convene as long as I am seen in these quarters. There are several good reasons for this, and I deserve you to believe me.

In the meantime, the King, or the regency, has sent me a gentleman who paid me a very civil and obliging compliment from the King on my return, with extremely obliging offers. This same gentleman will leave here to go to Spain. He goes there to treat a commercial alliance with this Crown, and under this pretext, to embrace a closer communication between these two kingdoms.

You are right to say that the discourse I made to Terlon was because of the resolution we took, but it was not Terlon alone to whom I told it. I have written it a hundred times in Sweden, so I have said it to all the ministers in Sweden, and I could not speak with honour otherwise; and they could have made their statement earlier on that; and time will show you that my return was not only beneficial to my glory, but also to my interest, and that those who forced me to do so have done the greatest folly in the world; and I assure you that at the present time, they know it for such.

In the meantime, all the contracts are made as well of Ösel and Pomerania as of the rest, with good guarantees, and Texeira is very satisfied. We are only waiting for the confirmation of the last contracts, which should come in a few days, and it will be then that I can give you an exact account of the state of my affairs.

Wrangel is here, who is the Grand Constable. I haven't seen him yet because he is a little bothered with a colic from which he often suffers attacks, but he has sent me his apologies. I believe, however, that I will see him this evening or tomorrow morning.

The progress of France is so great in Flanders that the weakness of the Spaniards is a kind of incredible miracle. If the peace of England and Holland which is concluded and signed does not stop these torrents, Flanders is lost without resources, and the monarchy of Spain is presently under the tutelage of Holland and England, which assuredly will not let Flanders perish, but I fear that their help will be that of Pisa. The princes of Germany are also involved under the pretext of mediation, but the phlegm of this country can, at my pleasure, produce nothing but weak and late. I admire the knowledge of the Spaniards to know in such a short time how to lose a country which is impregnable, and I admire even more the Emperor who does not interfere. If France finds no other obstacle to her designs, she will go very far, and it seems that all of Europe is sleeping only for her greatness.

For Sweden, it can be assured that her lethargy is fatal, and I believe that of the House of Austria is the same. The Dutch alone are alert and powerful; England is weak by herself and by her misfortunes; Germany is divided and badly governed, their resolutions slow and weak; Spain without council, without soldiers, without captains, without money. No one has ever found more favourable times to make himself great than the King of France, so he does it in a way to succeed. Time will teach us if so much happiness will be lasting, and if so many interests opposed to its own will not produce any effort that can stop it in its course. It seems to me that it is impossible that this does not happen, but I do not yet see how, except that the union of England and Holland does not oppose it, and my opinion is that that cannot be missing.

You will not be able to believe with what joy I learn of the glorious beginning of the reign of our present Pope. He does it in a way to make his glory immortal: I would like his person to be too. In the name of God, always give me good news of his health and tell me: the Pope is doing well; for I tremble with fear for his life, and am so interested in his preservation that I would gladly give part of mine to prolong and increase the years of a life so glorious and necessary to the public as that of His Holiness.

There is, moreover, nothing new which deserves to be communicated to you. I beg you for the continuation of your friendship as a good which I cannot do without without being very unhappy, and I assure you that all the changes that have happened in you and in your fortune will never change my feelings. Goodbye.


Above: Kristina.


Above: Cardinal Decio Azzolino.

Notes: The gentleman = Karl Tungel.

The Peace of Breda was signed on July 31, 1667.

to be of Pisa (essere di Pisa) = a phrase used in Italian to designate help that arrives too late. It alludes to the help promised by Emperor Maximilian to the city of Pisa besieged by the Florentines in 1509. The Emperor's troops were repeatedly pushed back by the Venetians and could not cross the Alps in time, so that Pisa had to to surrender.

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